LA DECLARATION DE GUERRE
Avertissement : J.K. Rowling est une déesse et tous les personnages lui appartiennent. L'auteur de cette fanfiction est Jeconais, que nous remercions de nous avoir accordé les droits de publication en français.
Equipe de traduction : Alana Chantelune, Alixe, Beru, Clopinette, Ellula, Fenice, Fidjii, Glurb, Hérisson26, m4r13, Paelsee, Popoyo, Ttazz, Vert, Whizzbee.
Chapitre 10 - partie 7 / 12 : Loups-garous, gobelins et dragons, Maman !
Narcissa se tenait debout au fond de la salle, dissimulant son mépris. Elle était entourée de sorciers en robe noire - les proches de Voldemort.
- Hé bien, lui siffla Voldemort. Avez-vous réussi ?
Elle savait qu'elle se démarquait des autres. Elle était vêtue de gris - le noir étant réservé aux porteurs de la Marque.
- Pas tout à fait, Monseigneur, dit-elle.
L'expression de Voldemort s'assombrit et il leva sa baguette.
- Cependant, poursuivit-elle sans hésitation et sans la moindre once de peur, je pense que vous allez encore plus apprécier ce qui s'est passé.
- Tiens donc ? fit-il, laissant planer une menace.
Elle se permit un sourire légèrement sardonique, qui éclaira ses traits.
- J'ai tout d'abord dû surmonter l'incompétence de Lucius et de Flint, Maître.
- Comment ? s'exclama Lucius.
- Effectivement, ajouta Voldemort. Expliquez-vous.
- Ils m'ont littéralement déguisée en prostituée de bas étage, sans aucune classe. J'ai tenté de leur expliquer, mais ils n'ont rien voulu entendre.
- Où était le problème? demanda Voldemort qui semblait s'ennuyer.
- Potter n'est peut-être qu'un jeune garçon, mais il a un certain goût. Il m'a ri au nez.
Voldemort se redressa sur son siège.
- J'ai réagi rapidement et je lui ai expliqué que Lucius m'obligeait à m'habiller ainsi à la maison, et que je n'avais pas eu le temps de me changer. J'ai fait de mon mieux pour paraître désolée et abattue. J'ai même versé quelques larmes de Vélane pour bien lui montrer à quel point j'étais désespérée. Il n'a pas pû s'empêcher de me consoler. Je lui ai alors raconté que Lucius ne me regarde que si je m'habille comme ça.
- Et ?
- Potter a tout avalé, plastronna-t-elle. Il m'a même prêté sa baguette pour que je puisse remédier à mon état.
Elle s'interrompit et regarda Voldemort.
- J'ai bien pensé à le faire prisonnier, mais vous m'aviez simplement ordonnée de l'espionner - ai-je bien agi, Maître ?
- Le garçon est doué en magie sans baguette, reconnut Voldemort. Pas autant que moi bien sûr, mais il a quelques compétences. Vous auriez été vaincue, et j'aurais perdu mon dernier espion à Poudlard. Vous avez bien agi. Poursuivez.
- Oui, Monseigneur. J'ai rapidement fait disparaître l'horrible maquillage qui me défigurait, revenir ma poitrine à sa taille normale, et apparaître mes plus beaux sous-vêtements depuis ma garde-robe. Potter a détourné les yeux, mais je me suis placée de telle façon qu'il pouvait m'observer dans un miroir tandis que je me changeais - et il ne me quittait pas des yeux. Je ne vous noierai pas dans les détails, dit-elle d'une voix aérienne, mais sous ma forme habituelle, et habillée de façon correcte, j'ai vite réussi à lui ôter ses vêtements. J'étais sur le point d'exécuter mes ordres lorsque, disons, les choses connurent une fin abrupte.
Voldemort l'observa un long moment, avant d'éclater de rire, à sa grande horreur. Le rire était sec, comme rouillé, et sonnait faux dans sa bouche.
- Maître, poursuivit-elle, Potter s'attend à ce que vous attaquiez pendant ce stupide match de Quidditch, il l'espère même.
Voldemort se raidit et la dévisagea.
- Il l'espère ? siffla-t-il.
- Il était très gêné, et il a parlé sans prendre le temps de réfléchir, expliqua-t-elle. Sa crédibilité est en jeu. Si vous attaquez, il aura prouvé safiabilité à Bones et au Ministère, qui le soutiendront ensuite sans réserve.
Voldemort fronça les sourcils.
- Maître ? résonna la voix de Bellatrix.
- Bellatrix ? répondit Voldemort, une nouvelle menace voilée dans sa voix.
- Nous sommes prêts à attaquer dès à présent, enchaîna celle-ci, montrant une effrayante avidité pour la souffrance et la douleur, mais nous devrions éviter de le faire samedi.
- Tu crois que j'ai peur du Ministère ? lança Voldemort.
- Oh non, Maître, s'exclama Bellatrix qui tomba à genoux, rampa à ses pieds et embrassa l'ourlet de sa robe. Mais si cela peut affaiblir Potter, je suis d'avis de nous retenir, pour ensuite attaquer le jeudi suivant.
- Oh vraiment ?
Bellatrix tremblait de peur tandis que Voldemort pointait sa baguette sur elle.
- Le garçon perdra ainsi la face, dit-elle rapidement, et il ne s'attendra pas à ce que vous agissiez si rapidement ensuite. Vous le prendrez au dépourvu et, si le Ministère le prend pour un canular ambulant, vous pourrez aisément vous emparer de Poudlard ; alors tous s'inclineront devant vous.
