Salut tout le monde ! Me voilà de retour, un peu tard, désolée ! J'ai vraiment été occupée, avec les contrôles, les exposés...et le permis, que j'ai eu ! YEEEEEAAAAH ! Hem...Bref, voici la suite !
A très vite !


Cinq jours s'étaient écoulés depuis l'éclat de Fyren à l'encontre d'Aang et de Kaïn. Depuis ce moment, le quotidien avait été quelque peu bouleversé pour l'Avatar Zuko. Fyren avait complètement abandonné les leçons de méditation et ne daignait rendre visite au prince qu'en l'absence de son camarade Maître de l'air. Kaïn, quant à lui, se montrait bien moins aimable et quelque peu refermé, plongé dans de mystérieuses réflexions. Bon gré, mal gré, Zuko avait pourtant pleinement profité de ces cinq journées pour se rétablir et s'approcher de la réussite. Il était pratiquement en mesure de créer ce sentiment d'apaisement tant désiré à partir de rien…Bientôt, il pourrait apprendre la maîtrise de l'air puis quitter ce temple et enchaîner avec la maîtrise de l'eau. Tout cela devait s'accomplir au plus vite. Zuko n'avait pas l'éternité devant lui. De même pour ceux qui subissaient le joug de son père et de sa nation…
Mais les pensées de l'Avatar, à cet instant-là, n'étaient pas des plus tourmentées. Aujourd'hui, il avait enfin la possibilité de se lever et de quitter cette maudite infirmerie. Ce n'était pas trop tôt ! Lui qui détestait l'inactivité, avoir été obligé de rester ainsi durant tout ce temps…Une vraie torture.
Un petit sourire aux lèvres, Zuko se leva, rejetant sa couverture d'un grand geste. Iroh, qui était à ses côtés durant tout ce temps, affichait une mine satisfaite.

« C'est un vrai bonheur que de te savoir rétabli, mon neveu. »

Zuko se dirigea vers Iroh d'un pas un peu hésitant et le serra dans ses bras :

« Merci, mon oncle. Je ferais en sorte que cela ne se reproduise plus.

-Je l'espère bien ! Tu n'imagines pas les soucis que tu insuffles au pauvre vieillard que je suis… »

Zuko sourit à cette remarque, sans pour autant la détromper. Riant devant l'expression faussement boudeuse de son oncle, le jeune homme marcha d'un pas tranquille jusqu'à la sortie du bâtiment. Son cœur était bien moins lourd que les jours précédents. Son apprentissage était en bonne marche, sa guérison presque complète, il ne pouvait que reprendre confiance en lui et en ses chances de réussite.
Zuko leva une main devant ses yeux, se protégeant tant bien que mal du soleil. Il était particulièrement fort, aujourd'hui…
Quelques petits moines se précipitèrent vers lui, acclamant son retour. Dire qu'il en fut gêné serait un euphémisme…Il représentait un tel espoir pour ces enfants…C'était si difficile à réaliser…

« Tu t'es enfin décidé à te lever, flemmard ? »

Zuko se tourna vers la source de cette voix. Fyren. Le jeune homme ne sut s'il était heureux ou contrarié de cette venue. Il ne savait pas trop quoi penser du Maître de l'air…D'un côté, il appréciait sa familiarité et sa simplicité. De l'autre…Il manquait vraiment de subtilité. Il était même un peu brutal…Zuko n'était pas certain d'apprécier ce type de personnalité.
Le jeune homme laissa cependant ses états d'âme de côté et, fendant la petite foule formée par les enfants, il alla retrouver Fyren.

« Je l'aurais fait plus tôt si on ne m'en avait pas empêché.

-Kaïn et Aang te couvent trop et ton oncle aussi. Une vraie poupée de porcelaine ! »

Les mots de Fyren ne manquèrent pas d'exaspérer le susceptible Avatar qui s'exclama d'une voix forte :

« Je n'ai rien d'une petite chose fragile ! Mets-toi ça en tête ! »

Fyren se contenta de rire à ses propos, ce qui ne fit qu'accentuer la colère de Zuko. Cependant, il ne put l'exprimer plus fortement puisqu'Iroh, qui s'amusait jusqu'ici avec les petits, s'était interposé :

« N'oublie pas, mon neveu. Tu es sur la voie de la guérison, mais tu ne dois pas trop te forcer.

