Rating : K
Relation : Parental!RoyEd
Ça faisait longtemps, hein ? Désolée de cette attente, faut dire que ce thème a avancé à la vitesse d'un escargot. xD J'ai changé d'idée en cours de route, à la base je voulais retranscrire une nuit où Ed ferait un cauchemar et Mustang serait là, mais ça aussi ça a été exploité maintes et maintes fois... En plus j'ai déjà torturé Ed le thème précédent. *kof*
Mais du coup je trouve que l'OS est devenu moins intéressant... Un peu plat, même. Je me rattraperai avec le prochain, promis !
En plus, à la base je voulais le poster pour le 3.10, le FMA Day/Don't Forget Day, mais j'ai pas pu le finir à temps. D: L'année prochaine, je me louperai pas... j'espère.
Bonne lecture !
32. Night
Edward était de mauvaise humeur.
Vraiment.
Bureau du Colonel avec le reste de l'équipe. Sans Al.
Toute la nuit.
— Dites-moi pourquoi j'ai accepté de vous aider, déjà, grommela-t-il alors qu'il posait son stylo sur la table.
— C'était un ordre, répondit machinalement Havoc. Colonel, j'avais un rendez-vous !
Mustang releva la tête de ses papiers, les yeux remplis d'ennui. Il devait sûrement être le premier à ressentir une furieuse haine contre le dossier sur lequel ils devaient tous se plonger. Malgré la rage qui bouillait à l'intérieur de lui, son visage exprimait une toute autre émotion qui tanguait entre le sommeil et la lassitude.
— Et je t'ai déjà dit que ce n'était pas mon problème, rétorqua-t-il sèchement. Travaille.
« Travaille ». Ce n'était pas exactement le mot approprié pour cette situation mais Havoc obéit, faute de choix. Il devait ranger les événements concernant l'enquête par ordre chronologique ; dur de dire qu'il s'agissait là d'une occupation fort intéressante. Il soupira et grommela quelque chose d'inaudible, tandis que Breda bâillait à s'en décrocher la mâchoire alors que Fuery dormait déjà et Falman restait concentré malgré la lourdeur de ses paupières. Seule Hawkeye gardait son sérieux et continuait sa tâche sans rechigner. Quoiqu'Edward faisait du zèle ; une feuille de rapport devant lui, sa tête posée dans sa main droite, les doigts de l'autre pianotant sur la table, il semblait aussi passionné que s'il lisait une recette de croquettes pour chien tout en demeurant plus ou moins appliqué. Il finit par soupirer également.
— Colonel, on dort tous, là, grogna-t-il.
Mustang posa crûment son stylo sur le bureau et se leva. Toutes les têtes se tournèrent immédiatement vers lui.
— Très bien, tout le monde peut disposer, annonça-t-il calmement. Demain matin je veux vous voir ici à sept heures.
— Quoi, sept heures ? s'étrangla Havoc. Vous voulez notre mort ?
— Dormez à la caserne, éluda Roy.
Edward laissa échapper un ricanement malgré lui, s'attirant alors les foudres des autres qui le mitraillaient du regard. Il se leva promptement, attrapa son manteau et fit un signe de main en guise de salutation, non sans une pointe de jubilation.
— Bon et bien moi, j'y vais, fanfaronna-t-il.
Mustang esquissa un rictus sadique, et ses yeux semblèrent d'un coup reprendre tout leur éclat. Alors qu'Edward s'apprêtait à franchir la porte, il l'interpela d'une voix moqueuse.
— Toi aussi Fullmetal, où crois-tu aller ? demanda-t-il en croisant les bras.
L'alchimiste se retourna brusquement et fronça les sourcils. Comment ça, lui aussi ? Il n'avait pas accepté d'aider pour tout le dossier ! Il dévisagea son supérieur.
— J'ai pas que ça à faire, rétorqua-t-il.
— Je crains que tu n'y sois obligé, répliqua Mustang. Ton aide nous sera utile puisqu'il s'agit de cercles alchimiques.
— Quoi, vous êtes pas assez doué pour vous en occuper seul ?
