Salut !

J'ai vraiment honte, aujourd'hui, jour de repos, me voilà complétement perdue dans les jours, j'ai totalement oublié la publication, encore désolée. Heureusement une lectrice que je remercie bien me l'a rappelé ;)

Merci beaucoup pour vos favs, vos follows et vos Reviews, ça me fait sincèrement plaisir ;)

Je vous rappelle encore une fois que l'univers de Once Upon A Time ne m'appartient pas

Agréable lecture à vous, mes adorables lecteurs ;)


VII


« Back to square one », par Regina Mills

J'inspirais fortement, le regard fixé sur le défilé de personnes qui sortaient de ce foutu aéroport. Henry et moi avions passé des heures dans la voiture pour venir chercher son père et sa belle-mère. J'étais épuisée. Et je n'avais absolument aucune envie de le voir. J'étais terriblement anxieuse.

Henry me pressait la main dans la sienne, tout aussi troublé que moi. Il adorait voir son père mais il avait toujours si peur de le décevoir.

- Ça va aller, tentais-je de le rassurer d'une voix trop tendue.

Il me lançait un sourire forcé.

- Oui, je sais. Il n'y a pas de raison.

Les passagers passaient les uns après les autres et les minutes devenaient des heures.

- Excusez-moi ?

Je relevais la tête vers une jeune femme blonde, habillée d'une longue robe bleue absolument inadapté à ce début d'hiver.

J'arquais un sourcil, la dévisageais.

- Un problème ?

- J'aurais juste voulu savoir si le vol de Paris-New York est arrivé. J'attends ma sœur et son fiancé. Je ne les ais pas encore vu, alors je me demandais si

- Ils ne sont pas encore sorti, la coupais-je.

Elle soupirait, sortait son téléphone et après plusieurs manipulation, le portait à ses oreilles sans vraiment s'éloigner de nous. Je décidais donc de me concentrer sur elle afin de m'occuper l'esprit.

- Oui, Lily ? Je voulais juste te prévenir qu'Anna et Kristoff ne sont pas encore arrivés. Le temps qu'on rentre à Boston, on arrivera sûrement tard. Emma est toujours avec toi ?

Je me crispais alors qu'elle attendait la réponse. Ok, c'était juste une étrange coïncidence. Des Emma qui vivaient à Boston, devait y en avoir des tas !

- Oh, oui … Cette série bizarre où ils s'entre-tuent tous ? Arrête-là avant qu'elle ne la recommence. Elle va y passer toute la journée, sinon. Et … Lily ! Assures-toi qu'elle prenne bien ses médicaments. Ce n'est pas parce qu'elle semble aller mieux que c'est forcément le cas, tu la connais !

Des Emma qui vivaient à Boston et qui étaient malades ? Fréquent !

- Lily ! soufflait la blonde apparemment mal à l'aise. Elle est dépressive ! Ce n'est pas parce qu'elle te fait quelques sourires qu'elle est guérie. Tu devrais le savoir.

J'aurais aimer en entendre plus, savoir si tout ça était vraiment une coïncidence ou non, mais trop tard, ma plus grande angoisse se trouvait devant moi, son sourire charmeur aux lèvres, et une jeune blonde à son bras.

Que le cauchemar commence !

Daniel portait les deux valises, tel le gentleman qu'il avait toujours été. Ses cheveux bruns étaient coiffés en arrière et son costume gris n'avait plus rien à voir avec sa tenue de palefrenier dans laquelle je l'imaginais tout le temps.

Tout ça était terminé. Il avait changé, moi aussi.

Et puis … Cette femme devait à peine avoir vingt ans ! Elle partait un pantalon en cuir, moulant son corps beaucoup trop mince. Ses bottes en fourrure ne lui allaient pas du tout. Quant à ses cheveux blonds vénitiens, coiffés en chignon élégant ... C'était vraiment n'importe quoi !

- Regina, soufflait mon premier amour, ses yeux brun dans les miens. Comment vas-tu ?

Je ne répondais pas. Tentant de retrouver mon souffle. Je n'étais pas prête. Je n'étais pas prête du tout.

N'obtenant pas de réponse, il portait son attention sur notre fils. Ils se ressemblez tellement …

- Henry … Je suis si heureux de te voir.

La timidité de mon fils semblait soudainement avoir disparu, parce qu'il se jetait dans les bras de son père.

L'étreinte durait un moment. Et je pouvais voir sur le visage de Daniel qu'il appréciait ça. Ses yeux fermés, son sourire à peine camouflé. Il paraissait détendu, heureux. L'avait-il déjà été, avec moi ?

Après d'interminable minutes, Henry se retirait pour saluer d'un simple hochement de tête cette blonde à peine sortie de la puberté.

- Nous devrions aller à la voiture, déclarais-je finalement.

