Chapitre 7
Oliver était nerveux, il avait tenté de se calmer en se défoulant à la salle de sport et ça l'avait apaisé sur le moment, mais la nervosité l'avait de nouveau gagné à l'instant où il s'était assis entre sa sœur et sa mère dans la voiture. Il frottait son pouce et son index l'un contre l'autre, regardant partout autour de lui alors que la voiture filait vers le centre-ville de Starling City.
Dig arrêta la limousine devant le tribunal où une horde de journalistes les attendaient. Walter assit à l'avant de la voiture sortit puis ouvrit la porte aidant sa mère à en sortir. Dig s'assura que Thea soit en sécurité alors qu'ils franchissaient la foule de journalistes qui lui posaient une fois de plus les mêmes questions. « Monsieur Queen aujourd'hui vous allez récupérer votre identité, comment vous sentez-vous à ce sujet ? »
J'aurais préféré ne jamais revenir voilà ce qu'il voulait dire mais se tut, ne voulant pas chagriner sa famille. Évidemment, il était heureux de les retrouver, mais ce qui l'attendait n'avait jamais fait partie de la vie qu'il désirait.
« Monsieur Queen que s'est-il passé sur cette île ? Étiez-vous seul ? Comment avez-vous survécu ? »
Oliver ferma les yeux, inspira puis souffla, exaspéré par ces questions. Il ne voulait pas en parler, ne voulait pas ressasser sans cesse son histoire, voulant tourner la page tout simplement.
« Monsieur Queen pouvez-vous nous parler de l'accident ? La tempête était-elle vraiment forte ? »
A ton avis idiot voulut hurler Oliver. Mais il se mordit la lèvre, continuant à avancer, ignorant les questions stupides, ne voulant s'énerver sur personne, ne voulant pas paraître désobligeant.
Il monta les marches menant à l'entrée du tribunal et fut soulagé quand les portes se refermèrent derrière lui, savourant le silence qui régnait dans le hall du tribunal.
L'avocat de la famille Monsieur Bamford vint les saluer, puis expliqua brièvement à Oliver ce qu'il aurait à faire. Il avala difficilement sa salive quand l'avocat lui annonça qu'il allait devoir raconter l'incident. Il passa ses mains sur son visage, soupira. Il ne voulait absolument pas revivre ce cauchemar, cette nuit où il avait tout perdu, mais il n'aurait pas le choix réalisa-t-il.
Il hocha simplement la tête vers l'avocat alors que celui-ci s'effaçait l'invitant à entrer dans la salle. Il la parcourut du regard et fut soulagé de constater que l'audience se tenait à huis-clos, aucun journaliste ne se tenait là, ni étranger, c'était juste lui et sa famille. Même Tommy n'était pas là.
Il alla s'asseoir à la table de son avocat, alors que sa famille prit place juste derrière lui.
Les jurées et le juge entrèrent par l'une des portes latérales et prirent place. Oliver se leva quand le juge le lui demanda, puis s'avança vers la barre. Il avait l'impression d'être un criminel, de devoir justifier ses actes alors qu'il était simplement là pour récupérer son identité et effacer son acte de décès.
« Monsieur Queen pouvez-vous nous dire avec précision ce qu'il s'est passé cette nuit-là ? » Demanda le juge.
Oliver s'éclaircit la gorge et se tourna vers sa famille. Sa mère lui fit un sourire encourageant. Il regarda de nouveau le juge et commença à expliquer.
« Il y a eut une tempête... » Dit-il avec émotion, il n'avait jamais raconté l'incident depuis son retour, pas même à sa famille. Tout ce qu'il avait partagé avec eux, était un peu de sa vie sur l'île.
« Le bateau a coulé... je suis le seul survivant. » Oliver baissa la tête, mordit sa langue pour repousser les larmes qui menaçaient de couler. Il se tourna vers sa mère, un regard d'excuse dans les yeux. Il aurait tellement voulu sauver son père.
« Mon père et l'équipage du Gambit ne s'en sont pas sortit... j'ai failli mourir... »
Il se rappela sa fatigue, et le canot de sauvetage qui s'éloignait sans cesse de lui.
