Bonjour tout le monde !

Me voilà de retour avec un nouveau chapitre des aventures d'Alix !

Remarques : j'utilise pour les armes principalement celles qu'on voit dans Advent Children, mais les monstres restent ceux du jeu. Tifa utilise donc ici les Griffes de Mythril, par contre Cloud aura son épée divisible ;)

Les monstres correspondront donc aux zones visitées.

Je vous informe aussi que les données kilométriques exprimées ici sont données à titre indicatif et ne correspondent qu'à ma vision des distances. Voilà.

D'ailleurs, je n'ai toujours pas fait de disclamer ! Le monde de Final Fantasy appartient à Square-Enix, par contre Alix et ma propriété.

Merci à Baka27, Yuya-Hime et Chocolate Kangoo pour leur review !

Chapitre 6
Jurassic Park

Je jetai un dernier regard derrière moi alors qu'on quittait la ville la barmaid et moi. Tifa avait fermé le bar hier soir, collant une affiche « fermé pour une durée indéterminée » sur la porte. Je ne l'avais vu qu'au matin, alors qu'elle me balançait un verre d'eau à la figure pour me réveiller. Sympa les amis, ici… Trempée, j'eus le temps d'avaler deux tasses de café bien fort alors que ma chère amie brune expliquait aux enfants les raisons de son geste (qu'ils connaissaient déjà d'ailleurs). Cela ne les empêcha pas de râler, et surtout de la part de Denzel, de demander de nous accompagner. Ce à quoi Tifa lui répliqua que « ce n'était pas demain la veille qu'un gosse de douze ans nous accompagnerait ». Le pauvre partit donc chez l'amie de Tifa, son regard noir se posant sur tout sauf sur nous.

- Tu as été dur, lui avais fait-je remarquer.

- C'est pour son bien, avait-elle répondu.

Nous avions juste pris le temps de ranger la cuisine avant que Tifa ne me balance un sac contenant les premières nécessitées : nourriture, eau, soins, pansements et d'étranges boules colorées.

- Des boules ? Tu comptes faire une pétanque en chemin ?

- Une quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes, c'est des matérias !

Elle ne prit pas la peine de m'éclairer plus sur le sujet, et me poussa dehors sans davantage de cérémonie.

Voila comment je m'étais retrouvée à cavaler dehors à sept heures du matin, sous une brise matinale qui me fit violemment frissonner.

- C'est où, Fort Condor ?

- Au sud d'ici, à environs une semaine de voyage à vol d'oiseau. Mais il y a des chaînes de montagnes, qu'on va devoir contourner.

Je grimaçai. Youpi Da ! Déjà que la marche à pied n'était pas mon fort mais en plus, on risquait de se faire attaquer. J'aimais ce pays…

- Allez, ne fais pas cette tête ! Les paysages sont sympas, tu verras !

Pour l'instant, c'était surtout un peu sec. Il n'y avait que de la terre brune à perte de vue, à peine brisée de temps à autre par un rocher gris émergeant du sol.

- T'en fais pas, le paysage prend plus de couleur pas loin d'ici. On prend pour l'instant la direction Sud-Sud Est. Je te montrerais bien une carte, mais je n'en ai pas.

Je hochai la tête, peu rassurée.

- Et les monstres ? demandai-je.

- Oh, on ne croisera pas grand-chose avant d'atteindre les zones herbeuses. Par contre, une fois dans la Région de la Prairie, il faudra être bien plus sur nos gardes.

- On y arrive quand, à cette prairie ?

- Je dirais demain, en fin d'après midi si on ne se fait pas trop attaquer.