-Vous n'avez pas à me materner de cette façon, mon oncle. Je suis parfaitement conscient de mon état et je n'ai pas besoin de vos jérémiades pour me le rappeler. Siffla Zuko, tout à fait éloigné à présent de sa bonhomie première. »

Iroh voulut poser sa main sur l'épaule de son neveu, mais celui-ci la rejeta et s'éloigna vivement, sans même se préoccuper de la tristesse qui pouvait aisément se lire dans le regard de son oncle.
Fulminant, il alla chercher le calme et la solitude, bien loin de ce Fyren tellement agaçant et d'Iroh, qui ne cessait de le voir comme un gamin à dorloter. Lui qui était pourtant de si bonne humeur, pourquoi fallait-il toujours que quelque chose aille de travers ? Comme si le destin se plaisait à le voir si sombre…C'était peut-être le cas.

« Vous devriez songer à maîtriser un peu plus vos émotions, Avatar. Votre impulsivité risque de vous jouer des tours. »

Zuko leva les yeux au ciel alors que Kaïn s'approchait de lui. Pourquoi ne pouvait-il pas être simplement seul quand il le désirait ? Etait-ce trop demander que de ne pas être dérangé pendant cinq petites minutes ?

« Ma venue n'a pas pour but de vous contrarier, Avatar Zuko. J'aimerais poursuivre notre enseignement. »

Le prince ravala ses mauvaises paroles à cette annonce et invita Kaïn à poursuivre. Il ne lui avouerait pas, mais il n'était pas sûr de parvenir à s'améliorer en cet instant précis. La contrariété qui l'habitait était encore trop présente…

« Quelques mouvements simples sauront sûrement vous détendre, Avatar Zuko. Lui assura Kaïn, comme s'il avait lu dans ses pensées. »

Zuko haussa un sourcil, n'étant pas sûr de comprendre les intentions de son maître. Celui-ci, un sourire serein aux lèvres, lui déclara :

« L'apprentissage de la maîtrise de l'air serait encore un peu prématuré, je le crains. Toutefois, rien ne m'empêche de vous enseigner la philosophie martiale de notre art. Je sens que vous êtes prêt à vous y frotter. Me détromperiez-vous, Avatar Zuko ?

-Sûrement pas ! Je suis tout à fait prêt ! S'exclama ce dernier d'une voix enjouée. »

Eh bien, il était temps que quelqu'un daigne le considérer autrement que comme un petit prince fragile et maladif ! Il n'était rien de tout cela et Zuko tenait à le prouver.

« Votre art, si mes souvenirs sont bons, est des plus offensifs. Il est rapide, puissant et frappe sans fioritures. Le nôtre est quelque peu…différent. »

Kaïn adopta une posture de combat, faisant glisser habilement ses pieds sur le sol. Chacun de ses pas soulevait une nuée de poussière, traînée par un mouvement gracieux et adroit. Ses mains tournoyaient d'une manière fascinante, souples mais loin d'être lâches. Le moindre de ses gestes était savamment calculé mais ils semblaient si naturels et étaient si rapidement effectués que Zuko aurait juré que son Maître improvisait une danse, une danse mortelle et pourtant si délicieuse à admirer.

« Notre spécialité est l'esquive. Nous nous servons des attaques de notre adversaire pour le déstabiliser et nous passons à l'offensive au moment où il s'y attend le moins. Nos mouvements sont principalement destinés à l'épuiser et à nous offrir l'avantage là où nous ne le possédons pas forcément. »

Zuko continua à l'observer quelques temps. A cet instant précis, Kaïn n'usait d'aucune maîtrise de l'air, mais il n'avait pas besoin d'elle pour se montrer dangereux. Zuko en avait parfaitement conscience. Et pourtant…

« C'est une technique de couard. »

Kaïn se stoppa net, lançant un regard peu amène à son élève, qui songea que la quiétude première de son maître s'était bel et bien évaporée.

