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Ecrit dans les étoiles

de

Lissa Bryan

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CHAPITRE 7 - REPENTIR

Alice tint Bella jusqu'à ce que son torrent de larmes s'arrête. Elle parla doucement à Jasper et il lui apporta un linge humide avec lequel Alice essuya le sang de ses mains et de son visage et ensuite il lui amena une tasse du thé d'Esmée. Bella l'accepta mais ne la but pas. A la place elle fixa la tasse silencieusement. Ses pensées rejouaient l'expression terrifiée dans les yeux de Jacob avant qu'il ne meure.

"Bella il faut que tu rentres à la maison," dit Alice gentiment. "Pauvre Edward, il est assis dehors dans le couloir. Il se sent mal."

Bella ne dit rien.

"Tu es une femme adulte Bella," la réprimanda Alice. "Et les adultes ne s'enfuient pas devant leurs problèmes."

"Alice, quand ton époux tue quelqu'un devant toi, je peux m'aventurer à dire que pour la plupart des gens s'enfuir en courant serait le premier choix."

Alice tapa sur la main de Bella. "Tu ne peux pas avoir peur de lui Bella. Tu sais déjà qu'il ne te ferait jamais de mal."

Bella enleva sa main. Elle fit tourner la tasse en la fixant les yeux dans le vide. "Non je n'ai pas peur de lui. Pas vraiment."

"Ecoute Bella, je sais que tu as traversé une situation traumatisante aujourd'hui mais tu dois te souvenir qu'Edward n'est pas un humain. Tu ne peux pas le juger d'après les normes humaines."

"Généralement tuer les gens est désapprouvé par la société, n'est-ce pas?"

"Tuer des gens, oui, mais Jacob n'est pas une personne pour eux." Alice leva la main avant que Bella puisse répondre. "Oui Bella, je sais. Je viens du même endroit que toi, de la même époque et tout. Je suis d'accord avec toi pour dire que Jacob était une personne. Mais je suis une américaine. Est-ce que tu peux vraiment en vouloir à un Volturi de ne pas avoir la même sensibilité qu'un américain moderne?"

"Carlisle arrive," dit Jasper du ton que le général Custer aurait utilisé pour faire remarquer l'arrivée des troupes de soutien. L'écran était allumé et on voyait Carlisle s'approcher. Il se leva pour le faire entrer.

"Laissons-les et donnons-leur un peu d'intimité pour parler," suggéra Alice.

Jasper hocha la tête. "C'est mon devoir de rester pour la protéger." Il ne dit pas de quoi mais il n'en avait pas besoin. Il ouvrit la porte et fit entrer Carlisle qui portait sa robe bleu clair de prêtre, sa queue en point d'interrogation. "Bella est-ce que tu vas bien?"

"Oui je vais bien," dit-elle automatiquement même si elle se sentait très loin de bien. "Est-ce Edward qui vous a appelé?"

"Non, nous avons vu les nouvelles vidéos," dit Carlisle en prenant un siège par terre près de Bella ses yeux brillants d'inquiétude. "Les médias spéculent beaucoup. Tu as été vue fuyant du terrier couverte de sang et Edward a refusé de faire une déclaration. Les gens affluent dans les temples pour prier, ils croient que tu peux perdre le bébé. Le corps d'un drone a été enlevé de votre terrier. D'autres supposent que vous aviez une liaison et qu'Edward vous a surpris."

Bella couvrit ses yeux d'une main. "Oh, non…"

"Tu n'as pas réfléchi," dit Carlisle. "Les gens vous regardent avec avidité. Chaque fois que vous faites quelque chose ça lance une mode. Evidemment que ça les intéresseraient de savoir que tu as quitté ton nouveau compagnon."

"Je n'ai pas quitté Edward!" protesta-t-elle.

Carlisle se retourna ostensiblement.

"Pas vraiment… Je veux dire, j'ai réagi en m'enfuyant…"

"Edward pense que tu l'as quitté," dit Carlisle et Bella grogna. "Tu as demandé le refuge et c'est quelque chose qu'on ne fait pas à la légère. Il a du chagrin et il est fou de souci. Si tu voulais le punir tu n'aurais rien pu choisir de plus cruel."

Bella fut interloquée. "Je n'étais pas – je n'ai pas voulu dire…"

"Tu ne penses pas comme un Volturi et lui ne pense pas comme un humain," dit doucement Carlisle. "Bella sois clémente avec lui, s'il te plait. Il a réagit par un instinct très puissant pour protéger sa compagne, sa compagne enceinte. Tu es si précieuse pour lui."

