anon : Tu es sérieux(se) ? Tu as apprécié ma fiction alors que tu n'aimais pas le couple Mikasa x Levi ?! WTF ? (O.o) Mais c'est ouf ce que tu dis là ! *m'évanouit de bonheur* Ta review a fait pleurer mon cœur de joie. Oh mon Dieu… « une écrivaine de qualité »... C'est un beau compliment que tu me fais là. :') Quand je suis en retard, ça me stresse car je sais que certains lecteurs ne sont pas très patients et réclament mes fictions le plus vite possible. C'est pour cela que j'ai rappelé que je ne suis pas là pour faire "une course contre la montre" et que j'ai besoin du temps. Du coup, je te remercie beaucoup pour ta compréhension. :D J'espère que tu as bien profité les vacances car la rentrée s'approche à grand pas… (T-T)

Julie : Merci beaucoup ! *petit rougissement* Je te souhaite alors une bonne lecture !

Leyana : *rire* C'est gentil d'avoir laissé des reviews. Et bravo ! Tu as su patienter et j'espère de tout mon cœur que cette deuxième partie te plaise. *croise les doigts*

juju136 : Thanks you ! La voilà la suite ! :)

Juju : Merci ! J'espère que la suite te plaira aussi. ;)

justelike : Je suis assez émue d'apprendre que ma fanfiction ait touché ton cœur et que tu aies laissé une review pour me le faire savoir. :') Par conséquent, je te remercie de tout mon cœur d'avoir aimé mon histoire. D'ailleurs, s'il te plaît, cesse de penser que ta review est un « rien du tout ». Même si on croit qu'une review n'encourage pas vraiment les auteurs, il faut être certain que cela leur fait fichtrement plaisir d'en recevoir une comme la tienne… :) Tu as été courageuse d'avoir supporté l'attente et, pour te récompenser, la voilà cette suite ! :D Ainsi, tu sauras ce qui va se passer avec Eren… Huhuhuh…

Kokoro : Ma très chère Kokoro… Alors là… C'est énorme. C'est ta première review ? Oh mon Dieu, mon cœur est en train de battre la chamade tellement c'est… c'est… Merci, merci, MERCI. Je suis très flattée que tu aies aimé mon histoire et que tu aies pris ton temps pour écrire une review comme celle-ci. « C'est du grand art » Ouah, c'est fort que tu écris, là. (O.O) *rougissement intensif* Ce qui me fait vachement plaisir, c'est que tu me félicites pour mon écriture car ça a toujours été la galère. J'admets que Levi est flippant mais c'est pour une bonne (ou mauvaise ?) raison (laquelle ? A toi de le deviner ! Huhuhuh… ;P). C'est vrai qu'heureusement, il n'a pas violé Mikasa. En fait, c'est parce que je n'arrive pas à l'imaginer le faire. « Civisme, qu'est-ce que c'est ? Ça se mange ? » Cette phrase, je l'adore. C'est ce qu'aurait dit Levi s'il avait les crocs. X) En ce qui concerne Eren… Si tu veux avoir des réponses, elles se trouvent dans la deuxième partie du chapitre 3… donc celle que je viens de publier ! J'espère que tu ne seras pas déçue. :) Je comprends que patienter est archi-dur mais je fais vraiment ce que je peux. :/ Bref… Encore merci. :')

Guest : Non, je n'ai pas abandonné ma fiction. J'ai bien noté dans « Note de l'auteur » que malgré tout (le temps, les emmerdes, le travail etc.), je publierai Confrontation jusqu'au dernier chapitre. :D Bon, il est vrai que j'ai pris beaucoup de temps (trop même !) à publier cette suite mais, comme je suis humaine, je ne peux pas toujours aller plus vite qu'une machine. En tout cas, je suis happy que tu aies suivi ma fiction et que tu l'aies apprécié. :D

Elya : La voilà, cette suiiiiite ! Et… Oh mon Dieu ! Cette phrase « Eren va faire partie de la torture ? » est rigolote ! XD Ne serais-tu pas un peu… disons… masochiste ? Non, non, je te charrie. :) C'est vrai que Levi ne rigole pas mais il a ses raisons. Pauvre Mikasa, en effet, elle en a bien bavé. Sinon merci d'avoir aimé ma fiction et j'espère que cette suite le sera aussi. :3

Emma artisien : Tout d'abord, je te remercie d'avoir été franche. Tu n'as pas vraiment aimé mon chapitre. Tout le monde ne peut pas l'aimer et c'est normal. Ne t'en fais pas. :) Toutefois, j'aimerais comprendre pourquoi. Est-ce à cause de la violence de Levi ? Est-ce que tu trouves les personnages OOC ? Vois-tu… Je me pose des questions. Puis, en lisant ta deuxième review, je comprends un peu mieux. C'est trop « pervers » ? Peut-être qu'effectivement j'ai trop insisté là-dessus. Mais c'est mon imagination et mon petit côté sadique qui font que j'ai envie de mettre en avant le côté vicieux de Levi. En tout cas, merci d'avoir été sincère car j'ai senti que tu avais peur de me blesser ou de me mettre en colère avec tes mots. Pense-y : ça fait toujours plaisir de recevoir un commentaire. En revanche, si on n'aime pas l'histoire, il faut justifier. Sinon les auteurs peuvent se poser des questions et se dire genre : « Alors, finalement, je ne suis pas fait(e) pour écrire des histoires. » Désolée pour ce long discours mais j'essaie juste de te faire comprendre que c'est super ce que tu as fait : tu as été honnête mais il faut juste que tu dises un peu pourquoi tu n'as pas apprécié. :) Ce n'est ni un ordre, ni un reproche mais un conseil. ;) En tout cas, merci beaucoup pour tes reviews. :D

Harlock Williams Holmes : Oui, je sais, je t'ai déjà répondu mais je voulais juste te remercier encore une fois d'avoir écrit une petite review. Voyons si cette suite sera toujours aussi cruelle et dure à lire… ;)

Frenchie : *rire* Même si tu penses que ton commentaire n'est pas constructif, sache que ça fait trop plaisir d'apprendre que tu aies aimé ma fiction. :') Sérieux ! Cette expression « Tu veux ma mort » m'a fait mourir de rire. Ce n'est pas de ma faute, je n'ai fait qu'utiliser mon imagination pour écrire une histoire comme celle-ci. :D Si ce n'est pas trop demander, as-tu aimé aussi le chapitre 6 ? Aimeras-tu aussi cette suite ? En tout cas, merci d'avoir donné ton avis sur ma fiction ! :)

Magical Beings : Je t'ai déjà répondu mais je te remercie encore une fois d'avoir laissé une review. J'espère que ce dernier chapitre va être cool pour toi. :)


Mot de LottiettolrahC :

HEY ! Hey ! Je suis vivante… mais crevée ! La deuxième partie a été longue à préparer (plus de 8800 mots) ! Il en était de même pour mes réponses aux 19… Non, 20 commentaires (un record ! Oh, punaise… Je deviens hystérique…) ! Comment vous dire merci ? J'aimerais vous le dire avec la langue des signes mais vous ne pouvez pas me voir. Sniff...! XP En tout cas, vous avez été sympas avec vos reviews et je vous remercie beaucoup de m'avoir encouragé.