— C'est un ordre, Fullmetal.
Edward se racla la gorge. Il lança un regard noir au Colonel et soupira lourdement, avant de grogner en guise d'acquiescement et de quitter le bureau. Il savait bien que son supérieur pouvait parfois – souvent ? – se montrer très agaçant et horripilant, mais cela ne l'empêchait pas de le trouver extrêmement irritant à ce moment précis. Il se dirigea donc d'un pas énervé vers les dortoirs, grommelant des insultes dans sa barbe.
Mustang soupira de soulagement, ayant un instant douté de l'approbation d'Edward quant à son ordre. Il avait conscience que le Fullmetal ne refuserait jamais s'il prétendait qu'il s'agissait d'une consigne ; malgré tout, connaissant le tempérament explosif du jeune homme, il pouvait s'attendre à tout.
Un à un, les membres de son équipe déposèrent leurs dossiers et stylos pour regagner à leur tour la caserne. Il s'apprêtait à en faire de même lorsque la sonnerie stridente du téléphone résonna, l'obligeant alors à retarder son départ. D'un geste éreinté, il se saisit du combiné et répondit d'une voix toute aussi lasse.
— Mustang, j'écoute ?
— Colonel ? C'est Alphonse.
Ah, Alphonse. Il était resté à l'hôtel sur ordre d'Edward.
— Est-ce que mon frère est encore avec vous ? s'enquit doucement le jeune Elric.
— Je suis désolé Alphonse, mais Fullmetal devra rester à la caserne cette nuit, expliqua Roy. Nous n'avons pas encore terminé notre dossier, et nous nous y remettrons demain à la première heure.
— Oh… Dans ce cas, j'espère qu'il ne vous causera pas trop de soucis…
Mustang arqua un sourcil et la curiosité le piqua. Certes, Edward pouvait se montrer assez bruyant et parfois pénible, mais le ton qu'avait pris Alphonse semblait cacher autre chose. Le Flame ne s'était pas spécialisé dans la détection des intonations vocales, cependant il savait reconnaître une voix hésitante.
— Quelque chose ne va pas, Alphonse ? demanda alors Roy.
— N-Non, tout va très bien, s'étouffa Alphonse. Simplement… Grand frère a du mal à dormir ces temps-ci, et il a tendance à éviter le sommeil à cause de cauchemars.
Le Colonel ne répondit pas immédiatement. Il laissa les mots-clés s'imprégner dans son esprit avant de donner une réponse constructive. « Sommeil », « cauchemars », « Edward ».
Il se massa les tempes.
— Ne t'inquiète pas Alphonse, je serai là, finit-il par dire. Les autres aussi.
— Merci Colonel, souffla Alphonse. Prévenez-moi si vous rencontrez des difficultés, je viendrai aussitôt.
Mustang acquiesça et raccrocha. Sa main resta un instant sur le combiné du téléphone, son esprit songeant aux paroles d'Alphonse.
Edward faisait des cauchemars.
Il ne s'en était jamais douté, mais cela ne l'étonnait pas. La guerre d'Ishbal avait laissé de nombreuses séquelles, même en le Flame ; il n'était alors pas surprenant qu'après toutes les épreuves auxquelles le Fullmetal s'était confronté il n'en ressentait pas les conséquences – la transmutation humaine. Cela expliquait certaines de ses humeurs particulièrement mauvaises ou les expressions de fatigue qu'il arborait dès le matin. Toutefois, Roy était quasiment certain qu'Edward ne saisirait pas de bonne volonté l'aide qu'il lui fournirait, ou même ne serait-ce qu'un petit conseil, une remarque. Il nierait tout, et se mettrait à brailler comme à son habitude. Quel enfant compliqué…
Mustang sursauta légèrement quand il entendit la porte de son bureau grincer ; il releva vivement la tête, mais fut rassuré lorsqu'il vit qu'il ne s'agissait que du jeune alchimiste qui occupait ses pensées la seconde précédente – quoique cela l'abasourdit quelque peu de voir une telle coïncidence arriver. Il fronça les sourcils ; n'était-il pas parti dormir ? Usant de sa voix habituellement sarcastique, il s'adressa à son subordonné tout en faisant attention à bien choisir ses mots.
