Chapitre VII
Dès le lendemain, les quatre élèves étrangers furent assaillis par les autres qui voulaient à tout prix leur poser des questions. Un peu dépassé par ce succès soudain, ils essayaient de faire bonne figure. Mais malgré cela, les cours continuaient comme d'habitude. Les professeurs avaient dû se dire que ça aurait été trop gentil de leur laisser un jour de repos.
-Je suis pratiquement sûr que les profs ne sont pas humains. Un tel degré de cruauté ne peut que s'appliquer à des extraterrestres.
-Scorp', tais-toi je n'entends pas ce que Binns dit.
Albus, qui était à côté de sa cousine, sembla se réveiller à ce moment là. Une de ses feuilles de cours s'était collée sur sa joue et lui laissa une marque rouge quand il l'a retira. Il parla d'une voix pâteuse, comme s'il s'éveillait d'un songe.
-En même temps, c'est histoire de la magie. Quel intérêt d'écouter ?
-Je ne sais pas, dit Rose en faisant semblant de réfléchir. Peut-être parce qu'on passe nos BUSE l'année prochaine idiot !
-L'année prochaine, pas cette année donc, contra-t-il. Et puis sincèrement, tu trouves ça intéressant ce qu'il raconte ?
Hésitante, Rose jeta un coup d'œil au professeur fantôme qui continuait à débiter son cours d'une voix monotone en flottant à une dizaine de centimètre du sol. Bon d'accord, elle devait avouer qu'on avait vu plus palpitant. Surtout que la leçon d'aujourd'hui portait sur les centaures du moyen-âge en Pologne. Mais que faisait le département chargé d'établir les programmes scolaires ?
-Non, finit-elle par avouer. N'empêche qu'il faut l'écouter ou…
-Ou quoi ? Répliqua Shannon. Le calmar géant pourrait rentrer par la fenêtre que Binns ne s'en rendrait pas compte.
Elle n'avait pas tord. Un jour, il y a quelques années, un élève avait introduit des lutins de Cornouailles pendant le cours. Alors que tout le monde se précipitait dehors pour échapper aux créatures, Binns avait continué de faire cours et c'est la directrice qui avait dû venir en personne lui dire d'arrêter vers minuit.
L'heure sembla passer au ralentie tandis que les élèves s'occupaient comme ils pouvaient. Certains faisaient voler des oiseaux en papier avec leurs baguettes et d'autres avaient opté pour le traditionnel morpion.
Quand la sonnerie retentie enfin, Albus bondit sur ses pieds, le sac sur l'épaule.
-Attendez, les retint le professeur Binns. J'aurais un devoir à vous donnez.
Tout le monde se figea en plein mouvement. Incrédule, la classe se tourna vers le fantôme qui attendait patiemment. Jamais depuis qu'ils assistaient à ses cours ils n'avaient vu l'antique professeur donner un devoir, et surtout pas après la fin du cours.
-Il est malade à votre avis ? Demanda Dylan Zabini qui était avec eux dans ce cours.
-Aucune idée, répondit Scorpius. Mais faudrait peut-être appeler l'infirmière, non ?
-Je disais donc que j'ai un devoir à vous donner, reprit le professeur. J'aimerais que vous fassiez un exposé pour le mois de décembre, juste avant les vacances de noël. Il devra porter sur un sorcier ou une sorcière célèbre qui a marqué notre histoire. Vous allez donc pour ceci tiré au hasard un nom dans le sac qui se trouve sur mon bureau. Allez-y.
Un par un, ils firent donc la queue pour tirer au sort un bout de papier. En voyant le sujet de leur exposé certains firent de drôles de têtes mais la plupart semblait connaître les noms des sorciers. Shannon fut la première à plonger la main dans le petit sac et en ressortit avec son bout de parchemin. Anxieusement, elle l'ouvrit et parut soulagé.
-Merlin l'enchanteur, lut-elle. Un classique.
-J'ai Circée, annonça Scorpius à côté d'elle.
Rien d'insurmontable, pensa Albus. Quelques recherches à la bibliothèque suffiraient. De toute évidence, leur professeur n'avait pas jugé bon de compliquer le devoir avec des sorciers que personnes ne connaissaient. Quand ce fut son tour, il attrapa son papier et l'ouvrit sans trop d'appréhension.