Son optimisme me flanquait les jetons. Nous continuâmes ainsi de marcher, dans un silence relatif dû à ma fatigue et à mon stress. Je zieutais partout autour de nous, prête à courir à la moindre écaille/poil/moustache qui apparaîtrait. De plus, je ne voyais pas comment Tifa pourrait se débarrasser des monstres toute seule. Elle n'était pas fluette, loin de là même, mais à la simple pensée d'un truc s'attaquant à elle j'avais des frissons. Cloud, Barret, Nanaki ou même Yuffie semblaient bien plus aptes à tuer des monstres. Au moins, ils étaient armés, eux. Je me consolais comme je le pouvais en me disant qu'au pire du pire, je pouvais toujours leur balancer les boules colorées à la figure.

- C'est calme, tu ne trouves pas ? finis-je par lancer.

- Non, pas tant que ça. J'ai aperçu plusieurs bestioles, mais aucune n'a osé nous attaquer.

Je déglutis, consciente qu'apparemment mes observations ne servaient à rien. Nous continuâmes notre route à un rythme qui me paraissait bien tranquille par rapport à ce matin. Tifa semblait plus calme, et je me permis de relâcher un peu la pression et de commencer à me détendre et à profiter de la balade. Vers midi, Tifa décréta une pause, ce qui me fit soupirer de soulagement. Mes mollets commençaient sérieusement à me tirer, peu habitués à cet effort violent. Le paysage avait commencé à changer, la pierre et la roche, dures et sèches, que nous côtoyons depuis le matin avaient tout doucement commencé à être recouvertes de brins d'herbe. Rien de très folichon, encore, mais c'était déjà ça. Nous nous assîmes donc sur une pierre plate un peu au-dessus de la route, et commençâmes à manger sans plus attendre. Au menu, lamelles de viande de Chocobo séchées. C'était vachement bon, mais il fallait dire aussi que j'avais vraiment faim. Le repas fut accompagné d'un silence relatif et de bruits de mastication, jusqu'au moment où j'aperçus quelque chose au loin.

- Un groupe de Sweeper ! grogna Tifa.

De loin, je ne distinguai que des formes mouvantes, se déplaçant à grande vitesse.

- Ne traînons pas, on a trop de chance d'être repérées ici.

Nous rangeâmes à vitesse grand V nos reliefs de repas, avant de nous remettre en route d'un pas déjà plus soutenu. La barmaid était de nouveau sur le pied de guerre, peu encline à la conversation. Un peu plus et je me croyais à un enterrement. Le paysage se métamorphosa alors rapidement autour de nous, les cailloux remplacés par une herbe dense et bien verte comme je n'en avais pas vu depuis longtemps.

- Il faut se méfier à partir de maintenant, les monstres se servent de l'herbe pour dissimuler leur présence.

Pas de problème, ma fille. Je te préviendrai si j'en vois un apparaître soudainement sous mon nez, parce que je suis incapable de les voir sinon. Tifa n'accéléra pas plus le rythme, et continua sa route tranquillement. Étonnement, elle semblait parfaitement savoir où aller dans cette immense endroit vallonné, dont pour moi la gauche et la droite n'était qu'un vaste copier-coller. Mais au moins, je devais l'avouer, le paysage était sublime. À ma droite, d'immenses montagnes me barraient la vue, et je compris que c'était à cause d'elle qu'on faisait un petit détour.

- Il y a la mer à gauche, mais on est trop loin pour l'apercevoir.

Je hochai la tête à la déclaration de Tifa, me construisant petit à petit une carte mentale. Je n'avais jamais excellé en géographie, qui était plutôt le domaine de Suzanne. Par contre, je pouvais me vanter de posséder un excellent sens de l'orientation, qui ne me servait à rien dans les temps actuels puisque je n'avais pas la moindre idée d'où je pouvais bien être. Si quelqu'un me le demandait, je répondrais quelque chose du genre « quelque part entre Edge et Fort Condor, mais plus proche de Edge voyez-vous ».

- Il n'y a pas de champs cultivés ? demandai-je à la belle brune à côté de moi.

- Jamais aussi loin des villes, à cause des monstres. Il fait trop sec autour de Edge pour que quelque chose y pousse de toute manière. Les champs les plus proches sont à Kalm, même si la plus grande région céréalière de ce monde reste Wutaï.

