Titre :J'ai un problème qui s'appelle Neji.

Voilà. J'ai un gros problème. Hana a fouillé mes affaires et à trouvé mon portable.

Ce ne serait pas grave si elle s'était contentée de lire les messages et me gronder. Non au lieu de ça elle a…

Et si on commençait par le début ? Au moment où je ne savais pas encore ce qui me tombait dessus. Au moment où je mangeais tranquillement le déjeuné que m'avais préparé ma mère…

-Tiens Kiba ! Tu aimes bien les crêpes, non ?

-hmmm…

Ma mère me tend les crêpes, et je les mange dans le silence le plus complet. C'est-à-dire sans un mot de plus. Après avoir ingurgité les crêpes, je me lève en remerciant ma mère. Je me dirige vers la porte.

-Où vas-tu ?

-Je ne sais pas. Me promener.

-Reviens pour le dîner, d'accord ?

-hmmm…

J'ouvre la porte pour me diriger vers les rues désertes. Je me remémore toute mon enfance en traversant les ruelles ensablées. Un petit chemin notamment, me mène vers le vieux garage de ma mère, que j'avais utilisé comme repère de bandits. J'y ai caché tout mes souvenirs…

J'ouvre la porte grinçante et recule instantanément, un sourire sur le visage. Mon piège fonctionne toujours ! Un sceau rempli de peinture bleue et d'œuf tombe à l'endroit où je me trouvais un peu plus tôt.

Aaah le vieux temps…

J'entre dans mon endroit favori qui entre temps est devenu un peu poussiéreux. A l'époque, j'avais installé des fauteuils, des coussins, des sucreries un peu partout dans le garage et même une petite télé ! Que c'est loin tout ça…

J'avance tranquillement et revois à chaque endroit une partie de mon enfance. C'est un peu mélancolique, quelques fois. Comme maintenant. J'avais un petit coin secret dans mon repère. Un coin qui plus tard m'a servi de refuge, en quelque sorte.

Il a été utile quand mon premier grand amour de primaires m'avait rejeté. C'était une fille, je m'en souviens. C'était la période la plus difficile de ma vie, à l'époque. Je m'assieds dans mon refuge adoré. Et on dirait qu'il me ressert de réconfort, maintenant.

Inévitablement mes pensées tournent vers Neji. Comment va-t-il ? Est-il toujours le plus beau à Konoha ? Toutes les groupies, le suivent-elles encore ? Est-ce qu'il a embrassée l'autre… Tenten quand je suis parti ?

Ma tête s'enfonce dans un des coussins.

J'espère que oui. Ce serait plus facile pour moi s'il avait une petite amie. Tout rentrera dans l'ordre. Et puis si jamais il… non. Penser à lui ne changera rien à la situation.

Je me demande comment va Naruto. S'il survie sans moi. Mais je m'inquiète inutilement, Sasuke s'occupe sûrement très bien de lui. Naruto est un grand garçon, il a beaucoup d'amis, et tout ira bien… je l'espère.

-Wif wouf… ?

Je me tourne vers l'entrée pour voir Akamaru entrer dans le garage. Je me lève précipitamment pour le prévenir, mais il est trop tard. Le sceau rempli de substance bleuté est déjà tombé sur sa tête. Et puis, c'est une sorte de vengeance pour ce qu'il m'a fait subir dans le train. On ne donne pas des ordres à un Inuzuka !

-Akamaru ! Je soupire.

Je vais tout de même à sa rescousse. Pour la forme ! Dés que le petit fut libéré du sceau, il m'aboya dessus pour mon comportement anodin. Je ne pu retenir un rire amusé. Comme au bon vieux temps, Akamaru est toujours là pour me réprimander pour mes bêtises.

Je soulève le chien trempé et m'en vais le laver dans le lavabo devant le garage. Après ce bain forcé, je le caressais tendrement. Au final, Akamaru était celui qui me consolait dans les moments difficiles, et je ne l'oublierais jamais.

-Allez viens là…

Je soulève le chiot et le dépose près de mon pull pour lui tenir chaud. Akamaru ne refuse pas, et se niche dans mon cou.

J'arpente les rues, redécouvre mon ancienne école, mes restaurants préférés, et d'autres endroits avant de revenir vers ma maison épuisé. Mais je ne rentre pas, je préfère monter sur le toit. Ca je le faisais chaque nuit, quand le ciel dévoilait toutes les étoiles qu'il cachait de peur qu'on ne les lui vole.

Les tuiles brûlantes m'accueillent avec plaisir et je me perds dans le ciel.

Je restais là dans un doux silence. La seule chose encore audible à mes oreilles était le chant du vent sur les feuilles.

-Kiba ?

Un visage apparu dans une fenêtre du grenier. C'était Hana, un sourire sur ses lèvres.

-hmmm ?

-Viens manger, frangin.

Sa voix n'était pas aussi moqueuse que la veille. Je l'observais attentivement. Est-ce un piège ? Non, son sourire semblait sincère et … innocent. Ses yeux étaient légèrement tristes et désolé. Pourquoi ?

