Rose se releva doucement en prenant soin de ne pas faire de bruit. Grâce à la présence quasi-constante de Scorpius, les ombres sur les murs avaient disparu, suivi par les cauchemars et elle dormait maintenant d'un sommeil presque réparateur.

Elle se sentait un peu honteuse de ressentir autant de peur à l'idée d'être seule et encore plus de l'avoir avoué à Scorpius, bien qu'elle sache qu'il n'irait jamais le répéter ou se moquer d'elle.

Elle se pencha et sourit en admirant le visage endormi du jeune homme. Allongé sur une couchette douillette spécialement préparée pour l'occasion – ils avaient dû se battre pour que les autres acceptent que Scorpius reste, et Rose était devenue aussi rouge qu'une écrevisse quand Drago Malefoy leur avait demandé, un petit sourire en coin très évocateur au bout des lèvres, de ne pas trop faire de bruit la nuit – ses cheveux bruns formaient une couronne autour de son front, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration et sa bouche étant légèrement entrouverte. Rose devait avouer qu'il représentait un bien beau spectacle sous les rayons nacrés de la Lune.

Elle allait se faire à l'idée de se rendormir quand un éclat de voix lui fit une nouvelle fois ouvrir les paupières et froncer les sourcils.

— … Ce que je me demande vraiment c'est pourquoi ne l'a-t-il tout simplement pas éliminé ? Il avait sa vie entre ses mains… Alors que s'est-il passé pour qu'il s'en aille aussi soudainement ?

L'oreille plaquée contre la porte, Rose entendit le bruit des pas s'accentuer, signe que celui qui parlait s'approchait de sa chambre. La voix féminine lui était totalement inconnue, néanmoins, la personne qui lui répondit ne l'était pas.

— Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, Olivia, mais c'est une bonne chose que Rose ait survécu, et dès qu'elle ira mieux, elle pourra nous raconter ce qu'il s'est passé. Peut-être que nous tenons enfin quelque chose contre lui…

Que faisait Harry Potter à l'hôpital des Bureaux en pleine nuit ? Et de plus, il parlait d'elle avec une certaine Olivia… Sans doute une Auror.

— Mais ce que je me demande le plus c'est… Pourquoi elle ? C'est la deuxième fois maintenant qu'il essaye de l'assassiner. Déclara la dénommée Olivia.

Rose ne put s'empêcher d'émir un petit rire. Elle se posait la même question. Alors oui, elle était la fille d'Hermione Granger et de Ronald Weasley, mais ce n'était pas une raison suffisante pour que Ryan tente de l'assassiner… Plusieurs fois. La révélation fut un coup de massue alors lorsque ces hommes étaient arrivés chez elle… C'était pour la tuer, elle. Et non pas son père comme elle l'avait cru au départ – quoi que son raisonnement était bien naïf, étant donné que Ron était toujours vivant.

Elle savait depuis le début que Scorpius et elle avaient un rôle très important dans l'avenir du monde des Sorciers dans l'avenir de Ryan, en vérité. Mais elle n'avait jamais vraiment pris ça au sérieux, jusqu'à maintenant.

— Il y a des choses auxquelles je ne peux répondre… Et l'intérêt qu'il porte à Rose est en effet étrange, mais peut tout à fait nous servir.

Interloquée, elle entendit les deux Aurors stopper leur route.

— Tu veux dire… comme…

— Nous ferions mieux d'en parler ailleurs, Olivia. L'interrompit Harry avec un brin de malice dans la voix. Les murs – et même les portes – ont des oreilles. Et je suis pratiquement certain que l'une de ces oreilles appartient à Rose Weasley.

Son sang ne fit qu'un tour et Rose s'empressa de retourner sous les couvertures encore tièdes de sa présence, lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit, laissant passer une fine lame de lumière et la grande silhouette de l'Elu. Il attendit quelques secondes, comme pour vérifier qu'elle dormait vraiment, puis, dans un soupir presque soulagé, referma la porte derrière lui et s'éloigna en compagnie de la femme.

Il se trouvait qu'avec ses enfants, Harry avait obtenu un second sens en ce qui concernait les bêtises et/ou tentatives d'espionnages. Il flairait la moindre incartade à des kilomètres, en particuliers avec sa fille Lily qui était une véritable bombe à retardement, toujours prête à commettre la blague de trop. Son fils James n'était pas en reste, heureusement restait Albus qui était un peu renfermé comparé à ses frères et sœurs.

