Une seconde vie

Note d'auteur :

Merci à tous pour vos reviews. Ça me fait plaisir et me fait avancer plus vite.

J'espère que ce chapitre vous plaira. On revient aux Maraudeurs. Un peu d'action et un peu de détente pour les quatre amis (surtout pour l'un d'eux).

Disclaimer :

Identique aux précédents chapitres.

Résume :

A 21 ans, il devient professeur de Défense dans un monde différent lors de la sixième de ses parents et de leurs amis. Lors d'une visite dans un sombre endroit dirigé par Voldemort, Harry apprend que des expériences odieuses y sont menées sous les ordres d'un cruel personnage. Pendant ce temps, les Maraudeurs rodent dans le château et y découvre une salle et un objet qu'ils avaient interdiction d'approcher. Malheureusement, Sirius n'obéit que rarement.

Bonne lecture !

OoooOoooO

Effort et réconfort

James ne savait plus quoi faire. Ils avaient trouvé la salle que le professeur Granger recherchait. Elle ressemblait à qu'il lui avait expliqué : Une salle immense et très ancienne, quatre statues monumentales représentant les quatre fondateurs de Poudlard et le diadème. Le diadème, cette chose hautement dangereuse qu'il ne devait toucher sous aucun prétexte. Sirius avait toujours été téméraire, voire idiot parfois. Mais là, il décrochait la palme. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ?

Au moment même où Sirius avait attrapé le diadème, il avait perdu conscience. Ses trois amis s'étaient précipités sur lui mais ils n'avaient pu le réveiller. Malgré leurs cris, les secousses, les yeux de l'animagus restaient clos. James voulut retirer l'objet des mains de son ami, qu'il agrippait avec force. Mais, Remus l'en empêcha brutalement.

Le loup garou retira son pull et l'enroula autour de ses mains. Il avait raison, bien sur. Si cette chose avait mit Sirius dans cet état, il n'y avait pas de raison que ça ne leur arrive pas à eux aussi. Remus tenta de tirer le diadème hors des mains de Sirius. Mais c'était peine perdue, ce dernier y était littéralement accroché.

Que faisait le professeur Granger ? James l'avait pourtant prévenu il y avait au moins dix minutes. Il ne pouvait pas être si loin.

- Qu'est-ce qu'on fait ? questionna Peter, totalement paniqué.

- L'infirmerie ? proposa James, interrogeant Remus du regard.

Celui-ci acquiesça et sortit sa baguette quand la porte s'ouvrit brutalement. Le nouveau professeur de Défense entra avant de se rendre compte de la scène qui se déroulait sous ses yeux.

- Sirius ! s'écria-t-il, se précipitant à ses côtés, poussant sans ménagement Remus et Peter au passage.

Il était habillé à la moldue. Pas étonnant qu'il ait mit tant de temps pour venir. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire dans le monde moldu pendant que Sirius manquait de mourir. James espérait que maintenant, ça irait mieux.

- Professeur, intervint James. Il a touché le diadème et après…

Le sorcier le fit taire d'un geste.

- Depuis combien de temps ? demanda-t-il, sans cesser de regarder Sirius.

- Une minute, peut-être deux, répondit Remus, en se plaçant derrière le professeur.

Tout en murmurant frénétiquement, leur professeur enleva ses gants. Comme si c'était le moment de se mettre à l'aise.

- Ecartez-vous, leur ordonna-t-il, les repoussant le plus loin possible de leur ami.

- Mais, professeur… commença James.

Mais, il ne put terminer sa phrase car deux choses arrivèrent au même moment : Le professeur Granger attrapa le diadème à mains nues comme Sirius un peu plus tôt qui lui-même se mit à hurler.

Sirius se tortillait au sol comme s'il était sous le sortilège de Doloris. Il semblait tenter d'enlever sa main du diadème mais leur professeur lui tenait fermement les doigts serrés dessus.

- Professeur, s'indigna Remus, tremblotant. Que faites-vous ? Vous lui faites mal ! Professeur !

Mais, le sorcier ne s'arrêta pas. Il garda la main de Sirius solidement fermée jusqu'à ce que ce dernier ne cesse de hurler. Le calme revint dans l'immense pièce. Et James se rendit compte que ni lui ni aucun de ses amis n'avait bougé lors de la scène. Ils avaient tous été figés d'horreur. Autant pour le courage des Gryffondors.

Ils convergèrent tous vers leur ami tandis que leur professeur jetait le diadème un peu plus loin. James remarqua que l'objet avait noircit et s'était ratatiné. Une mince fumée opaque s'en échappait.

- Sirius ! Sirius ! s'exclamèrent Remus et Peter tandis que leur imbécile d'ami semblait revenir à lui.

James se focalisa sur l'animagus. Il tentait difficilement d'ouvrir les yeux mais ses paupières devaient être trop lourdes.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? interrogea James en se tournant vers son professeur. Est-ce qu'il va aller mieux ?

- Il va juste être un peu fatigué mais il n'aura pas de séquelles, répondit-il, le regard dur. Je croyais vous avoir interdit de toucher à ça.

Il désigna le diadème qui ne ressemblait plus au magnifique bijou qui ornait la tête de la statue de Rowena Serdaigle. Ce n'était plus qu'un amas de ferraille noircie qui avait glissé jusque dans un coin de la pièce.

- Je suis désolé, professeur, s'excusa James, affecté. Tout est allé si vite. J'ai pas eu le temps de…

Il se tut lorsque son professeur soupira.

- Non, James, objecta-t-il, en détournant le regard. C'est de ma faute. J'aurais dû savoir que c'était trop dangereux. Je suis désolé. Aidez-moi à l'emmener à l'infirmerie.

Entre temps, Sirius avait repris des forces. Il s'était assis et semblait moins pâle que quelques secondes auparavant.

