Salut, bonjour à toutes et à tous!

Me voilà de retour pour un nouveau chapitre! Je sais que trois mois, c'est long, mais je voulais vraiment répondre à toutes vos attentes...

Pour tout vous dire on m'a fait la remarque en review et dans mon entourage que mes chapitres étaient un peu courts; je m'en doutais, mais comme je n'avais jamais eu de commentaire à ce sujet, je n'avais pas plus fait attention... D'ordinaire, mes chapitres comptaient dans les 1000-1500 mots, alors que celui-ci ne compte (que) 2500 mots! J'espère que c'est suffisant, j'attends votre feedback avec impatience ^^

Pour ce qui est de mon avancement, je suis en plein élan d'inspiration et si mon emploi du temps me le permet j'espère pouvoir poster le prochain chapitre un peu plus rapidement :)

Quoi qu'il en soit, enjoy! :D

Réponse aux reviews

Nekohiko: Hahaha oui je pense bien! J'avais envie de vous laisser sur une note comique... Contente que ça t'ai plût ^^ smouack pitchoune

MixxDream: Merci beaucoup ^^ je vous réserve justement de petites surprises de ce point de vue :) j'espère que ce chapitre te plaira et qu'il suit la lancée de qualité dont tu qualifies les précédents ^^ Bisouxxx


Lysandre regarde la jeune fille d'un air perplexe.

- Tu es sure que tu sais boire à la bouteille ?

Honteuse, Amiastine s'excuse du regard et lui donne son portable.

Regarde plutôt ce que c'est au lieu de faire de l'esprit !

En remarquant l'objet qui lui est tendu, Lysandre hausse un sourcil et regarde la jeune fille d'un air dubitatif, presque soupçonneux.

- Tu n'as quand même pas profité de mon repos pour fouiller dans mes affaires ? Je tiens à préciser que cela fait partie de ma sphère privée et que tu n'as en aucun cas la permission d'y pénétrer !

Stupide ! Prends ce fichu téléphone et retourne à la réalité !

Bien que blessée par la rudesse de ces paroles, Amiastine dépose ledit téléphone et fusille son interlocuteur du regard. Intrigué par cette attitude inhabituelle, Lysandre dévisage à son tour la jeune fille sans rien laisser transparaître de ses émotions, jusqu'à ce que…

Tweet-tweet, tweet-tweet

Dans un sursaut, les deux jeunes tournent leurs regards vers l'origine de la sonnerie. Le téléphone portable de Lysandre.

Je te l'avais bien « dit ». Réponds maintenant…

- Allo ?

- Lysandre !

- Maman ?

Haussement de sourcil de la part de Lysandre, qui jette un regard interrogateur à Amiastine. Elle secoue la tête.

- Tu réponds enfin ! Si tu savais depuis combien de temps j'essaie de te joindre… Où es-tu ?

- À l'hôpital, où veux-tu que je sois ?

- L… L'hôpit… Oh mon fils !

- Tu n'étais pas au courant ?

Lysandre se relève et marche jusqu'à se retrouver en face de la fenêtre de sorte à ce qu'Amiastine ne comprend plus ce qu'il dit qu'en lisant sur ses lèvres.

Non, il ne s'est pas éloigné pour rien… Et il me l'a très bien fait comprendre, je n'ai aucun droit de gêner sa vie privée. Je n'en fais pas partie… Je devrais pourtant avoir retenu la leçon, il est dangereux pour les autres de s'attacher à moi…

- Oui… […] Oui, c'est ça. […] Très bien. […] Au revoir.

Après presque une heure de discussion mouvementée, Lysandre range son téléphone dans la poche de son jean et se plonge dans l'observation de la ville endormie, baignée dans les premières lueurs du jour. Amiastine ne peut s'empêcher de détailler son apparence toute entière. Quelques gouttes d'eau dégoulinent encore de ses cheveux humides sur la peau pâle de ses joues ainsi que sur les épaules de son T-Shirt détrempé et malgré la faculté extralucide de Mia pour détecter les intentions ou l'humeur des autres, Lysandre lui reste étrangement fermé. Alors que le soleil pointe à l'horizon, il se détourne de la fenêtre et rassemble le peu de choses qu'il avait pris avec lui : son sac de cours, quelques emballages d'anciens en-cas et sa veste. Amiastine le regarde faire la mort dans l'âme.