-Rowena Serdaigle. Ca va être facile.
-Tu m'étonnes, on peut le faire en un week-end ce truc.
Alors que les trois amis attendaient Rose qui devait encore piocher son sujet d'exposé, ils l'a virent soudain écarquiller les yeux et devenir toute rouge. Elle resta sans voix quelques secondes avant de se reprendre.
-C'est une blague ? S'exclama-t-elle en faisant se retourner plusieurs personnes.
-Qu'est-ce qui se passe ? T'es tombée sur qui ?
Rose rejoignit ses amis et brandit son bout de parchemin, l'air mi en colère mi incrédule. Sans cérémonie, Scorpius le lui arracha des mains et lut à voix haute.
-Ronald Weasley. Bon sang, tu vas faire un exposé sur…
-…mon père, compléta-t-elle. Génial, déjà que c'est pas assez dur de porter mon nom de famille, il faut en plus que je fasse un exposé sur mon père !
C'en fut trop pour les autres qui éclatèrent de rire. Le hasard faisait parfois bien les choses. Ou pas.
Albus était stupéfait de tous les détails connus sur la vie de Rowena Serdaigle. Il se rendit compte qu'à part le fait qu'elle était une des fondatrices de l'école, il ne connaissait rien de sa vie. Pourtant Binns leur avait donné un cours sur elle en première année. Il devait probablement dormir.
Toujours est-il que Rowena Serdaigle n'avait que quatorze ans quand son père, un chef viking écossais originaire de Scandinavie, l'avait marié de force à un riche marchand d'une cinquantaine d'année. Ne sachant pas qu'elle était une sorcière à l'époque, elle provoquait des accidents magiques.
Elle avait finit par fuir l'Ecosse deux ans plus tard, ne supportant plus sa vie et son mari. Sur la route, elle avait croisé une vieille femme qui l'avait vue allumer un feu par magie et avait donc deviné ce qu'était Rowena Serdaigle. La vielle femme, elle-même sorcière, lui avait appris tous les sorts qu'elle connaissait. Très vite, la jeune fille était devenue très douée et avait reprit la route. Durant son périple, elle avait rencontré ceux qui deviendraient les trois autres fondateurs, Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle et Salazar Serpentard. Elle avait finit par se marier à nouveau vers l'âge de vingt-cinq ans et avait donnée naissance à une fille, Helena. C'est à ce moment là qu'elle avait fabriquée son fameux diadème et était devenue la sorcière la plus douée de sa génération et de l'histoire du monde magique.
Et si son exposé à lui avançait plutôt bien, Rose ne décolérait toujours pas de son sujet.
-Il faut avouer que tu n'as pas de chance, accorda Jane Londubat en rigolant quand elle avait demandé à Rose pourquoi elle avait l'air de vouloir tuer toutes les personnes qu'elle croisait.
-C'est n'est pas si grave, essaya de la consoler Julia Bennett, la poursuiveuse de Quidditch. Moi je l'avais fait sur Ulric le borgne et crois-moi c'était à mourir d'ennuie.
Guère convaincue, Rose avait bien tenté d'aller plaider sa cause auprès de Binns, mais le professeur s'était montré inflexible. Il avait même été jusqu'à dire qu'il avait hâte de voir sous quel angle Rose allait traiter le sujet.
-Et je vais dire quoi, moi, devant toute la classe en décembre ? S'exaspérait-elle pour la huitième fois depuis ce matin. Ronald Weasley est un célèbre Auror et héros de la guerre contre Voldemort, il vit à Londres et a deux enfants. D'ailleurs je suis sa fille !
La voix de Rose dégoulinait de sarcasme et elle prenait soin de mettre en pièce son toast beurré comme s'il était responsable de tous ses malheurs.
-Oh allez, il faut relativiser. Au moins tu connais déjà par cœur ton sujet, dit Shannon.
-Loin de là. Bien sûr, je connais les grandes lignes de sa vie mais mes parents ne m'ont jamais beaucoup parlé de leur jeunesse. Je ne pouvais pas tomber sur Merlin l'enchanteur? Non, c'était trop demandé ?