« J'ai réussi à attraper le bateau de sauvetage...»
Il se souvint du soulagement qu'il avait ressentit à ce moment-là. Il était vivant, avait survécu et serait sauvé.
« Il faisait nuit noire et je ne voyais rien... j'ai hurlé après mon père...seul le vent m'a répondu.. »
Oliver fut incapable de tourner la tête et de rencontrer le regard de sa mère. Une larme coula, il ne l'essuya pas. Il inspira, reprit contenance et continua :
« La tempête s'est calmée dix minutes après que le bateau ait coulé... » Dit-il avec amertume et une voix maîtrisée, cachant ses larmes et sa tristesse.
« J'ai dérivé durant des jours jusqu'à que j'aperçoive cette île...Où j'ai passé les cinq dernières années... seul.»
Oliver baissa la tête. Il y était arrivé, il avait réussi à faire face à cette nuit. Peut-être qu'avec le temps ce serait moins douloureux à raconter, mais pour le moment ça ne l'était pas. Malgré les cinq années écoulées tout était encore trop vif.
« Votre honneur, nous demandons l'annulation de l'acte de décès d'Oliver Queen. » L'informa monsieur Bamford.
« Accordé. » Le juge tapa avec son marteau.
Tout les jurés se levèrent, signe que la séance était levée.
Deux membres du gouvernement s'approchèrent d'Oliver.
« Monsieur Queen, voulez-vous bien nous suivre s'il vous plaît. »
Le cœur d'Oliver commença à battre la chamade ne comprenant pas, ou plutôt refusant de comprendre ce qui se passait. Il se tourna vers sa mère et vit sur son visage que c'était ce qu'il redoutait. C'était le fameux moment. Dig ne lui avait pas menti l'autre soir au bar, il allait être marié le jour où il reviendrait légalement à la vie.
Comment pouvaient-ils être si cruel, sans compassion ? Pourquoi après ce qu'il avait vécu ne pouvaient-ils pas lui laisser une chance de trouver une femme qui lui plaisait ? Il méritait bien ça non ?
Il se tourna vers les deux agents, évaluant ses chances de fuir, mais savait très bien qu'il n'avait aucune issue. Il passa la porte latérale par laquelle les jurés étaient entrés et se retrouva subitement encerclé par des membres du gouvernement, ne lui laissant aucun échappatoire.
Ils le firent entrer dans une pièce qui ne correspondait pas du tout à ce que Dig lui avait décrit, « une décoration morbide» lui avait-il dit, c'était loin d'être le cas. La pièce était neutre, dépourvue de décoration, les murs étaient peints d'une couleur coquille d'œufs, un rétro-projecteur faisait face à un pan de mur peint en blanc et des tables disposées en cercle emplissaient la majeur partie de l'espace.
« Monsieur Queen, asseyez-vous s'il vous plaît. »
Oliver avança, peu rassuré, prenant la place la plus proche de la porte qui était gardée par deux agents. Ils n'étaient plus que quatre dans la pièce.
L'homme prit place à côté de lui, tourna sa chaise pour lui faire face. Un coup fut porté à la porte, le cœur d'Oliver commença à battre rapidement, ses mains devinrent moites et tremblèrent. Il regarda la porte avec appréhension, ne sachant pas qui était la personne attendant derrière celle-ci. Quand elle s'ouvrit, il poussa un soupir de soulagement audible. Ce n'était qu'un agent qui s'avança vers eux, remettant un dossier à la personne assise à table avec lui.
Une fois qu'ils ne furent que tous les deux, l'agent ouvrir le dossier.
« Monsieur Queen, voici votre pièce d'identité, votre passeport et votre permis de conduire. »
Il posa le tout devant Oliver.
« Veuillez vérifier les informations sur chaque document et signer ce reçu si tout est correct pour vous. S'il y a la moindre erreur nous rectifierons cela dans l'immédiat. » Lui dit l'homme avec gentillesse.
Oliver regarda avec attention chaque document et ne visualisa aucune erreur.
