Autant dire que le lendemain l'ambiance générale était à la gêne. Kyo n'osait pas lever la tête vers Yuki et gardait au moins un mètre de distance avec lui, tandis que le rat rougissait tellement souvent que le rouge devenait son teint naturel. Est-il nécessaire de préciser que Shigure, faisant preuve de son tact habituel, n'arrangeait guère la situation ?
Cet embarras ne manqua pas d'intriguer notre subtile Tohru qui prit Kyo à part et, montrant une nouvelle fois un esprit d'analyse sans faille, lui reprocha une mauvaise dispute avec son cousin malgré sa convalescence.
« Kyo : *soupir* Si seulement c'était ça… »
Il planta Tohru au beau milieu de son splendide discours sur l'importance du lien fraternel et grimpa sur le toit. Après une nuit blanche à réfléchir il n'était toujours pas plus avancé.
Qu'est-ce qui lui avait pris ? Il avait complètement perdu l'esprit ! Comment allait-il rattraper ça ? Même s'il le voulait il ne pouvait revenir sur ses paroles. La scène repassa clairement sans sa mémoire. Son visage fit concurrence à ses cheveux et son cœur dansa la samba –ou valsa avec Akito c'est selon XD. Mais la fuite de Yuki qui s'ensuivait lui fit l'effet d'un seau d'eau glacé. Sans ce bémol il n'aurait peut-être pas regretté son geste. Voire même il aurait été fier. Seulement il avait été trop brusque. Que faire maintenant, que faire ? Il allait devoir aller jusqu'au bout mais et Yuki ? Le chat et le rat pouvaient-ils coexister ainsi ? Le chat ne dévorerait-il pas la souris ?
Pris d'une violente migraine, il se prit tête entre ses mains. Pourquoi était-ce si compliqué ? N'aurait-il pas pu faire simple et choisir Tohru par exemple ? Il la revit faire son discours dans sa tête. Non plutôt mourir. Une fille au moins ? Mais ses seuls autres exemples étaient Saki, Arisa, Kagura et éventuellement Rine alors… sans parler de son entourage aux gouts tout aussi étranges… En fait ce n'était que la conclusion logique. Et surtout, il n'aimait pas les hommes mais Yuki. Il aurait été une fille que cela n'aurait rien changé, bien que facilité quelque peu sa situation.
Il en était là de son raisonnement quand Shigure le rejoignit.
A l'étage inférieur, Yuki…
Si le chat avait échappé à Tohru, lui avait eu droit au sermon au complet. En même temps il se voyait mal lui expliquer ce qu'il s'était vraiment passé… Elle finit par le laisser tranquille et il soupira d'aise. Elle était de bonne volonté certes, mais un peu trop encombrante parfois. Mais bon, qui ne pardonnait pas à Tohru ?
Il se laissa tomber sur le lit. Comme il observait le plafond, son esprit revint bientôt sur les évènements de la veille. Il y avait longuement réfléchi et se doutait que le roux avait probablement souffert également d'insomnie. Autant dire qu'il s'était mis dans une situation plus que délicate. Seulement le mot « délicatesse » faisait-il parti de vocabulaire ? Bon il exagérait peut-être un peu. Mais il avait été très surpris. En tout cas toute la détermination de Kyo était partie en fumée et il était rare de le voir aussi désemparé. En même temps qui ne le serait pas à sa place ?
Bref, il avait réfléchi au problème et en avait conclu qu'en fin de compte il n'y en avait pas réellement un. Il n'y avait que quelque doute et maladresse de parcours. Côté maladresse, il pensait surtout à sa propre réaction. Il avait pris la fuite, ce qui avait forcément dû inquiéter Kyo. Pour ce qui était des doutes…
Il se tourna sur le côté, les yeux fixés vers la fenêtre. Il ne pensait pas Kyo capable de mentir sur ce genre de choses, il était bien trop fier. Quand bien même il l'aurait fait, Yuki était sûr qu'il l'aurait remarqué. Non, ce n'était pas des sentiments du chat dont il doutait, mais des siens. Qu'éprouvait-il pour Kyo ? Il ne s'était jamais vraiment posé la question. En plus, côté sentiments il était presque au même niveau que le roux. Tant qu'il n'aurait pas résolu cette question, il était inutile de se concentrer sur les conséquences. Il devait choisir suivant ce qu'il ressentait et non selon des « et si jamais je ». Il soupira de nouveau, mais d'accablement cette fois. Il lui serait plus facile de raisonner et trouver le choix possédant le moins d'inconvénient. Mais ce n'aurait pas été juste envers Kyo.