"Je te l'ai dit," intervint Alice. Carlisle lui fit un regard cinglant et elle se tut.

"Tu dois aller avec lui," insista Carlisle. "Edward est tourmenté et je ne sais pas combien de temps il va pouvoir être séparé de toi. S'il charge, Jasper va devoir te protéger et il pourra être blessé. Parle-lui Bella."

"S'il te plait," ajouta Alice. Elle enroula ses bras autour de son compagnon, son visage plissé d'inquiétude.

Bella hocha la tête et se leva. Prête ou non elle ne pouvait pas permettre que Jasper se mette en danger, surtout après qu'il l'ait hébergée chez lui. "Merci Jasper de m'avoir accueillie."

Il hocha la tête, un geste qu'il connaissait d'Alice. "Je me devais de le faire. J'ai fait un vœu et je ne le prends pas à la légère."

"Je t'en serai toujours reconnaissante," dit Bella. "Alice, Carlisle merci à tous les deux aussi."

Elle prit une profonde inspiration et ouvrit la porte.


Edward était assis par terre dans le couloir devant chez Jasper et Alice, la tête entre les mains, ayant complètement perdu tout repère dans cette situation. Il avait connu la perte dans sa vie mais la peine n'avait jamais été aussi sévère que d'avoir un mur qui le séparait de son amour, un mur qu'il ne pouvait franchir. S'il inspirait profondément il pourrait capter légèrement son odeur et s'il écoutait attentivement il pourrait entendre le son de sa voix de temps en temps bien qu'il ne puisse pas distinguer les mots. Il se concentrait pour entendre ce son.

Plus loin dans le couloir une foule se cachait. Quand ils s'approchaient trop pour prendre des photos ou lui crier des questions, il leur grognait et ils reculaient pour seulement s'approcher un peu plus ensuite. Tanya n'était d'aucune aide. Elle gardait la porte et seulement la porte, son devoir et sa loyauté pour Bella. Elle ignorait Edward délibérément.

Comme il l'avait fait pendant toute sa vie Carlisle était venu pour le sauver. Il avait amené avec lui une partie de sa garde, utilisée à présent dans la cité souterraine depuis qu'Edward avait décidé de mener une vie simple (il n'avait jamais montré le palais à Bella parce que tous ces excès le dérangeaient.) Esmée suivait, transportant un panier avec de la nourriture dans ses bras. Comme d'habitude Esmée réagissait à chaque crise, grande ou petite, en donnant à manger à ceux qui étaient affectés.

Sur l'ordre de Carlisle les gardes se prirent par les bras et marchèrent en avant, repoussant la foule, leur ordonnant de rentrer chez eux et les menaçant d'arrestation. Il y eut plusieurs plaintes indignées et Edward était sûr que les rebelles en feraient de la propagande mais il ne s'en souciait pas. Maintenant le couloir était vide et silencieux.

Esmée se mit à genoux et Edward l'attira dans une étreinte. "Oh Edward," dit-elle, malheureuse, en caressant ses cheveux. "Qu'as-tu fait?"

Il ne répondit rien mais posa sa tête sur son épaule un moment, absorbant un peu de réconfort. Il regarda, envieux Carlisle se glisser à l'intérieur. "Il va lui parler," chuchota Esmée. "Laisse-la se calmer. Bella t'aime, Edward. Elle t'aime tellement. Elle est perdue et en colère."

Edward priait pour qu'elle ait raison. Bella avait semblé tellement choquée, horrifiée de ce qu'il avait fait et pire, elle avait refusé qu'il la réconforte. Ses bras lui faisaient mal de ne pas pouvoir la tenir, son instinct de réconfort aussi puissant que celui de protection. Il s'assit et repoussa ses cheveux de frustration.

Esmée attrapa ses doigts. "Je ne t'ai vu faire ça qu'une seule fois avant," songea-t-elle. Leurs yeux se rencontrèrent. Elle n'avait pas besoin de développer.


Bella sortit dans le couloir. Ses yeux cherchèrent immédiatement Edward et le trouvèrent assis à ses pieds à côté de l'encadrement de la porte, les yeux inquiets, la douleur évidente dans ses traits tendus. Esmée caressait son dos avec une expression d'amour compatissant.

"Bella," chuchota-t-il en se levant d'un bond.