Pour les reviews de Slavy, Roshantic, Hache la pieuvre, Baka-Shiro, Shaliana, Layla Riri et Kris-chaan, je les ai tous répondues par PM. ;D

OUF ! J'ai cru que la suite allait être publiée en Septembre mais non… *gros soupir de soulagement* Ca y est, c'est le tout dernier chapitre et j'espère que vous avez tous bien profité des vacances ! Moi, ça a été, je suis allée en Bretagne et il faisait super beau ! J'ai même pris des coups de soleil…

Bon, je vous laisse tranquille et je vous souhaite une BONNE LECTURE ! :D


Chapitre 3 : Epreuve pitoyable (partie 2)


Rated T


- Je crois qu'Eren est là.

Mikasa était paralysée, choquée et paniquée. La réponse qui résonnait dans son crâne, était si affolante, si explosive qu'elle ignora comment penser, dire ou réagir. Elle avait eu l'impression que la bouche de Levi s'était transformée en celle d'un serpent malsain et cynique. Cette métamorphose hallucinante lui avait permis de taquiner l'entrée de son oreille hérissée avec sa langue fourchue et de lui glisser son message venimeux. La jeune fille avait tout de suite réalisé que, même si elle n'était pas enchaînée, elle ne pouvait pas s'enfuir. La fenêtre était trop petite pour sortir et la porte était la seule issue. Et, Eren Jäger, son frère adoptif, son précieux allié, son bien-aimé était derrière cette porte, à se demander si le caporal-chef Rivaille était là.

Des questions tourmentèrent son esprit rempli d'émotions incontrôlables : « Est-ce le major Smith qui l'a fait venir ? Que faire ? Est-ce vraiment Eren ? Si oui, pourquoi est-il là ? Que faire ? Est-il seul ? Depuis combien de temps y est-il resté ? Que faire ? » Ce que la soldate asiatique voulait vraiment savoir, c'était s'il avait pu tout entendre. Le stress qu'elle éprouvait était tellement vif qu'elle ne se souciait plus de la présence du caporal-chef Rivaille. Elle semblait même avoir oublié son existence. Bien qu'elle sentait ses doigts durs autour de sa gorge, elle ne se rendait pas compte qu'il était prêt à l'étrangler. Le plus difficile à supporter était de ne pas pouvoir voir l'ombre de son meilleur ami sous la porte était. Puisque son corps affligé était trop faible pour répondre, Mikasa n'arrivait pas à tourner la tête et à faire remuer la chaise. Le châtiment que Levi lui avait infligé avait été extrêmement harassant.

Toc, toc, toc...

Ce bruit répétitif bourdonna douloureusement dans la tête de la soldate à tel point qu'elle crut ressentir de la fièvre. Mais cela ne l'empêcha pas d'avoir les yeux arrondis de stupéfaction : Eren avait frappé timidement à la porte. Elle s'attendait à des grands coups. Soit Eren l'avait fait avec beaucoup d'appréhension, soit il était trop choqué pour frapper normalement. Sa mâchoire perdit son sang-froid et fit crisser ses dents de nervosité. Le son qu'émettaient les coups effarouchés de son compagnon était aussi terrifiant que celui des maillets privés de la Mort sur le gong.

- Caporal-chef Rivaille, c'est Eren.

Sa voix était à la fois hésitante et ferme. Evidemment, il reçut en retour une seule et unique réponse : le silence. La situation dans laquelle Mikasa se trouvait devenait de plus en plus cocasse et périlleuse : elle ne pouvait pas encore confirmer si oui ou non, Eren savait ce qui s'était passé. De plus, elle craignait de ce qu'allait faire le caporal-chef Rivaille face à l'annonce ordinaire de son frère adoptif. Si la poignée de la porte s'activait, la découverte allait certainement être violente et blessante.

Mikasa n'avait plus le choix : elle devait impérativement trouver une solution. Par chance, une petite idée lui trottait déjà dans la tête et elle se dit que c'était le moment ou jamais. Parler était son seul moyen de défense et elle allait s'en servir.

Elle sentit la pression de la main de Levi sur sa gorge se calmer et fit orienter ses yeux embrumés de larmes vers son visage pâle. Il paraissait désintéressé de sa présence car son attention était extrêmement centrée sur la porte. Son attitude et son regard étaient semblables à ceux d'un dangereux rapace qui guettait l'arrivée de son repas. Ainsi, la victime put reprendre son souffle et profita de sa distraction pour consolider mentalement sa résolution. Sans attendre que le patrouilleur dise quelque chose, Mikasa déclara à voix haute :

- Je vais l'appeler.

Le tortionnaire expérimenté cilla devant l'incroyable réaction de sa détenue. Ses pupilles argentés changèrent de direction et se dirigèrent vers les siennes. Visiblement, il ne s'attendait pas à l'entendre dire une chose pareille. Puisqu'il était impossible de lire les sentiments à travers son masque apathique, la jeune asiatique pria intensément qu'il eût des doutes et qu'il ressentît de l'appréhension. D'une voix quiète et méchante, elle fit un discours théâtral :

- Quand il réalisera ce que tu m'as fait, il aura honte de toi et il crachera sa rancœur sur ton comportement hypocrite. Tu perdras sa confiance et tu ne verras que de la colère et de la haine dans ses yeux. Comme il l'a fait aux Titans, il te maudira. Plus jamais il n'essayera de poser ses mains propres sur toi.

La combattante fit une pause pour accentuer le suspense et reprit d'un ton ironiquement léger :

- Connaissant Eren, il se peut que tu rejoignes… ces hommes.

« S'il entre, il se rendra compte que l'image qu'il avait du gnome n'était qu'une illusion… » avait-elle pensé, fière. Puisqu'Eren estimait énormément Levi, il serait certain qu'il n'oserait plus jamais le regarder. Quand Mikasa avait évoqué les « hommes », elle s'était souvenue de la violence et la colère qu'Eren avait eues en les tuant. C'était lui qui les avait poignardés avec son couteau pour la sauver alors qu'ils étaient encore enfants. Ses pupilles larmoyés brillèrent d'espoir et de vice. Ce qu'elle souhaitait, c'était que le caporal-chef Rivaille périsse comme les étrangers qui l'avaient enlevé pour la vendre. Evidemment, ce n'était qu'un désir car cela ne devrait pas se passer ainsi. Levi savait très bien se défendre et ce n'était pas pour rien qu'il était le soldat le plus puissant de l'humanité. En outre, cela provoquerait un immense traumatisme dans l'armée si elle le perdait. Mikasa eut un rictus acerbe. Malgré son physique nain, son obsession de la propreté, sa vulgarité légendaire et sa personnalité éhontée, le bonhomme avait pu faire susciter aux soldats le courage et le respect vis-à-vis de lui.