Je prenais grand soin à bien noter toutes ces informations dans un coin de ma tête. Plus j'en saurais sur ce monde, moins de chance j'aurais d'avoir des ennuis.

- Ne bouge plus ! me siffla brusquement Tifa.

Je me figeai alors, un pied en l'air, regardant avec inquiétude autour de moi.

- Deux Balades de Démons. Un jeu d'enfant. Reste sur tes gardes et ne me gêne pas.

Sans attendre, elle attrapa ce qui ressemblait à des gants à sa ceinture et les enfila. Ils étaient ornés d'immenses griffes en métal qui ne devaient pas faire du bien quand elles s'enfonçaient dans votre chair. Pendant ce temps, je voyais pour la première fois des « monstres », et je fus parcourue d'un grand frisson. Cachés par l'herbe, ils avaient été soustraits à ma vue jusqu'à que la barmaid m'arrête. Comprenant sûrement qu'ils avaient été repérés, ils étaient alors sortis de leur trou, légèrement à ma droite. Il s'agissait d'être en forme de… moto, aux longs bras violets et à l'abdomen d'araignée. Tifa semblait tranquille, rassurée par leur faible nombre. Son attitude ne m'empêcha pas de me demander ce que cela pouvait faire de mourir écrasée, vu qu'ils étaient bien plus grand que nous deux et cela même si je montais sur les épaules de la brune.

- Surtout, ne bouge pas ! me siffla-t-elle.

Et elle bondit. Littéralement. Alors que je poussais un glapissement de terreur tout à fait féminin, un truc comme «Yarghhhhh !» très sexy en me cachant la tête avec mes bras. Les monstres ne me jetèrent pas un regard, se concentrant sur la proie qui les attaquait. Tifa, le poing en avant, se trouvait déjà au niveau de la première Balade. Elle lui assena alors un coup qui me fit frémir, et la créature répondit par un cri de colère mais aussi de douleur. Du sang jaillit de l'endroit de l'impact, alors que le deuxième se jetait lui aussi sur la barmaid. Elle ne prit même pas la peine de l'éviter et répliqua par un coup de pied en plein dans son abdomen. La créature ne poussa pas un seul glapissement et s'effondra, faisant trembler le sol, les entrailles à l'air libre. Tifa évita d'un geste souple un coup du premier, encore debout, et s'éloigna de lui d'une pirouette. Elle reprit son élan, et lui donna le coup de grâce avec ses poings. Et moi qui pensais qu'elle ne savait pas se battre parce qu'elle n'avait pas d'arme !

- Ça faisait longtemps, déclara-t-elle en s'étirant, les bras au-dessus de la tête.

Et alors se produisit un phénomène qui me laissa pantoise : les cadavres de monstres disparurent dans un immense flash violet. Comme ça, pouf, évaporés, plus de monstres ! Par contre, sur le sol, brillait des pièces de monnaie et des fioles, que la brune se dépêcha de ramasser et de mettre dans son sac. Ensuite, la barmaid se tourna vers moi, avant de froncer les sourcils.

- Relax ! me fit-elle. C'est rien ça, je suis largement capable de m'en occuper toute seule.

C'est ce que j'avais remarqué, oui. Mais impossible de faire comprendre à mes genoux qu'il fallait qu'ils arrêtent de trembler, ou même à mes bras de bouger. J'étais tout simplement morte de trouille.

- Tu… Tu es blessée ? Ça va, dis ?

Je reprenais tout doucement le contrôle de moi-même, comme si m'inquiéter pour la barmaid m'empêchait de me faire du mouron pour moi-même.

- Calme-toi ! Je n'ai strictement rien ! Allez, on continue !

