Bonjour !

Alors alors, beaucoup de retard hein ? *évite les lancés de tomates* J'ai eu des rattrapages à passer ET une fantastique bêta-lectrice, Cori, m'a aidé à re-corriger cette fic et la rendre plus agréable à lire. Je vous invite donc très fort à lire les nouvelles notes de bas de page des chapitre 1 et 2, il y a des précisions importantes dedans (c'est pas long).

A partir de maintenant, le rythme redeviendra plus normal.

Je vous laisse lire l'avant avant avant dernier chapitre ici présent (ouuuh ça passe vite) ;)

Disclaimer : D'après ma banquière, je ne gagne toujours rien pour cette fanfiction \o/

Merci encore à Cori et sa patience !

Chapitre 7

« La pire souffrance est dans la solitude qui l'accompagne. » André Malraux


Allongé sur le sol, Scorpius se désintéressa du lourd grimoire pour observer le ciel. L'air était frais. Plus que frais même, mais il avait besoin de s'aérer en ce moment. Il ne pouvait supporter les regards inquiets de ses ami-es, et même s'il admirait leur ardeur à tenter de le faire aller mieux, il refusait toujours de répondre à leurs questions.

Il était buté.

Le garçon chétif qu'il était préférait enchaîner les cigarettes et observer les étoiles. Dans le parc, aucune lumière artificielle ne polluait le ciel, chaque constellation était visible. Dans son appartement londonien, il avait prit l'habitude de n'observer qu'un ciel verdâtre, bien loin de toute la beauté qu'il avait à présent sous les yeux. Il ne s'en lassait pas. Il s'amusait même à repérer du doigt ses constellations préférées, sous toutes leurs variantes mythologiques.

On dirait un gâteau d'anniversaire géant.

Il ricana sans joie et souffla sa fumée toxique vers le ciel, tentant d'éteindre toutes ces minuscules bougies éternelles.

Sans hésiter, il écrasa ensuite son mégot sur son bras. Avec une grimace, il regarda sa peau blanchir et fondre, faisant disparaître un autre petit rond du tatouage abject qui refusait de s'en aller. Avec un soupir, Scorpius reporta son attention sur l'ouvrage qu'il avait laissé tomber.

C'était le troisième grimoire qu'il lisait depuis deux semaines. Il avait cherché sans relâche une solution à son problème dans la bibliothèque et commençait à désespérer. Jetant un coup d'œil à son bras gauche, il se demanda s'il allait devoir vivre toute sa vie avec cette malédiction.

Il commençait même à s'imaginer devenir manchot.

James continuait de le narguer dans les couloirs à chaque fois qu'il le croisait. ''Salut mangemort'' ''Fais-gaffe, t'as un serpent dans ta robe'' ''T'as la gueule d'un condamné', tant de piques qui était insuffisantes pour alerter ses amis, mais suffisantes pour êtres des rappels cuisants de sa nouvelle condition.

- Et merde !

De colère, il balança son livre dans l'herbe humide. Il avait froid, il avait faim, et il ne trouvait aucune solution dans ces putain de bouquins !

Découragé, il s'alluma une septième cigarette.

Le mercredi matin, penché au-dessus de son chaudron, Albus était perdu dans ses pensées. Une fois n'est pas coutume, il s'était installé aux côtés de sa cousine, laissant Scorpius ruminer dans son coin avec un autre camarade.

- Rose, remue moins vite, elle va devenir liquide sinon.

Le remerciant du conseil, Rose modifia sa posture et ralentit le rythme. Ils étaient en train de préparer une potion d'Aiguise-Méninges et les pauvres scarabées morts donnait la nausée à Albus. Il prit néanmoins grand soin de les écraser dans son mortier, jusqu'à en obtenir une poudre brillante.

- Verser dans le chaudron et attendre vingt secondes avant de remuer trois fois de le sens deosil, lit méticuleusement Rose à son partenaire.

Albus obéit aux instructions et versa le contenu brun de son mortier dans la mixture brûlante. Ils ne devaient commettre aucune erreur ou la potion serait fichue.

La professeure s'approchait des différentes paillasses tour à tour, levant de temps à autre un sourcil critique devant certaines potions... étranges. Là où tous les chaudrons devaient contenir en leur sein une mixture kaki, certaines revêtaient de curieuses couleurs oranges ou marrons.

- Professeure Bluedrake ? Je crois que j'ai un problème avec ma potion, annonça d'une voix balbutiante le petit Jack Homeness.

- Recommencez. Cinq points en moins pour Serpentard.

Elle fit disparaître d'un coup de baguette le mélange gargouillant et fit claquer sa longue jupe dans l'air. Ses longs cheveux dreadés dégringolaient en cascade dans son dos. Albus remarqua que Scorpius regardait la professeure avec insistance.

- Rose.

- Hm ? elle était occupée à compter le nombre de tours qu'elle devait faire avec sa baguette.

- Scorpius prévoit quelque chose.

- Tu parles de lui comme s'il était un dangereux criminel.

La foudroyant du regard, Albus saisit son poignet et l'empêcha de verser trop de poudre.

- Je ne veux que son bien.

Rose haussa les épaules. La potion finie et versée dans une fiole étiquetée, la classe se vidait peu à peu, mais comme il l'avait prévu, Scorpius leur fit signe de partir sans lui.

