Et deux mois plus tard… faut vraiment que je sois un peu plus régulière, moi…
Ne perdons pas les bonnes habitudes… voici les réponses aux reviews !
IthilWilwarin (review du 27/02) : Euh… merci ! J'ignorais que la lecture d'une fic pouvait avoir des effets pareils… Ouais, Sterendenn a un petit côté « brutasse » qui me plaît bien, des fois. Valter ? Meuh si, je l'aime (on va pas risquer de contrarier Lumeha, pas vrai ?) Non, sérieusement, je ne le déteste pas tant que ça… c'est juste le côté sadico-pervers que j'apprécie modérément… sinon, le personnage en lui-même a quelque chose d'intéressant, que j'essaierai de développer plus tard… dans loooooongtemps.
Et sinon, oui, les yeux de cocker ne marchent pas sur les filles…
Lumeha (review du 27/02) : Merci J'espère que la suite fera plaisir à tout le monde aussi.
Disclaimer : Au cas où ça ne se saurait pas encore, Fire Emblem est la propriété de Nintendo. Valà.
6
En attendant l'heure dite, j'étais donc partie m'entraîner dans ma chambre, comme j'en avais l'habitude. Au bout d'un moment, quelqu'un frappa à la porte.
« Entrez ! » lançai-je entre deux mouvements.
« Ster, ça fait un quart d'heure que je t'attends ! »
« Ah ben on est deux, alors. » fis-je en allant ouvrir. Cormag passa prudemment la tête par l'entrebâillement de la porte et jeta un coup d'œil dans la pièce.
« Tu t'entraînes ici ? »
« Il y a suffisamment de place pour ce que je fais. Vous comptez aller ailleurs ? »
« On va aller dans la salle d'entraînement. Pose ce poignard et suis-moi. »
« Et je m'entraîne avec quoi ? »
« Une arme en bois. A notre niveau, on ne s'entraîne pas avec de vraies armes. Je veux vivre encore. »
Je souris.
« Je comprends. Je vous suis. »
« Euh… c'est à vous, toutes ces armes ? »
« On ne les utilise jamais. La plupart sont trop vieilles, elles se casseraient au premier coup porté. Mais on n'a pas le cœur de les jeter, alors on les laisse ici pour la décoration. Certaines ont plus de deux cent ans. »
Et quelle décoration ! Il ne devait plus rester un seul mètre carré d'espace inoccupé sur les murs de la pièce ! Et à voir l'état de certaines lances, je le crus sur parole quant à leur âge.
« Bon, vous me raconterez ça quand on aura terminé, d'accord ? Vous avez autre chose que des lances et des épées ? »
« Un poignard, par exemple ? »
« Par exemple, oui. » confirmai-je.
« C'est sur ce mur-ci. »
J'examinai les armes accrochées au mur que Cormag m'avait désigné. Il y en avait de toutes sortes, certaines richement décorées et qui semblaient effectivement prêtes à tomber en poussière, d'autres très simples et à la lame redoutablement pointue et tranchante, comme me le confirma mon pouce.
« Vous avez de belles pièces. » estimai-je en rangeant le poignard que je venais de sortir de son fourreau.
« N'est-ce pas ? Tiens, attrape ! »
Je me retournai juste à temps pour recevoir un tas de tissu dans mes bras.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Tu comptes te battre dans cette tenue ? »
Mince ! J'avais oublié que j'étais toujours dans ma vieille tunique qui se soulevait jusqu'à la taille au moindre mouvement un peu brusque ! J'en rougis de confusion.
« Non, bien sûr que non. »
« Ils devraient être à ta taille. Je sors pour que tu puisses te changer. S'ils sont trop grands, regarde dans le coffre là-bas, il y en a d'autres. »
« Merci. »
J'attendis que la porte soit refermée pour déplier la boule de tissu que j'avais réceptionnée. Il s'agissait d'une tunique courte qui devait s'arrêter à mi-cuisse, accompagnée d'un pantalon ample. L'ensemble était en toile brune et en bon état, malgré l'impression que j'avais qu'il n'avait pas servi depuis belle lurette. Un bruit attira mon attention. Je me baissai et récupérai un objet qui pouvait s'apparenter à un poignard de bois. Eh ben, bon courage pour arriver à utiliser ce truc…
J'enfilai le pantalon, puis me retournai pour enlever le chiffon qui me servait de vêtement (que je jetai sans ménagement dans le coffre que Cormag m'avait indiqué précédemment) et enfiler la tunique. Pure précaution, au cas où il aurait été possible de me voir de l'extérieur, ce dont je doutais, puisque la pièce n'avait pas de fenêtre et que l'unique porte m'avait l'air suffisamment bien montée pour qu'on ne puisse pas regarder par les jointures. Ce n'était sûrement pas le genre de Cormag de regarder par le trou de la serrure, mais les hommes sont capables d'être si bêtes, parfois… Je remis la ceinture où était suspendue l'arme en bois qui m'avait été remise et effectuai quelques mouvements sans que les vêtements ne me gênent le moins du monde. A croire qu'ils avaient été taillés pour moi.