Après avoir écouté attentivement les menaces piquantes de son adversaire, Levi finit par desserrer doucement sa gorge. Ce geste laissa supposer qu'il avait des soupçons. Mikasa espéra religieusement qu'il avait peur. Peur de commettre une faute : ne plus avoir la confiance et le pardon d'Eren. Pour éviter cela, le perdant devrait s'excuser en la libérant. Il ferait en sorte qu'Eren disparaisse en premier pour que la vainqueure puisse se délivrer de ses mains griffues et quitter le cachot.

Mais elle avait tout faux.

Levi n'était ni impressionné, ni effarouché. Les hommes qu'elle venait de mentionner n'avaient même pas excité sa curiosité. Tout à coup, ses lèvres s'étirèrent toutes seules et formèrent un nouveau sourire. Mikasa fut totalement désorientée : elle avait l'impression de lire plusieurs personnalités sur le visage de Levi. En effet, son sourire était calme et tendre, pareil à celui d'un père qui caressait sa fille. Il était si simple qu'elle prit cela comme un avertissement alarmant et exaspérant. La jeune fille se demanda si le petit soldat était vraiment ému. Mais elle s'écria intérieurement qu'elle était stupide. Vu que ce qu'elle venait de vivre, c'était impossible qu'une créature comme lui puisse éprouver quelque chose. Enfin, le patrouilleur répliqua avec modestie :

- Tu me plais.

A cet instant, il saisit le dossier de la chaise et la fit tourner. Les pieds du siège crissèrent sur le sol pierreux et les chaînes rouillées qui maintenaient la prisonnière, couinèrent dans l'air. Ces bruits aigres rendirent l'atmosphère moribonde. Très vite, Mikasa fut devant l'entrée et comprit que c'était intentionnel. Ne lui laissant pas le temps de prononcer un mot, Levi prit une poignée de ses mèches noires et les tira vers le haut. Ainsi, la tête de l'asiatique se tint immobilisée. Ses yeux légèrement bridés s'écarquillèrent d'ébahissement lorsqu'ils virent l'ombre vivante d'Eren sous la porte. Impavide, le petit soldat lui offrit la permission de répondre en lui chuchotant d'un ton arrogant et sardonique :

- Dis-lui d'entrer.

C'était la cerise sur le gâteau.

Si Eren entrait, il verrait son amie d'enfance assise, menottée, trempée, la poitrine dévoilée sous le regard polaire et dédaigneux de Levi. Mikasa ouvrit grandement la bouche mais aucun son ne sortit. Elle s'était déjà sentie nue mais pas à ce point. Elle était en train de se noyer dans un cauchemar duquel elle ne pouvait se réveiller, et qui s'empirait. Lentement et sûrement, une poignée de nœuds émotionnels firent distordre ses poumons et sa gorge de terreur. Le jeune destinataire osa toquer encore une fois la porte et répéta :

- Caporal-chef Rivaille, puis-je entrer ?

A ce moment, la jeune fille réalisa qu'elle avait encore sous-estimé le caporal-chef Rivaille.

Agitée, elle se mit à s'imaginer des choses toutes aussi épouvantables les unes que les autres. Ne se souciant guère de ses prières futiles, Levi prit son rôle de démon tentateur au sérieux :

- Appelle-le Mikasa, persista-t-il d'une voix imperturbable et monotone, et il te sauvera. Puisque tu es en détresse, tu dois appeler ton petit Titan à l'aide. Il viendra te délivrer du méchant, c'est-à-dire moi parce que je n'ai pas de sentiments. Appelle-le.

Pour Mikasa, c'était un fait : Levi la ridiculisait royalement. Il ne cachait pas son impatience de savoir si elle allait céder à sa demande. Il semblait également pressé de faire entrer Eren. Toutefois, elle avait pu percevoir une pointe de courroux singulier dans sa voix mais elle n'avait pas eu le réflexe de s'interroger dessus. Ses prunelles nerveuses pivotaient dans tous les sens comme si elles cherchaient une autre sortie dissimulée derrière les murs de la pièce. Elle n'avait jamais eu aussi peur, elle avait l'impression de revoir la scène où Eren s'était fait avaler par le Titan Féminin. Son haut trempé froidissait impitoyablement ses bras. En dépit de cela, elle avait effroyablement chaud et la transpiration se faisait même sentir. L'ambiance palpitante devenait trop lourde à endurer. L'asiatique se rappela de nouveau de la rage inflexible d'Eren envers les hommes qui l'avaient arrachée de ses parents assassinés. Aussitôt, elle ne pensa plus aussitôt à son sauveur mais à elle-même.

Une réponse et vite.

Eren n'attendrait pas. Et Levi non plus. Terrifiée, Mikasa secoua lentement la tête.

- Fais-le partir, susurra-t-elle, peinée.

Elle avait pris une décision : confier sa victoire au caporal-chef Rivaille.

L'oreille du vainqueur se positionna devant les lèvres de Mikasa qui geignaient. Elle avait très mal. Les doigts sadiques du gnome tiraient sa belle chevelure de façon frénétique. Parfois, ils lui arrachaient d'un coup deux ou trois filaments noirs.

- Répète, articula-t-il doucement.

- Faites-le partir, faites-le partir.

Et elle le vouvoyait.

Levi lâcha soudain ses cheveux martyrisés et, sans perdre une seconde, attrapa sauvagement sa mâchoire. Mikasa comprit qu'il voulait qu'elle le regarde et refusa catégoriquement. Face à sa résistance, les ongles irrités du gnome percèrent une seconde fois la fine cicatrice qui voilait sa pommette. Sous la douleur, la soldate dût se forcer à ouvrir les paupières pour toiser avec dégoût et appréhension son bourreau. Il attendait qu'elle dise quelque chose. Un souffle, un mot, une phrase, un cri. Mikasa n'hésita plus.

- S'il vous plaît.

Et elle l'implorait.

Si Mikasa le désirait, elle aurait hurlé de fureur et de désespoir. Levi n'avait pas l'air de réaliser qu'elle était sérieuse. Alors qu'il pensait pouvoir détecter une ruse cachée derrière ses iris brillants et déplorables, il sentit quelque chose de chatouilleux et de chaud humidifier sa main.

C'était des nouvelles larmes.

La soldate pensa que le caporal-chef Rivaille avait tout deviné. Autrement dit il avait douté qu'elle ne ferait pas entrer son ami d'enfance parce qu'elle ne le voulait pas. C'était simple : l'idée qu'Eren puisse contempler son corps détruit était humiliante. Elle avait peur que son frère adoptif puisse la considérer comme une femme fragile et incapable de protéger qui que ce soit. Mikasa ne pouvait pas du tout tolérer cette idée. Et elle ne tenait surtout pas qu'il se sente coupable pour elle. La mort de la brigade des opérations spéciales de Levi l'avait choqué et l'avait nui. Les dents serrées, la jeune asiatique fulmina contre son pire ennemi. Pour elle, il avait réussi : il avait flairé ses faiblesses et les avait utilisées pour la piéger.

Tout à coup, un grincement angoissant vint.

Crrr…

Celui que Mikasa ne voulait absolument pas entendre.

C'était la porte. Eren avait perdu patience.

La fille courageuse ferma les paupières.

- Eren !

C'était Levi qui criait. Le mouvement de la porte se stoppa.

- Ne t'a-t-on pas appris à attendre quand tu frappes ?