Nous reprîmes ainsi notre route, Tifa gambadant joyeusement et moi me demandant pourquoi diable je l'avais suivie. Malheureusement pour nous (enfin, surtout pour Tifa) la première attaque semblait avoir marquée le début de multiple autres, à mon plus grand dam. Les ennemis arrivaient de plus en plus souvent, ne nous laissant que de moins en moins de répit. J'eus ainsi l'occasion de détailler bon nombre des animaux de la faune du pays, à mon plus grand regret : Canines de Kalm, Rôdeurs, et même un Sweeper à un moment, les plus chiants restant les Canines car elles se baladaient en groupe généralement bien plus important, et j'eus besoins de courir plusieurs fois pour éviter de me faire dévorer. Rien à dire, j'aimais ce pays de dingues.

- On va s'arrêter là pour la nuit, décréta brusquement Tifa,

Je m'effondrai sans plus attendre sur le sol, mes mollets déjà douloureux à midi étant maintenant complètement tétanisés.

- Comment on va faire pour la nuit, on va organiser un tour de garde ? lui demandai-je.

- Non pas besoin, on va juste monter la tente, ça va suffire.

- Tu essais de me faire croire qu'une simple tente va nous protéger de l'assaut des monstres ?!

- Oui.

- Je ne te crois pas.

- Normal. Je vais faire un feu, sors une boîte de conserve s'il te plait.

J'obtempérai sans me poser plus de question, sachant de toute façon que je n'aurais pas de réponses claires avant un bon moment. Puis si la barmaid pensait qu'une toile de tente valait tous les remparts du monde, c'est qu'il y avait une raison.

- Dis, il sera là dans longtemps, Cloud ? finis-je par demander en mangeant mes flageolets.

- Je ne sais pas, tout dépend de où il était avant de recevoir mon coup de fil.

- Ça ne t'inquiète pas d'être toute seule comme ça ? Enfin, je suis là mais je ne sers pas à grand chose !

- Si, de diversion !

Je lui jetai un regard noir, n'appréciant pas du tout son humour.

- Il est parti faire quoi d'ailleurs Cloud ?

- Hum, faire une livraison. Les gens le paye pour qu'il porte des colis d'une ville à l'autre. Mais je crois qu'il est surtout parti pour se défouler un peu sur les monstres. Il n'aime pas trop rester immobile en général, même si ça va mieux depuis les Géostigmats. Et je pense aussi qu'il essayait de retrouver Vincent pour lui faire part des récents évènements, mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Je hochai la tête. Il m'importait peu de savoir qui était ce Vincent tant qu'il restait loin de moi. Parce que, soyons franc, tout ce que je savais sur ce bonhomme c'est que c'est lui qui aurait le dernier mot concernant mon possible assassinat. Je n'avais pas la moindre envie de le rencontrer, mais alors pas la moindre.

- Allons nous coucher, la route va être longue demain encore.

C'est ainsi que je me couchai, roulée en boule auprès de Tifa dans une tente minuscule. Et alors que je pensais avoir du mal à m'endormir à cause du stress, de la peur des monstres et d'une attaque, ma fatigue tant mentale que physique m'acheva rapidement et je m'endormis au doux son de la respiration de la barmaid.

-A-

Le lendemain matin, la brune me secoua vivement à l'aube. Maugréant tout ce que je savais sur le manque de considération sur le nombre d'heures de sommeil, je me levai néanmoins pour aller boire un thé léger en sa compagnie. Le vent, encore plus frais que la veille, me fit cruellement frissonner et regretter l'abri relatif de la tente.

- On continue toujours vers le Sud-Sud Est aujourd'hui, m'informa la barmaid. Demain ou après demain, tout dépend des combats qu'on aura à livrer, on capturera un Chocobo pour traverser le Marais.

- Un Chocobo ?

- Oui, tu verras ! me dit-elle en me faisant un clin d'œil.

Nous repartîmes donc sous le soleil resplendissant qui recouvrait la région, bavardant joyeusement au sujet des différents habitués du bar de Tifa. Bizarrement, je me sentais fraiche et dispo, comme si la journée d'hier n'avait jamais eu lieu, et c'était apparemment aussi le cas de Tifa. Comme la veille nous nous fîmes attaquer par tout ce qui semblait peupler cette région.