Voldemort ne réagit pas pendant un long moment.
- Dolohov, murmura-t-il enfin. Préviens nos alliés. Nous attaquerons jeudi.
- Maître, intervint Narcissa, j'ai réussi à lui extorquer une autre information. Ses tentatives de rapprochement avec les gobelins ont échoué. Ils resteront neutres.
- Excellent. Préparez-vous tous pour jeudi. Je n'ai pas besoin de vous rappeler quel châtiment vous attend si vous racontez cela à qui que ce soit. Vous pouvez disposer. Sauf toi, Lucius, et toi, Flint. Vous allez rester, et nous allons avoir une longue discussion quant à votre incompétence. Parfois, Lucius, il me semble que le seul acte d'intelligence dont tu aiesjamais fait preuve fut d'épouser ta femme.
Narcissa décocha un sourire mauvais à son mari et transplana jusqu'à sa chambre du domaine Malefoy, très contente d'elle-même.
Harry entra dans la Grande Salle, et s'arrêta pour regarder autour de lui . Il était submergé par l'envie pressante d'accélérer les choses, mais il y résistait. Il ne pouvait pas se permettre de malencontreusement dévoiler sa main trop tôt à Voldemort ; il y avait trop en jeu.
A la table des Gryffondor, la famille Weasley et assimilés siégeait au complet, et semblait passer un très agréable moment. Dean, Sheryl et leur famille, qui étaient assis à la table des Poufsouffle, avaient eux aussi l'air de bien s'amuser.
- Harry !
Jenny le remarqua la première, et se précipita vers lui, l'agrippant à la taille.
- Hey, l'accueillit-il en la soulevant à hauteur d'yeux.
- Tu t'es transformé en loup !
- Effectivement.
Elle jeta un coup d'oeil à son frère.
- Tu vois, je t'avais bien dit que tu étais meilleur que Dean.
- Pas meilleur, la corrigea Harry. Juste différent.
- Mouais, renifla-t-elle. Tu peux te changer en poney ?
- Jenny ! s'exclama Dean.
Jenny se retourna et lui tira la langue.
- Non, répondit Harry. Seulement en loup et en faucon.
- Seulement ! murmura un Serdaigle.
Jenny fit la moue.
- Viens manger avec nous, lui ordonna-t-elle, échappant à son étreinte, et elle l'attira vers sa place.
- Fais gaffe, Ginny, plaisanta Blaise depuis la table des Serpentard. Tu as de la concurrence !
- Je pense qu'il me reste encore quelques années avant de devoir m'inquiéter, répondit-elle gaiement en riant.
- Vous vous plaisez à Poudlard ? demanda Harry en s'asseyant.
- C'est extraordinaire, dit doucement Mary. Je ne m'attendais pas à ce que cet endroit soit aussi merveilleux, malgré tout ce que Dean a pu m'en dire.
- Je sais, reconnut Harry. Je suis toujours frappé lorsque j'entre dans ces murs bénis.
- Et les repas sont excellents, ajouta Graeme. En fait, ce sont peut-être nos meilleures vacances.
- Tiens, ce serait une bonne idée d'inviter quelques-unes des familles d'étudiants d'origine Moldue à passer l'été ici, dit Harry, pour les tranquilliser sur l'aventure dans laquelle s'engagent leurs enfants.
- Nous aurions bien aimé pouvoir faire cela, répondit Mary. Nous n'allons plus avoir envie de repartir pas vraiment envie de rentrer.
- Hé bien, il vous reste un peu de temps - il va y avoir un important match de Quidditch samedi, vous devez voir ça.
- Il me tarde d'y être, se réjouit Graeme. Ça vaudra sans aucun doute le match Hammers contre Chelsea que je vais rater.
- Jenny, dit Harry, remarquant qu'elle avait terminé son dîner, tu vois le très grand monsieur à la table des professeurs ?
Elle hocha la tête, un peu inquiète.
- C'est M. Hagrid. Il dirige la ferme de Poudlard. Il a plein d'animaux que tu n'as encore jamais vus. Si tu lui demandes gentiment, il pourra sans doute t'emmener en voir quelques-uns.
- Vraiment ?
Il acquiesça et se pencha vers elle
- Il y a même des licornes dans la forêt
Jenny écarquilla les yeux, quitta la table et trotta vers Hagrid.
- Etait-ce bien raisonnable ? demanda doucement Susan.
- Hagrid préférerait mourir plutôt que de laisser faire du mal à quelqu'un, en particulier à un enfant.
Susan sourit et opina.
- Ce n'est pas pour moi que je demandais.
- Oh désolé, s'excusa Harry à l'intention des parents de Dean. Je n'y avais pas pensé.
- Tout va bien, nous vous faisons confiance.
- Ouais, le taquina Dean. Après tout, tu es meilleur sorcier que moi.
- Différent, pas meilleur !
- D'accord, tu n'apprécies pas le mot "meilleur". Est-ce que "plus puissant" te conviendrait?
- Je pense que oui.
- Plus compétent?
- Hé bien...
- Plus dévoué, plus travailleur, plus imaginatif?
- Mais...
Dean ricana.
- Et si tout ça, ça ne veut pas dire "meilleur", alors qu'est-ce que ça peut bien signifier?
Harry le regarda avec agacement et fit la moue.
