Inspiré de la chanson "Friend", en hommage au jeu "The witch house"

Friend: De l'anglais, ami.
Ami (sens 1): Personne à laquelle on est lié d'amitié, d'affection réciproque.
Ami (sens 2):Personne en contact avec de bonnes intentions.


Russie ne sait pas comment sa sœur a fait (bien qu'il ait sa petite idée) mais les trois membres ont répondu présent à l'appel. D'ici demain, ils seront là. Il grimace à cette idée. Quels genres de tests pourront-ils lui faire passer… ? Quoi que ce soit, il se refuse qu'ils soient douloureux. Il ne veut pas la faire souffrir.

Il regarde avec inquiétude l'extérieur par la fenêtre. Octobre. Les feuilles des arbres –à part les sapins- ont déjà presque toutes disparues. Dans le reflet, il aperçoit une forme se dessiner puis de plus en plus nettement, lui permettant de distinguer la silhouette candide de Mary.

- Tu avais dit que tu ne partirais pas... Murmure-t-elle avec un soupçon de colère.
- Je ne suis pas parti. Je suis toujours là.
- Je voulais que tu restes avec moi, insiste-t-elle.
- Je suis resté avec toi, réplique-t-il, et je ne suis pas parti de la maison.

Elle le toise du regard un moment, les sourcils légèrement froncés. L'adulte, amusé, lui a frotté la tête tout en lui disant qu'il ne pouvait pas rester jusqu'à ce qu'elle se réveille, qu'il a dû entre autre discuter avec sa sœur de choses importantes.

- Tu me pardonnes ?
- … Voui. D'accord.

Elle l'a presque aussitôt enlacé. Cette chaleur… Elle ne sait pourquoi mais elle éprouve un grand besoin de la ressentir contre elle. Elle la rassure.

- Il faut d'ailleurs que je te dise ce qui s'est passé…

Il lui raconte brièvement son entrevue avec sa sœur. Il excuse tout de suite Natalia pour sa méfiance mais explique calmement que l'arrivée du trio de magicien est nécessaire.

- Mais je-je ne suis pas un démon ! Bredouille-t-elle, je le sais !
- Je te crois. C'est juste pour vérifier…

Elle reste un moment muette, les yeux larmoyant.

- Je ne suis pas un démon, répète-t-elle dans un murmure.
- Je sais. Ne t'en fais pas, je suis sûr que tout se passera bien…

Non il n'en est pas sûr. Mais il le veut. Il le souhaite de tout son cœur…
Il l'a serré d'avantage contre lui.


Les trois adeptes de magie se sont réunis à la sortie de l'aéroport de Moscou. Ils se sont échangés de bref bonjour, mal à l'aise. Une certaine crainte les possède à l'idée d'entrer de rencontrer la grande nation. Norvège doit être le moins anxieux à l'idée d'être confronter à la personnification de la Russie : il entretient de bonnes relations avec son frère et il espère que cela jouera en sa faveur. Ses deux autres amis le sont moins. Roumanie a vécu avec le dit russe durant une bonne partie de l'URSS et c'est de loin la partie la plus troublée qu'il ait vécu. Quant au « gentleman » anglais, il a en horreur cet énergumène depuis déjà une bonne centaine d'années -pour diverses raisons, autant politiques que personnelles.

- On ne peut pas attendre comme ça. On doit y aller.

C'est le norvégien qui vient de s'exprimer. Nerveusement, les deux autres ont commencé à avancer.

Il existe trois raisons de pourquoi ils ont répondu à la demande de Natalia.

Déjà, par amitié pour la biélorusse. Après tout, en tant que membre honoraire du club de magie, il est de leur devoir de répondre présent lorsque l'un d'entre eux trouve quelque chose qui relève du paranormal.
Deuxième, justement à cause de la dite chose paranormale. Leur curiosité a pris le dessus sur la peur qu'ils peuvent éprouver pour le propriétaire des lieux –et du mystère en question ?
Et enfin dernièrement, parce qu'ils savent que s'ils ne viennent pas, la revanche de Natalia sera terrible. Mieux vaut ne pas la provoquer en lui posant un lapin.

Il commence à faire froid en cette période d'automne. Il ne neige pas encore mais une pluie fine s'abat sur eux. Heureusement, le britannique a prévu un parapluie sous lequel ils se sont tous abrités.

Vladimir a repensé à ce que Natalia lui avait dit. Bien qu'elle ait utilisé un ton de voix calme, il a su deviner l'inquiétude qui l'alarmait. Ce qui est entrain de se passé est tout bonnement incroyable. Quoique en serait l'issue, elle s'annonce très intéressante. Le roumain a ressentie une onde d'adrénaline lui traverser le corps et il a ensuite commencé à siffloter, au grand désespoir de ses deux compagnons.

