Je regardais les professeurs s'aventurer à travers les couloirs amenant toujours plus de cartons en vue de décorer la salle de bal. J'avais une après-midi libre d'obligations comme en faisait que trop rarement, idéale pour paresser.
Le temps passait, et je m'attendais à tout moment à voir le professeur McGonagall débarquer et s'empresser de me trouver une occupation plus lucrative que mon espionnage, assise sur une des marches d'un des escaliers, mais il faut croire qu'une fois l'an, un professeur pouvait être trop occupé pour vouloir surmener ses élèves sans raison apparente.
Dans mon occupation, j'épluchais calmement un catalogue magique, en vérité avec Noël qui arrivait, j'aurais peut-être l'occasion de mettre la main sur un artefact magique intéressant. Je sautais les philtres et potions en tout genre, comme tout l'attirail de la parfaite ménagère bien que les japonais proposaient tout un tas d'instruments de plus en plus mignons, comme des petites cocottes minutes chantantes en forme des geishas ou de petits renards. Puis là, entre les centaines d'autres pages, je mis enfin la main sur un objet digne de mon attention. Je descendis enfin de mon perchoir et regagnait ma chambre. Il était temps d'écrire une petite réponse à mes parents.
La fin de journée n'arrivait que trop vite, les rares jours où nos professeurs nous accordaient pleine liberté. J'ouvrais toute grande mon armoire, comme les autres petites faisaient et cherchait parmi mes vêtements. Pour le bal de noël, une robe longue était de rigueur, ce qui était plutôt peu commun. Je n'étais pas totalement étrangère de ce genre d'événement non plus et choisir une tenue appropriée ne fut pas contraignant pour autant. J'examinais le tissus satiné bleu et pale de ma robe. Elle était toute droite et élégante, avec pour seule fantaisie un dos nu. Je pris le temps d'ensorceler la chute de la robe pour éviter de m'encouble avec ce tissus superflu.
Une fois endossée, je m'arrêtais un moment face à mon miroir. Que faire de ma tignasse, elle jurait un peu avec ma tenue. Les yeux fermés, j'imaginais longuement comment y remédier, enfin une image pris place. Je me figurais avec un chignon couronné de lys bleus, ensorcelait peigne et et boîte à chouchous et ceci pris vie sous mes yeux.
Tandis que le peigne tirait violemment sur ma tignasse, je me rappelais pourquoi je ne lançais jamais de tels sorts hors cas exceptionnels. L'élastique me serait un peu trop la tête, mais il fallait qu'il en soit ainsi si je voulais que mon chignon reste en place. Bref, j'étais désormais tirée à quatre épingles au sens propre comme au figuré. Sourire aux lèvres, j'examinais mes cadettes. C'était plutôt plaisant d'avoir un semblant de corps adulte pour ce genre d'événement, mais elles, elles avaient l'avantage de conserver ce coté mignon.
Karen me regardait calmement, toute blonde, elle avait l'aire d'une véritable portait une robe rose pastel à manche longue, sa jupe trônait sur une crinoline légère, rehaussé d'un nœud très chic dans le dos. Sa jumelle portait un rose différent, le haut de sa robe était composé de fleures uniquement , et sa jupe était faite de gaze noire. On aurait cru voir deux Vélanes, elles auraient faites des fiers élèves de beaubaton. Mélissa et Anna n'étaient pas en reste, la première élégante enfant au cheveux corbeau et regard rubis ne nécessitait aucune fioriture dans sa robe noire et la deuxième, brune au cheveux interminables, finissait de les tresser. Elle aussi c'était porté sur un choix plus simple, une robe lila pleine de petits volants. J'étais plutôt fier de mon résultat, mais comme je vous l'avais dit, à Serdaigle on pouvait vite en douter en posant le regard sur un seul autre élève.
J'aperçus tout juste Marianne en sortant de ma chambre, elle s'empressait de rejoindre son cavalier. Ses cheveux tressés en formes de roses avaient été poudrés de la même couleur et la dentelle de sa robe blanche semblait flatter chacun de ses mouvements. Je la rattrapais rapidement.
-Ah! Salut Léo! Qu'est-ce que tu es belle dans cette tenue!
- Haha! C'est gentil de me rassurer, je commençais à en douter! Tu es superbe! Mais tu as l'aire bien pressée, pourquoi tu cours comme ça?
Marianne rougissait l'espace d'un instant avant d'esquisser un début de sourire gêné.
-Et bien...
Pansy Parkinson débarquait alors attrapant la main de Marianne.
-On va être en retard dépêche-toi! Oh... salut, léo...
Je me doutais qu'à cet instant je devais faire une tête très bizarre, un peu comme ce sourire malgré moi quand Thimotey m'adressait la parole, lorsque j'avais 10 ans et 2 ans voire 3 , amoureuse de lui. J'étais loin de me douter de cette facette de Marianne mais pourquoi pas.
Moi j'attendais ce pauvre Oneil qui arrivait enfin avec un sourire gêné, similaire au mien finalement. Je lui tendis la main pour entrer dans la salle de bal.
