Surprise ! Cette semaine, je n'ai qu'un jour de retard ^^ pas de flash back dans ce chapitre là, pas de scène M non plus. Juste un peu de bromance, et Alex qui fait une brève apparition dans les pensées de notre Callen… Je fais le tour des reviews après postage, comme d'habitude )

RàR :

lupi : Je… Je… Je suis sans voix… C'est une des (peut-être même la) plus belles reviews qu'on m'aie jamais faite... :') j'en suis toute émue… Merci 3 Pour répondre à ta question Callen a définitivement quitté l'Irlande douze ans avant ce qui est pour nous le présent (c'est-à-dire la série). Sachant qu'il y a quand même passé plusieurs années… Bref je ne suis pas en mesure de te donner une date précise, mais disons que ce sont les dernières années avant qu'il ne quitte la CIA (ou c'était la DEA ? Je m'y perd un peu, moi ^^) pour entrer au NCIS. Je ne sais pas si ça éclaire beaucoup ta lanterne ^^ Voici la suite…

Bonne lecture !

Chapitre 6 : Enfances brisées

Sam raccrocha tout en sortant de la voiture. Il était plus de 18 heures et le ciel commençait à s'obscurcir.

- Eric confirme, elle a pris un avion de Dublin pour Reno. Sous ton nom.

Callen ne répondit rien. Debout près de leur véhicule, il avait levé les yeux vers la maison. La vieille baraque branlante avait été un peu retapée par les nouveaux propriétaires. Pourtant il reconnaissait tout… Ce perron en bois blanc, il s'asseyait dessus pour ne pas rester à l'intérieur, avec cet homme grand, costaud et presque toujours saoul, qui avait la main si leste et qui lui faisait si peur. Jason arrivait de l'école en skate board, il faisait des cascades devant lui pour l'impressionner. Callen faisait semblant de ne pas regarder. Il n'avait plus peur quand Jason était là. Entre autres parce que son grand frère adoptif était toujours prompt à se placer entre lui et les poings de leur père d'accueil…

- Ça ira, G ?

- Hum. Viens, ne traînons pas. Est-ce que Kilian sait où elle est descendue ?

- Non, elle ne lui a même pas donné le numéro ou l'adresse du motel.

Callen soupira. C'était bien Angie, ça. Elle était comme lui. Elle préférait prétendre qu'elle n'avait besoin de personne et se débrouiller toute seule. À présent ça lui attirait des ennuis. Est-ce que ça finirait pour lui en attirer aussi ?

- Et les appels qu'elle passait au début ?

- Eric essaie de les tracer, mais la wi-fi ne passe pas dans le coin de Kilian et son téléphone est vieux d'après ce qu'il dit.

- Je confirme, répondit l'agent senior en songeant à l'antiquité à cadran dont l'Irlandais refusait de se séparer pour un engin plus moderne.

Sam sonna à la porte, puis frappa quelques coups contre la moustiquaire. Un enfant de dix ans portant une chemise à carreaux un peu large par dessus un tee-shirt gris vint leur ouvrir. Il avait un gant de base-ball à la main.

- NCIS, dit Sam en lui montrant sa plaque. Est-ce que tes parents sont là ?

- Maman ! cria l'enfant par dessus son épaule. C'est la police !

Il y eut des bruits de pas dans les autres pièces, puis une femme avec un tablier sur lequel elle s'essuyait les mains apparut derrière l'enfant.

- Bonjour…

- Bonjour Madame, répondit poliment Sam. Agent spécial Hannah, du NCIS.

- Agent spécial Callen, ajouta ce dernier. On voudrait vous poser quelques questions, ce ne sera pas long.

- Bien sûr, entrez.

Les deux hommes suivirent la femme et l'enfant à l'intérieur. Callen fut soulagé de noter que les meubles et l'agencement des pièces étaient complètement différents de ceux qu'il avait connu. Il n'avait pas besoin de prétextes supplémentaires aux retours violents de ses souvenirs. La femme les entraîna dans la cuisine. Néanmoins, lorsqu'il passa devant l'entrée du salon, il s'obligea à ne pas regarder l'endroit où Jason était mort. Il entendait encore le bruit des côtes écrasées par les coups de pied de leur père d'accueil…

- G, dit Sam, tout bas, comme pour le retenir dans le présent.