J'avais hâte d'arriver à la maison, de laisser mon fils et ses parents ensemble et de me réfugier chez Tink ou Kathryn.

Cette semaine allait être une véritable torture.

Dans la voiture, le silence était terriblement gênant. D'autant plus que Henry avait désiré se mettre à l'arrière, avec son père. Je devais donc supporter la blonde à ma droite. Sa voix sonnait dans les aiguë et elle avait tendance à exagérer son intonation.

- Vous ne vivez pas à New-York ? demandait-elle après plus d'une heure de route.

Je la fusillais du regard. Sérieusement ?! J'allai l'étrangler. Chacun de ses mots me donnaient envie de me jeter sur la route.

J'inspirais fortement, croisais le regard moqueur d'Henry, dans le rétroviseur. Courage, Mills ! J'arrivais bien à supporter Mary-Margaret, pourquoi pas cette Jane ?

- Non.

Bon, c'était le seul mot qui avait réussi à sortir, après ma gorge s'était encore une fois bloquée. Mais au moins, j'avais répondu.

- Vous vivez où, alors ?

Mes doigts se crispaient sur le volant.

- Storybrooke.

Un mot à chaque fois était bien suffisant.

Elle ricanait bêtement. Ok, là, j'avais des envie de meurtre. C'était presque un roucoulement.

Qu'est-ce que Daniel lui trouvait ? Son nez était riquiqui, ses lèvres trop gonflées, ses yeux gris sinistre, et sa peau était trop pâle. Elle n'avait même pas de poitrine ! Merde, s'il ne l'avait pas choisi pour son physique, était-il possible qu'il les choisi pour sa personnalité superficielle ? J'allai vomir.

- Je ne connais pas du tout ce nom. C'est une ville ?

Non, un continent … Idiote !

Mon fils me lançait ce regard, qui me faisait clairement comprendre que je devais retenir tout sarcasme.

- Hm.

La blonde se tournait pour échanger un regard avec son fiancé. Puis, elle se retournait vers moi.

- Et nous arriverons dans combien de temps ?

- Un moment.

- C'est à dire ?

Les mains crispées, les yeux sur la route, je faisais mon maximum pour paraître agréable.

- C'est à dire que si votre voix encore plus insupportable que le piaillement des oiseaux de ma cousine me parvient encore aux oreilles une seule fois, je risque de vous arracher le cœur et de l'écraser jusqu'à ce qu'il n'en reste que des cendres. Est-ce clair ?

Oups … C'était sorti tout seul.

Derrière, Henry retenait un rire alors que Daniel affichait un sourire en coin. La blonde écervelée, elle, restait scotché dans son siège. Les lèvres pincées, les yeux papillonnant.

J'espérais bien l'avoir vexée.

SwanQueen – SwanQueen

Après d'interminables heures dans un silence pesant où seuls Henry et Daniel échangeaient quelques mots toutes les demi-heures, nous arrivions enfin à la maison.

Je laissais Daniel se débrouillait avec les valises pendant que je courrais presque retrouver mon père à l'intérieur, assis confortablement dans le salon.

- Papa ! M'écriais-je.

Il relevait les yeux de son journal pour me lancer un sourire tendre.

- Alors ? Comment ça s'est passé ?

Je le fusillais du regard et il grimaçait.

- Je m'attendais à cette réponse.

Je jetais un coup d'œil par dessus mon épaule pour vérifier qu'ils n'étaient pas encore là, avant de me précipiter à côté du fauteuil de mon père.

- C'est un véritable cauchemar !

- Daniel s'est montré plus insupportable que dans tes souvenirs ?

- Non ! C'est sa blondasse qui l'est ! Mon Dieu, Papa ! Je ne tiendrai pas la semaine.

Il posait une main réconfortante sur mon bras alors que Henry nous rejoignait, suivi de nos deux invités.

- Papy ! Je te présente Papa et Jane !

Mon père se levait, reposait le journal sur la table basse et serrait la main de son ancien gendre avant d'en faire de même avec la blonde.

- Je connais déjà ton père, Henry.

Tout en prononçant cette phrase, il fusillait celui-ci du regard. Il s'était toujours montré rancunier envers Daniel de m'avoir abandonné alors que j'allai bientôt accoucher.

Je feintais de regarder ma montre d'un air embarrassée.

- Oh … Je dois aller au travail, je suis sincèrement désolée de vous laisser là.

Mon père et mon fils me dévisageaient d'un air las alors que la blonde semblait ravie que je parte. Daniel, quant à lui, souriait en coin.

- Regina … Il est dix-neuf heure.

- Oui. J'ai dû m'absenter toute la journée. Je dois rattraper ça. Ne m'attendez pas pour le dîner.