- Il va lui parler de quoi à ton avis ?

- Ça, on va vite le savoir.

Une fois dehors, les deux cousin-es attendirent que tous les élèves furent hors de vue, et Rose sortit deux Oreilles-à-rallonge de son sac.

- George les a améliorées, maintenant on peut aussi voir ce qu'il se passe plutôt que de se contenter d'entendre.

Joignant le geste à la parole, Rose s'inséra le fil rosé dans l'oreille.

- Allez !

Obéissant à l'ordre, les fils se déplièrent pour passer sous la porte, et un œil gluant roula sur le sol, retranscrivant ce qu'il voyait à travers un petit nuage magique apparu devant eux.

Pratique, se dit Albus, presque autant que le bracelet que ma mère m'a donné à Yule !

Sous leurs yeux, Scorpius se tenait devant Belladona Bluedrake, la tête basse.

- Il faut que vous m'aidiez à l'enlever.

La professeure croisa les bras sur sa poitrine, un air hésitant sur le visage.

- Je ne sais pas si-

- Ne mentez pas. Je sais que ma famille vous a déjà vu vendre des potions dans l'allée des Embrumes. Vous avez sûrement croisée une foule de... personnes non-fréquentables se battant pour avoir une potion pareille. Je suis certain que vous en avez tiré un très bon prix.

La quarantenaire fronça les sourcils, clairement mécontente du ton que prenait son élève.

- C'est sûrement un malentendu, mais il me semble avoir entendu une menace dans vos propos.

Un air de défi se lisait sur le visage de l'adolescent, et Albus se demandait à quoi il jouait. La professeure savait qu'il faisait allusion à son passé de vendeuse de contrebande. Elle avait autrefois gagné sa vie grâce aux potions euphorisantes et autres mixtures illégales. Et elle n'en était pas fière.

- Sachez, monsieur Malfoy, que la directrice connaît très bien mon ancien métier. Et mes anciens clients, ajouta-t-elle avec insistance. Vous ne pourrez rien soutirer de moi en jouant sur ce terrain là, j'en ai peur.

Les deux cousin-es purent voir à travers l'image leur meilleur ami qui perdait de son assurance devant ces paroles, mais leur vision était gênée par les meubles de la pièce.

- Je... Vous devez m'aider. Je ne pourrais pas supporter de garder ça à vie. Je vous en prie, dîtes-moi qu'il y a une potion !

Devant le regard désespéré et la supplique de son élève, les traits de la potionniste se détendirent.

- Scorpius. Cette potion ne serait efficace que si ceci, dit-elle en désignant son bras, était une vraie. Mais c'est une malédiction, un sortilège. Les potions ne peuvent rien contre ça. Vous dîtes ne pas connaître l'auteur de ce méfait, il va donc falloir s'adresser à un Briseur de sorts.

Dépité, Scorpius acquiesça et tourna les talons.

- Je ferais tout de même des recherches. Peut-être que j'ignore tout simplement qu'une telle potion existe. Elle hésita, je suis désolée que certaines personnes s'en prennent à vous pour les erreurs passées de votre famille.

- C'est un classique de l'histoire. Tout se répète, lui répondit-il avec une amertume qui ne lui allait pas.

En la remerciant, Scorpius marcha vers la sortie. Albus et Rose se dépêchèrent de rembobiner les Oreilles-à-rallonge et s'adossèrent contre le mur, l'air de rien.

- Alors, t'as parlé de quoi avec Bluedrake ?

- Je lui ai demandé des renseignements sur une potion que j'ai vu chez mon père.

Sans plus de détails et sans que les deux adolescent-es osent insister, ils se dirigèrent vers les serres, où les attendait Neville Londubat. Mais Albus et Rose échangèrent un regard entendu, et un peu blessé·es d'êtres tenu à l'écart.

On découvrira ce qu'il se passe.

Ma main est bizarre.

Plus il la regardait, plus elle lui semblait squelettique. Comme si elle perdait peu à peu en consistance.

Regardant autour de lui, il s'aperçut enfin qu'il était dans une maison en flammes. Mais étrangement, il était bien. La fumée était agréable et il prit plaisir à la laisser brûler ses poumons.

Des gouttes d'acides se mirent à tomber sur lui.

Ploc ploc ploc.

Sa peau fondait à leur contact et c'est à ce moment seulement il commença à paniquer. Il tenta de leur échapper : impossible. Il regarda à nouveau sa main et remua les doigts. Ses os étaient blancs et ses articulations se détachaient de leur prison de chair.

Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Et encore ces foutus serpents qui s'enroulaient autour de ses chevilles et grimpaient le long de ses os...

- Put- Ah !

Le souffle court et haletant, Albus tenta de reprendre ses esprits, une très désagréable sensation de vertige dans son crâne.

- Sev ? Ça va ?

Le regard sincèrement inquiet de Scorpius sur lui lui fit monter les larmes aux yeux. Il ne s'était pas rendu compte d'à quel point son petit-ami lui manquait, en ce moment. Il en profita pour capturer le regard de Scorpius, ne voulant pas que cette attention cesse.

- Sev ?