— Fullmetal, que fais-tu encore ici ?
— 'Pas vos oignons, grogna Edward.
L'adolescent s'affala dans le canapé et ouvrit le livre qu'il tenait à la main. Cela interloqua encore plus Mustang ; non seulement le Fullmetal avait décidé de manquer de sommeil, mais de surcroît il s'installait dans son bureau sur son canapé, pour lire afin de tuer le temps. Son état d'épuisement devait atteindre son apogée pour qu'il ne se préoccupe même pas du lieu dans lequel il se trouvait pour étudier. Cela s'avérait plus grave que Roy ne le pensait ; il n'avait pas imaginé que ces cauchemars affecteraient à ce point Edward. D'autre part, ce dernier affichait clairement des signes d'éreintement, mais luttait pour ne pas sombrer dans le sommeil, de peur de voir des choses indésirables, de revivre des moments traumatisants, d'entendre des mots implacables… Le Colonel soupira et s'assit alors dans son fauteuil. Tant pis pour le lendemain.
— Il me semble, aux dernières nouvelles, qu'il s'agit de mon bureau, souligna-t-il. Comptes-tu passer toute la nuit ici sans dormir ?
— Ca vous dérange ? éluda Edward sans lever les yeux de son livre. Je peux très bien aller autre part.
— Ne le prends pas comme ça, Fullmetal. Je m'ennuie un peu, tu ne voudrais pas qu'on discute ?
Là, Mustang était parvenu à capter l'attention d'Edward. Ce dernier, visiblement stupéfié, dévisagea de ses grands yeux son supérieur, l'incompréhension perceptible. Il haussa un sourcil, réprimant un bâillement, et se demanda sur le moment s'il n'était pas en train de rêver éveillé – à moins qu'il ne s'agisse d'un véritable rêve.
— Je crois que j'ai pas compris, marmonna-t-il.
— Veiller toute la nuit te ferait perdre des facultés mentales ? se moqua Mustang avec son usuel sourire.
— Ah, commencez pas, hein.
Roy décida de ne pas pousser le bouchon trop loin, étant donné l'état actuel d'Edward. Il n'aimerait pas que le jeune homme se sente encore moins à l'aise ou plus stressé qu'il ne l'était déjà. Ces phases d'insomnie rendaient très souvent les personnes assez agressives et anxieuses ; le Colonel en savait quelque chose, pour avoir vécu une situation similaire – même si ses peurs le rattrapaient toujours.
— Non, sérieusement, pourquoi ne discuterions-nous pas un peu ? reprit plus calmement Mustang. Je n'ai pas vraiment sommeil, et toi non plus à ce que je vois.
— Vous étiez carrément en train de tomber sur votre bureau tout à l'heure, glissa Edward.
— Tout à l'heure, c'était tout à l'heure.
Mustang ne savait pas encore comment il s'y prendrait pour retenir l'attention de son subordonné tout en restant le plus naturel possible. Il dirigea son regard vers le livre que tenait le Fullmetal, et il trouva instantanément la distraction idéale.
— Tu t'intéresses à la médecine maintenant ? interrogea-t-il.
— Mouais, je m'y connais déjà un peu, répondit Edward sans élaborer.
Evidemment, qu'il s'y connaissait ; la transmutation humaine requérait un certain savoir… Le jeune alchimiste baissa les yeux sur son ouvrage, comme s'il essayait de se concentrer sans grand succès. Ses paupières peinaient à résister face à la lourdeur du sommeil, tandis que son esprit restait inflexible à la tentation. Il essayait tant bien que mal de rester éveillé ; tellement perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas que Mustang s'installa à ses côtés jusqu'à ce qu'il sentit le canapé s'affaisser d'un côté. Etonné, il fixa son supérieur, lequel affichait un sourire qu'il n'arborait que rarement, si ce n'est pratiquement jamais. Le Colonel s'enfonça un peu plus au fond du sofa, sans prêter attention à l'ébahissement de son interlocuteur.
