MODIFICATION

Résumé : Pour un des facteurs cités dans l'histoire, Twilight et toute la saga aurait pu être différents.

Je croisais son regard ambré… « Alors, essayons ensemble… ».

Disclaimers : Les personnages de Twilight et leur univers ne m'appartiennent pas. Ils sont à la grande Stephenie Meyer. Cette histoire est une alternative au premier tome de cette saga. L'idée en revanche m'appartient. Tout ressemblance avec une autre fanfiction est fortuite. Je ne touche pas d'argent en écrivant cette fanfiction.

Couples : ExB, ExR, JxA, CxEs

Bon ma première fanfiction postée… J'espère qu'elle vous plaira. Je fais enchaîner les évènements vites car je ne veux pas la faire longue. N'hésitez pas à me laisser des reviews et me dire ce que je dois améliorer !

Les dialogues sont en italiques et le point de vue est indiqué à chaque changement.

Tout d'abord, un grand merci pour ceux qui m'envoient leurs reviews et aussi pour ceux qui ont le courage de me lire (les profs de français ne l'ont pas, eux) ! Cela me donne vraiment envie de continuer et poster mon histoire jusqu'au bout. Un autre merci pour ceux qui me mettent en alert, qui m'ajoutent dans leur favoris !

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Chapitre 5

Point de vue: Bella Swan/Cullen

Je n'avais jamais imaginé qu'une telle douleur puisse exister. Je ne comprenais plus rien, je ne savais pas ce qui se passait autour de moi. Tout ce que je savais, c'était que j'avais mal, que je souffrais. Je n'arrivais qu'à me focaliser sur ma douleur. Je brûlai intérieurement. Mes os devenaient cendres, ce que j'avais été ne devait être que fumée. Pourtant, je consumais éternellement. C'était mon impression. À chaque fois que je pensais que le bûcher était fini, il reprenait de plus belle. À chaque moment où je me disais « c'est fini, je ne suis que cendres à présent », mon corps se reconstituait et brûlait à nouveau. Le cycle reprenait, encore une fois, inlassablement. J'hurlai. Qu'on me délivre, qu'on me libère. Qu'on me tue. Je n'avais pas le courage de continuer à me battre et supporter cette douleur.

Malgré mes cris et mes supplications, rien ne venait. Jusqu'à ce que je sentis des bruits, des murmures, des mots réconfortants. Je voulais leur hurler qu'ils ne savaient rien de ce que je ressentais, que c'était moi qui souffrais, pas eux. Des bras m'aggripèrent dans une étreinte ferme et protectrice, et réconfortant. Un souffle chaud et mentholé caressa ma joue. Une voix chantante commença à s'élever.

- C'est une phase difficile pour toi ma chérie, et toute notre famille est passée par là. Nous vivons sous des contraintes et des conditions difficiles, mais rares ceux qui choisissent la bonne voie, en ayant une seconde chance. Tu fais partie de ceux qui ont cette chance. Ne la gâche pas. Alors s'il-te-plait, je t'en prie, tiens bon, ma petite Bella. Je suis persuadée que tu en es capable, tu une fille forte et courageuse. Je te soutiendrai quoiqu'il arrive. Tu as toute mon affection, mon enfant. Tu ne me connais pas mais moi si. Comme l'a dit Emmett, tu es une Cullen, alors ma fille, bats-toi ! Je t'aiderai toujours !

Une femme ! Elle ne me connaissait même pas, mais elle m'aimait déjà. Elle devait si gentille et généreuse. Je sentais dans sa voix amour et compassion. Avais-je le droit de ne pas me battre quand on m'aimait déjà inconditionnellement ? Sûrement pas. Je devais la voir et la remercier de ses mots réconfortants. Même si après…

- Courage, ma fille.

Je serrai la femme dans mes bras, ma bouée de secours. Elle caressait tendrement mes cheveux, comme si ce geste éloignait la douleur. La savoir me soutenir me donnait du courage.

