Chapire 6 partie 2 ! Ou chapitre 7, ça dépend des points de vue...C'est juste que j'ai coupé le chapitre 6 en deux pour respecter un peu la longueur des chapitres.
Comme vous pouvez le deviner, on retrouve Ali. Je sais pas s'il correspond au genre de personne que vous pensez, mais bon. C'est ce que moi j'ai imaginé, j'espère que je conserverait ma cohérence (déjà envolée depuis belle lurette...).
Bonne lecture !
Chapitre 7 : Un pêcheur à Riyad
Les rues de Riyad étaient pleines de voyageurs, de grands marchands et de riches personnes. Certaines étaient d'origines nobles, d'autres n'en avaient aucune. Leur point commun était leurs bourses d'or qu'ils laissaient sereinement à la vue des passant, accrochées à leur ceinture.
Ali rentra dans la ville avec un mal aise effroyable. On ne pouvait pas dire qu'il était comme tous les autres promeneurs. Ses vêtements étaient sales, déchirés à certains endroit, et il n'avait plus d'argent pour subvenir à ses besoins. La honte le prenait, mais il se répétait que sa tante serait bientôt là pour l'aider.
Les voleurs l'avaient chargé de revenir le lendemain. S'il n'écoutait pas cet ordre, ils brûleraient la demeure de son oncle. Autant dire que la dernière chose qu'il ferait serait de ne pas obéir. Ils lui avaient pris son sac, ses affaires et la monture sur laquelle il avait traversé le désert. Il devrait par tous les moyens les récupérer, le chameau ne lui appartenant pas et ses seules affaires étant bien trop précieuses à ses yeux.
Ali n'était ni le meilleur des guerriers, ni le plus fin des stratèges. Il n'osait pas s'embarquer dans un combat perdu d'avance, et ne trouvait malheureusement rien pour fuir cette accablante situation. Mais lui lui suffirait de profiter d'un bon moment pour se tirer d'affaire. Il était confiant sur cette idée.
En passant une rue, il se cogna contre une énorme femme, de par la corpulence et la hauteur. Il se frotta le nez et leva la tête.
"Ah bah te voilà Ali !" hurla-t-elle.
Sa tante, enfin. Il ne pouvait pas être plus heureux
"Et tu peux me dire c'est quoi cet accoutrement ? Où qu'il est ton chameau ?"
"Des bandits de grands chemins m'ont choppé et m'ont tout pris. Ils ont fuit, j'ai pas pu les rattraper."
"Ça c'est tout toi ! T'es tellement la tête dans les nuages, comme ton père ! Non mais regarde-toi !"
Elle prenait Ali par le col et le trainait sur toute la rue, malgré ses protestations. Les gens aux alentours riaient face à cette scène.
"Quand on sera rentré, tu peux être sûr de bosser comme un malade pour moi !"
Ali Baba n'écoutait pas les paroles menaçante de la femme. Au coin d'une ruelle plus sombre se trouvait un homme. Il crut reconnaitre un des voleurs de la grotte.
Ali était surveillé de près par la bande.
...
Sur le coup, je crois pas avoir bien compris ses mots. Je bloque un peu.
Schéhérazade, la fille du vizir, la femme ayant le pire caractère au monde, vient de m'inviter à un dîner (qui soit dit en passant n'est pas le sien).
Elle ne se rend pas bien compte de ce qu'elle dit, de l'impact que ça a ! Tout comme on invite pas un sourd à un concert de rock, on amène pas un esclave à table. C'est lui qui sert les plats d'ordinaire. Pas que les sourds soient des esclaves mais...enfin, vous m'aurez compris.
Ça me rend mal à l'aise tout ça...Je sais pas quoi dire...Manger à une table, c'est quelque chose de totalement...humain. Partager un repas, c'est échanger des choses, c'est voir de la famille. Pas un truc de génie. Les génies eux sont seuls et ne partagent rien avec personne pour la simple et bonne raison qu'on a rien à partager, ni personne. A part un couvercle de vieille lampe à huile au bas mot.
Pour me donner ce cadeau, il y a deux explications possibles : elle a pris trop de doses de sable au désert, et là elle nage en plein délire.
Mais c'est un délire qui me plaît.
