Réponses aux reviews :
Axelle : merci d'avoir laissé un commentaire si enthousiaste ! J'espère que la suite te plaira autant !
Laurie : oui, cette Leah est plus détendue que ce qu'on peut voir dans les autres fics, et il y a deux raisons à ça. La première c'est que dans cette histoire, de l'eau a coulé sous les ponts depuis Révélation, et elle a eu le temps de se faire une raison. Et la deuxième, c'est Jordy. Il est certes exaspérant, mais elle va s'y faire, et puis elle est en vacances, et les vacances sont faites pour se détendre, non ?:-D
Encore merci de ta review.
Ptitesfrimousses : étant donné que tu es un peu submergée par le tsunami bleu et que t'as quelques trucs à gérer IRL, pas d'avant-première cette fois, mais c'est pour ton bien. Et t'as le droit de me dire ce que tu en penses par notre moyen de communication privilégié, sans passer par la case review, c'est plus rapide !
Et merci toujours à toi, Julie Winchester, de préserver la rétine de mes lectrices en chassant les horreurs que je peux laisser passer.
Allez, bonne lecture.
...
CHAPITRE 7
VERVEINE ET CACTUS
Leah jeta un regard noir à l'objet que Jordy lui tendait en souriant.
"Moi vivante, jamais." articula-t-elle, des icebergs dérivant dangeureusement dans la voix.
Le jeune homme examina d'un air moqueur le casque mauve et rose en le tournant de droite et de gauche et rétorqua :
"Question de sécurité, championne, faut que t'enfiles ça !
- Eh, blondinet, j'ai la tête plus solide que ce foutu casque. Alors tu remets cette horreur où tu l'as prise, ou je te l'incruste sur ton crâne de piaf ! D'ailleurs, t'en portes pas, toi !
- Je suis un pro.
- Considère que je le suis aussi. Sans rire, je vais te le faire bouffer si tu insistes. "
Jordy s'exécuta en soupirant, et s'apprêta à prendre une paire de coudières noires quand une main ferme lui reteint le bras.
"Oublie! Je ne tomberai pas, et même si c'était le cas, je ne me ferai pas mal !"
Pressée d'en finir avec la corvée d'équipement que son hôte voulait lui imposer, Leah fit demi-tour et voulut s'éloigner en glissant avec assurance sur ses rollers, mais elle avait surestimé son sens de l'équilibre. Toute louve-garou qu'elle était, ce moyen de locomotion était nouveau pour elle, et la Quileute se redressa un peu trop brusquement, puis se sentit désespérément partir en arrière. Tentant vainement de reprendre son équilibre à grand coup de moulinets des bras tout en tricotant des jambes, elle finit par chuter inexorablement. Son cri de stupeur se changea en panique, mais elle fut réceptionnée par deux bras solides avant de toucher le sol.
"Tu disais ?" souffla une voix amusée à son oreille.
Jordy remit l'Indienne d'aplomb, et elle s'agrippa à son bras pour retrouver son équilibre. Quand Leah croisa le regard moqueur du jeune homme, elle essaya en vain de se retenir de pouffer comme une gamine, puis, à sa grande surprise, partit en fou-rire. Elle s'imaginait la scène qu'elle avait offerte la seconde précédente, à pédaler dans le vide en agitant les bras comme un moulin, consciente d'à quel point elle avait dû paraître ridicule, elle la grande chasseuse de vampire.
Depuis combien de temps n'avait-elle pas eu l'opportunité de se moquer ainsi d'elle-même ? A vrai dire elle ne se souvenait pas de l'avoir fait un jour. Peut-être avant. Avant tout ça, avant d'être abandonnée par Sam, avant de rejoindre sa meute, avant de la quitter pour être la bêta de celle de Jacob. Mais certainement jamais depuis qu'elle était devenue ce qu'elle était. Si l'un des loups-garous l'avait vue à cet instant, riant aux éclats de s'être rendue grotesque par maladresse, il se serait pincé pour confirmer qu'il ne rêvait pas, puis aurait appelé Carlisle d'urgence pour vérifier l'état mental de Leah.