Mais je me sentais inexorablement de plus en plus faible. En plus de brûler, mon sang coulait de plus en plus lentement dans mes veines. Mon cœur faiblissait. Son battement devenait trop lent, trop irrégulier. Je savais, que je ne tiendrai pas jusqu'au bout, que je n'avais pas la volonté de vouloir me maintenir en vie. Plus que quelques battements et je serais morte. Mon cœur rata un battement.

- Merci.

Je lui avais dit, je pouvais partir le cœur léger. Il exécuta un unique et dernier battement. Je ne brûlais plus. Enfin. Le plus étrange était que je restais consciente. Par quel miracle ?

Je sentais des gestes et des odeurs. J'étais… Enfin… On me serrait dans les bras. Ils avaient la même odeur mentholée que le souffle de la femme. C'était forcément une illusion. J'étais morte, mon cœur ne battait plus.

- Bella ? m'appela la même voix féminine et mélodieuse.

J'ouvris les yeux. Devant moi, une femme, avec un air doux, des yeux et des cheveux caramel, un visage en forme de cœur. Ma vision était très précise, et je voyais les moindres détails de son visage.

- Je…

- Laisse-moi t'expliquer. J'hochai la tête. Sa voix était aussi mélodieuse qu'un son de flûte. Dans un sens, tu es morte. Maintenant, tu es une vampire. Tu as été transformée par Alice, ma fille, à cause d'un malheureux accident de voiture. Elle me regarda d'un air soucieux. Es-tu prête à l'accepter et à faire partie de la famille ?

- Je vais essayer de m'adapter mais je ne promets rien. Elle me gratifia d'un sourire encourageant.

- Est-ce que… C'est normal d'avoir la gorge en feu, qui brûle ?

- C'est la soif. Cette fois-ci c'était la voix de velours d'un homme aux cheveux platines et impeccablement bien coiffés. Alice va t'accompagner.

Je n'eus pas le temps de comprendre ce qui ce passait que ceux que j'avais vus n'étaient plus là. Face à moi, Alice, petit elfe aux traits délicats mais soucieux.

- Bella… Je voulais te dire que je suis désolée pour…

- Attends Alice. Les vampires, ça boit bien du sang, non ? Je ne reconnaissais pas ma propre voix. Mais apparemment je devrais faire avec. Non pas qu'elle n'était pas belle, bien au contraire, mais que je ne l'intégrais pas comme faisant partie de moi. Avec le temps…

- Je… Oui !

- Tu m'as menti pour la sangria, alors ?

- Je,… Alors… Elle éclata d'un rire cristallin. La meilleure, c'est celle de biche. Viens avec moi, je t'expliquerai en même temps que nous chasserons ! Elle me prit la main et m'entraîna à sa suite.

Nous courûmes quelques secondes et je me rendis compte que nous nous étions bien enfoncées dans la forêt. Pourtant, aussi resserrés que fussent les arbres, aussi sombre que fut la nuit, le paysage restait d'une clarté étonnante. Je voyais le vert de chaque feuille, les tâches marronâtres parsemées sur les écorces blanches des arbres, les gouttelettes de pluie rouler sur chaque surface plane d'un végétaux. J'entendais les souffles rauques des animaux, les piaillements de bébés belettes, les dialogues entre les oiseaux… Une symphonie de sons et de couleurs, tellement enivrants mais si harmonieux.