On frappa alors à sa porte.
De retour sur le toit…
« Kyo : Qu'est-ce que tu me veux ?
-Shigure : Content de voir que tu as la forme !
-Kyo : Et moi triste que ce toit ne soit pas assez haut pour que tu rompes le cou en tombant.
-Shigure : Je suis sûr que tu ne le penses pas.
-Kyo : Approche-toi du bord et tu verras bien.
-Shigure : Que tu es taquin aujourd'hui ! Et moi qui venais pour t'aider !
-Kyo : M'aider ? Si c'est pour faire comme ce matin, je m'en passerai merci.
Shigure s'approcha du chat et s'assit à côté de lui. Son sourire mesquin était devenu compatissant.
-Shigure : Tu sais, tu ne devrais pas être aussi déprimé.
-Kyo : Qu'est-ce que tu en sais ?
-Shigure : Oh, je n'ai pas les détails mais j'ai une vague idée. Tu t'es décidé à faire un premier pas et il a pris la fuite. Ai-je tort ?
-Kyo : …
-Shigure : C'est normal qu'il ait pris la fuite. Il a dû être tellement surpris qu'il ne savait pas comment réagir. Crois-en mon expérience.
Le roux se demanda un instant sur quelle expérience il se basait mais ne posa la pas la question.
-Kyo : Je ne crois pas que ce soit ça.
-Shigure : Quoi d'autre alors ?
-Kyo : Je… Je crois qu'en agissant aussi impulsivement il a… fait un rapprochement entre Rei et moi…
Shigure haussa un sourcil. Puis il prit un air entendu.
-Shigure : Ah la jalousie dans un jeune couple…
Kyo fut comme électrocuté et retint au dernier moment le poing qui allait frapper le chien. Ce dernier reprit calmement.
-Shigure : Excuse-moi, je ne peux pas m'en empêcher. Je t'assure que je veux t'aider sérieusement mais tu dois accepter l'idée que je puisse dire quelque chose de vrai. As-tu vu un seul indice t'indiquant que Yuki te considère comme ce violeur ? Personnellement je n'ai rien remarqué.
-Kyo : … Alors selon toi ce n'est que de la confusion ?
-Shigure : Parfaitement. Je pense que Yuki ne s'attendait pas du tout à ça et doit actuellement être en train de chercher où il en est. Ton message est passé, la balle est dans son camp. Je crains que la seule chose qu'il te reste à faire soit d'attendre.
-Kyo : … ça se tient… Mais tu crois que… j'ai mal agi en le brusquant maintenant ?
-Shigure : Je pense que tu lui apportes le meilleur soutien possible de la sorte. Et puis je doute que tu aurais eu une autre occasion plus tard depuis le temps que sa traîne…Je trouve juste dommage que tu ne sois pas allé jusqu'au bout, tu aurais été immédiatement fixé… *sourire pervers*
-Kyo : ... Les pervers savent-ils voler selon toi ?
-Shigure : Bon, Je crois que je vais y aller…
Il se leva pour partir mais Kyo le retint.
-Kyo : Shigure ? Tu crois que… enfin… C'est possible entre le chat et le rat ?
C'était bien la première fois qu'il voyait le chat lui demander, à lui, de le rassurer. Surtout avec une mine aussi angoissée et désespérée.
-Shigure : *hausse les épaules* Les signes astrologiques des gens ne les ont jamais empêchés de s'aimer. Il n'y a aucune raison que cela change. Tout ne repose que sur vous deux.
Il allait rentrer dans la maison mais s'arrêta pour ajouter.
-Shigure : Rappelle-toi que tu as été le premier à pouvoir l'approcher après l'incident. Tu m'avais demandé pourquoi, tu t'en souviens ? Réfléchis-y.