« Alors, toujours pas de coudières ? » l'interrogea Jordy ironiquement tandis qu'elle se remettait doucement de son hilarité subite en inspirant à fond.
« Mais non, c'est bon, je ne me ferai pas avoir une deuxième fois ! »
Leah se pencha très légèrement en avant, avança avec circonspection sur quelques mètres en cinq enjambées prudentes, puis s'immobilisa, les bras écartés du corps pour assurer son équilibre. Le jeune homme la rejoignit avec beaucoup plus d'assurance, et s'arrêta à son niveau en plaçant ses rollers de biais, comme le pro qu'il affirmait être.
« Prête ?
- Plus que jamais !
- Alors c'est parti ! »
Au lieu de se mettre à ses côtés, il la précéda, se mit dans le sens contraire de la marche et avança à reculons sans aucune difficulté, afin d'observer son élève et lui prodiguer quelques conseils.
« Ne lève pas trop les pieds, ça sert à rien, sauf si tu veux ressembler à un chien à qui on aurait mis des chaussons ! »
Leah poussa un grognement offusqué, et Jordy parut se rendre compte de ce qu'il venait de dire :
« Oups ! Pardon ! La comparaison n'était peut-être pas du meilleur goût ! »
Mais ni son ton ni son visage n'exprimaient le moindre repentir. Bien au contraire, il avait l'air de beaucoup apprécier cette blague involontaire, et la louve-garou sentit monter une sérieuse envie de déchausser un roller pour lui balancer à la figure.
Totalement ignorant des pulsions de meurtre de l'Indienne, le jeune homme poursuivit :
« Fais des mouvements vers l'extérieur… voilà… pas trop ! Regarde devant toi, pas par terre !
- Devant moi, y a toi qui me gâches tout le paysage…
- Moi ? Gâcher le paysage ? Madame plaisante ! J'ai mis mon T-shirt le plus sexy et le pantacourt qui mettait mon postérieur le plus en valeur !
- Sans rire ? En attendant, c'est ta tête d'idiot, pas ton postérieur, que j'ai en face de moi !
- Si ce n'est que ça… »
Il effectua un superbe demi-tour en sautant pour de retrouver dans le sens de la marche, et accentua exagérément les mouvements de son bassin à chaque enjambée.
« La vue te va mieux, comme ça ? »
Leah poussa un soupir agacé, et il lui refit face en tournant cette fois d'un mouvement souple, qu'elle admira secrètement, ne voulant pas rajouter de l'eau à son moulin.
« Où t'as appris à patiner, toi ? Je croyais que les geek ça se décollaient jamais de leur ordinateur !
- C'est une ex, qui m'a initié aux joies des activités en plein air. Une vrai accro aux sports en tout genre ! Décrispe tes épaules, laisse tes bras suivre le rythme instinctivement…
- Une nana ? J'aurais dû m'en douter… mais bon, tu devais apprécier, tu ne te débrouillerais pas aussi bien, sinon… !
- Grève de sexe si je l'accompagnais pas… ça aide à la motivation…
- Tu m'étonnes ! »
Jordy se déporta sur sa droite, se remit dans le sens de la marche mais se posta cette fois au niveau de Leah. Elle prenait de plus en plus d'assurance, et commençait à apprécier les sensations inédites que cette balade lui procurait.
Ils longeaient la plage sur une promenade faite d'une allée de ciment large d'une dizaine de mètres, arborée de palmiers de plusieurs variétés, certains minces et hauts, d'autres aux troncs plus larges et ne dépassant pas les trois mètres. Une légère brise tiède et parfumée d'un mélange d'odeurs variées tels que l'iode, le sable chaud, les huiles de bronzage et relents de nourriture emplissait ses narines. De nombreuses personnes se promenaient, la plupart à pied, d'autres comme eux, d'autres encore à vélo. Moins nombreux étaient ceux qui se pavanaient sur des engins aux couleurs psychédéliques qui flottaient à quelques centimètres du sol, sur des coussins d'air. A chaque fois qu'elle en croisait un, Leah l'examinait avec curiosité.
« Juste de la frime…, marmonna Jordy quand il remarqua son intérêt.
- Ah oui ? Ça t'irait bien, alors !