« Tout est correct. » Dit-il avant de tendre le document qu'il venait de signer.
Il se leva, pensant que l'entretien était terminé, mais l'homme posa une main sur son bras.
« Nous n'avons pas fini monsieur Queen. »
Oliver se rassit. Il pensait vraiment qu'après ça il serait libre de rejoindre sa famille qui devait probablement l'attendre dans le couloir.
« Nous devons discuter de certaines choses. » L'avertit poliment l'agent.
Oliver lui jeta un regard interrogateur ne comprenant pas ce que lui voulait l'homme assis près de lui.
« Connaissez-vous les nouvelles lois monsieur Queen ? » Lui demanda l'agent.
Oliver baissa la tête, sachant que l'heure de son union avec une étrangère avait sonné.
« Monsieur Queen ? Je vous ai posé une question. » Lui rappela l'homme.
« Oui... » Dit-il d'une petite voix. « Je connais les nouvelles lois. »
« Bien dans ce cas, vous pouvez nous suivre. » Oliver regarda l'homme se lever, pousser la chaise contre le bois de la table, puis s'accrocher au dossier attendant qu'Oliver se lève à son tour.
Le corps d'Oliver fut subitement engourdi, refusant de coopérer. Ses muscles devinrent flasques, la sueur inonda ses pores, laissant un voile de transpiration sur sa peau, ses os se glacèrent jusqu'à la moelle. Il fut pris de frissons incontrôlables, ses membres commencèrent à trembler, la rage, la peur et la panique gagnèrent peu à peu son corps et le sentiment de ne plus rien contrôler aggrava son état. Il regarda autour de lui, rien n'avait changé, les deux agents gardaient toujours la porte, une main portée à leur ceinture, sûrement en guise d'avertissement. L'agent à ses côtés posa une main sur son épaule.
« Je sais que vous auriez probablement voulu plus de temps, que vous auriez voulu choisir vous-même, mais ça ne fonctionne pas comme ça. Vous avez plus de vingt-cinq ans et vous devez vous soumettre aux lois. » Lui dit-il avec autant de gentillesse qu'il le put.
Oliver n'en avait que faire de ses belles paroles, tout ce qu'il voyait c'était ses rêves s'envoler une fois de plus.
« Monsieur Queen, ne nous obligeait pas à utiliser la manière forte. Vous n'aimeriez pas être amené à votre famille et à votre future femme muni de menotte et traîné de force dans la pièce réservée aux mariages. » L'avertit l'agent.
Oliver pensa aux dernières paroles. L'agent avait raison, il détesterait que sa sœur le voit ainsi, il ne voulait pas voir plus de tristesse dans ses yeux qu'il en verrait aujourd'hui. Il ne voulait pas faire subir ça à sa mère, elle avait déjà eut son compte d'émotions fortes pour la journée. Après un soupir il se leva doucement, posa ses mains à plat sur la table, se soutenant, attendant que ses muscles veuillent bien répondre. Une fois certain que son corps ne le trahirait pas, il avança.
Il franchit la porte derrière l'agent et fut rapidement encerclé. Il avait l'impression de marcher dans le couloir de la mort. Son cœur battant à un rythme effréné, comme s'il voulait sortir de sa poitrine, son rythme faisait écho dans ses oreilles, ses mains tremblaient, la colère régnait en maître dans son corps, mais Oliver ne pouvait rien faire, ne pouvait exprimer sa rage, ne pouvait fuir, il devait se plier aux règles comme tout ceux avant lui.
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Felicity était sur le point de quitter son appartement après avoir vérifié deux fois qu'elle avait bien toutes ses affaires quand un coup fut porter à sa porte. Elle se figea, son cœur battit à tout rompre, la panique la gagna sachant pertinemment que c'était de mauvaises nouvelles. Elle attendait ce moment fatidique depuis dix jours et elle pensait y être préparée, mais elle avait tort, elle ne l'était pas, sinon pourquoi tremblerait-elle de cette façon ? Un second coup, plus fort cette fois-ci retentit dans son appartement la faisant sursauter.