Alice me jaugea du regard, s'attendant à une quelconque réaction venant de moi. Je m'apprêtai à tous lui raconter dans les moindres détails, et ses yeux se perdirent dans le vague. Je ne sais pas ce qui se passa, mais elle eut un air affolé, et alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour parler, quelque chose se déclencha en moi. Mes sens s'exacerbèrent. Plus que ça, ma gorge brûlait intensément, qui devenait un véritable brasier, et la soif me tiraillait plus qu'autre chose. J'oubliais. Une chose comptait. Celle qui m'appelait si intensément. Une véritable invitation : on me tendait la main. Je courais en direction de l'odeur. Elle n'était pas enivrante, elle n'était pas dégoûtante. Mais je savais qu'elle m'apaiserait, même si ce n'est pas totalement. Pour me calmer. Cette odeur. La boire. C'était vital. Nécessaire. Je devais. Obligatoirement. Je m'élançais sur la source de cette odeur. Je tombai sur une masse chaude et humide, et enfonçai mes crocs dans ce que je supposai être de la chair. Un liquide chaud s'écoula lentement dans ma gorge, et apaisa momentanément ma soif. Dès que l'hémoglobine arrêta de s'écouler dans ma gorge, la soif me tirailla à nouveau. Le sang. Du sang. C'était rouge et chaud. C'était ça que j'avais bu. Puisque j'étais un vampire. Bizarrement je n'éprouvai aucun remords d'avoir tué aussi facilement. Plus que ça, je redemandais du sang. Tuer m'importai peu, du moment que le feu s'éteigne. Je me ruais vers toute forme de vie en possession de sang, qu'elle soit petite, grande. Ce liquide vermeil m'était précieux. Il m'en fallait, chaque goutte comptait. Comme si je buvais cette boisson pour la dernière fois. Je fonçais et courais. Pourtant, durant ma chasse, je me cognais contre un quelque chose de dur, solide et fort. Je me débattis comme je pouvais. Un grognement puissant et sourd sortit de la gorge de mon adversaire.

- Bella, calme-toi ! ordonna une voix autoritaire et posée, jamais entendue. Mon corps se calma immédiatement, désobéissant à mes pensées.

- Non ! hurlai-je.

- Bella, tu dois rentrer. Tu as assez bu pour aujourd'hui. Nous avons des choses à te raconter, dit Alice. Je l'avais complètement oubliée.

Un homme blond, bien plus grand que la moyenne ordinaire, couvert de cicatrices, qui n'altéraient en rien sa beauté surnaturelle, me prit le poignet en le serrant fort. C'était de lui que venaient la voix masculine et le grognement. Il m'inspirait confiance et sa présence m'apaisait. Je ne pouvais pas lutter contre ce qu'il m'inspirait. Alice et l'homme se mirent à courir et je les suivis, en étant en même tems, tirée par le blond.

On me fit entrer dans une pièce. Elle était énorme, mais la peinture blanche qui recouvrait les murs s'écaillait. Au milieu de la pièce, il y avait six chaises en bois. Trois hommes et une femme y étaient déjà assis. Il y avait la femme qui m'avait soutenue pendant la transformation, l'homme aux cheveux platines et un autre grand baraqué. Nous trois prîmes place sur les chaises libres.

- Je suis Carlisle, se présenta l'homme aux cheveux blond platine, qui était très charismatique soit dit en passant. Voici ma femme Esmé, celle qui t'a aidée pendant ta transformation. Ici, c'est Emmett, un de mes fils. Tu as dû voir Rosalie et Edward à Forks. Ces derniers nous rejoindrons dans peu de temps.

- Et voici Jasper, mon fiancé ! termina Alice, en me montrant le magnifique grand blond. (Note de l'auteur : Même si c'est du point de vue de Bella, j'ai pas pu m'empêcher de dire que Jazz était magnifique, xD)

- Je pense qu'une explication est nécessaire après ce qui s'est passé, commença Jasper. Tout d'abord, te souviens-tu de ta vie d'humaine ?

- Ça ne fait pas longtemps mais j'ai quelques souvenirs de mon enfance, et des plus récents comme le mariage de Phil et Renée ou… Mince, mes parents !!! Je les avais complètement oubliés !

- Ne t'inquiète pas, nous allons t'expliquer ! Tu te souviens de ton arrivée au lycée ? J'hochai la tête en signe d'affirmation. Eh bien, tu es allée faire du shopping avec Alice. Et heu…

- Les vampires peuvent être dotés de don, une aptitude ou sixième sens présent quand tu étais humain, mais sous forme et puissance beaucoup moins développée, m'expliqua Carlisle. Par exemple, Jasper ressent les émotions et peut les modifier, comme t'en fait sentir. Edward lit dans les pensées. Alice a des visions : soit quand une décision est arrêtée, soit quand un fait inéluctable va se produire.

- Alice a eu une vision lorsqu'elle conduisait, reprit Jasper. Il s'avère qu'elle était longue et complexe. Elle ne voyait donc pas le monde environnant. Vous avez eu un accident. Pour que tu vives, dans un certain sens, elle t'a mordue pour te transformer. Malheureusement, pour notre couverture et ta subite mort, il fallait quitter la ville. On vous a fait passer pour carbonisées dans un accident de voiture. Nous sommes ici, maintenant, pour reprendre une nouvelle vie et couverture crédible autour des humains.