-J'ai quelque chose qui pourrait te remonter le moral, annonça Albus en se glissant à côté d'elle.
Les deux filles sursautèrent et se tournèrent vers lui dans un ensemble parfait.
-Où est-ce que tu étais ? On t'a attendu ce matin dans la salle commune !
-Je suis allé voir Jack Bates pour qu'il me donne des infos sur Rowena Serdaigle, répondit-il en se servant copieusement des céréales.
-Qui ça ? Demanda Rose en fronçant les sourcils.
Albus mit quelques secondes à répondre, le temps d'avaler sans s'étouffer.
-Jack Bates. L'ami de Lily. Elle l'a rencontré dans le train, ils traînent ensemble depuis. Bref, tout ça pour dire que j'ai entendu des élèves de troisième année en parler sur le chemin. A ce qu'il paraît une énorme fête va être organisée demain soir dans les cachots pour célébrer la victoire de Serpentard contre Poufsouffle. Toute l'école est invitée.
Rose se rémora le match de la veille où les verts avaient littéralement écrasé leurs adversaires. Serpentard prenait donc provisoirement la tête du classement, suivit à égalité par Serdaigle et Gryffondor. Une fête serait la bienvenue pour se détendre après la tension occasionnée et avec le week-end qui arrivait, ça promettait d'être mémorable.
D'accord, elle voulait bien l'avouer : c'était de sa faute. Elle s'était réveillée très en retard ce matin en sachant pertinemment qu'elle se perdrait dans le château, comme tous les jours depuis qu'elle était arrivée ici. Pour sa défense, le décalage horaire entre la Bulgarie et l'Angleterre n'aidait pas.
Par conséquent elle tournait en rond depuis une bonne demi-heure dans un couloir remplit de courants d'air. Son premier cours était sortilèges mais elle était sûre de le louper maintenant. Elle aurait dû rester avec les autres élèves étrangers, au moins elle ne se serait pas perdue. Mais dans la mesure où ils s'étaient tous dispersés dans les différentes maisons, elle n'avait pas pu les retrouver à l'heure du petit déjeuner comme prévue.
Alors qu'elle n'y croyait pratiquement plus, elle vit enfin un élève tourner à l'angle et partir dans la direction opposée à la sienne.
-Hé ! Hurla-t-elle en se mettant à courir pour le rattraper. Hé, toi ! Attends !
Le garçon se retourna, surpris. Il devait avoir un an de moins qu'elle tout au plus et était assez mignon dans le genre gringalet. Il avait une carrure mince, des lunettes qui n'arrivaient pas à cacher des yeux verts absolument saisissant et des cheveux noirs de jais complètement en désordre comme s'il ne s'était pas coiffé depuis deux jours.
-Désolé de te déranger, mais je me suis perdue. Est-ce que tu pourrais m'indiquer où se trouve la salle de métamorphose s'il te plait ?
Pas la peine de se rendre en sortilège, il était trop tard. Au moins elle serait en avance pour son deuxième cours !
-Pas de problème, dit-il. Par contre il va falloir retraverser le château parce que la salle de métamorphose est dans l'aile Ouest. Tu es nouvelle ?
-Oui, je participe à l'échange scolaire. Je m'appelle Eva Covaci, je suis en cinquième année à Durmstrang.
-Albus Potter, se présenta-t-il. Quatrième année à Gryffondor. Allez viens, suis-moi.
Aussitôt Eva lui emboîta le pas. Potter ? Vraiment ? Voilà qui était intéressant. Elle chercha ses mots quelques secondes, essayant de ne pas paraître impolie.
-Euh…Potter? Comme Harry Potter, le Survivant ?
-Ouais, c'est mon père, dit Albus apparemment mal à l'aise en détournant les yeux.
-Désolé, je n'aurais pas dû poser la question…commença-t-elle.
-Non, non, c'est bon. Tu n'es pas la première à me dire ça, crois-moi.
Eva se mordit la lèvre, consciente de son erreur. Hors si elle devait se faire des amis, elle ne pouvait pas se le permettre. Son temps à Poudlard était limité et une chance comme celle-ci ne se reproduirait pas de si tôt.
