Désormais, nous pensions présenter devant le monde, comme couverture qu'Edward serait le frère d'Esmé. Même si de bien des façons, il était notre fils adoptif.

En 1927, celui-ci nous ramena à la réalité. Nous venions à peine de nous installer tous les trois de façon permanente dans une charmante demeure de l'état de New York à Rochester, et il nous fit part de sa décision de nous laisser vivre tous les deux pour commencer une nouvelle vie seul de son côté. Je ne pouvais décemment pas le forcer à rester près de nous même si cela me fit énormément de peine. Je pensai qu'il changerait s'avis mais malheureusement bien qu'il parut peiner pour Esmé, il partit quand même. Il voulait suivre un régime normal. Il pensait que je réfrénais son appétit et que nous n'étions pas aussi forts que nos congénères. Je pensais tout de fois qu'il était bon qu'il se forge son propre avis.

Esmé vécu très mal son départ. Il y avait toujours au fond d'elle, une grande tristesse, du fait qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfant biologique. Elle s'était attachée à Edward comme à son propre fils, et elle eut donc l'impression de perdre à nouveau son enfant. Edward ne voulait pas l'accabler ainsi mais souhaitait vivre à sa manière. Découvrir les joies du sang humain. Même s'il ne changerait pas de point de vue sur ma philosophie pro-humaine. Il pensait se nourrir de gens mal intentionné, des criminels par exemple. Après tous les humains n'était pas tous bon et pur. Je tentai de rassurer au mieux Esmé en lui promettant qu'il reviendrait un jour, et qu'après tout nous étions, éternels.

Nous vécûmes difficilement les premières années. Esmé eut une passade ou l'appel du sang fût trop fort pour qu'elle lui résiste. Surtout qu'Edward étant partit, je la sentais déprimé et revivre son ancienne vie. Bien qu'étant fou d'amour l'un pour l'autre, nous eûmes des moments houleux où je dû la retenir de se nourrir d'humains. Je me battis pour elle et l'aida du mieux que je pu. Cela lui passa doucement après une soirée chez un confrère ou celle-ci faillit le tuer pour avoir osé frapper sa fille. Sa colère s'empara d'elle comme je ne le l'avais jamais vu faire auparavant.

Dès lors nous prîmes le partit de profiter de la vie. Nous fîmes de multiples voyages et nous mêlèrent à la bonne société de Rochester. Nous rencontrâmes des personnes illustres comme Mr Hale, un banquier de renom, qui nous présenta sa famille fort charmante. Leur fille était d'une beauté extrêmement rare. Je me demandais même le premier jour où je la vit s'il elle n'était pas une immortelle. Nous fîmes également la connaissance de Mr King, l'homme le plus riche de la ville. Il organisait souvent de merveilleuses soirées et en tant que médecin, j'avais la chance d'y être convié. Esmé d'un naturel rieur, et charmeur, enchantait la galerie. Nous nous fondions assez bien dans le paysage je dois dire. Seul je ne crois pas que je m'en serai aussi bien sortit. Heureusement elle était là pour m'épauler et vice versa.

Lors de nos nombreux voyages, nous revinrent souvent en pèlerinage dans notre jolie maison nichée sur la plage de l'Île d'Esmé. C'était désormais notre endroit fétiche. Nous y fêtions pratiquement tous les ans, notre anniversaire de mariage. Cela nous permettait vraiment de nous évader et de nous reposer de nos vies tumultueuses.

Une année nous décidâmes de visiter l'Egypte et firent étonnés d'y croiser des vampires. Eux aussi étaient sédentaires et vivaient au Caire. Ils se nourrissaient certes de sang humain mais n'en furent pas moins sympathiques. Ce clan Egyptien comme ils aimaient à le nommer, se composait d'Amun le chef du clan, en couple avec la charmante et talentueuse Kebi. Tous deux vivaient avec Benjamin, qui comme Edward avait un don, très particulier, celui de contrôler les éléments. Il pouvait entre autre sortir une boule de feu de sa main. Il avait pour compagne le jeune Tia. Nous retournèrent souvent en Egypte et revirent nos amis avec plaisir. Nos histoires bien que très différentes me fit fort apprécié Amun et son clan, lui aussi avait connu les Volturi et avait pris sous son aile un jeune garçon qu'il avait traité par la suite comme son fils. Tout comme je l'avais fait avec Edward. Nous en vinrent à parler des rebellions de nos enfants, comme les humains le faisaient tous les jours. Le sien était partis lui aussi de son côté mais pas pour les mêmes raisons qu'Edward. Benjamin avait créé sa compagne bien qu'Amun le lui avait interdit. Celui-ci nous mit en garde non sans un peu humour, qu'Edward pourrait bien nous ramener une jolie fille à la maison un de ces quatre matins.

« Si ce n'était que ça Amun, si ce n'était que ça… »

Nous rentrâmes à Rochester pour ne retrouver qu'une maison vide. Aucune trace d'Edward. Esmé fit une moue triste et je la trouvai le soir même afféré à préparer une nouvelle soirée mondaine. Elle avait aussi un travail à temps partiel, elle était décoratrice d'intérieure. Toutes les bonnes épouses de la haute société faisaient appel à elle dès qu'il s'agissait de rénover telle ou telle pièces de leur villa. Je la trouvais souvent fort occupé comme pour essayer de ne pas penser à ce fils qui lui manquait tant. J'étais de même très pris à l'hôpital et nous ne virent pas le temps passé. Une année déjà s'était écoulé sans que nous ne fassions aucun projet de voyage. J'en étais malheureusement fort incapable avec mon travail. Nous restâmes paisiblement à profiter de notre train train quotidien à Rochester. Même si je sentais ce silence parfois qui me pesais. Le départ d'Edward me fit plus de peine que je ne me l'avouai.