- Je… Pardon.

- Attends-moi.

- B-bien.

En suivant l'ordre du caporal-chef Rivaille, Eren inversa tout de suite son geste. Ainsi, la porte se referma complètement. Mikasa en resta bouche bée.

Elle ne sut quoi dire et regarda le petit homme. Il était sûrement soûl car il n'avait pas l'air de savoir à quoi il pensait. Lorsqu'il avait vu des gouttes d'eau salées inonder ses pommettes, il était à la fois écœuré et gêné. C'était comme s'il avait reçu du vomi sur sa tête. Il répondit avec un rictus plutôt blasé :

- Je ne t'ai pas demandé de pleurer.

Mikasa n'avait pas eu le choix. Elle devait demander à Levi de la compassion. Pour cela, elle devait le vouvoyer, le supplier puis pleurer. Cela avait été un véritable supplice. Cependant, ce qui était inattendu, c'était qu'au lieu d'avoir un sourire victorieux, le regard de Levi était aveuglé par la fureur. Il avait vu qu'elle se laissait encore humiliée et son comportement le rendait fou de rage. L'une des questions qui hantait de plus en plus la jeune fille, était : « depuis que je suis entrée dans son bureau, pourquoi était-il si fantasque ? » Elle se demanda si cela ne faisait pas partie de ses défauts personnels car sa réaction surprenante n'avait aucun sens. Levi lâcha lentement Mikasa comme s'il avait compris qu'il s'était trompé de proie et répliqua d'un ton soudain hargneux :

- Tu me déçois, Mikasa. Vraiment.

La soldate se pinça les lèvres et se tut. Mécontent, Levi ouvrit la porte et la ferma rageusement derrière lui. Lorsqu'Eren vit le caporal-chef Rivaille apparaître devant lui, il se dit qu'il devait expliquer pourquoi il était forcé d'ouvrir la porte. Mais le patrouilleur ne lui laissa pas le temps de chercher des excuses et parla sèchement :

- Que veux-tu ?

Le jeune brun fut étonné de le découvrir plus distant et plus livide que d'habitude. C'était la première fois qu'il le voyait très énervé et, clairement, il avait une tête à faire peur. Normalement, quand Levi entamait la conversation avec lui, il commençait avec son surnom de « gamin ». Et il ne l'avait pas fait. Il n'était pas venu pour rigoler. D'ailleurs, Eren ne comprenait toujours pas pourquoi il n'avait pas répondu à ses appels. Il voulait seulement s'assurer si tout allait bien.

- Ahem... Je..., bafouilla-t-il, mal à l'aise.

- Eren, l'interrompit froidement Levi, sois bref.

- Ah... Désolé de vous déranger. C'est juste pour une question.

- Vas-y.

- N'avez-vous pas vu Mikasa ?

Une lueur amère scintilla promptement derrière l'œil sombre du petit homme. Eren avait fait le long chemin pour trouver la fille au sale caractère. Pour clore la conversation, il garda son expression fermée et lui donna une réponse concise :

- Il y a une heure, elle était au bureau d'Erwin Smith. Va lui demander.

- Merci beaucoup caporal-chef Rivaille.

Eren fut surpris d'entendre Levi parler de façon hâtive, dure et courroucée et se sentit nerveux. Satisfait, le patrouilleur fit demi-tour. Alors qu'il s'apprêtait à activer le poignet de la porte, son épaule fut empoignée par la main du jeune soldat.

- Attendez, fit Eren, abasourdi.

En touchant la chemise de Levi, le brun se rendit compte qu'elle était mouillée et glacée. Très vite, il repéra sur le tissu blanc des taches légèrement cramoisies. Ce qui l'avait désarçonné était l'odeur. Depuis qu'il s'était transformé en Titan, son odorat s'était développé et il reconnaissait facilement plusieurs arômes y compris celui que tous les Titans aimaient renifler : du sang. Ce parfum de fer rouillé avait éveillé ses narines et avait permis de confirmer ses soupçons : il s'était passé quelque chose derrière la porte. Tentant de garder son calme, Levi se retourna vers le brave soldat et patienta.

- Sur votre bouche, commença Eren, est-ce que…?

- Rien, une morsure.

- De quoi ?

Levi se remémora la manière dont Mikasa avait planté ses dents farouches dans sa peau sensible. Il était sur le point de goûter son palais buccal mais elle avait su résister. Avant de passer sa langue frustrée sur sa lèvre blessée pour nettoyer les dernières traces de sang, il répondit sobrement :

- D'une chatte chiante.

Embarrassé, Eren hocha timidement la tête. « Une chatte ? Comment elle a fait pour atteindre son visage ? Et pourquoi ? » pensa-t-il, déconcerté.

- Quand je suis arrivé, j'ai entendu des… cris.

Le caporal-chef Rivaille reluqua le frère adoptif de Mikasa avec intérêt. Soit il avait un cerveau, soit il n'était qu'un simple morveux. Levi eut alors une idée qui pourrait le déranger un peu. Pour faire semblant de réfléchir, sa main caressa son menton et ce n'était pas n'importe quel main. En effet, Eren put immédiatement voir sur ses doigts des plaies assez profondes et se rendit compte que ce n'était pas une morsure d'un chat. L'odeur vive du sang lui informa qu'elle s'était produite récemment. Levi n'était pas seul. Il y avait quelqu'un qui ne voulait pas se montrer et il avait comme une grande rivalité entre eux. Choqué, Eren se demanda qui avait osé mordre ses doigts. Il pensa d'abord à un enfant car il se servait souvent de ses dents pour se défendre. Toutefois, pour Eren, c'était impossible car il n'arrivait pas à visualiser un conflit entre Levi et un enfant. De plus, il était interdit aux mineurs de vivre ou de se promener dans un camp militaire. Le garçon se sentit tiraillé et commença à avoir du mal à regarder son supérieur.

- Elle a osé venir dans mon bureau et a tout saccagé.

C'était la vérité.

- Une dispute ? répliqua bêtement Eren.

Levi sourcilla et se dit avec mélancolie que le gamin n'avait pas complètement tort. Réalisant qu'il avait pensé à voix haute, le jeune brun tenta de trouver une justification.

- Désolé, c'est indiscret de vous le demander, s'excusa-t-il, confus. C'est…

- Un problème ?

- Je suis un peu inquiet car je me demande ce que fait Mikasa…

- Je vois, acquiesça le patrouilleur, va voir ce blondin, il pourra te dire où est ta chérie.

Levi avait prononcé le mot de façon mielleuse comme s'il était empoisonné. Il avait marre de faire des efforts et avait décidé d'arrêter la discussion. Bien qu'il pressentait qu'il allait se faire passer un savon, Eren ne baissa pas les bras et protesta gentiment.

- Mikasa n'est pas…

Tout à coup, sans qu'il ne puisse se rendre compte, Levi attrapa agilement la clé qu'il utilisait comme pendentif rare et le tira brutalement vers le bas. La nuque du garçon céda et fit courber de force son dos. Ebahi par la violence du caporal-chef Rivaille, il voulut lever la tête mais n'y parvint pas. Aussitôt, il sentit les lèvres de Levi émettre une voix lourde, calme et menaçante contre son oreille.