« Si c'est ainsi que vous considérez les choses, je ne vois aucune raison de poursuivre mon enseignement. Vous n'avez qu'à vous débrouiller avec votre si belle technique issue de la magnifique nation du feu. Cet art qui n'a d'autre but que la mort des plus faibles… »

Ces mots, Zuko ne fut pas en mesure de les supporter. Il courut vers son maître, ignorant la douleur lancinante qui parcourait ses membres, et le saisit au col, lui hurlant au visage :

« Je t'interdis de parler comme ça !

-Ce n'est que la stricte vérité. A quoi a servi votre merveilleux pouvoir, si ce n'est à opprimer ceux qui ne pouvaient s'en défendre ? Si vous ne le comprenez pas, vous ne valez pas mieux qu'eux.

-Au moins, nous ne passons pas notre temps à fuir et à esquiver, comme vous, les moines, le faites depuis le début de cette guerre ! Vous vous êtes reclus dans vos temples et avez adopté la neutralité pour éviter les représailles ! Je ne pense pas que tu sois en mesure de me reprocher quoi que ce soit. »

A son tour, Kaïn se saisit du col de Zuko, repoussant d'un geste négligé la main de ce dernier :

« Non, bien sûr, qui pourrait vous reprocher quelque chose ? Vous êtes l'Avatar, seigneur vénéré ! Nous ne sommes que de pauvres hères qui désespérons de trouver un quelconque soutien. Savez-vous pourquoi nous avons fui ? »

Kaïn prit une profonde inspiration. Peu à peu, il se détacha de Zuko, parvenant à retrouver ce calme qui lui était si coutumier.

« En bas, il n'y a pas d'avenir pour nos enfants. Beaucoup d'entre eux sont devenus orphelins par cette guerre. C'est le cas pour Tarik…et pour moi également. »

Ces derniers mots parvinrent à éteindre l'agitation qui s'était embrasée dans Zuko. Bien sûr, il se rappelait que Fyren l'avait brièvement mentionné. Mais Kaïn avait refusé de s'y attarder un peu plus.

« Mes parents ont été tués en voulant me protéger. J'avais révélé ma maîtrise et les maîtres sont très peu appréciés par la Nation du Feu, qui estime qu'ils sont le plus à même de les contrer. Ils ont retenu les soldats, me laissant le temps de m'enfuir. Je ne pourrais jamais oublier le dernier regard que mes parents m'ont lancé. Il était si…désespéré…

Kaïn en parlait d'une voix atone, comme si tout cela ne le concernait pas. Zuko se doutait bien qu'il n'en était rien. Les yeux de son maître parlaient pour lui. Cette tristesse grandissante qui s'y lisait serrait le cœur de l'Avatar.

« J'ai tellement attendu votre venue. Je me disais que nos problèmes seraient résolus, que vous seriez à même de nous sauver. Quelle ne fut pas ma désillusion lorsque j'appris que l'Avatar était né au sein de la famille royale de la Nation du feu… »

Un rire amer s'échappa des lèvres du jeune homme :

« Mon salut se trouvait précisément là où se situait aussi le cœur de ma haine, de ma rancœur. Tout cela me semblait d'une bien cruelle ironie. Alors, j'ai abandonné. J'ai laissé tomber l'espoir, le désir de vengeance et même ma colère. J'ai inspiré à mon esprit une paix totale et j'ai trahi la mémoire de mes parents décédés. J'ai pardonné aux Maîtres du feu. Je ne savais pas quoi faire d'autre…Je n'avais aucun moyen d'expier mes sentiments. Je suis peut-être lâche, c'est vrai. »

Kaïn reprit son inspiration, alors que sa voix se mettait à trembler :

« C'est pour cela que je ne parvenais pas à comprendre Tarik. Que je n'y arrive toujours pas. J'ai beau être certain que ce qui lui est arrivé est encore pire que mon propre malheur, je ne sais comment il parvient à entretenir encore sa haine. A s'y noyer…Ce doit être horrible. Il est bien trop faible pour parvenir à l'assouvir. Pourquoi ne renonce-t-il tout simplement pas ? »