- Accepte-le donc, Harry, lui dit fermement Mary. Nous n'en aimons pas moins Dean. Il a toujours existé des personnes talentueuses, et elles deviennent vraiment spéciales lorsqu'elles conjuguent talent et détermination.
- C'est bon, je renonce, grogna Harry. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser quelques instants, je vais littéralement engloutir ce repas. Je n'ai pas assez mangé aujourd'hui.
Il se concentra sur son assiette, remarquant à peine que Hagrid venait d'inviter le reste de la famille Thomas à venir voir ses animaux.
Une fois qu'il eut fini, et qu'il se sentit capable de poursuivre son travail, il releva la tête, l'air pensif.
- Planquez-vous, lança Padma. Quand il fait cette tête, c'est que quelqu'un risque de ne pas beaucoup dormir cette nuit.
- Je prends ça comme une proposition, rétorqua Harry, ignorant son grognement. En fait, tout votre petit groupe vient d'être désigné volontaire.
Padma dut se baisser pour éviter les morceaux de pains que lui lancèrent ses amies.
- J'aimerais que vous assistiez Molly Weasley et les jumeaux, poursuivit Harry. Charlie, tu es avec moi ce soir. Fleur, pourrais-tu organiser une rencontre avec Madame Maxime assez rapidement ?Tes talents de traductrice nous seront utiles.
Il balaya à nouveau la Grande Salle d'un oeil pensif.
- Charlie, rendez-vous à la bibliothèque dans une demi-heure. J'ai une course à faire d'abord.
Harry apparut dans l'antichambre de Gringotts.
Cinq gardes armés jusqu'aux dents surgirent, prêts à charger.
- Oh, c'est vous.
- Désolé ! lança gaiement Harry. Il faut que je parle à Mackrack, et je ne veux pas être vu.
- Par ici, Harry, l'appela Mackrack depuis son bureau. Excellent temps de réponse ! apprécia-t-il en se tournant vers les gardes gobelins.
Les cinq gobelins s'inclinèrent et se retirèrent.
- Alors, que puis-je faire pour vous ? demanda Mackrack.
- Vous pouvez vous fâcher avec moi, lui répliqua Harry.
- Oh ?
- J'ai fait de l'intox à Voldemort tout à l'heure en lui faisant savoir que vous resteriez neutres. Il aurait dû essayer de vous engager, mais il n'a pas pu.
- Parce que vous avez coupé sa source de revenus ?
- Entre autres, admit Harry. J'ai besoin de tous les guerriers gobelins disponibles la semaine prochaine.
Mackrack haussa les sourcils à s'en faire disparaître le front.
- Vous voulez QUOI ?
- Je paierai, ne vous inquiétez pas, dit Harry en écartant le problème du financement.
- Pourquoi avez-vous besoin d'eux, Harry ?
- Parce qu'il ne nous suffit désormais plus de vaincre, répondit Harry à voix basse. Je veux envoyer un message qui restera longtemps gravé dans les mémoires, afin de dissuader quiconque voulant endosser à son tour le rôle de Mage Noir y réfléchisse à deux fois.
- Puis-je vous demander quels sont vos plans ?
- Vous pouvez, mais ne vous attendez pas à recevoir une réponse. Je suis la seule personne à les connaître, et pour l'instant c'est très bien ainsi. Beaucoup d'éléments sont en train de converger, plus par chance que par calcul, et j'arrive à peine à suivre le mouvement. Si tout se passe bien, je pourrai redevenir un adolescent normal d'ici la fin de la semaine prochaine. Si ça foire, je serai mort.
- C'est prévu pour si tôt ?
- S'il vous plaît, ne le dites à personne - même si, évidemment, les combattants que j'engage devront s'entraîner.
- Harry, dit pensivement Mackrack en se renfonçant dans son fauteuil, le regard tourné vers le plafond. Que croyez-vous que le Ministère et l'ensemble de la population vont penser si je vous laisse nous engager ?
- Ils vont être reconnaissants ? dit Harry, quelque peu dubitatif. Je ne m'inquièterais pas trop du Ministère, ce problème-là sera bientôt réglé.
- Les gens penseront que rien n'a changé, et que si Voldemort nous avait proposé suffisamment d'argent, nous aurions travaillé pour lui, et les choses resteront en l'état. Je ne peux pas me le permettre, Harry, j'ai donc bien peur de devoir déclarer que la nation gobeline vous soutient à cent pour cent, et que notre armée est à votre disposition. Gratuitement, termina-t-il, avec l'air d'avoir une rage de dents.
Harry le dévisagea, ébahi.
- Il est temps pour nous de gagner notre place au sein de la société, Harry. Les gens commenceront à nous considérer différemment si nous vous aidons à combattre Voldemort. Cela prendra du temps, car on ne peut pas effacer des siècles de préjugés en une journée, mais ça vaut le coup.
- Mais si je perds, Voldemort se retournera contre vous.
- Croyez-vous sincèrement qu'il ne le ferait pas si nous le soutenions?
- Non, c'est vrai, admit Harry.
Macrack dévoila ses dents
- Nous vous faisons confiance, Harry, pour nous guider vers le futur que nous désirons.
- Je ne vous laisserai pas tomber.
- Je sais. Bien, pendant que vous êtes là, si nous discutions de l'affaire Bièraubeurre?
De : Super Chercheuse
A : Celle qui cherche bizarrement
Objet : Recherche
Dis-moi, pourquoi fais-tu semblant de lire un livre d'Enchantements alors que tu consultes en fait un cours sur la transformation en Animagus?