Rose se tassa un peu plus sous les couvertures, et le sommeil finit par l'emporter dans les bras de Morphée…

— Rose, voici l'Auror qui s'occupera de ta sécurité en dehors de l'hôpital avant que tu ne partes à Poudlard. Dit Harry en désignant une grande blonde au physique avantageux et aux yeux d'un bleu gris perçant qui faisait face à Rose et à qui elle jeta un regard dubitatif.

La jeune fille comprit tout de suite qu'elle ne l'aimerait pas. Mais alors pas du tout.

— Enchantée Rose, je m'appelle Olivia, se présenta l'Auror en lui adressant un sourire éclatant et parlant d'un ton condescendant – comme si elle était une gamine !

De mauvaise humeur, Rose décida de ne pas lui répondre et se tourna vers son oncle.

— Il y a Mr Malefoy au Manoir. Je n'ai pas besoin d'un garde du corps. Objecta-t-elle sèchement.

— Il travaille, Rose. Il ne pourra être là pour veiller 24h/24 sur toi. Alors qu'Olivia, l'un de nos meilleur élément, sera spécialement là pour toi !

Et, comme si ces quelques phrases arrangeaient tout, il déposa un baiser sur son front, s'excusa car il devait partir pour traiter un dossier important et disparut aussi rapidement qu'un vif d'or, la laissant seule avec… Olivia. Pourquoi fallait-il que ce soit le jour où Scorpius soit absent ?

Elle maudit Merlin avant de se tourner vers la blonde qui se saisissait déjà de ses valises, valises que son père avait emmené en prévision du séjour qu'elle avait passé dans la chambre d'hôpital.

— On y va ? Demanda-t-elle la voix dégoulinante de gentillesse et sans se départir de son sourire-destiné-aux-enfants.

N'ayant pas le choix, Rose acquiesça de mauvaise grâce et suivit Olivia dans les couloirs blancs de l'hôpital. Elle rentrait enfin au Manoir, mais les conditions pour cela lui restaient coincées dans la gorge…

Rose remarqua à contrecœur qu'Olivia possédait une force physique pour le moins incroyable. Son père, en homme – bien trop – prévoyant, avec ramené avec lui la moitié de sa penderie comme si elle allait passer un mois ici, et les deux valises bourrées de vêtements étaient pour le moins lourde. Mais Olivia ne laissait même pas transparaitre la difficulté, et on aurait pu croire en la regardant que ces bagages étaient aussi légers que des plumes… Ce qui était loin d'être le cas.

— Où est-ce que l'on va ? Finit-elle par interroger sa soi-disant garde du corps.

— Au réseau de Cheminées, répondit simplement celle-ci. Tu ne connais pas ? S'étonna-t-elle enfin.

— Non, rétorqua agressivement Rose, on ne m'en a jamais parlé et j'ai toujours utilisé le transplanage.

— C'est plus sûr pour toi maintenant de voyager en Cheminée et ça te fera découvrir l'endroit ! Le transplanage est facilement tracé par les Loups et la magie concernant le transport – excepté les Cheminées, bien entendu – est interdite ici. (Rose ne l'écoutait que d'une oreille, elle connaissait déjà la moitié des choses que croyait lui apprendre Olivia.) Je n'arrive pas à croire que ton père ne t'en ait pas parlé ! (Elle se crispa instantanément à la mention de son père.) Il te pense sans doute trop jeune.

Rose eut la soudaine envie de lui sauter au visage pour lui arracher son sourire qui frisait la limite du méprisant. Cependant leur arrivée dans le hall du réseau lui retira momentanément ce désir et elle se prit à admirer le décor grandiose.

Une foule incroyable de sorciers se tenait là, et le brouhaha leur empêcha de communiquer ce qui soulagea immédiatement l'adolescente.

— Je te présente le réseau ! Dit fièrement Oliva en se tournant vers sa protégée, qui ne daigna même pas la regarder et fit comme si elle n'avait rien entendu à cause du bruit ambiant.

Elles se remirent en marche, Rose appréciant la vue splendide du réseau un sol de marbre et des murs sculpté de mille histoire, dont celle du légendaire Elu, Harry Potter, et de ses deux plus grands alliés et amis, Hermione Granger et Ron Weasley. A eux trois, ils formaient le Trio d'Or, et apparaissaient fréquemment sur les façades, si bien que Rose eut à affronter de nombreuses fois le sourire de sa mère disparue.