- Tu as deux choix : tu passes voir le commandant Smith ou tu subis le même sort que cette grosse minette.

Eren tressaillit, hébété. Il allait dire que Mikasa était sa précieuse amie et, visiblement, cela ne faisait qu'accentuer l'ire de Levi. Dérouté, il se demanda pourquoi le patrouilleur semblait aussi énervé qu'agressif dès qu'il évoquait Mikasa. Maintenant qu'Eren le connaissait un peu, il savait qu'il n'était pas en train de le menacer. C'était une prévention et c'était sa façon de dire qu'il valait mieux quitter maintenant. Enfin, c'était ce qu'il croyait comprendre. Il était d'une humeur massacrante et voulait qu'il dégage.

- D'accord, je m'en vais.

Levi agréa et abandonna la clef de son père. Sans saluer, le jeune garçon fit demi-tour et déguerpit à grandes enjambées. Il était encore étourdi par le comportement du soldat le plus puissant de l'humanité. Quelque chose n'allait pas. Voir le caporal-chef Rivaille de mauvaise humeur était une habitude. Sa grande fatigue était aussi compréhensible. Cependant, le fait qu'il morde comme un chien dérangé quand il évoquait Mikasa était nouveau. « Est-il toujours en colère contre Mikasa ? Il n'aime pas qu'on parle d'elle ? Ou il m'en veut encore pour sa cheville ? J'ai poussé Mikasa à casser sa cheville. Je n'aurais pas dû écouter Armin… » réfléchit-il, l'air désemparé. Un drap de culpabilité ternit sinistrement ses yeux.

Dès qu'Eren disparut au fond du couloir, le petit soldat put revenir à son bureau. Voyant que Mikasa ne disait point un mot, Levi essaya de la réveiller en la provocant.

- Ce morveux essaie de te trouver. Charmant.

- Qu'est-ce que tu étais en train de tester ? s'exclama-t-elle.

Lorsqu'elle avait su qu'Eren était parti, elle était censée éprouver un immense soulagement. Mais elle ne ressentait que de l'exaspération. En fait, Levi cherchait à importuner Eren, à semer le doute en lui. Et il voulait surtout savoir si Eren avait une idée de quelle « chatte » il pouvait s'agir.

- Qu'as-tu fait à Eren ? s'énerva Mikasa. Pourquoi ? Il n'a rien fait !

Elle harcela Levi de questions et elle n'obtint aucune réponse. Le silencieux prit dans la boîte rouillée une petite clé et s'approcha de la prisonnière à pas rythmés. Il ne souriait plus.

- Maintenant, démerde-toi pour retrouver tes camarades, répliqua-t-il d'un ton neutre. Si tu racontes à tout le monde ce qui s'est passé, je m'en bats parfaitement les couilles. Ne te gêne pas de le crier sur les toits. En revanche...

Sa voix n'avait pas changé contrairement à ses pupilles de faucon. Elles étaient devenues insistantes et imperturbables. Ses doigts se glissèrent délicatement sous la nuque de la jeune fille et firent hérisser ses poils. Son front rencontra pour la deuxième fois le sien. Mikasa gémit car sa bouche était très proche de son visage, menaçant de l'embrasser.

- Ne me fais plus jamais parler de Petra et de mon ancienne escouade. N'en parle même pas à Eren, Armin et tes autres bambins. Est-ce clair ?

Voyant que Mikasa avait du mal à garder sa bouche fermée, Levi n'hésita pas à faire frôler ses lèvres impatientes contre les siennes.

- J'attends, souffla-t-il.

- Salaud.

Ce terme riche de sens était venu tout seul et elle l'avait dit dans un long et doux chuchotement. Levi ne s'offusqua pas devant l'insulte et recula. Comme une machine, il planta la clé dans la serrure des chaînes et la tourna mécaniquement.

- C'est donc un oui.

Un cliquetis de liberté se fit entendre. Les chaînes desserrèrent les poignets empourprés de Mikasa et furent rangés directement dans la boîte. Levi prit sur la table la veste de Mikasa et s'essuya les doigts mordus dessus. Dès que ce fut fait, Levi la plaqua sur la poitrine nue de l'asiatique.

- Et vouvoie-moi, je suis ton caporal-chef.

Mikasa voulait de le poignarder comme elle l'avait fait dans son passé. Toutefois, à cause du choc émotionnel, elle était trop engourdie pour se démener. Ses lèvres gelées tremblaient de rancœur. Levi l'observa d'un air impassible et soupira.

- Si ça peut te consoler, j'ai perdu ma dent, ajouta-t-il.

Seul son regard gorgé de mépris singulier lui répondit. Ce n'était pas suffisant du tout. Levi avait été dur, odieux, et barbare avec elle. S'il souhaitait se faire pardonner, il faudrait qu'il perde un bras ou qu'il disparaisse. Il était allé trop loin. Le patrouilleur lui tourna le dos et fit un geste dégagé.

Mikasa avait enfin la permission de quitter son bureau.

Cela ne lui plut pas car elle se sentait faible et dominée. Elle l'aurait volontiers giflé mais cela ne ferait qu'empirer la situation. Elle s'était fait embrasser et tourmenter par l'homme qui était plus âgée qu'elle. Les sentiments en elle étaient encombrants et sa gorge nouée était douloureuse. Elle choisit de ne plus répondre. Muette, elle se leva, ramassa son écharpe rouge, ouvrit la porte, et sortit en courant.

Mikasa était perdue.

Elle ne savait pas où elle allait mais cela l'importait. Ses jambes tremblantes longeaient des couloirs inexplorés sans s'arrêter. Sa main fébrile frotta vigoureusement ses yeux piquantes. Elle avait interdit aux larmes de jaillir car elle en avait beaucoup trop versé. Ses bras firent étendre sa veste orange pour mieux dissimuler sa poitrine sale. Elle décida de ne pas raconter à Eren et à Armin ce qui s'était passé, car sinon ils seraient ébranlés. C'était son affaire à elle et elle l'enterrerait dans sa carapace spirituelle. Elle devrait vite nettoyer sa bouche car elle puait du sang négligé. Enragée, elle n'hésita pas à s'en débarrasser en crachant par terre. L'idée d'avoir des traces du monstre sur elle lui donna un haut-le-cœur. Elle devait immédiatement aller se laver et brûler ses vêtements ensanglantés.

- Ah, c'est toi ?

L'asiatique se pétrifia et crut être en train de replonger dans les enfers. Elle se tourna très lentement vers la voix qui l'avait interpellée. En même temps, elle tenta de rendre les traits crispés de son visage neutres et décontractés. Même si elle y parvenait, la personne comprendrait vite que quelque chose n'allait pas quand elle la verrait dans un tel état : mouillée, martyrisée, brisée et souillée. Dès que la jeune fille fut en face de la personne, elle aperçut des bottes en cuir qui s'avançaient vers elle.

- Il est allé un peu trop fort, on dirait.

Mikasa fut déconcertée. La voix était drôlement aiguë et la réplique était plutôt bizarre. Elle leva vite la tête et la vit.