Albus attira le garçon qu'il aimait à lui, le serrant le plus fort possible dans ses bras. Il tremblait encore et gardait un œil sur sa peau, pour être sûr qu'elle ne fonde pas.

- Ça va mieux maintenant, ça va mieux.

Les jours suivants aidèrent grandement Albus a défaire ce nœud qui pesait dans son ventre depuis que Scorpius s'était éloigné de lui. Le cours normal de sa vie pouvait à présent reprendre.

Le genou écrasé contre celui du blond, Albus mâchait paisiblement son toast à la confiture.

Les deux garçons avaient rapidement retrouvés leur complicité anciennement perdue. Scorpius n'était toujours pas au meilleur de sa forme, mais Albus s'était fait la promesse de trouver ce qui n'allait pas. La discussion qu'il avait épié avec Rose lui revenait souvent en mémoire. Quelle était cette potion dont Scorpius avait parlé ? Quelle était la chose qu'il souhaitait faire disparaître ? De quelle malédiction était-il question ?

Un sombre pressentiment lui susurrait que James était encore une fois à l'origine du problème.
- Roxanne, envoie la confiture par ici !

- Le 's'il te plaît' c'est pour les chiens ? La jeune femme lui tendit le pot de mauvaise grâce.
Albus remarqua que toutes les dix secondes, une petite goutte d'eau s'effondrait sur sa robe. Il rit et secoua avec affection les cheveux mouillés de Scorpius.

- Quoi ?

- Tu m'arroses avec ta tignasse de chien mouillé, pourquoi tu les sèches pas avec un petit sort ? demanda Albus
- Le résultat est plus appréciable lorsqu'ils sèchent naturellement, répliqua Scorpius avec un petit air hautain.
Albus répéta ces derniers mots avec une grimace moqueuse et le blond lui claqua gentiment la cuisse pour le faire taire.

- Ali, tu veux pas me passer ton emploi du temps ? Comme ça je le recopie et je pourrais passer vous retrouver plus facilement. Et puis, je veux voir à quoi ça ressemble un planning de quatrième année, il paraît que vous bossez jamais ! demanda Lily

Tout en protestant sur le mal-fondé de la rumeur, Albus fouilla dans son sac et en tira une feuille froissée.
- Alors... lundi on a Arithmancie pendant une heure, puis Métamorphose, le déjeuner, deux heures de libre, et Astronomie jusqu'à 19 heures pendant tout l'hiver. Le mardi c'est deux heures de Botanique, deux heures d'Étude des moldus, manger, une heure de Sortilèges. Mercredi deux heures de Potions et une heure de Botanique, après-midi libre-

- Attends, attends, vas moins vite.

Albus fit une petite pause et joua avec ses bracelets avant de reprendre :

- Jeudi c'est Sortilèges, Histoire de la magie, Divination. Et vendredi trois heures de Défense et deux heures de Soins aux créatures magiques.

- Et duels le samedi matin, compléta Scorpius.

- Et duels le samedi matin, oui.

Lily-Luna nota le tout sur un bout de parchemin déchiré.

- En fait ça va, vous avez un emploi du temps normal.

- Bah oui. C'est pas parce qu'on passe pas encore nos B.U.S.E qu'on fout rien de l'année. Mais c'est vrai que comparé aux cinquièmes années, c'est pas grand-chose, dit-il en jetant un coup d'oeil aux autres élèves.

Normalement levé-es à 8 heures du matin, la plupart des élèves se permettaient une grasse matinée le dimanche, notamment les cinquièmes et septièmes années, en plein dans leurs révisions.

Albus pouvait voir du coin de l'œil James affalé sur sa table, avec l'air de quelqu'un qui a trop fait la fête. Albus se détendit et s'étira les bras : James semblait trop fatigué pour les emmerder aujourd'hui, c'était bien. Ils allaient pouvoir profiter de leur dernier jour de week-end.

Une fois de retour dans leur salle commune, Rose proposa une partie d'échecs à Albus, qui accepta par pure provocation.

Scorpius les regardaient jouer, assis sur le tapis. Il retira ses chaussettes et se prit une avalanche d'insultes outrées. Il poussa le vice jusqu'à remuer ses orteils malodorants sous le nez de Rose.

- Scorpius, c'est pas du jeu si tu la déconcentres !

Le blond rit pour la forme et les laissa tranquilles.

Le lac était plus bleuté que d'habitude. C'était un phénomène qui se produisait chaque hiver. Mais les animaux marins n'étaient pas gênés par le froid. Scorpius se perdit dans la contemplation des hautes et fines algues rouges qui dansaient au fil de l'eau.

- Échec, annonça Rose.

- Hein ? Mais il était pas là ton fou !

- T'es pas assez concentré. T'as préféré garder l'œil sur ma tour, idiot.

Tandis qu'Albus cherchait un moyen de sauver son roi sans sacrifier sa dame, Scorpius fut captivé par la vue d'un serpent d'eau. Le reptile ondulait gracieusement à côté de la vitre.

T'es n'es pas en hibernation, toi ? pensa-t-il.

Brusquement, le reptile se tourna vers la salle commune et Scorpius eut l'impression que celui-ci le fixait. Le serpent tenait sa tête droite, son corps enroulé sur lui-même, et ouvrit sa gueule intimidante. Exactement comme la Marque. Dans un élan de paranoïa, il fut prit de nausées, se leva sans prévenir et fuit la salle sans répondre à l'appel de ses ami-es.