« Mademoiselle Smoak nous savons que vous êtes là. » L'avertit une voix d'homme.
Ils le savaient ? Comment le savaient-ils ? Ils la surveillaient ? Évidemment qu'ils le faisaient...
Dès l'instant où elle avait soufflé ses bougies ils s'étaient renseignés sur elle, sur son emploi du temps. C'était la raison pour laquelle ils savaient qu'elle était chez elle à huit heures du matin prête à partir pour se rendre au travail.
Felicity secoua la tête, puis avança vers la porte, le cœur battant, les mains tremblantes. Elle parcourut son appartement du regard une dernière fois, sachant qu'elle n'y reviendrait pas et une larme s'échappa de son œil. Sa vie changerait radicalement, elle serait obligée de partager un logement avec un homme auquel elle serait mariée, un homme dont elle ne connaissait absolument rien.
Felicity regarda la fenêtre la plus proche, c'était tentant. Elle détourna le regard sachant très bien que ce n'était pas possible, les fenêtres ne s'ouvraient que d'une dizaine de centimètres, trop peu pour qu'elle puisse y passer son corps.
Se jeter sur le verre était exclu également, il ne casserait pas. Le gouvernement s'en était assuré, remplaçant chaque fenêtre des logements à leur frais. Elle souffla, puis essuya les larmes qui maculaient son visage. Elle posa sa main sur la poignée, inspira, puis tira la porte vers elle. Deux agents du gouvernement se tenaient sur le seuil, le visage fermé.
« Mademoiselle Smoak veuillez nous suivre s'il vous plaît. » Lui demanda poliment l'un des agents après avoir mis son badge sous ses yeux.
Ils portaient tout deux un costume noir, bien taillé, une chemise blanche agrémentée d'une cravate noire. Ils ne leur manquaient qu'une paire de lunette de soleil pour que Felicity les confonde avec les hommes jouant dans « Men in Black ». Elle mordit sa lèvre, nerveuse.
« Puis-je prendre mon sac à main ? » Lui demanda-t-elle d'une voix qu'elle pensait assurée.
« Vous n'en aurez pas besoin. » Lui dit l'agent qui avait présenté son badge juste avant.
Felicity savait que sur les deux agents un seul parlait, l'autre n'était présent que pour le cas où les choses ne se passaient pas correctement. Elle regarda les hommes devant elle puis tourna la tête vers le petit guéridon où elle avait posé son sac à main, elle n'avait juste qu'à tendre le bras pour l'attraper mais elle n'en fit rien, ne voulant pas s'attirer d'ennui. Ce moment était déjà horrible et elle ne voulait pas que se soit encore pire.
Felicity sortit, elle se tourna pour fermer la porte de son appartement, mais l'accompagnateur fut plus vif qu'elle. La porte claqua, le bruit fit écho dans le couloir la faisant sursauter.
La porte de Mme Mitchelle, sa voisine de cinquante ans s'ouvrit doucement, elle passa sa tête dans l'entrebâillement et son regard rencontra celui de Felicity. Ses yeux se teintèrent d'un voile de tristesse et Felicity détourna le regard ne voulant pas de la pitié de sa voisine qu'elle ne connaissait que très peu. Elle se redressa et marcha la tête haute jusqu'à l'ascenseur.
Le trajet jusqu'au tribunal ne fut pas long, quinze minutes tout au plus. Felicity sortit de la voiture et avança vers l'édifice accompagnée des deux hommes. Il semblait n'y avoir personne, tout était calme à l'intérieur. Elle fut conduite dans une petite pièce, pourvue d'un petit bureau sur lequel était posé un ordinateur, d'un canapé en cuir gris foncé, d'une télévision suspendue sur un mur blanc, d'une petite bibliothèque garnit de livres et plus loin dans la pièce une mini cuisine, disposant d'un réfrigérateur, d'une table de cuisson, ainsi qu'une table et quatre chaises.
Felicity ne comprenait absolument pas ce qui se passait. Ce n'était en rien comme John le lui avait décrit. Elle resta figée à un mètre de la porte qui s'était refermée sur elle et l'agent.