- Donc, officiellement, nous sommes mortes. Bien. Je suppose qu'on ne retournera pas à Forks. Euh… Mais les vampires, ça ne boivent pas du sang humain ?

- Je me suis refusé à tuer des humains, d'où le régime particulier, du sang animal. On est des végétariens. Puis la famille s'est agrandie. Avant que tu ne poses d'autres questions, nous ne dormons pas, nous ne nous transformons pas en chauve-souris et les femmes vampires sont stériles. Et nous ne mourrons pas quand nous allons au soleil, on brille, m'informa Carlisle. Puis le sang animal ne comblera jamais totalement ta soif. Si tu veux rester avec nous, il faudra t'habituer à ce régime.

- Ça me va. Mais, c'est normal d'avoir… toujours intensément soif ?

- Oui, comme pour tous les nouveaux-nés. Il faut une période d'adaptation, puis après acquérir de la maîtrise, m'indiqua Esmé.

- Pour toi, il va falloir du temps ! Tu as vu comment tu t'es contrôlée face au sang d'un animal. J'ose même pas imaginer ce qui se serait passé avec des humain ! s'écria Alice. Mais ça va aller, tu ne tueras personne dans les cinq prochaines années ! N'empêche, pendant deux ans, tu ne pourras pas faire de shopping avec moi.

Ils rirent un peu, mais se reprirent assez rapidement.

- Alice, je ne pense pas que Bella en garde un assez agréable souvenir, décrétât Jasper. Au fait, nous avons changé ton identité. Tu es Annabelle Hale, ma petite sœur, et comme ça, on peut t'appeler Bella sans problème. Avec ma jumelle Rosalie, nous venons du Texas. Il me tendit une carte d'identité et un passeport.

- Merci, murmurai-je, touchée par tout le mal qu'ils se donnaient pour moi. Je laissai monter un sentiment de gratitude en moi et Jasper me sourit.

[…]

Cela faisait quatre mois qu'Annabelle Hale, atteinte d'une leucémie aiguë, était arrivée à Carraig Na Greine. Elle était en phase terminale, et ainsi, personne ne lui rendait visite. Ses parents adoptifs voulaient lui faire passer ses derniers instants dans l'endroit où elle avait toujours rêvé d'aller.

Cela faisait bizarre de parler de moi à la troisième personne. Mais Annabelle Hale n'était pas moi. Moi, j'étais Bella Hale. Et vraiment, j'adorai cette identité.

Annabelle, ça faisait beaucoup trop sérieux et strict pour moi. J'avais surtout été touchée par l'intention de Jasper : il m'avait trouvé un prénom pour garder mon « Bella » et surtout il m'avait offert son nom. Il m'acceptait comme un membre à part entière de sa famille. Il était pour moi un grand frère compréhensif qui m'aidait dans mes débuts vampiriques. À part ça, je lui donnais un travail à plein temps : supporter mes émotions. Pour cause, il évitait le plus possible la présence d'Edward et moi combinés. J'étais consciente de le faire souffrir. Oui, j'aimais Edward Cullen. Le voir me rendait heureuse. Le savoir aimer quelqu'un d'autre me faisait souffrir.

Sinon, Alice était un véritable petit lutin. Elle avait trouvé le moyen de me faire du shopping à la maison. Elle transportait des collections entières de vêtements venus de je-ne-sais-où, puis je devenais poupée Barbie Bella. Dans ces moments-là, Jasper arrivait avec Emmett et me chantait les « poupée qui fait non », ou « poupée de cire, poupée de son » et encore « Barbie Girl » - et il essayait de faire d'Emmett le Ken. Ce qui déclenchait l'hilarité générale des membres de la famille.

J'avais définitivement adopté Carlisle et Esmé comme mes parents : ils m'apportaient toute l'affection et l'amour dont j'avais besoin, me soutenait comme personne ne l'avait fait avec moi (hormis Jasper – mais c'est parce qu'il supporte pas mes émotions, qu'il m'a dit).