« Vous pouvez revenir, si vous voulez. » annonçai-je en retournant étudier les poignards suspendus au mur. Aucun ne me paraissait aussi facile à manier que le mien, mais ça ne pouvait pas me faire de mal de les regarder, n'est-ce pas ?
« Tu as trouvé ton bonheur ? »
« Si je devais choisir, je garderais le mien. J'en ai l'habitude, pas de ceux-ci. »
Il hocha la tête, l'air… approbateur ?
« Et vous ? »
Sans répondre, il empoigna une perche aussi grande que lui.
« Tu t'es échauffée ? »
« Non, je ne m'échauffe jamais. »
« Tu devrais. Ca assouplit, et ça évite de se froisser bêtement un muscle. Moi, en tout cas, je vais m'échauffer cinq minutes, et je te conseille de faire pareil pendant ce temps. »
Je copiai donc son programme d'échauffement. Effectivement, ça assouplissait assez spectaculairement.
« Voilà. Allons-y tant qu'on est encore chauds. » décida-t-il en empoignant sa "lance".
Je dégainai mon "poignard" et attendis qu'il passe à l'attaque.
Mais rien ne vint.
Nous nous regardâmes dans le blanc des yeux pendant une dizaine de secondes, quand soudain, sans le moindre signe avant-coureur, il fut sur moi. J'eus tout juste le temps de bouger vers la droite pour éviter le coup, en revanche je n'évitai pas le second, et ne pus retenir un léger cri, plus de surprise que de douleur. Heureusement qu'il avait arrêté son coup, parce que sinon j'aurais expérimenté le vol plané à l'horizontale avec dégâts irréversibles pour le mur et pour moi. Surtout pour moi.
« Un à zéro pour moi. On recommence. » déclara-t-il en reculant de trois mètres.
A nouveau, nous restâmes figés comme des statues de sel. A nouveau, il passa à l'attaque. A nouveau, j'esquivai le premier coup par une esquive latérale. A nouveau, je me fis avoir sur le second, mais j'avais suffisamment reculé pour que seul le bout de la lance m'effleure. Cependant, il y avait touche quand même.
« Deux à zéro. »
Bon. Visiblement, il fallait que je revoie ma technique.
Au troisième tour, il agit de la même façon. Cependant, j'étais prête. J'esquivai le premier coup, mais au lieu de me déplacer latéralement, je pivotai sur ma jambe droite et reculai de deux pas pour éviter le second coup. Puis, profitant de ce qu'il était en déséquilibre, je tentai une attaque. Problème : la lance m'attendait au retour. Je me baissai pour esquiver, me ramassai sur moi-même, et me détendis brusquement. J'atterris sur la poitrine de Cormag. Avec l'élan, nous basculâmes au sol. J'appuyai ce qui devait s'apparenter à la lame de mon simulacre d'arme sur sa carotide.
« Deux à un. » commentai-je, pas mécontente d'avoir capté le truc.
Quelque chose me tapota le dos. C'était le bâton de Cormag.
« Je peux me relever ? »
« …Bien sûr. »
Je roulai sur le côté, puis sur l'épaule pour me relever.
J'attendis qu'il passe à l'attaque, mais cette fois, il ne semblait pas décidé à prendre l'initiative. A voir la façon dont il s'appuyait sur son bâton, il devait attendre que je commence. Mais il y avait trop de distance entre nous. Trois ou quatre mètres. Le temps que j'approche, il m'aurait touchée. Alors ? J'optai pour effectuer prudemment quelques pas en avant : une tactique qui présentait à la fois l'avantage de me tenir hors de portée et celui de me rapprocher. Alors que j'avançais le pied pour faire le second pas, je m'interrompis et le reposai, songeuse. Ne vaudrait-il pas mieux que je joue avec l'effet de surprise ? Vu la position de Cormag, le temps qu'il reprenne sa lance correctement, j'aurais sûrement eu le temps de le frapper. Ca valait la peine d'essayer. Après tout, jusqu'à présent, j'avais toujours compté avec ma vitesse, pas avec ma force.