Alors qu'elle finissait par se contenter d'observer le sol, un lutin de Cornouailles, aussi bleu qu'un ciel d'été, et transportant entre ses petites mains une lettre rentra brusquement contre la grande Auror devant elle. La créature poussa aussitôt des grincements contre la blonde qu'il pensait responsable de la minuscule bosse sur son front et lui tira brutalement les oreilles alors que celle-ci tentait vainement de le faire fuir en agitant les bras, les valises à terre.

Rose contempla la scène en riant ouvertement, remerciant intérieurement la petite bête qui lui remontait bien le moral. Malheureusement, Olivia réussit à se saisir du lutin qui se tortilla entre ses doigts, serrant la lettre contre son minuscule corps bleu et poussant des cris stridents qui alertèrent les sorciers aux alentours.

— Olivia ! Intervint Rose en s'avançant et prenant son air le plus sévère. Relâche-le, je crois qu'il a compris.

Un seul instant, Rose crut voir une étrange lueur dans les yeux d'Olivia avant qu'elle ne desserre sa poigne et soupire en reprenant les valises et partant sans un mot. Rose se tourna vers le lutin qui s'époussetait et lui lança un signe de gratitude avant de s'éloigner à son tour. Rose sourit elle s'était fait un allié, et pas n'importe lequel… Comme tous le savait, les lutins de Cornouailles étaient de véritables farceurs, mais étaient devenus d'une grande aide en ces temps de guerre. Ils étaient rapides et efficaces – même si on ne pouvait être certain qu'un message envoyé serait reçu.

Rose se hâta de rejoindre Olivia dont l'enthousiasme et la gentillesse s'étaient bien refroidis – ce qui réjouit intérieurement la rousse.

— Tu sais te servir de la poudre de Cheminette ? Demanda l'Auror.

La jeune fille acquiesça elle s'en était déjà servie une fois mais il y avait bientôt six ans.

— Les Malefoy ont exceptionnellement ouvert leur Cheminée pour nous aujourd'hui mais cela ne durera pas longtemps alors allons-y. Tu es la première. Ordonna-t-elle d'un ton autoritaire.

La rousse se tendit néanmoins elle s'avança jusque dans l'âtre où elle dut baisser la tête pour entrer entièrement. Elle prit une poignée de poudre verdâtre que lui tendait Olivia, prononça distinctement les deux mots « Manoir Malefoy » et disparut dans un tourbillon de flammes et de cendres.

Toussotant, Rose sortit de l'âtre le plus rapidement possible, tombant sur le sol. Elle avait oublié à quel point ce genre de transport était désagréable. Remettant en place une mèche de cheveux rousse qui se faisait bien rebelle, Rose remarqua alors qu'il faisait bien sombre pour la pièce à vivre du Manoir Malefoy.

Elle se releva doucement, le cœur battant à tout rompre et menaçant d'exploser dans sa poitrine. Se mordant la lèvre jusqu'au sang, se morigénant d'avoir peur, elle pria Merlin qu'Olivia arrive vite – puis se reprit aussitôt, elle était une Weasley doublé d'une Granger, elle n'avait pas besoin d'une Auror collée à ses basques !

Rose, les yeux enfin habitués à l'obscurité, examina les lieux. A son plus grand soulagement, elle ne sentait pas la présence insidieuse de Ryan, et son rythme cardiaque ralentit la cadence. Elle parcourut la pièce de long en large en tâchant de ne pas faire de mouvement brusque, comme si elle avait peur de réveiller un monstre sommeillant dans l'obscurité de la pièce.

Elle passa une main émerveillée sur les murs, suivant du bout des doigts les fêlures. Il avait quelque chose de familier, dans cette pièce… Une aura. Elle s'allongea sur l'unique canapé présent et planta ses yeux sur le plafond humide. Ce salon, si c'en était un, était vraisemblablement abandonné.

Elle ferma les paupières. Toujours la même impression qui la tiraillait. Elle n'avait pas peur. Elle se sentait en confiance, en sécurité… Cependant, on l'appelait. Alors elle se rassit, et trouva enfin ce qu'elle cherchait. Un carnet, là, sur le sol. Il était ouvert, et lorsqu'elle s'en saisit, elle se rendit compte qu'il était imbibé d'eau. L'humidité de la pièce avait recouvert sa couverture d'un léger voile de moisi qu'elle s'empressa de nettoyer.