— Je vais t'avouer que lorsque j'étais jeune, je voulais devenir médecin, lança-t-il doucement. Je devais avoir à peine dix ans, ou quelque chose comme ça. J'ai vite abandonné en voyant ces ouvrages et les connaissances qu'il fallait acquérir.
Mustang souriait en repensant à ses rêves d'enfant, quand il ne possédait encore aucune notion réelle du monde qui l'entourait. Lui, médecin ? C'était une idée totalement absurde.
Edward hocha lentement la tête, assimilant les mots du Colonel avec un sentiment de surprise en lui. Il n'imaginait absolument pas son supérieur dans une profession aussi… civile ? L'armée lui seyait à point, comme s'il était né pour cela.
— A dix ans, on ne pense pas vraiment, poursuivit Mustang. En général, on ne fait que s'amuser et on ne se soucie de rien, prenant la vie comme elle vient.
Edward déglutit, et sa respiration commença à devenir irrégulière. Roy le sentait ; il savait pertinemment que l'adolescent ne resterait pas de marbre face à de telles paroles, après tout ce qu'il avait vécu. Il voulait lui prouver qu'il n'était pas seul, même si pour cela il usait de moyens manquant de tact.
— Toi en revanche, tu as dû surmonter beaucoup d'épreuves à cet âge-là, déclara-t-il en regardant Edward. Je sais que tu n'as pas confiance en les adultes, mais nous sommes tous là pour t'apporter du soutien.
Le Fullmetal détourna les yeux, refusant de croiser le regard de Mustang, comme si quelque chose allait changer en lui, en sa perception des choses.
— Facile à dire pour vous, murmura-t-il. De toute façon vous êtes jamais utile, qu'est-ce que vous voulez que je vous demande ?
Roy sourit.
— Je ne sais pas, moi, répliqua-t-il. Tu es le seul à savoir ce que tu veux, même si je sais qu'en ce moment, tu as besoin d'un bon coussin pour prendre du repos.
Edward fronça les sourcils. Il s'attendait à tout, sauf à cela. Puis, il saisit le sous-entendu que faisait Mustang dans cette phrase, et soupira longuement.
— C'est Al qui vous en a parlé, c'est ça ? souffla-t-il.
— Effectivement, confirma le Colonel. Je ne sais pas comment j'ai pu manquer de tels signes.
Mustang ne savait pas comment la discussion tournerait, mais il espérait que ses mots atteignent un tant soit peu Edward. Il se risqua à se poser une main sur la tête du Fullmetal, ne craignant sur le moment pas les représailles. L'adolescent se raidit soudainement, voulut protester, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Il sentit une sensation étrange monter en lui, un réconfort inattendu…
— Ma mère me disait souvent qu'après un cauchemar, il était plus facile de se rendormir aux côtés de quelqu'un, indiqua doucement Roy.
Malgré toute l'ardeur avec laquelle Edward voulait contester, son esprit se ferma sur le monde, inconsciemment. Il ne résista pas lorsque le Colonel lui prit la tête pour le poser sur son épaule, dans un geste attentionné et tendre, comme pour ne pas le brusquer. Lentement, ses yeux succombèrent à la fatigue et à l'agréable sentiment de sécurité, entouré de ces bras puissants. Il tomba rapidement dans les bras de Morphée, serein.
Mustang esquissa un bref sourire, fier de sa réussite. Il se laissa plonger dans le sommeil à son tour, ne pensant même pas à la matinée infernale qui l'attendait le lendemain.
Lorsque Hawkeye arriva dans le bureau à sept heures, elle fut d'abord étonnée par la lumière déjà allumée de la salle. Toutefois, en s'avançant plus, elle remarqua les deux hommes sur le canapé, tranquillement endormis. Elle sourit face à ce tableau et ressortit de la pièce.
Après tout, elle pouvait bien attendre encore une heure ou deux.
Je me suis ramollie ces derniers mois. x) En plus le NaNo approche... *frissonne*
Une p'tite review ? :3
