Tout d'abord, merci pour les dernières reviews, même si je n'ai pas encore pris le temps d'y répondre.
Ne cherchez pas le point de vue d'Hermione : ce chapitre ne présentera que le point de vue de Drago.
Bonne lecture !
Point de vue de Drago.
- Hey Hermione...
Son regard est insoutenable. Il me détruit à petit feu. J'y lis de la fureur, et même si je refuse l'idée que celle-ci soit dirigée contre moi, ce n'est pas ce qui me désole le plus. Le pire, c'est de lire la douleur dans ses yeux. Cette douleur, je la connais par cœur, je la ressens sans arrêt et je la maudis d'exister, souhaitant secrètement que personne n'ait à la porter sur son dos comme un fardeau. Personne, et surtout pas elle, pas mon Hermione. Pour la première fois de ma vie, je comprends vraiment ce que sont l'amitié et l'amour, et ce que c'est que de vouloir remuer ciel et terre pour quelqu'un, pour qu'il ne souffre jamais, pour ne jamais voir la lueur de ses yeux chanceler et un torrent de larmes couler sur son visage.
Un jour, Pansy s'est mise à sangloter dans mes bras. Je n'ai pas eu de peine pour elle. J'étais plutôt embarrassé. J'ai soupiré, lui ai tapoté le dos dans un geste qui se voulait rassurant mais qui ne l'était pas le moins du monde et ai lancé, d'une voix assurée :
- Garde la tête haute et bombe le torse. Tu dois faire honneur à ton rang et à ta famille : les sang-pur ne pleurent pas, encore moi les Parkinson !
A travers ses larmes, elle m'a souri et a murmuré un merci résigné.
Avec Hermione, rien n'est pareil. Elle me donne envie de tout révolutionner, de tout envoyer paître et d'oser enfin vivre comme je l'entends. Je sais qu'avec elle, j'aurais un jour la force d'écouter mon cœur plutôt que Père, et la douleur que j'ai fait naître dans ses yeux me révolte. Je me jure intérieurement de ne plus jamais faire quoi que ce soit qui puisse la blesser ou la rendre malheureuse.
- Pardonne-moi.
Ma main, serrée sur son poignet, est moite. Hermione fronce les sourcils, furieuse, mais garde obstinément le silence. Mon courage et ma détermination commencent à flancher. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris de la suivre comme ça : je ne pourrais tolérer qu'elle me déteste encore plus !
- Non mais quel idiot ! s'exclame-t-elle enfin, me faisant sursauter.
Je suis perdu, je ne sais pas ce que je ressens. Je suis peiné de l'avoir mise dans une colère noire, mais je ne peux pas empêcher les papillons de danser la java dans mon ventre lorsque le son de sa voix résonne à mes oreilles.
- Ton père est un crétin, et apparemment, tu marches sur ses traces. Et maintenant, lâche ma main, tu veux ?!
Soudain, je souris et, pour la première fois de ma vie, je fais quelque chose de totalement irréfléchi. Je serre Hermione dans mes bras, blottis ma tête dans son cou et murmure :
- Je t'en supplie. J'ai besoin d'une amie. J'ai besoin de toi. Apprends-moi à aimer, à sourire, à pleurer. Père et Mère ne m'ont rien appris de tout ça. Hier, je n'ai pas su quoi faire, avec Goyle à côté de moi. J'ai eu peur de ne pas être le parfait petit Malefoy.
Je n'ai jamais dit ça à personne. Et cette étreinte est l'étreinte que j'ai longtemps espérée de Mère ou de Père. C'est une étreinte dans laquelle j'ai mis toutes mes peurs, toutes mes incertitudes, toutes mes douleurs... ce que je suis vraiment au fond de moi ! Je vois en Hermione une confidente Elle fait jaillir de moi des sentiments que je n'aurais jamais soupçonnés, et les mots que je tais à tout le monde franchissent irrésistiblement la barrière de mes lèvres, alors que j'espère secrètement qu'ils atteindront son cœur plutôt que ses oreilles.
