Gotham City


Quelques jours plus tard

Le soir même où j'ai quitté le manoir Wayne, je me suis réfugié dans un appartement vide. J'ai appris qu'il ne se vendait pas depuis plusieurs années à cause de sa situation : prostituées, dealers, … J'ai donc décider de me baser ici, le temps de trouver mieux ailleurs … le temps de faire le deuil de cette séparation.

J'essaye de retrouver une vie "normale". Le jour, je me promène dans les rues, revisite les rues simples et tranquilles, redécouvre les transports en communs (oui, Bruce détestait que l'on se mêlent autant à la foule), re-vie les tracas du quotidien. Je me sens comme un gosse qui sort du cocoon familiale. Je me réjoui de savoir que moi aussi je peux faire partie de cette vie. Le soir, en revanche, je remet le costume Robin et traque les petits délits impunis. Sortir le soir et voler d'immeuble en immeuble pour servir la justice sera toujours une partie intégrante de moi-même.

Mais ce costume m'évoque trop de souvenirs. Aussi bien positifs que négatifs, et je veux en garder que les bons côtés. Depuis quelques jours déjà, je réfléchis à un nouveau costume. Je gribouille quelques dessins, quelques motifs. Je n'ai aucunes idées du nouveau nom, ni du logo, mais seulement des couleurs : Noir pour se fondre dans la nuit, Rouge pour signaler le danger de ma présence et le Jaune pour l'espoir. Je ne veux pas me rapprocher de celui de Batman, ni de Nightwing.

Il se fait tard, il est temps de sortir, traquer le crime. J'enfile mon costume, mon masque et attrape mes gadgets au vol, saute par le fenêtre et m'agrippe le mur d'en face. Je monte jusqu'au toit, fait une pause un instant, utilise mes jumelles pour repérer un délit, mais rien. Alors, je cours jusqu'au bout du toit, saute et utilise mon grappin pour monter plus rapidement le building d'en face. Je cours à nouveau, et effectue ces acrobaties sur plusieurs distances. J'évite avec précautions les repères de Batman, car il connait quelques rues très réputés pour les crimes, et moi j'en connais d'autres qui ne l'intéresse pas.

Je reprends mon souffle une seconde sur un toit. Je sors mes jumelles et balaye le panorama. Je ne vois toujours rien. Mais un bruit étouffé me parvient. Je garde le silence pour mieux localiser par l'ouïe. Lentement, je dirige mon corps vers le bruit, puis utilise mes jumelles. Oui, je crois entendre le cris d'une femme au loin. Je n'en suis pas sûr mais je préfère vérifier. Je saute à nouveau d'immeuble en immeuble, utilisant uniquement mon ouïe pour me guider. Je m'approche d'un port. L'eau de la mer me monte aux narines. Je n'ai pas l'habitude de ce changement. Je n'ai jamais vraiment pratiqué de combat sur un port. Ces occasions étaient trop rare. Les méthodes de combats sont les mêmes mais je ne suis pas sûr de penser à toutes ces failles. Dans un immeuble abandonné, je serais comment sont fait les mur et pourrais les utiliser en ma faveur. Ici, je devrais improviser avec quelques notions.

Du haut de l'immeuble, j'aperçois la femme qui se fait agresser par trois malfrats. Ils sont habillés de la même façon. Sans doute un gang. Je n'attends pas une seconde de plus pour agir. Je me lance dans les airs et utilise ma cape, comme Batman me l'a appris, pour planer et me diriger. J'atterris sur le bord de mer, un plancher de bois surmonte les vagues où les bateaux sont accrochés. De faibles lumières révèlent la scène qui se produit devant mes yeux. Je suis à quelques pas d'eux. Ils ne m'ont pas vu, trop occupé à voler son sac et réclamer l'irréparable.

"Eh vous ! Lâchez-la immédiatement ! Je ne le répèterais pas !"

Le son de ma voix résonna suffisamment fort pour que l'attention des malfrats se tournent sur moi. Leurs regards se posent sur mon arme déployée, prêt à attaquer au moindre geste, ils n'attendirent pas un second avertissement pour lâcher le gibier et se tourner vers moi. Ils s'éloignent l'un de l'autre pour couvrir une zone d'attaque autour de ma position. Je reste sur mes gardes et me prépare à servir la justice. Ils ne peuvent pas s'en sortir si facilement. Une fois le combat fini, je les livre à la police, où Gordon se fera une joie de s'occuper du dossier.