Hermione
De : La fille qui a besoin de faire des recherches utiles
A : La fille qui fait des recherches pour le compte de mon petit ami
Objet : Re: Recherche
Il le faut, Hermione.
Tout le monde ici travaille, fait ce qu'il faut pour sauver le monde sorcier et causer la perte de Voldemort.
J'ai quelque chose de plus important encore à faire. Tout le monde a remarqué que Harry changeait, ces temps-ci. Il a passé pas mal de temps sous sa forme de loup, et cela a légèrement affecté sa personnalité ; j'ai besoin de comprendre tout ça, et je dois arriver à son niveau.
Harry m'a déjà prouvé que je pouvais être sa compagne de plusieurs façons, et j'ai besoin de comprendre ce que je dois faire pour être capable de le rejoindre dans ses escapades nocturnes avec les loups-garous, ou simplement dans ses moments de repos canin.
Les autres peuvent s'occuper du sort du monde ; moi, je m'occupe de celui de Harry !
Ginny
--
Audaces fortuna juvat
De : La fille qui a compris
A : Celle qui m'a fait comprendre
Objet : Hé bien, j'ai compris
C'est tout à fait logique. Je passerai d'ici 10 minutes te donner un livre plus complet.
Hermione
Ginny jeta un coup d'oeil autour d'elle et eut un petit sourire. Toute sa famille était dans la bibliothèque, engagée dans des conversations à voix basse, d'un genre que l'on n'avait probablement jamais entendu à Poudlard auparavant. Les jumeaux présidaient une large table ronde autour de laquelle trois générations échangeaient leurs idées.
Abe était assis à côté de sa mère, Sirius à côté de son père et Remus près de Bill. Blaise côtoyait Percy, Padma flanquait Fred et George, et ainsi de suite. Seul Charlie manquait à l'appel, car il s'entraînait à l'Occlumencie et à la Légilimencie avec Harry.
- Bien, dit Fred. Plusieurs bonnes idées sont déjà sorties de cette discussion.
- Savons-nous contre quoi nous nous battrons, exactement ? demanda Graeme en s'installant à sa place. Désolé pour le retard.
- Nous ne connaissons pas les effectifs, non, répondit George. Nous savons simplement qu'il faudra faire face à quelques géants, à d'autres créatures encore, et à un grand nombre de Mangemorts.
- Et de notre côté, nous pouvons compter sur nous et sur les autres alliés que Harry nous aura dénichés, ajouta Ginny. Je n'en connais ni le nombre ni la nature, mais je sais que nous ne combattrons pas seuls.
- Donc, poursuivit Graeme, notre rôle sera de protéger le château, et de causer à l'ennemi autant de dommages que possible ?
- C'est à peu près ça, acquiesça Fred.
- Bon, alors je vais apporter ma contribution, et puis je retournerai jouer avec mes enfants. Des chausse-trappes.
- A vos souhaits, marmonna Blaise.
- Pourrais-je demander à quelqu'un de m'aider à montrer de quoi je veux parler ?
- Venez avec moi, dit Ginny en se levant, et en l'entraînant dans un coin.
- Bien, pourriez-vous créer deux bouts de fil de fer ?
Ginny opina et prit une profonde inspiration. Elle tendit la main et se concentra sur les souvenirs qu'elle avait de ce que les Dursleys avaient infligé à Harry. Avec un grondement, elle força sa magie à se plier à sa volonté.
- Vous n'avez pas utilisé votre baguette ?
- Harry m'a demandé d'arrêter de le faire. Il m'est arrivé de faire de la magie sans baguette par le passé, quand j'étais vraiment folle de rage, et nous faisons tous de la magie accidentelle pendant l'enfance. Puis nous entrons à Poudlard, et on exécute tout à la baguette. Cela devient une habitude, parce que c'est bien plus facile.
- Tout ceci me fascine, je dois dire.
Il prit les deux morceaux de fil de fer et les plia, avant de les assembler au niveau des coudes, pointes vers l'extérieur.
- Vous pouvez les attacher, au milieu ?
Ginny s'exécuta
- Bien joué, dit Graeme. L'avantage de cet objet est d'avoir toujours une pointe vers le haut, quelle que soit la manière dont vous le lanciez. Vous en éparpillez une grande quantité : quand l'ennemi attaquera, il marchera dessus, et ça fera mal.
- Parfait, murmura Ginny. C'est génial, ce truc !
- J'aimerais pouvoir dire que je les ai inventés, reconnut-il. Mais je me souviens avoir appris ça à l'école. Je retourne voir ma famille, à plus tard.
- Merci, Mr. Thomas.
Graeme sortit de la bibliothèque. Ginny prit le chausse-trappe et le jeta au beau milieu de la table de réunion.
- Ceci, clama-t-elle en s'asseyant, est un chausse-trappe. Si vous regardez bien, il a toujours une pointe vers le haut, quelle que soit la manière dont il repose sur le sol . Il nous faut en fabriquer un grand nombre, et les placer là où l'ennemi posera le pied. (Elle s'interrompit) Et si nous les enduisons de poison, nous devrions être capables de décimer nos adversaires.
- Ginny ! la rabroua sa mère.
- Elle a raison, Maman, la coupa Percy. D'après les chiffres du Ministère, les Mangemorts ont brisé plus d'une centaine de familles. Ce qui comprend une trentaine d'enfants en bas âge. Pensez juste à Jenny - elle est vive, drôle, elle a visiblement l'intention de piquer Harry à Ginny, et Hagrid s'est désormais complètement entiché d'elle. Si Harry n'avait pas été là, elle ne serait qu'une donnée de plus dans les statistiques, un petit cercueil dans une tombe anonyme.