- L'infirmerie ? C'est obligatoire ? s'offusqua-t-il, avec juste un peu moins de véhémence que d'habitude.

Il allait beaucoup mieux, effectivement.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il finalement.

- Il se passe que vous avez faillit mourir à cause de votre imprudence Mr Black, l'accusa Granger.

Apparemment, il avait arrêté de les appeler par leurs prénoms.

- Qu'est-ce que vous ne comprenez pas lorsque je dis que cet objet est trop dangereux et que vous ne devez le toucher sous aucun prétexte ?

Sirius eut le bon goût de paraître mal à l'aise. Il se dandina sur place et se força à sourire.

- Maintenant, à l'infirmerie si vous ne voulez pas que je finisse ce que vous avez commencé, ordonna-t-il, d'un ton plus doux.

Sirius tenta de se lever mais, Remus dut lui venir en aide car il manqua de tomber.

- Attendez professeur ! demanda le loup garou, supportant le poids de Sirius malgré celui-ci qui gigotait pour se défaire de sa poigne. On pourrait savoir ce qui s'est passé ici ?

Le sorcier ramassa le fichu diadème sans répondre puis se retourna vers Remus. Il le fixa quelques secondes avant de répondre.

- C'est quelque chose que vous ne devriez pas savoir, éluda-t-il, en sortant de la salle. Ça ne vous concerne pas.

Ça, c'était une des phrases qui agaçaient le plus James. De quel droit leur disait-il qu'ils n'étaient pas concernés ? Après Sirius, après les cris et tout ce qui avait suivi, c'était injuste.

- Mais, professeur, risqua-t-il, indigné. On est concerné maintenant. Regardez nous ! On a le droit de savoir.

Le sorcier dut voir quelque chose dans les yeux de James car son expression changea. Son air buté céda la place à la résignation.

- C'est vrai, leur accorda-t-il, en revenant dans la pièce, refermant la porte d'un geste sec. J'ai été à votre place un jour. Je comprends. Posez-moi vos questions.

Si James fut prit de cours, ce ne fut pas le cas de Remus.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en désignant le diadème.

- Ceci, expliqua-t-il, en montrant l'objet maintenant rabougri. Ceci était le diadème appartenant à Rowena Serdaigle.

- C'est vrai ? s'exclama Sirius, toujours aussi exubérant.

Mais, il fut vite stoppé par un coup de coude de Remus.

- En effet, continua le professeur de Défense, sans tenir compte de leur ami. Il a disparut, il y a bien longtemps et n'a pas été retrouvé par la bonne personne.

- Vraiment ? s'étonna Sirius, cette fois sans être arrêté par Remus. Par qui ?

Le professeur Granger soupira.

- C'est quelque chose que je ne peux pas vous dire.

- Quoi ! s'écria James, interloqué par l'aplomb de son professeur. Mais, vous deviez tout nous dire.

- Non, répondit posément le concerné. Je vous ai dit de poser vos questions. Je ne répondrais qu'à celle que je jugerais judicieuses.

- Mais… tenta James, déçu par la tromperie du sorcier.

- Non, on ne discute pas ça, menaça-t-il. C'est ça ou rien.

Ni James ni aucun de ses amis n'osa protester. Il semblait sérieux.

- Donc, reprit-il, après s'être assuré que personne ne le couperait encore. Ce sorcier a prit cet objet pour sa 'collection personnelle' et lui a jeté un sort. Un sort de magie noire. Non, Mr Black, je ne vous dirais pas lequel. Vous n'avez pas besoin de connaître ce sujet, ajouta-t-il, voyant l'animagus ouvrir la bouche. Voilà pour votre question, Mr Lupin. Quelque chose d'autre ?

- Qu'est-ce qui m'est arrivé ? demanda Sirius. Je veux dire, quand j'ai touché le diadème.

Le professeur Granger réfléchit un moment avant de répondre.

- Je ne suis pas vraiment un expert dans ce domaine. Mais, je dirai que le sort qui a été jeté sur le diadème a fait de cet objet, une chose plus ou moins vivante. Ou un peu entre deux.

Les quatre amis en restèrent bouche bée.

- Et, lorsque tu es entré en contact avec, continua-t-il patiemment. Cette chose a dû trouver qu'un… réceptacle humain serait plus approprié. Enfin, j'imagine.

- Je vais vomir, avoua Sirius, palissant à vue d'œil.

James comprenait son ami. L'idée que ça lui était arrivé le rendait lui aussi un peu malade.

- Comme une possession ? s'enquit Peter, inquiet pour la santé de Sirius.

- Pas vraiment, expliqua Granger. Disons plutôt que ça lui drainait toute sa magie pour la remplacer par la sienne. Ou quelque chose de ce genre.

James frissonna et se rapprocha de son ami. Il l'avait vraiment échappé belle.

- Et que serait-il arrivé si vous n'étiez pas arrivé ? risqua Remus.

- Eh bien… hésita leur professeur, mal à l'aise. Ça n'est pas très important. De toute façon, c'était le seul objet de la sorte à Poudlard. Vous ne risquez pas de retomber sur quelque chose de ce genre.

James ne pouvait qu'imaginer ce qui se serait passé et, finalement, il n'avait pas très envie de le savoir. A en juger par la tête de Sirius, lui non plus ne voulait rien savoir.

- Et comment… comment avez-vous fait pour… vous savez… sauver Sirius ? questionna James, cherchant la façon adéquate d'exposer la situation.

Le professeur Granger resta silencieux un long moment. James crut même qu'il n'allait pas répondre. Il les jaugea du regard quelques secondes avant de soupirer. Il ôta ses gants que James ne l'avait même pas vu remettre depuis l'incident.

- C'est une assez longue histoire, avoua-t-il, dévoilant sa main droite, sur laquelle s'étendait une sorte de tatouage. Pour faire court, lorsque j'étais jeune, à peine plus vieux que vous, j'étais certainement aussi stupide que Mr Black ici présent.