- Peuh ! Ça consomme une énergie pas possible, tu fais pas trois kilomètres avec ce genre d'engin !
- Ah, c'est vrai, tu es un grand expert dans l'autonomie de tes bolides, toi !
- Alors ça, c'est mesquin ! »
En représailles, il entoura brusquement la taille de Leah en freinant, la faisant pivoter vers lui. Elle n'eut d'autre choix que se rattraper à ses épaules pour éviter de tomber.
« Hé ! T'es malade !
- Apprends qu'on ne se moque pas impunément de la sagesse ancestrale du Grand Maître du Roller Sacré !
- Quoi ?… Le Grand Maître de… ? Faut que t'arrête les mangas, toi ! Ça devient grave ! » s'écria Leah en repoussant le jeune homme pour se dégager de son étreinte.
Et pour la deuxième fois, elle se fit surprendre, et perdit l'équilibre. Et pour la deuxième fois, Jordy la plaqua contre lui pour la retenir, peut-être un peu plus près que ne l'exigeaient les circonstances.
Tout à fait consciente de l'excès de zèle du Sudiste, Leah plissa les yeux et siffla d'une voix menaçante :
« N'essaie pas d'en profiter, gamin…
- J'vais m'gêner ! » répliqua-t-il d'un ton railleur, avant de l'embrasser rapidement sur les lèvres.
Leah ouvrit de grands yeux, abasourdie.
Alors ça, je l'avais pas vu arriver…
Et avant qu'elle n'ait le temps de lui faire payer son insupportable culot, il la libéra et se recula hors de portée.
« Hmmmm, je lis des envies de meurtres dans tes superbes yeux noirs, princesse ! Mais pour ça, il faudrait que tu parviennes à me mettre la main dessus ! » fanfaronna-t-il en s'éloignant d'elle.
Leah se remit de sa stupéfaction et se lança dans la poursuite de l'inconscient dont, effectivement, l'espérance de vie venait de dramatiquement diminuer.
« T'as pas idée de ce que tu vas dérouiller, mon pauvre ! » gronda-t-elle en effectuant des glissades de plus en plus assurées, gagnant en amplitude et en vitesse, obligeant Jordy à se remettre dans le sens de la marche pour éviter d'être rattrapé.
Il parvint ainsi aisément à la maintenir à distance, et la louve-garou, qui avait l'habitude de battre de vitesse toutes ces limaces de mâles, là-bas, chez elle, grogna de frustration d'être tenue en échec par ce blondinet tête à claques.
C'est pas vrai, je vais pas le laisser me tourner en bourrique comme ça, quand même !
« Allez, Leah, du nerf ! la nargua-t-il. Tu vas pas abandonner aussi vite ! T'es en net progrès, là !»
Et en plus il se fout de moi ! ! !
« Je vais te tuer ! feula-t-elle.
- Mais non ! Tu dis ça parce que tu es en colère ! »
Sans ralentir, il prit un large virage sur sa gauche, contournant l'Indienne et se retrouvant derrière elle. Surprise, Leah essaya de décélérer, mais déjà il arrivait à son niveau, enserrait une nouvelle fois sa taille d'un bras et attrapa de son autre main celle de la Quileute. Il entremêla habilement ses doigts entre les siens et murmura à son oreille :
« Une petite glace pour me faire pardonner ? »
Et il la lâcha aussitôt, pour se diriger vers un marchand de nourriture dont le stand était placé un peu en retrait sur la promenade, laissant Leah stupéfaite de la rapidité avec laquelle il l'avait saisie puis relâchée. Ce type était une vraie pile électrique. Elle en avait le tournis.
Machinalement, elle le suivit, son agacement précédent balayé par la confusion que Jordy provoquait en elle.
Quand elle parvint à ses côtés, il passait déjà sa commande. Elle n'entendit que son dernier choix, quelque chose où il était question de banane à elle ne savait quoi.
« Et pour toi, ça sera ? » questionna-t-il dès qu'elle s'immobilisa à côté de lui en agrippant le bras qu'il lui avait aimablement tendu.
Leah jaugea la multitude de parfums proposés par le glacier d'un air un peu perdue.
« Heu… »
Bon sang, y a des trucs je sais même pas ce que ça veut dire !