On dirait une de ces scènes de rupture du cinéma, où l'un des deux partenaires ramasse toutes les affaires qui lui tombent sous la main avant de partir en claquant la porte sous l'œil attentif de l'autre…

- Il faut que je rentre chez moi. Je dois… régler quelques problèmes familiaux. Je reviendrais te voir plus tard.

Et avec un dernier regard, Lysandre s'éloigne vers la porte de la chambre d'hôpital et referme doucement derrière lui.

Il n'a pas claqué la porte, ça ne peut donc pas être une rupture. D'un autre côté, comment est-ce possible de briser une chose inexistante ?

Lentement, la jeune fille se détourne de la porte, se rallonge en tremblant et se recouvre du drap humide.

Je suis à nouveau seule. Seule… À jamais.

X

Lumière. Obscurité.

Les deux s'entremêlent sans cesse pour masquer les visages.

Bruit. Silence.

Passer de l'un à l'autre sans transition m'empêche d'entendre la vérité.

Amour. Haine.

Y a-t-il réellement une limite entre les deux ?

Vie. Mort.

Il est si simple d'abandonner l'une pour accepter l'autre. Trop simple…

MIA !

X

AAAHHHHHHHH !

Amiastine se réveille en sursaut, en sueur, complètement terrifiée.

Qui… Qui donc a pu hurler de la sorte ? On aurait dit de l'effroi pur dans cette voix…

C'est à ce moment que Noah ouvre la porte d'un geste brusque et se précipite auprès de sa fille. Il était facile de deviner que le pauvre homme ne dormait plus, ou du moins mal.

- Amiastine ! Mia, chérie ? Pourquoi as-tu crié ? Tu vas bien ? Il n'y a personne… Est-ce que quelqu'un t'as fait peur ? C'était surement une infirmière ou bien un…

Mais Amiastine n'écoute plus son père.

C'était moi ? C'est moi qui ai crié… C'est vrai que j'ai un peu mal à la gorge. Mais… Pourquoi ?

- … on va trouver ce qu'il s'est… Mia ? C'est… Ce sont des larmes ?

Noah effleure doucement sa joue, ce qui a pour effet de la ramener à la réalité. En effet, des sillons de larmes inondent son visage. Amiastine porte lentement une main tremblante à la hauteur de ses pommettes et rencontre une surface humide. Les yeux écarquillés, elle se tourne vers son père, qui l'observe de son regard gris. L'inquiétude se lit aisément sur son visage, tout comme son envie de bien faire les choses et sa crainte de ne pas être assez présent dans la vie de sa fille. Mais tout cela, ses sentiments, ses joues mal-rasées et les rides de soucis creusées suite à de très dures années ne donnent qu'une seule envie à Mia. Soudain, elle sent son visage se décomposer et alors que les larmes redoublent, elle se jette contre le torse de son père pour épancher un chagrin inconnu. Tout d'abord raidi par la surprise, Noah se détend quelque peu, s'installe de façon à pouvoir accueillir le mieux possible les sanglots silencieux de la jeune fille et passe ses bras autour d'elle.

- Je crois que ça va prendre du temps. Le temps de soigner nos blessures et de replonger dans le flot de la vie, mais on va s'en sortir. On va s'en sortir…

X

Lysandre !

Haletante, Amiastine se relève brusquement sur son lit blanc, dans sa chambre blanche, entourée de médecins en robe blanche. L'un d'eux lui jette un bref coup d'œil avant de se replonger dans sa discussion avec ses collègues.

Qu'est-ce qu'il se passe ici? Pourquoi sont-ils aussi nombreux? Y a t'il quelque chose de grave - ou du moins plus grave que d'habitude - avec ma santé?

Finalement, une infirmière s'éloigne du groupe pour rejoindre l'autre bout de la salle - et le lit d'Amiastine. Elle semble très jeune et ne travaille certainement pas depuis très longtemps dans cet hôpital. Ses longs cheveux châtains sont rassemblés en chignon sur le haut de son crâne et son sourire bienveillant s'étend jusqu'à ses yeux bleus, occasionnant quelques légères rides. C'est un sourire étrange, familier…

- Bonjour Amiastine. Comment te sens-tu ce matin? Est-ce que ta gorge va mieux ?

Après quelques secondes de réflexion et un court massage de la trachée, Mia fait la grimace. Elle attrape son bloc de feuilles et écrit à l'infirmière :

- Ça me brûle quand j'avale.

Oui, c'est normal. Tu n'as pas l'habitude d'utiliser tes cordes vocales et quand ton cri les a irritées. C'est une question de respiration. Regarde.