- Scorpius ! Reviens !

- Reste là, je vais le chercher.

- On couvrira plus d'endroits à deux, répondit rapidement Rose.

Hochant la tête, Albus et elle s'engouffrèrent hors de la salle et partirent chacun dans une direction opposée, dans le dédale des couloirs.

Vivre dans des cachots pendant sept années pouvait sembler déprimant, mais Albus s'y sentait en sécurité. Qui viendrait chercher des élèves dans des cachots ? Si des intrus tentaient le coup, ils devraient traverser tout le château pour les atteindre, et les serpentards seraient les derniers attaqués, leurs dortoirs étant encore plus enfoncés dans le sol que ceux des poufsouffles. Il suffisait de détruire les tours pour atteindre les serdaigles et les gryffondors : voilà ce qu'avaient risqué les fondateurs en voulant pousser la métaphore des animaux totems de leurs maisons.

Oui, on était en sécurité dans les cachots.

Mais peut-être pas de soi-même.

En sortant, il bifurqua à droite, direction les toilettes, face à la salle de Potion. C'était là que Scorpius se rendait à chaque fois qu'il avait envie de vomir, ce qui était apparemment le cas.

Bingo.

- Scorpius...

- Laisse-moi.

- Tu dois aller voir Geoffrey, maintenant. Ça fait trop longtemps que ça dure.

Étouffant un juron, Scorpius resta courbé au dessus des toilettes, clairement de mauvaise humeur.

- Et qu'est-ce que tu veux qu'il fasse ? Je peux pas prévoir à l'avance quand est-ce que je vais vomir !

- Tu pourrais voir si tu n'es pas malade. Je sais pas moi, un ulcère ou quelque chose dans le genre.

Scorpius roula des yeux.

- Je n'ai pas d'ulcère.

- Si tu étais un fille, je dirais que tu es enceinte, dit Albus dans une faible tentative d'humour.

- Je ne suis pas une fille non plus.

En regardant l'adolescent brun à la peau mâte couverte de tâches de rousseurs, il se rappela qu'il parlait à son compagnon et qu'il devrait peut-être arrêter de lui aboyer dessus.

- Écoute... retourne dans la salle commune, ça va aller.

Albus ricana un 'mais bien sûr' et souleva son petit-ami par le bras. Il le fit s'asseoir à côté des lavabos et mouilla son mouchoir pour éponger la bouche de Scorpius.

- Un evanesco aurait été plus rapide, se moqua faiblement le blond.

- Tais-toi.

Albus s'occupa du fils de mangemort en souriant. Pas d'evanesco pour cette fois.

- Allez, on va prendre l'air, ça te fera du bien.

Si quelqu'un s'était aventuré sous la neige quelques minutes plus tard, il aurait surprit deux jeunes garçons en train de s'embrasser, une cigarette abandonnée dans la main du plus grand.

Le jeudi suivant, une fête fut organisée pour célébrer la fin des élections ministérielles, juste après le match de Quidditch.

La double annonce avait excité toute l'école et les élèves couraient vers le parc pour assister au match. Cette fois-ci, c'était les deux vainqueurs de la saison qui allaient se disputer la coupe : Serpentard et Gryffondor.

Comme d'habitude, les supporters étaient divisés en 3 catégories : ceux qui encourageaient leur propre maison, ceux qui ne voyaient pas leur équipe jouer et choisissaient d'encourager une autre équipe, et ceux qui préféraient rester neutre (mais qui au moment des résultats diraient qu'ils encourageaient l'équipe gagnante, évidement).

Molly et Lucy se tenaient à leur place de commentatrices, la directrice attendant d'elles la plus grande impartialité. Ce qui semblait déjà perdu d'avance puisqu'elles affichaient clairement les couleurs de leur maison sur leurs vêtements.

Leurs traditionnels sachets de chocolat et de noisettes dans les mains, le trio regardait le match, le seul match de Quidditch qui les intéressaient un tant soit peu.

Albus sourit : il voulait surtout voir la défaite sur le visage de James.

Celui-ci était bien sûr attrapeur, et avait réussit à se hisser en capitaine d'équipe. L'atout principal de Gryffondor était leur trois poursuiveuses : Amalia Prewett, Charlie Robins et Clémence Spinnet. Elles étaient redoutables et jouaient en étroite collaboration, pas une seule ne cherchait à jouer en solo, ce qui rendait leurs buts très difficiles à éviter. Alisha avait donc une grande pression sur les épaules, et Rose priait pour qu'elle parvienne à empêcher le plus de souaffles possible de rentrer dans les buts. Elle devrait supporter la mauvaise humeur d'Alisha pendant des jours, sinon.

La défense de Gryffondor était tenue par deux batteurs qui avaient aussi une bonne coordination.

Tout ces atouts faisaient de Gryffondor une équipe avec une défense musclée.

Mais McCarter était beaucoup plus brutal que les rouges-et-or. Serpentard avait ses chances.

- Bienvenue à ce dernier match décisif ! Cette fois-ci, la directrice m'a fait part de sa décision à propos des feux d'artifices-

- Tout élève tentant d'en lancer se verra gracieusement offert deux mois de retenues avec le professeur Londubat qui a besoin de faire une petite récolte dans la forêt interdite, continua sa sœur.