"C'est pas un peu trop comme récompense ?"
"Rien à voir avec une récompense."
Mon visage lui sourit. Je crois que je commence un peu à cerner le personnage...
Elle déteste parler. On s'en rend compte facilement. A la place, elle préfère agir et montrer ce qu'elle pense par des actions. M'inviter en est une. Au début, ça me gênait énormément de rester devant quelqu'un sans ouvrir ma bouche, car comme vous le savez, je suis d'un naturel très piailleur. Si ce que j'ai à dire ne sort pas sur le coup, je deviens très anxieux, et quelques troubles euphoriques viennent me passer le bonjour.
Mais Schéhérazade est du genre calme. Elle s'énerve souvent, mais ne hausse pas bien le ton. Elle en a pas besoin pour montrer qu'elle est fâchée, ni pour montrer son enthousiasme.
Elle ne gaspille pas sa salive, elle me remercie. Et remercier un génie le dégénise un peu.
Avant de dire un mot de plus, on entend des pas dans le couloir. En se retournant, on voit arriver une énorme dame.
On entend des "Maman !" tout joyeux du coté des enfants qui courent vers elle.
"Du calme Kamel. C'est que t'es devenu plus costaud dis moi."
Elle lève les yeux vers mon Maître.
"Z'êtes la gamine Schéhérazade ?"
Schéhérazade se lève. "O-oui c'est moi."
"Abousir m'a dit de venir vous voir pour aller diner ! Alors venez !"
Elle s'en va en se dandinnant. Mon maitre et moi, on se regarde.
"Je ne l'imaginais pas du tout comme ça..."
"Moi non plus. Je la voyais un peu plus brune sur le côté."
Elle me regarde un peu surprise, puis baisse les épaules. Visiblement elle se sent mal. Elle devait parler de son envergure imposante...
Je les suit en prennant une grenadine que je mange comme du pop-corn en même temps.
"Tu ne vas plus avoir de place pour les plats."
"Ah ouais, c'est vrai que je mange avec vous aujourd'hui..." je jette la grenadine dans les buissons.
La mère s'impatiente et se tourne vers nous pour montrer qu'on doit se dépêcher.
Dans les couloirs, on sent une odeur de viande cuite et de dessert au miel. Sans doute un gateau. A Riyad, on trouve plein de bons patissiers, rien d'étonnant. Si vous êtes pas arabe, dommage pour vous, vous manquez des choses comme les crêpes de chez nous enrobée dans du sirop. Ça vaut son pesant de datte.
Pour éviter le silence dérangeant, Schéhérazade entame la discussion.
"Alors...hum...Donc vous êtes la femme d'Abousir."
"Vous croyez que je suis qui tiens ! Je suis pas servante !" En revanche, moi je le suis. Et ce ton péjoratif ne m'a pas plu.
"Vous avez toujours résidé à Riyad ?"
"Depuis le temps que mon Ab il est chef des thermes. Avant j'venais de nulle part, mais Ab a bien voulu me daigner un peu de bon coeur et il m'a amené ici."
Au niveau du salon, mon maître me lance un autre sourire en coin. L'accent paysans de la dame nous faire rire, mais on fait de notre mieux pour rester stone.
"Appelez moi m'dame Sam'ra, ma petite."
"D'accord."
"Comment votre gars se nomme ?"
"Mostafar."
"Ça ressemble à thermostat, on va bien s'entendre avec Ab."
Elle dit n'importe quoi qui lui passe par la tête, le tout sous cet accent juste épique. On commence à avoir du mal à se retenir.
Mais m'dame Samira s'arrête pour faire face à un gamin au fond du couloir.
"Ali, je t'ai dit de t'faire beau ! Pas de te rouler le rideau dessus !"
Là c'est instantané, on explose. Schéhérazade manque de tomber et moi je me tiens au mur. Le pauvre gamin ouvre de gros yeux en demandant pardon pendant qu'on s'en remet.
"Regarde moi ça ! Tu te fais voler ton chameau et tes affaires ! Je t'en offre d'bon coeur et voilà comment tu te trimballes !"
Voler son chameau ? C'est tout de même assez gros...on le remarque généralement quand on cherche à vous le prendre. Mais bon, ce garçon m'a l'air bien niais. Et assez lâche.
