Voilà le dernier chapitre pour ce soir ! Mais cela suffit bien, surtout que niveau rebondissement et action vous êtes servis ! :D

Gibbs resta bouche bée, incapable de réagir à l'annonce. Will quant à lui s'écroula. Tout était de sa faute. Jack avait perdu la femme qu'il aimait et se retrouvait seul avec un fils. Il avait privé un enfant innocent de sa mère dans son seul but de libérer son père. Il n'avait pas pensé aux conséquences. Il avait agit par pur égoïsme. Si Élisabeth mourrait à cause de Jack il n'hésiterait pas à le tuer pour le lui faire payer. De plus, lui aussi savait ce que cela faisait de grandir avec un parent manquant. Il se dégoûtait, il était un monstre. Lui aussi se pencha par dessus bord pour vomir. Jones allait payer, il devait payer pour ce meurtre, pour l'enlèvement de son père, pour toutes les souffrances qu'il infligeait impunément aux autres. Il avait une raison de plus de poursuivre ce monstre tentaculaire, une raison de plus de le haïr, il devait à tout prit se racheter une conduite auprès de Jack et auprès de lui-même. Sa décision prise il déclara :

- «Jack... je suis tellement désolé, tout est de ma faute, c'est moi qui t'aies forcé à négocier avec Jones. Tu avais raison de refuser finalement, je ne connais pas aussi bien les pirates que je ne le pensais. Je te jure Jack que je n'aurais de cesse de poursuivre ce monstre jusqu'à ce qu'il ait payé pour tous ses crimes»

Jack ferma les yeux. Avait-il envie de se lancer à la poursuite de Jones ? Cela lui avait déjà tellement coûté. Il avait promit à Angelica de veiller sur Edward, est-ce qu'une quête pour tuer un poulpe n'était pas risqué quand on était père ? Père. Lui. Il lui faudrait du temps pour l'accepter. Il n'avait aucune idée de comment s'occuper d'un petit, il savait qu'il lui fallait à manger mais c'était tout. Mais il était un pirate et jamais il ne renoncerait à sa vie. Il se vengerait de la cruauté de Jones, il le tuerait de ses mains, ne cesserait-ce que pour offrir un monde plus sûr à son fils.

- «Tu ne seras pas le seul pour ça, je le tuerais, désormais c'est mon seul but, débarrasser l'Océan de cette vermine»

Les deux hommes se serrèrent la main, signant leur alliance implicitement. Soudain, une odeur nauséabonde monta jusqu'aux narines des trois hommes. Ils froncèrent le nez en se demandant d'où pouvait provenir une telle odeur. Ce ne pouvait être le souffle putride du Kraken puisque celui-ci n'était pas en vue. C'est alors que Jack eut la très mauvaise idée de sentir son fils de plus près. Il eut un haut-de-cœur si puissant qu'il donna en urgence le bébé à Will avant d'aller vomir de nouveau. Will quant à lui ne fut guère plus courageux puisqu'ils confia le petit à Gibbs pour imiter Jack. Élisabeth qui n'avait rien manqué des deux scènes arriva excédée au moment où Gibbs s'apprêtait à vomir aussi. Elle prit le bébé dans ses bras et se mit alors à crier :

- «Non mais franchement ! Pour des pirates vous êtes tout de même gonflés de vomir pour ça ! Je vous signale que vous ne sentez guère meilleur après plusieurs jours passés en mer et je ne me met pas à vomir ! Vous allez vous ressaisir et vous Jack suivez-moi, il faut changer le bébé» elle partit furieuse avec Edward dans ses bras.

Jack dit alors :

- «Elle peut bien dire ce qu'elle veut, je n'avais jamais rien sentit d'aussi horrible et jamais rien connu d'aussi horrible. Je vous assure que le souffle putride du Kraken et ce qu'il m'a craché dessus la dernière fois n'était rien comparé à ça»

Will approuva en soufflant lentement, espérant chasser de ses narines l'odeur affreuse. Gibbs s'essuya le front, il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas rendu tripes et boyaux comme ça.