Son ami croisa son regard et lui fit savoir sans un mot qu'il allait bien. La femme leur proposa du café, qu'ils acceptèrent volontiers après leurs longues heures de voiture. Le gamin avait posé son gant de base-ball et s'assit à cheval sur une chaise, comme pour les surveiller. Callen, qui commençait à s'impatienter, sortit son téléphone et leur montra la photo la plus récente que Kilian leur ait apportée.

- Nous sommes à la recherche de cette femme. Nous pensons qu'elle est venue ici.

- Oui, bien sûr, je la reconnais. Tristan, c'est toi qui lui a ouvert, non ?

Le gosse regarda la photo et acquiesça.

- La fille avec les plumes…

- Elle vous a dis ce qu'elle venait faire ici ? s'enquit Sam.

- Elle cherchait son frère, un certain Jason Monroe.

- Vous le connaissez ? demanda Callen en jouant nerveusement avec son téléphone.

- Non, et je lui ai dis qu'aucun Jason ne vivait ici. Mon mari et moi-même avons acheté cette maison il y a trois ans, on la rembourse encore. À l'époque elle venait d'être rénovée par l'agence immobilière qui nous l'a vendue, nous n'avons donc pas rencontré les précédents propriétaires.

- Vous permettez que je jette un coup d'œil ?

Sam jeta à son partenaire un regard interrogateur, qu'il fit mine de ne pas voir.

- Bien sûr, répondit la femme. Tristan, tu emmènes l'agent Callen à l'étage ?

Sur un hochement de tête, le gamin se leva et lui fit signe de le suivre.

Il y avait quatre pièces au premier : un bureau, deux chambres et une salle de bain. Callen ne reconnut la chambre qu'il partageait avec Jason ni dans celle des parents ni dans celle du garçon. Un pied dans le bureau suffit à faire jaillir d'autres images du fond de sa mémoire. Il détestait se souvenir… ! Parfois il aurait tellement voulu être amnésique…

S'approchant du fond de la pièce, il alla dans le coin où s'était trouvé son lit et s'accroupit près du mur.

- Vous cherchez quoi ?

Il ignora la voix de l'enfant. Il l'entendait à peine. Il savait exactement où regarder… Glissant l'ongle dans l'interstice séparant une feuille de papier peint de celle d'à côté, il la déchira.

- Eh ! Vous faîtes quoi, là ?

L'inscription était là, de même que la marque que le bord du lit avait imprimée dans le mur. Il se souvenait parfaitement du jour où il avait gravé son nom et l'année dans le mur. Juste à côté de la date et de la signature de Jason. Au-dessus de toutes les autres marques.

Jason 1982

Callen 1982

- Mais qu'est-ce que vous faîtes ?

Alertée par son fils, la mère de Tristan se tenait dans l'encadrement de la porte, en compagnie de Sam.

- G ?

- Je devais vérifier un truc, grommela l'agent senior en se relevant. Désolé pour le mur…

- Qui c'est qu'a gravé ça ? demanda le gosse en s'approchant.

Il lut les inscriptions avant que Callen ait pu l'en empêcher.

- Callen, vous avez pas dis que c'était votre nom ?

- La jeune fille qui est venue, dit-il en l'ignorant et en se tournant vers la mère. Elle ne vous a pas donné ses coordonnées, un endroit où la joindre si quelque chose vous revenait… ?

- Non… Si, attendez, je crois qu'elle a laissé la carte d'un motel…

Elle la retrouva dans le vide-poche posé sur un meuble, dans l'entrée de la maison. Elle regardait Callen d'un œil méfiant, et se dépêcha de leur donner ce qu'ils voulaient, soudain pressée de les voir partir de chez elle. Tandis qu'ils repartaient vers la voiture, Callen sentit un regard sur sa nuque, depuis la fenêtre du bureau du premier étage. Il ne se retourna pas. Il savait que c'était Tristan. Mais il savait aussi que s'il se retournait maintenant, ce ne serait pas Tristan. Ce serait Jason.

- Bon Dieu, G, je peux savoir ce que tu foutais ? explosa Sam en redémarrant, direction le motel d'Angélina.