Kaïn secoua la tête, laissant un long soupir s'échapper de ses lèvres. Bien que des milliers de mots se bousculaient sur les lèvres de l'Avatar, il choisit de ne rien dire. Cela était sans doute le mieux à faire, bien que le jeune homme était terrifié par la conclusion à laquelle semblait vouloir arriver son maître…

« L'espoir peut être un poison. Et, par votre arrivée dans ce temple, vous me l'avez à nouveau insufflé. Vous m'avez fait croire que vous pourriez peut-être m'offrir une nouvelle vie…Et pourtant… »

Kaïn serra les poings et s'exclama d'une voix forte, tandis que le teint de Zuko se faisait livide :

« Vous ne faites que vous plaindre, critiquer et traînailler ! Vous êtes incapable de parvenir à un exercice qu'un simple gamin peut réussir, nous vous aidons de votre mieux, et vous avez pourtant l'audace de nous critiquer ! Quelle sorte d'Avatar êtes-vous donc ? Peut-être devrais-je simplement vous désigner sous le nom de Prince Zuko, Seigneur héritier de la Nation du Feu ? N'y a-t-il rien donc derrière cet être ? Espèce de… !

-Kaïn. »

Cette voix…C'était bien la dernière que Zuko pensait entendre, à un moment pareil.

« Tarik ? Qu'est-ce que tu… ? »

Le jeune moine interrompit son aîné d'un geste de la main :

« Je te croyais au-dessus de tout cela, Kaïn. Tu affirmais à tort et à travers que tu avais dépassé toutes ces choses et que tu avais atteint l'élévation d'un véritable Maître de l'air. Même le vénérable Aang le croit…Tu nous as donc trompés ? »

Tarik ne semblait pas possédé par son agitation habituelle. Au contraire, alors que Kaïn perdait peu à peu le contrôle de ses émotions, Zuko n'avait jamais vu Tarik afficher une telle sérénité. Comme si leurs rôles s'étaient échangés…

« Tu t'es même permis de me mépriser parce que j'étais bien loin d'atteindre ton niveau, parce que je ne parvenais pas à surmonter mon passé. Mais tu n'y arrives pas non plus, n'est-ce pas ? Tu fais même pire : tu le fuis. Tu te fuis.

-Tu préférerais peut-être que je me prélasse dans ma rancœur et que je m'y enferme ? Désolé, Tarik, mais je ne tiens nullement à me rabaisser à ton niveau.

-Tu dévoiles enfin ton vrai visage, Kaïn. Tes faiblesses…Tu prétends t'être élevé, loin de toutes ces basses considérations. Mais tu te trompes. Tu n'as fait que revêtir un simple masque. Tu n'as jamais su pardonner aux bourreaux de ta famille. Tu t'es contenté de les ignorer, de les laisser glisser dans l'oubli…Je ne me le permettrais jamais. Malgré les années passées, je n'ai toujours pas effacé de ma mémoire les visages de ceux qui m'ont arraché ma famille et ma demeure.

-Tais-toi ! Je ne te laisserais pas me donner une leçon ! Comment oses-tu… ? »

Kaïn adopta une posture de combat, bien plus dangereuse et offensive que celle de tout à l'heure. Alors que Tarik s'apprêtait à faire de même, bien plus brutalement, Zuko sut qu'il ne pouvait pas les laisser se battre. C'était son rôle d'Avatar que de savoir préserver l'équilibre. Il devait empêcher ce combat qui n'avait pas lieu d'être !

Alors que les deux moines s'apprêtaient à se jeter l'un sur l'autre, Zuko déchaîna sa maîtrise du feu, les empêchant l'un et l'autre de passer à l'action. Une langueur intense s'empara de l'Avatar et ses genoux se dérobèrent sous lui. Il s'effondra à terre, captant à peine la panique qui pouvait se lire dans les yeux des deux combattants à la vue de ces immenses flammes qui commençaient à peine à s'éteindre, en particulier dans le regard de Tarik. Celui-ci, replongé dans ses sombres souvenirs, poussa un hurlement et se recroquevilla sur lui-même, tandis que Kaïn se dirigeait vers Zuko et le relevait d'un geste peu prévenant :