- «Je ne veux plus jamais sentir cette odeur ou je crois bien que je n'y survivrais pas la prochaine fois. Je préfère encore me trancher la tête !» s'exclama Gibbs

- «Je ferais mieux de la suivre...» et Jack partit à la suite d'Élisabeth

Lorsqu'il arriva dans sa cabine il trouva Élisabeth qui regardait amoureusement l'enfant. Le corps d'Angelica avait été recouvert par un draps blanc non souillé par le sang qu'elle avait versé. Une initiative qui venait de la jeune fille.

- «Merci d'avoir...»

- «Ce n'est rien Jack»

- «Non, merci de l'avoir aidé. Au moins son souhait a été exaucé et le petit va bien...»

- «Alors comme ça vous êtes père... vous ?»

- «Je n'en savais rien, je l'ai appris en même temps que vous»

- «Pourquoi avoir essayer de négocier la libération du père de Will ? Nous ne pensions pas qu'il retenait... une personne qui vous était chère. Si nous l'avions su jamais Will ne l'aurait mise en danger...»

- «Je ne savais pas ce que Jones gardait, seulement que j'y tenais plus que tout»

- «Vous ne saviez pas que c'était elle ?!»

- «Non»

- «Quand vous l'avez... abandonné, vous lui avez dit être partit parce que vous l'aimiez, était-ce vrai ? J'ai du mal à imaginer que tout en aimant une personne vous ne pensiez pas à elle»

- «Je n'ai pas menti. Le soir où je suis partie elle s'était déclarée à moi. J'ai cru que je perdais pied, mes sentiments prenaient alors du sens, j'ai compris que ce n'était pas juste une attirance passagère comme avec toutes les autres. Pas avec elle. Alors je suis partie, je me suis enfuis sans me retourner. Si j'avais su que je la laissais dans cet état je l'aurais emmené avec moi, au moins j'aurais pu la protéger»

- «Vous n'avez jamais aimé avant elle ?»

- «Si une fois. Je n'étais pas pirate à l'époque et j'étais beaucoup plus jeune. J'avais juste reprit le bar que tenait un pauvre ivrogne qui m'avait embauché. Je n'ai jamais vraiment eut de parents. Mon père venait me voir de temps en temps et je naviguais avec lui quelques semaines, puis il me débarquait dans une bourgade non loin de Londres et je reprenais ma vie. Quand j'ai repris le bar, j'ai demandé à cette femme de m'épouser, elle m'a dit oui ; nous étions heureux. Du moins c'est ce que je croyais. Un soir, je suis rentré plus tôt dans la petite maison que nous avions et je l'ai surprise avec quelqu'un d'autre...» Jack se tut

- «Que s'est-il passé ensuite ?» demanda prudemment Élisabeth

- «Je les ai tué. Tous les deux» il se leva et alla chercher du rhum. «Après ça je me suis enfui et je me suis engagé dans la piraterie. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de pas aimer. Pourquoi le ferais-je ? Et regardez moi aujourd'hui, en voulant me protéger j'ai causé la mort de la seule personne au monde qui correspondait à tout ce que j'attendais d'une femme»

Le cœur d'Élisabeth se serra, elle était jalouse, jalouse de femmes mortes parce qu'elles avaient toutes deux retenues l'attention de Jack.

- «Comment était-elle ? Angelica ? Elle avait l'air de savoir ce qu'elle voulait, ce devait être une femme de caractère non ?»

Jack ria et but du rhum avant de passer la bouteille à Élisabeth.

