Voilà la suite ! Enfin ! Me direz-vous. Et je m'excuse de ne pas avoir répondu à vos attentes plus tôt. Certains évènements ont fait que je n'avait plus réellement le cœur à l'écriture. ensuite, je me suis mise à écrire d'autres histoires qui ont malheureusement laissé le petit Meredith isolé dans un coin de mon esprit.
Mais le revoilà ! J'espère que vous apprécierez.
Partie 7
La journée du lendemain avait été plutôt calme et les cris de la veille avaient laissé la place à une tranquillité surnaturelle. La pluie n'avait pas cessé de s'écraser en fracas contre les vitres, sans jamais faiblir, comme si le ciel avait soudainement décidé de noyer le monde.
La mère du petit Meredith avait passé une bonne partie de la journée enfermée dans sa chambre, comme cela arrivait de plus en plus fréquemment.
Lui, n'était pas sorti de la maison. A cause du temps mais surtout parce qu'il ne pouvait pas laisser sa petite sœur livrée à elle même. Après tout, c'était de sa faute si sa mère était tellement fatiguée. Alors il avait joué avec elle, en silence pour ne pas risquer de déranger Maria.
Il lui avait lu une partie de son livre de fables et elle l'avait écouté avec attention, bien que ne comprenant pas toutes les subtilités de la prose. Puis, elle s'était endormie, bercée par le son des larmes célestes.
Meredith avait ensuite passé le reste de l'après-midi à relire quelques-unes de ses bandes dessinées. Mais son cœur n'y était pas, sursautant d'appréhension à chaque voiture qui ralentissait devant la maison.
Son père ne rentra qu'après l'heure du diner qui fut d'ailleurs très bref. Maria s'était contenté de réchauffer de la soupe que les enfants se dépêchèrent de boire, sans parler, avant de monter se coucher. Même la petite savait que lorsque le regard de leur mère disparaissait dans la brume, il était préférable de la laisser tranquille.
oOo
Meredith n'avait pas encore éteint la lumière lorsqu'il entendit la porte voisine se refermer doucement. Son père venait toujours lui souhaiter une bonne nuit et même si, cette fois, il craignait particulièrement ce qu'il pourrait lui dire, il ne l'attendait pas moins avec toute l'impatience d'un enfant qui attend son bisou du soir.
Il n'eut pas à attendre longtemps. Déjà, la poignée de sa porte tournait doucement comme si le visiteur avait craint de le réveiller.
Le garçon remarqua immédiatement le livre que tenait son père. Il était d'ailleurs peu probable que Jeannie ait eut droit à cette histoire pour s'endormir. Il n'y avait pas beaucoup d'images dans ce genre d'ouvrage. Cette idée fut confortée lorsque Meredith remarqua le second livre, illustré celui-là : la petite souris qui cherchait une maison.
Cela ne pouvait signifier qu'une chose, le premier livre lui était destiné.
Cette simple remarque intérieure suffit à envoyer tous les démons du garçon se terrer dans l'ombre pour ne lui laisser que le bonheur d'être un enfant comme les autres, impatient de se laisser bercer par les mots d'une histoire lue avec amour.
Le garçon se redressa dans son lit et se cala contre l'oreiller, laissant suffisamment de place à son père pour qu'il puisse s'asseoir près de lui.
-Je viens de finir de bercer ta sœur. Je me suis dit que je pourrais peut-être te lire une histoire à toi aussi. A moins que tu ne sois trop grand pour ce genre de chose. Dit malicieusement Henri Mckay qui n'avait pourtant aucun doute quant à la réponse de son fils dont les yeux brillaient déjà d'impatience.
-C'est quoi comme histoire ?
-Moby Dick d'Herman Melville. C'est l'aventure d'un capitaine de paquebot, le capitaine Achab, qui navigue à la recherche d'une baleine blanche géante très féroce dont il a juré de venir à bout.
Le scientifique fit une pause et regarda son fils qui était déjà captivé rien que par le résumé du roman.
-Demain après-midi, un de mes amis va venir à la maison pour te voir. L'informa t-il.
-Pour voir si je suis intelligent, je sais. Le coupa Meredith. Tu peux me lire l'histoire maintenant ?
Sans insister ni poser de questions sur la façon dont l'enfant pouvait être au courant de la venue du psychologue, Henri obtempéra, faisant délicatement glisser les premières pages entre ses doigts jusqu'au début du roman qu'il commença à lire d'une voix douce alors qu'au dehors, la pluie s'était enfin calmée.
oOo
Meredith soupira. Il commençait à éprouver de sérieux doutes quant à la fiabilité de ce soi-disant test. L'homme barbu qui était venu chez lui dans le seul but de le lui faire passer avait probablement fait une erreur parce que ce n'était pas le fait de remplir des cases et de compter des formes simplistes qui allait prouver aux autres et surtout à lui-même qu'il n'était pas complètement idiot.
