Traduction : Funnyway
Où le jour de son mariage, House se dégonfle… affreux et prévisible, non ? Votre petit cœur va se serrer. Car cet auteur sait donner de l'étoffe à n'importe quelle situation.
Auteur original : Sassyjumper
Rating : T
Résumé : House abandonne Wilson devant l'autel. Temporairement.
Cold Feet
(avoir la trouille/les jetons)
Wilson observa sa mère tamponner le coin de ses yeux avec un mouchoir, essayant visiblement de ne pas faire couler son maquillage. Elle avait été le témoin de son fils pour l'échange des vœux en de nombreuses occasions. Mais elle ne l'avait jamais vu se tenir devant l'autel.
Elle doit être tellement gêné, pensa Wilson, ne réalisant pas encore ce que lui-même ressentait. Quatrième et dernier mariage, avait-il supposé. Il n'avait jamais imaginé que House serait le premier à le laisser tomber avant le je le veux.
« Je— Je suppose que nous devrions… »
Wilson se tut en regardant le petit groupe réuni derrière ses parents. La plupart— tantes, oncles, cousins, Sandy et quelques-uns des autres membres de l'hôpital —le dévisageait avec un mélange de pitié et de soulagement.
Les yeux de Wilson se reportèrent sur les collègues actuels et anciens de House, tous assis plus ou moins ensemble. Foreman secouait la tête tandis que Taub et Numéro Treize avaient l'air… et bien, pas du tout surpris. Adams bougeait sur son siège, mal à l'aise.
Chase se tenait à côté de Wilson. En fait, Chase avait été nommé ordonnateur de cérémonie (par un processus en ligne que Wilson ne comprenait pas bien) et il s'était proposé pour leur mariage. Wilson avait accepté sans scrupule, car il voulait éviter qu'un membre du clergé ou un représentant officiel du gouvernement ne soit la cible privilégiée de House ce jour-là.
Park était finalement la plus chanceuse. House avait un cas à gérer aujourd'hui et elle s'était portée volontaire pour être la seule de corvée.
« C'est une homophobe. » avait plaisanté House quand Park s'était excusée auprès de Wilson de devoir décliner l'invitation.
Et toi, c'est quoi ton excuse ? demanda Wilson au House de son esprit.
Il ne réalisa depuis combien de temps il était silencieux qu'au moment où son père se leva de son siège au premier rang des chaises pliantes.
« Bien. » déclara son père, se tournant vers les invités. « Nous avons plein de nourriture. Ne la laissons pas se gâcher. »
Tandis que les gens commençaient à se lever et à décider maladroitement s'ils devaient partir ou manger, Wilson retira la boutonnière de la veste de son costard noir. Il la tendit à Chase, puis s'efforça de garder la tête droite sur le chemin en direction de la maison de ses parents.
Une fois à l'intérieur, Wilson remit son portable en service. Rien. Il s'affala sur la table de la cuisine.
Après que House n'ait réussi ni à se montrer à la cérémonie, ni à prendre son portable, Wilson avait appelé Park, qui avait confirmé que House n'était pas à l'hôpital.
Ce qui avait projeté l'esprit de Wilson dans le pire des scénarios. L'engin de mort qu'utilisait House pour se déplacer, avait finalement eu raison de lui.
Wilson avait été au bord de la panique — contrôlée, interne — quand lui et Chase se cloitrèrent dans la maison et commencèrent à passer des appels vers tous les hôpitaux locaux. Quand il s'avéra que cette recherche ne donnait rien, Wilson ressentit un étrange sentiment mêlé de soulagement, que House soit vivant, et d'une intense envie de le tuer.
« Personne n'a vu de connard de grande taille armé d'une canne. » avait-il à Chase en raccrochant le dernier appel. Avec sagesse, Chase avait préféré se taire.
Et maintenant Wilson était assis-là dans la cuisine de ses parents, à fixer son IPhone comme si c'était une bouée de sauvetage. House allait appeler d'une minute à l'autre. Et il aurait une insuffisante, une lamentable excuse. Et Wilson lui pardonnerait.
« Bon, ce n'est pas comme si c'était surprenant. »
Assis à la table, Wilson leva les yeux pour dévisager sa mère. Il ne l'avait même pas entendu entrer. Elle se tenait près de la porte, dans sa tenue crème chic et très habillée, ses cheveux gris argentés fraichement coiffés au salon ce matin. Il y avait de la tristesse dans ses grands yeux bruns alors qu'elle le regardait.