"Regarde, ya même les invités qui se fichent de toi !" Pas vraiment exact...mais laissons la croire.
Au mot 'invités', le petit se tourne vers nous et fait de grands yeux. On dirait qu'il a vu un fantôme.
Il pousse un cri en tombant à la renverse.
"Mademoiselle Schéhérazade ?!"
Sans blague ! Moi je cherche même plus à comprendre ! Tout le monde se connait en Arabie ou quoi ? Peu importe où on va, on retrouve toujours le frère du cousin de la fille du grand oncle du fils de untel !
"Vous me connaissez ?"
"Mais...vous veniez tous les jours acheter votre poisson dans mon échoppe !" Un pêcheur ? Ça explique l'odeur...
Mon maître a l'air de réfléchir. "Aucun souvenir." Le petit a l'air déçu. "Mais ça veut dire que tu viens d'Agraba ?"
"Non, de Oualad Balah, mais...! Vous êtes censée être morte !"
"Ne m'enterre pas trop vite." Ok, un gamin arrive lui dire qu'elle est morte et elle est même pas sous l'choc. "Qui a dit que je l'étais ?"
"Ben le roi !"
Nos méninges tournent.
"Pendant l'incendie de chez vous ! Votre famille y est aussi passée !"
"Du calme." Je dis. "Isham et Dinarzade vont bien, ils sont aussi à droite des dunes." Ça je le dis à mon maître qui commençait à se demander si j'avais vraiment exaucé son voeu.
Il a pas l'air de nous croire. Ils ont du faire toute une cérémonie de mort sans nous demander si on allait bien. C'est assez troublant. Et vexant.
"Ecoute pêcheur..." Schéhérazade dit.
" 'Ali Baba'."
"Ali baba...qu'est-ce qu'on dit aussi de nous là bas ?"
Une fois assis à table, Ali nous raconte tout, que le roi a pleuré aux obsèques de sa prétendue ancienne future femme (c'est un peu dur à comprendre, désolé), qu'on a lancé les colombes, synonyme de l'envol du corps vers un avenir autre que terrestre, et enfin les gâteaux qu'on a distribué aux voisins et à la famille pour anoncer l'odieuse nouvelle.
Ce qui est dingue, c'est que tout le monde a cru vraie cette histoire...suffit de déclarer quelqu'un mort et tout le deuil est déclenché dans ce pays.
Abousir n'est toujours pas arrivé, et la tradition veut que ceux qui attendent l'hôte ne meurent pas de faim. Les servants de la maison nous pose d'énormes plats, dont une dinde conséquente. Moi qui n'ai pas besoin de manger, ça me donne faim !
On entame tous et c'est le moment que choisit Ab pour montrer le bout de son nez.
"Ali est là, à la bonne heure !" Il s'assoit. "Je pensais qu'il allait encore t'arriver quelque chose pendant le voyage."
On rit en voyant sa femme s'énerver de nouveau. "Sais-tu que le p'tit a paumé sa monture et sa bourse ?!"
Ali se colle au dossier de sa chaise. Abousir le regarde. "Voilà pourquoi il porte mes vêtements...Décidément, tu n'es pas bien doué."
Il ne répond pas. Soit il a l'habitude de ce genre de remarque, soit il a la tête ailleurs.
Il se tourne enfin vers mon maître. "Vous non plus demoiselle pour vous évanouir en plein désert."
Elle prend l'air le plus noble qui soit. "Quand on en traverse la moitié à pied sans boire ni manger, c'est tout à fait normal."
Abousir s'étonne et siffle. "La moitié à pied ? Vous ? Même un homme ne pourrait pas."
"Eh bien moi je l'ai fait. Vous raconterez à vos hommes comment une pauvre femme a pu tenir sans eau dans un tel lieu, ce sera un bon apprentissage."
Je ne sais pas si elle ment par volonté ou si elle y croit vraiment, car elle n'a fait qu'un kilomètre après tout. Mais peut être que la chaleur lui a fait oublier que c'est MOI et le TAPIS qui avons fait la majorité du trajet en la portant.
Mais son but est de montrer qu'elle est supérieure à ce qu'on croit qu'elle est, et ça c'est une bonne astuce pour plaire à Riyad, la ville des vantards.