"Rentrons à la maison," dit Bella. Tanya, de l'autre côté de la porte, se leva aussi et resta là silencieusement, le visage impassible. Bella aurait voulu la serrer dans ses bras mais elle n'était pas sûre de comment ça serait interprété. Tanya devenait une constante dans sa vie, toujours là, peu importe la situation.

"Puis-je… puis-je te tenir?" demanda Edward timidement la voix pleine de désir. Elle fit un signe de tête et il l'attira avec reconnaissance dans son étreinte, la soulevant du plancher pour enfouir son visage dans son cou. Elle eut l'impression qu'il frissonnait. Elle passa ses bras autour de son cou et ferma ses yeux.

"Je suis désolé, Bella… tellement désolé…"

"Je sais," dit-elle.

Il la ramena au terrier et Tanya suivit portant le panier qu'Esmée exigea qu'ils prennent. Une autre foule attendait à l'extérieur de leur porte et ils se dispersèrent quand Edward grogna. Il referma la porte derrière eux et laissa tomber le loquet pour fermer.

Les yeux de Bella furent attirés vers la tache de sang où Jacob était mort. La piscine de sang avait disparu le carreau brillait innocemment et les cadeaux qui avaient été aspergés de sang avaient été enlevés. La pensée du sang fit tanguer son estomac. Edward la posa sur ses pieds et elle s'élança comme une flèche vers la salle de bains.

En émergeant quelques minutes plus tard elle chercha Edward. Il ne l'avait pas suivie pour lui tenir les cheveux comme d'habitude.

Il était derrière le tas de cadeaux. Son torse était tourné, il regardait par-dessus son épaule son bras bougeant vite et fort. Bella fit le tour et haleta, choquée quand elle vit le sang. "Edward!" Elle courut à lui et attrapa son bras. "Arrête! Qu'est-ce que tu fais?" cria-t-elle. Dans sa main droite il y avait un couteau. Dans sa gauche il tenait sa queue qu'il entaillait avec la lame. "Oh seigneur," souffla-t-elle. Elle alla vers l'interphone et appuya sur le bouton d'urgence et ouvrit la porte en criant à Tanya. "Edward a besoin d'un médecin!"

Elle attrapa une petite couverture de la pile de cadeaux et déchira frénétiquement le tissu.

"Qu'est-ce que tu fais?" lui demanda Edward, calmement.

"Déchirer le tissu." Elle le lui passa et il le déchira facilement. Elle en prit une longue bande et en entoura sa blessure. Ses yeux se remplirent de larmes. "Seigneur Edward pourquoi te coupais-tu la queue?"'

"J'allais te l'offrir," dit-il doucement.

Ses larmes coulaient sur ses joues à présent. Il s'était puni. En lui offrant sa queue il voulait lui offrir sa fierté, s'humiliant devant son royaume entier.

"Je n'arrivais à penser à rien d'autre pour te montrer combien j'étais désolé," dit-il. Il tangua sur ses pieds. Bella s'élança à ses côtés pour essayer de le soutenir mais peut-être qu'elle ne pouvait même pas supporter son propre poids. Il descendit en glissant lentement s'agenouillant sur le sol, le visage pâle et cireux. Elle entendit la porte et commença à répondre mais il attrapa sa main. "Ne me quitte pas s'il te plait. Je ne peux pas le supporter."

"Entrez!" cria-t-elle. Elle mit les bras autour de son cou. "Je ne partirai pas," promit-elle.

Le médecin, le même que celui qui avait diagnostiqué la grossesse de Bella et avait guéri Emmett, se fraya un chemin entre les tas de cadeaux de bébé. Bella s'accroupit et enleva le bandage improvisé et recula ensuite pour laisser de la place au médecin.

"Par la Déesse, homme, qu'avez-vous fait?"

"Je l'ai coincée dans une porte," mentit Edward.

Bella pouvait dire que le médecin ne le croyait pas mais il ne dit rien en tapant sur son appareil et le pointant sur la blessure. Bella le regardait avec une fascination indigeste puisque la chair se referma sous le rayon de l'appareil. Il avertit Edward qu'il aurait beaucoup de gêne et laissa une petite bouteille de pilules qu'Edward essaya de décliner mais elle exigea qu'il les prenne. Elle en mit deux dans sa main et les lui tendit avec une lenteur entêtée dans ses yeux. Il les avala docilement.