- Il était coriace celui-là ! fit brutalement Tifa.

Elle sortait tout juste d'un affrontement face à une Balade de Démon qui l'avait fait tourner en bourrique en l'encerclant mode indien autour d'un cow-boy. Elle avait finit par l'avoir en lui faisant un tacle rapide suivit d'un coup de pied retourné.

- Tu es blessée, lui fis-je remarquer.

Le souffle court, elle détailla son corps pour y trouver de nombreux bleus et égratignures.

- Pas grave, je soignerai tout ça ce soir dans la tente.

Je lui jetai un regard sceptique. Elle était fatiguée non pas par la difficulté des combats, mais par leur nombre de plus en plus important et surtout de plus en plus fréquent.

- Tu ne veux pas qu'on fasse une pause ? lui proposai-je doucement.

- Non, il faut qu'on continue d'avancer.

- Bien, chef !

Ma répartie ne la fit même pas sourire. On cavala ainsi jusqu'à midi où nous nous effondrâmes sur le sol de la prairie, dans un petit renfoncement à l'abri du vent. Le repas se fit vite et en silence, tant et si bien qu'un quart d'heure après que mes fesses aient touché le sol, nous étions déjà repartie. La première heure se déroula sans anicroches ni combats, ce qui permit à la barmaid de souffler un peu. Vers le milieu de l'après-midi, cependant, les monstres refirent leur apparition. Tifa se démerdait plutôt bien, se gardant bien de râler où même de se moquer de moi alors que j'essayais de courir pour ne pas me faire dévorer/rouler dessus/écraser par mégarde.

- Je sens que je vais devoir utiliser les matérias plus tôt que prévue ! grogna-t-elle furieusement après un combat assez ardu.

Les petites boules colorées ? J'avais raison, elles servaient bien à assommer les ennemis en leur envoyant dessus ? Chouette alors ! Nous reprîmes notre route sans plus attendre, néanmoins je sentis une légère différence du côté de Tifa, Cette différence alla en s'accentuant : petit à petit, elle accéléra le rythme de marche, tant et si bien que je courrais presque à ses côtés. De même, je perçus clairement les regards de plus en plus mauvais qu'elle jetait au paysage autour de nous (toujours aussi splendide d'ailleurs). Ce fut quand même au bout d'une bonne heure que je me rendis compte d'un fait marquant : nous n'étions plus attaquées. Pas la moindre trace de créatures bizarres dans tout le périmètre de ma vision.

- Tifa, il y a quelque chose de bizarre…

- Tais-toi et avance !

Je fermai la bouche, stupéfaite pas son ton plus que sec. Comprenant que ce n'était vraiment pas le moment, je continuai ma route à ses côtés sans plus piper mot. Mais au bout de vingt minutes, mon souffle s'était fait court et mes mollets, déjà bien malmenés, me tiraient affreusement. J'avais un point de côté qui me donnait l'impression que quelqu'un m'enfonçait un couteau dans le flan gauche. Petit à petit, le ciel au-dessus de nos têtes se couvrit de sombres nuages et l'air se fit plus lourd. Il me semblait brusquement tout à fait logique que la précipitation de Tifa soit due à ce brusque changement climatique : il est vrai que se prendre un orage sur le coin du nez là maintenant tout de suite ça ne m'enchantait pas, mais alors pas du tout. Malheureusement, au bout d'une heure de ce traitement, je me mis à boitiller, d'horribles crampes me vrillant les muscles des jambes. Tifa s'arrêta brusquement.

- Tifa, je…

- Merde ! Merde, merde, merde ! cracha-t-elle.

Le mélange entre la fatigue morale, la douleur physique et son attitude me fit monter les larmes aux yeux.

- Ils nous ont repérés ! siffla-t-elle avant de se tourner vers moi. Alix, il va falloir que… Mais pourquoi tu pleures ?