Abousir a envie d'en savoir un peu plus, et mon maître lui raconte un peu de notre vécu à tous les deux, c'est à dire à partir du moment où elle m'a rencontré.
Je vois qu'elle ne dit pas un mot sur ce qu'elle faisait avant à Oualad, ce qui me rend un peu curieux...mais rien de bien trop cool à mon avis. Une vie de fille de vizir, sans doute, et les repas et les richesses qui vont avec. Mais je me souviens que sa mère est morte, car Dinarzade m'avait demandé de la ramener. Je me demande comment et pourquoi. Peut être par la main de Schariar ? Ou à cause de quelqu'un d'autre ? Les six hommes du marché qui lui voulaient du mal par exemple.
Elle parle aussi de comment le roi l'avait attrapé dans sa propre demeure. Abousir parait émerveillé, car elle raconte comme quand elle citait l'histoire de Marouf à Nadia et Kamel.
Je m'en souviens. A ce moment, elle aurait pu fuir en courant, bien avant que le djinn nous envoie valser en l'air. Mais elle est restée figée sur place. On pourrait se demander pourquoi ?
Bon, désolé de réfléchir autant, mais je suis pas dans mon élément ici, ça me rend nerveux. Un serviteur me pose un verre et des couverts, pour que je me décide à manger. Mais peu importe ce que je fais à table, j'ai toujours l'impression de faire une bourde, surtout quand Samira me regarde avec cet oeil là...
Je choisis de prendre une cuisse de poulet dorée à point avec les doigts, et encore une fois, quelqu'un me regarde. C'est Ali Ba-Bafouille. Par gêne, je repose tranquillement la viande dans l'assiette. Schéhérazade me voit faire.
"Tu sais, tu peux manger tout ce que tu veux."
"Je sais, oui. Je suis là pour ça après tout..." Je boude. Ils m'aident pas vraiment !
Pour faire plaisir deux minutes, je prends un bouraka et l'enfourne d'un coup. Que c'est bon ! Et au moins, tous les regards se retournent vers Schéhérazade qui continue.
"Puis le roi nous a envoyé en plein milieu du désert, j'ai du marcher jusqu'à Riyad, et c'est à l'entrée que je me suis évanouie."
Abousir me toise d'un coup (quand un os de poulet me sort d'une narine) comme pour me demander 'C'est vrai c't'histoire ?'. J'aquiesce pour être poli, mais je rage intérieurement. Je le répète, c'est mon pote la Carpette qui a sué le plus.
Abousir s'étire et prend aussi du poulet qu'il découpe soigneusement au couteau. J'ai l'impression d'être un gros dégueulasse.
"Vous avez tenu tête aussi longtemps face au roi ?" il demande.
"Sans mon aide." J'ajoute ironiquement, pour poursuivre l'idée de mon maître de se montrer fière.
"Mostafar, ne fais pas celui qui n'a rien fait." Mais elle gâche tout pour des choses aussi inutiles que des merci. Je la comprends plus vraiment. "On m'aurait attrapée de force pendant l'audience si tu ne les avais pas intimidés."
Samira prend la parole de sa voix bourrue. "Si c'est pas un ange ton Mostafar...C'est comme mon Ab. Il se serait sacrifié pour moi." On se demanderait si ce ne serait pas l'inverse vu les morphologies...
Pendant qu'on nous sert d'autres viandes, je regarde longtemps le petit Ali, qui a un air angoissé.
"Ben Baba, ça va pas ?"
"Hein ?" Il sursaute puis se force à montrer ses dents. "Non merci, je n'ai pas bien faim."
Totalement la tête dans les nuages...ce gamin est bizarre...tout à l'heure, il reluquait Schéhérazade de bas en haut puis le v'là immobile et suant à grosses gouttes...moi je vous l'dis, ce type est pas clair.
"Il est pâle comme un linge le p'tit ! Va donc dormir au premier à droite."
Il se lève sans nous regarder pour se dépêcher d'aller dans le couloir.
Abousir reprend notre attention. "Schariar est un malhonnète homme. Ici, à Riyad, nous n'entendons pas parler de ces pratiques, et je tacherais bien de ne pas les diffuser si j'étais vous."