Et d'un pas rapide, je sortais sur le perron où je poussais un soupir de soulagement.

Alors que je m'apprêtais à descendre les quelques marches, j'entendais la porte s'ouvrir et se refermer derrière moi. Je levais les yeux au ciel.

- Henry … Laisses-moi partir, s'il te plaît.

- Je suis désolé.

Je me crispais. Cette voix grave n'appartenait pas à mon fils, loin de là.

Je me retournais pour faire face à Daniel, toujours son sourire en coin.

- Je sais que c'est égoïste de ma part de partir pendant des années et de revenir avec ma fiancé en te demandant de nous accueillir.

- Oui, ça l'est, en effet.

Il s'avançait d'un pas, perdait son sourire pour prendre un air plus sérieux.

- Tu me manques, Regina. Ça a été très dur de refaire ma vie sans toi.

- Rien ne t'y obligeait.

- Tu sais bien que si.

- Ah oui ? Ton manque de responsabilité à pris le dessus sur toi ?

Il baissait les yeux.

- Ne fais pas ça. Tu as très bien compris pourquoi je suis parti. Tu refusais juste de l'admettre.

Je serais les bras contre ma poitrine, le fusillant de mes yeux soudainement humides.

- Je veux te l'entendre dire.

- Ta mère est décédée l'année dernière, Regina. Et je n'en suis absolument pas désolé. Sans elle, Henry, toi et moi vivrions sûrement une vie de famille exemplaire.

J'avais déjà le cœur brisé. Il n'avait pas le droit de me faire ça.

- Tu n'étais pas obligée de t'incliner devant elle.

- Tu sais comme elle était menaçante. Elle était parvenu à m'inscrire dans cette prestigieuse école.

- Il est trop tard pour revenir là-dessus. Ça fait douze ans, maintenant. Tu vas épouser une gamine. Et j'ai tourné la page, désormais. Je t'ai aimé de tout mon cœur, Daniel. J'ai été tellement détruite à ton départ. Mais il y avait Henry. Et je n'avais pas le droit de sombrer à nouveau. Il devait pouvoir compter sur au moins l'un de ses parents.

Il s'approchait d'un pas.

- Je suis désolé d'avoir gâché ça. Tu pourrai être heureuse à l'heure qu'il est.

Je ravalais un rire moqueur.

- Autrefois, tu étais un garçon modeste, adorable. Tu es devenu tellement arrogant. Penses-tu que tu sois le seul à pouvoir me rendre heureuse ? Tu fais erreur. Je pensais que te voir me ferait de bien. Retrouver non pas ton amour mais ton amitié. Mais je ne pensais pas que le garçon qui avait su me rendre dingue était mort, aujourd'hui. Tu as trop changé, Daniel. En fait, te voir me rassures plus qu'autre chose. Parce que … je me dis que j'ai bien fais de ne pas t'attendre.

La conversation était terminée.

Je m'échappais. Chacun son tour !

SwanQueen – SwanQueen

Une fois sur la route, je regardais la maison d'en face. Tink m'accueillerait avec moquerie et tenterait de me réconfortait en critiquant Daniel qu'elle ne connaissait même pas.

Je regardais à droite. Kathryn et Zelena – qui avait finalement décidé de changé d'hôte – n'hésiteraient pas à me lancer des « On te l'avait bien dis » durant toute la soirée.

Après un soupir, je convenais de me rendre rapidement au musée. Au moins, là-bas, j'aurai quelque chose pour m'occuper l'esprit.

J'étais à peine arrivée devant le grand immeuble blanc que déjà, Auguste me sautait presque dessus.

- Alors ? Comment c'était ? Il t'a dis quoi ? C'était gênant ?

J'arquais un sourcil tout en entrant dans mon bureau.

- Que fais-tu là, Auguste ?

- Je venais voir Killian.

- Pendant qu'il travaille ? Je ne suis pas d'accord avec ça.

- Tu as fais venir Emma, un jour.

Je m'installais derrière mon bureau alors qu'il s'asseyait en face, sourire moqueur en place.

- Je suis la directrice. Je fais ce que je veux.

Devant son air peu convaincu, je me devais de rajouter :

- Et puis, ça n'a rien à voir. Elle n'est pas ma compagne. Juste une inconnue dépressive qui n'avait nul part où aller parce que son plus fidèle ami l'avait soudainement abandonné.

Il baissait les yeux, l'air désespéré.

- Je suis assez honteux comme ça, Regina. Inutile d'en rajouter.

J'haussais les épaules, mettais mes lunettes et feintais de m'interresser à un dossier posé sur mon bureau.

- Alors ? Raconte ! S'écriait-il finalement.

Je roulais des yeux.

- Tu es sûr de ne pas vouloir m'héberger quelques temps ?

Il prenait cet air condescendant que je détestais tellement.