Avec une adresse étonnante, que je ne soupçonnais pas en les voyant, ils sortirent un sabre de leur dos. L'étonnement me cloua au sol un instant, jusqu'à ce que des ombres bougent derrière eux : d'autres personnages du même type se dévoilent et s'alignent de la même manière. Je suis encerclé de ces énergumènes qui semblent connaître la pratique du sabre. Ils ont bougé si rapidement et en silence, que j'étais loin de me douter du nombre : ils sont au moins une vingtaine à me tenir en joue. Une boule de salive racle mon gosier, me procurant une désagréable sensation que ce fut un piège.

Je fixe toujours du regard l'un des premiers combattant. J'essaye de déceler en lui le degrés de haine qu'il puisse avoir. Rien en cet instant présent ne me permet de comprendre pourquoi je me serais fait autant d'ennemis. Ils ne sont pas très bavard non plus. Je ne pourrais rien tirer d'eux.

"Pas de problèmes, je m'occupe des copains aussi !"

Mon air amusé me trompe quelque peu. Batman m'a toujours appris de ne jamais montrer ses faiblesses à l'ennemi, mais ici, il serait dur de camoufler l'effroi qui me traverse le corps. Même en supposant qu'ils n'ont pas une grande maîtrise du sabre, ils sont beaucoup trop nombreux pour que je puisse tenir tête. Fuir me serais inutile : ils me traquerais. L'un d'eux se décide à avancer vers moi. Je serre plus encore mon arme.

Sans que je prenne garde, il commence le combat en tranchant l'air près de moi, où j'eu à peine le temps d'esquiver et sauver mon bras gauche. Mon regard hébété me paralysa un instant, mais le danger de la situation active mon bras, où le Bô-jitsu achève sa course sur la colonne de l'ennemi. Il vacille légèrement vers l'avant mais retrouve l'équilibre. Ne perdant pas une seconde, il leva son sabre et tenta d'atteindre ma nuque en formant un arc de cercle. Je réussis à l'éviter en penchant vers l'arrière, d'instinct j'effectue une souplesse arrière et m'éloigne de lui. C'est un autre qui décida de prendre le relais et m'adressa un violent coup de coude sur l'omoplate.

Leur rapidité et souplesse m'indiquent immédiatement l'origine de ses malfrats : la ligue des assassins ; en un mot : Damian. Je comprends mieux le surnombre et le silence de leur parole. Mais je comprends aussi que je n'ai aucunes chances, seul, face à eux. Ils sont déjà deux contre moi, les autres attendant leur tour. J'esquive du mieux que je peux, et contre-attaquant quand j'en ai l'opportunité.

J'entends le bruit tranchant de leur lame proche de mes tympans : ils ne sont jamais loin de me blesser … ou pire. J'utilise mes meilleurs cartes pour éviter leur attaques. L'un des deux s'accroupis devant moi et lance ses jambes pour heurter mes articulations, mais, à temps, j'utilise son dos pour effectuer une souplesse avant, et les extensions de mes muscles pour me propulser hors de leur cercle. Contrarié, ils se retournent tous par stupeur et se dispersent. Ils tentent de reformer un cercle mais je n'ai pas le temps d'étudier leur nouvelle position qu'un troisième entre dans l'arène et vient achever son sabre contre le sol, où j'aurais dû être la cible. Le deuxième cours vers moi, le premier referme le piège, ils se préparent à sauter en même temps sur moi. J'ai le temps de rouler vers l'avant et d'établir une stratégie : alors qu'ils achèvent leur course misérablement, j'utilise mon arme pour frapper leurs crânes par le dessus. Ils n'ont pas eu le temps d'esquiver car ils ne connaissent pas mon arme personnelle : je suis apte à la déployer quand bon me semble. A cela, s'ajoute deux camarades en plus pour venger leurs camarades. Je n'ai pas le temps de voir ce que les trois assassins préparent, je cherche une issue, mais les autres ombres se précipitent aussi vers moi pour refermer le champs des possibilités. Je sens mon heure arriver …

Un bruit de métal résonne dans mes tympans puis se répercute dans tout le port. J'ose un regard derrière moi, un frisson me paralyse. Une ombre noire se tient là, où une bande bleu orne ses épaules. La lumière me révèle des forment musclés. Un peu plus loin, deux bâtons de métal tiennent à distance des lames aiguisées. Elle vient de parer les coups mortels qui m'attendaient.

Nightwing

Non ce n'est pas Dick ayant le rôle de Batman … mais le Dick qui redevient lui-même. Nightwing est de retour à mes côtés.