Je bondis brusquement, et lorsque je fus à moins d'un mètre, la lance s'anima soudain et passa d'une position verticale à une position horizontale. Et moi, comme une andouille, j'avais oublié qu'on pouvait se défendre avec une lance, et vu ma portée, s'il décidait de me repousser, je ne pourrais jamais le frapper. Il était trop tard pour changer de trajectoire et envisager une attaque basse, aussi me résignai-je à être repoussée. Toutefois, je ne me considérai pas comme vaincue, puisque ce n'était pas une véritable attaque : le manche d'une lance ne coupe pas. Cormag non plus, visiblement, qui faillit m'assommer en effectuant une contre-attaque que j'eus de la chance d'éviter. Je décidai donc, en un éclair, de multiplier les feintes en évitant de me faire toucher d'abord. Il finirait bien par baisser sa garde à un moment ou à un autre, et alors… j'en profiterais.
Environ une minute et un certain nombre de coups de chance plus tard, j'entrevis une superbe ouverture. J'y envoyai mon bras, naturellement, et presque aussitôt, sentis un choc au niveau de ma jambe. Cependant, j'avais touché Cormag presque au même instant.
« On le compte pour qui, celui-là ? »
« Pour toi. Tu m'as eu avant. »
« Mais vous aussi, vous… »
« Si c'était un vrai combat, je n'aurais pas pu te toucher, je serais mort avant. » coupa-t-il sur un ton qui n'admettait pas de réplique.
« Si vous le dites. Deux à deux ? »
« Doux à deux. Au fait, puisqu'on parle, tu n'as aucune garde. »
« Si j'en avais une, elle ne me servirait pas à grand-chose. Je n'ai pas assez de portée pour… hé ! »
Le bout de la "lance" était venu se poser sur ma gorge sans que j'aie eu le temps de comprendre ce qu'il m'arrivait.
« Si tu avais eu une garde, tu aurais pu me repousser. Portée ou pas portée. »
« Si vous m'aviez prévenue que la discussion était finie, je… arrêtez d'avancer ce truc ! »
Parce que moi, depuis tout à l'heure, je reculais, et depuis tout à l'heure, il me suivait. Ca commençait à me déplaire, parce que j'étais contre le mur, entre deux épées qui faisaient presque ma taille. Je levai la main droite pour repousser le bâton. Il ne broncha pas. Le pire, c'était que Cormag ne semblait faire strictement aucun effort pour maintenir cette "lance" au même endroit, soit sous mon menton.
Ah, vous le prenez comme ça ? Parfait ! De toutes mes forces, je frappai le bâton, me jetai en avant avant qu'il ne revienne, roulai sur l'épaule pour me redresser, évitai un coup qui aurait probablement pu me mettre dans les pommes sans difficultés particulières, et, furieuse à présent, me lançai dans une série d'attaques rapides et furtives, qui ne tardèrent pas à le déboussoler. Je le touchai une première fois aux côtes, une seconde à la cuisse, et la troisième fois, je le plaquai au sol et déclarai à mi-voix, en m'installant de sorte à ce qu'il n'ait pas d'autre choix que d'arrêter de gigoter et de m'écouter :
« Soyons clairs : quand je vous dis "stop", c'est "stop", c'est pas autre chose. Alors soyez gentil et pas de coups bas, d'accord ? »
« Tu n'avais pas exactement la même optique tout à l'heure, dans l'escalier, si ? » ironisa-t-il.
« C'est vrai. » lui accordai-je. « Toutefois, vous avez autrement plus d'expérience que moi, et il vous était plus facile de vous libérer que… »
« Attends un peu que j'aie une vraie lance dans les mains, tu me diras si tu préfères être menacée par un bâton à bout rond ou une arme de métal pointue. »
« On peut tuer avec les deux. »
« C'est vrai aussi. Bon, tu me laisses me relever, maintenant ? »
Comme je ne bronchais pas, il ajouta, moqueur :
« A moins que tu ne préfères que je décharge Maelys de la corvée de cuisine dès demain ? »
« Puisque vous insistez… » me résignai-je en le libérant.
« Nous étions donc trois à deux. »
« Non, deux à deux. » corrigeai-je.
« Tu m'as touché deux fois, ça devrait même être quatre à deux. »
« Mais ça ne comptait pas ! Et puis vous m'avez touchée une fois, à ce prix-là ! »
« Bon, d'accord. Mais tu veux un conseil ? Prends toujours les points d'avance qu'on te donne, on en a toujours besoin tôt ou tard. »
« Je prends note. Quatre à trois, alors. »
« D'accord. » soupira Cormag.
« Qu'y a-t-il ? »
« Rien, laisse. »
« Dites-moi ce qui vous fait soupirer ainsi. »
« Je me disais que tu étais la fille la plus têtue que j'aie jamais connue. »
« C'est un honneur. »
« Ca n'était pas destiné à être interprété comme ça. »
« C'est bien pour ça que je le prends comme un honneur. Bon, assez papoté. On y va ? »
« On y va. Et pense à ta garde, nom d'un chien ! »