- Donc si vous êtes fanatique de plantes et suffisamment suicidaire pour souhaiter voir une tarentula de près, allumez les feux !

Les élèves rirent et celle qui avait osé les lancer la dernière fois se faisait gentiment chambrer par ses camarades.

Les deux équipes sortirent enfin des vestiaires, prêtes au combat. Les deux capitaines, James Potter et Hestia Dawlish, se serrèrent la main avec mauvaise grâce. La jeune femme de septième année affichait un sourire suffisant qui fit plisser les yeux de l'attrapeur.

L'arbitre se plaça au centre du terrain et observa tout ce petit monde avec sévérité.

- Tenez vos balais ! Un pied au sol... COMMENCEZ !

Les joueurs-ses frappèrent la terre pour filer dans le ciel à une allure vertigineuse. Les balais modernes étaient vraiment impressionnants. Mais par soucis d'équité, les plus chers étaient interdits à Poudlard, puisque très peu d'élèves pouvaient se les offrir.

- Les jumeaux Scamander sont déjà en possession du souaffle et filent vers les buts ! Oh, joli évitement de cognard !

Les tribunes suivaient tant bien que mal le jeu, le regard passant d'un bout à l'autre du terrain. Lorcan et Lysander se passaient effectivement le souaffle avec beaucoup d'aisance, et James ne cessait de hurler ses instructions à ses batteurs pour qu'ils arrêtent rapidement ces deux poursuiveurs de Serpentard. La troisième était en train de protéger Alisha et contrôlait également son équipe.

- Akiko Yamato est en train de tenter de viser l'attrapeur de Gryffondor avec le cognard et aaah ! Un double cognard ! On l'avait pas vu venir ça ! C'est autorisé d'ailleurs ?

- Je crois, Lucy. En tout cas rien ne l'interdit et pour un Serpentard, ça veut dire que c'est conseillé !

Une parti du public hua les commentatrices qui rirent en retour.

James évita le premier cognard et Fabian O'Well fonça devant lui pour retourner le second à l'envoyeur.

- On peut désormais admirer une superbe formation d'attaque en faucon par les trois poursuiveuses.

- Je vois mal comment Serpentard pourrait s'en sortir ce coup-là...

La réponse fut simple et Rose éclata de rire en voyant Agilius Peakes et Hestia se placer devant les deux cerceaux non-protégés, afin d'aider Alisha au maximum. Charlie Robins fronça les sourcils à son entrée dans la zone de tir mais un cognard fonça sur la capitaine des Serpentard, qui du libérer le cerceau si elle ne voulait pas se le prendre en plein ventre. La jeune poursuiveuse en profita.

- 10 POINTS POUR GRYFFONDOR ! Allez, ça commence bien tout ça !

- Miss Weasley !

Lucy s'excusa de son manque de rigueur mais n'effaça pas son sourire.

- On se reprend! En formation ! Gideon, Akiko, mitraillez les poursuiveuses ! Il faut les foutre à terre ! Hurla rageusement Hestia Dawlish, sa chevelure rose la rendant très repérable. Les jumeaux, bougez-vous et aidez-moi à prendre ce souaffle ! Tremblante de Woollongong, maintenant !

Les fils de Luna Lovegood, poursuiveurs, reprirent leurs esprits et volèrent en zig-zag avec leur capitaine dans le but de perturber leurs adversaires. L'effet fut réussit. Gideon et Akiko se joignirent pour lancer des cognards à l'aide de leurs deux battes jointes, et Spinnet chuta de son balais. Le bouclier placé sur le terrain la fit tomber en douceur, mais elle n'avait plus le droit de jouer.

Sur un geste de l'arbitre, le remplaçant entra en jeu, sous quelques moqueries.

- T'as vu ce blondinet ? Il est aussi sûr de lui qu'un enfant de 10 ans, il fait pas le poids ! Dit Rose à ses amis.

- Che penche pas qu'ils aient penchés qu'une de leur pourchuiveuses pouvait tomber de chon balais.

- Parle pas la bouche pleine !

Le petit élève était effectivement beaucoup moins performant que celle qu'il remplaçait et les serpents réussirent à placer deux buts.

Les souaffles se passèrent de main en main durant de longues minutes. Mais le score restait serré. Albus se désintéressa un peu du match et préféra passer son temps à dévorer les lèvres de son petit-ami.

- 40 POINTS PARTOUT ! Allez du nerf ! James, tu ronfles ? Il est derrière toi le vif d'or !

- MISS WEASLEY !

McCarter en profita bien sûr pour lancer un superbe revers dans le ventre de l'attrapeur de Gryffondor, et le petit corps frêle de Peakes fonça vers les tribunes pour attraper le vif du bout des doigts.

- ET SERPENTARD GAGNE !

- FAIS CHIER PUTAI-

Elle termina sa phrase sans bruit, puisque Teddy lui lança un silencio discret qui empêcha McGonnagall de trop la réprimander pour son langage.

Un tonnerre de cris de joie retenti dans l'arène : Serpentard gagnait la coupe des quatre maisons. James eut l'air mortifié et en colère, et Albus serra Scorpius dans ses bras.

