Hagrid était parti depuis quelques jours lorsqu'un nouveau visiteur vint à Azkaban. Mais celui-ci, en plus d'être une personnalité très importante, était un homme libre. Les Aurors qui l'accompagnaient, aboyaient son nom et sa fonction aux prisonniers. L'homme se penchait vers les cellules, et leur parlait brièvement, puis repartait comme si de rien était.

-Black, le salua-t-il.

-Bonjour, Monsieur le Ministre.

Fudge, puisque c'était lui, d'après ce que les Aurors lui avaient dit, haussa un sourcil, surpris.

-Vous ne vous attendiez pas à ce que je vous parle ?

Sirius ne put retenir la pointe de raillerie dans sa voix, mais le Ministre ne sembla rien remarquer.

-Je ne pensais pas que vous auriez autant gardé votre… clarté intellectuelle.

-Je ne voulais pas devenir fou, Monsieur. Il y a mon filleul, dehors, vous savez…

-Hum, oui, oui. Excusez-moi, le devoir m'appelle, dit Fudge en s'inclinant légèrement.

Il remit son chapeau melon, et commençait à avancer lorsque Sirius s'exclama :

-Avez-vous fini la lecture de votre journal ?

Fudge leva le bras, et regarda le journal qu'il tenait dans sa main, comme s'il venait seulement d'en découvrir l'existence. Sirius avait presque oublié ce que cela faisait, de pouvoir disposer de tout et de rien lorsqu'on le voulait…

-Prenez-le, cela vous distraira un peu.

-Merci. Vous ne pouvez pas savoir à quel point les mots croisés m'ont manqué…

Si cette remarque était sarcastique, elle n'en demeurait pas moins vraie. Tous ces petits gestes, ces actions quotidiennes…

-Vous n'avez pas de plume, fit remarquer Fudge.

-Ce n'est pas grave. J'apprendrais chacune des solutions par cœur, cela me prendra plus de temps… et fournira plus d'occupation.

-Il y a aussi une photo du gagnant de la loterie de La Gazette du Sorcier, il en a profité pour faire un beau voyage, avec toute sa famille.

Sirius haussa les épaules. Ces futilités n'étaient pas ce qui l'intéressait le plus. Qu'un pauvre bougre ait hérité de plusieurs milliers de Galions ne changerait pas son sort, quel que soit le nombre total de Galions.

Il baissa les yeux vers le journal.

15 juillet 1993.

Douze ans qu'il était enfermé ici… Il avait à présent trente-trois ans… Harry en avait bientôt treize… Il était donc à Poudlard.

Il éplucha chaque page, se délectant de chaque lettre, chaque mot, chaque phrase. Il se plaisait à imaginer à quoi devait ressembler la vie de certaines personnes mentionnées qu'il avait connu. Ce journal était sa bouffée d'air frais, comme une libération.

Après l'avoir décortiqué complètement, et presque appris par cœur, il se résigna enfin à lire l'article sur le gagnant de la loterie. Il s'était d'abord refusé de le lire parce que le Ministre le lui avait justement conseillé, esprit contradictoire oblige.

C'était Arthur Weasley. Il était plus vieux que lui, élève à Poudlard. Sirius était heureux que ce soit lui qui ait remporté la somme en jeu –les Weasley n'était pas une famille riche, il le savait.

Sirius tourna la page pour regarder la photo qui les montrait en Égypte.


Je sais, j'avais dit que c'était le dernier mais en fait... il va y en avoir encore un ! Vous êtes contents/contentes ? :)

J'espère que vous avez aimé, et dites moi ce que vous en avez pensé, c'est très important pour moi ;)

Et comment pensez vous que Fudge a interprété le "Il y a mon filleul, dehors, vous savez… "?