Après le départ du médecin, Bella guida Edward vers le nid. Il tremblait toujours, trébuchant et tanguant sur ses pieds. Elle se coucha avec un soupir et il s'allongea près d'elle étreignant son corps contre sa grande silhouette. Sa pauvre queue blessée s'enroula autour du bras de Bella. "Peux-tu me pardonner?" demanda-t-il. "Quand j'ai vu qu'il te tenait, j'ai perdu la tête et mes instincts ont pris le dessus. Je n'ai même pas pris le temps de réfléchir avant…" il laissa la phrase sans fin, la regardant avec des yeux désespérés.

"Jacob es mort à cause de moi," dit Bella le ton maussade. "Si je n'avais pas été si maladroite, si j'avais regardé où j'allais…"

"Déesse charitable Bella! Ne te blâme pas, s'il te plait."

"Je suis désolée de t'avoir fait aussi mal en partant," continua-t-elle. "Je n'ai pas eu l'intention de provoquer de la douleur et je n'en ai pas compris complètement la signification. Je ne pensais pas clairement."

"Je le mérite," dit Edward. "Je t'ai fait peur et j'ai tué le… j'ai tué Jacob." se corrigea-t-il au milieu de la phrase. "Je sais que tu pensais à lui comme à un ami."

Elle prit une profonde inspiration. "Edward, quand j'ai commencé à t'aider à régner, tu m'as dit de suivre mon cœur, que tu me faisais confiance parce que tu savais que je voulais les bonnes choses, que je voulais aider les gens, pour rendre la vie de notre peuple meilleure. Voilà c'est toujours très important pour moi mais je veux inclure tous nos gens." Elle fit une pause. "Edward, je veux libérer les drones. "

Edward hocha la tête. "Je sais. Tu l'as voulu du moment où tu es arrivée ici." Il écarta les cheveux de sa tempe et les mit derrière ses oreilles. Sa voix s'adoucit et il devenait somnolent à cause des pilules qui commençaient à agir. Ses iris en forme de losange devenant de petits points. "Bella, c'est un énorme changement pour la Fédération et cela doit être fait avec soin afin d'éviter une guerre, comme sur ta planète."

Elle était surprise. "Je ne savais pas que tu connaissais l'histoire de la Terre."

"En partie. Nous avons étudié différentes formes de gouvernements, leurs points positifs et négatifs. Je me souviens d'en avoir débattu tard dans la nuit avec Jam…" Il s'arrêta." Je ne t'ai jamais parlé de ça."

"Tu n'as pas besoin de le faire maintenant…"

Il enfouit son visage dans son cou et son souffle la chatouilla pendant qu'il parlait. Il était un peu difficile à suivre parce qu'il divaguait mais elle comprit le sens général.

"James était mon meilleur ami, plus près de moi que mon propre frère. Carlisle était le meilleur ami de mon père, en dépit de la façon dont ils étaient différents, et Esmée et lui étaient les témoins de l'union de mes parents. James est né deux jours après moi et avec nos parents si proches, nous avons grandi ensemble."

"Je t'ai dit que mes parents étaient négligents. Carlisle et Esmée sont intervenus et ont pris en charge les fonctions parentales et mes parents étaient heureux de les laisser faire. Ça leur a donné de la liberté. Carlisle et Esmée avaient deux autres fils, Caius et Félix. Ils idolâtraient leur frère aîné et m'en voulaient toujours de prendre la plus grande part de son temps et de son attention."

"James a toujours été plus rebelle que moi mais il pouvait noyer un poisson dans l'eau." Il regarda le visage de Bella pour voir si elle avait compris cette expression et continua. "Carlisle était un père pour nous deux, pour nous discipliner quand nous étions espiègles, pour m'acheter des cadeaux et pour m'annoncer la trahison de James."

Edward soupira et bougea un peu, pour installer Bella plus confortablement contre sa poitrine. "Je me suis demandé si les historiens allaient même se rappeler comment la rébellion a commencé," dit-il.

"C'était si anodin au premier abord. Lapush est principalement une planète agricole, l'exploitation minière étant sa plus grande industrie. La plupart sont des mines de ressources, tels que les minéraux que nous utilisons pour produire de l'énergie et des choses comme ça et ne sont pas imposés. La personne qui est propriétaire d'une mine de ressources vend les matériaux directement au gouvernement, il est payé par les impôts et les ressources sont ensuite distribuées selon les besoins des différentes parties de la Fédération."