Triste mais pas bienveillant.
« James ? » tenta sa mère.
Wilson soupira.
« Que veux-tu que je te dise ? Et qu'entendais-tu par : pas surprenant, de toute façon ?
— Est-ce que j'ai vraiment besoin de l'expliquer ? » répondit sa mère, en restant près de la porte. « Greg n'est pas… il n'est pas conventionnel. »
Wilson éclata de rire.
« Et un mariage gay, ça l'est ?
— James, » le réprimanda sa mère. « n'appelle pas ça comme ça. »
Wilson secoua simplement la tête. Ses parents avaient, finalement, accepté que leur fils soit amoureux d'un homme. Mais ils ne pouvaient toujours pas dire les vrais mots, ni même les entendre. Et ils ne pouvaient certainement pas entendre le mot gay.
Sa mère poussa un grand soupir.
« J'essayais juste d'être diplomatique. Ce que je voulais dire, c'est que Greg n'est pas quelqu'un de normal. »
Wilson observa sa mère et constata qu'elle n'osait pas se rapprocher de lui. La façon qu'elle avait de le regarder se situait entre la pitié et l'incompréhension. Il eut un faible sourire.
« Non. » consentit Wilson. « Il n'est pas normal. »
Les derniers invités étaient partis depuis longtemps, mais autant Wilson ne voulait pas être auprès de ses parents, autant il n'avait pas envie de partir. Principalement parce qu'il ne savait pas où aller.
Alors que le crépuscule tombait, il était assis seul dans le jardin. Seul, à part quelques bouteilles de vin sur la table devant lui. Dans son champ de vision périphérique, Wilson pouvait voir sa mère, puis son père qui l'observaient au travers de la fenêtre de la cuisine.
Alors il décida de boire un peu de vin directement à la bouteille. Pour leur montrer ! pensa-t-il.
Qu'est-ce qu'il essayait de montrer exactement à ses parents, il ne savait pas trop. Peut-être rien. Peut-être qu'il voulait juste qu'ils ne s'approchent pas.
« Je ne sais pas. » s'entendit chuchoter Wilson.
Il ne savait pas pourquoi House n'était pas venu.
Il était censé être l'expert en gestion du House. Tout le monde savait ça. Il était censé se pencher sur sa boule de cristal ou lire dans les putains de feuilles de thé et prédire chaque geste de House. Anticiper chacun de ses besoins.
Mais il n'avait pas la moindre idée du pourquoi House ne s'était pas montré au jour le plus important de leurs vies. Wilson se moquait que ce soit un cliché, c'était le jour le plus important.
Pour lui, tout du moins. Car il devait reconnaitre que tous les autres semblaient au mieux vaguement concernés.
Son frère ainé avait envoyé ses excuses, affirmant que la famille ne pouvait faire le déplacement du Connecticut ce jour-là. Le neveu de Wilson avait un match de football très important.
House avait même refusé d'inviter sa mère, au motif qu'elle amènerait « cet idiot qu'elle se tape ». Et contre tout instinct naturel, Wilson n'était pas allé appeler Blythe dans le dos de House. Il avait pensé que si lui et House se mariaient—ou avaient une union civile comme le New Jersey le préférait— alors ils devaient au moins avoir une cérémonie dégagée de toute manipulation.
Et maintenant le dindon de la farce, c'était lui.
« Ouai, baisé ! » s'exclama-t-il, en buvant une gorgée de vin.
« Si tu insistes. »
Wilson balaya les lieux du regard au son de la voix de House.
Voilà il était là, debout près de la porte arrière, en partie éclairé par la lumière de la fenêtre de la cuisine. Les yeux de House rencontrèrent brièvement les siens, puis il baissa le regard en faisant rebondir légèrement sa canne sur le béton du patio.
Il porte son costard, fut tout ce que put penser Wilson.
House releva les yeux et pointa la fenêtre de la cuisine.
« Ça va être légèrement pervers, quand même, avec tes parents qui regardent. » Le sarcasme manquait de conviction, cependant.