- «Du caractère ?! La première fois que je l'ai vu elle m'a assommé à grands coups de chandelier. Elle était bonne sœur dans un couvent en Espagne. Je cherchais à me cacher de quelqu'un qui essayait de me tuer, bref monnaie courante, par malheur je suis entré dans sa chambre alors qu'elle se changeait... Quand je me suis réveillé j'étais attaché à son lit et elle soignait ma tête. Incompréhensible cette femme. Finalement elle m'a demandé de l'emmener avec elle, de la sortir de ce couvent. Nous sommes resté de longs mois ensemble, je lui ai appris la piraterie et elle s'est révélée très forte pour ce métier. Tellement forte que j'ai dû l'abandonner dans un port en pleine nuit. Pour se venger elle n'a eut de cesse d'essayer de me tuer. C'était une espagnole avec le caractère le plus exécrable que j'ai jamais vu et croyez moi, j'en ai vu des Espagnoles. Pourtant elle n'est jamais allée au bout de son projet, elle m'aimait. Je ne sais même pas pourquoi je vous raconte tout ça. Trop d'émotion et trop d'alcool sans doute»

- «Il n'y a pas de honte à parler de soi Jack. Parlez moi de votre enfance. Vous dîtes n'avoir jamais eut de père, c'est pour ça que vous avez aussi peur de vous occuper d'Edward ? Et votre mère ?»

- «Non, j'ai peur que ce petit ne survive pas à ma vie de pirate, j'ai peur de ne pas réussir à honorer la promesse que j'ai faite à sa mère et j'ai peur qu'un jour il me demande d'abandonner la piraterie pour s'installer quelque part. Ma mère n'a jamais eut la fibre maternelle, c'était elle aussi une espagnole de caractère, elle m'a laissé dans un orphelinat pour explorer le monde, je ne l'ai vu que quelque fois avant sa mort»

- «Je ne savais que vous aviez des origines Espagnoles, je pensais que vous étiez un anglais. Mais pourquoi avez-vous une peur aussi précise... ? »

- «Parce que j'ai demandé la même chose à mon père quand j'avais 11 ou 12 ans... Trois jours après il m'a amené à Londres et je ne l'ai revu que deux ans plus tard. La réponse était claire. Et jamais je n'abandonnerais la piraterie, je l'ai dans le sang, comme Will, elle fait partie de moi. Quant à mes origines... mon père était écossais et ma mère espagnole. Vous connaissez beaucoup d'anglais avec mon teint et mes cheveux ?» demanda-t-il moqueur

- «Pas vraiment non, mais je n'y avais jamais réfléchis. Vous êtes différent de votre père Jack, vous saurez lui transmettre la piraterie comme vous l'avez appris à Angelica. Pourquoi a-t-elle voulu l'appeler comme lui d'ailleurs ?»

- «C'est un pirate respecté de tous, il est devenu le gardien du code il y a quelques années, c'est un honneur chez les pirates. J'imagine qu'elle voulait que son fils soit un grand homme lui aussi»

Le silence s'étira un moment, puis Jack reprit la parole :

- «Si vous voulez bien me montrer comment on change un bébé... Parce que je crains de ne pas pouvoir supporter l'odeur un instant de plus»

Élisabeth ria et lava le derrière du bébé, Jack, qui n'avait plus rien à vomir, en remercia le ciel et se dit mentalement qu'il ne fallait pas qu'il ait mangé pour effectuer cette tâche. Ensuite, sous les conseils d'Élisabeth, il mit un lange propre à son fils. Le bébé babilla un moment puis s'endormit.

- «Bien, je crois que vous n'avez plus besoin de moi. Je vais vous laisser dormir maintenant, bonne nuit Jack» dit-elle avant de sortir

Jack jeta un regard à son lit et sut qu'il était incapable de dormir dans la même pièce que le corps de la femme qu'il avait aimé. Il sortit sur le pont, son fils correctement emmitouflé et décida de passer la nuit à la belle étoile.