- Je vérifiais juste un truc…

- Quoi ? Que les graffitis faits par toi et ton copain étaient toujours là ?

- Jason ! Son nom c'était Jason, putain !

Le silence régna dans l'habitacle après ça, pendant plusieurs longues secondes, minutes… Callen avait de nouveau appuyé sa tête contre la vitre et respirait profondément. Il ouvrit la bouche quand il se sentit un peu mieux, sa vision moins obscurcie, pour s'excuser d'avoir crier. Sam ne lui en donna pas le temps :

- Je sais. Jason. Excuse-moi.

- Non, c'est…

- Laisse tomber, G. Ça te rend malade, tout ça.

C'était tellement vrai que l'autre ne trouva rien à répondre. Tout ce qu'il voulait c'était se recroqueviller dans un coin sombre et désert, où personne ne le verrait, et y oublier qu'il existait pendant quelques heures. Il cligna des yeux. Non. Bizarrement non, en fait il y avait autre chose qui le soulagerait. Il avait envie de rentrer. Il avait envie de rentrer chez lui, d'oublier tout ça, et de s'occuper d'Alex. Chose qu'il faisait depuis un peu moins d'un an maintenant. Il avait envie de parler avec lui des raisons pour lesquelles, depuis la rentrée, le gosse avait parfois des « Papa » qui lui échappaient et qui ne qualifiaient pas Fryman mais s'adressaient à Callen. Il avait envie de lui dire de ne pas avoir l'air gêné quand ça arrivait, de ne pas se reprendre précipitamment. Il avait envie de lui dire qu'il pouvait l'appeler Papa s'il voulait, que ça ne le dérangeait pas. Il avait envie de lui dire que ça lui faisait un peu peur, un peu, mais qu'en même temps ça lui donnait envie de sourire comme un crétin. Il avait envie de voir son… Fils.

D'un geste du pouce, il ouvrit le répertoire de son téléphone et parcourut la liste jusqu'à son prénom. Il regarda la photo qui l'accompagnait, le doigt faisant du surplace au-dessus du numéro. Ils l'avaient prise dans le Grand Canyon. En contre-bas, un creux dans la roche formait comme une piscine naturelle, l'eau s'écoulant le long de la paroi. Il faisait si chaud qu'Alex avait sauté dedans tout habillé. Callen l'avait pris en photo juste avant qu'il n'atterrisse dans l'eau, puis lui avait emboîté le pas. S'en était suivie une bataille d'eau mémorable. Ils avaient repris la route, fenêtres de la voiture grandes ouvertes, radio à fond, lunettes de soleil sur le nez, torses et pieds nus, leurs vêtements mouillés étendus sur la plage arrière. Une nuit, alors qu'ils étaient dans un motel, ils étaient descendus faire un billard dans le bar le plus proche car ils ne dormaient pas. Alex lui avait dis que c'était le meilleur été de toute sa vie. Cette réflexion avait fait d'autant plus chaud au cœur de Callen qu'après toutes les épreuves traversées par le petit au cours des mois précédents, il était heureux de voir qu'il parvenait quand même à remonter la pente.

Cette photo n'était qu'une parmi tant d'autres. En rentrant, Alex en avait imprimé plusieurs et les avait collées sur la porte du frigo. Callen n'avait pas compris pourquoi, et le gosse lui avait patiemment expliqué que ça se faisait couramment. Une manière de rendre la vie quotidienne plus facile en ayant sous le nez des souvenirs de vacances. Des souvenirs de vacances. Putain, il innovait vraiment les expériences avec ce gosse… !

- Tu comptes l'appeler ?

- Nan…

De toute façon il devait être encore à son entraînement de base-ball. Ou bien sur le chemin de la maison. Callen lui avait envoyé un texto quand ils étaient partis pour lui dire de ne pas l'attendre. Avec un soupir, il verrouilla son téléphone et le remit dans sa poche.

- Pourquoi tu avais besoin de vérifier, G ? demanda doucement Sam.

Si doucement que son partenaire ne trouva ni la force ni la volonté de répondre en criant. Les yeux toujours dehors, il répondit juste :

- Je sais pas… J'sais plus. J'suis fatigué, Sam.

A suivre…