Wilson ouvrit la bouche mais ne put en sortir aucun son. Il voulait crier, hurler, pleurer, frapper House, l'embrasser. Et tout ceci le laissa paralysé.
House soupira et commença à avancer vers lui, Wilson retrouva soudainement sa voix.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
House s'arrêta dans son élan.
« Je suis là pour ce qu'on appelle… notre non-saint mariage? »
Wilson essaya de lui jeter un regard d'avertissement, mais il n'était pas sûr que le message soit passé — avec le vin qui lui donnait une vision floue et l'éclairage fourni par les torches à la citronnelle. Il voulait se lever et partir comme une tornade, mais il savait que ses jambes étaient tremblantes. S'il venait à trébucher ou à zigzaguer, il ne sentait pas capable de supporter que House se moque de lui.
Lequel n'avait pas bouger.
« Non. » finit par répondre Wilson. « Tu arrives environ cinq heures trop tard pour ça.
— Je… » commença House, mais il sembla changer d'avis. Puis il fronça les sourcils. « T'en es sûr ? Je suis certain que tu m'avais dit huit heures du soir.
— Ne fais pas ça. » Wilson fut un peu surpris de constater à quel point sa voix était dure à cet instant. « Ne t'avise pas d'en faire une blague. »
House baissa les yeux, mais recommença à avancer vers Wilson. Et ce dernier eut le besoin, presque désespéré, de l'empêcher de continuer.
« Mais tu sais, » lança Wilson à la hâte. « Je ne serai pas vraiment surpris si tu avais mal compris l'heure. Tu n'as jamais montré le moindre intérêt pour tout ça. »
House s'arrêta de marcher.
« Tu veux dire ça ? » s'exclama-t-il en regardant le jardin alentour. « Non. Je n'ai jamais été intéressé par le fait de me tenir debout devant un tas de gens qui soit ne nous aime pas, soit n'aime pas ce que nous faisons. »
Wilson se redressa complètement.
« Je ne t'ai pas demandé de faire quoi que ce soit à part venir !
— A maintes reprises. » justifia House, commençant à lever le voile sur son repentir. « Tu l'as noté sur mon calendrier, tu l'as mis dans mon Iphone, dans mon I… tout ce qui était possible. Et même des post-it sur ma canne, charmante attention.
— Et pourtant. » l'interrompit Wilson.
« Et pourtant, » reproduit House en écho. « je ne suis pas venu. J'ai fait exactement ce à quoi tu t'attendais. »
La tête de Wilson se mit soudainement à tourner. Trop de vin, pensa-t-il vaguement avant de prendre sa tête dans ses mains.
« Quoi ? » murmura-t-il, pas certain d'avoir l'énergie suffisante pour entendre la réponse.
Du coin de l'œil, Wilson put voir la main de House attraper la chaise à côté de lui. House marqua une pause avant de la tirer et de s'assoir.
« J'ai dit. J'ai fait exactement ce à quoi tu t'attendais. » répéta-t-il mais d'une voix plus douce cette fois.
Wilson releva les yeux vers lui et eut le souffle coupé par la vue de House maintenant si près de lui. En croisant le regard de House, il trouva l'énergie de se concentrer.
« Je ne me suis jamais attendu à ce que tu me laisses planté là-bas debout comme un… comme l'idiot que tout le monde pense que je suis. »
Wilson laissa tomber sa tête dans ses mains. Ça devenait trop douloureux.
« Ils ne pensent pas que tu es un idiot. » continua House, toujours d'une voix douce. « Ils pensent que tu es un martyre. Ils pensent que tu es un bienfaiteur qui ne peut pas m'aider mais qui prend soin du nécessiteux… OK et peut-être une sorte d'idiot. Mais principalement l'autre truc. »
Wilson ne se faisait pas assez confiance pour lever les yeux. Alors il secoua seulement doucement sa tête, toujours entre ses mains.
« Pourquoi est-ce que tu m'as fait ça, House ? »
Il n'y eut que le silence en réponse. Alors Wilson releva quand même le regard avant que House ne puisse reprendre la parole.
« Est-ce que tu as cru que ce serait marrant ? »
Les yeux de House s'agrandirent légèrement.
« Non. Je… Non.
— Est-ce que tu t'es dit que ce serait drôle de me laisser planifier tout ça, gérer mes parents, t'acheter un costume et puis ne pas venir ? » Wilson avait conscience que sa voix avait pris un ton un peu hystérique.