- Quoi ? J'essaie juste de détendre l'atmosphère !
- C'est ça… A grommelé Arthur.
- Au fait… Natalia a bien insisté sur le fait que l'esprit utilisait une apparence de petite fille… intervient Lukas.
- Ouais et donc ?
- Si on part de son principe on ne devrait pas trop avoir de problème. Mais imaginons que c'est une vraie petite fille… Ou du moins qui en a l'esprit.
- On ira doucement, réagie aussitôt l'anglais, de toute façon, nous avons tous un minimum d'expérience avec les enfants…

Lukas a hoché mollement la tête, peu convaincu. Les enfants et la magie font rarement bon ménage. Et même s'ils ont tous trois un petit frère, cela ne voulait rien dire…

La pluie a commencé à s'intensifier. Heureusement pour eux, il ne leur faut pas longtemps avant d'apercevoir la bâtisse d'Ivan.

C'est une grande maison, presqu'un manoir qui a l'empreinte d'une certaine superbe. Cependant, elle semble s'être dégradée et laisse place à une aura nostalgique et amère. Certaines vitres ont éclaté et ont été rafistolé à l'aide de ruban adhésif.

Lukas s'avance le premier et sonne. Les deux européens restent à l'arrière. Il ne faut pas longtemps avant qu'une tête blonde n'apparaisse, l'air ailleurs, anxieux.

- Entrez, leur dit-il si doucement que le norvégien se demande s'il a vraiment prononcé ce mot.

Les trois magiciens, bien que récalcitrant, ne se font pas prier. Dehors, la pluie bat à son plein.

- Mary, viens s'il te plait.

C'est de nouveau une phrase faible, presque un souffle.

Pourtant, une petite fille apparait, en haut des escaliers. Elle descend rapidement mais part se cacher derrière Ivan, intimidée.

Ben voyons ! Evidemment, elle s'est attachée à ce psychopathe alcoolique de 2 mètres !
Chassant cette sombre idée hors de son esprit, Arthur se baisse au niveau de la petite blonde et, prenant une voix mielleuse, lui dit :

- Alors comme ça, tu t'appelles Mary, hein ? Moi c'est Arthur. Le blond habillé en bleu, il s'appelle Lukas et celui en rouge est Vladimir.

La dénommée Mary l'a fixé mais n'a pas pipé mot. Et surtout, elle ne s'est pas décrochée du pull du russe.

- Mary, tu ne peux pas te cacher derrière moi comme ça tout le temps.
- Je veux pas aller avec eux, réplique-t-elle en cachant son visage.
- On ne part pas. Ne t'en fais pas, je reste avec toi.

Ivan a senti qu'elle a resserré ses petites mains autour de ses vêtements.

- Allez, prend ma main. Ça va bien se passer.

Vladimir a un rictus grinçant face à l'attitude mièvre de son ancien supérieur. Il ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec son frère cadet.

- Est-ce que ça va faire mal ? Gémit la petite fille en finissant par accepter de prendre la main d'Ivan.
- Si tu n'es pas un démon, non, lui répond placidement le norvégien.
- Je ne suis pas un démon, réplique-t-elle aussitôt.
- Alors ça ne fera pas mal.

Elle semble légèrement se calmer mais on voit tout de même que la crainte reste encrée en elle.

- Bon, assez bavardé, il est temps de commencer ! S'écrit Arthur dans un élan magistral.
- Tu as toujours besoin d'attiré l'attention, pas vrai ? Demande placidement Norvège.
- Ne-ne dis pas des choses pareilles ! Bredouille alors l'anglais embarrassé par ce retournement de situation.

Les trois magiciens savent comment procéder. Bien qu'ils n'aient jamais été confrontés à quelque chose qui touchait une nation, ils connaissent la théorie.

La procédure voudrait qu'ils commencent par examiner les lieux mais ils excluent tout de suite cette possibilité. Bien que la maison de Russie ait pu être en meilleur état, il n'y a que peu de chance pour qu'un esprit ou un fantôme décide de la hanter. Surtout avec une personne comme Ivan à l'intérieur…

Ils demandent alors s'il y a un objet quelconque en rapport avec la « petite fille ». Dans le cas d'une possession, un simple artefact est suffisant…

- Euh, oui, le tableau dans les escaliers. Venez.

Ils montent tous. Lukas remarque du coin de l'œil la jeune femme blonde. Il la salue d'un bref signe de tête qu'elle lui rend.

Les trois invités sont surpris lorsque Russie leur montre le tableau déchiré. Arthur hésite un moment avant de prendre un des plus grands lambeaux et le centrer vers sa place originelle. La toile est grise, fade, comme poussiéreuse. Un mot s'échappe de sa bouche et, miraculeusement, les autres morceaux se remirent en place. Il échange un regard avec ses coéquipiers et restaure la peinture.