Il repousse les armes ennemis avec difficultés mais parvient à dégager leur prise, avant de prendre une position de défense. Nous sommes dos à dos. Même si j'apprécie sa présence, je me méfie de la raison qui l'amène. Son apparition soudaine me parait suspect : comment savait-il que je serais ici ? M'a-t-il suivit ? Pour quel but ? Ou, a-t-il réussit à connaitre le plan de Damian ?

"Je n'ai pas besoin toi ! Je m'en sors très bien !"

"Ce n'est pas qui paraissait de loin !"

Réponse facile. Je voudrais lui demander pourquoi il est là et pourquoi il m'aide après toutes horreurs que j'ai pu voir, mais un assassin tente une attaque aérienne sur moi. Je l'esquive, donnant le départ au combat, mais cette fois, tous les assassins s'y mettent en même temps.

Plusieurs minutes plus tard, alors que Nightwing et moi tenons difficilement tête aux assassins, un son strident résonne où chacun d'entre eux stoppent net tout mouvement. Alors que nous étions prêt à lancer notre attaque, Nightwing et moi restons cloué sur place, forçant cet élan à mourir en nous. Je balaye des yeux les environs pour localiser l'origine du bruit et l'être qui se cache derrière.

Une ombre surgit au loin du port et fini par révéler …

TALIA ?

Elle avance élégamment vers nous, ses sujets se courbent devant son passage. Un sourire tords son visage ainsi que ses yeux noirs, plissé par la vengeance qui demeure en elle. Elle laisse une distance correcte entre nous. Elle ne daigne pas prendre contact mais se délecte de la crainte qui nous saisit. Elle ne fais scruter longuement les pantins de Batman.

" Talia Al Guhl ! Je n'irais pas par quatre chemins … Je sais que c'est toi qui a tué Bruce Wayne !"

La voix grave de Nightwing coupe ce silence trop pesant.

"Voyons Nightwing ! J'oserais faire une telle chose au père de mon enfant ? Si je le voulais, je l'aurais fait depuis longtemps !"

Sa voix est semblable à celle de Damian. Je sens une force monter dans mes mains, qui sert le Bô-jitsu, prêt à attaquer. Mais je suis nettement en force inférieur par rapport à tous ces assassins dans les parages.

"Comment va Damian ?"

"Dis nous ce que tu sais sur sa mort !"

"Autant que toi Nightwing, je te l'ai dit !"

Elle esquisse un sourire plus forcé sur son affirmation. Son visage ressemble au démon. Elle me glace le sang.

"En revanche, je suis venue pour une chose … "

Elle pointe son doigt sur moi et continu.

"… Drake : Laisse mon fils tranquille ! La prochaine fois, je ne laissera pas l'opportunité à ton ami d'intervenir !"

Sa voix est devenu rauque et sévère. Je suis sur le point d'agir, mais Nightwing plaque une main sur mon ventre pour m'en dissuader.

"Réponds-moi !"

Nightwing insiste mais il sait qu'il n'obtiendra rien de plus d'elle.

Elle tourne les talons, ses cheveux flottent dans les airs, et le bruit strident resurgit.

"N'essayez pas de nous suivre !"

Sur cet avertissement, le port se vide d'un seul coup, les ombres vengeresses se sont effacés. Je redécouvre l'ambiance véritable d'un port tard dans la nuit. L'odeur de la mer vient de nouveau chatouiller mon nez : le danger est écarté pour de bon.

"Tim … je tiens à m'excuser ! …"

Il se tourne lentement vers moi et m'adresse un regard sincère.

"J'ai utilisé la haine de Damian contre toi pour qu'il puisse me livrer Talia ! Seul je n'y serais pas parvenu ! Je devais la questionner !"

Cette soudaine révélation me laisse perplexe. Que penser, que répondre ? Où est le faux et le vrai des semaines passés en sa présence ? Je suis décontenancé. Ma seule réponse est ce regard dans ses yeux que je n'ai pas quitté.

"J'espère que tu me pardonne !"

"Ouais … bien sûr !"

Je ne savais quoi répondre d'autres. Ces jours m'ont été difficiles pour me convaincre que Dick n'était plus rien pour moi, mais il vient de me redonner le doute. Je ne supporte pas cette situation, je suis prêt à partir, regagner mon appartement et me repenser à tout ça.

Avant que je ne puisse m'échapper, il me saisit le bras, rapprochant mon corps près du sien. Ma réaction ne lui a pas satisfaite. Il approche son visage près du mien, mais avant qu'il ne tente quoi que ce soit, je me dégage de sa prise et lui lance sur un ton rancunier :

"Tu crois que ça va changer quelque chose ?"

Je me lance dans les airs avant qu'il ne prononce le moindre mot.