Tout au plus, cela prouverait qu'il avait passé le cap de la maternelle. Et encore...
Le psychologue et l'enfant s'étaient installés dans le bureau du père de Meredith pour plus de tranquillité. L'homme lui avait fait remplir tout un tas de feuilles bizarres et lui tendait à présent une boîte de cubes colorés sur lesquels étaient représentés différents symboles.
-J'aimerais que tu reproduises cette forme avec les cubes. Lui dit le psychologue en lui donnant une feuille de papier sur laquelle une forme géométrique était dessinée, représentant les différents cubes en deux dimensions.
Facile. L'enfant du faire un effort considérable pour ne pas souffler une nouvelle fois alors qu'il s'exécutait.
Il ne fit pas attention au visage impressionné de l'homme qui lui faisait face lorsqu'il eu terminé la figure et se contenta de passer à l'exercice suivant : « dessine un bonhomme. » Un soupir d'exaspération finit finalement par franchir la barrière de ses lèvres alors qu'il se munissait d'un crayon gris pour dessiner un personnage dans la case prévue à cet effet.
Une tête ovale, un visage simpliste, un cou, des vêtements au style peu recherché, deux jambes et deux bras. Une représentation complète mais très enfantine du corps humain, ce qui contrastait avec le reste du test.
Pour le psychologue, cela démontrait une importante faille dans l'affectif de l'enfant qui, pourtant, possédait une intelligence bien supérieure à la moyenne.
Après un panel d'exercices tous aussi simples les uns que les autres, le petit Mckay posa son crayon sur le bureau. Il avait enfin fini et allait pouvoir aller jouer dehors avec Tyler. La pluie de la veille avait laissé la place au soleil et les garçons comptaient bien en profiter.
Après tout, ils étaient en vacances. Il avait même été invité par les Andrews à venir passer la nuit chez eux. Il fallait qu'il prépare son sac et qu'il organise tout avec Tyler. C'était la première fois qu'il était invité chez un garçon de son âge et il aurait pu être inquiet si l'impatience n'avait pas englouti le doute au moment même où il avait appris la nouvelle.
D'ailleurs, s'il n'avait pas été bloqué dans ce bureau avec le psychologue, il serait déjà en train de sautiller partout dans la maison pour être sûr de n'avoir rien oublié.
Plongé dans ses pensées, Meredith n'avait pas remarqué que le psy le fixait depuis un moment déjà de ses yeux gris, l'observant au travers de ses épaisses lunettes en fronçant ses sourcils poivre et sel broussailleux.
-Tu as terminé ?
-Oui. Répondit Meredith qui ne voyait pas où était le problème bien que vraisemblablement, il y en ait bel et bien un.
-Tu n'as oublié aucun exercice ?
-Non.
L'homme jeta un œil à la petite horloge qui trônait sur le large bureau de chêne et haussa involontairement un sourcil avant de tendre le bras pour récupérer les feuilles que le garçon avait fini de remplir. Il feuilleta rapidement le tout pour s'assurer que tous les exercices avaient été complétés.
-Je peux sortir maintenant. S'impatienta Meredith que le silence du psychologue rendait nerveux.
-Bien sûr. Répondit l'homme après une brève hésitation. Préviens ton père que nous avons terminé et qu'il ne me reste qu'à corriger les résultats.
L'enfant se mordit légèrement la lèvre inférieure. Qu'entendait-il par corriger ? Alors c'était comme une sorte de contrôle ? Finalement, il avait peut être pris ce test trop à la légère, ignorant les pièges qui étaient forcément cachés parmi ces exercices...
Il allait avoir une mauvaise note. Comme toujours.
Tant pis. Il verrait ça plus tard. Il avait vu Tyler le matin-même et lui avait parlé de son rendez-vous avec le psychologue. Son ami devait sans doute l'attendre pour qu'il puisse mettre au point les détails de leur soirée. Il y avait, après tout, un tas de choses à vérifier et à organiser.
Sur ces pensées hautement existentielles, le garçon, suite à l'accord de son interlocuteur, sauta de son siège et se rua hors de la pièce.
oOo
-Pas si vite ! L'interpella une voix alors que le garçon s'apprêtait à sortir de la maison.
Meredith stoppa sa lancée pour se retourner vers son père qui avait, semblait-il, attendu qu'il finisse le test.
-Ça s'est bien passé ? Demanda t-il.
Et comme son fils ne répondait pas, visiblement gêné par quelque chose mais surtout impatient de sortir retrouver son ami, Henri Mckay décida d'en venir tout de suite au plus important. Pour un enfant de sept ans en tous cas.
-J'ai une surprise pour toi.
Sur ces mots, le scientifique ouvrit le cagibi qui se trouvait derrière lui et Meredith ne pu s'empêcher de frissonner. Le seul fait d'apercevoir l'obscurité qui régnait dans cet espace clos lui donnait la chair de poule. Heureusement, son père ne laissa la petite porte ouverte qu'un instant et sortit du cagibi une boite en carton d'une trentaine de centimètres sur quinze qu'il tendit à son fils.