Préférant donc changer de sujet, elle reprit d'une voix qu'elle espérait légère :
-Et donc, c'est bien chez les Gryffondor ? Parce que j'ai passé mon temps dans la salle commune de Serdaigle depuis que je suis arrivé. Sympa mais un peu trop…studieux pour moi, si tu vois ce que je veux dire.
-Je vois très bien, assura Albus en souriant. Ma cousine Lucy a été à Serdaigle quand elle était encore élève. Il valait mieux l'éviter quand elle révisait sinon on se retrouvait coincé avec elle qui débitait tout ce qu'elle savait sur les centaures de l'Egypte ancienne.
-Ca m'a l'air passionnant, s'exclama Eva en éclatant de rire. Je pense que ce soir je vais déménager chez les Gryffondor. Ils m'ont l'air plus amusant.
-Si tu n'as pas peur du bruit et des blagues, tu devrais t'y plaire. Je pourrais te présenter mes amis comme ça.
Eva retint de pousser un cri de joie. Finalement c'était beaucoup plus facile qu'elle ne l'aurait crut. Tentant de paraître détachée, elle hocha la tête avec un peu trop d'empressement.
-Avec plaisir. A ce soir alors, et merci de m'avoir montré le chemin.
-De rien, répondit Albus en s'éloignant. On se voit ce soir !
Heureuse et le cœur plus léger, elle repartit et descendit une volée de marche. Elle chercha la salle encore cinq minutes avant de finalement la trouver. Bon il ne lui restait plus qu'à attendre un quart d'heure que le cours commence. Ce soir, elle irait dans la tour de Gryffondor, et deviendrait l'amie d'Albus Potter et sa bande. Tout se passerait bien. Il le fallait.
-Bon sang ! J'arrive pas à croire que j'ai pu oublier ça !
-Rose ralentie ! Hurla Scorpius en essayant de courir et de ranger son livre de potion en même temps. Attends-moi deux secondes ! Rose !
Visiblement à contre cœur, la rousse s'arrêta dans un dérapement à moitié contrôlé et lui lança un regard impatient. Scorpius réussit par miracle à boucler son sac et la rejoignit en deux enjambées, légèrement essoufflé.
-Mais qu'est-ce qui te prend à courir comme ça ?
-La réunion de famille ! J'ai oublié notre réunion de famille annuelle. Si Victoire était toujours là elle m'aurait tué.
-Calme-toi, ce n'est pas si grave que ça. Il est 21h, tu seras en retard de cinq minutes tout au plus.
-Plutôt dix. Peeves à bloquer le passage qui mène directement à la tour de Gryffondor. Il va falloir que je fasse un détour.
Piétinant sur place, elle se mordait la lèvre, impatiente. Son exposé sur son père l'avait tellement énervé qu'elle avait complètement oublié la réunion de famille. Elle se souvenait encore de celle de l'année dernière pourtant. Lily avait dû se rendre dans le dortoir des garçons et balancer un seau d'eau froide à Logan Stever. Inutile de préciser que cette brillante idée venait des deux autres Chapardeurs qui avaient trouvé cette blague hilarante.
-Bon, ne traînons pas alors, dit Scorpius en la faisant sortir de ses pensées. Je t'accompagne si tu veux.
-Ce n'est pas la peine, je peux…
-Mais non, coupa-t-il, de toute façon je n'ai pas envie de retourner à ma salle commune tout de suite. Allez vient.
Sans protester d'avantage, Rose suivit le blond, se calant sur son rythme pour ne pas le perdre. Les couloirs étaient déserts à cette heure-ci et ils ne croisèrent que quelques que fantômes qui se rendaient au club des chasseurs sans têtes.
Rose resta silencieuse, réfléchissant. Sans savoir pourquoi, le souvenir d'il y quelques semaines à la patinoire de Pré-au-Lard lui revint en mémoire et elle ne put retenir un sourire tandis que l'image de Scorpius tombant à la renverse lui traversait l'esprit.
-Pourquoi tu souris ?
-Oh rien. Je repensais juste à toi sur des patins à glace, sourit Rose.
Aussitôt, il se rembrunit et grommela quelque chose qui ressemblait à « stupide jeu moldu ».
-Ca n'avait rien de drôle, protesta-t-il.