Plus personne ne parlait autour de la table.
- Vous savez, la mort est presque trop douce pour ces animaux. Ils s'attaquent à plus faible qu'eux et qualifient leur conduite d'héroïque. Mais ce ne sont pas des héros. Ce sont des barbares, des tortionnaires et des meurtriers. Et si des chardons plongés dans le poison peuvent assurer un sommeil tranquille à une autre famille, ou un avenir sûr pour mes enfants, alors je les y tremperai moi-même.
Pénélope se leva et alla l'embrasser, très fort, tandis que les autres commençaient à applaudir.
Molly attendit que le bruit diminue.
- Tu as raison, admit-elle. Excuse-moi, Ginny.
Ginny lui répondit par un sourire.
- Et ne va pas t'imaginer que je n'ai pas remarqué ton petit numéro de magie sans baguette, lança Harry depuis un siège qui avait été libre jusque là. Charlie était assis à côté de lui, et il arborait un sourire amusé.
- Comment t'as fait ? demanda Sirius en sursautant.
Harry agita les doigts.
- Magie !
- Ginny ? interrogea Hermione.
- Dis-moi, Hermione, dit Ginny tandis que Harry, après l'avoir soulevée, l'installait sur ses genoux, as-tu fait de la magie accidentelle quand tu étais petite ?
Hermione hocha la tête.
- Avais-tu utilisé une baguette ?
- Je n'en avais même pas à l'époque.
- Comment as-tu pu faire de la magie, alors ?
Hermione ouvrit la bouche, puis la referma.
- Mon pouvoir magique était encore à l'état naissant, et je ne savais pas comment le contrôler.
- Vous ai-je déjà raconté ce qui s'est passé quand Hagrid a rencontré les Dursleys pour la première fois? demanda Harry. Après avoir suivi notre piste jusqu'à la cabane où Vernon nous avait cachés, il leur a crié dessus un moment, et puis il a fait pousser une queue de cochon à Dudley.
- Et ? questionna Blaise.
- Hagrid n'avait plus de baguette depuis des années. Il utilisait un parapluie. Et vous êtes en train de me dire que vous avez tous besoin de vos baguettes, alors qu'un demi-géant sans grand pouvoir peut lancer un sort avec un parapluie ? Vous êtes probablement encore capables de faire de la magie accidentelle, et c'est la même chose que de la magie sans baguette, simplement moins contrôlée.
Hermione dévisagea Harry pendant un long moment avant de soupirer.
- Tu es un salaud Harry, déclara-t-elle. Mais je ne peux pas trouver de faille à ton raisonnement.
- Hé ouais, ricana Harry.
- C'est encore pire quand tu as raison, en fait.
- J'essaierai de ne pas recommencer.
Hermione examina sa baguette et soupira. Elle la lança à Harry, qui tendit la main et la rattrapa.
- Sèche les cours demain matin, et je t'aiderai à maîtriser les bases, proposa-t-il en lui rendant sa baguette. Mais garde ta baguette pour l'instant. Ce n'est pas vraiment le moment de tout reprendre à zéro.
- D'accord, acquiesça Hermione.
- Argh, mon coeur, s'étrangla Ron, étreignant sa poitrine.
- Je vais t'aider, lui dit tendrement Hermione avant de lui taper violemment dans le dos.
- Aïe !
- Et tu viendras aussi demain.
- Pourquoi ? demanda Ron.
- Si Ginny peut faire de la magie sans baguette, nous le pouvons aussi, comme tout le monde autour de cette table, répondit fermement Hermione.
- Presque tout le monde, dit Ginny d'un air d'excuse.
- Malheureusement, ma chère soeur a raison, soupira Percy. Certains d'entre nous ne sont pas assez puissants. (Il s'interrompit et son regard se perdit.) Corrige-moi si je me trompe, dit-il à Pénélope. La magie sans baguette était auparavant quelque chose d'assez commun. Les baguettes existent, elles, depuis le début de notre histoire. Elles servaient à rendre la magie plus facile d'usage, mais la plupart des sorciers plus puissants ne les utilisaient pas - ils trouvaient qu'elles les limitaient. Et elles nous limitent en effet. Elles sont très utiles pour faciliter le lancer de sorts, mais elles ont aussi un aspect restrictif. Il est beaucoup plus facile d'apprendre et d'utiliser des incantations et des mouvements de baguette que de mettre au point une méthode originale. Ces mille dernières années, notre société, trop insulaire et conservatrice pour une quelconque innovation, a progressivement rejeté l'idée de la magie sans baguette. On devrait utiliser les baguettes au début de notre formation, puis les abandonner pour utiliser directement la magie.
- Et pourquoi ne nous a-t-on rien dit ? demanda Fred.
- Parce que le Ministère peut contrôler les baguettes, reconnut Percy. Ils, et par "ils" je veux dire les sang-purs qui veulent tout régenter, pensent qu'ils peuvent contenir la population à sa place en rendant les gens dépendants de leur baguette - qu'ils ont obtenues grâce au Ministère. Vous imaginez la peur qu'ils ressentent à l'idée qu'un sorcier de sang impur puisse maîtriser une magie qu'ils n'arrivent pas à contrôler ? Ce sont eux qui sont responsables du monopole des baguettes pendant les derniers millénaires.