Celui-ci hésita et fini par dire d'une voix fluette :
-Je n'ai pas encore réussi le contrôle, je mérite pas de cadeau...
Henri Mckay mit un moment avant de comprendre que son fils parlait du test qu'il venait de passer et sourit en lui intimant :
-Ouvre.
La curiosité l'emportant sur tous les doutes, Meredith s'exécuta et souleva délicatement le couvercle de la boite avant d'écarquiller les yeux de stupeur.
-Cool ! Ne put-il s'empêcher de s'exclamer à la manière du petit Tyler en apercevant la nature de la surprise.
-C'est... Commença t-il, ayant du mal à réaliser.
-Je me suis permis d'emprunter tes dessins. L'informa son père. Je les ai donné à quelques uns de mes collègues qui ont accepté avec plaisir de m'aider. Ils l'ont fini ce midi. Ça été fait assez rapidement mais je trouve que le résultat n'est pas si mal.
-Il est parfait... Souffla le garçon qui semblait hésiter entre laisser éclater sa joie et fondre en larmes.
L'enfant se baissa pour poser la boite sur le sol et en sortit la version miniaturisée de son vaisseau spatial. De vingt-cinq centimètres de long environ, il avait été construit à partir de plaques de métal fin aux reflets argentés. La superposition des éléments était parfaite, exactement comme sur ses croquis. Il pouvait même ouvrir l'arrière du vaisseau !
-Tu devrais le montrer au petit voisin. Suggéra son père qui souriait de voir Meredith aussi impressionné et surtout aussi heureux.
Jamais il n'aurait pensé avoir la chance de la voir aussi pressé et enthousiaste à l'idée de retrouver un enfant de son âge. Après tout, il n'avait jamais vraiment eu d'ami. Et le voir se lever ainsi et courir vers la porte d'entrée le rempli de bonheur.
Alors que l'enfant posait la main sur la poignée, un hurlement inhumain le figea soudainement sur place.
-Meeeerrrrrr !
La petite tornade en robe rose bonbon qui lui servait accessoirement de sœur déboula en trombe de la cuisine et vint s'accrocher à sa main.
Ainsi suspendue de toutes ses forces à son frère, elle se tourna avec une lueur de défi dans le regard vers son père qui observait la scène avec amusement.
-Je vais jouer avec Mer et Tyler. Lui-fit t-elle savoir sans lui laisser réellement le choix.
-Bien, bien, répondit simplement l'adulte en lui souriant. Ne vous éloignez pas de la maison.
oOo
-Alors, le Piscologue ? Voulu savoir Tyler qui, a en croire le nombre de figurines étalées sur l'asphalte, attendait Meredith devant la maison des Mckay depuis déjà un moment.
Il n'attendit pas la réponse, son attention se fixant immédiatement sur l'objet que son ami serrait précieusement contre son cœur.
-Wahou ! Siffla t-il. C'est le Corbeau R-T ?
-Le corbeau R-T ? Répéta le petit Mckay qui entendait ce nom pour la première fois.
-Bah ouais. Répondit le garçon aux cheveux ébouriffés comme s'il s'agissait là d'une évidence. Le corbeau, comme la fable quoi. Parce que c'est un peu comme ça qu'on est devenu amis et tout. Et puis les lettres en plus, c'est comme pour les avions, y a toujours plein de lettres et de chiffres. Alors je me suis dit que R et T c'était bien tu vois. Comme Rodney et Tyler. Au début je voulais mettre le T en premier mais comme c'est ton vaisseau, Bah ça fait le Corbeau R-T ! Voilà ! D'abord le nom du capitaine et ensuite le nom du pilote !
-Et moi ? Demanda la petite Jeannie, coupant ainsi le flot de paroles du garçon. Je suis quoi ?
-Toi, tu es une petite princesse. Lui répondit Meredith en déposant un baiser sur la petite main qu'il tenait encore.
-La princesse d'une planète de la constellation du Lion, très très loin d'ici. Continua Tyler. Tu aurais été kidnappée par des méchants aliens qui voulaient une rançon et nous, on t'aurait sauvé et notre mission serait de te ramener sur ta planète pour que tu deviennes la reine.
-Ouais ! Acquiescèrent en cœur les deux Mckay avant de se diriger vers la flopée de figurines jetées en vrac sur le sol et qui, pour la plupart, représentaient de petits extraterrestres de toutes les couleurs.
A suivre.
Il ne reste plus beaucoup de chapitres avant la fin. A moins que je ne trouve des idées supplémentaires mais on verra le moment venu.
J'espère que ce chapitre vous a plus. N'hésitez pas à me laisser des reviews ! J'aime les reviews !!!