-Si ! Crois-moi, c'était encore mieux que de te voir dans un cours de divination !
-Tu le fais exprès, hein ? De toute façon Trelawney t'adore. J'ai l'impression qu'elle va t'embrasser à chaque fois que tu lui prédis que je vais devenir trapéziste.
Rose éclata de rire, incapable de se retenir. Le son résonna dans le long couloir en pierre vide et Scorpius sentit son estomac se contracter en l'entendant rire comme ça. A la lueur des torches, la rousse paraissait être une apparition divine entourée de flamme. Bon il exagérait peut-être un peu, mais l'idée était là.
Alors qu'il allait reprendre la parole, le bruit d'une conversation qui se rapprochait se fit entendre. Reconnaissant la voix de la directrice et de celle d'André Andros, les deux jeunes échangèrent un coup d'œil paniqué. Sans même se concerter, ils se cachèrent d'un même ensemble dans une espèce d'alcôve, derrière une statue taille réelle de Morgane l'enchanteresse.
- Pousse-toi, tu m'écrases ! Siffla Rose.
-N'importe quoi. C'est toi qui prends toute la place, murmura Scorpius furieusement.
Ils se donnèrent encore quelques coups de coudes mais se figèrent en entendant les deux adultes s'arrêter à trois ou quatre mètres de leur cachette.
-…refuse, vous m'entendez ? Etait en train de dire la directrice. C'est hors de question, Mr Andros.
-Mais pourquoi ? Cela pourrait révolutionner le monde de la sorcellerie.
-Vous ne croyez pas que vous exagérez un peu ? Et puis de toute façon cette décision ne dépend pas de moi, je vous le répète.
-Peut-être, concéda le journaliste, mais vous pourriez appuyer ma demande auprès du ministère…
Le professeur McGonagall souffla d'exaspération, les ailes de son nez frémissant comme si elle se retenait d'envoyer un sort à son interlocuteur.
-Non je ne le pourrais pas. D'ailleurs même si je le pouvais je ne le ferais, tout simplement parce que ce que vous voulez faire est abominable !
-Abominable ? Répéta André Andros, incrédule. Formidable vous voulez dire. Cette découverte pourrait m'apporter la gloire et la reconnaissance ! Nous pourrions…
-Veuillez ne pas m'inclure dans vos plans absurdes.
La voix de la directrice fut si sèche que Scorpius et Rose grimacèrent. Ils le savaient par expérience, il valait mieux ne pas énerver Minerva McGonagall sous peine de grave conséquence.
Mais le reporter ne parut pas impressionner et continua, visiblement agacé.
-Vous ne comprenez rien ! Je dois écrire un article sur Poudlard et ses secrets. Je ne peux pas faire l'impasse sur ça ! J'ai besoin d'aller la voir, et pour cela il me suffit juste de votre autorisation.
-Que je ne vous donne pas. Par ailleurs, laissez-moi vous rappelez que votre mission est de couvrir l'échange scolaire. Avez-vous au moins interrogé un des élèves étranger ?
André Andros parut embarrassé et joua nerveusement avec sa chevalière en rubis. Comme toujours, il portait une veste en peau de dragon -rouge pour l'occasion !- et ses cheveux bruns étaient impeccablement coiffés. De plus, il était sûrement le seul à pouvoir se permettre de porter une chemine en cachemire rose saumon sans que ça paraisse ridicule.
-Euh…et bien c'est-a-dire que…
-Je m'en doutais. Alors écoutez moi Mr Andros ; je supporte déjà votre présence dans mon école, ne me faites pas regretter ma décision. De plus, j'ajouterais qu'il serait bon que vous vous concentriez sur la tâche que l'on vous a confiée : l'échange interscolaire. Si ça vous intéresse, je crois me souvenir Mathieu Blanc, de BeauxBâtons est en ce moment même à la bibliothèque, je l'ai croisé tout à l'heure. Quant à Eva Covaci, elle s'installe ce soir dans la tour de Gryffondor. Allez leur parler, je suis sûr qu'ils ont pleins de choses à vous dire.
-Et les autres élèves ? Demanda-t-il précipitamment.
Haussant un sourcil, ce qui renforçait son air hautain, McGonagall toisa le journaliste avec une expression indéchiffrable.