- Tu ne peux pas simplement fuir. J'en ai assez d'être entouré de femme qui n'arrive pas à avancer !

Je n'avais pas envie de parler de Daniel et sa blonde superficielle. Et il ne semblait pas en avoir envie plus que ça, lui non plus. Il semblait plutôt préoccupé.

- Qu'est-ce qui se passe, Auguste ?

- Comment tu as fais ?

Je le dévisageais avec incertitude.

- Pardon ?

Il passait une main dans ses cheveux.

- Pour entretenir cette relation avec Emma, comment tu as fais ? Je la connais depuis qu'elle est née et pourtant, j'ai l'impression que je ne compte pas pour elle. Malgré tout ce que j'essaie de faire pour la sauver, ça ne marche jamais.

Je soupirais.

- Je ne pense pas être plus douée que toi, Auguste. Je te l'ai dis, je ne la connais pas en tant qu'Emma Swan. Mais ce que je connais d'elle, c'est qu'elle n'est pas du genre à vouloir écouter qui que ce soit.

Je jetais un coup d'œil à la pendule, accrochée sur l'un des mur de mon bureau.

- Écoutes, Auguste, j'ai du travaille, là. Mais je serais ravie de discuter avec toi, bientôt. Peut-être que Killian et toi pourriez venir dîner à la maison demain soir ?

- Henry veut profiter de son père …

- Il en profitera toute la journée. Je sais qu'il sera ravi de te voir.

Il se relevait en souriant.

- Dans ce cas, à demain, Regina.

Dès qu'il sortait, je me mettais au travail. J'avais pas mal de choses à rattraper. Dernièrement, il était vrai que je faisais un peu n'importe quoi, toujours mes pensées focalisées ailleurs.

Cela faisait bien une heure que je travaillais sur un dossier important lorsque le téléphone sonnait. Je fronçais les sourcils. Qui pouvait bien appeler à cette heure, là ? Henry ? Mon père ? Zelena ?

Je soupirais. C'était sans doute un client qui ne faisait pas attention à l'heure. Ça arrivait fréquemment.

- Musée Storybrooke, bonjour.

- Vous n'arrêtez jamais, hein ?

Je me redressais aussitôt, retirais mes lunettes, fronçais les sourcils. Cette voix tremblante, peu sûre d'elle et pourtant légèrement moqueuse.

- Miss Swan ?

- Dans le mille.

- Que … Comment avez-vous

- Eu le numéro du musée ? Me coupait-elle. Il est inscrit partout sur le site.

Je déglutissais difficilement.

- Miss Swan … Que se passe-t-il ? Vous allez bien ?

Elle mettait du temps à répondre, je sentais mon rythme cardiaque doucement augmenter. Avait-elle fait une nouvelle tentative de suicide ? Non, si c'était le cas, elle ne me préviendrait pas.

- Vous ne m'avez pas rappelé …

Un gros soulagement. Je m'enfonçais dans mon fauteuil, large sourire aux lèvres.

- Je vous manque déjà ?

Emma Swan devenait de plus en plus importante dans ma vie. Était-ce parce qu'elle était la première amie que je me faisais sans avoir besoin des relations de mes parents ?

- Je vérifiais juste que vous n'étiez pas enfermée pour meurtre. Le père d'Henry est arrivé, non ?

- Tout juste.

- C'est pour ça que vous êtes au bureau à cette heure tardive ?

Sa voix au téléphone était différente. Ce n'était pas pareil que de l'avoir près de moi.

- Comment ça se passe chez vos amies ?

- Bien.

Elle donnait peu de précision, mais à vrai dire, j'étais déjà surprise qu'elle réponde.

- La fiancé de Daniel est une pimbêche à la voix plus aiguë que celle de Mary-Margareth lorsqu'elle avait l'âge d'Henry.

Je l'entendais rire. Ça faisait du bien, c'était réconfortant.

- Je me souviens tout à fait de sa voix. C'était une horreur.

- Vous êtes quand même devenue sa meilleure amie.

- La voix, ça ne fait pas tout.

J'haussais les épaules d'un air désinvolte tout en jouant distraitement avec mes lunettes. Il n'y avait vraiment qu'avec elle que nous pouvions parler de choses aussi futiles.

- Votre voix est royale, déclarait-elle après quelques secondes de réflexion.

Je me balançais de droite à gauche sur mon fauteuil, ne sachant trop quoi dire.

- Sans doute un cadeau de ma mère.

- Oh. La chance. La mienne m'a juste laissé une petite couverture avec mon prénom cousu dessus. Merci, Maman !

Je sentais mon cœur se pinçait. Comment pouvait-on abandonner un enfant ? C'était impensable !

- La vie injuste, soufflais-je.

Elle ne répondait pas.