James sourit à cette idée. Personne n'était aussi stupide que Sirius. Son imbécile d'ami n'avait pas d'égal dans ce domaine.

- Et j'ai fait une bêtise similaire à la sienne, ajouta-t-il, un sombre sourire aux lèvres. Je ne vous décrirais pas ce qui est arrivé. Toujours est-il que j'étais dans un état lamentable.

James le cru sur parole, après ce à quoi il venait d'assister.

- Bref, j'ai eu la chance, moi aussi, d'avoir un de mes professeurs qui m'a sauvé la vie, expliqua-t-il, le regard perdu dans le vide. Mais, ça n'a pas été sans contrepartie.

James remarqua qu'il remontait sa manche jusqu'au coude. Son tatouage lui couvrait l'intégralité de l'avant bras et allait se perdre sous son pull. L'encre semblait encore plus noire sur sa peau d'une pâleur surprenante.

- Il a dû… Disons, annihiler toute magie à l'intérieur de mon bras droit. Et donc… Il y a eut quelques effets secondaires à ce sort. C'est comme ça que j'ai pu aspirer toute cette magie noire hors du corps de Sirius.

- C'est vachement pratique, en fait, décida Sirius, songeur.

- On peut voir ça comme ça, concéda le professeur. Ça n'a pas toujours été le cas pour moi. Pas quand j'ai compris que je ne pourrais plus tenir ma baguette avec cette main.

Puis, leur professeur leur tourna le dos, ouvrit la porte et leur fit signe de passer.

- Ce sera suffisant pour aujourd'hui, exigea-t-il. On doit emmener Mr Black à l'infirmerie. Mr Lupin, vous pourrez aider votre ami à marcher, je suppose.

Ce dernier acquiesça et se mit en marche, mi-portant, mi-trainant l'animagus à sa suite. James aurait aimé poser plus de questions mais il sentait bien que la discussion était terminée et que son professeur ne tolèrerait pas une nouvelle remarque.

Le petit groupe arriva tant bien que mal à l'infirmerie. Sirius avait du mal à tenir sur ses jambes mais Remus le tenait fermement debout et l'animagus n'avait cessé de les supplier de ne pas l'emmener dans l'antre de la sorcière tyrannique.

Malheureusement pour lui, dès qu'ils ouvrirent la porte, elle fut sur lui.

- Que vous est-il encore arrivé, Mr Black ? tonna-t-elle, sans préambule.

Pendant un instant, la sorcière jeta un regard mauvais à leur professeur. Mais, ce fut si court que James cru presque l'avoir imaginé. Elle fit assoir Sirius sur l'un des lits disponibles et commença à l'examiner.

- Que s'est-il passé ? exigea-t-elle en se tournant vers leur professeur. Ce jeune homme souffre d'une asthénie inhabituelle. Ça ne devrait même pas être possible de manquer d'énergie de cette façon.

Sans se départir de son calme, il entraina la sorcière dans son bureau, certainement pour lui expliquer la situation. Pendant ce temps, Sirius bougonnait sur son lit. Il ne semblait, effectivement, pas au mieux de sa forme. Quand il tenta de se relever, Remus le força doucement à se rassoir sur le lit. Pour éviter que leur ami ne continue ses idioties, il choisit de le distraire.

- Alors, t'en penses quoi de notre nouveau professeur ? le questionna-t-il.

- Un peu flippant, mais assez cool, s'excita Sirius, effectuant de grands gestes pour prouver ses dires. Il m'a un peu sauvé la vie.

- En même temps, c'est lui qui nous a demander de chercher ce truc, intervint Peter, à juste titre.

- Mais, il nous a prévenu que c'était dangereux et il ne pouvait pas savoir que Sirius n'écoute jamais rien, opposa James.

- Un professeur n'est pas censé mettre ses élèves en danger, déclara doctement Remus.

- Depuis quand les professeurs de Défense sont normaux ici ? railla James.

Remus soupira doucement.

- Ils nous a caché pas mal de choses tout à l'heure, leur révéla-t-il.

- Ça, je m'en suis rendu compte, chuchota James. Son histoire ressemble trait pour trait à celle de Patmol.

- Non, cette partie semblait vraie, objecta le loup garou. Un peu vague mais vraie. Il n'a pas tout dit sur le sort lié à son bras ni sur celui du diadème.

- Oui, mais si ça n'était pas arrivé, on ne saurait rien du tout, défendit Sirius, fier de lui.

- Ça ne t'excuse en aucun cas, lui reprocha James.

- Et, ça ne nous a pas vraiment avancé pour savoir qui il est, constata Peter.

- On sait quand même qu'un de ses professeurs pratiquait la magie noire, avança Remus.

- Tu veux dire que… commença James, abasourdi.

Mais, au même moment, la porte du bureau de Pomfresh s'ouvrit sur l'objet de leur conversation, accompagné par l'infirmière qui portait une bonne demi-douzaine de potions pour le malheureux Sirius.

- Maintenant, tout le monde sort ! gronda-t-elle.

Et, ils furent tous mit à la porte, même le professeur Granger. Les trois amis eurent juste le temps d'esquisser un geste pour saluer Sirius avant que la porte ne se referme.

- Bien, finit-il par dire, les observant attentivement. J'imagine que je peux vous laisser sans que vous n'alliez risquer vos vies maintenant.

Il avait dû se faire sérieusement disputer par l'infirmière car son humeur s'était considérablement assombrie. Il s'éloigna non sans leur avoir jeter, à chacun, un regard appuyé.

- Faites attention à vous, leur lança-t-il avant de disparaître.

Les trois compagnons échangèrent un regard abasourdi avant de se mettre en route vers leur salle commune. Quand ils se furent assez éloignés, James s'adressa à Remus :

- Donc, tu disais que c'était un sort de magie noire sur son bras ?