« Mettez-vous à l'aise. » Lui dit-il.
Elle sursauta au son de sa voix ne s'attendant pas à ce qu'il lui parle. Elle se tourna vers lui, il était debout, les jambes droites, légèrement écartées, les bras croisés sur sa poitrine, gardant la porte. Il avait les mêmes manières qu'un garde du corps et subitement elle pensa à John. Elle ne l'avait jamais vu dans cette position et pourtant il était l'un des chauffeurs et garde du corps de la famille Queen.
« Il y a de la nourriture dans le réfrigérateur si vous avez faim. Dans cette pièce » Il lui montra la porte qui se trouvait à côté d'elle et qu'elle n'avait pas vu. « Se trouve une chambre où vous pourrez vous reposer si vous le souhaitez ainsi qu'une petite salle de bain si vous voulez-vous rafraîchir. »
Elle leva de grand yeux interrogateur vers lui, ne comprenant absolument pas ce qu'elle faisait là, ni pourquoi elle avait subitement l'impression qu'elle allait passer du temps ici, beaucoup de temps. C'était comme s'il lui offrait un logement. Peut-être qu'ils voulaient l'interroger, peut-être qu'elle n'était pas là pour se marier mais pour répondre à des questions. Peut-être avaient-ils découvert qu'elle avait piraté le site du gouvernement. Non, impossible, elle avait fait preuve de beaucoup de prudence, personne n'aurait pu le voir.
« Je peux savoir ce que je fais là ? » Le questionna-t-elle avant de s'en rendre compte.
« Vous le saurez bien assez tôt. » Lui dit-il.
Felicity souffla, il était clair qu'elle n'obtiendrait pas de réponse. Elle s'installa sur le canapé, n'ayant rien d'autre à faire puis alluma machinalement la télévision, étrangement, l'ordinateur ne fut pas attirant ce qui devait être souligné car Felicity adorait les ordinateurs. Mais peut-être que c'était un test justement, peut-être que c'était ce qu'ils attendaient d'elle, qu'elle l'utilise et de cette façon verrait à quel point elle était douée. Elle n'en savait rien, ce n'était que des suppositions, mais dans tout les cas il était hors de question qu'elle pose un doigt sur le clavier de cet ordinateur.
Elle regardait le film qui se jouait à la télévision sans vraiment le voir, jetant toutes les cinq minutes un œil sur le gardien et constata à chaque fois qu'il n'avait pas bougé d'un pouce. Comment pouvait-il rester comme ça sans bouger ? N'avait-il pas des crampes au bout d'un moment ? Ce serait une question à poser à Dig.
Le générique de la fin du film s'anima à l'écran et Felicity constata qu'elle n'avait absolument rien suivit de l'histoire, trop absorbé par ses pensées. Se demandant sans cesse ce qu'elle faisait là, ce qu'il lui voulait.
Elle avisa l'heure sur sa montre. Presque onze heures, ça faisait près de trois heures qu'elle avait quitté son logement et n'avait toujours aucune réponse à ses questions. Monsieur le garde porte avait bougé. Il était maintenant assis sur le sol, la tête posée contre la porte, tournée vers la télévision. Quand avait-il bougé ?
Felicity se leva et l'agent en fit de même, reprenant instantanément sa position de départ.
« Vous ne voulez toujours pas me dire ce que je fais là ? » Lui dit-elle. « Ça fait des heures que je suis là et je ne sais toujours pas pourquoi. J'ai un travail vous savez... » L'informa-t-elle.
L'agent haussa un sourcil.
« Je ne dis pas que vous n'en avez pas parce qu'il est clair que vous en avez un mais quand même... garder une porte ne semble pas vraiment en être un. Est-ce un travail ? »
Mon dieu elle babillait. Elle ferma la bouche et avala durement sa salive. L'homme la détailla du regard puis esquissa un petit sourire.
« Vous êtes mignonne. » Lui dit-il.
Mignonne ? Vraiment ? Il n'avait rien d'autre à lui dire alors qu'elle venait de lui dire que son travail n'en était pas un ! John lui aurait tout dit sauf qu'elle était mignonne si elle lui avait dit de telle idiotie.