Ce n'était pas Eren. C'était Hanji.

En le réalisant, la soldate se laissa glisser contre le mur tellement elle avait eu peur. Elle était vraiment persuadée que c'était son ami d'enfance. Elle posa sa main sur son cœur qui avait failli ne plus continuer à battre. Derrière ses lunettes ovales, Hanji l'observait d'un air grave. Essoufflée, Mikasa s'attendit à des centaines de questions mais, à sa grande surprise, la scientifique se contenta de lui suggérer de venir avec elle. Elle lui prêta également sa veste pour couvrir entièrement son buste.

- Hein ? murmura la jeune soldate, étonnée et perturbée.

- Allons dans mon bureau, Mikasa. Je vais soigner tes poignets. Ne t'inquiète pas, il n'y aura que toi et moi. Personne ne viendra nous déranger.

- Je ne...

- Si tu penses que ça fait perdre du temps à mon travail, tu n'as pas à te faire du souci. J'ai terminé. Et si tu ne veux pas me parler, ne dis rien.

Mikasa sentit que c'était une femme bien et qu'elle pouvait lui faire confiance. Timidement, elle lui envoya un minuscule « merci ».

...

Après avoir entendu le bruit des pas précipités de la malheureuse s'éloigner, le caporal-chef Rivaille poussa un long soupir de bien-être. Ce n'était pas tous les jours qu'il se confiait à quelqu'un. Il avait l'impression que le poids s'était un peu allégé sur ses épaules. Pourtant, son visage apaisé fut plissé par une grimace bizarre.

- Elle n'y est pas allée de main morte. Ça me rassure.

Sa main blessée n'était pas très belle à regarder. Ses trois doigts raides étaient gravés de plaies ouvertes et saignantes. Du liquide rouge malodorant continuait de suinter et asséchait très lentement. Quand ils remuaient, ils émettaient des craquements piteux et répulsifs.

- Toujours aussi dégueulasse, grommela-t-il, révulsé.

Levi pensa à s'essuyer les mains crasseuses avec ses vêtements mais se l'interdit car il détestait cela. Par malchance, il avait oublié son précieux mouchoir et la carafe d'eau était vide. Il n'y avait qu'un moyen pour nettoyer ses blessures : sa bouche. Le petit homme commença alors à sucer alors ses doigts. Cela lui était égal qu'il y ait encore des quelques marques de salive de Mikasa. Il frissonna intérieurement car, pour lui, cela s'appelait un baiser indirect. Au fur et à mesure qu'il enlevait le sang, son esprit devenait de plus en plus confus. Dès que sa langue eut fini de rincer ses doigts mordus, ses épaules tiquèrent soudain.

Depuis que Mikasa était partie, au fond de lui, une émotion particulière le tenaillait et le rendait effrayant. Ses dents anxieuses se mirent à grignoter ses ongles. A l'intérieur de ses pupilles dilatées, des fumées orageuses gigotèrent et s'entremêlèrent avec ardeur. Ne parvenant pas à calmer son stress, le tortionnaire dévora fougueusement le repli de peau qui bordait les côtés de ses ongles. Ce sentiment qui l'embrouillait, c'était celui que tous les soldats appréhendaient beaucoup quand ils étaient avec lui : la colère.

Et ce n'était pas que de la simple colère. C'était la rage. La rage noire, destructive, et imprévisible. Avec sa force semblable à celle d'une vague puissante, elle percuta son âme sans s'apitoyer. Elle était impossible à contrôler et Levi finit par craquer. Il fallait qu'elle sorte. Sans hésiter, il prit la carafe d'eau et la lança de toutes ses forces contre le mur. Tel un feu d'artifice, le pauvre objet s'explosa.

- PUTAIN !

Il avait fait une connerie phénoménale et il le savait très bien. Depuis qu'il s'était fait botté par Mikasa, il savait qu'il allait la faire et qu'il allait la regretter. Il ne pouvait pas s'empêcher de la faire. C'était l'occasion ou jamais. Ce qui le mettait hors de lui, c'était de ne pas savoir pourquoi.

- Putain, marmonna-t-il d'une voix basse et lugubre.

Ses jambes ne parvinrent plus aussitôt à supporter le poids de son corps et perdirent équilibre. Levi recula jusqu'à se laisser tomber mollement sur la chaise. Des traces de sang frais qui y restaient, tachèrent son pantalon noir. Comme Mikasa avait des poignets qui saignaient, elle en avait mis sur son uniforme militaire et sur son siège. Mais Levi ne s'en préoccupait pas. Avant l'épreuve impitoyable qu'il avait passé avec Mikasa, il était fatigué. Et, maintenant, il était anéanti. Son bureau était devenu bordélique et demandait à être balayé. Enervé, le soldat fameux poussa un long soupir de résignation et se promit de tout ranger au prochain crépuscule. Il jeta un coup d'œil à la petite fenêtre et constata que le ciel s'était noirci. Il faisait donc nuit.

- Faut que je pense à aller voir ce vieux fourbu..., grommela-t-il.

Il doutait bien que le major Smith était impatient de connaître des nouvelles. Avant qu'il aille le voir, il devait aller se changer et nettoyer son visage. Pour couvrir ses morsures lavées, il se servit de sa cravate blanche mouillée. Il savait que ce n'était pas parfait mais cela lui suffisait largement. En vérité, c'était parce qu'il n'avait pas envie de se retrouver dans la salle d'infirmerie et de subir des piqûres.

...

Levi avait terminé sa douche et boutonnait sa deuxième chemise. Il avait changé de pantalon et portait celui de l'uniforme militaire. Après avoir enfoncé ses pieds dans ses chaussures sobres et noirs, il sortit de sa chambre en boitant. Il traversa des couloirs qu'il fréquentait tous les jours et emprunta celui que Mikasa connaissait une fois. En effet, il le menait directement au bureau du major Smith. Pendant que le petit homme marchait maladroitement, il grignotait avec voracité une tranche de pain épaisse qu'il tenait dans sa main. Les émois insaisissables avaient suscité en lui un sacré appétit. Pour apaiser son esprit, il aurait volontiers dégusté du thé noir mais, à son grand dam, il n'y en avait plus dans la cuisine du camp militaire.

Lorsqu'il atteignit la porte d'arrivée, il l'ouvrit sans frapper. Erwin était toujours en train de travailler. Sa table majestueuse était chargée d'écrits, de buvards et de boules de papier. Cette fois-ci, il ne prononça pas un mot. Il ne lui fit même pas des reproches comme « tu es entré sans frapper » ou « tu as volé de la nourriture ». Très concentré, il fit courir adroitement sa plume sur du papier jaune. C'était tant mieux pour le caporal-chef Rivaille car il n'avait pas envie de batailler dessus pour rien. Il s'avança sans quitter le commandant en chef des yeux et s'affala sur un fauteuil rouge.

- Ça avance ? demanda-t-il en avalant le dernier morceau.

- Oui, on pense avoir trouvé l'identité du Titan Féminin. La réunion se fera à partir de demain.

- Peut-on l'arrêter cette fois ?

- Tu n'es pas le seul à l'espérer.