Bella hocha la tête. Un des premiers problèmes qu'elle avait traité en tant qu'impératrice était la demande d'exemption temporaire de taxes d'un propriétaire de mine à cause d'un éboulement qui avait dû être géré. Bella l'avait accordée.

"D'une certaine manière, les pierres qui brillent, comme celles sur ta tunique de mariage, ont été classées comme une ressource, bien que leur but soit strictement ornemental. Je peux seulement supposer que cela ait dû être un problème informatique qui n'a jamais été corrigé et les propriétaires des mines n'ont certainement jamais apporté volontairement l'information. Qui sait combien de temps la situation aurait continué si ma mère n'avait pas été aussi mesquine."

"Que veux-tu dire par, mesquine?" demanda Bella.

"L'un des propriétaires de mines avait une compagne que ma mère détestait et donc elle a fait quelques recherches pour voir si elle pouvait trouver quelque chose pour l'utiliser contre elle. Elle a trouvé dans le système fiscal et lui a ordonné que cela soit réparé."

"Nous avons un vieux dicton: Une avalanche démarre avec le mouvement d'un caillou. Les propriétaires fermèrent les mines, ce qui mit tous les travailleurs au chômage. Ils pensaient que le tollé public forcerait mes parents à annuler les taxes. Les mines étaient les principaux employeurs de nombreux villages, quand il n'y eut plus de salaire à dépenser dans les magasins et marchés, eux aussi fermèrent. Et ainsi que les compagnies maritimes qui transportaient les minéraux.

Et cela a continué : ça s'est étendu aux fournisseurs qui vendaient des marchandises dans les magasins, les agriculteurs qui produisaient la nourriture. Une économie tout entière, presque renversée par une femme qui en voulait aux riches propriétaires de mines qui ont refusé de payer des impôts sur leurs bénéfices massifs. Les propriétaires des mines ont dit aux gens de blâmer le gouvernement, affirmant que les taxes les avaient ruinés. Les gens les ont crus et les manifestations ont commencé. Et comme de plus en plus de gens se retrouvaient sans travail, les protestations ont augmenté. Mes parents ont complètement ignoré les protestations et le sort du peuple.

James et moi étions encore à l'école et les manifestations ont été discutées dans nos classes de gouvernement. James était toujours intéressé par la philosophie et la politique. Il a vu les excès et l'indifférence de mes parents mais au lieu de les blâmer pour leur mode de vie, il a blâmé le système monarchique lui-même. A son avis, c'était fondamentalement mauvais d'avoir un système héréditaire pour une galaxie qui est constituée de tant de planètes différentes. Il voulait quitter l'école et rejoindre les manifestants mais Carlisle ne le laissa pas partir.

Puis, un jour, il a cessé complètement de parler de politique. J'étais soulagé parce que je pensais que cela se mettait entre James et moi. Certains de nos échanges avaient été très tendus. Il est entré dans le programme de formation pour être garde du palais au lieu de rester dans les études politiques avec moi. J'avais espéré qu'il devienne mon conseiller un jour. Carlisle et Esmée ont été déçus, aussi, mais ils ont dit que James avait le droit de choisir son propre destin."

Edward s'arrêta un long moment, si longtemps que Bella pensa qu'il devait avoir dérivé vers le sommeil mais il parla de nouveau, sa voix tendue.

"Carlisle est arrivé pour nous sortir, Emmett et moi, des cours un après-midi. C'est lui qui nous a dit que nos parents étaient morts. Ils assistaient à une fête sur une des lunes de Volterra. Emmett et moi étions censés y aller mais j'avais un exposé cet après-midi-là et j'avais décidé de rester à la dernière minute, une décision qui m'a sauvé la vie et celle d'Emmett, qui avait décidé de rester pour me tenir compagnie. Leur navire a été détruit par une bombe posée par James. Au début je ne voulais pas le croire, mais Carlisle m'a dit que James lui avait envoyé une vidéo. Il a dit que la seule chose qu'il regrettait était qu'Emmett et moi n'étions pas sur le navire et qu'à cause de cela il n'ait pas été en mesure de détruire la monarchie d'un seul coup."

"Oh, Edward," dit Bella doucement. Elle pouvait entendre la douleur dans sa voix.