Elle partit tranquillement.

-Hana ?

-Oui ?

Ma sœur se retourna pour me regarder gentiment.

-Quelque chose ne va pas ?

Elle semblait surprise de ma question quand un sourire parcouru ses lèvres. Mais ses yeux ne mentent pas aussi bien, ils restèrent mélancoliques.

-Heureux est l'ignorant, tu l'as dit hier ! Déjà oublié ?

Son visage disparaît définitivement derrière la fenêtre et je descends du toit. Généralement quand on dit une phrase de ce genre, c'est que l'on garde bel et bien quelque chose de secret. Que me cache Hana ?

J'entre dans la cuisine et ma mère me saute dessus.

-Alors ? Cette promenade ?

-hmmm…

-Ton vocabulaire n'est pas très étendu aujourd'hui !

-Ma promenade était assez agréable.

Ma mère me sourit avant de me diriger vers la table. Elle me tient le bras comme si elle attendait que je tombe par terre. Je m'assieds sur la chaise devant ma mère et Hana pour pouvoir les regarder pendant le repas. Qui était nul autre que de la moussaka. Aïe, mauvais signe. Quand ma mère est contrariée, elle fait toujours de la moussaka ! Maman me donne une assiette ainsi qu'à ma sœur et le repas commence dans un silence lourd. Très lourd, si vous voulez tout savoir !

Ma fourchette se balance de gauche à droite dans mon assiette, et j'observe les deux femmes de ma petite famille. Qu'est-ce qu'elles ont tout d'un coup ? Elles ont l'air préoccupées…

N'y tenant plus, je dépose ma fourchette dans un tintement à côté de mon plat.

-Quelqu'un veut bien me dire ce qu'il se passe ?

Hana et ma mère me regardent d'un air innocent. C'est Hana qui répondit :

-Mais il ne se passe rien.

-Justement ! Vous ne dites rien, et maman a fait de la moussaka ! Qu'y a-t-il ?

Elles continuent de manger comme si de rien était. Je les regarde abasourdi. Quoi elles sont muettes maintenant ?

-Je ne suis pas dupe, il se passe quelque chose ! Et vous ne voulez pas me dire ce que c'est.

Hana ne me jeta aucun regard et terminait tranquillement sa moussaka. Ma mère elle regardait son assiette sans rien manger. Mais qu'est-ce qu'elles ont ? C'est parce que je suis là ? Parce que je dérange ?!

Ma fourchette s'écrase sur mon assiette et je me lève dans un raclement de chaise fort.

-Kiba, attends ! Commence ma mère.

-Si je vous dérange autant que ça, vous n'aviez qu'à le dire !

-Non, ce n'est pas ça ! Dit Hana à son tour.

Je les regarde même plus. Alors qu'est-ce que c'est ? Pourquoi ne me disent-elles plus rien ? A quoi rime ce mutisme.

-Laissez tomber ! Vous ne me direz rien de toute façon !

La sonnerie de la porte sonne, et je vais l'ouvrir.

Ma main reste coincée sur la clinche de la porte. Mes sourcils froncés par la colère, se relâche d'un coup. Je murmure :

-C'est pas vrai, mais c'est pas vrai…

Je recule doucement, les yeux rivés sur la personne qui se trouve devant moi.

-Kiba…

Sa main vient m'attraper la mienne mais je secoue brusquement le bras.

Neji se tient au seuil de ma maison. A Suna. Un endroit où il ne devrait pas être.

Je recule encore, sous le choc tandis que le brun avance. Et en une seconde mon murmure devînt un cri.

-MAIS C'EST PAS VRAI !!!

Je me retourne pour courir dans les escaliers. Neji tante de me retenir de sa main, mais j'ai déjà parcouru l'entièreté de l'escalier.

Je monte dans ma chambre, claque la porte violemment pour la fermer à clef, ouvre ma fenêtre sans un bruit et grimpe sur mon toit. Mais qu'est-ce qu'il fiche ici ??? J'entends des voix s'élever de la cuisine. Je tends l'oreille.

C'est la voix de ma mère…

-Bienvenue Neji, je suis contente que tu aie pu venir aussi vite…

-Il n'est pas très enchanté de me revoir.

-Ne t'en fais pas, je suis sûr qu'il te parlera quand il sera calmé, dit Hana.

Alors c'était un complot depuis le départ ? C'est pour cela qu'elles ne parlaient pas ! Mais comment ont-elles su comment le contacter ? Et pourquoi est-il ici ? Akamaru remue légèrement dans mon pull, toujours endormi.

Akamaru… Akamaru ! Mais bien sûr ! Ce stupide chien a sûrement donné mon portable à Hana et elle a lu tous mes messages et… elle l'a téléphonée !!!!

Je grogne mécontent. Elle ne sait jamais se mêler de ses affaires ma grande sœur ! Toujours la pour ce mêlée de tout !