Emmett était… Un cas particulier, enfin, comme tout le reste de la famille. Il était un gros nounours attendrissant, qui ne connaissait pas le tact, mais qui se montrait d'une compréhension sans égal. C'était quelqu'un qui souffrait beaucoup : je le voyais dans ses yeux. Je n'essayais pas d'en avoir plus.

Rosalie : la déesse blonde qui s'était montrée désobligeante envers moi. Maintenant, nos relations s'étaient beaucoup améliorées. Elle s'était ensuite montrée très amicale et compréhensive. Elle se sentait désolée de m'avoir privée de ma vie humaine et de ses avantages, me damnant éternellement. Nous avions eu une discussion là-dessus, et je lui avais fait conclure que ce n'était de la faute de personne, seulement de ma malchance. Je lui dois aussi une fière chandelle pour m'avoir sauvée des griffes d'Alice et Jasper dans leur folie costumière !

Pour la fin… Le beau, le magnifique, le superbe, l'inimitable Edward Cullen. Humaine, j'avais immédiatement été attirée par son regard sauvage, animal et féroce. Il était et restait sexy… Pfiou ! Rien que d'y penser m'excitait. J'espérais qu'ici, on pouvait se baigner à la plage. Bref, je laissais mes fantasmes de ce côté. Edward était l'homme parfait, si on excluait sa beauté et son intelligence. Avec moi et toute la famille, il se montrait d'un naturel attentionné et calme. Il essayait de respecter les autres, avec difficulté, à cause de leur pensée. C'est à ce moment que je remerciais mon cerveau de ne pas fonctionner comme les autres.

Flash-Back

Rosalie et Edward étaient arrivés, il y a quelques jours. Hormis Esmé, nous étions tous assis dans le salon. Chacun vaquait à ses occupations, c'est-à-dire, Carlisle triait les dossiers de ses patients, Jasper lisait un livre sur la guerre de Sécession, Emmett zappait sur toutes les chaînes qui existaient et je relisais les Hauts de Hurle-Vents. Quant à Alice, elle fixait Edward avec un air sadique, et Rosalie observait l'échange du « c'est moi qui jette le regard noir le plus terrifiant » en se demandant quel était le sujet de l'échange.

- D'après Alice, Esmé arrive avec ma punition, mais elle ne veut pas me dire de quoi il s'agit.

J'avais posé mon livre que j'avais fini – vitesse vampirique oblige – et ne voulant pas écouter leur conversation, je fermais les yeux et rêvais. Je pensais à Forks, et je voyais la verdure s'étendre sous mes yeux, je m'imaginais les visages de Charlie et de Renée qui devaient être rongés par la tristesse.

- Ca y est, je l'ai entendue ! s'exclama Edward, ce qui me fit sursauter.

- En pensée ? questionna inutilement Emmett.

- Oui, mais maintenant je ne l'entends plus, expliqua le Dieu vivant.

- Bella, pense au livre que tu as lu. Tu l'entends Edward ? Il répondit à la négative. Maintenant, pense à… l'image de ta maison de Phoenix. Là, tu l'entends Edward ? Réponse positive. Jasper reprit la parole. Je suppose que tu n'entends les pensées que de manière imagée ou accompagnée d'une image. Bella doit penser plus des trois quarts de son temps avec des pensées abstraites, donc sans image !

Jasper fut interrompu dans son explication par Esmé qui était arrivée. Elle se posta devant Edward.

- Mon cher fils, je t'ai dit que tu aurais une punition. J'en ai trouvée une qui ne te punira qu'exclusivement. Tu ne conduiras plus ta Volvo. De l'horreur se dessina sur les traits de son visage. À la place, je t'ai acheté une Ford Mondéo verte – je sais que tu détestes cette couleur – d'occasion. Elle a vingt ans à son actif et 45367km au compteur. Tu l'utiliseras pendant 10ans minimum, donc si elle tient le coup SANS SABOTAGE, tu continueras à l'user, jusqu'à ce qu'elle meure. Interdiction d'emprunter la voiture des autres. Esmé afficha un sourire calme et satisfait.