"James a rejoint les manifestants comme il l'avait voulu, et avec un tel 'coup contre l'oppression' à son crédit, il est rapidement monté dans les rangs. Ce n'était plus seulement une manifestation. Il en a fait une rébellion pure et simple et il a été assez intelligent pour cacher ses 'soldats' parmi la population civile. Je pourrais détruire une armée. Je ne peux pas détruire une ville pleine de femmes et d'enfants."

Edward la regarda solennellement. "Perdre James a été plus difficile que de perdre mes parents, aussi terrible que cela soit. Ils étaient des figures lointaines dans ma vie, plus intéressés par s'envoler pour le dernier truc à la mode que leurs fils. Perdre James a été la pire douleur que je n'ai jamais ressentie jusqu'à cet après-midi, quand toi et moi étions séparés par une porte que je ne pouvais pas ouvrir."

"Edward, je suis désolée," murmura Bella.

"Ne t'excuse pas", dit Edward. "Je l'ai mérité. Je le mérite encore. Bella, si tu restes avec moi, je jure que je vais passer tout le reste de ma vie à essayer de me faire pardonner. Je t'aime."

"Oh, Edward je t'aime, aussi."

Il l'embrassa, pressant ses lèvres sur les siennes, un peu hésitant. Bella fit un petit bruit, heureuse de lui faire savoir qu'elle l'aimait et resserra ses bras autour de lui. Elle sortit prudemment sa langue et donna à sa lèvre un petit coup de langue. Il sursauta de surprise, tirant sa tête en arrière pour un moment mais il revint presque immédiatement. Elle l'a fait à nouveau et cette fois, il retourna le geste, sa langue râpeuse traçant sa lèvre supérieure.

Il les fit rouler et à présent il reposait sur elle, soutenant son poids sur ses coudes. Ses lèvres sur sa gorge, ses mains déboutonnant les boutons de sa tunique. Il se figea là pour un instant, demandant la permission.

Elle hocha la tête, se cambrant et soufflant quand il pinça son cou.

C'était lent. C'était doux. C'était puissant. Edward prit son temps pour descendre le long de son corps, faisant des détours pour visiter les attractions spéciales, les points familiers maintenant qui la faisaient se tordre de plaisir. Il atteignit sa destination et décida apparemment de mettre le camp en place, passant des heures à la garder au sommet d'une vague de plaisir jusqu'à ce que Bella lui demande de pousser lentement en elle et qu'elle enroule ses jambes autour de sa taille, mordant son épaule et criant d'extase.

Ensuite, elle était trop épuisée pour faire beaucoup plus qu'un sourire somnolent avant de tomber dans un sommeil sans rêves.


Dans la matinée, les monticules de cadeaux furent finalement enlevés. Une armée de drones les emballa dans de grandes boîtes et les enleva enfin du terrier. Bella stocka ce qu'elle voulait garder dans l'une des malles, celle dans laquelle Edward avait l'habitude de ranger le collier de Jacob. Il avait disparu, c'était vide. Même dans la mort, Jacob ne pouvait pas aller à l'extérieur sans être correctement étiqueté. Elle a demandé à Edward ce qu'il se passerait avec le corps de Jacob.

"Il sera brûlé", déclara Edward, et au ton de sa voix, Bella supposa qu'il ne parlait pas d'une crémation respectueuse.

Il n'y aurait rien à donner à sa mère si Bella réussissait à la retrouver, pas de sépulture, qu'elle pourrait visiter.

Edward avait ce regard inquiet sur son visage et il tordait le bout de sa queue. Bella ferma la malle et alla dans ses bras, posant sa tête contre sa poitrine. "Edward, je te pardonne mais je suis toujours triste de ce qui est arrivé. Jacob va me manquer."

"Dois-je trouver un autre drone?" demanda timidement Edward. "Nous avons besoin de quelqu'un pour faire le ménage pour nous."

"Je ne sais pas si…" Bella s'arrêta. Ils se retournèrent, regardant la porte. Il y avait de l'agitation dans le couloir, une femme criait. Ils se dépêchèrent et Edward entrouvrit la porte. Tanya se tenait devant la porte, son bâton à la main. Edward pouvait voir au-dessus de sa tête mais Bella devait se contorsionner.

"Je connais mes droits constitutionnels!" hurla la femme. "Si je ne suis pas en état d'arrestation, vous n'avez pas le droit de me retenir. Je veux un avocat et je veux mon putain de coup de fil!"

"Vous n'êtes pas plus au Kansas, chérie," répondit Lauren, et elle avait l'air exaspéré.