« Donc, qu'est-ce que je fais ici ? » Lui demanda-t-elle une fois de plus.
« Vous le serez d'ici dix minutes. » L'informa-t-il. « Vous devriez peut-être en profiter pour vous refaire une beauté. » Lui conseilla l'homme.
Felicity le regarda incrédule. Elle secoua la tête et retourna au canapé où elle se laissa tomber. C'était le moment, elle allait se marier, elle le savait maintenant sinon pourquoi l'agent lui aurait conseillé de s'arranger ? Une beauté vraiment ? Qui aurait envie de se faire belle pour un homme dont elle ne connaissait rien. Elle regarda la tenue qu'elle portait. Parfait, elle n'avait pas mis de robe, l'hiver approchant, les journées étaient de plus en plus fraîches, elle avait remisé ses robes dans le placard, les troquant contre des jeans.
Elle portait un jeans bleu foncé et un petit pull jaune avec des manches trois quart. Elle avait enfilé rapidement une paire de bottines noires à talons agrémentées d'une petite chaîne en argent. Elle avait toujours son manteau gris en laine sur le dos. Une tenue plus que correcte pour un mariage avec un étranger. Elle se leva subitement.
« Ça vous plaît hein ? » Cria-t-elle. « De marier des jeunes filles à des hommes qui pourraient être leur père ? »
Elle repensa à la liste qu'elle avait regardé la veille et comme les autres fois c'était des hommes d'un certain âge qui étaient apparus sur cette liste.
« Vous n'avez pas de honte ? Vous ne ressentez rien pour nous ? » Le questionna-t-elle.
« Je fais mon travail mademoiselle tout comme vous faites le votre. » Lui dit-il d'un ton poli.
« Mon travail ne consiste pas à bousiller la vie des gens, mais à l'améliorer. » L'informa-t-elle en jetant ses bras en l'air.
« Mademoiselle avec tout le respect que je vous dois, il me semble que vous vous êtes mise seule dans cette situation. » Lui dit-il d'une voix posée.
« Comment osez-vous ? » Hurla-t-elle. Son corps tremblait, elle ne le contrôlait plus, la colère inondait tout son système ainsi que la peur. Elle ne savait pas ce qui l'attendait, ne savait pas qui serait l'homme avec qui elle serait forcée de vivre, mais en aucun cas elle était dans cette situation par elle-même. C'était ses foutues lois qui l'avait mise là et dernièrement Cooper.
Si elle l'avait eu en face d'elle à l'instant, ce ne serait certainement pas un gifle qu'elle lui donnerait. Elle le rouerait de coup. Non elle ne le ferait pas pour la simple raison qu'aussi tordue que la situation soit, elle le comprenait et après y avoir longuement réfléchit, elle s'était rendue à l'évidence, elle avait été stupide de ne pas avoir fait la même chose. Si elle avait pris de telles dispositions elle ne serait pas là aujourd'hui, mais voilà Felicity était une fille honnête pas une tricheuse et jamais elle n'aurait pensé qu'un jour son honnêteté soit récompensée de la sorte.
Un coup fut porté à la porte, elle se figea dans le fauteuil, n'osant pas faire un geste. L'agent se décala puis l'entrebâilla. Il échangea quelques phrases qu'elle ne parvenait pas à discerner de cette distance puis ouvrit la porte en grand.
« Il est temps ! » Lui dit-il d'une voix neutre.
Felicity se mordit la langue pour repousser les larmes qui menaçaient de couler, elle refusait de pleurer, refuser de montrer à quiconque qu'elle était faible. Elle se redressa et se leva.
Sa mère lui avait toujours dit qu'elle était forte et aujourd'hui était le jour où elle devait le montrer. Elle devait le faire pour sa mère sachant que si les rôles avaient été inversés, si sa mère était à sa place, elle marcherait la tête haute, acceptant son destin et ce fut ce qui fit Felicity, elle redressa la tête, haussa les épaules, bomba le torse et suivit docilement les deux agents qui marchaient à ses côtés.