Levi s'aperçut qu'Erwin attendait qu'il fasse une annonce. S'il était venu, c'était pour dire quelque chose. Sa bouche inhala la chaleur qu'exhalait ardemment le feu dans la cheminée et répondit d'une voix pondérée :

- C'est réglé.

- Qui est-ce ? questionna le major Smith sans interrompre son processus de travail. Tu ne me l'as pas dit avant.

Le patrouilleur resta indifférent mais ses pupilles fines exprimaient le désagrément.

- Tu tiens tant à le savoir ?

La plume d'aigle cessa d'écrire. Les yeux clairs d'Erwin s'élevèrent et fixèrent longuement le caporal-chef Rivaille. Sa main se tendit et fit signe au soldat de faire le tour du bureau pour se mettre devant lui. Levi fronça les sourcils d'un air méfiant mais s'exécuta sans broncher. Dès qu'il fut près du commandant en chef, celui-ci en profita pour mettre son index sur l'hématome encore visible sur sa joue. En le tapotant, les lèvres du patrouilleur rouspétèrent.

- Je te rappelle qu'aux yeux de l'armée, tu représentes aussi l'Espérance. Il n'y a pas qu'Eren Jäger et les milliers de soldats qui comptent, il y aussi toi.

Levi rechigna d'un air triste et fit brusquement dégager la paume d'Erwin.

- Je ne suis pas ta femme, admonesta-t-il. Je me débrouille.

- Sauf que ce n'est pas le cas. Avoir auprès de moi des soldats imprudents et faibles est ennuyeux.

Les pupilles fins et redoutables du petit soldat se dilatèrent. Erwin avait osé le provoquer et il méritait une leçon. Comme une vipère prête à envenimer son agresseur, sa main bondit et agrippa son col. Mais Erwin eut le réflexe d'attraper son poignet à temps.

- Levi, le prévint-il gravement.

- Je ne suis pas un faible.

Le major Smith n'était pas impressionné par la brutalité qu'émanaient ses gestes et prit son temps à l'observer. Sa peau blafarde était marquée par des rides explicitant le grand surmenage. L'aura ténébreuse qui l'entourait était pénible à flairer. Il n'était pas en forme et était aussi susceptible qu'un chat sauvage. D'ordinaire, il n'aurait pas agi de cette manière si ce n'était que pour lui envoyer un regard morose et docile. Erwin remarqua que ses mèches noires étaient humides et épousaient son front. Levi les avait rincés récemment. « La personne a dû le faire suer… Ce qui pourrait justifier sa réaction. » médita-t-il. Gardant son attitude posée, il poursuit :

- Tu sais te débrouiller mais tu ne peux pas utiliser ton équipement tridimensionnel à cause de ta cheville. Que vas-tu faire ?

- Je ferai mon travail autrement, riposta rudement Levi.

Voyant que le petit soldat avait repris son flegme, le major Smith lâcha tranquillement son poignet.

- Tu dis que tu n'es pas ma femme, tu ne l'es pas, sourit-il d'un ton sérieux, mais tu es mon soldat. Si je te perds, je prendrai cela comme un énorme gâchis. A nos yeux, tu es un grand colosse qui maintient la force de tous les soldats. Si ta base est brisée, tu fondras sous ton poids et tu te rompras. Et la confiance de l'armée sera évaporée.

Les paupières de Levi plissèrent de répulsion, de ressentiment et de révolte. Bien qu'il ait décidé d'être aux côtés d'Erwin Smith et de le suivre loyalement sans broncher, il éprouvait l'impression d'être utilisé comme un pion.

- Tu n'as qu'à trouver un remplaçant. Ce n'est pas si compliqué, gaussa-t-il, prend Eren, ce pot-de-colle. Même s'il n'est qu'un petit soldat ignorant, il est un colosse titanesque.

- Peut-être, s'esclaffa Erwin, amusé. Cependant, ton expérience et ta perception des choses me sont très avantageux et ce n'est pas tous les jours que je sélectionne des personnes comme toi.

Face au silence renfrogné de Levi, le grand blond tenta de le revigorer un peu.

- « Le soldat le plus fort de l'Humanité ».

- Huh ?

- Ce slogan populaire doit être agréable pour tes oreilles.

- Ce n'est qu'une salacité, maugréa Levi. Ces porcs le disent pour eux-mêmes.

- Cessons alors de tourner autour de ce sujet. Dis-moi qui c'est.

- Si je te le dis, je parie que tu vas venir le chercher et lui flanquer la frousse. Inutile car je l'ai fait.

Le blond perdit patience et se mit debout dominant entièrement la taille naine de Levi. Les deux paires d'yeux d'hommes se défièrent.

- Dis-le-moi, c'est un ordre.

Grincheux, Levi émit un « tsk » habituel. Il s'était promis d'être extraordinairement fidèle à Erwin mais il ne désirait pas céder à son ordre. Ce refus était incorrigible et inattendue pour un homme froid et réservé comme lui. Ainsi, il se sentait profondément perturbé. De plus, la question était simple et elle ne nécessitait pas des sacrifices. Le commandant en chef comprenait de moins en moins l'attitude de Levi et assombrit son visage.

- Tu n'as pas l'air de comprendre les mots, dit-il, suspicieux. Parce que la fatigue te l'empêche ? Tu veux que je te réveille avec de l'eau ou autre chose ?

Avertissement. Levi n'était pas pour le moindre au monde effarouché. Bien que l'ennui le minait terriblement, il n'était pas prêt à recevoir des cadeaux de la part du commandant en chef. Honnêtement, une bagarre lui ferait plaisir mais ce n'était pas le bon moment. Ses yeux cernés contemplèrent le visage du blond. Il ressemblait exactement à celui d'un ange rieur et attentionné. Alors que ses prunelles azuréennes reflétaient l'amicalité et la confiance, elles dissimulaient beaucoup de défauts que Levi avait su capter. Personne n'était parfait et il ne fallait jamais se fier aux apparences.

- Mikasa, avoua-t-il enfin.

- Mikasa Ackerman ? Tu sais que je n'aime pas les mensonges. Tu m'as dit que ce n'était pas elle.

- Moi aussi, je hais les mensonges. Tu m'aurais menti en disant que tu laisserais cette gamine tranquille mais, en réalité, tu veux le faire par toi-même. C'est à moi de le faire. Ce ne sont pas tes affaires.

Les paupières d'Erwin plissèrent de contrariété et de lassitude. Puisqu'il avait lu le rapport, il n'était pas très étonné d'apprendre que ce soit l'amie d'Eren et d'Armin. En revanche, ce qui le surprenait était le mensonge de Levi. Il s'interrogea sur la fiabilité de Levi : aurait-il aussi menti si le responsable n'était pas la jeune fille asiatique ?

- Laisse-moi deviner, c'est Eren ? C'est à cause de lui qu'elle s'est vengée de toi, n'est-ce pas ?

- C'est ce qu'elle croit, soupira Levi.

- Je vois. Est-ce elle aussi ? demanda le blond en désignant ses doigts bandés.

- A ton avis ?

Erwin dévisagea longuement Levi puis se rassit, pensif.