"Ensuite, contactez le consulat! La Convention de Genève…"

"Que se passe-t-il ici?" demanda Bella. Elle dépassa Tanya et put enfin voir la femme en question. Elle était incroyablement belle, très grande et sculpturale. Avec des boucles blondes et un maquillage spectaculaire, elle avait l'air d'une pin-up des années 1950.

Un homme que Bella n'avait jamais rencontré avança mais s'arrêta lorsque Tanya enfonça le bout fin de son bâton devant lui. "Mes excuses, Impératrice," dit-il précipitamment. "Il y a eu un dysfonctionnement et nous ne savions pas quoi faire. Elle nous a vus!"

"Qui a vu quoi?" demanda Bella. "Commencez dès le début."

"Lauren a été envoyé pour trouver une femme sur Terre. Il y a eu un dysfonctionnement dans le camouflage du Sauteur et cette femme nous a vus. Nous ne savions pas quoi faire, alors nous l'avons emmenée avec nous. "

"Sauteur?" Bella répété.

"C'est la machine qui transporte des personnes en pliant l'espace," répondit Edward.

"Oh, pour l'amour du Christ," dit la femme, roulant ses yeux. "Eh bien, je me fous de ce qui a dysfonctionné. Je veux rentrer chez moi et maintenant."

Bella se dirigea vers elle et tendit sa main. "Bella Swan, Impératrice des Neuf."

La femme prit sa main et la serra brièvement. "Rosalie Hale, très énervée. "Par l'enfer quel est cet endroit?"

"Vous êtes sur une autre planète," dit Bella. "Et vous ne pouvez pas rentrer à la maison. Je suis désolée." Bella avait une soudaine sympathie pour Lauren. C'était vraiment un travail difficile.

"Écoutez ma petite dame…" dit Rosalie, saisissant le bras de Bella. Grossière erreur. Tanya tapa avec son bâton le bras de Rosalie en même temps qu'Edward gronda. Au crédit de Tanya, elle n'avait pas frappé Rosalie très fort. Elle aurait pu briser son bras Rosalie avec un coup de son poignet mais à la place, elle avait donné juste une tape sèche pour faire valoir son point de vue.

Rosalie secoua son bras. "Bordel de merde, Schtroumpfette? Vous m'avez vraiment juste tapé avec ce putain de bâton?"

"Ils deviennent un peu givré chaque fois que quelqu'un me touche sans ma permission," dit Bella. "Rosalie, regardez autour de vous. Avez-vous déjà vu de grandes femmes bleues ou des mecs avec des crocs et des queues sur Terre ces derniers temps? Je sais que c'est difficile à accepter. Je suis passée par là, aussi. Mais vous êtes vraiment sur une planète lointaine et il n'y a pas de retour possible."

Rosalie regarda Bella comme si elle avait deux têtes.

Bella se tourna vers Edward. "Je pense que nous venons de régler le problème de savoir si oui ou non nous avions besoin d'un nouveau drone."

Edward avait l'air consterné. Il se rapprocha de Bella. "Je ne l'aime pas," murmura-t-il. "Elle est méchante."

"Elle a peur," dit Bella. "Donne-lui une chance." Elle se tourna pour parler à Lauren et faillit avaler sa langue. Lauren la regardait, les yeux noirs, pleins de malveillance. Bella se détourna, secouée.

Rosalie prit ses quartiers dans la chambre de Jacob dans le couloir. Edward tortilla sa queue à nouveau mais Bella lui dit que ce serait un bon exemple pour leur peuple d'embaucher une personne au lieu d'acheter un drone.

Rosalie avait un regard hébété mais elle récupéra vite quand Bella lui expliqua ses nouvelles fonctions. "Je ne suis pas une putain de bonne," dit-elle.

"C'est ça ou la base de donnée pour trouver le compagnon qui te correspond," lui dit Bella.

Rosalie grimaça. "J'espère vraiment que ce n'est pas aussi mauvais que cela semble l'être."

Bella lui expliqua brièvement les bases de données génétiques et les habitudes d'accouplement Volturi.

"Cela ne marchera pas pour moi," dit finalement Rosalie.

"Ils sont assez convaincants," répondit Bella, d'un ton sec.

"Non, je ne dis que je ne peux pas me marier ou m'accoupler ou peu importe comment vous appelez cela à l'un de ces gars-là. Je suis lesbienne."


Et voilà l'arrivée de Rosalie pour finir le chapitre… A vous!