Voilà où j'en suis maintenant. Vous voyez l'étendu de mon problème, et moi je cherche une réponse. Mais il n'y en a pas. Pas une seule…

Ça fait précisément 4 heures que je suis sur le toit, que je refuse de descendre parce que je sais pertinemment qu'il est en bas et que je me démène à trouver une stupide solution.

Ça fait quatre heures que je suis sur le toit, quatre heures où je vois son visage dans ma tête. Quatre heures où j'ai eu l'envie pressante de descendre juste pour l'observer par l'entrebâillement de la porte. Quatre heures où je me rends compte à quel point il m'a manqué. Quatre heures où j'essaye de calmer mes larmes…

Ce n'est pas vrai. Je suis surement en train de rêver. Ce n'est pas possible que lui ai prit un train jusqu'ici rien que pour moi. Non, je suis sûr que c'est un arrangement entre lui, ma sœur, ma mère, Naruto et les autres. C'est la seule explication.

Entre temps le ciel s'est assombrit, et les nuages se sont multipliés annonçant une averse inévitable. Mais je ne bouge pas. Tant que lui est dans la maison, je ne bougerais pas. Akamaru semble être d'un avis différent et se réfugie à l'intérieur. C'est ça vas t'en, sale traître. J'ai cru que je pouvais compter sur lui au moins. Mais apparemment j'avais faux sur ça, aussi.

La pluie commence à tomber d'abord douce, puis de plus en plus dure.

Je m'imagine son visage, ses magnifiques yeux, ses cheveux… Tout me plaît chez lui, en fait. Mais c'est si compliqué…

C'est exactement comme ça que j'ai passé quatre heures sur ce toit ! Les mains derrières la tête, la tête sur le toit encore chaud de ce matin, avec des pensées inutiles qui ne m'avanceront guère.

La seule chose qui ait vraiment changé était qu'il pleuvait. Je ferme les yeux, laissant les lames liquides me percer la peau.

Mes larmes finirent par s'ajouter à l'averse, je ne dois pas être beau à voir. Soudain, une main vînt caresser ma joue tout doucement. Je n'osais pas ouvrir les yeux. De peur de croiser son regard, parce que je savais que c'était lui. La seule chose que j'osais encore faire c'était de mettre une de mes mains sur celle qui caressait ma joue.

Elle était tellement chaude, j'aurais aimé pouvoir la garder une éternité dans ma main. Mais il faut que j'agisse, je ne peux plus continuer comme ça, je dois…

J'ouvre mes yeux pour voir les siens m'observer avec amour, avec tendresse. Il n'y avait plus aucune lueur froide, et pourtant…

-Baka.

Voici le seul mot qui pouvait sortir de sa bouche. La première chose qu'il arrive à dire c'est « Baka ». Donc, il préfère m'insulter. Parfait. Pas de problèmes, je le savais depuis le début après tout. Neji n'est qu'un crétin sans cœur, qui s'amuse à détruire celui des autres. Surtout le mien, puisqu'il vient jusqu'à Suna pour me dire « Baka ». La vie est tellement, tellement injuste…

D'autres larmes s'ajoutèrent sur mes joues et pour éviter qu'il ne les voie, je mets mon bras sur mes yeux. En même temps, je pousse la main de Neji qui était sur ma joue.

Neji enlève le bras qui couvre mes yeux pour me regarder intensément.

-Pourquoi es-tu parti, si ça te faisais tant de peine ? T'es bête ou quoi ?

Et il continue. Faut croire que ça l'amuse. Je tire mon bras pour qu'il le lâche, mais il n'en fait rien et le sert dans sa main. Son regard se fait plus dur, toute la tendresse disparue, il me fusille des yeux. Ah, je le reconnais plus, maintenant. Il a repris ses vieilles habitudes.

-Il faut croire que je suis bête oui, si je suis tombé pour toi.

Ma voix n'était qu'un murmure, mais je sais qu'il m'a parfaitement entendu. De surprise, il lâche mon bras. J'en profite pour me lever.

-J'ai enfin compris pourquoi tu faisais tant d'effort pour me ramener à Konoha. Tu veux probablement être le seul à pouvoir me détruire, tu veux être le seul à pouvoir me faire souffrir. Je ne suis qu'un jeu à tes yeux, rien qu'un stupide jeu pour tuer le temps que tu as en trop. Eh bien, tu as gagné. Je me rends, tends un drapeau blanc. Maintenant, pourrais-tu me laissé tranquille ? Ce serait trop aimable.

Je me retourne pour repasser par ma fenêtre mais sa voix s'élève dans le clapotis de la pluie.

-Tu te trompes, Kiba ! Je suis venu te chercher parce que je t'aime.

J'ignore cette dernière phrase, pour descendre. Je ne suis même plus en sécurité chez moi. Va falloir que je me cache dans mon refuge, comme au bon vieux temps. Je n'entre pas dans ma chambre mais descend directement dans la rue, pour tourner à droite vers mon garage. J'ouvre la porte, évite le sceau, et me cache au fond d'un pouf moelleux, pour m'endormir profondément.

Ici, personne ne me dérangera… peut-être ?