- Tu connais beaucoup de sorts qui annulent toute magie ? lui demanda-t-il à raison.

- Donc, il a l'air de s'y connaître en magie noire, estima Peter, soucieux.

- Mais, il n'a pas hésité à sauver Sirius, contra James, déconcerté.

Ils n'étaient pas plus avancés. Ce nouveau professeur était une énigme. Une énigme digne des Maraudeurs.

Tout en discutant à voix basse, ils passèrent le tableau de la grosse dame. James, ne regardant pas où il allait, se prit un élève au moment même où il mettait les pieds dans la salle commune. Il sut qui il venait de bousculer lorsqu'un grand nombre de bouquins tombèrent sur le sol.

- Excuse-moi, dit la sorcière en ramassant ses livres. Je ne regardais pas où j'allais.

Puis, elle leva les yeux et son expression devint plus froide.

- Oh, Potter ! constata-t-elle, agacée.

Mais, ce fut tout. Pas de dispute, de cris, d'insultes. James en fut surprit et quelque peu satisfait. Dorcas, qui accompagnait souvent Evans, eut la mauvaise idée de lancer à ce moment-là :

- Où est Sirius ? Vous l'avez perdu en route ?

- A l'infirmerie, répondit Remus dans un élan d'honnêteté.

James vit Evans froncer les sourcils et les observer tour à tour. C'était mauvais signe qu'elle se mette à réfléchir à leurs bêtises.

- Je le savais ! s'exclama-t-elle, quand le déclic se fit. Je savais qu'on ne pouvait pas te faire confiance ! Vous l'avez trouvé, hein ? Vous l'avez trouvé et tu n'as rien écouté, c'est ça ?

La perspicacité d'Evans le surprit. Il ne serait jamais arrivé à la bonne conclusion avec le peu d'informations dont elle disposait.

- Tu es vraiment irrécupérable, continua-t-elle sur sa lancée. Tu mettrais même tes amis en danger pour tes idioties.

- Comment va-t-il ? intervint Dorcas, s'excusant silencieusement d'avoir amené le sujet.

- Un gros coup de fatigue, mais rien de grave apparemment, lui répondit James pour désamorcer la situation.

Mais, ça ne sembla pas fonctionner.

- Parce qu'en plus, tu penses que c'est pas important ! cracha-t-elle. Tu me dégoûtes, Potter !

Le poussant au passage, elle s'éloigna à grands pas de la salle commune, sans un regard en arrière.

- Lily ! la rappela Remus en vain.

- Mais, c'est même pas de ma faute, se lamenta James auprès de ses amis.

- Désolée, James. Je pensais pas que c'était un sujet délicat, s'excusa Dorcas avant de s'élancer à la suite de son amie.

Finalement, il devenait clair qu'il n'aurait jamais aucune chance avec Evans. Il fallait se rendre à l'évidence.

Maudissant Sirius, qui l'avait mit dans cette situation, il monta seul dans son dortoir pour ruminer ses sombres pensées. Remus dut empêcher Peter de le suivre car personne ne vint le déranger dans sa déprime.

OoooOoooO

Le week-end avait été long. Sirius à l'infirmerie et James en pleine déprime, Remus et Peter avait passé leur temps à s'avancer sur leurs devoirs, à essayer de remonter le moral de leur ami et à tenter de rendre visite à Sirius. Ce dernier n'était sorti que le lundi matin à l'heure pour assister aux cours, ce qui n'avait pas plu à l'intéressé. Il en avait parlé au petit-déjeuner, entre les cours, au déjeuner et encore entre les cours. Si bien qu'au diner, Remus en eut assez.

- Sirius, ça suffit ! décréta-t-il. Tu ne peux en vouloir qu'à toi d'avoir fini à l'infirmerie et tu as eut beaucoup de chance de pouvoir sortir aujourd'hui. Donc, si tu te plains encore, moi, je vais à la bibliothèque pour la soirée.

- Mais, Rem', geignit son ami. Tu te rends compte à quel point c'est injuste ? J'ai loupé tout le week-end et toute ce que je gagne, c'est le droit d'aller en cours. C'est vraiment injuste.

Remus soupira. James semblait également un peu agacé mais pour une fois, il ne dit rien. Et Peter n'aurait certainement pas avoué que Sirius pouvait l'ennuyer. Le loup garou était donc tout seul pour faire taire son ami. C'était un combat perdu d'avance.

Remus abandonna et plongea le nez dans son assiette pour éviter toute discussion. La soirée s'annonçait aussi longue que le week-end.

A la fin du repas, Sirius avait réussit à tenir jusqu'au dessert sur le même sujet, sans que quiconque ne lui réponde. Comble de l'horreur : Lily lui avait adressé un sourire lorsqu'il s'était plaint de la douleur atroce qu'il avait subit avant son arrivée à l'infirmerie - il ne lui avait pas raconté les circonstances. Ça, c'était resté entre Maraudeurs.

Si Remus ne pensait pas réellement sa menace de finir sa soirée à la bibliothèque, il y pensait sérieusement maintenant. Il aimait beaucoup ses amis mais, après la semaine précédente qui avait débutée avec la pleine lune et avait continuée avec des expéditions dans Poudlard toutes les nuits, il avait besoin de calme.

Profitant d'une énième plainte de Sirius, le loup garou lui rappela :

- Je te l'avais dit, Si'. Je vais à la bibliothèque ce soir. Je vous rejoins après.

Et, sans leur laisser le temps de réfléchir, il s'éloigna à grands pas. Les couloirs étaient déserts. Remus s'en voulait un peu de laisser ses amis ainsi. Mais, comme à son habitude, James allait ruminer encore quelques heures et la chose la plus intelligente à faire était de le laisser avec Sirius. Il avait beau faire l'idiot, il savait toujours remonter le moral de son ami. Quant à Peter, s'il avait voulu venir, il l'aurait fait. Il connaissait ses amis aussi bien que Remus.