Quelques heures après, il fut réveillé par des hurlements, Edward pleurait. Jack paniqua et fit comme Élisabeth lui avait montré, il berça l'enfant, lui parla pour le calmer, marcha un moment mais rien y faisait. La panique se répandit dans tout son être, peut-être était-il malade ? Ce devait être ça, il n'arrêtait pas de pleurer malgré tous ses efforts pour le calmer. Il courut jusqu'à la cabine de Will et d'Élisabeth et tambourina à la porte. Will ouvrit et Jack entra sans se soucier de savoir si Élisabeth était décente ou non.

- «Jack ?! Mais enfin qu'y-a-t-il ? Pourquoi Edward pleure-t-il comme ça ?»

- «Je n'en sais rien, cela fait au moins une demi-heure et impossible de le faire taire, j'ai fais tout ce que vous m'aviez dit et rien ! Je crois qu'il est malade !»

- «Donnez le moi» Élisabeth le prit dans ses bras, le berça doucement, lui parla avec tendresse tout en le serrant contre elle. Le bébé se calma puis se rendormit, lové contre son corps chaud.

- «Comment avez-vous fait ça ?»

- «Vous êtes trop stressé Jack, le bébé le sent, il faut que vous vous calmiez, ça va bien se passer vous verrez» elle lui tendit Edward mais Jack ne sembla pas vouloir le reprendre

- «Je pense qu'il serait mieux avec vous cette nuit...»

- «Ne dîtes pas de bêtises, ce n'est pas moi qui vais l'élever. Il serait idiot qu'Edward s'habitue à moi»

- «Jack s'il te plaît, Élisabeth doit se reposer» Will le fit sortir «désolé mais tu dois te débrouiller seul sur ce coup là»

Celui-ci soupira puis sortit. Le reste de la nuit se passa de la même façon, Edward se réveilla à nouveau et Jack était incapable de le calmer. Finalement le bébé finit par s'endormir d'épuisement au petit matin. Lorsque l'équipage de la journée se réveilla pour remplacer ceux de nuit, ils trouvèrent leur Capitaine les yeux cernés, adossé contre le rebord du navire, le petit dans les bras. Il semblait ailleurs. Will s'approcha de lui :

- «Charleston est en vu. Tu as vraiment une sale mine...»

- «Je n'y arriverais jamais, je suis un pirate, pas une nourrice. Une nuit et je suis déjà épuisé. Crois moi Will, je préférerais de loin affronter l'équipage du Hollandais Volant plutôt que de revivre ça. J'ai même prié pour devenir sourd, tu te rends comptes ?»

- «Ça ira Jack, dès que nous aurons atteint Charleston tu verras, tu pourras recruter une nourrice pour s'occuper d'Edward»

- «Hors de question, je prendrais une vache ou chèvre sur le Pearl, tant pis pour l'odeur, et Edward boira son lait. Je ne ferais confiance à aucune femme pour s'occuper de lui et je veux pas d'une nourrice sur mon navire»

- «Tu ferais allaiter ton fils par une chèvre... ?»

- «Et pourquoi pas ? J'ai moi-même été nourri avec du lait de chèvre et je me porte très bien !»

Will secoua la tête et le laissa. Avec Jack, impossible de savoir s'il mentait ou s'il disait la vérité.

Élisabeth quant à elle était songeuse depuis la confrontation avec Davy Jones. Celui-ci avait dit vouloir couler la flotte de la Compagnie des Indes, peut-être pourrait-elle reprendre Port-Royal ? Elle devait essayer, d'autant que son père devait la chercher partout et ne tarderait pas à lancer Norrington, si celui-ci avait survécu à l'assaut du Hollandais Volant, aux trousses de Jack. Elle devait essayer à tout prix de leur faire croire à sa mort ou tout du moins de les raisonner. Elle ne pourrait supporter l'idée de savoir le Pearl au fond de l'Océan avec son Capitaine et son fils. Elle devait les protéger et cela servirait également ses propres intérêts puisqu'elle reprendrait son domaine.

Je vous dis à très vite et n'oubliez pas de me laisser une review au passage ! Bonne soirée ou bonne journée à tous surtout et pleins de bisous !