Review : merci, MissKei !

9.

Skyrone enfila son manteau.

- Je te laisse le Labo, Delly.

- Je termine les expériences et je vais directement à notre appart. Je t'y attendrai avec tes cadets.

Après un baiser rapide sur les lèvres de sa femme, le jeune homme quitta la Clinique Sperdon où se trouvait son Laboratoire de Recherches et au volant de sa sportive voiture noire, se dirigea vers un autre quartier de la galactopole, empruntant les voies aériennes un peu moins embouteillées en cette fin de journée.


Dans la cour de récréation, Hoby attendait patiemment, au demeurant très absorbé par la partie de foot disputée avec ses amis du Club de Sport.

- Hoby !

Distrait par la voix de son aîné, le petit garçon se fit proprement bousculer et la balle lui échappa.

- Sky, c'est de ta faute ! glapit-il en venant vers la voiture, récupérant son sac au passage.

- On a encore ta sœur à récupérer au Dojo, à passer à Skendromme Industry, et il faut faire vite sinon on sera vraiment dans les bouchons ! Tu as passé un bon après-midi, au Club ?

- Oui, comme toujours, sourit Hoby en prenant la bouteille d'eau qu'il lui tendait pour étancher sa soif. J'ai quand même perdu le ballon à cause de toi !

- De toute façon, j'ai vu le score : vous perdiez.

- Ce n'est pas une raison… insista le garçonnet en s'asseyant sur la banquette arrière et en passant la ceinture de sécurité.

- Tu as bien le caractère de la famille, sourit Skyrone en ébouriffant les boucles noires de Hoby dont les yeux bleu clair brillèrent doucement.

Effectivement pressé par le temps, le jeune homme reprit le volant et se dirigea vers la tour du quartier des affaires où se trouvait le Siège des chantiers navals.


Dankest Skendromme embrassa ses deux petits-fils.

- Ca fait plaisir de vous voir, même en coup de vent !

- On a été au Manoir, le week-end dernier, mais tu n'as pas décollé de RadCity – dans tous les sens du terme ! remarqua Skyrone.

- Je suis assez occupé…

- Que prépares-tu donc ?

- Qu'est-ce qui te le donnes à penser ?

- Ces éclairs dans ton regard, Dankest ! Tu es sur le sentier de la guerre… et tu sembles aussi très fatigué !

- La fusion avec les chantiers navals Gorend est extrêmement délicate à gérer, à négocier. Ca donnera un nouveau souffle à la société et ça nous ouvrira surtout le marché des constructions des vaisseaux Surveillants Wirds de la Flotte Galactique !

- Encore bien du travail, soupira encore l'aîné de ses petits-enfants.

Dankest sourit soudain, le prenant par les épaules.

- Quand ta mère ira mieux, j'aurai quelque de très important à discuter avec elle ! Des nouvelles de ton père ?

Le jeune homme s'assombrit.

- Aucune. Et tout contact a été perdu avec Aldéran depuis plusieurs jours.

- Ta mère est au courant ?

- Non… Elle n'est vraiment pas en état de supporter une telle annonce ! Je dois d'ailleurs repartir pour l'appart où elle nous attend avec ma femme et nos enfants. Sois sans crainte, je planquerai soigneusement ton cadeau d'anniversaire pour elle puisque tu pars demain en inspection de nos usines au sol, au nord du pays !

Le regard de Dankest se posa alors sur Hoby et Eryna. Dans l'immense hall d'entrée du dernier étage où le vieil homme avait ses bureaux, au milieu des marbres et dorures, le petit garçon était planté devant la tablette d'or où était gravé le sommet de l'organigramme de l'entreprise. Sous les noms de Mylavie et Dankest Skendromme se trouvait celui de Karémyne et sous ce dernier ceux de Skyrone, Aldéran et Eryna.

- On reçoit la plaque la semaine prochaine, Hoby. Dans quelques jours donc, tu auras ton nom près de ceux de tes aînés.

- C'est pas trop tôt… grommela l'enfant. Depuis tout ce temps que j'ai été adopté !

- Hoby, ne parle pas ainsi à Dankest ! aboya Skyrone. Tu ne sais d'ailleurs pas vraiment de quoi tu parles.

- Le petit n'à pas tout à fait tort, remarqua Dankest. Cela aurait dû être fait depuis si longtemps ! Mais il y avait toujours tant d'urgences, d'imprévus… Je suis désolé, Hoby.

Mais, toujours boudeur, le garçonnet s'écarta obstinément des adultes.


Pour Hoby et Eryna, Karémyne avait fait bonne figure durant la première partie de soirée, jusqu'au moment où, vêtus pour la nuit, ils s'étaient installés dans la salle de jeux de l'appartement.

- Alors, qu'a dit Aldéran ?

- Il va bien et recherche toujours l'Arcadia.

- J'aimerais qu'il me mette en copie de ses messages, ou toi me les transmettre, puisqu'il ne peut plus communiquer de vive voix…

- J'ai réceptionné son dernier message sur l'ordi du boulot, j'essayerai de ne pas oublier, la prochaine fois, mentit Skyrone en songeant qu'il serait bientôt à court d'excuses et que sa mère risquait surtout de ne plus le croire bien longtemps encore !

- Tu es sûr qu'il se nourrit bien et ne se fatigue pas trop ? insista Karémyne.

- C'est un grand garçon, il sait se mener ! assura encore le jeune homme qui savait que sans la double angoisse qui la dévorait, la minait, sa mère aurait éventé son pauvre mensonge depuis pratiquement le premier jour ! Ne t'inquiète donc pas.

- Si, bien sûr ! protesta-t-elle en se tordant à nouveau les mains. Il s'agit de mon mari et d'un de mes fils !

Elle frotta vigoureusement ses joues trop pâles pour y amener un peu de couleur.

- La petite Ayvanère a vraiment rompu ? reprit-elle en évoquant un autre de ses tourments.

- Elle a renvoyé les affaires qu'Aldie avait chez elle. J'ai trouvé les cartons à la Loge du Concierge quand j'ai été relever son courrier.

- Je puis, un peu, la comprendre, avoua Karémyne. Mais Aldéran ne méritait malgré tout pas d'être jeté ainsi !

- C'est ainsi, maman. Ce sont deux adultes, nous n'avons pas à nous en mêler. Aldie reprendra les choses en mains, à son retour.

Et Skyrone se leva pour serrer fortement sa mère dans ses bras, pour lui transmettre une confiance en l'avenir qu'il ne ressentait évidement pas !