-Qu'entendez-vous par là ?
-En fait, j'aimerais pouvoir interroger les autres élèves de l'école. Imaginez, ça sera formidable d'avoir une interview exclusive des enfants d'Harry Potter… !
-Je vous l'interdis ! S'écria vivement la directrice, hors d'elle. Comment osez-vous ? Tenez-vous éloigné de mes élèves, Mr Andros, particulièrement de la fratrie Potter. Ils n'ont pas besoin de vous, il faut qu'ils se concentrent avant tout sur leur travail scolaire. Cela vaut également pout les enfants Weasley et le jeune Malefoy.
-Mais…tenta-t-il de protester.
-Je vous aie dit non. Il en est de même pour votre projet insensé, ne comptez pas sur moi. Je pense que le ministère sera de mon avis par ailleurs.
-N'en soyez pas si sûre ! Bonne soirée, Minerva.
Sur ces derniers mots, le journaliste tourna les talons, sa veste en dragon claquant dans le mouvement. Le visage glacial, McGonagall le regarda s'éloigné. Elle l'imita finalement quelques secondes plus tard, tête haute.
Scorpius et Rose attendirent encore quelques minutes pour être certain que la voie était libre puis sortirent de derrière la statue. Ils le savaient, ils n'auraient jamais dû entendre cette conversation…
-A ton avis, c'est quoi son projet insensé à Andros ? Finit par demander le blond, rompant le silence.
-Aucune idée. Mais je compte bien le découvrir. T'es avec moi sur ce coup ?
-Evidemment Sherlock !
Surprise, Rose écarquilla les yeux. Avait-elle bien entendu ?
-Tu…tu viens de faire une référence moldu ?
-Ouais. J'ai lu le livre pendant les vacances, répondit-il en rougissant.
-Scorp', tu m'étonneras toujours, s'exclama-t-elle.
Albus voulait bien reconnaître qu'il n'était pas le roi de la ponctualité mais Rose exagérait quand même beaucoup sur ce coup là. Elle avait déjà un bon quart d'heure de retard et toute la famille l'attendait pour commencer. Pourtant ce n'était pas dans les habitudes de sa cousine d'arriver en retard.
La salle commune s'était vidée miraculeusement, personne n'osant se mêler au clan Potter-Weasley le soir de la fameuse réunion de famille. Et puis Alyne avait aussi ordonné à tout le monde de regagner les dortoirs, se servant de ses pouvoirs de préfète. Même si elle n'aimait pas s'en servir de façon abusive, James avait sût la convaincre mais Albus préférait ne pas savoir comment.
-Bon, quelqu'un pourrait aller la chercher, non ? Proposa Dominique.
-Et si elle arrive pendant que tu es partie ? Objecta Fred. On aurait l'air malin.
Alors que ses deux cousins commençaient à se disputer pour savoir si oui ou non il fallait aller chercher Rose, une ampoule sembla s'allumer d'un coup dans l'esprit d'Albus.
-James ! Tu pourrais regarder sur la carte du Maraudeur où elle est-ce qu'elle est ?
Son frère parut surpris une seconde puis bondit sur ses pieds, un sourire aux lèvres.
-Tu es un génie, Al !
Rougissant du compliment, Albus ne répondit pas. Pile à ce moment là, le trou du passage s'ouvrit et Rose s'engouffra dans la salle commune. Ses cheveux roux étaient désordonnés et elle essayait tant bien que mal de reprendre son souffle. Son sac avait glissé de son épaule, les livres menaçant de finir par terre mais elle ne semblait pas s'en rendre compte. On aurait presque dit qu'elle venait de courir un marathon.
-Pas trop tôt ! Bougonna Hugo en regardant sa sœur. C'est qu'on a faillit attendre.
-Désolé, j'étais avec Scorp' et on…
-Voilà ce que c'est de traîner avec un Serpentard, lança Fred, amusé. Je te croyais plus sérieuse Rosie.
Elle ne prit même pas la peine de corriger son surnom et s'affala dans le canapé près de la cheminée.
-On commence, alors ? Demanda Lily en sautillant d'excitation.
-Bien sûr ! Maintenant que tout le monde est là, je déclare la 8ème réunion de famille ouverte !