-Ça va aller?
Le garçon me regardait mal à l'aise en guise de réponse.
-Oui, ça devrait...
La salle était magnifique et enneigée, et nous élèves faisions une palette de couleur des plus charmantes. Personne n'avait négligé cet événement sauf peut-être ce pauvre Wesley que j'essayais de regarder le moins possible avec sa redingote des plus ridicules. Lui-même, semblait essayer de disparaître quelque part dans l'ombre de sa honte. Mais trêve de distraction, voilà que le clou du spectacle entrait enfin, les quatre champions venaient d'ouvrir le bal. Ils étaient sublimés par leur récente victoire face aux dragons et leur compagne ne l'était pas moins. Après que quelques élèves s'étaient avancés pour valser auprès des quatre. Oneil m'accordait une petite révérence main tendue.
Il n'était pas tout à fait mon type, mais il avait ce petit charme mignon à qui l'on ne refusait pas ce genre de petits services. Je le suivis sur la piste. Nous dansions, tournions et même virevoltions sans plus la moindre gêne comme chacun autours de nous. C'était véritablement enivrant, après quelques instants nous échangions de partenaires, je venais d'atterrir dans les bras de l'un des jumeaux Wesley et comme sa main ne cessait de vouloir glisser sous mon dos je fis vite une nouvelle cabriole pour échanger avec un partenaire différent. Marianne se tenait là, au milieu de la piste, elle semblait un peu perdue. Je la rejoignais rapidement.
-Qu'est-ce qu'il t'arrive?
Elle me regardait les larmes aux yeux, tandis que je tendais une main vers la sienne l'invitant à danser. Elle secouait la tête.
-Je vais rentrer! On parlera demain.
-Attends. -J'essayais de la retenir mais les larmes qu'elle contenait tant bien que mal semblaient se renforcer.
-S'il te plait...
Je relâchais mon étreinte à contre cœur et la vit s'éloigner. Je regardais les autres qui continuaient tandis que mon amie partait. Comme si personne ne semblait remarquer son départ et c'était peut-être bien le cas. Je m'asseyais un temps attrapant un truc à manger. Dans ma réflexion, je n'aperçus pas tout de suite Adrian arriver. Il souriait avec tendresse.
-Je te trouve enfin!
Je me redressais subitement, posant le surplus de confiseries que je n'avais pas pu terminer encore et à son tours, il m'invitait à une danse. Je l'acceptais sans détours en me rapprochant de lui, saisissant ses épaules tandis qu'il glissait ses mains sur ma taille.
-J'aime beaucoup cette robe.
Je savais qu'il était en quelque sorte en train de me faire une sorte de compliment voire même plus que cela, je ne savais jamais comment j'étais censé le recevoir. D'instinct je me rapprochais, serrant mon partenaire dans mes bras tandis que ses doigts resserraient leur étreinte sur le tissus volatile de ma robe, s'incrustant sur mes hanches.
-Tu sais, mes parents m'ont demandé d'inviter des amis pour les vacances de noël... Si tu veux, enfin ça me ferait que toi et Marianne veniez...
-Ah je suis désolé... je peux pas, j'ai déjà des plans...
Je reculais légèrement pour regarder Adrian. La soirée aurait pu se poursuivre sous des hospices tranquilles de danse lascive mais les événements en avaient décider autrement. Lorsque j'allais répondre à Pucey, une bassine de ponch m'aspergea de la tête aux pieds. Je ne comprenais pas vraiment, j'étais au milieu de la salle alors que chacun venait de s'écarter pour regarder la scène et rire à grands éclats. Je cherchais les responsables du regard, qui ne s'en cachaient pas vraiment, reposant le seau à sa place. Pansy et Drago se tenaient là avec leur sourire navrant et de l'autre coté Pucey me regardait lui aussi ne pouvant s'empêcher de pouffer. Je sortis ma baguette et la pointait sous la gorge de cette espèce de pourceau avant de détaler.
J'étais hors de moi, ma robe était trempée et collait sur ma peau avec pour seul exception cette fichue traîne qui elle continuait de bêtement flotter comme si cela importait encore. J'ouvris les portes et sortit à mon tours. Je ne voulais pas pleurer, j'étais en colère et cela aurait accordé trop de plaisir à ces stupides serpentards. Stupide fête de bal, stupides élèves et stupides amis, c'était vraiment une de ces journées ou j'aurais mieux fait de rester chez moi et pourtant l'envie me manquait , mes pieds ne voulaient pas me reconduire à ma chambre, renoncer à l'idée de passer une agréable soirée. Je levais la tête et aperçut le professeur Rogue au bout du couloir. Il m'observait.
-Quoi?! -répliquais-je incapable de me contrôler.
-Je peux vous aider miss Cavalieri? Je me serais proposer avant, mais vous aviez l'aire d'avoir besoin de solitude.