L'infirmière, s'asseyant au bord du lit, lui prend la main, pose ses doigts sous le sternum et fait de même avec sa propre main.

- Tu vois, quand tu respires normalement, tu n'utilises que la petite partie supérieure de tes poumons, car cela ne nécessite pas de grandes quantités d'air, mais quand tu veux donner de la voix, tu dois les gonfler au maximum et maîtriser l'air grâce à ton diaphragme. C'est la manière dont respirent, par exemple, les cantatrices pour chanter des heures durant sans s'abîmer les cordes vocales. Les nourrissons respirent aussi avec leur diaphragme, mais c'est une habitude qui se perd en grandissant. Mais toi, tu ne parles jamais – ou presque, on peut considérer tes cris comme une forme de parole – et tu n'as donc pas ce réflexe, encore moins que les autres personnes.

Au fil des explications de l'infirmière, Amiastine prend un air absent et regarde le haut de son ventre, où sont posés les bouts de ses doigts.

Alors… Je dois réapprendre… à respirer ? Mais si je ne parle pas, à quoi cela pourrait-il bien me servir ? Mes cordes vocales se portent très bien sans ça…

L'infirmière, qui n'a pas arrêté d'observer la jeune fille, esquisse un sourire. Elle se relève et note deux trois choses sur sa fiche de rapport. Brusquement, elle se retourne vers Amiastine avec un grand sourire et lui dit :

- Oh, excuse-moi, j'ai oublié de me présenter, ou du moins de te rappeler mon nom… C'est Emmy. Je suis contente de te revoir Amiastine. Ça fait quoi ? Au moins trois ans ! C'est normal que tu ne te souviennes plus de moi.

À cet instant précis, Amiastine se replongea dans le bleu insondable des yeux de l'infirmière et chercha dans ses souvenirs. En effet elle avait déjà vu ces yeux, ce sourire…

À l'époque, ses cheveux étaient blond décoloré et elle n'avait pas encore ces rides de soucis sur le front. Elle a gardé son pas énergique, je me souviens du claquement de ses bottes sur le sol de l'Institut… Oh, Emmy ! Comment ai-je fait pour ne pas te reconnaître ?

Des larmes de bonheur emplissent ses yeux alors qu'elle adresse un message à Emmy :

- Mais, que fais-tu ici ? Je croyais que tu partais pour l'Australie !

- Eh bien, j'y suis allée, mais je ne m'y plaisais pas… L'Europe me manquait, alors je suis revenue, malheureusement trop tard pour te revoir une dernière fois. Je suis arrivée trois semaines après ton départ et vous n'aviez laissé aucune adresse. J'ai supposé que vous ne vouliez plus aucun contact avec les gens de l'Institut, donc je me suis tracé ma propre voie.

Je… je ne savais pas… J'aurais certainement cherché à la recontacter si mon père avait laissé une adresse. En même temps comment aurait-il pu le deviner ?

- Maintenant, tu es là, et moi aussi…

- Oui… c'est justement ce qui m'inquiète. Tu as toujours été de nature fragile, mais là, ton séjour ici s'éternise un peu trop… Il y a un problème avec ton mode de vie qui t'empêche de prendre suffisamment de forces. Je parie que tu ne manges toujours pas le matin et que tu ne dors pas assez il va falloir y remédier ! On ne te prescrit pas de somnifères, ça ne ferait qu'empirer les choses, tu dois trouver un rythme sain naturellement, par contre je vais te donner cette ordonnance, pour combler tes carences en vitamines et il faut au moins que tu boives un jus de fruit tous les matins, pour le sucre et …

Emmy avait repris son masque d'infirmière sérieuse à cause d'un coup d'œil d'un des médecins, mais son inquiétude n'avait rien de feinte. Amiastine reçoit toutes ses instructions et retient attentivement chaque détail des prescriptions que lui donne sa vieille amie. Une demi-heure plus tard, tous les médecins (ainsi qu'Emmy) étaient partis. La trotteuse de l'horloge cliquette doucement en faisant avancer les minutes.

Tic. Tic. Tic. Tic. Clac !

18H. C'est alors qu'un petit bruit se fait entendre à la porte, qui s'ouvre et laisse passer une mèche châtain foncé par l'entrebâillement. Armin.

- Toc-toc ! Je peux entrer ? Je t'ai apporté de quoi te distraire un peu…

Et il entre comme s'il était en pleine possession de ses droits, s'avance vers le lit d'Amiastine et se laisse tomber sur la place « visiteur » : une vieille chaise bancale en plastique blanc cassé. D'un coup, Armin se penche vers la tête de lit pour être un peu plus près de Mia.