Pressée par le regard inquisiteur du jeune homme, elle lança au hasard :
« Ben… vanille chocolat !
- Quoi ? ? ? »
Jordy leva la main à l'intention du vendeur indiquant qu'il ne devait pas tenir compte de la commande.
« Enfin Leah, t'as quel âge ? »
La louve-garou lui lança un regard torve.
« Ben justement, poursuivit-il, comprenant son message silencieux, raison de plus pour ne pas faire les mêmes choix qu'une gamine de 8 ans !
- Tu m'emmerdes, Jordy ! Y en a trop ! Je sais pas quoi choisir !
- Alors prends ton temps ! T'es pressée ? T'as un train à reprendre ? »
Leah soupira bruyamment, et baissa à nouveau son regard sur les bacs de glaces aux couleurs chatoyantes et affublés de noms improbables tels que carotte-pamplemousse, coquelicot, pain d'épices… La Quileute vit même une étiquette marquée « Gazon » plantée dans une crème glacée à la couleur vert fluo. Elle fronça les sourcils en se mordillant la lèvre inférieure, totalement indécise. Il lui semblait qu'elle n'avait jamais été mise devant un choix aussi cornélien.
Au moment où elle allait abdiquer et choisir au hasard ( hasard qui, comme elle ne pouvait quitter des yeux cette hallucinante glace à l'herbe, l'aurait sûrement conduite à la choisir ), Jordy se décida à venir à son secours. Il s'inclina galamment devant elle, afficha un visage un peu pincé de ce qu'il devait considérer comme étant le style d'un gentleman, et dit avec un fort accent français :
« Permettez, mademoiselle, que je vous assiste dans votre choix ! »
Soulagée, Leah opina avec enthousiasme, et le jeune homme parcourut rapidement l'étalage de crèmes glacées et de sorbets des yeux.
« Voyons… ah, oui, voilà, ça c'est parfait ! Alors pour la demoiselle ça sera une boule de cactus et une de verveine !
- Hein ? s'offusqua-t-elle.
- Tu verras, c'est délicieux !
- Tu parles ! Et il n'y a aucun message subliminal là-dedans, peut-être ?! Cactus et verveine ?
- A toi de voir ! »
Tandis que Leah fulminait en silence, Jordy régla leurs commandes, puis récupéra les deux cornets.
« Viens, on va s'installer par là ! »
Il indiqua d'un signe de tête le muret qui séparait la route de la plage à la louve-garou boudeuse.
Le jeune homme se déplaça avec son assurance coutumière et enjamba le parapet pour s'asseoir à califourchon sans paraître gêné par les cornets qu'il tenait dans chaque main. Leah l'imita un peu plus gauchement, s'affalant à la manière de Quil plus qu'elle ne s'assit.
Le jeune homme n'attendit pas que Leah prenne son cornet avant d'attaquer sa propre glace d'un coup de langue avide. Elle embaumait le chocolat, la banane, et un parfum plus exotique inconnu de l'Indienne. La louve-garou se saisit de celle qu'il avait commandée pour elle de mauvaise grâce.
« Goûte avant de faire la tête ! » protesta Jordy, la bouche pleine de crème marron qui débordait autour de sa bouche, lui donnant encore plus l'air d'un gamin que d'habitude.
Du bout de la langue, Leah préleva une minuscule portion de la boule de sorbet vert clair. Une agréable saveur, un peu florale, fraîche, envahit ses papilles. Elle leva les sourcils, agréablement surprise, et lécha plus goulûment. C'était délicieux. Curieuse de vérifier si le deuxième parfum allait tout aussi agréablement la surprendre, Leah aperçut un morceau de l'autre boule qui dépassait sous la première, d'un vert plus foncé, et tira une nouvelle fois la langue pour en goûter la saveur. Plus sucrée, plus affirmée, mais tout aussi délicieuse. Jordy n'avait pas menti.
« Alors ? » demanda-t-il d'un ton assuré, comme s'il ne doutait pas une seule seconde de la réponse.
« C'est pas mal… » concéda-t-elle.
Il s'en contenta avec un sourire narquois, et les minutes qui suivirent furent silencieuses, chacun appréciant cette pause gourmande.