Elle parcourut les pages vides avec une légère déception mais aussi excitation. Cette sensation…

Puis soudain, alors qu'elle s'était arrêtée à la moitié du carnet, deux mots apparurent. Elle faillit lâcher le manuscrit néanmoins ses doigts y étaient solidement crampés.

Excita lupus…. Murmura-t-elle en traçant le contour de l'écriture à l'aide de son index.

— Réveille le loup.

La rousse se figea instantanément, son organe vital ayant pris le rythme d'un cheval au galop. Elle eut peur de se retourner pour découvrir ce visage qui la hantait depuis des semaines mais pourtant, elle n'avait pas reconnu la voix. Doucement, elle entreprit de découvrir qui était la personne qui se trouvait derrière elle…

C'était vraisemblablement un étranger. Il était brun, avait l'âge de son père, si ce n'était un peu plus vieux.

— Qu-qui êtes-vous ?

Elle mit toute sa volonté pour prononcer sa question, mais l'inconnu ne répondit que par un sourire triste et mélancolique.

— Où suis-je ? Continua-t-elle, en s'approchant. Répondez-moi !

Il y avait dans son visage des traits qui lui étaient familiers.

— Tu ressembles à ta grand-mère. Déclara-t-il soudainement, rompant le silence.

— Vous connaissez ma grand-mère ? S'étonna-t-elle.

Mais qui était-il à la fin ? Il acquiesça en souriant, son regard déviant dans le vide, touchant un souvenir que seul lui semblait posséder.

— Je commence sérieusement à en avoir assez des mystères… Marmonna la jeune fille.

— C'est moi qui t'aie amené ici, avoua l'homme en s'asseyant sur le canapé.

Il paraissait avoir retrouvé sa langue, et les mots se formaient désormais naturellement sur sa langue.

— Parce qu'il y a des choses que tu dois savoir… Sur mon fils, par exemple. Non, mes fils. (Un rire ironique et rauque s'échappa de sa jugulaire). Et sur ta propre famille.

Rose qui pensait enfin être éclairci n'en était que plus brouillé. Elle lança un regard circonspect au carnet et à la phrase qu'elle avait prononcé. Soudain, une main masculine ferma le livre vide.

— Regarde.

Il lui désigna les lettres d'or qui s'entrelaçaient sur la première de couverture. Un K suivit d'un R. Elles semblaient se mouvoir, telles des flammes.

— Katelyn Rivers. Dit-il. Ta grand-mère.

Elle écarquilla légèrement les yeux. Son père ne lui avait jamais vraiment parlé de sa famille maternelle. Déjà que le nom de sa mère était prohibé…

— Est-ce que tu me laisseras te conter mon histoire ? L'interrogea-t-il.

— Avant, je veux savoir qui vous êtes, insista-t-elle, bien qu'une curiosité maladive la démangeait.

— Pour les morts, chuchota-t-il en touchant le carnet, illuminant sa paume d'une étrange magie un instant, l'identité n'a plus d'importance…

Et il s'évapora avant qu'elle n'ait pu le retenir pour en savoir plus.

Lorsqu'elle sortit de la pièce, elle se rendit compte de plusieurs choses. Un, elle était bel et bien au Manoir Malefoy. Deux, elle n'avait jamais remarqué à quel point il était immense. Si immense qu'elle dû faire quelques repères pour éviter de tourner en rond. Elle arriva finalement dans le hall d'entrée et poussa un petit soupir de soulagement. Cachant le carnet sous son t-shirt, et plaçant sa veste de sorte à ce que personne ne voit la bosse, elle se dirigea vers la cuisine principale d'où elle entendait des éclats de voix.

Quand elle apparut au pas de la porte, elle vit la silhouette d'Olivia qui faisait auparavant les cent pas se crisper, tandis que son père se leva d'un bond et courut la rejoindre.

— Rose ! Bon sang, ne refais plus ça ! On a cru que… Ryan…

Il déglutit et se frotta les yeux.

— C'est bon, papa, j'ai du mal prononcé parce que je me suis retrouvé dans une pièce du Manoir, un peu plus loin…

Il haussa un sourcil mais avant d'avoir pu dit le fond de sa pensée, la voix d'Olivia le coupa :

— C'est normal. Comme tu n'as pas pu beaucoup pratiquer…

Rose ne lui adressa même pas un regard. Le cuir du manuscrit chauffait contre sa peau, comme s'il pressentait son ressentiment contre la grande blonde.

— C'est demain le grand départ pour Poudlard, la prévint Ron en l'obligeant à le regarder dans les yeux. Prépare tes affaires. Et n'oublie rien ! Lui cria-t-il alors qu'elle montait à grande vitesse les escaliers menant au couloir où se trouvait sa chambre.

