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Quelques semaines étaient passées maintenant depuis que Drago avait confié à Hermione une mission de la plus haute importance. Celle-ci avait accepté, au départ à contre coeur, mais se sentait finalement très impliquée. Elle avait passé toutes ses heures libres à la bibliothèque à essayer de réfléchir à l'histoire que lui avait raconté Drago. Aussi étrange que cela pouvait paraître, elle prenait du plaisir à essayer de résoudre cette énigme. C'était comme un nouveau challenge pour elle qui avait toujours soif d'apprendre. Elle n'en avait jamais assez. Elle adorait en savoir toujours plus que tout le monde et que quelqu'un fasse appel à elle montrait que tout le monde pensait qu'elle était la seule à pouvoir résoudre des problèmes du genre. Même si, dans ce cas là, la personne qui faisait appel à elle était Drago Malefoy, son pire ennemi. Seulement, lorsqu'il lui en avait parlé, il avait tellement l'air désemparé qu'Hermione avait voulu croire en sa sincérité. Elle espérait pouvoir l'aider. Au fond, ses parents lui avaient toujours appris d'accorder le bénéfice du doute aux gens, de leur offrir une deuxième chance, d'essayer de toujours voir ce qu'il pouvait y avoir de bon chez quelqu'un qui au premier abord s'avérait être le plus cruel des êtres. Alors oui, Malefoy l'avait plus d'une fois insulté, lui avait plus d'une fois fait beaucoup de mal et de peine, mais elle voulait croire qu'il avait en lui même une infime parcelle de bonté.
Après ces semaines passées à la bibliothèque, elle avait exploré quelques pistes, commençait à avoir quelques idées et elle aurait aimé en parler à Malefoy. Elle n'avait pas pris la peine de parler à Harry et Ron de ce qu'elle faisait, car de toute façon ils n'auraient pas compris sa démarche. Ils avaient bien essayé de la questionner en voyant qu'elle passait de moins en moins de temps avec eux, mais elle trouvait à chaque fois une parade, un mensonge. Elle se refusait à leur dire la vérité. Ils l'auraient empêché de le faire. Ce qu'elle pouvait comprendre au fond.
Le matin d'une nouvelle journée de cours, elle n'attendit pas ses deux acolytes et prit seule la direction de la salle de Sortilèges. Les Gryffondor partageaient ce cours avec les Poufsouffle. Elle passa plus d'une heure à essayer de trouver comment dire à Drago qu'elle souhaitait le voir, sans que personne ne la voit lui parler. Cela éveillerait beaucoup trop de soupçons. Elle décida de profiter du cours de Défense contre les forces du mal de l'après-midi pour demander à Rogue d'être le messager. Elle ignora tout bonnement Drago pendant tout le cours, comme d'habitude, et lui ne cherchait pas non plus à capter son attention. A la fin du cours, elle ramassa ses affaires avant de s'adresser à son professeur :
- Professeur Rogue ? J'aimerais vous parler s'il vous plaît.
Rogue hocha la tête et attendit que tout le monde ait quitté la salle.
- Je vous écoute miss Granger.
- Je ne serai pas longue. Je voudrais juste que vous transmettiez un message à Malefoy. Dîtes-lui que je l'attendrai à la bibliothèque demain, à onze heures. S'il vous plaît.
Le professeur hocha de nouveau la tête avant de lui répondre.
- Je lui dirai. Vous avez trouvé quelque chose ?
- Je sais que vous êtes au courant de l'histoire mais je préfère en parler seulement à Malefoy, même si l'idée de travailler avec lui sur un sujet de sa vie personnelle me rebute déjà pas mal. Si lui veut vous en parler, il le fera, mais moi je ne dirai rien.
- Très bien. Je ferai en sorte de lui dire le plus rapidement possible et il sera là demain, à onze heures.
- Merci professeur.
Hermione prit sa cape, ses affaires et sortit de la salle de classe. Elle était soulagée que son professeur se dévoue pour tenir Malefoy au courant. Elle ne se voyait vraiment pas interpeller Malefoy au milieu du château, au détour d'un couloir. Elle espérait que son professeur fasse ce qu'elle lui avait dit et ainsi elle retrouverait Malefoy à la bibliothèque le lendemain.
Drago, quant à lui, était relativement inquiet depuis ces quelques semaines. Il se tenait informé de l'état de sa mère à Sainte Mangouste et il ne s'améliorait pas. Il ne s'aggravait pas mais restait relativement stable. Lorsqu'il avait l'autorisation de McGonagall il allait passer une après-midi à l'hôpital pour veiller sur elle. Elle était dans une sorte de coma qu'il l'empêchait d'ouvrir les yeux mais elle entendait ce qu'on lui disait. Drago lui racontait donc ses journées à Poudlard en enjolivant un peu les choses. Il prenait soin d'éviter de lui parler de ses relations avec son père mais lui racontait qu'il attendait que Granger lui donne des nouvelles. Cela le rassurait un peu de pouvoir parler à quelqu'un à coeur ouvert. Peut-être qu'il lui disait tout ça parce qu'il savait qu'elle ne lui répondrait pas et ne le jugerait pas, tout simplement.
Il attendait impatiemment que Granger lui donne des nouvelles. Il essayait tant bien que mal de capter son attention de temps en temps pour percevoir un regard qui lui donnerait une petite information, mais rien. Elle semblait même l'ignorer. Pour lui c'était perdu. Il était persuadé qu'elle avait abandonné ses recherches jusqu'à ce que Rogue l'arrête après un cours, alors qu'il s'apprêtait à rejoindre sa salle commune. Le professeur balaya du regard le couloir pour s'assurer que personne n'était suffisamment proche pour les entendre.