- Eh bien, c'est pas du luxe, ton palais ! Ils auraient quand même pu te laisser la télé… Heureusement, Armin est arrivé à ton secours ! Regarde ce que je t'ai apporté ! Chacun en a mis du sien…

Armin vide son sac à dos en retenant un peu ses affaires de cours (- Eh oui, c'était pas facile de trimballer tout ça jusqu'ici !). Il était en effet jeudi et en dehors de sa chambre d'hôpital, la vie continue. Armin attrape un cahier assez fourni et le tend à Amiastine.

- C'est Violette qui nous l'a envoyé d'Amérique. C'est un herbier, il est rempli de plantes de là-bas. Elle a appris que nous avions besoins d'exemples pour notre cours de sciences, alors… On a pensé que tu voudrais le voir !

Mia regarde Armin et l'herbier tour à tour, puis attrape le livre avec précaution pour le feuilleter avec douceur. Chaque échantillon avait été soigneusement fixé sur le papier et le tout donne un résultat très précis. Amiastine sent ses joues rosir un peu devant tant d'application, ce qu'Armin ne manque pas de remarquer. Satisfait, il plonge sur un autre objet, puis un autre et encore un pour les donner à la jeune fille.

- Ça, c'est mon cadeau personnel ! Il est un peu vieux et je ne m'en sers plus (j'en ai acheté un neuf) mais il marche toujours. Regarde, tu l'allumes avec cet interrupteur, ce bouton en forme de croix te permet d'avancer et avec celui-ci tu interagis avec ton environnement. Ça commence ! Regarde, tu peux choisir…

Et Armin commence à lui expliquer son jeu en détail, tout en commentant allègrement les choix de Mia : « Salamèche ? J'aurais choisi Bullbizzare… », « Quoi ?! Mais pourquoi tu as fait ça ? Tu aurais pu l'avoir ! » et cela jusqu'à la fin des heures de visite. C'est Noah qui le lui annonce.

- Bon, on se revoit très vite… À plus, Mia !

Et le voilà parti, aussi rapide qu'une flèche. Amiastine fixe la porte qui se referme, puis baisse les yeux sur la console d'Armin. Noah vient s'asseoir sur la chaise à présent vide et croise les bras sur son torse.

- Il m'a dit qu'il avait séché le dernier cours de la journée pour pouvoir venir jusqu'ici et que c'est pour ça qu'il n'était pas accompagné… T'as t'il transmit les salutations des autres ?

Hochement de tête.

- Ils sont sympa ces gosses ! Enfin, des gosses… presque des adultes ! C'est fou ce que ça passe vite… Et dire que dans quelques années tu seras toi aussi une jeune femme indépendante.

C'est vrai… je ne pourrai pas rester dans cette ville toute ma vie… Je me demande franchement ce que je peux espérer comme avenir.

La mine de Mia s'assombrit. Elle avait déjà de la peine à s'intégrer dans un comité aussi restreint qu'un lycée, alors comment pourrait-elle réussir cet exploit à l'échelle de toute une ville ? Balayant ces interrogations dans un coin de son esprit, Amiastine se retourne vers son père et l'interroge du retard. Depuis les années, une sorte de compréhension tacite s'est installée entre père et fille, ce qui permet à Noah de comprendre sa fille sans qu'elle ait recourt à son bloc de feuilles. Il lui dit avec un sourire :

- D'après les médecins, tu devrais pouvoir rentrer à la maison ce weekend, pour te laisser le temps de récupérer un peu avant de retourner en cours. Tâchons d'en profiter !

Le visage d'Amiastine s'illumine, atténuant quelque peu ses récents problèmes.

Retrouver un cadre familier devrait me faire un peu de bien… Peut-être même que j'arriverai à dormir…


Et voila! c'est déjà fini pour aujourd'hui! Le prochain chapitre portera un peu plus sur le passé de Mia (normalement xD), je veux vraiment me plonger un maximum dans la profondeur du personnage et vous montrer toute sa complexité... ça va pas être facile mais j'espère vous satisfaire ^^

N'hésitez surtout pas à partager vos réflexions avec moi ainsi que vos idées, je les intègre volontiers à l'histoire si elles peuvent entrer dans la continuité du récit. Je fais d'ailleurs un petit clin d'oeil à Akagamie, que je remercie pour son idée de transformer Armin en geek fini ^^

Sur ce, je vous laisse et à très bientôt !