- Miss Swan … J'ai besoin que vous reveniez.

- Je me sens bien, à Boston.

- Je me sens mal, depuis que vous êtes partie.

Elle ravalait un rire amer.

- C'est un peu égoïste, Madame l'Artiste.

- Je suis égoïste. Je le sais. J'ai abandonné mon père et mon fils avec Daniel et sa fiancé. Et demain, j'ai invité Killian et Auguste a dîner avec nous.

- Ça, ce n'est pas égoïste. C'est lâche.

Je souriais en coin.

- Merci, Miss Swan. Je me sens beaucoup mieux.

Elle riait encore. Il était évident qu'elle allait mieux.

- Vous avez un travail ? Demandais-je finalement, après plusieurs minutes de silence.

- Oui.

J'étais déçue.

- Lequel ?

- Prof.

- Toujours ?

- Hm.

J'hochais la tête dans le vide.

- C'est un bon établissement ?

- Je pense, oui. Je n'y été qu'une semaine, en fait. Mais selon mais souvenirs, c'était cool. Même si je n'ai pas encore eu l'occasion d'en profiter.

- Oh oui, vous êtes en vacances.

- Vous devriez en prendre aussi. Après tout, vous êtes la patronne. Alors … Pourquoi ne pas prendre quelques jours de repos ?

- La réponse est composé de six lettres.

- J'hésite entre « Daniel » et « Blonde ».

Je me mordillais la lèvre, amusée malgré moi.

- Qui vous dis qu'elle est blonde ?

- Elles le sont toujours.

Je ravalais un rire moqueur.

- Les pimbêches ?

- Non. Les nouvelles fiancées agaçantes.

- En fait, je pense que toutes les blondes sont agaçantes.

C'était discret, mais je l'entendais rire.

- Vous me vexez, Regina Mills.

Je me crispais. Réfléchissais. Auguste lui avait-il donné mon nom ?

- Je fais marcher ma mémoire à mes heures perdues.

- Vous … Vous vous souvenez de mon nom, alors ?

- Hm hm.

Je souriais de toutes mes dents.

- Mince ! Je n'ai plus d'avantages sur vous, alors ?

- Et non. Retour à la case départ.

- Si c'était le cas, vous seriez à Storybrooke.

Elle soupirait.

- J'ai besoin de cet éloignement.

- Pourquoi ?

- Parce que je ne peux pas compter sur une seule personne pour me soigner. Parce que …

Sa voix était désormais enrouée. Comme souvent, en fait.

- S'il arrive quelque chose à cette personne … Ou si cette personne ne veut soudainement plus de moi … Parce qu'elle se rend compte que je suis maudite … Alors je serai encore … seule … Et tout ça n'aura servie à rien.

Je l'avais vu pleurer tellement de fois que je n'avais pas besoin de voir ses larmes sur ses joues pâles pour savoir qu'elle avait encore céder.

- Miss Swan … Je ne

Elle raccrochait avant que je ne puisse finir ma phrase.

Alors c'était ça ? Je l'avais fais fuir ? Qu'est-ce que j'avais fais qui puisse lui faire croire qu'un jour, je l'abandonnerai à mon tour ?

Les monstres de son passé lui avaient donc pris toute sa confiance ?

Je soupirais, enfouissais mes mains dans ma chevelure. Il fallait que je la sorte de là. À tout prix.

SwanQueen – SwanQueen

Allongée dans mon lit, les yeux rivés sur le plafond, je tentais de retourner des années en arrière. Il fallait que je me souvienne de notre rencontre. Et étrangement, je ne mettais pas tant de mal à m'en rappeler.

« Un camp de vacances. C'était vraiment n'importe quoi. Ma tortionnaire de mère avait préféré me placer là pour aller voir son autre fille. Zelena n'était même pas belle, en plus. Elle était rousse et s'habillait toujours en vert.

Alors que Mary-Margaret se présentait au groupe de vacances dans lequel nous allions passer l'été, je posais délicatement une main sur mon ventre pour l'instant encore plat. Je venais tout juste de découvrir que j'étais enceinte. J'ignorais totalement comment le dire à mes parents. Ou encore à Daniel, mon petit-ami depuis le lycée. Ni lui ni moi n'étions prêt à avoir un enfant. Et ma mère le détestait. Et elle avait prévue un brillant avenir pour moi. Elle ne voudrait jamais que qui que ce soit apprenne que je suis enceinte à dix-huit ans. Ça nous ferait une trop mauvaise réputation.

Après que nous ayons rencontré tous ces idiots qui semblaient heureux de nous accueillir, Madame Blue faisait retentir sa voix aiguë pour demander à une autre ado de venir. Et vu le large sourire de Mary-Margaret, la blonde aux allures garçonnes qui se dirigeait vers nous devait sans aucun doute être sa meilleure amie dont elle n'arrêtait pas de me parler.