Le soir même, les élèves lavèrent leur sueur et se préparèrent à aller au bal.

Comme c'était l'usage, l'élu·e au poste de Premier·e Ministre devait se rendre à Poudlard dès le premier jour de son mandat et saluer les élèves, le futur de la nation.

C'est avec bonheur que Rose avait découvert que la quarantenaire brune avait été élue dès le premier tour. Apparemment, la société sorcière ne souhaitait plus que Shacklebolt revienne au pouvoir.

La grande salle avait été réorganisée de manière à pouvoir accueillir un grand bal et de nombreux invité-es, aurors compris. McGonnagall s'était vêtue d'une longue robe bleue pour l'occasion et avait laissé ses cheveux blancs libres. Par fierté et un brin de provocation, elle avait drapée le tartan de son clan à l'épaule. La mode sorcière ayant toujours été très bariolée, les bougies de la salle faisaient chatoyer des centaines de points de couleurs, créant une ambiance très chaleureuse.

Avant de lancer les festivités, la directrice avait fait tinter son verre de sa baguette et fit taire la salle : Amelia Donpel devait commencer son discours.

- Comme le veut la tradition, je suis ici pour que même les plus grands se souviennent qu'ils ont un jour été, comme vous, des élèves. Je suis ici pour saluer la jeune génération, pour que vos yeux me suivent à chaque choix que je ferais.

Elle fit une petite pause pour les jauger du regard.

- Chaque génération semble plus vive et plus forte que la précédente. Aussi, je vous offre mon respect d'avance, et jure de servir vos intérêts. Le gouvernement que j'ai constitué est, comme vous le savez, porté sur l'avancée. Contrairement à ce que pensent mes détracteurs, je n'occulte pas le passé je le dépasse. Je souhaite créer des ponts entre le monde sorcier et le monde moldu. Je souhaite solidifier les relations que nous entretenons avec les autres êtres, magiques ou non. Cela fait trop longtemps que nous méprisons les autres à cause du douloureux souvenir des Guerres Universelles.

La première ministre faisait référence aux guerres lointaines qui avaient séparé le monde magique et les moldus, et par conséquent, tendu les relations avec les autres espèces non-sorcières.

- Je ne veux pas détruire les traditions qui nous sont chères. Je souhaite effacer cette peur que notre autarcie millénaire a engendrée. Ensemble, nous allons tendre la main au reste du monde !

Un tonnerre d'applaudissement retentit dans la salle, saluant ses propos. Rose affichait un regard satisfait, et Scorpius imaginait son grand-père se tordre de rage. Il se demandait par contre ce que pouvait bien en penser son père.

Une fois son discours terminée, la puissante sorcière tendit son verre et se joignit aux autres convives.

Affalé-es contre le mur, les trois jeunes gens observaient les conversations se lier et se délier, les centaines de magies réagissant les unes aux autres. Scorpius avait depuis longtemps pris l'habitude de retenir le maximum d'informations sur le maximum de personnes, et cette soirée était une aubaine pour cela. Son père aurait été fier de lui.

Rusard, désormais rachitique et couvert de rides, traquait les élèves à la recherche du premier insolent qui cacherait une bouteille de whisky-pur-feu et le Baron Sanglant fixait Peeves d'un regard glacial, le dissuadant de toute mauvaise plaisanterie.

La fête était trop sérieuse pour prendre de le risque de la voir sabotée par quelques élèves et leur mauvais goût.

- Scorpius ?

- Ouaip ?

- Tu ne pourrais pas essayer de voir ton père avant les grandes vacances ? Demanda Rose en poussant sur sa voix pour qu'il l'entende.

- J'ai déjà négocié pour rentrer à Londres aux vacances d'Ostara.

Il s'arrêta de parler car Charlie Robins, une des poursuiveuses de Gryffondor, venait vers eux.

- Salut mini-Potter

- Heu...Salut ? Il se tourna vers les autres, mais personne ne savait ce que Charlie faisait là.

- Tu sais, James a été chiant pendant des mois à cause de ce match. Ca lui était monté à la tête, il a été invivable, et il a changé les plan de l'équipe à la dernière minute. Tout ça pour quoi ? On a perdu, et maintenant il hurle à qui veut l'entendre que tout est de notre faute, et pas la sienne.

- ...Et ? Albus ne savait vraiment pas en quoi ça le concernait.

- Et on a envie d'avoir notre petite vengeance. Ça te dis de te joindre à nous ?

Ah, ça devenait intéressant.

Il observa le visage de ses ami·es : Scorpius se penchait pour ne pas louper un mot et Rose abordait déjà un grand sourire.

- J'en suis.

- C'est Emma et Vlad qui ont eu l'idée.

Albus se remémora les feux d'artifice d'Emma. Il n'était pas du tout étonné que la jeune fille soit mêlée à ça.

- Voilà le plan : ceci, elle tira une fiole de sa poche, est une potion de Confusion. Le but est de... faire redescendre James sur terre, à la manière forte. Mais pour ça, il faut qu'il la boive.

- Et c'est là que j'interviens, devina Albus.

- Exact.

- Et qu'est-ce que j'y gagne ?

- Serpeeent ! répondit Charlie, outrée. Une bouteille de Wiskey-pur-feu, ça te va ?