- Miss Granger t'attendra à la bibliothèque demain, à onze heures.
Drago ne put s'empêcher de sourire. Cela voudrait dire qu'elle avait trouvé une piste, un élément, quelque chose.
- Elle vous a dit quelque chose de plus ?
- Non, répondit Rogue en secouant négativement la tête. Je lui ai demandé mais elle n'a pas voulu répondre. Je pense qu'elle n'aurait pas pris la peine de venir me voir pour que je te transmette l'heure et le lieu d'un rendez-vous si elle n'avait rien trouvé.
- Severus ! Ça n'a rien d'un rendez-vous ! s'offusqua Drago.
- Ne fais pas l'enfant. Tu as compris mon idée. Allez, va te reposer avant demain. Je te trouve cerné et particulièrement fatigué. Si tu veux mon avis, connaissant Granger, il faudra que tu sois au maximum de tes capacités demain.
Drago acquiesça et après avoir remercié son professeur alla dans sa salle commune. Il snoba littéralement Goyle et Zabini qui pourtant l'attendaient pour aller dîner. Drago prétexta qu'il n'avait pas faim, ce qui était partiellement vrai et alla s'enfermer dans son dortoir après s'être prélassé une heure sous la douche. Il travailla quelques sortilèges et autres enchantements pour ne pas avoir à le faire durant le week-end et fit semblant de dormir quand ses camarades Serpentard vinrent se coucher. A force de faire semblant de dormir, le sommeil finit par le trouver. Ce fut pour lui une nouvelle nuit agitée. Il remarquait que quand il était très fatigué ou stressé, ses cauchemars étaient de plus en plus violents. Et comme il était effectivement inquiet, assez fatigué et angoissé de ce que Granger allait lui dire, sa nuit fut terrible. Il était dans la chambre de sa mère à Sainte Mangouste et il voyait Voldemort y entrer également, suivi de près par Bellatrix et Nagini. Il essayait d'intervenir mais ses pieds étaient comme cloués au sol, il était incapable de faire le moindre pas. Il avait beau hurler, personne ne semblait l'entendre. Il voyait Bellatrix torturer Narcissa, sa propre soeur, en lui infligeant plusieurs fois le sortilège Doloris. Drago criait, hurlait, se mettait à pleurer en voyant sa mère se tordre de douleur sous le sortilège impardonnable mais il semblait ne pas exister aux yeux des autres. C'est le Maître des Ténèbres qui lança un Avada Kedavra fatal à sa mère et qui fit sortir Drago de sa torpeur nocturne. Il était essoufflé, en nage, et Zabini qui venait de se réveiller se tenait debout à côté de son lit.
- Tu vas bien Drago ? demanda-t-il avec un air plutôt inquiet. Tu bougeais beaucoup en dormant et tu criais. Je me suis inquiété, je voulais te réveiller mais tu t'es réveillé seul en sursaut. Ça va ?
Drago souffla un peu pour reprendre ses esprits. Il se frotta le visage et hocha la tête en regardant Blaise.
- Ça va, t'inquiètes pas. C'était juste un mauvais rêve.
- Un cauchemar tu veux dire ? Tu te verrais, t'as une tête à faire peur.
- Je t'ai demandé ton avis sur ma tête Blaise ? Non. Alors occupe toi d'autre chose s'il te plaît, tu seras gentil.
Il était rarement aimable envers ses amis en règle générale mais après une mauvaise nuit et quand il était d'une humeur massacrante, c'était encore pire.
Il se prépara pour aller prendre son petit déjeuner dans la Grande Salle et mentit légèrement à ses camarades qui allaient passer la journée à Pré-au-Lard. « J'ai des devoirs en retard » prétexta-t-il. Il sentit bien que son mensonge sonnait très faux à leurs oreilles mais c'ét ait la meilleure excuse qu'il avait trouvé. Lorsqu'ils partirent tous à Pré-au-Lard, il était presque onze heures. Drago se rendit à la bibliothèque, sachant pertinemment que le temps qu'il arrive, Granger serait déjà là. Effectivement, il la trouva installée à une des tables les plus éloignées de l'entrée. Il vint s'assoir en face d'elle et s'autorisa même à lui adresser un petit sourire en guise de bonjour.
- Alors Granger, tu as trouvé quelque chose ?
- Tu m'as appelé une fois par mon prénom, tu ne recommenceras pas, c'est ça ? râla-t-elle.
- Je l'ai fait pour t'amadouer la première fois, même si ça n'a pas fonctionné. Je ne vois pas pourquoi je le referai, répondit-il fièrement.
- Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai accepté de t'aider … dit-elle dans un soupir.
- Parce que tu ne dis jamais non à une nouvelle occasion d'enrichir ta culture et d'étaler ta connaissance, peut être ?
- Alors c'est très mal dit mais dans l'idée oui, c'est ça.
- On ne se fréquente pas mais je finis par te connaître par coeur, Granger. Tu es assez facile à cerner.
- Tu te trompes Malefoy. Tu ne me connais pas par coeur et tu me connaîtras jamais par coeur. Pour la simple et bonne raison que je ne te laisserai jamais me connaître. Tu ne le mérites pas.
- Ah ! Celle-là c'est la meilleure, dit-il en riant. Il faut mériter te connaître ? Ça ne ta va pas de traîner avec Saint Potter. Sa célébrité t'a contaminé, tu as pris la grosse tête Granger.
Elle ouvrit la bouche, offusquée. La grosse tête ? Saint Potter ? Ça y est. Il n'avait pas encore réellement parlé de la vraie raison de leur présence ici et il l'énervait déjà. Elle sentait que la journée allait être très longue.