Ce fut d'un pas plus assuré que le loup garou se dirigea vers la bibliothèque. Il était peut-être ami avec trois garçons pour qui lire un livre était la pire des punitions, mais pour lui, cet endroit représentait un refuge. C'était toujours ici qu'il venait lors de ses moments de panique avant que ses amis n'apprennent son secret. Il n'avait pas oublié depuis la sérénité que lui apportait ce lieu.

Il sursauta lorsqu'une voix retentit.

- Excuse-moi. C'est toi Remus Lupin ? lui demanda-t-on.

Le jeune loup garou se retourna pour se retrouver face à une jeune fille. Un peu plus petite que lui, il dut baisser les yeux pour pouvoir la détailler. C'était une petite brune dont les yeux noisette le fixaient, avec une curiosité non dissimulée. Elle se tenait bien droite, la tête haute, altière. En la parfaite petite Serpentard qu'elle était.

- Oui, répondit-il, prudemment. C'est bien moi. Pourquoi ?

Elle lui adressa un sourire éclatant et lui tendit la main.

- Elena Duchamps, se présenta-t-elle. Enchantée. Je t'ai cherché dans tout Poudlard.

Remus s'empressa de lui serrer la main.

- Euh… oui, bégaya-t-il, décontenancé. Mais… Pourquoi ?

- Le professeur Granger, répondit-t-elle, énigmatique.

Le professeur Granger ? Que lui voulait-il ? C'était au sujet de Sirius, peut-être.

- Oui, enfin… En fait, j'ai quelques difficultés en Défense et donc, je lui en ai parlé. Il m'a dit que tu étais son meilleur élève. Alors…

Durant sa tirade, elle s'était mise à se balancer légèrement d'un pied sur l'autre. Elle s'interrompit, planta ses yeux dans ceux de Remus et haussa imperceptiblement les épaules.

- Je venais te demander si tu accepterais de m'aider dans cette matière.

C'était au tour de Remus d'être mal à l'aise maintenant.

- Eh bien, hésita-t-il. Je ne sais pas vraiment si je suis le meilleur choix…

- Le professeur Granger m'a assuré que c'était à toi que je devais m'adresser.

Vraiment ? Il avait fait ça ? Pourquoi ? Il n'avait donc jamais entendu parler de rivalité entre Gryffondor et Serpentard ? Peut-être pas encore. Il était nouveau après tout. Mais, comment Remus allait-il se dépêtrer de cette situation ? Il ne voyait pas de raison valable de refuser.

- Euh… On peut… Essayer. Si c'est ce que tu veux bien sur.

Son charmant sourire lui revint.

- Oui, affirma-t-elle, enthousiaste. Merci. C'est vraiment gentil de ta part. Demain, après les cours ?

Remus sentit le rouge lui monter aux joues. Il allait bégayer une réponse mais elle le devança.

- Tu allais à la bibliothèque ? demanda-t-elle, toujours aussi souriante. Je t'accompagne.

Elle lui emboîta le pas. Autant pour son calme et sa sérénité. Elle ne semblait pas du genre pondérée. D'autant plus que lorsque ses amis apprendraient ça, il pourrait dire adieu à sa tranquillité pendant un moment. Il la suivit sans broncher. Après tout, il ne pouvait pas se dérober sans être impoli. Et s'il y avait quelque chose que ses parents lui avaient appris, c'était bien d'être toujours poli avec quiconque.

A son arrivée dans la bibliothèque, Remus en profita pour s'éclipser vers le rayon concernant les runes. Il cherchait un livre en particulier qui lui avait été conseillé par son ancien professeur d'étude de Runes. Le livre parfait pour les runes anciennes : Hiéroglyphes et logogrammes magiques. Avec ce livres, le jeune loup garou pourrait éventuellement en savoir plus sur cette porte qui leur posait problème.

Il le trouva après avoir fureté dans tout le rayon. C'était un livre un peu poussiéreux, épais et visiblement assez ancien. Il conviendrait certainement.

- T'as trouvé ce que tu voulais ? fit une voix dans son dos.

Remus se retrouva nez à nez avec la même Serpentard qui lui souriait doucement. Elle portait cinq livres qui ne semblaient pas des plus légers. De ce qu'il pouvait apercevoir, ils portaient sur les créatures magiques.

- Oui, oui, s'empressa-t-il de répondre. J'ai ce qu'il me faut.

- Alors, suis-moi, ordonna-t-elle, confiante. Il y a une table par là. Mme Pince ne nous entendra pas.

Elle le mena exactement à la table qu'il occupait à chaque fois qu'il venait à la bibliothèque. Comment savait-elle ça ? Ce ne pouvait être qu'une coïncidence. Et pourquoi le suivait-elle ? Il avait accepté de l'aider. Elle n'avait aucune raison de le harceler. Ou peut-être essayait-elle d'être gentille.

Une Serpentard sympathique avec un Gryffondor. Quelle idée absurde ! Et pourtant, elle ne l'avait ni insulté, ni menacé.

- Tu étudies quoi ? lui demanda-t-elle, en lui prenant son livre des mains. Etudes de Runes ? Ça a l'air compliqué.

- Euh… Oui, bafouilla Remus, toujours plus décontenancé par la jeune fille. C'est… C'est pour un projet.

Elle se plongea ensuite dans un de ses bouquins, sans plus décrocher un seul mot. Remus, quant à lui, ne réussit pas vraiment à ses concentrer sur son livre. Il était affreusement difficile et son esprit avait du mal à se focaliser dessus. Au lieu de lire, il ne cessait de lever les yeux vers sa voisine de table.