« Gardez ces choses éteintes tant que vous vous trouvez dans ce lieu, Avatar Zuko. Vous êtes peut-être trop égocentrique pour le comprendre, mais beaucoup d'entre nous ont la vue des flammes en horreur. Et cela ne nous rappelle que trop que nous avons honteusement accueilli un Maître du feu dans nos rangs. »

Sur ces mots, alors que les lieux commençaient à être envahis par un certain nombre de moines, attirés par le raffut, Kaïn s'éloigna à pas précipités, tandis que Fyren et Aang arrivaient à leur tour et se précipitaient vers Tarik, plongé dans ses souvenirs et ses angoisses. Face à ce triste spectacle, l'inimitié qui régnait entre les deux maîtres fut oubliée et ils ne se consacrèrent plus qu'au jeune moine, qu'ils retirèrent bien vite des regards curieux de leurs condisciples. Iroh arriva à son tour et se précipita vers Zuko, inquiet de sa pâleur et de l'odeur de brûlé qui régnait dans cet endroit :

« Je vais bien, mon oncle. J'ai juste besoin de réfléchir…Un peu… »

Iroh ne le comprit que trop bien. Il le mena dans sa chambre, bien loin de toute l'agitation qui s'était emparée du temple, et le laissa à sa solitude, malgré le désir qui l'étreignait de rester à ses côtés. Zuko apprécia le geste, touché que son oncle ait pu l'écouter.
Délaissant le lit, qu'il n'avait que trop occupé ces derniers jours, le jeune homme s'adossa contre un mur, tentant tant bien que mal de reprendre le contrôle de ses émotions. Il ne s'était pas attendu à un tel éclat de la part de Kaïn…Il ne pensait pas que le Maître de l'air cachait tant d'amertume et de noirceur au creux de son âme…Et tout cela, c'était la faute des siens. Zuko ne pouvait pas fuir cette réalité. Il ne voulait pas faire comme Kaïn et oublier. Cela avait été dû être horrible…Ce sentiment de culpabilité qui ne devait cesser de l'étreindre…Alors que Kaïn se demandait comment Tarik faisait pour s'accrocher de cette manière à son passé, Zuko ne comprenait pas de quelle manière le Maître de l'air avait-il pu renoncer au sien. Cette simple perspective remplissait l'Avatar d'effroi. Tout oublier ? Reconstruire une vie, ailleurs ? Comment le pourrait-il ? Ce serait trahir toutes les attentes, les sacrifices qui avaient été faits pour qu'il survive et parvienne à l'accomplissement de sa destinée. Serait-ce aussi simple qu'il le pensait autrefois ? Avant, il aurait tout fait pour ne pas être l'Avatar. Pour mener une vie simple en tant que Zuko, prince héritier de la nation du feu, sans avoir à porter ce poids…Chaque jour, il n'avait cessé de regretter le passé et aurait tant voulu y retourner, tout oublier. A présent, il n'en était plus aussi sûr…
Mais là n'était pas sa seule préoccupation. Les propos de Kaïn le marquaient profondément. Il avait raison. Il s'était comporté comme un enfant gâté et avait offensé la culture des nomades de l'air par son étroitesse d'esprit. Ce n'était absolument pas digne de l'Avatar. C'était même indigne d'un prince, un futur Seigneur du feu. Une nouvelle fois, Zuko se fustigea pour son comportement immature. Ce même comportement qui l'avait poussé à intervenir de la pire des façons dans ce conflit…
Alors que Tarik avait repoussé ses craintes et l'avait défendu, malgré sa haine et son dégoût de la Nation du Feu, lui n'avait fait qu'empirer les choses. Ces flammes qu'il avait fait apparaître…Evidemment qu'elles allaient le perturber. Comment aurait-il pu en être autrement ?