Fin Du Flash-Back

Après avoir fini ma douche, je me dirigeai dans le salon pour accueillir les autres qui allaient arriver d'une seconde à l'autre. J'entendais la nouvelle Porsche verte fluo. Se faire remarquer ou avoir de la couleur autour de soi ? Telle restera la question. Comment diable Jasper pouvait-il supporter cette exubérance d'énergie ? Puis un problème – à mon niveau -, je n'entendais pas la vieille voiture d'Edward. Normalement, il aurait du être là plus tôt. Je m'étais dis qu'il attendait les autres, mais apparemment, ce n'était pas le cas.

Jasper, Alice, Rosalie et Emmett rentrèrent tous en un coup de vent, m'apportant des fragrances humaines trop alléchantes.

- Edward n'est pas rentré ? questionna Em.

- Il n'était pas là de la journée.

- Ni au lycée. Je ne l'ai vu dans aucune de mes visions. Il doit se cacher de quelqu'un, dit Alice.

- Il se cache de moi, déclara Rose. Aujourd'hui est ce qu'on pourrait appeler l'anniversaire de ma transformation. Il aimerait tellement me regarder en me voyant heureuse, resplendissante et épanouie dans mon humanité. Je n'arrive pas à m'y faire ni à sa tristesse, ni à mon état vampirique.

- Hey ! Ce n'est pas dans le but de gâcher vos émotions du moment, mais c'est moi qui encaisse tous les sentiments en plus des miens ! Il posa sa main sur l'épaule de Rosalie. Il faudra vous éloigner si vous voulez ressentir à fond vos sentiments. Désolé Rose. Elle hocha imperceptiblement la tête.

Alice s'approcha de moi, mais je m'éloignai d'un bon.

- Vous sentez beaucoup trop l'humain, déclarai-je, avant de partir en courant.

C'était la première raison de mon départ intempestif. À chacun de leur mouvement se dégageait une fragrance alléchante et insoutenable. Rester avec eux signifiait les mordre dans les secondes à venir. Je savais que quand je rentrerais, il n'y aurait plus aucune odeur humaine. Le pire était quand Carlisle arrivait : il sentait le sang. C'est pourquoi je ne le voyais jamais quand il rentrait : je l'évitai et il partait directement se changer. Je maudissais mes sens de nouveau-né, et l'odorat vampirique. Entendre le sang couler dans les veines n'était pas assez tentant, apparemment. J'étai un nouveau-né incontrôlable. Le sang animal me faisait un effet pas possible. Il suffit qu'il y en aie un à une dizaine de moi, et s'en était fini pour lui.

Seconde raison, j'étais trop émotive. Jasper devrait gérer ma tristesse, ma colère et tous les sentiments des autres et je pensais que je serais de trop à maîtriser. Puis c'est mon grand frère, alors j'évitais de lui faire trop de mal. Puis, je ne pensais pas que Rose apprécie que je partage son chagrin. Fierté quand tu nous tiens.

Je courais depuis quatre minutes 36,67secondes, chassant des petits animaux, que je tuais au hasard. Je me rendis compte que je m'étais bien éloignée de la maison. J'entendais les fracas assourdissants des vagues sur les rochers. Je décidais d'aller voir un peu le paysage maritime. Je n'étais pas sorti dehors depuis longtemps, à part pour chasser.

Je sortis de la forêt de mon pas gracieux. J'humais l'air frais, salé et iodé qui changeait des odeurs artificielles de la maison. J'avais hâte de pouvoir de me contrôler. Déjà, en présence d'animaux, ça serait pas mal. Je me perdis dans la contemplation de ce paysage idyllique. Je me situais sur une grande falaise, face à la mer, qui, avec la houle, se cassait avec fracas sur les rochers. Je mémorisais le paysage et le gravais dans ma mémoire, à jamais. Je m'assis et me berçais d'avant en arrière, au rythme des vagues. Dans ma tête, la vue défilait.

- Bells ? Je sursautai. Je pensais être seule. Et je ne pensais que ce serait lui qui m'appellerait de son ténor si doux et carillonnant.

- Edward ? Je n'avais pas remarqué ta présence.