Leah regardait la plage et l'océan, le même qui bordait la Push et pourtant si différent. Ici, le soleil rendait tout plus brillant, plus chaud, plus resplendissant. Elle reporta son attention sur le Sudiste qui ouvrait grand la bouche pour happer le haut de sa glace. Ses cheveux blonds indisciplinés ondulaient sous la brise marine, ses yeux bleus fixés sur elle brillaient tout autant que le Pacific, et elle pouvait y lire la joie simple d'être assis là, à savourer une glace en bonne compagnie sous le soleil. Cette même joie qu'elle ressentait elle aussi. Leah était arrivée depuis à peine quelques heures, et elle avait déjà l'impression que la vie qu'elle menait la veille n'était qu'un songe brumeux et sombre.
Ici, pas de responsabilité. Pas de souffrance enfouie. Pas d'avenir à la fois incertain et immuable. Juste l'instant présent, une glace sous la langue et les cheveux décoiffés par le vent de Californie.
Voyant qu'elle l'observait, Jordy leva son cornet vert elle :
« Tu veux goûter ? »
D'un signe de tête, Leah accepta, et elle lécha sans hésiter la glace offerte. Son odorat ne l'avait pas trompée : chocolat, banane. Elle tordit un peu la tête pour atteindre la boule du dessous, et Jordy pencha légèrement le cornet pour lui faciliter la tâche. Un goût de lait, et cet autre parfum qu'elle ne connaissait pas.
« C'est à quoi, la boule blanche et jaune ?
- Yaourt à la mangue.
- Ah. C'est pas mal, mais je préfère les miennes ! »
Et comme pour appuyer ses dires, l'Indienne fit comme Jordy précédemment, engouffra sa glace presque en entier, et se retrouva avec une quantité conséquente de sorbet dans la bouche. Comme le jeune homme la fixait avec insistance, elle se sentit obligée de lui proposer de goûter à son tour :
« T'en veux ? » marmonna-t-elle, son élocution gênée par ce qui restait dans sa bouche.
« Avec plaisir ! »
Mais au lieu de lécher la glace qu'elle lui tendait, il l'écarta d'une main puis l'enfouit sous les cheveux de Leah, agrippant sa nuque, et avant qu'elle n'ait eu le temps de réaliser, il posait ses lèvres sur les siennes. Si le précédent et tout premier baiser qu'il lui avait volé quelques minutes auparavant lui avait paru presque irréel par sa rapidité, celui-ci fut très différent. Loin de ne durer qu'une fraction de seconde, cette fois-ci le Sudiste prit tout son temps. Ses lèvres se contentèrent tout d'abord de poser plusieurs baisers lents, goûtant sensuellement celles de l'Indienne, la main derrière la nuque l'empêchant de reculer. Puis, tout aussi lentement, la langue du jeune homme s'insinua délicatement à la rencontre de son homologue, ramenant sur les papilles de Leah ce mélange de banane et de chocolat.
Autant dire qu'elle aurait pu interrompre ce baiser à tout moment. Il ne faisait pas le poids face à sa force surnaturelle. Et autant dire aussi que ça ne l'effleura pas une seule seconde. Bien au contraire, elle pencha un peu la tête comme elle l'avait fait pour atteindre la boule de glace cachée afin de faciliter l'accès au jeune homme. De simplement sensuel, le baiser devint plus passionné durant quelques secondes, Jordy se faisant plus pressant, plus fougueux, comme s'il avait oublié qu'ils étaient au bord d'une plage, en plein jour, entourés de dizaines de gens. Encore une fois, Leah le laissa faire, trop déroutée par les frissons de plaisir qui lui traversaient le corps en vagues continues pour ne serait-ce que songer à amorcer le moindre geste de refus. Puis il sembla se ressaisir, relâchant un peu la pression sur la nuque de Leah. Sa langue se refit plus caressante, moins dominatrice, et enfin il s'éloigna après avoir conclu par un petit baiser presque chaste sur les lèvres gonflées de l'Indienne.
« Délicieux… » affirma-t-il d'une voix un peu rauque.
C'est le moins que l'on puisse dire…