- Marché conclu !

Il se frotta les mains avec amusement. La soirée s'annonçait bonne !

La petite blague se mit en place et Albus tint son rôle. Il devait simuler une dispute avec Scorpius, non-loin de son frère, puis venir vers lui pour se plaindre et lui avouer qu'il avait raison depuis le début sur le fils-de-mangemort. Et enfin : trouver un moyen de lui faire boire sa potion.

- T'es prêts ? Chuchota Albus à son compagnon.

- Vas-y. Essaie d'être crédible.

- LACHE-MOI ! T'es pathétique ! Après... après tout ce que j'ai fais pour toi ?! Je croyais que t'avais changé, pas que tes parents t'avaient foutu ce genre d'idées dans le crâne, connard !

Il se dégagea brusquement de la main de Scorpius, non sans un sourire amusé, et fit claquer ses pieds sur le sol, vers James.

Celui-ci était près du buffet, et le regardait venir, le visage énigmatique.

- Eh bien. Qu'est-ce qu'il te prend à brailler comme ça ?

- Scorpius est con.

James haussa un sourcil :

- Ah, vraiment ?

- Oh ça va hein. Tu veux que je te dise quoi ? ''Oh Jim, pardonne-moi, tu avais tellement raison, et j'avais tellement tord !''

- Hm, quelque chose comme ça, oui, dit-il en détaillant de bas en haut son petit frère.

Conversation engagée. La cible est méfiante. Pour gagner la confiance de quelqu'un, il faut copier ses gestes.

Il fit comme Rose le lui avait appris : il se servit en patacitrouille au même moment que James, s'essuya les lèvres en écho, et se gratta la tête comme un miroir.

Ça semblait fonctionner.

Et il eut un petit éclair de génie.

- Tu veux- Non, rien, laisse-tomber, dit-il en jouant la comédie.

Comme prévu, la curiosité de James fut piquée par son hésitation.

- Quoi ? Dis-moi ?

- Je... tu dis rien aux profs, hein ?

- Promis.

Albus pensa à sa récompense : du Whisky ! Si James y résistait ! Il se retourna pour guetter la venue d'un professeur, et tenta un petit sort de métamorphose pour donner à la fiole de potion une allure de bouteille de Whisky-pur-feu.

Puis il la sortit discrètement de sa cape pour la montrer à James.

- Oooh, joli ! Où t'as choppé ça, petit frère ?

- Secret de serpentard ! Tu en veux ?

- Et comment !

Bingo !

Il quitta bien vite son frère qui se croyait éméché, et attendit avec ses compères que la potion fasse effet.

- T'es sûre qu'Emma l'a bien dosée ?

Mais la réponse laissa bientôt peu de place au doute : James se mit à tenir des propos sans queue ni tête, et il se mit à genou pour s'excuser auprès de son équipe de Quidditch, qui en profita pour le tourner en ridicule en lui demandant d'exécuter toute sorte de pitreries pour se faire pardonner.

L'attroupement d'élèves hilares attira le petit groupe d'adulte qui se rendit compte que quelque chose n'allait pas.

- Allez pardonnez-moi ! J'ai été con, je suis toujours con, et puis je suis un crétin, un crétin fini !

- Plus crétin qu'un scrout à pétard ?

- Plus crétin qu'un scrout à pétard ! Même les serpentards sont plus brillants que moi, j'te jure !

- Monsieur Potter ! hurla la directrice, furieuse, vous n'avez pas honte ? Rhabillez-vous !

La foule d'élève rit de plus belle et quelques professeurs cachaient avec peine leur sourire. La ministre tenta de calmer McGonnagall, sans succès.

- Vous passerez la semaine en retenue Monsieur Potter, et j'en informerais votre mère !

Ça ne l'empêcha pas de continuer de se comporter comme un idiot devant toute l'école. Malheureusement, l'amusement fut de courte durée, et quand James eut reprit ses esprits, il dénonça les complices qui en reçurent le double.

Mais l'image de James ne serait plus jamais la même, et ça valait le coup !

Albus essayait de finir son journal de bord de divination, ne sachant pas quoi inventer pour le remplir.

Assit sur le lit du brun, Scorpius tentait de l'aider tout en lisant- pour la énième fois, pensa Albus -l'Edda poétique.

- Albus. Tes cauchemars. Ils ont un sens parfois ?

- Heu... Plus ou moins.

- Explique-moi.

Albus secoua ses cheveux hirsutes et mordilla ses lèvres épaisses.

- Disons qu'ils semblent insensés, mais avec le temps, je finis par comprendre qu'ils étaient métaphoriques. Ils m'aident à comprendre des choses.

Avec un fin sourire moqueur, Scorpius leva les yeux vers son petit-ami.

- Et tu ne t'es jamais dit qu'elles étaient peut-être là, tes réponses ?

Devant le regard perdu d'Albus, il explicita sa pensée.

- Je crois que si les techniques de divinations ne fonctionnent pas chez toi, c'est parce que - pour une raison incongrue - les réponses à tes questions te viennent en rêve. Les jeux ne refusent pas de te répondre : tu possèdes déjà les oracles dans ton sommeil.

- Mais, balbutia Albus, je ne suis pas voyant. Comment je pourrais être Oracle ?