Elle me détailla quelques secondes avant de remarquer que je ne m'appuyais presque pas sur ma jambe gauche.

- Que se passe-t-il ? Tu es blessée ?

- Je n'ai pas la même endurance physique que toi ! pouffai-je ironiquement.

Elle écarquilla les yeux.

- Mais pourquoi tu ne m'as pas demandé une pause ?

- Tu ne semblais pas très encline à la conversation.

- Je sais, grimaça-t-elle. M'enfin bon, tu vas pouvoir souffler deux minutes, j'ai du travail.

Son regard s'était fixé sur notre gauche. Je ne voyais rien de particulier avant que je sente le sol se mettre à trembler.

- Qu'est-ce que c'est ? lui demandai-je d'une toute petite voix.

- Le plus important groupe de monstres que je n'ai jamais croisé de ma vie, m'expliqua-t-elle en mettant ses gants armés de griffes acérées.

Apparut alors à mon regard un troupeau composé d'une dizaine de Balades, de cinq Sweepers, de six Canines de Kalm et de sept Rôdeurs.

- On est dans la merde là, non ? demandai-je, la voix blanche.

- Pas qu'un peu, me confirma la barmaid.

Elle se plaça d'autorité devant moi, faisant rempart de son corps face aux créatures en face de nous.

- Si ça se passe mal, tu cours sans te retourner vers le Sud-Est. Et pas de « non mais et toi ? » !

- D'a... D'accord.

Sur ces mots, elle se jeta sur la première Canine. Ses griffes lui transpercèrent la peau sans difficultés, faisant gicler son sang jusqu'à sur moi. La créature disparut dans un flash violet, comme toutes les autres créatures mortes d'ailleurs, alors que je me reculais pour ne pas gêner ma camarade. D'un souple mouvement, Tifa se tourna pour infliger la même chose à l'un des Rôdeur, mais une Balade intercepta son geste (probablement sans le vouloir), et en paya le prix fort, puisqu'elle disparut elle aussi dans une gerbe de sang qui aveugla la brune. Elle s'essuya les yeux, mais ne vit du coup pas arriver l'attaque du Rôdeur qu'elle voulait éliminer. Elle tituba sous le choc, avant de se remettre d'aplomb et contre-attaquer. De mon côté, je jetais des regards frénétiques à gauche et à droite, surveillant du coin de l'œil Tifa tout en essayant de ne pas devenir une cible à mon tour.

Cela ne dura pas longtemps puisque dix minutes après le début du combat un premier monstre s'aperçut que j'existais. Je reculai doucement, espérant follement qu'il se concentrerait plutôt sur la proie dangereuse. Peine perdue car la Canine se jeta sur moi sans plus attendre. Je l'évitai en me jetant au sol, ce qui fit qu'elle me passa largement au-dessus de la tête. Fière de mon esquive, je me relevai aussitôt pour voir que mon mouvement avait attiré l'attention du reste du groupe sur moi. Presque aussitôt, trois Balades se détachèrent pour venir vers moi, accompagnées d'une autre Canine et de deux Sweepers.

- Merde ! sifflai-je.

Je me mis donc à accomplir ma technique numéro un pour ne pas mourir : courir. Si possible autour du combat de Tifa, qu'elle me vienne en aide. Peine perdue, elle était déjà à moitié débordée. Une longue griffure ornait son bras gauche et du sang en coulait à flot, alors qu'elle essayait désespérément d'éviter de se faire rouler dessus par une Balade du Démon. Elle taillada vivement cette dernière, qui poussa un cri d'agonie avant de disparaître. Il nous restait donc huit Balades, cinq Canines, six Sweepers et six Rôdeurs.

- On ne va jamais y arriver ! hurlai-je à Tifa tout en courant.

Elle, elle essayait vainement d'attaquer les Sweepers, mais à chaque fois les autres monstres s'interposaient. Bizarre.

- Aie !