« Non. » déclara House plus fermement cette fois.
« Alors pourquoi ?
— Je… » House hésita et tapota des doigts sur la table. « Je crois que j'ai eu la trouille. »
Wilson eut un rire caustique, il n'en croyait pas ses oreilles !
« House, quand nous avons obtenu la licence, tu as serré mon cul devant la moitié des fonctionnaires de Princeton. Tu as dit à tout le monde dans l'hôpital— même le concierge — que tu allais enfin faire de moi : une femme honnête ! Tu détestes peut-être les costumes et les cérémonies, mais tu n'as jamais agi comme si tu étais inquiet de ce qui allait se passer après. »
House fixait ses doigts sur la table, puis il revint à Wilson.
« Mais je le suis. »
Wilson sentit son estomac se retourner. Il ne s'était pas attendu à ce que House avoue une telle chose d'une façon si directe. Ou si déconcertante.
« Quoi ? Pourquoi ? »
House haussa les épaules.
« Ça pourrait être une énorme erreur. Un putain de gros désastre. C'est tout.
— Tu… Ça t'a frappé seulement aujourd'hui que tout ça pourrait être une énorme erreur ?
— Et bien, pas seulement aujourd'hui. Mais c'est aujourd'hui que j'ai effectivement mis le costard et que j'ai regardé dans le miroir et… la trouille. »
Mais Wilson n'arrivait pas à avaler ça. Il secoua la tête.
« Non, non, non. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
House le dévisagea avec une confusion exagérée.
« Quelque chose s'est passé. » s'entêta Wilson avec fermeté.
House soupira.
« Est-ce que tu savais qu'il y avait des paris menés à l'hôpital sur le temps que ça va te prendre pour que tu divorces de moi ? Ou quel que soit le nom qu'ils y donnent dans le New Jersey.
— Ouai. J'ai supposé que c'était toi qui les avais lancés. »
Il ne l'avait pas réellement cru mais il ne voyait pas pourquoi House se souciait des paris de ces imbéciles. Et les paris avaient commencé quelques mois auparavant, quand House s'était pointé à une réunion des chefs du département pour leur annoncer que le cul de Wilson n'était officiellement plus sur le marché. Pourquoi est-ce que ça ennuyait House tout à coup ?
« Ils pensent que tu te sens obligé de prendre soin de moi, tu sais. » poursuivit House.
Wilson secoua la tête à nouveau.
« Depuis quand est-ce que tu te soucies de ce que les gens à l'hôpital pense de quoi que ce soit ? Littéralement, quoi que ce soit.
— Jamais. »
Wilson ouvrit la bouche, mais il n'était pas certain de savoir quoi dire. Ce qui n'était pas grave, parce que House reprit son explication.
« Je m'en fous. Mais ça m'a fait réfléchir…
— Oh mon Dieu. » Wilson en abaissant complètement la tête.
« Et, » ajouta House, en l'ignorant. « je pense que tu te sens obligé. Tu as toujours eu tellement peur de finir seul. Je crois que tu veux juste t'assurer que ça n'arrivera pas.
— Ouai. » répondit Wilson, exaspéré. « Je ne veux pas finir seul. Je veux que tu sois avec moi. Par conséquent, hop une folle union civile !
— Et tu auras l'autorité légitimée par l'État pour me traquer, pour t'assurer que je mange trois repas équilibrés par jour, que je rentre à la maison à une heure raisonnable—
— House. » Wilson le coupa net. « Alors quoi ? Tu penses que je veux t'épouser pour les droits du mariage ?
— Et pour le compte bancaire joint. »
Wilson poussa un lourd soupir, se pinçant l'arête du nez.
« House, sois sérieux. S'il te plait… »
Le plus âgé resta silencieux un moment, avant de se racler la gorge et de regarder au loin, au-delà de Wilson, vers l'autel où ils étaient censés se tenir quelques heures plus tôt.
Wilson avait choisi un de ces arcs de mariage décorés de roses. Il se prépara pour la moquerie qui n'allait certainement pas tarder. Mais House continua simplement de le regarder. Quand il parla finalement, sa voix était calme.