Alors là c'était la proposition la plus étrange du monde, pourquoi diable voudrait-il m'aider d'une quelle conque manière? Pourtant, il semblait sincère et pour le moment tout ce que je voulais s'était me sentir un tant soit peu soutenue plutôt qu'au centre de toutes les risées. Je fis donc quelques pas de soldats avant de m'arrêter en face du brun, une moue sur les lèvres. Il tendit sa baguette sur ma tenue et celle-ci aspira délicatement le ponch avant de disparaître. Je regardait le tissus redevenu bleu, mais j'étais toujours peiné.
-Pourquoi vous refusez de retourner vous amuser maintenant que votre soucis est réglé? Vos amis vous attendent.
-Aucun ami ne m'attend là bas. Est-ce que je peux rester avec vous?
-Les cours de potions vous manquent tant que cela? Étonnant, si vous prêtiez autant d'attention à mes cours, j'aurais peut-être moins de mal à le croire. Cachez-vous ici alors.
L'homme me désignait des escaliers qui descendaient, les fameux escaliers en colimaçon.
-Pourquoi vous m'avez aidé? Je pensais plutôt que vous vous ficheriez de moi, comme vos stupides serpentards!
-C'est donc un de mes élèves qui vous a mit dans cet état?
-Oui, Drago et Pansy , je leur apprendrais à ces deux là!
Le brun arrêtait deux élèves qui rentraient un peu trop fou d'amours. Et autant dire que lorsque c'était le professeur Rogue qui s'interposait , il y avait facilement moyen de voir ses ardeurs retomber. Il passait sa tête après quelques instants pour voir si j'étais toujours là.
-Vous avez donc l'esprit combatif mais vous vous cachez malgré tout, ce n'est donc pas cela le problème.
-Monsieur, ne creusez pas trop dans les histoires de filles si cela vous échappe. C'est simplement trop humiliant pour y retourner maintenant, enfin c'est tout ce que vous avez besoin de savoir.
-Drago est mon filleul et bien qu'il ne soit pas..brillant, mieux vaut ne pas s'en faire un ennemi.
Je sortis enfin de ma cachette et examinait mon professeur.
-Pourquoi avoir demandé à vous occuper personnellement de moi?
-St George s'est évertué à vous décrire comme une sorte de délinquante et comme j'estime que mes collègues sont très compétents dans leur domaine mais pas assez rigoureux. Je me suis dit qu'il valait mieux que je vous garde à l'œil personnellement.
-S'il s'était avéré que je ne suis pas assez bonne élève pour répondre à mon votre minimum d'attente requises, vous m'auriez viré sans plus?
-C'est ce qui était écrit dans votre lettre.
-Vous êtes cruel.
-Je ne suis pas ici pour vous plaire.
C'était franchement injuste, qu'est-ce qu'on pouvait répondre à un professeur aussi imbus de lui-même, qui en plus n'était pas loin de se vanter d'être aussi peu sympathique. Je regardais une fois encore ma robe, elle me rappelais tristement que moi j'étais ici à débattre avec un professeur cynique pendant que les autres s'amusaient juste à coté.
Je tendis une main vers le brun non sans une certaine appréhension et lui demandais de m'accorder une dense. Je venais seulement de me rendre compte mais de petits copeaux blancs tombaient dehors, annonçant les premières neiges.
Le professeur regardait ma main un peu interloqué, je me demandais vaguement combien de fois , une telle proposition lui avait été faite. J'ignore si c'était ce qu'il attendait mais il finit par la saisir. C'était facile là bas, à l'intérieur de se laisser emporter parmi la foule à danser, nous n'étions qu'un parmi tant d'autres, mais ici dans le couloir, il n'y avait que nous et la musique dont le son était diminué, couvrait à peine le bruit de nos pas sur le carrelage. Il ne me regardait pas, mais ses mouvements étaient fluides, dans un rythme délicat. On aurait pu croire qu'il avait été fait pour cela. C'était un homme mais sa main ne cherchait pas à découvrir ce que ma robe s'évertuait à cacher, son étreinte était douce et protectrice, de même l'odeur de rogue était un peu sucrée , peut-être à cause de son affiliation aux potions. C'était un moment agréable et un peu interdit aussi , ma tête ne cessait de cogiter, mes yeux ne pouvaient s'empêcher de regarder de temps à autre la porte de la salle. Et puis c'était la fin, le professeur s'éloignait de quelques pas, la musique venait elle-même de changer et n'était plus propice à l'étourdissement.
-Merci...
C'était complètement étrange de le remercier mais moins que tout autre chose à cet instant, alors je quittais enfin les lieux avec l'idée que peut-être j'avais été trop loin dans mon envie de tromper l'ennuie et la solitude.
Ce qu'il se passait c'est que plus une chose était étrange ou hors du commun, plus nos sens nous le rappelait ou ravivait un souvenir que nous avions déjà en tête. Les mains de Rogue n'était pas toutes lisses et froides ou humides comme la plupart des hommes à qui j'avais accordé une danse, elles étaient chaudes et légèrement rugueuses, plus grandes aussi.