- Elena ? finit-il par oser dire- il pouvait bien l'appeler ainsi, elle utilisait bien son prénom, elle. Et toi ? Enfin, je veux dire… Tu étudies quoi ?

Cette fille le mettait mal à l'aise. Il fallait dire qu'il y avait de quoi.

- Les soins aux créatures magiques, répondit-elle, en posant son livre. C'est un peu ma matière favorite.

Elle sourit doucement en reprenant son bouquin.

- Il faut que… bredouilla Remus, sans savoir quoi dire. Je… En fait, j'arrive pas à me concentrer ce soir. Je vais emprunter mon livre et je le lirais plus tard.

Elle acquiesça sans cesser de sourire. Remus commença à s'éloigner avant de se retourner.

- Alors, à demain, lui lança-t-il. On se voit après les cours.

Il rougit furieusement. Dit comme ça, on pourrait croire que ce n'était pas pour travailler. Mais, elle ne sembla pas lui en tenir rigueur.

- Bien sur. A demain, lui répondit-elle aimablement.

Et, Remus pu enfin s'enfuir.

OoooOoooO

Il avait ruminé sa rencontre avec la Serpentard toute la journée. Il avait été vraiment stupide. Il n'avait fait que bégayer et rougir. Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre ? Certes, ce n'était pas tous les jours que les Serpentards venaient demander des services aux Gryffondors. Mais, ce n'était pas une raison.

En plus, il avait finit par se rendre compte que ni lui ni la jeune fille n'avait prévu un point de rendez-vous. Il ne manquerait plus qu'elle l'attende à la sortie de la grande salle. Ses amis ne comprendraient pas qu'il n'avait pas pu refuser.

- Remus ! l'interpella Sirius, apparemment agacé. Tu m'écoutes ?

Le loup garou se reconcentra sur son ami.

- Oui, bien sur Si', assura-t-il. Je t'écoute toujours.

L'animagus grimaça. Il ne le croyait visiblement pas.

- Je vois bien que tu n'es pas avec nous depuis hier, lui reprocha-t-il. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- C'est vrai, confirma James. T'as pas dit un mot depuis que t'es rentré de la bibliothèque.

Remus jeta un bref coup d'œil à la table des Serpentards mais n'y aperçut pas la sienne. Enfin, celle qu'il avait rencontrée la veille. En suivant son regard, ses amis se méprirent sur son geste.

- T'es tombé sur une bande de Serpentards ? s'indigna Sirius. T'aurais pu nous le dire.

- Ils étaient combien ?

- Ils t'ont blessé ?

- On va te venger !

Ses amis s'étaient mis à parler en même temps, ne laissant pas le temps à Remus de démentir les faits.

- Non, contesta-t-il. Non, ce n'est pas du tout ça.

- Dis-nous qui c'était, lui ordonna James en le prenant par les épaules.

- Je vous dit que personne ne m'a attaqué, se défendit le jeune loup garou.

Ses amis le regardèrent, sceptiques. Ce qui énerva Remus. Croyaient-ils vraiment qu'il leur mentait ? Bon, il leur cachait quelque chose mais ce n'était pas pareil. Et puis, ce n'était pas important. Des cours particuliers qu'il était obligé de donner à une jeune fille. Rien d'inquiétant.

- Alors, que s'est-il passé hier ? le questionna Sirius, de plus en plus irrité.

Remus devait réfléchir vite sinon ils pourraient continuer pendant toute la soirée. S'il leur expliquait pour la Serpentard, ils commenceraient par le bouder et ils finiraient par ennuyer la sorcière en question. Et, bien qu'elle soit à Serpentard, le loup garou doutait qu'elle le mérite.

- Je réfléchissait, c'est tout, mentit-il.

Réfléchissait à quoi. Là était tout le problème. Puis, une idée lui vint. Une idée brillante, par ailleurs.

- Vous vous rappelez de la conversation qu'on a surprise samedi ? leur demanda-t-il.

Il vit aussitôt qu'il avait réussi à les attirer vers un nouveau sujet de conversation. Visiblement, ils n'y avaient pas pensé depuis la découverte de la salle aléatoire et l'accident de Sirius. Et Remus ne pouvait pas les blâmer. C'était son cas à lui aussi.

- Je les avais oublié ceux-là ! s'exclama Sirius. Pourquoi tu nous l'a pas dit plus tôt ?

- On a pas mal cumulé les ennuis en ce moment, risqua Remus. Même si on s'en est bien sorti, on devrait peut-être faire profil bas quelques temps.

Sirius fit la moue mais James et Peter semblaient du même avis que le loup garou. James leur fit signe que la conversation continuerait dans leur dortoir à l'abri des oreilles indiscrètes. Ils auraient aussi bien pu lancer un assourdiato mais le repas se terminait presque.

En retournant vers la salle commune, Remus guetta l'arrivée éventuelle de la Serpentard. Elle n'était pas à la sortie de la grande salle en tout cas et il se demandait comment elle comptait le retrouver. Il n'eut cependant pas à attendre longtemps. Tandis qu'ils se rendaient vers la tour des Gryffondors, il la vit, tranquillement adossée à un mur.

Elle laissa le petit groupe la dépasser sans faire mine de les voir. Remus lui en fut reconnaissant.

- En fait, je vais retourner à la bibliothèque ce soir, leur expliqua-t-il, après quelques pas supplémentaires. Je n'ai pas finit ce je voulais faire hier.

- Mais, t'es revenu avec un bouquin pourtant, s'étonna Peter, avec perspicacité.

- Oui, mais j'en cherchais un deuxième et on devait le ramener aujourd'hui, répondit Remus, sans réfléchir à ce qu'il disait. Je ne serais pas trop long. Je vous rejoins tout à l'heure.