« Je suis vraiment un imbécile. »

Sur cette constatation, le jeune homme prit une décision. Il allait s'entraîner, très sérieusement. Et il parviendrait à égaler les Maîtres de l'air et respecterait leur art comme il était censé le faire. Il n'avait pas à se montrer critique. Il était l'Avatar. Il se devait de maîtriser les quatre éléments, peu importe son ressenti. Mais d'abord, il devait méditer. Y parvenir. Ce serait la première chose à faire…
Et il allait commencer tout de suite. Chassant les émotions diverses qui se trouvaient en son âme, Zuko y implanta une paix, s'inspirant de ses souvenirs avec son oncle, avec sa mère. Puis il laissa leurs visages partir et, cette fois-ci, y parvint. Sa détermination nouvelle y était pour beaucoup. Elle l'aidait à s'accrocher à ce qui devait l'être et à écarter ce qu'il fallait, avec calme et efficacité.
Alors, pour la première fois de sa vie, Zuko entra en méditation. Et son esprit bascula dans le monde spirituel.

Une certaine satisfaction s'empara de Zuko lorsqu'il parvint à s'extirper de son corps. Les résultats dépassaient son espérance. Il était parvenu à pénétrer dans le monde spirituel, lui qui, jusqu'ici, n'y était guère parvenu que malgré lui. Il avait, comme qui dirait, fait d'une pierre deux coups.
Savourant la légèreté que lui procurait cette escapade spirituelle, Zuko rechigna à rejoindre immédiatement son corps. Il voulait d'abord annoncer la nouvelle à son oncle. Il serait si heureux…
Zuko traversa un à un les murs du bâtiment qui l'abritait, frissonnant d'angoisse toutefois lorsque son corps spirituel passait au travers de toutes ces choses, et finit par retrouver son oncle, aux côtés d'Aang et de Fyren, qui venaient de ramener un Tarik quelque peu secoué à la réalité. Cette vision inspira une véritable peine à Zuko mais il s'en défit aussi vite que possible pour se signaler à son oncle, qui quitta discrètement le chevet du jeune garçon pour suivre son neveu jusqu'à un lieu plus propice à une discussion discrète.

« Je vois que tu as finalement compris que tout cela était en vérité destiné à te faire accepter ton rôle. »

Sa déclaration offusqua quelque peu le jeune homme, qui avait l'impression d'avoir été manipulé :

« Ils savaient ?

-Fyren et Kaïn, non. Quant à Aang…Il se doutait que ton blocage était aussi dû au refus de ton statut. Je lui en avais fait part.

-Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? Lui reprocha Zuko. »

Un sourire malin s'étira sur les lèvres d'Iroh

« Je suis sûr que tu m'aurais écouté avec attention avant de me remercier chaleureusement de mon intervention. »

Zuko rougit violemment devant l'ironie palpable dans les paroles de son oncle. S'il avait encore été en possession de son corps, son teint aurait pris une intéressante couleur grenat.

« Quoi qu'il en soit, voilà qui annonce une nouvelle étape dans ton apprentissage. Tu vas avoir accès aux arcanes de la Maîtrise de l'air.

-Je doute que Kaïn accepte de me les enseigner. »

Iroh mit fin à l'angoisse de son neveu d'une simple phrase :

« Il n'est pas le seul Maître de l'air de ce temple.

-Vous avez raison. Je n'ai pas besoin de lui. »

Iroh hocha pensivement la tête :

« Mais peut-être est-ce lui qui a besoin de toi…

-Pardon ? »

Iroh ne développa pas ses propos, ce qui agaça prodigieusement Zuko. Ne pouvait-il pas se contenter de dire les choses clairement au lieu d'exprimer chacune de ses pensées par un mystère insoluble ? Quelle plaie !

« Tu devrais peut-être retourner à ton corps, mon neveu. Je ne sais dans quelle position tu l'as laissé, mais il doit être quelque peu engourdi…

-Un peu plus tard, mon oncle. J'aimerais vérifier quelque chose. »

Iroh haussa un sourcil devant la déclaration de son neveu :

« Je peux peut-être t'aider ? »

Zuko hésita quelques instants, puis finit par opiner du chef :

« Lors de ma précédente incursion dans le monde spirituel, j'ai croisé un garçon. Un petit garçon qui chevauchait un dragon. Il ne ressemblait pas aux autres esprits que j'avais pu croiser. J'ai l'impression que je peux apprendre quelque chose de lui.