- Surprise ! Je vais passer les vacances avec toi.

La blonde haussait les sourcils. Ouf. J'avais peur qu'elle ne lui saute dans les bras de la façon la plus niaise possible.

- Je te présente Regina, ma cousine. Sa mère l'a inscrite aussi.

Je pinçais les lèvres en fusillant la blonde du regard. Je n'avais pas envie de me faire des amies. Encore moins avec cette blonde en short jeans déchirés et débardeur blanc presque transparent.

- Regina, je te présente Emma.

J'arquais un sourcil dans sa direction, agacée.

- Je ne tiens pas à devenir amie avec une blonde sans parents, donc, sans éducation, qui n'a aucune notion de la mode et qui semble ennuyante à mourir.

Je feintais de m'intéresser à ma manucure afin d'éviter son regard sans doute blessé. Je devenais pire garce que ma mère. Mais, eh, j'avais une excuse ! J'étais enceinte !

Du coin de l'œil, je la voyais froncer les sourcils, bomber stupidement le torse et s'approcher de moi d'un pas à peine menaçant.

- Que ce soit clair « Majesté », tu sors de nul part, en mini-jupe, tallons haut et maquillage de princesse. Ici, on est à un camp de vacances. Tu veux te montrer méchante, arrogante, perfide ? C'est ton choix. Mais saches que tu viens déjà de te mettre tout le monde à dos.

Ses camarades me fusillaient tous du regard. Cette blonde au fort caractère semblait faire l'unanimité, ici.

- Si tu voulais faire les trottoirs, poursuivait-elle, tu t'es trompée d'endroit.

Ok, ça devait être la première fois qu'on me parlait aussi mal. Bon, mis à part les mots blessants de ma mère mais c'était différent. Je m'y étais habituée. Et puis … C'était pour mon bien, non ?

Avant que je ne puisse faire dont de ma répartie sans faille, Madame Blue, horrifiée, s'imposait entre nous.

- Emma Swan, Regina Mills, vous voulez être de corvée ménage jusqu'à la fin du séjour ? Je vous pris de vous calmez, jeunes filles.

Finalement, il y aurait peut-être quelque chose d'un minimum intéressant ici. Faire vivre l'enfer à cette blonde sans gêne. »

À ce souvenir, un sentiment de culpabilité me prenait. J'avais été une horrible garce. Et puis, d'autres souvenirs dans ce genre s'imposaient d'eux-même à moi.

« Sous le ciel étoilé, Ruby Lucas avait organisé une « soirée ». Madame Blue avait exceptionnellement décidé de nous laisser tranquille. Nous étions tous installés autour du feu, grillant des marshmallow en écoutant la musique.

Malgré le fait que nous partagions le même camp de vacances, je n'en connaissais aucun. Je passais mon temps à tous les fuir afin de pouvoir réfléchir à ce que j'allai faire dès mon retour chez moi. Prévenir Daniel ? Mon père ? Avorter sans en parler à qui que ce soit ? J'étais terrifiée. La garce que j'étais n'avait jamais su se faire de véritable amies. À ce jour, je le regrettais amèrement.

- Salut, belle brune !

Je tournais les yeux vers le brun à ma droite. Ses cheveux courts bouclaient légèrement et il avait un sourire charmeur. Il me semblait l'avoir plusieurs fois vu au bras de la meilleure amie de Mary-Margareth.

- Je m'appelle Graham Humbert, et toi ?

Je lui serrais la main qu'il me tendait, un sourire amusée sur les lèvres.

- Regina Mills.

- Enchanté.

- De même.

Ses yeux noisettes brillaient de malices.

- Comment se fait-il qu'une belle brune comme toi soit seule à cette heure tardive ?

Je jetais un coup d'œil à sa copine, plus loin. Elle riait avec Ruby Lucas, se souciant peu que son homme soit en train d'en draguer une autre. Quel genre de petite-amie elle était ? Si Daniel s'approchait de qui que ce soit d'autres, il pouvait être sûr de subir ma colère.

Je haussais négligemment les épaules.

- Je te retourne la question.

Il passait une main dans mes cheveux, tournait les yeux vers la blonde, plus loin.

- Elle m'a plaqué. Comme une merde. Et maintenant, elle s'amuse avec cette louve de Lucas.

J'arquais un sourcil moqueur.

- Cette louve ? Répétais-je.

- Tu peux être sûre qu'aucune de ces cibles ne peut résister à Ruby. Le nombre de ses proies est devenues incalculable depuis un moment.

- Et tu crois que Swan est une de ses cibles ?

Il rigolait légèrement, s'imaginant sans doute que je blaguais. En réalisant que ce n'était pas le cas, je pouvais clairement voir la panique sur son visage.