« Je ne sais pas pourquoi tu veux m'épouser. »
Wilson se sentit désorienté. Comment House pouvait-il ne pas savoir ? Mais il avait mal à la tête et il n'arrivait pas à réfléchir correctement à ce qu'il devait répondre.
Le regard de House se tourna vers lui, puis se baissa vers ses mains à nouveau.
« Tu pouvais avoir qui tu voulais. C'est… c'est seulement une question de temps avant que tu en aies marre de moi. »
Alors c'était ça ! Wilson se sentit comme si on l'avait frappé en plein estomac.
« Tu crois que je vais te tromper. » s'exclama-t-il. Ce n'était pas une question.
House cligna des yeux.
« Non. » souffla-t-il en douceur. « Juste que tu vas te lasser de moi. »
Wilson fit pivoter sa chaise pour être face à House.
« OK. » dit-il. « Tout d'abord, je ne peux pas avoir qui je veux. Et même si je le pouvais, qu'est-ce qui te dis que je ne te choisirais pas, toi, plutôt que n'importe qui d'autre ? »
House soupira.
« Rien ne surpasse ton besoin d'être un martyre.
— Arrête de dire ça ! » rugit presque Wilson de frustration. Il aurait voulu se lever mais se sentait déjà chancelant, même sur sa chaise. « Que dire de moi ? » demanda-t-il à House. « Tu penses que je peux avoir n'importe qui ? Bien. Moi, je sais que tu ne peux pas. Est-ce que tu connais quelqu'un d'autre qui se porterait volontaire pour passer toute une journée avec toi ? Peut-être que tu veux m'épouser parce que tu crois que je suis ton seul choix possible ! »
Ce fut seulement quand il entendit les mots à haute voix que Wilson réalisa qu'il se demandait réellement, à un certain niveau, si c'était vrai. Il se tut comme absorbé par cette prise de conscience, son regard circulant entre les bouteilles de vin.
Puis House le surprit en saisissant son menton.
« Tu. » dit-il, en obligeant Wilson à le regarder dans les yeux. « es la seule personne avec laquelle je passerai la journée parce que tu es la seule et l'unique que je trouve suffisamment intéressante, pauvre idiot. »
Wilson repoussa la main de House pour pouvoir parler.
« Et tu es la seule personne avec laquelle je suis resté parce que tu es la seule et l'unique que je trouve suffisamment intéressante, trou du cul. »
Ils se regardèrent pendant un moment avant que Wilson essaye encore.
« House, est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? A part, les paris. »
L'intéressé secoua la tête, puis eut un petit rire.
« C'est stupide. »
Wilson fut légèrement surpris par la manifestation, exceptionnelle, de son embarras.
« Quoi ? » insista le plus jeune.
House soupira.
« Hier à la clinique. J'essayais de faire une sieste dans la salle d'examen et j'ai entendu une conversation à travers la porte. Ça avait l'air d'être la grande brune de ton équipe qui parlait à ta copine — c'est quoi son nom ? — de radiologie.
« Hernandez et Keating ?
— Ouai, sûrement. Quoi qu'il en soit, elles avaient une petite conversation sur combien tu pourrais faire mieux… il est tellement gentil. » imita House avec une voix de fausset. « — Oh mon Dieu, je sais !
— Euh, ce ne sont pas des gamines de quatorze ans sur Tumblr. » objecta Wilson.
— C'était l'idée. » s'entêta House.
Wilson se frotta l'arrière du cou.
« Encore une fois, je ne vois pas en quoi c'est différent de n'importe quel—
— Ça ne l'est pas. » le coupa House. « Sauf que cette fois, je l'ai cru. »
Wilson le regardait, House capta son regard et cette fois ne se détourna pas.
« House. » prononça Wilson faiblement. « Qui se soucie de ce qu'ils disent ? Je ne crois pas pouvoir faire mieux que toi.
— Je sais. » souffla House. Il hésita avant d'ajouter. « Et je pense que tu te trompes. Je pense que tu essayes de te poser.
Wilson se rassit dans sa chaise.
« Tu n'es pas sérieux ? »
Quand House resta silencieux, Wilson sentit la colère commencer à monter, d'où qu'elle puisse venir. Il bouillonnait.
« Si tu veux rompre et t'enfuir, » attaqua-t-il. « fais-le ! Mais ne me fous pas ça sur le dos. »
Le visage de House se referma.