Sans attendre de réponse, il s'éloigna à grands pas mais fut désarçonné de ne pas voir la jeune fille. Elle avait dû croire qu'il avait décidé de rester avec ses amis ce soir. Mais, elle ne pouvait pas être bien loin.

Remus partit à sa recherche dans les couloirs, en se dirigeant vers la salle commune des Serpentards.

- C'est moi que tu cherches ? demanda une voix dans son dos.

Comment faisait-elle toujours pour le surprendre ? Remus ne l'entendait pas arriver, ce qui était inhabituel. Il se retourna vers la jeune sorcière. Elle arborait un sourire amusé. Visiblement, elle était fière de lui avoir fait peur.

- Tu dois pas si mal te débrouiller en Défense finalement, ironisa le loup garou.

- Tu te considères comme appartenant aux Forces du mal ? le questionna-t-elle, narquoise.

Remus sourit. S'il n'avait pas vu son blason, il n'aurait jamais cru qu'elle puisse appartenir à la maison des Serpentards. Elle était beaucoup trop… joyeuse.

Il perdit cependant son sourire lorsqu'il se rendit compte de ce qu'impliquait sa question. Oui, il se considérait comme une créature du Mal. Et, si elle savait, elle aussi, elle le penserait. Tentant de masquer son humeur maussade, Remus lui demanda où ils devaient se rendre pour ses cours particuliers.

- Au deuxième étage, près des toilettes de Mimi geignarde, il y a plusieurs salles inoccupées.

Il n'y avait aucune surprise là-dedans. Ce fantôme était tellement agaçant qu'elle arrivait même à vider les salles aux alentours de son lieu de résidence. Des toilettes en plus. Comme si elle était obligée de rester là-dedans. La mauvaise humeur de Remus le faisait devenir cynique.

- Tu viens ? le rappela Elena, qui patientait quelques mètres plus loin.

- Oui, oui, répondit Remus, en s'empressant de la suivre. Excuse-moi. Je m'étais perdu dans mes pensées.

Chassant ses idées noires, Remus se mit plutôt à réfléchir à ce qui l'attendait. Il allait devoir donner un cours. Enfin, pas vraiment un cours. Il lui suffirait peut être de faire comme avec Peter, de l'aider sur tel ou tel sortilège. Attendait-elle qu'il lui donne un cours ? Un vrai. Le jeune loup garou commençait à paniquer.

- Euh… Elena ? l'interpella-t-il sur le chemin. Il faudrait que je sache quels sont tes problèmes en Défense pour t'aider.

- Oh ! s'exclama-t-elle. Oui, c'est vrai. J'avais oublié. Disons que j'ai un peu un problème avec tout ce qui est sort de défense. Ou même d'attaque. Enfin, on peut dire que j'ai deux mains gauches quand il s'agit de ma baguette. Pour les créatures maléfiques, je me débrouille plutôt bien.

Elle rougit et se détourna. Le sujet semblait sensible. Remus se demanda si le problème, comme pour Peter, ne venait pas surtout d'un manque de confiance en soi. Elle n'en avait pas l'air pourtant.

La jeune fille s'arrêta devant une salle et entra. Le couloir était encore inondé et Remus dû éviter les flaques pour la suivre. Ils venaient d'arriver dans une salle déserte et poussiéreuse. Personne n'avait dû y mettre depuis un long moment.

- Ça devrait faire l'affaire, constata-t-il en contemplant la pièce. En ajoutant quelques coussins et en poussant les tables.

Tout en parlant, il s'exécuta. Ses coussins manquaient peut-être de rembourrage et les tables avaient laissé des traces dans la poussière mais ça ferait l'affaire. Et puis, Remus n'était pas très doué en sorts ménagers.

Ceci fait, il ne savait pas trop par quoi commencer. Devait-il lui demander sur quels sorts elle avait du mal ou de lui faire une démonstration ? Elle avait dit qu'elle avait du mal avec les sortilèges en général.

- Bien, je crois que tout est prêt, le coupa-t-elle dans ses réflexions. On peut commencer.

- Tu veux qu'on fasse comment ? demanda Remus, mal à l'aise.

- C'est toi le professeur, lui répondit-elle, avec malice.

- Euh… hésita le Gryffondor. On pourrait commencer par des petits sorts et augmenter au fur et à mesure. Si ça te convient, bien sûr.

Elle lui sourit et Remus se sentit encore plus mal à l'aise. Pourquoi devait-elle lui sourire tout le temps ? Ils ne se connaissaient que depuis la veille. Et, personne ne lui souriait comme ça. A part ses amis. Mais pas une fille. Bon, Lily et Dorcas pouvaient se montrer sympathiques. Mais pas des Serpentards.

- Bien sur que ça me convient, s'enthousiasma-t-elle.

Elle posa ses affaires et prit sa baguette.

- On commence par quoi ? l'interrogea-t-elle, en venant se poster à ses côtés.

- L'expelliarmus, proposa Remus en préférant se placer face à la jeune fille. Ensuite, on verra quelques sorts défensifs et on verra par la suite.

Elle grimaça. Peut-être se sentait-elle insultée par la facilité de l'exercice.

- Et… souffla-t-elle. Je vais devoir le lancer… Sur toi ?

Ou peut-être était-ce autre chose. Un Serpentard qui se souciait du mal qu'il pourrait faire à un Gryffondor. Du jamais vu.

- C'est à ça que servent les coussins, répliqua-t-il, en les désignant.

Il sourit devant son air renfrogné. Visiblement, cette idée ne lui plaisait pas. Il en avait pourtant vu d'autres.

- T'en fais pas pour moi, la rassura-t-il. J'ai connu pire. Allez, on commence maintenant. Sinon on sera pas rentré avant minuit.

- T'as peur de transformer, Cendrillon ? railla Elena, tout en se mettant en place pour lancer son sort.