- Non … Emma ne ferait pas ça. Elle aime les hommes. C'est vrai ! Elle a couché avec Killian, la semaine dernière.

- Pas avec toi ?

- Non. Elle m'a trompé avec lui parce que je n'étais pas encore prêt à sauter le cap. Et quand je lui ais dis que maintenant je l'étais, elle m'a dis que c'était trop tard. Tu sais … Emma n'est pas une fille bien. Elle fait souffrir tous ceux qu'elle approche. Je crois que c'est parce qu'elle refuse d'avoir des sentiments pour qui que ce soit. Dès que ça devient trop sérieux, elle fout tout par terre.

Je posais une main réconfortante sur sa cuisse, et décidais d'user de mon charme.

- Et tu ne veux pas te venger ? demandais-je d'une voix rauque.

Son regard croisait le mien. Nous échangions un sourire avant de décider de nous retirer dans sa tante. »

Je méritais l'enfer sans passer par la case purgatoire. Tout ces souvenirs, j'avais réussi à les oublier aux fils des années. Et maintenant qu'ils me revenaient, j'étais tellement mal. Culpabilité, regret, incompréhension. Il était vraie qu'à cette période de ma vie, j'étais énormément en colère. Contre ma mère pour m'abandonner pour ma sœur. Et contre moi-même pour être tomber enceinte à dix-huit ans.

Et ce que j'ignorais, c'était qu'à cette époque là, Emma Swan était autant perdue que moi.

SwanQueen – SwanQueen

Le lendemain matin, après avoir passer une nuit atroce où mes cauchemars mêlaient mauvais souvenir et fiancée à la voix sur-aïgue, je me décidais à préparer le petit-déjeuner pour tout le monde. Je devais me faire pardonner auprès de mon fils. Je me souvenais très clairement de cette belle inconnue me parlant clairement de ses pires Noëls où la tension avait tout gâché. Je ne devais pas faire pareil. Il fallait que je supporte Daniel et Jane encore une petite – très longue – semaine et ce serait bon.

- Bonjour, Regina.

Je levais les yeux sur mon père, à l'entrée de la cuisine alors que je préparais les pancakes.

- Bonjour, Papa.

- Tu vas mieux ?

J'acquiesçais et retournais à ma tâche. Dos à moi, je pouvais l'entendre s'asseoir à table.

- Je ne voulais pas fuir comme ça.

- Mais tu l'as fais.

- Henry m'en veut ?

- Je pense.

Je soupirais.

- Je voulais revenir pour le dîner mais … J'ai reçu un appel important.

- Ton fils n'aimera pas que tu lui dises ça.

- Je sais. Mais c'est la vérité.

- Ton travail est

- Ce n'était pas le travail, le coupais-je.

Un silence presque pesant tombait entre nous. Je sentais son regard interrogateur sur moi.

- Personne ne devrait être plus important que ton fils, Regina.

- Elle ne l'est pas !

- Elle ?

Je soupirais.

- Oublie ça. Tu as raison, je n'ai aucune excuse pour justifier mon absences d'hier soir. Je suis désolée.

Nos deux invités se levaient peu de temps après, tout souriant. Daniel semblait avoir oublié notre conversation de la veille et sa blonde ne paraissait même pas rancunière de mon franc parlé.

- Comment vas-tu, Regina ? Demandait Daniel tout en s'installant à table, sa fiancée à côté.

- Bien. Merci. Je tenais à m'excuser de vous avoir fait faux bon, hier soir.

Jane me lançait un faux sourire tout en enlaçant ses doigts à ceux de son homme.

- Il n'y a aucun problème. On comprend que ça doit être difficile, pour vous.

Je la dévisageais quelques secondes et elle jugeait bon de préciser.

- De voir votre amour au bras d'une autre femme.

Je ravalais un rire moqueur.

- Oh oui … C'est tellement dur pour moi. Je suis vraiment jalouse, là.

Daniel baissait les yeux, gêné par mon ton si sarcastique.

- Ce qu'elle voulait dire c'est que Jane et moi savons que ce n'est pas évident de m'accueillir après que je sois partie si longtemps.

- Vous êtes parti ? Intervenait mon père. J'aurai plutôt dit que vous aviez fui.

- Papa, soufflais-je, agacée qu'il s'immisce là dedans.

Heureusement, la conversation n'avait pas le temps de se poursuivre que déjà Henry nous rejoignait, dans son pyjama d'hiver.

- 'jour tout le monde.

Ses petits yeux peinaient à s'ouvrir. Il s'installait à côté de moi tout en étouffant un bâillement.

- Tu pouvais rester au lit plus longtemps, Henry. Tu es en vacances.

- Je voulais profiter de 'Pa.

Daniel souriait.

