L'ombre de Dol Guldur

Chapitre 7 : petites prises de tête entre amis

(Août 2004)


Un splendide éternuement fit sursauter Elladan, et il se retourna pour apercevoir Legolas se redresser sur ses coudes, l'air furieux :

- J'en ai maaaaaaaaaaaaaaaaaaaarre de l'eau !

Et il éternua de nouveau. Elladan sourit, et se leva pour donner une bonne tranche de lembas à l'elfe qui grelottait.

- Mange cela, Elrohir est parti reconnaître les environs pour savoir où nous sommes arrivés.

Legolas ne se fit pas prier, et mordit à pleines dents dans le pain croustillant, savourant le goût un peu amer du pain de route des elfes. La terre de la rivière laissait encore une impression de sécheresse dans sa bouche, malgré toute l'eau qu'il avait avalée.

Il termina rapidement le pain, et se releva complètement: la tête lui tournait encore un peu, mais au moins il pouvait marcher à peu près droit sans tomber.

- Où est ma tunique ?

- Oh, sans doute quelque part sur les galets là-haut… On n'a pas eu le temps de récupérer nos affaires quand tu es tombé.

- Vous étiez là ? Je n'ai vu personne !

- Juste derrière toi…

Elladan se mit à rire.

- Tu vieillis mal, Legolas ! Si tu ne sens même plus la présence des tes amis derrière toi, alors que tu reconnaît leur pas, je n'imagine même pas ce que tu deviendras lâché seul dans la forêt… quoique nous avons pu en avoir un petit aperçu ce matin…

Il fit un grand sourire innocent à Legolas qui lui tourna le dos en faisant mine de ne pas l'avoir écouté.

- C'est quand même moi qui vous ai appris à sentir les vibrations des pas sur le sol !

- De quoi, de quoi ? J'ai raté une dispute ?

Elrohir surgit des arbres, affichant une mine désespérée qui lui valut une fausse claque de la part de son frère.

- Au lieu d'embêter tes aînés, dis-nous plutôt dans quel coin nous sommes et à quelle distance de la prochaine ville.

- Nous somme quelque part dans la forêt, premièrement.

- Ca, on sait, fit Legolas.

- Deuxièmement, on n'est pas très loin d'une certaine forteresse que nous connaissons bien, et qui s'appelle le-désespoir-d'être-perdus-dans-une-forêt-dont-nous-ne-savons-à-peu-près-rien-et-donc-certainement-pas-la-façon-d'en-sortir.

- Ah, lâcha stoïquement Elladan.

- Comme tu dis mon cher. Ah.

- Eeeeet… Que fait-on ?

- Question bête, Legolas ! On marche tout droit jusqu'à ce qu'on sorte ou que père ou les gardes nous retrouvent.

- Hmm... si je puis me permettre, on n'est pas sortis de la forêt !

Et Legolas se baissa pour remettre ses bottes avant de sangler son poignard à l'intérieur. Il resserra d'un coup sec son bandage, sous le regard des jumeaux qui le laissaient faire sans rien dire. Elladan finit par lâcher, quand Legolas parut être prêt à partir – ce qui prit d'ailleurs peu de temps, étant donné qu'il n'avait presque plus rien sur lui.

- Comptes-tu vraiment marcher plusieurs jours dans ton état ?

- Je vais très bien ! fit Legolas d'un air outré.

Elladan hocha la tête, et soudain bondit en avant pour frapper les bandages de Legolas du plat de la main.

- Aah ! Es-tu fou ?!

- Tu vois, tu as mal.

- Si tu me frappes, c'est sûr…

Elladan soupira.

- Nous pouvons attendre ici que ta blessure se referme, il nous reste assez de lembas pour une semaine, voire deux si on se rationne, intervint Elrohir.

- Toi l'intello, retourne à tes bouquins et fiche moi la paix ! On repart tout de suite ou jamais ! et si vous ne voulez pas venir j'y vais seul ! hurla presque Legolas, soudain furieux.

Les jumeaux ne bronchèrent pas, et le laissèrent débiter tout son soûl de jurons divers et de malédictions. Patiemment, ils regardèrent Legolas s'énerver contre eux et leurs bonnes idées de le laisser se reposer parce qu'il était blessé alors que ce n'était rien et qu'il allait très bien et qu'il ne se sentait pas du tout faible.

Devant le manque de réaction des jumeaux, Legolas se calma, les regarda un instant puis reprit ses vociférations diverses.

Lorsque tout devint blanc puis noir autour de lui et qu'il tomba à terre sans pouvoir faire un geste, Elrohir lui dit tranquillement :

- Tu vois, tu n'énerves quelques secondes et tu refais un malaise…

Vexé et blessé dans son amour-propre, Legolas fit semblant de s'évanouir pour de bon.

Elrohir pris sa propre cape et l'étendit sur lui, puis partit plus loin discuter avec Elladan, non sans jeter de temps en temps des coups d'œil vers Legolas pour vérifier qu'il ne s'était pas réveillé.