Mon maître et moi on se regarde deux secondes, puis nos yeux reviennent au jeune homme. "Pourquoi cela ?"
"Les gens de Riyad sont les alliés de sa Majesté. Si quelqu'un venait à vous reconnaitre, il ne manquerait pas de clamer votre grand retour à tout le monde, et surtout au roi. L'idéal serait que vous restiez ici quelques temps, en notre compagnie."
"Je tacherais de me taire. Et je resterais enfermée chez vous jusqu'à pouvoir repartir."
"Maitre, je crois pas que..."
Elle me donne un énorme coup de pied sous la table. J'intériorise un cri très strident, pendant qu'Abousir lui répond. "Ce sera avec joie."
Et c'est sur ces mots que l'on part dormir dans la pièce d'à côté...
Une fois dans sa chambre, mon maître pose ma lampe sur la commode et va regarder par la fenêtre. On a vue sur le jardin aux grenadines.
"C'est vraiment un bon endroit. Et puis Abousir est un chic type."
C'est elle qui dit ça. Je lui réponds. "Ouais, mais écoute les news, tu veux ?" Je prends des lunettes pour lire le journal dans mes mains. "Tiens ? Riyad possède la chambre de commerce, où le roi se rend toutes les trois semaines ! Oh ? Et là ! La ville de Riyad regorge d'alliés de Schariar l'Antipathique !" Elle roule des yeux. "Et enfin ! Abousir t'as demandé de rester enfermée dans cette ville pleine de tes ennemis !"
"Qu'est-ce que tu veux dire par là ?"
"Il faut s'enfuir d'ici."
"Je ne suis pas lâche !" Elle traverse la chambre jusqu'à un énorme tas de coussins. Elle l'a mal pris ou quoi ?
"Je cherchais juste à..."
"Tu as bien vu comment les gens me regardaient à la salle du trône. Tous ces ministres qui passent leur temps à boire et à exterminer n'importe quoi. Mais il n'y a pas qu'eux, il y a les mères à qui mon père a du enlever les filles. Il y a ces hommes jaloux, et ces vieux qui donneraient n'importe quoi pour tromper la fille du vizir."
Elle se tait. Je réponds rien et attends.
"Où que j'ailles, on veut ma mort. Je ne suis pas libre d'avoir une vie normale. Mais moi je fais face à ce qu'on me jette à la figure ! Je ne suis pas trouillarde bon sang."
"J'ai pas dis ça !" Là je parle fort.
Elle regarde encore par la fenêtre. On dirait qu'elle a trouvé un nouvel endroit pour méditer.
"Dis moi. Où as-tu envoyé mon père et Dinarzade ?" Comme si elle venait pas de me crier dessus...Mais moi je choisis de rester polis.
"Dans la ville où tu lui as dit de se cacher la première fois. Sindbad aussi doit y être."
"Mon dernier voeu a été effectué. Tu penses pouvoir réaliser le deuxième rapidement ?"
"De toute façon j'ai pas le choix. Je serais avec toi tant que t'auras pas la bague au doigt."
...
Non loin de là, sous la fenêtre, se trouvait un homme au visage dissimulé par un masque de tissu noir. Il se cachait plus précisément sous la fenêtre d'une des chambres d'Abousir et écoutait une conversation fructueuse entre une demoiselle et un génie.
Il avait été chargé par Locazz, son chef, de scruter les intérieurs de la demeure pendant la nuit, pour vérifier si le petit Ali n'avait pas eu la mauvaise idée d'alerter quelqu'un. Et depuis plus d'une heure, il entendait les ronflements de ce même Ali (à moins que ce soient ceux de sa tante, leurs chambres étaient proches) dans presque toute la propriété. Rien à signaler pour le moment.
Cependant, la voix de la demoiselle ne lui était pas inconnue. Il était sûr de l'avoir entendu près du chateau d'Agrabah. Ils passait quelques minutes à considérer la discussion jusqu'à ce que certains souvenirs lui revinrent.
A la reconnaissance de la voix de Schéhérazade et de son accent caractéristique, il se réjouissait de la récompense qu'il aurait en annonçant au chef des voleurs cette nouvelle intéressante : la fille de l'ancien vizir Isham n'était pas morte.