- Moi non plus. Enfin, jusqu'à ce que je voie le paysage en double. Ta vue, ou pensée, s'est superposée à la mienne !

- Tu sais, tout le monde s'est inquiété de ton absence.

- Je sais. Je la passe rarement seul. LE plus souvent je suis avec Rosalie. Mais…

- Ça fait mal. De rester souffrir avec elle ? De croiser son regard rempli de rancœur et de souffrance.

- Il y a de ça. Dans ces moments, je me hais d'être aussi lâche et de l'abandonner. En même temps, ça me permet de trouver une solution, qui, à long terme, la rendra heureuse. A jamais.

- Je peux t'aider, si tu veux !

- Non… Je ne pense pas. C'est à moi de la rendre heureuse. Je veux trouver moi-même la solution. C'est aussi important pour moi que pour elle. Merci. Maintenant, je vais aller la voir. Au revoir.

Il s'approcha de moi, son parfum embaumant l'air, et m'embrassa (à comprendre dans l'ancien sens, c.à.d « serrer dans ses bras, donner une étreinte ! »). Il resserra sa prise sur moi « ça m'a fait plaisir de te voir, tu donnes espoir avec ton positivisme ! » m'avait-il murmuré. Il était si près de moi, si tentant, si attirant, si parfait. Chaque jour qui passait, je l'aimais encore plus que le précédent. Pourtant, il a fallu que ce soit le fruit interdit. Nos visages étaient à quelques millimètres l'un de l'autre. Son haleine fraiche fouettait mon visage, et je l'inhalais avec délice. Je rapprochai mon visage du sien et posai mes lèvres sur les siennes. J'exerçai une légère pression dessus. J'aurai voulu que ce moment dure l'éternité.

Comme tous les contes de fées, enfin pour les miens, la fin n'est pas belle. Il y a toujours un élément perturbateur. Parfois, l'amour est impossible. Comme pour la petite sirène. Elle n'a pas connu de fin heureuse. Elle est morte transformée en une fille des airs. Amour à sens unique. Je me sentais vraiment comme elle. Je repoussais l'homme de mes fantasmes les plus inavouables, refusant de lui faire du mal. Lui aime quelqu'un, et ce quelqu'un, mon amie, l'aime en retour. Je ne pouvais le gâcher leur idylle.

À présent, une distance de dix mètres nous séparait. Il ouvrit et referma la bouche trois fois.

- C'est… Tu ne voulais pas, hein ? C'est… Cela doit être les hormones de nouveaux-nés, murmura-t-il, confus.

Je baissais la tête, honteuse de mon acte. Non, c'était… voulu. Je t'aime. Depuis que j'ai croisé ton regard, pensai-je très fort.

- IMBECILE ! cria-t-il, d'un coup, après m'avoir entendu. TU NE SAIS PAS CE QUE TU AS FAIT !!! TU NE SAIS CE QUE TU POURRAS FAIRE !!! TU VAS DETRUIRE CE QU'ON ESSAYE DE RECONSTRUIRE DEPUIS 47 AVEC ROSE !!!

Excédé par ce geste déplacé et confiant, il me jeta un regard méprisant et s'enfuit. Je me tassai sur moi-même, luttant contre l'envie de me jeter dans la mer pour me faire démembrer, sachant que je ne mourrais pas. Je sanglotais désespérément, d'avoir blessé Edward au plus profond de moi-même.

[…]

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Fin…

Prochain chapitre, ce qu'Edward a essayé de reconstruire avec Rose, il y a 47 ans ! Une idée ? Un ptit indice ? L'arrivée d'Emmett ! Reviewez et faites-moi part de vos suppositions !

Warning ! Cette fiction reste un BellaxEmmett. J'ai juste décidé de compliquer leur relation (qui commence à la fin fin fin de l'histoire) et de les faire souffrir. Vous avez déjà vu des histoires d'amour sans problèmes ?

Attention, ceci est l'avant-dernier chapitre de cette fiction ^^ ! Après, je commencerais une autre courte fiction du nom d' « Omniscience », de trois chapitres ( avec un prologue et un épilogue ! ). J'espère que vous lirez !!!