- Percy, pourquoi ne nous as-tu rien dit ? demanda Charlie.
- Je n'ai appris que récemment une partie de tout ceci. Je veux obtenir une Maîtrise, et c'est mon champ d'études. Cela vient sans doute du fait, j'ai honte de le dire, que j'ai toujours été incapable de faire de la magie sans baguette. Et puis, après tout, pourquoi ne vous êtes-vous jamais rien demandé, de votre côté ?
Personne ne répondit pendant un long moment.
- Parce qu'on nous éduque dans ce sens, finit par répondre Hermione. Et il a fallu les remarques de quelqu'un qui ne tient pas vraiment compte des restrictions pour nous en faire prendre conscience.
- Que ce soit bien clair, dit Harry, ceci n'est pas une priorité pour l'instant. Je voudrais que tous ceux d'entre vous qui sont intéressés viennent demain matin, mais nous ne nous y attellerons pas vraiment avant que tout ceci soit terminé. Et à ce propos, (il ferma les yeux et agrippa la table) accrochez-vous.
Plutôt que de s'accrocher à la table, Ginny resserra son étreinte sur Harry. Le Portoloin s'activa, et ils réapparurent tous à l'étage inférieur, dans la salle de réunion derrière le bureau de Dumbledore. Les membres de l'ordre du Phoenix les y attendaient déjà. Harry effleura la table et la renvoya dans la bibliothèque.
- Hmmm, réfléchit-il tout haut, une table ne suffira pas.
Il agita la main, et plusieurs rangées de fauteuils à l'air confortable apparurent.
- Asseyez-vous tous, ordonna-t-il tandis qu'il invoquait un pupitre et allait s'installer derrière.
Sans autre préambule, il attaqua :
- Les dés sont jetés, et nous n'avons pas le droit à l'erreur. Aussi je veux que chacun de vous lève sa baguette, dit-il en s'exécutant lui-même, et jure de ne jamais révéler ce qu'il est sur le point d'entendre à quiconque n'est pas présent aujourd'hui, à moins d'avoir ma permission.
- Et si nous ne le faisons pas? demanda Mondingus Fletcher.
- Alors nous pourrons nous dispenser de vos services, répondit froidement Harry. Votre mémoire sera altérée et vous serez renvoyé chez vous.
- Harry, dit Albus, j'ai toute confiance en leur loyauté.
- Je ne vais pas risquer la vie de toutes les personnes impliquées pour quelqu'un qui refuse de prêter un simple serment magique, répliqua Harry.
Minerva se leva
- Je jure de ne jamais révéler à quiconque ce que je suis sur le point d'entendre.
- Merci, lui sourit Harry.
Comme un seul homme, les membres du groupe de la Bibliothèque suivirent immédiatement son exemple. Puis tout le monde s'exécuta à leur suite, y compris Ding ; Albus Dumbledore fut le dernier à prêter serment.
Harry eut un petit sourire et commença à parler. Il disserta pendant près d'une heure, exposant ses plans, ce qu'il avait déjà accompli, et ce qu'il avait encore prévu de faire.
- Et ceci, acheva-t-il, constitue mon plan.
Il y eut un profond silence tandis que tout le monde le dévisageait.
- Des questions ? demanda-t-il.
Personne ne semblait vraiment savoir quoi dire.
- Pas vraiment, dit finalement Blaise, brisant le silence, mais merci de nous avoir invités ce soir.
- Tout comme Albus peut compter sur certains en toutes circonstances, j'ai mes personnes de confiance, Blaise... même si tu es une Serpentard, conclut-il avec un sourire malicieux.
- Moi aussi, je t'aime.
- S'il n'y a pas d'autres questions, je vous donne rendez-vous lundi pour une dernière mise au point. Remus et Sirius, pourriez-vous aller retrouver les loups-garous, et les préparer ? Je passerai plus tard. Il me semble que les fils Weasley ont un entraînement de Quidditch. A lundi pour le reste d'entre vous.
Harry se fraya rapidement un chemin entre les rangées de fauteuils, attrapa Ginny et les fit transplaner tous les deux. Il eut un grognement de soulagement en apparaissant dans sa nouvelle chambre et s'écroula sur le lit.
Ginny l'examina pendant un long moment avant de grimper sur le lit et de l'enjamber, s'installant confortablement contre ses hanches.
- Comment j'étais ? demanda-t-il.
- Tu étais merveilleux, lui dit fermement Ginny. Réellement brillant, mais d'où te vient cette capacité d'organisation ?
- Organisation ? Quelle organisation ? Je n'ai pas arrêté de me contredire, je n'ai pas cessé d'avoir le trac, et je me suis reposé sur mes instincts. Et j'oublie sans cesse des trucs - comme de parler à Sev d'un enchantement qui nous aurait permis d'attraper Queudver plus tôt.
- Oh, dit Ginny en s'allongeant sur lui, secouant la tête pour que ses cheveux tombent en cascade autour de sa tête, ce sont les mêmes instincts qui t'ont poussé à me choisir comme ta compagne ?
- Oui, murmura-t-il.
- Ce sont de bons instincts, alors. Tu n'as mentionné ni Narcissa ni Bellatrix.
- Il y a plusieurs éléments que je n'ai pas mentionnés, reconnut-il. Je ne voulais pas devoir faire face à leur opposition.
- Oh ? demanda-t-elle.