« Je ne te mets rien sur le dos.
— Certainement. » railla Wilson. « Tu me laisses tomber seulement pour que je puisse avoir une vie meilleure. »
House baissa la tête et ne dit rien.
« Tu essayes de te convaincre de fuir le bonheur. Encore une fois ! » l'accusa Wilson. « Tu as peur de lui ou peur de le perdre, ou… Dieu sait quoi. Alors tu veux y mettre un terme avant que ça te soit arraché.
— Bon sang, » cingla House. « j'espérais tellement que nous en viendrions à la psychanalyse !
— Eh bien, si tu n'étais pas dérangé, nous pourrions sauter cette étape. »
Soudainement, la douleur au crâne de Wilson fut plus forte. Il posa une main sur ses yeux. Ce n'était pas ce qu'il avait souhaité. Tout ce qu'il voulait c'était une cérémonie simple, des vœux simples et un repas simple.
Il voulait aussi l'imbécile qui était assis à côté de lui à cet instant même.
Wilson prit une grande inspiration.
« J'ai été avec toi la plupart de ma vie d'adulte, House. » se lança-t-il, puis il entendit sa voix tremblait un peu. « Je ne veux pas…
— Pas quoi ? » le questionna House calmement.
— Je ne veux rien d'autre. »
Il y eut un silence pendant lequel House l'accrocha avec ses yeux-là… mais Wilson était déterminé à soutenir son regard.
Le face à face ne dura que quelques secondes avant qu'un sourire n'illumine le visage de House.
« Sérieusement ? » s'étonna-t-il.
Wilson ne put empêcher un petit rire de lui échapper.
« Je sais. Ça parait tellement… délirant. »
House hocha de la tête, mais son sourire s'élargit.
Wilson fronça les sourcils.
« Comment peux-tu ne pas savoir ça ? »
House se redressa.
« Eh bien, ce n'est pas comme si tu l'avais déjà dit. Ou même quelque chose qui s'en approche. »
Wilson ouvrit la bouche pour protester, mais il réalisa qu'il n'avait plus envie d'argumenter.
« Ben, nous ne nous disons jamais ces choses-là, House. »
Les mots avaient l'air un peu plus pathétique que ce que Wilson avaient prévu. Mais c'était la vérité.
House haussa les épaules.
« Sauf quand j'ai mis un genou à terre et que je t'ai demandé de t'unir civilement avec moi.
— Euh, est-ce que c'est un euphémisme ou quelque chose du genre ? Parce que ça n'est jamais arrivé. »
House plissa le front.
« Non ? Comment s'est conclue cette affaire alors ? Si tu vois ce que je veux dire. » ajouta-t-il en haussant les sourcils.
Wilson leva les yeux vers le ciel.
« Nous étions tous les deux assis sur le canapé. Tu m'as demandé s'ils faisaient encore des Cool Ranch Doritos, parce que tu adorais vraiment ceux-là. J'ai dit oui et que j'en avais pris pour toi. Là, tu m'as dit qu'on devrait se marier. »
House détourna le regard au loin avant de prononcer un :
« Oh.
— Ouai… » répliqua Wilson. « Et puis, juste pour résumer, j'ai accepté ta proposition. Je— Je ne pensais pas que tu avais besoin que j'ajoute quelque chose d'autre.
— Pas besoin. » le coupa brusquement House. « En fait, moins tu en dis, mieux c'est. Ta bouche a de bien plus agréables utilisations. »
Wilson soupira.
« House, je suis désolé si—
— Est-ce qu'on peut ne pas ? » l'arrêta House, impatiemment. « Vraiment. Je suis désolé d'avoir amené tout ce truc de : disons-nous les choses. Tu étais occupé à gérer tes parents, envoyer les invitations, à commander les fleurs les plus gay possible—
— Et à agir comme si je ne te faisais pas confiance pour te pointer. » admit Wilson, se sentant un peu coupable. « Je voulais juste que tout soit parfait. Ou pas parfait… seulement charmant.
— Ouai charmant, c'est tellement nous ! »
Wilson rit doucement. Il se sentait bien. Il y avait seulement une demi-heure, il n'aurait jamais imaginé rire. House avait cet effet sur lui. Il le rendait furieux, puis il le faisait rire. Il le poussait aussi admettre ce qu'il ressentait.