Cependant, rien d'extraordinaire ne se produit.

- Hey, Mary, lance alors Vladimir l'air de rien, est-ce que tu as ressentie quelque chose de particulier ?
- Ressentie quelque chose… ? Euh… Non. Pas vraiment… Quoique mon nez, il me chatouille un peu et j'ai un peu mal à la tête aussi… Répond-t-elle avec une sincérité déconcertante.
- Tu veux que je te donne quelque chose ? Demande aussitôt Russie.
- Non, ça ira…

Vladimir fait une moue peu convaincue.

- Tu as vu quelque chose ? Enchaine-t-il alors.
- Non, répond catégoriquement le norvégien.

Elle n'a pas menti. Son esprit a coordonné avec sa pensée, il n'y a auncun doute là-dessus.

Pendant ce temps, Arthur continue d'inspecter la peinture. Il ressent une grande magie… Mais elle est comme étouffée, comme si elle n'est pas accessible. Ceci peut confirmer l'hypothèse de Mary : s'il s'agit d'un portail, la magie qu'il ressent est celle de cet éventuel « autre monde ». Il tente tout de même d'atteindre ce flux mais il est repoussé. Sortir ou entrer de cet endroit ne doit pas être une mince affaire…

L'anglais déclare alors à l'intention de son hôte :

- Bon, il n'y a visiblement rien à faire avec ça. Cependant, j'aimerai le prendre pour essayer de faire d'éventuel test dessus.
- Je ne pense pas que cela pose de problème, murmure Ivan en fixant Mary.
- Non. C'est bon, prenez le.

Il semble au russe qu'il y avait une touche un peu triste dans sa phrase mais il ne dit rien.

- Bien, je pense qu'on peut passer à la suite. Y a-t-il un endroit où l'on peut tracer un cercle magique ?
- J'ai préparé le nécessaire dans la salle à manger, intervient alors Natalia qui s'était jusque-là tenue en retrait.
- Parfait.


En quelques coups de craie, un cercle est rempli de multitude de symboles intriguant et une chaise placée en son centre.

Nerveuse, Mary s'en aie approché en faisant bien attention à ne pas effacer les dessins tracés.

Ils vont être rapidement fixés. Si elle cette fille est possédée ou qu'elle est un démon, ce rituel devrait éradiquer l'esprit maléfique de manière définitive.

Les trois magiciens se sont placés autour de la limite magique accompagnée de Natalia. Ils joignent leurs mains et un étrange chant a commencé à résonner dans la vieille demeure.

Petit à petit, les lignes du cercle s'illuminent jusqu'à en devenir aveuglant pendant que le chant devient de plus en plus rapide. Mary est éblouie et ferme les yeux. C'est désagréable, cette lumière, ce chant qui lui donne le tournis et cette sensation que quelque chose (quelqu'un ?) la pénètre de l'intérieur, s'appropriant ses souvenirs, ses pensées jusqu'à détruire son intimité.

Et puis, d'un seul coup, tout s'arrête. La lumière, le chant, le tournis, cette présence inhospitalière. Tout redevient calme.

Mais Mary commence à se cabrer :

- Aah…

Tout le monde se recule, prêt à se défendre. Seul Russie ne bouge pas. Non… Tout ceci n'avait pas été un grotesque mensonge, pas vrai…?

- Ahhh…Atchoum ! Eternue-t-elle sans autre forme de procès.
- Oh, tu as froid Mary ? Se précipite-t-il, tiens, prend mon pull ça ira mieux.

Elle accepte le vêtement sans un mot –bien qu'il soit incroyablement trop grand pour la pauvre petite fille.

Natalia est perplexe. Alors… Alors elle n'est pas une créature maléfique… ? Elle se sent prise par un sentiment amer, mêlé de regret et de déception.

Avec les autres magiciens, elle reprend son souffle, épuisée par leur prestation. Le reste sera moins physique. Il s'agit juste de savoir si elle tolère la présence d'éléments de l'eau, de l'argent et du feu. Rien de bien « sorcier » en somme…

On a alors passé, à l'aide d'un gant, un peu d'eau bénite sur le front de l'enfant. Mais il ne se passe rien. La seule chose qu'ils ont réussi à provoquer est l'irritation de Russie, qui argumente que l'exercice d'exorcisme devrait leur suffire et que la seule chose qu'ils vont réussir de faire est de rendre Mary malade. On a ensuite donné une petite croix en argent avec lequel elle a une peu joué avec, sans qu'il y ait le moindre incident.

- Vous ne trouvez pas qu'il fait un peu froid ? Lance alors Vladimir en sur-jouant le frileux, on devrait faire un peu de feu non ?

Et sans attendre la réponse de leur hôte, un craquement sec se fait entendre et un flamboyant feu de cheminée apparaît.

Suivit d'un cri déchirant les oreilles de tous.