- C'est amusant car je l'ai reçu avant ton arrivée. Il m'a seulement demandé où était Mikasa.

- Qu'as-tu répondu ?

- Pourquoi veux-tu le savoir ?

Cette question fit soudainement scintiller les yeux bleutés d'Erwin. Il eut alors un sourire empreint de gentillesse et d'espièglerie.

- Je vois. As-tu peur ?

- Je devrais ? rouspéta Levi, piqué au vif.

- Ne me prends pas pour un idiot.

Le major Smith était plus que content. Il était satisfait. Tout simplement parce qu'il avait devant lui la révélation. Maintenant qu'il put obtenir toutes les informations, il se rassit et reprit son activité. Levi pesta en catimini car il détestait le voir sourire. Il avait l'impression qu'il étudiait son cerveau comme une machine et qu'il savait très bien comment elle fonctionnait. Toutefois, alors qu'il râlait intérieurement, il perçut un froncement de sourcils chez Erwin.

- Tu as l'air déçu, nota le petit soldat, le regard interrogateur.

- Tu l'as éduquée ?

- Si tu détestes frapper les femmes, tu ferais quoi ?

Agacé, Erwin soupira et ignora royalement la question.

- Tu l'as éduquée ? répéta-t-il.

- Oui, grogna Levi, vexé.

- Sévèrement ?

- Parce que tu crois que j'ai été doux avec elle ?

- Réponds-moi, exigea le blond sans sourciller.

Le patrouilleur le toisa ouvertement et eut la sensation que le major Smith posait des questions pour uniquement l'emmerder. S'il avait pu, il lui aurait planté la plume dans son œil mûr et affectif.

- Disons que… oui.

Erwin s'aperçut que la réponse de Levi était pleine de sous-entendus. Il voulut ajouter un mot, mais il se ravisa vite en se focalisant sur son travail. Levi constata que son vieil leader était embêté de pouvoir deviner ce qu'il avait faire subir comme châtiment à la soldate de dix-sept ans. Cela le réjouissait secrètement et décida de prendre sa revanche en le harcelant à son tour avec ses opinions.

- Tu as sûrement une idée de ce que j'ai fait avec elle, persifla le tortionnaire d'un ton mielleux.

- Ne me donne pas des détails. Je ne suis pas d'humeur à les écouter.

- Ne serais-tu pas un peu vexé ? On dirait que j'ai mis le doigt là où ça fout la merde.

Erwin ne tiqua pas face à ses moqueries acides et plongea le bout de sa plume dans le petit pot d'encre noir.

- Une remarque absurde, fit-il d'un ton indifférent.

- Dis-moi que c'est vrai, se divertit Levi.

- Levi, n'oublie pas encore une fois que je suis le major. Je n'ai pas le temps de jouer avec toi, j'ai des papiers à remplir.

Le caporal-chef Rivaille eut un gloussement guttural et ignora son rappel implicite. Les bras croisés, il se positionna devant son bureau. Il espéra que le renard âgé allait cette fois-ci prendre ses paroles au sérieux.

- Ne t'inquiète pas. Si tu tiens tant à savoir comment j'ai dressé cette tête de mule, je te le dirai cette nuit si tu viens chez moi.

Pour insister davantage, sa main tapa brutalement la surface boisée du bureau. Sous le choc, les feuilles jaunes vibrèrent. La plume du major Smith se pétrifia.

- Tu seras mon exemple et, crois-moi, tu seras gâté.

Il y eut une longue pause rendant l'ambiance troublante. Erwin leva la tête et ne cacha pas son haussement de sourcil. Levi avait un regard qu'il connaissait bien. « Et quel regard ! » pensa-t-il. Il se surprit de se sentir nostalgique car il se rappela de la scène où il avait arrêté Levi alors que celui-ci passait son temps à accomplir son travail de criminel. Bien que cela faisait des années que Levi s'était intégré dans son bataillon d'exploration, Erwin se souvenait encore de l'impression qu'il lui avait envoyé à travers son œil vindicatif. C'était celle d'un humain qui tenait à ne pas perdre sa fierté et qui était prêt à griffer quand on touchait ses pattes ou tout ce qu'il considérait comme sacré.

- Ce n'est pas une si mauvaise idée, répondit le commandant en chef puis ajouta d'un ton brusquement glacial, et maintenant sortez.

Le caporal-chef Rivaille soutint ses iris coriaces avec arrogance et fit une moue boudeuse. Erwin venait de le vouvoyer. Il avait capté son message et il s'était contenté de lui répondre à travers son regard d'avertissement. Cela signifiait que le jeu ambigu était terminé. Levi avait bien senti qu'il était fâché et qu'il n'avait plus envie de maintenir la conversation. Son attention se portait, à présent, sur son travail. Au final, le patrouilleur ne faisait que le contrarier. Après tout, lui aussi, il ne voulait plus continuer les querelles avec Erwin. Puisque Mikasa l'avait épuisé, il avait besoin de repos. Le lit lui manquait trop.

Las du divertissement grotesque qu'il venait de partager avec le blond hypocrite, Levi décida de quitter immédiatement la pièce. Sans ajouter un mot, il claqua sèchement la porte.

Enfin. Le patrouilleur avait quitté le bureau du major Smith. Pourtant, sa main était toujours collée autour du poignet de la porte qu'il avait fermé sans douceur. En fait, c'était parce qu'il avait besoin d'une pause. Une pause pour se remettre de ses émotions. Ses paupières presque violacées s'adoucirent et dissimulèrent à moitié ses pupilles argentés. Venant du caporal-chef Rivaille, c'était non seulement un signe d'apaisement mais aussi et surtout de soulagement.

Mikasa ne verrait pas le vieil Erwin pour une cause que Levi jugeait à la fois juste et navrante. C'était tout ce qu'il souhaitait. Concernant la cause, il ne se sentait pas encore prêt à l'expliquer et à la justifier. Songeur, le petit homme reprit vite son masque fade et partit rejoindre son nid douillet en clopinant.


Yeah ! It's over ! *danse de joie* Ca va ? Vous n'êtes pas trop déçu(e)s ? :P En tout cas, je suis super soulagée d'avoir terminé mon dernier chapitre. Maintenant, il ne me reste plus que l'Epilogue (qui n'est pas forcément intéressant (enfin, c'est ce que je pense… (^.^)) Mais je suis obligée de boucler mon histoire !)) à publier. Il y aura aussi mes petites explications sur ma fiction avec mes idées, mes interprétations etc. Elles seront assez courtes car je n'ai pas envie de vous ennuyer dessus.

Je trouve que je n'ai pas assez relu ma fiction car j'ai l'impression qu'il y a énormément de fautes de syntaxe et de répétitions (comme d'habitude…). C'est insupportable ! Si vous en voyez beaucoup, je vous prie d'accepter mes excuses ! (T.T) Si vous voulez me le faire remarquer, s'il vous plaît, n'hésitez pas à « reviewer » (rassurez-vous, il n'y a pas de danger). Mais soyez un peu indulgents car je me suis fait un peu chi*r dessus. *rire gêné*

Bisous et à bientôt ! :)

PS : ET BONNE RENTREE !