Remus frissonna. Elle ne savait pas à quel point elle avait raison. Sa peur de se transformer, elle était constante. Quand il était petit, il était même effrayé de se transformer en dehors de la pleine lune. Il s'était enfermé dans sa chambre, dès qu'il le pouvait, pendant plusieurs mois juste au cas où.

Préoccupé par ses pensées, Remus ne vit pas venir le sort de désarmement. Sa baguette lui glissa des mains sans qu'il ne puisse rien y faire. Pris par surprise, il sursauta et son pied glissa sur le sol. Il se retrouva par terre, les fesses dans la poussière et la tête qui tournait avant d'avoir réalisé ce qui lui arrivait.

- Remus ? lui demanda une voix au-dessus de sa tête. Tu vas bien ?

Elle s'était rapprochée de lui et l'aida à se relever. Elle le fixa une seconde et éclata de rire. Apparemment, elle se foutait de lui. Et il y avait certainement de quoi.

- Je m'y attendait pas, se défendit-il, un peu irrité de s'être ridiculisé.

Sa remarque ne fit qu'intensifier le fou rire de la jeune sorcière. Elle devait le trouver drôle, bien malgré lui.

- J'ai réussi ! lui expliqua-t-elle, enthousiaste. T'as vu ça ?

Remus comprit alors qu'elle ne se moquait pas de lui. Elle n'avait pas remarqué son moment d'inattention qui lui avait valut la perte de sa baguette. Elle se réjouissait uniquement de sa réussite. Il se mit à rire lui aussi. Sa bonne humeur était communicative et les idées noires de Remus s'étaient envolées. Elle lui rendit sa baguette et ils se remirent à étudier.

Elena se montra plus attentive et appliquée qu'il ne l'aurait pensé. Et assez peu habile avec sa baguette, Remus devait tout de même l'avouer. Mais, sa joie lorsqu'elle parvenait à maîtriser un sort était toujours plaisante.

OoooOoooO

En rentrant dans son dortoir, Remus trouva ses amis assis au sol en grande discussion. Lorsqu'il poussa la porte, ils s'interrompirent. Ils avaient étaler un parchemin par terre et gribouillaient dessus à tour de rôle. Ce qu'ils faisaient toujours lorsqu'ils élaboraient un plan.

- Rem' ! s'écria Sirius, sans prendre la peine de lever les yeux. On attendait plus que toi.

- Ouais, renchérit James, attendant que la porte soit fermée pour parler – sinon cela n'aurait servi à rien d'insonoriser la pièce. On a pensé à ce que tu nous as dit tout à l'heure. Et, on a élaboré un plan.

Remus ne savait plus vraiment de quoi il leur avait parlé. Il avait été un peu occupé entre temps.

- On a prévu ça pour Halloween, précisa Sirius, de plus en plus excité. Ce sera plus simple puisque tout le monde sera occupé.

- Donc, je pars en éclaireur sous la forme de Queudver, indiqua Peter. Et, je vérifie que la voie est libre.

- Ensuite, on entre tous les trois dans la salle commune des Serpentards grâce à la cape, poursuivit James. Et, on monte dans leur dortoir. Peter restera dehors pour monter la garde.

- Et, nous, on fouillera leurs affaires, finit Sirius. On a plus qu'à regarder sur la carte pour voir quels sont leurs lits.

C'était donc pour les Serpentards. Il avait dû en parler au dîner pour se couvrir. Maintenant qu'il y pensait, ce n'était pas une mauvaise idée. Remus se souvenait que lorsqu'ils avaient espionné la discussion des trois vert et argent, ces derniers lui avaient semblé angoissés. Ils avaient visiblement peur de quelque chose. Ça ne se présentait pas comme un mauvais coup anodin.

- Il faudrait peut-être aussi vérifier les affaires de Rogue, ajouta le loup garou après réflexion. Ils ont parlé de l'intégrer dans leur bande. Si je devais garder quelque chose de compromettant, je mettrai ça dans les affaires du nouveau.

Sirius paraissait ravi des cette perspective. Evidemment, quand il s'agissait de Rogue, il était toujours prêt pour un mauvais coup.

- Tu devais pas ramener un livre ? demanda soudain Peter, changeant totalement de sujet.

- Euh…

- Ben ouais, c'est ce que tu nous avais dit, s'étonna Sirius un instant plus tard. D'ailleurs, t'en a mis du temps.

Remus chercha un moyen de s'en sortir.

- Oui, mais ils avaient pas mon livre finalement, ânonna-t-il. Et, euh… Je suis rentré dans quelqu'un et…

- Qui ça ? s'enquit James.

- Non, personne, continua Remus. Ce n'est pas quelqu'un que vous connaissez. Et, c'est pas important. C'est jusque que…

Il ne sut pas quoi ajouter et quelques secondes passèrent sans que personne ne parle.

- Enfin, c'est rien du tout, j'ai bousculer cette fille et je l'ai aidé et…

- Une fille ? s'écria Sirius, horrifié. Tu t'es fait avoir toi aussi ? Comme James ?

Il se retourna vers Peter.

- Je suis navré de t'apprendre, mon cher Peter, déclama-t-il avec théâtralité, que nous sommes les deux seuls maraudeurs encore sains d'esprit dans cette pièce.

- Mais non, ce n'est pas ça, se défendit Remus.

Mais rien n'y fit. Il fut harcelé de questions auxquelles il ne pouvait répondre puisque contrairement à ce que lui disaient ses compagnons, il n'avait aucune petite amie.

OoooOoooO

Merci d'avoir lu jusqu'au bout. J'espère que ce chapitre vous a plu. Vous pouvez me laisser une petite review pour me dire ce que vous en pensez. J'aime beaucoup le personnage d'Elena. Et vous, vous en pensez quoi? On comprendra plus tard pourquoi elle est à Serpentard.

Prochain chapitre avec le POV de Harry (et peut-être un peu Tirion).