« Je t'aime. » déclara Wilson rapidement.
House le regarda, un peu surpris, avant de se ressaisir et de simuler un frisson.
« C'est un coup bas. » dit-t-il. « Tu es vraiment en train d'essayer de me culpabiliser pour que je retente ce truc de cérémonie encore une fois, n'est-ce pas ?
— J'ai bu. » se défendit Wilson, se sentant lutter pour articuler correctement. « Je ne peux pas être tenu pour responsable de ce que je dis. »
House posa une main sur le genou de Wilson.
« Tu es une vraie menace lorsque tu as trop bu. » déclara-t-il avec une légère pression sur son genou. « Et aussi, plus chaud que l'enfer ! Mieux vaut que je te ramène à la maison... »
Wilson acquiesça. Il eut cette impression comme quoi, par principe, il devrait rester en colère. Il devrait dire à House de dégager. Ou s'en aller lui-même. Mais il n'en avait tout simplement pas envie.
« Okay. » approuva-t-il.
House se leva et se tint sur sa canne avant de tendre une main à Wilson. Lequel la prit et se leva lentement sur ses pieds. Il aperçut sa mère à la fenêtre de la cuisine. Il ne savait pas depuis combien de temps elle était là, mais ça n'avait pas d'importance. Il glissa une main sur la nuque de House et l'attira vers lui pour l'embrasser.
Ce fut doux. Pas comme leurs baisers habituels, qui étaient essentiellement un simple prélude à quelque chose d'autre. Ce genre de baisers était assez rare, mais Wilson trouvait que ça les rendait encore plus agréables.
Quand lui et House se séparèrent, Wilson vit que sa mère était partie.
House se pencha pour chuchoter à son oreille.
« Je suppose que ça signifie que je suis pardonné ?
— Non... » murmura Wilson en retour. « Tu as encore à m'épouser.
— Mince… » souffla House. Puis ses lèvres se déplacèrent jusqu'à l'autre oreille de Wilson. « Je suis désolé. »
Lequel hocha simplement la tête puis rapprocha son corps de celui de House. Pas vraiment un câlin, parce qu'ils n'en faisaient pas. Il avait juste besoin d'un moment pour s'apaiser.
House posa une main sur le petit cul de Wilson.
« Pour l'instant, est-ce qu'on peut juste rentrer à la maison et se faire une bonne union civile à l'ancienne ? »
Wilson acquiesça d'un hochement de tête et même avec l'éclairage étrange, il put voir cette lueur de séduction dans les yeux de House qu'il aimait tellement.
« Ou peut-être pas trop civile ? » suggéra Wilson, sentant une petite chaleur sur ses joues.
« Oh, bon sang, ouai ! » répondit House en brisant leur étreinte pour glisser négligemment sa main dans celle de Wilson.
Alors qu'ils marchaient le long du mur de la maison, Wilson eut une idée soudaine.
« Eh, » dit-il en s'arrêtant. Il se tourna vers House. « Marrions-nous— union civile, peu importe —dans ta salle de conférence. Chase peut le faire et le reste de ton équipe peut être témoin. »
House demeura silencieux pendant un instant.
« Tu es sûr ? » questionna-t-il d'un ton doux. « Ça ne te ressemble pas. »
Non, en effet, Wilson devait l'admettre. Et c'est pourquoi ça lui semblait tellement attrayant à cet instant même.
« J'en suis certain. » annonça-t-il. « Je porterai ma plus belle blouse de labo. Tu pourras porter ton meilleur t-shirt. Ensuite on pourra aller dans mon bureau pour carrément s'envoyer en l'air. » Wilson se sentit soudainement étourdie par cette idée. « Ou attends, on fera ça dans ton bureau. Murs de verre ! »
Le sourire de House était visible, même avec le seul clair de lune.
« Ça énerverait vraiment certaines personnes. » affirma-t-il d'un ton plutôt admirateur.
« Qu'ils aillent se faire foutre. » proclama Wilson, un peu surpris que ce sentiment sorte haut et fort si facilement.
« Qu'ils aillent se faire foutre. » conclut House à son tour.
Wilson sourit en serrant la main de House et ils reprirent leur marche, instables mais ensemble, sous la lune.
FIN
Funnyway : encore un cadeau pour toi, Amélia. ;-)