-Un petit garçon, c'est ça ? Comment était-il ?

-Je ne sais pas, sa silhouette était floue, je…Vous l'avez déjà vu ? »

Iroh hocha gravement la tête :

« Plusieurs fois. Il m'a quelque fois adressé la parole, me saluant et me taquinant. Je ne sais pas qui il est. Mais il n'est visiblement rattaché à aucun endroit et il semble avoir une certaine autorité sur les autres esprits. Qu'il se soit montré à toi ne relève pas du simple hasard. Il doit chercher à te dire quelque chose…

-Bingo, Monsieur l'ancêtre ! »

Zuko et Iroh sursautèrent et se retournèrent vers la source de cette voix haut perché. Elle appartenait à un petit garçon, qui devait avoir un peu moins de dix ans, aux cheveux blonds et aux yeux noirs et pétillants. Toutefois, ce pétillement n'avait rien de très joyeux à ce moment. L'enfant descendit de ce dragon qu'il chevauchait, se précipita vers Zuko et lui déclara :

« Ils arrivent…avec des machines volantes…Battez-vous… »

Puis il donna une pichenette dans le crâne de l'Avatar.

Zuko réintégra aussitôt son corps et une migraine terrible s'empara de sa pauvre tête. Mais il n'avait pas le temps de s'apitoyer. Les propos de l'enfant étaient terriblement alarmants. Oubliant sa faiblesse, Zuko se précipita à l'extérieur et hurla d'une voix tonitruante :

« La Nation du feu arrive ! Fuyez ! »

Mais il était déjà trop tard. D'étranges machines volantes étaient parvenues à leur hauteur, surplombant le temple dans son entièreté. Tarik, à peine remis de sa crise, Fyren, Kaïn et Aang se précipitèrent à l'extérieur. Tandis que Kaïn tentait d'organiser une fuite pour les plus jeunes, tous en état de panique totale, Zuko avait le regard rivé sur l'une des machines. Ou, plus précisément, sur l'homme qui se trouvait sur le bastingage, le fixant avec un cruel sourire aux lèvres. Zhao...Le général Zhao…Cet homme qui le haïssait sans le lui avouer depuis sa révélation en tant qu'Avatar…Cet homme qui avait été envoyé pour le tuer…

« Je savais que mon escadron te trouverait, Avatar ! S'écria Zhao de sa voix sournoise. Les autres ne feront que brûler inutilement le reste des temples de l'air… »

L'homme éclata de rire, tandis que le sang de Zuko se glaçait dans ses veines. Non…Ils…Ils allaient massacrer les nomades de l'air…Par sa faute…
Mais le jeune homme n'eut même pas le temps de réaliser pleinement la situation. Un cri, « FEU », fut scandé et une myriade de boules enflammées se précipita vers eux. Un cri aigu retentit alors que la première tombait sur le temple. Puis toutes les autres suivirent, avant même que Zuko ne puisse réagir…


Hmm...je suis assez mitigée sur ce chapitre. Je n'ai pas vraiment aimé l'écrire, mais j'avais besoin de le faire pour passer à l'attaque. En plus, elle ne devait pas arriver si tôt, mais...ça s'est fait. Voilà...j'espère que vous l'avez quand même aimé.
On passe aux réponses aux reviews :

Lililatigresse : Okidoki, ça ne me dérange pas que tu ne postes pas tout le temps (même si ça me stresse un peu...est-ce que j'ai bien écrit ? Ou non ?). Merci pour tes compliments, la relation Tarik/Zuko est bien ma préférée à développer, parce que j'ai beaucoup aimé créer Tarik. On en verra un peu plus sur ces deux-là aux prochains chapitres...

BUB : Yep, Zuko est encore bien jeune dans sa tête, mais il a évolué dans ce chapitre. Il accepte son rôle. Mais ça reste quand même un gamin...Quant à Tarik...oh, il restera toujours ma p'tite tête à claques ^^.

Maki-Moun : Ton voeu est exaucé, Zhao apparaît ^^. Merci pour ta review. Et bien sûr, on verra les autres...

A plus tard !