Par tic, Scorpius se remit à manger ses doigts.

- Aucune idée. Un nouveau don dans la famille Potter, répondit-il en plaisantant, un de plus un de moins…
- J'irais tout de même demander des renseignements au prof.

Et il ne tarda pas.

Dès qu'il eut le temps, Albus toqua à la porte de l'antichambre de la Grande Salle. C'était là que se trouvaient les professeurs.

La porte s'ouvrit d'elle même, charmée par le léger tapotement des doigts de l'adolescent. Il sourit. Au fil des années, il avait apprit qu'être aimable avec les portes de Poudlard facilitait grandement la vie.
Il entra dans le renfoncement du château, observé par les yeux curieux de certains professeurs.

- Hm, bonjour. Je cherche le professeur divination.

- Qui souhaite me voir ? Répondit une voix avec un fort accent scandinave.

Tendant le cou, Albus discerna son professeur assit sur un fauteuil en velours, un verre à la main.
L'adolescent s'approcha de lui, inhabituellement intimidé.

- Je voulais vous parler en... privé, dit il en jetant un coup d'oeil aux autres adultes.

L'homme jeta un sort d'intimité autour d'eux, puis sourit à Albus, lui montrant ses dents irrégulières.

- Je vous écoute monsieur Potter.

Le professeur Khanssen possédait un charisme certain qui poussait Albus à se sentir ridiculement insignifiant face à lui. Le corps cintré par un ensemble violet et beige, une barbe blonde grisonnante encadrant sont visage, et ses yeux gris perçant le monde… l'adolescent se sentait enfantin en comparaison.

- Vous savez que je n'obtient aucune réponse des jeux divinatoires… Scorpius a compris pourquoi.

- Un garçon très intelligent.

- En effet. Il a fait le lien avec mes rêves récurrents. Il...il pense que je suis un Oracle.

Le professeur prit quelques instants pour répondre et lissa son bouc.

- Ce n'est pas impossible. Ce n'est pas rare. Votre mère est le septième enfant de sa fratrie, votre père est Harry Potter, vous appartenez à la famille Black et votre arrière grand-mère paternelle - Ashvîni c'est cela ? - possédait de brillantes facultés. Il ne serait pas étonnant qu'un don vous ait été attribué.

Albus garda le silence, il était habitué à ce que beaucoup de sorciers connaissent l'histoire de sa famille aussi bien.

- Écoutez, ne pratiquez plus les jeux divinatoires. Posez-vous les questions avant de vous endormir et rédigez vos analyses dans votre journal de bord. Si vos rêves sont effectivement divinatoires, je vous apprendrait de nouvelles manières de procéder.

- Et que ferais-je en cours ?

- Je vous ferais lire certains ouvrages vous concernant.

Le professeur fit une petite pause hésitante, puis posa sa main sur l'épaule de l'adolescent avec un sourire.

- Soyez fier. Peu de gens possèdent cette faculté, et c'est un don chanceux.

"Pour une fois" fut la suite imprononcée de la phrase, mais qu'Albus entendit clairement.

Les semaines suivantes passèrent vite. La neige se mit à fondre. Certains crocus percèrent le sol en quête de lumière.
Il s'avéra que Scorpius avait vu juste. Les rêves d'Albus étaient des réponses divinatoires à ses questions. Suite à cette compréhension, les notes de l'élève avaient considérablement augmentées et il dévorait les ouvrages que son professeur lui prêtait. Transe, chamanisme, danse mystique, dictionnaire de rêves, de symboles, tout ce qui pouvait convenir à son esprit lui passait sous la main. Et son professeur était assez fier de lui.
Il n'avait pas manqué de se demander quel était le problème de Scorpius. Mais il ne comprenait pas les réponses. Il rêvait de crânes, de sang, encore de serpents… il ne parvenait pas à trouver d'analyse pertinente. Au grand soulagement de Scorpius qui avait bien remarqué son petit manège.

Seulement, son état empirait jour après jour.

Un soir, Scorpius disparut. L'instinct désormais affûté, Albus sut immédiatement que c'était grave.
Il fallait à tout prix le trouver. Rose étant déjà couchée, Albus courut en dehors des cachots. Tant pis pour Rusard. Tant pis pour les fantômes.

Il grimpa un nombre incalculable d'escaliers, se perdit dans des couloirs tortueux, et tomba sur des culs-de-sac qu'il n'avait jamais vu. Les décors millénaires et les décors modernes se défilaient dans sa course et il eut l'incroyable chance d'échapper à Miss Teigne et son maître.

Vite, vite, vite.

Il fit plusieurs fois le tour du troisième étage. A bout de souffle, Albus fit les cent-pas dans un couloir.

Où est Scorpius, où est Scorpius, putain !

Un petit 'clac' retentit dans son dos. Une porte en bois massif venait d'apparaître.
Intrigué et prit d'un pressentiment puissant, il posa sa main sur le bois et poussa.
La porte s'ouvrit sur une pièce qui le fit se figer de peur.

Et Scorpius était là.


Suspeeense ! (non)

J'espère que vous aimez toujours cette fic et que vous me pardonner le retard de ce chapitre :) Les reviews sont toujours appréciées !

Prenez soin de vous, à la prochaine !