Harry leva sa main gauche et caressa sa joue, et elle faillit ne pas prêter attention aux mots qu'il prononça ensuite. Elle cligna des yeux, et céda à l'envie de l'embrasser. Un baiser en entraîna un autre, et l'avenir et ses projets s'évanouirent tandis qu'elle laissait son futur mari dissiper par des baisers les peurs et les doutes que ses paroles avaient fait naître en elle.
De : Ginny
A : Blaise
Objet : Ce soir
Hé, Blaise, Harry court avec les loups-garous ce soir, et je me sens un peu seule ; tu ne voudrais pas passer ?
Gin
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Audaces fortune juvat
De : La Régente de Serpentard
A : La Régente de Poudlard
Objet : Re : Ce soir
Pas de problème, je serai chez toi le temps que Sirius remue la queue. J'ai quelque chose à te montrer de toute façon.
B
De : Hermione
A : Son petit ami
Objet : Si tu as fini tes devoirs...
... Je connais un endroit où nous pourrions... discuter des événements de la journée...
Hermione
De : Celui qui vient juste de trouver la motivation nécessaire pour finir
A : Celle qui aime les points de suspension
Objet : Re : Ce soir
Quinze minutes. Et ça me vaudra une récompense de catégorie quatre.
Ron
De : L'amoureuse de la ponctuation
A : Brillant garçon
Objet : La pièce où nous avons découvert Touffu
Catégorie quatre, tu veux dire que tu auras un O ?
J'attends avec impatience de voir si tu l'auras mérité.
De : Checkpoint Charlie (NdT : passage entre Berlin Est et Berlin Ouest pendant le Guerre froide)
A : Bill
Objet : L'occlumencie et ta chère petite amie
Hé, Bill, tu devrais venir apprendre quelques trucs avec moi - ça t'immunisera contre le charme de Vélane.
C
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Draconis
dominium
De : Le Frère Supérieur
A : Choupinet
Objet : Re : L'occlumencie et ta petite amie
On arrive en vitesse tester ça.
B.
Harry termina son petit-déjeuner, embrassa Ginny, adressa un sourire moqueur à Ron et Hermione, dont l'odeur, malgré la douche qu'ils avaient prise, lui indiquait clairement qu'ils avaient passé une nuit extrêmement vigoureuse, et transplana à Little Whinging.
La maison qu'il avait habitée pendant 11 ans était dans un état impeccable. Les employés du Ministère chargés de réparer les dégâts causés par l'attaque des Mangemorts l'avaient reconstruite comme avant.
Les sortilèges qui l'avaient jadis protégée avaient disparu, détruits par l'attaque concertée des Mangemorts.
Il entra, déverrouillant la porte avec un simple charme, et s'assura d'emporter tout ce qui lui avait un jour appartenu, depuis la petite couverture bleue qui avait été sa seule possession terrestre pendant des années, jusqu'au premier devoir qu'il avait ramené à la maison. Cela avait d'ailleurs aussi été son dernier, du fait de la réaction effrayante des Dursley lorsqu'ils avaient constaté qu'il avait obtenu un A. Il avait réussi à le repêcher dans la poubelle le lendemain matin.
Il ouvrit la porte de la chambre de Dudley, et cligna des yeux sous la surprise. La plupart des jouets avaient disparu, et une nouvelle bibliothèque était rangée contre un mur, remplie de livres d'occasion - preuve que Dudley les avait achetés lui-même, car les Dursley n'auraient jamais accepté que leur précieux Dudlichounet ait autre chose que des objets neufs. Une idée lui vint : d'un mouvement de la main, il invoqua un cyclone miniature au milieu de la pièce. Celui-ci tournoya dans la chambre, aspirant le contenu des étagères, avant de tout envoyer dans une petite boîte, qu'il mit dans sa poche.
En haussant les épaules, il transplana à Poudlard, et réapparut à l'entrée de la série de pièces qui servait temporairement de logements aux Dursley.
Il ouvrit la porte sans prendre la peine de frapper, et entra. Vernon devait attendre quelqu'un, car il balança en direction de la tête d'Harry un vicieux coup de ce qui paraissait être un pied de table. Guidé par les instincts acquis lors de ses entraînements, Harry suivit le mouvement, attrapant au passage le bras de Vernon. Sa main droite jaillit, et percuta le menton de son oncle.
Le gros Moldu s'écroula sur le sol, sous les cris de Pétunia.
D'un geste de la main, Harry lança un sort de silence pour arrêter ses hurlements. Toutes les belles phrases qu'il avait répétées s'évanouirent, et il agrippa le bras de sa tante, tout en s'agenouillant pour toucher Vernon. Faire transplaner des Moldus fut plus dur qu'il ne se l'était imaginé, en particulier Vernon, qui semblait peser une tonne. Ils atterrirent dans le salon du 4, Privet Drive.
Harry annula son sort de silence et se détourna, prêt à transplaner à nouveau.
- Attends ! l'appela Pétunia.
Harry se retourna vers elle.
- Sommes-nous toujours protégés ici ?
- Vous savez, répondit lentement Harry, c'est le cadet de mes soucis.
Et il disparut, sûr qu'il ne les reverrait plus jamais, et parfaitement satisfait à cette idée. Ils ne valaient pas la peine qu'on se fatigue pour eux. Ils avaient perdu leur fils, et chacun, désormais, était seul - seul avec l'autre.
De retour à Poudlard, il se dirigea vers le Lac, où Dudley et la famille Thomas profitaient des derniers rayons d'automne.