Je ne pus retenir un cri de douleur lorsque l'une des Canine planta ses dents dans ma cuisse droite. Je m'effondrai alors au sol, me roulant en boule comme une gamine apeurée (ce que, je devais l'avouer, j'étais). Ce geste me sauva probablement la vie parce que je fus percutée de plein fouet par une Balade de Démon qui m'envoya rouler cinq mètres plus loin. Je me relevai difficilement et me remis à boitiller vers Tifa.

- Alix ! Envoie-moi une matéria !

Je grimaçai : les matérias étaient dans mon sac à dos, de l'autre côté du combat de Tifa. Il avait glissé lors de ma course, et je l'avais bêtement laissé tomber. Le seul problème était que j'étais maintenant entièrement entourée par le groupe de monstre qui m'avait pris en charge.

- Alix, cours ! hurla alors la brune, voyant ma position.

- Je veux bien, gémis-je. Mais par où ?

- Fonce sur les Canines !

J'appliquai à la lettre sa consigne, et fonçai sur les créatures. J'évitai souplement la première, mais rentrai de plein fouet dans une Balade. Je rebondis comme une boule de flipper, et m'étalai à terre. Je sentis un sursaut d'adrénaline me parcourir le corps et je me remis d'aplomb aussi vite que possible, récoltant au passage une nouvelle morsure, sur le bras cette fois-ci. Je gémis sous la douleur qui parcourait mon corps, et seule la pensée que j'avais déjà connu pire me permettais de tenir debout. Je continuai ma pénible avancée vers mon sac à dos, talonnée de bien trop près par les monstres. Une Balade me rentra de nouveau dedans, et je roulai par terre une fois de plus. Comprenant que je n'aurais pas la moindre chance de me remettre d'aplomb, je me mis à ramper sur le sol. Les Sweepers passèrent eux aussi à l'attaque, mais me ratèrent de peu. Gémissant de terreur, j'arrivai enfin au sac, dont j'attrapai vivement une brettelle pour l'attirer à moi. Je me retournai alors pour faire face à mes adversaires, qui me jaugeaient maintenant d'un peu plus loin. Tifa, elle, avait éliminé tous les Rôdeurs, et s'occupait maintenant des Canines. J'entrepris alors d'ouvrir le sac. Je dus m'y reprendre à trois fois avant que mes doigts, qui tremblaient à cause du stress, attrapent la fermeture éclair et la fassent glisser. Je plongeai presqu'aussitôt ma main droite dedans, alors que la gauche pendait, douloureuse à cause de la morsure que j'avais subie. Mes doigts se refermèrent alors sur une boule, que je m'empressais de tirer du sac.

- Tifa, attrape ! hurlai-je.

Mais alors que je brandissais ma sphère, les monstres changèrent brusquement d'attitude. Ils se figèrent tous, alors que l'un des Sweeper s'avançait vers moi. Même le combat de Tifa s'était arrêté, comme hypnotisé par mon mouvement. Et alors que j'amorçais mon lancé, j'entendis Tifa hurler :

- ALIX ! ATTENTION !

Je sursautai, laissant glisser la boule entre mes doigts, alors qu'une multitude de fusées fonçaient vers moi. Je ne pus amorcer un mouvement qu'elles me percutèrent de plein fouet. Je sentis, comme détachée de mon corps, la chaleur de l'explosion sur ma peau, alors que je volais violemment pour atterrir une bonne vingtaine de mètres plus loin. J'entendis comme lointain le bruit d'une autre chute, ce qui me laissa penser que Tifa avait été touchée elle aussi. Puis un bruit de moteur, des coups de feu, un grincement de frein, et se fut le silence et l'obscurité.

Fin du chapitre 6

Ah, pas facile à écrire celui-là ! Ça fait mal une attaque Magique Matra quand on ne s'y attend pas !

Si vous voyez des incohérences, des fautes d'orthographe, des trucs pas clairs, n'hésitez pas à me le signaler !