- On fait quoi, aujourd'hui ?

- Et bien, on pourrait aller à la patinoire.

Je fusillais mon fils du regard et il me répondait par un large sourire. Beaucoup moins fatigué, soudainement.

- Tu travailles de toute façon, alors tu n'as besoin de venir avec nous.

Il savait comme je détestais ça. Non seulement j'étais très mauvaise sur des patins mais en plus je passais mon temps à m'inquiéter pour Henry.

- C'est une excellente idée ! S'enthousiasmait la blonde. J'adore la patinoire !

- Cool ! S'écriait mon fils. C'est décidé, alors !

Je fulminais. S'il y avait bien quelque chose que je détestais, c'était voir que mon fils préférait s'amuser avec eux que de passer du temps avec moi.

Quelque part, il était vrai que je n'étais jamais là pour lui. Était-ce ma faute s'il était si distant avec moi ?

Je soupirais et buvais mon café tout en les écoutant peaufiner leurs projets de la semaine.

SwanQueen – SwanQueen

Plus tard dans la matinée, avant de me rendre au travail, je m'arrêtais chez Kathryn où je savais que je trouverai Tink et Zelena.

J'étais à peine entrer que je subissais déjà un interrogatoire.

- Comment c'était ?

- Aussi craquant que dans tes souvenirs ?

- Je pari que sa fiancé n'est pas aussi sexy que toi !

Je roulais des yeux tout en m'installant dans un fauteuil, face à elles.

- C'était l'enfer. Son arrogance le rend moins craquant. Et sa fiancé … Mon Dieu ! J'espère être plus sexy que cette adolescente frivole.

- Adolescente ? Répétait Kathryn, incrédule.

- Henry m'a dit qu'elle avait vingt-deux ans, intervenait Zelena. Tu exagères un peu, Sis'.

Je la dévisageais, ébahie.

- Daniel en a trente-trois ! Leur différence est presque l'équivalent de l'âge d'Henry.

Tink fusillait du regard ma sœur.

- Tu es sensée prendre sa défense !

- Regina mérite mieux qu'un lâche, d'accord ? J'espère bien qu'elle ne retournera jamais dans les bras de ce Daniel. Il est peut-être le père d'Henry, mais il est incapable de les rendre heureux.

Elles acquiesçaient.

- Il faudrait que tu te remette en selle, s'exclamait Kathryn. Depuis Robin, ton célibat est déprimant.

- Kat' a raison, Gin ! Trouves-toi quelqu'un de bien, pour une fois !

- Figurez-vous que c'est plus facile à dire qu'à faire.

Kathryn me lançait son sourire infaillible.

- On va le faire pour toi. Dis nous ce que tu recherches.

Elles semblaient toutes enjouées. Assises sur le même sofa face à moi, elles me dévisageaient avec leurs grands yeux, leurs sourires faux. J'avais l'impression de me trouver à une agence de rencontre.

- Hm … Je ne sais pas …

- Jusqu'à présent, commençait Tink d'un ton sérieux totalement inconnue dans sa bouche, tu as toujours eu des bruns. Envie de changement ?

- Euh … et bien je … ça ne m'a pas tellement réussi mais je ne pense pas que ce soit dû à sa couleur de

- Note ça, Kathryn, m'interrompait Zelena. Elle cherche quelqu'un de complètement différent.

Aussitôt, la blonde platine griffonnait sur un carnet que je ne l'avais même pas vu prendre.

- D'accord … Donc … Un métier intellectuel ou plutôt matériel ? Un homme qui pense ou un homme qui bouge ?

- Euh … C'est à dire que … Je ne sais pas. Les deux ?

- Noté. Tu as une tranche d'âge précise ?

- Écoutez, les filles, je ne crois pas que c'est comme ça que je trouverai …

Tink levait un doigt en ma direction.

- Ne te défiles, pas Gin ! On est en pleine mission recherche d'amour, là ! Tu ne finiras pas vieille et seule comme Zelena.

- Eh ! Tu es aussi seule que moi.

- Je suis encore jeune.

Pendant qu'elles se chamaillaient, Kathryn ne cessait de faire balançait son regard de moi à son carnet tout en notant des informations sans doute fortes passionnantes.

Je détestais mes amies. Je n'avais pas besoin de rencontrer un homme pour être épanouie. J'avais besoin que mon ancienne inconnue revienne à Storybrooke et continue à m'écouter et me conseiller.

J'avais juste besoin d'Emma Swan.


Sooo ? Quel est le verdict ? Pas d'inquiétude les retrouvailles auront lieu dans le prochain chapitre : I need you ;)

Je m'excuse pour les fautes que j'ai pu laisser dans ce chapitre

Merci pour votre lecture et n'hésitez surtout pas à laisser une Review, vous savez que j'adore ça :)