- Harry ! s'écria Jenny en gambadant vers lui.
- Salut, p'tite tête, l'accueillit Harry en la soulevant pour la poser sur ses épaules. Comment ça va?
- Super ! On a vu le tentacule d'un énorme monstre !
- Oh, vous avez rencontré Iris ?
- Iris ?
- Tous les monstres ont des noms. Iris est le calmar géant qui garde le lac pour nous.
- Cool !
Harry s'assit avec les autres.
- Je viens de renvoyer tes parents chez eux, dit-il à Dudley.
- Ca veut dire qu'il faut aussi que je parte, c'est ça ? soupira ce dernier.
- C'est une de tes possibilités, reconnut Harry en installant distraitement Jenny sur ses genoux. La deuxième étant pour moi de te faire confiance et de t'offrir ton propre appartement.
Dudley cligna des yeux
- Hein ?
- Je n'infligerais à personne que j'aime la punition de devoir vivre avec Vernon et Pétunia. Ce sont des rebuts de l'humanité, et je suis bien conscient que s'il avait existé une milice moldue de Mangemorts, Vernon en aurait été le premier membre. Je ne vois pas d'autre possibilité.
- Il pourrait venir chez nous, proposa Mary
- On serait un peu à l'étroit, acquiesça Graeme, mais je pense que c'est possible. Il pourrait prendre la chambre de Dean, ils la partageraient pendant les vacances, et Sheryl pourrait retourner avec Jenny.
- Vraiment ? demanda Dudley avec surprise.
- Même sans ta relation avec Sheryl, nous ne pourrions laisser personne vivre avec ces gens-là.
- Bien, Graeme, venez donc avec moi, nous irons jeter un coup d'oeil à votre maison. Jenny, tu veux venir ou tu préfères rester ? demanda Harry.
- Je viens, répondit immédiatement Jenny, avec un ton qui laissait envisager qu'il était fou de pouvoir penser le contraire.
Harry rit sous cape.
- A plus tard, dit-il aux autres en se levant. Prenez ma main, proposa-t-il à Graeme.
Il souleva Jenny, et les fit transplaner tous deux à leur maison, aussi impeccable que celle des Dursley.
- De quoi vouliez-vous me parler ? demanda Graeme.
Harry examina le pavillon de banlieue standard qu'il avait sous les yeux. C'était une maison mitoyenne typique, avec un garage sur le côté.
- Et si je finançais la construction d'un petit appartement au-dessus du garage pour Dudley ?
Graeme le regarda, surpris.
- Vous pourriez vous le permettre ?
Harry eut un faible sourire.
- Je pourrais probablement acheter Little Whinging avec mon argent de poche, et ne pas sentir la différence, reconnut Harry. Je demanderai aussi à des amis de placer quelques sortilèges de protection ici, au cas où. Alors, qu'en pensez-vous ?
- Je pense que c'est sans doute la meilleure solution, admit Graeme.
- Bien, j'espérais que vous seriez raisonnable, sourit Harry. Je suppose que vous allez protester si je vous propose de payer le loyer de Dudley ?
Graeme semblait se livrer un véritable combat intérieur.
- Je sais que vous ne faites pas ça pour l'argent. Si tel avait été le cas, j'aurais fait le strict minimum, mais vous avez proposé d'héberger Dudley parce que c'était la bonne chose à faire. Ce genre de choses signifie beaucoup pour moi, et Dudley est toute la famille qu'il me reste. Je ne veux pas le gâter ni rien, mais je ne veux pas non plus que vous ou votre famille ayez à en souffrir, alors que cet argent ne représente rien pour moi. Si vous ne voulez pas recevoir de liquide, je peux aussi bien rembourser votre emprunt, ou vous acheter une nouvelle voiture. De toute façon il en faudra une à Dudley, alors je vais lui acheter. Vous pourrez dire à vos amis que vous avez gagné à la loterie, comme ça ils ne se poseront pas de questions sur la provenance de tout cet argent.
- Vous semblez avoir beaucoup réfléchi à tout cela, finit par reconnaître Graeme.
Harry estima plus prudent de ne pas lui dire qu'il inventait tout au fur et à mesure.
- On pourra en prendre une rose ? demanda Jenny. J'aime bien les voitures roses.
- Okay, Harry, dit Graeme. Faites comme bon vous semble.
- Alors allons-y, répondit joyeusement Harry. Passons d'abord chez mon banquier.
De : Blaise
A : Harry
CC : Ginny
Objet : Ce soir
Harry, est-ce que toi et Ginny pourriez passer à la Salle sur Demande vers cinq heures ce soir ? Il y a quelque chose dont je voudrais te parler.
B.
De : Harry
A : Blaise et Gin
Objet : Re : Ce soir
Bien sûr, j'aurai sûrement fini d'ici là.
Harry
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Audaces fortuna juvat.
De : Ginny
A : Blaise
Objet : Tu as besoin de quelque chose ?
Tu veux que je fasse quelque chose ?
Ginny
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Audaces fortuna juvat
De : Nerveuse
A : Encourageante
Objet : Re : Tu as besoin de quelque chose ?
Je pense que je suis prête, Ginny. Souhaite-moi bonne chance !
B.
De : La future Mme Potter
A : L'actuelle Mlle Zabini
Objet : Re(2): Tu as besoin de quelque chose ?
Tu n'en as pas besoin, Blaise, mais je te le souhaite quand même.
Ginny
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Audaces fortuna juvat.