Là-dessus, il laissa le chat méditer sur ses paroles, jugeant que son intervention avait été parfaitement bien dosée. Après, tout dépendait de Yuki et accessoirement de ce cher Aya…
Yuki et accessoirement ce cher Aya…
Entendant quelqu'un entrer, Yuki refit face à la porte et se retrouva nez à nez avec son frère. D'un réflexe malheureux en le voyant brusquement aussi près, ledit frère fut bientôt en mesure de voir les étoiles en plein jour.
« Yuki : Oups. Tu peux m'expliquer pourquoi tu ne t'es pas annoncé ? Je ne t'aurais pas frappé sinon ! Quoique… Mais bon.
-Ayame : Je voulais te surprendre.
-Yuki : Eh ben c'est réussi ! Tu venais pour quelque chose en particulier ?
-Ayame : N'ai-je pas le droit de rendre visite à mon cher petit frère ? Je venais aux nouvelles.
-Yuki : Et bien comme tu vois je me porte assez bien et les gens peuvent s'approcher de moi à condition qu'ils ne soient pas trop nombreux. Sans oublier que je dors mieux.
-Ayame : Tant mieux, tant mieux ! Mais quelque chose me dit qu'il y a autre chose.
-Yuki : Comment ça ?
Le serpent s'approcha et désigna son front juste au dessus de son nez.
-Ayame : Tu as un pli soucieux entre les sourcils. Il y a donc quelque chose qui te préoccupe.
-Yuki : …
-Ayame : Tu sais très bien que tu peux tout me dire. Je suis ton frère voyons.
-Yuki : … Et bien… Comment tu as su que… si…
-Ayame : Si tu ne mets pas plus de mots je ne comprendrais pas.
-Yuki : Comment tu t'es rendu compte que tu aimais Shigure ?
-Ayame : Ah… C'est une excellente question… Attends que je réfléchisse.
Pour la première fois, il semblait réellement embarrassé.
-Ayame : Alors voilà… Je devais être à peine plus âgé que toi quand j'ai eu… le même genre d'incident que toi, tu vois ce que je veux dire ?
Yuki hocha la tête. Apparemment ce genre de problème était répandu dans sa famille…
-Ayame : Je t'épargne les détails, mais tu sais que j'ai tendance à exaspérer les gens. Ne réponds pas c'est purement rhétorique. Et un jour certains on voulu se venger et… bref. Alors quand j'ai appris que ça t'étais arrivé aussi, tu ne peux pas imaginer… Je m'éloigne là.
Le rat ne disait rien, laissant son frère s'exprimer librement. C'était la première fois qu'il apprenait que son frère avait subi pareil traumatisme.
-Ayame : Et après… « ça », j'étais dans un état second. Comment t'expliquer… J'étais là, mais absent en même temps… Complètement imperméable à l'extérieur, sauf que dès qu'un homme s'approchait de moi : je reprenais immédiatement pied sur terre pour m'enfuir avant de replonger dans cet état second. Evidemment, cela inquiétait beaucoup mon entourage. Quand on autorisa d'autres personnes qu'Akito et notre mère s'approcher de moi, Shigure fut le premier à se présenter. Et, curieusement, je revins à moi quand il commença à parler.
Ayame eut un petit rire.
-Ayame : T'aurais dû voir ça. Il m'a passé un de ces savons ! Comme quoi j'aurais dû arrêter de casser les pieds des gens, que comme ça il aurait été avec moi etc… Autant dire que ça surprend. Mais c'était surtout le contrecoup l'inquiétude qui l'avait énervé. Ensuite il revint tous les jours et je restais de plus en plus longtemps éveillé. Et j'ai fini par me rendre compte que je ne pouvais plus me passer de lui, j'avais besoin qu'il soit là. Mais…
Il s'interrompit et fronça les sourcils visiblement en colère.
-Yuki : Mais ?
-Ayame : Mais Akito ne supportait pas qu'il vienne me voir comme ça régulièrement. Un jour Shigure finit par me dire qu'il ne pourrait plus venir, qu'il était désolé. Il était vraiment désespéré alors je ne pu m'empêcher de la prendre dans mes bras. C'était mon premier contact depuis un bon bout de temps. Et alors il me chuchota à l'oreille ce qu'il ressentait pour moi. Sous la surprise je l'ai repoussé. Après un dernier sourire triste il est parti. Et il n'est plus revenu. Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé, mais Akito l'avait enfermé quelque part. Si tu savais comme je m'en suis voulu. Il a fallu plusieurs années avant qu'on se retrouve. Et après plusieurs péripéties sentimentales que je passe, on s'est avoué notre amour l'un pour l'autre. Voilà.