Elle sortit son sac déjà prêt de sous son lit. C'était une valise où elle avait mis tous ses indispensables. Elle l'avait préparé en avance, parce qu'elle avait hâte de quitter le Manoir pour Poudlard, la célèbre école de sorcier. Elle rangea le carnet parmi ses affaires, sans oser l'ouvrir. Elle devinait ses pages noircies d'une écriture aux angles rudes mais craignait qu'elles ne soient en vérités restées aussi blanches que lorsqu'elle avait parcouru le livre pour la première fois.

Quel était le plus terrifiant, en vérité ? Voulait-elle vraiment connaitre l'identité de cet individu qu'elle avait sans doute rêvé ?

Et puis, elle s'aperçut d'une chose. Pour la première fois en quelques jours, elle avait totalement délaissé Ryan dans un coin de son esprit pendant des heures. Une esquisse de sourire fleurit sur ses lèvres. Elle avait trouvé un remède… Et elle ne comptait pas le lâcher.

Remettant en place autour de son cou le foulard qui ne la quittait plus, elle redescendit et se figea en voyant la scène. Son père et cette… Auror, discutaient allègrement, des étoiles brillants dans leurs prunelles. Non, non, non ! Rose recula, se mordant l'intérieur de la joue. Egoïste, elle l'était. Mais de penser que Ron pouvait remplacer sa mère…

Alors elle pénétra dans la pièce en frappant des pieds, faisant le plus de bruit possible pour attirer leur attention et les détourner l'un de l'autre, ce qu'ils firent immédiatement en la voyant. La porte d'entrée claqua, faisant sursauter tout ce beau monde, et Scorpius arriva à son tour, emmenant avec lui l'air frais de Septembre. Les joues rougies et les cheveux hirsutes, il rit aux éclats en apercevant le visage étonné de son amie. Scorpius avait l'air si joyeux, ces derniers temps. Tant mieux, songea-t-elle. Ils ne savaient rien de ce qu'ils allaient devoir affronter, mais ils savaient parfaitement que la gaieté ne durerait pas longtemps.

Elle voulut s'approcher, mais Drago Malefoy lui coupa promptement la vue, le visage impassible. Elle comprit parfaitement le message et s'écarta, le ventre noué.

Les règles. Toujours les règles.

Mais elle n'avait pas compris que l'une d'entre elles était que l'amitié était exclue…

— Tu vas mieux ? Lui demanda Scorpius quand Drago eut rejoint Ron et qu'ils parlaient à voix basse.

— Je vais bien. Je suis juste impatiente d'être à demain ! S'extasia-t-elle.

Peut-être qu'elle l'avait auparavant appréhendé, mais maintenant, s'éloigner du visage qui hantait ses cauchemars lui était plus que nécessaire. Son père n'avait cessé de lui répéter que Poudlard était l'endroit le plus sûr au monde.

— Moi aussi, mais j'avoue que j'angoisse un peu…

Elle fronça les sourcils, décontenancée.

— Pourquoi ? C'est Poudlard.

— Rose, tu as seize ans. Tu as l'âge d'aller à Poudlard. Or, je viens d'en avoir dix-huit. A dix-huit ans, on n'est pas censé être à l'école, lui rappela-t-il.

— Je le sais parfaitement ! Rétorqua-t-elle. Et toi, tu sais tout autant que nous n'y allons pas pour les cours de magie.

— Alors c'est peut-être la deuxième raison de mon anxiété ? La mission. Soupira le brun.

— La mission, répéta-t-elle.

Puis elle haussa les épaules et s'appuya contre le comptoir. Olivia s'était volatilisée à son plus grand soulagement.

— Justement. Plus vite on l'aura terminé… Commença-t-elle.

— Mieux ce sera, finit-il.

Le silence s'installa. Probablement parce qu'ils n'arrivaient plus à se mentir en se regardant droit dans les yeux…


Après avoir soupesé vos supplications (je rigole ! ahah) j'ai décidé de publier ce chapitre :)

Franchement, vous êtes adorables... Je ne m'attendais pas à recevoir encore des reviews, alors merci beaucoup ! Sachez que même si je n'y réponds pas tout le temps - je suis vraiment overbookée ces derniers temps... -, chacune d'entre elles me font énormément plaisir !

En espérant que ce chapitre vous ai plu,

~Abby