Il fit un clin d'œil. Yuki songeait qu'il y avait quelques points communs avec sa propre histoire. L'issue serait-elle la même ? Soudain, son frère le saisi par les épaules et déclara :
-Ayame : Ne fait pas la même erreur que moi. On a perdu beaucoup d'années à cause de moi. Ne lui fait pas subir la même chose, ok ? »
Là-dessus il sortit sans rien ajouter.
Bon, Yuki avait toutes les cartes en main. Maintenant qu'il y repensait, pourquoi Kyo avait pu l'approcher directement ? Parce qu'il savait qu'il ne lui ferait pas de mal. Il lui faisait pleinement confiance, il savait qu'il pouvait lui confier sa propre vie. Il repassa dans sa tête tous les derniers évènements à partir de là jusqu'à la veille au soir. Pourquoi se posait-il encore la question au fait ? La réponse n'était-elle pas juste sous son nez ? En fait il connaissait déjà la réponse. Mais sans l'intervention de Kyo qui sait s'il l'aurait remarqué un jour.
Il repassa ses doigts sur ses lèvres et ferma les yeux. Kyo… Déterminé, il se leva et rejoignit Kyo sur le toit sans remarquer deux ombres qui le regardèrent passer à l'angle du couloir.
De son côté, Kyo en était toujours à « tiens oui au fait pourquoi ? » depuis que Shigure était descendu.
« Yuki : Ah te voilà.
-Kyo : *sursaute* Ah euh ben oui… *détourne les yeux* Tu voulais me dire quelque chose ?
-Yuki : Oui… C'est à propos d'hier…
-Kyo : *glups* Erm, oui ?
-Yuki : Merci… merci pour ce que tu as fait hier, ça m'a vraiment aidé… Mais…
Kyo ne dit rien. Il appréhendait beaucoup la suite. Il avait l'estomac bien trop noué.
Sans crier gare, Yuki se mit en face Kyo et lui saisit le visage.
-Yuki : Mais si tu veux tenir ta promesse jusqu'au bout, il faut y mettre un peu plus de conviction.
Fit-il avec un large sourire avant de s'approprier les lèvres de Kyo, sans reflechir celui-ci mis ses bras autour de la taille de Yuki et le serra contre passa ses bras autours du cou de Kyo et appronfondis le baiser, il entrouvris legerement la bouche pour laisser la langue de Kyo jouer avec la sienne.
Sans vraiment s'en rendre compte Kyo passa ses mains en dessous du T-shirt de Yuki et carressa doucement son dos, Yuki sursauta rompant leur baiser et se mis a termbler.
Yuki : ar. . arrete . . . s'il te plait Kyo arrete.
Kyo retira vivement ses mains avec une expression de regret affichée sur son visage.
Kyo : je suis desolé Yuki je voulais pas te brusquer, je sais pas se qu'il m'a pris et . . .
Yuki mis sa main devant la bouche de Kyo pour le fair taire.
Yuki : ca va calme toi, ces juste que ca m'a supris c'est tout -///-.
Kyo : desole.
Sans dire un mot Yuki se retourna et s'assis dos contre le torse de Kyo, celui-ci mis ses bras autour de la taille de Yuki, posa ses mains sur son le silence le plus complet tout les deux regarderent les nuages envahit par un sentiment d'amour et de protection.
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Sur la terasse on put voir deux adultes ( est ce vraiment des adultes ? XD ) espionner les deux adolescents.
Shigure : haaa que c'est beau la vie de deux jeunes amoureux. Néé Aya ?
Ayame : * se rapprochant de Shigure * dit Shi-chan et si on allait jouer les jeunes amoureux dans ta chambre. * regard pervers *
Shigure : tres bonne idee mon cher Aya .
Sur ce Shigure tira Ayame vers sa chambre, passant devant une Tohru innocente de tout ce qui se passait autour d'elle.
