Voilà le chapitre 6. Il est beaucoup plus long que les précédents. J'espère qu'il vous plaira et que vous m'en direz des nouvelles ^^
Sur ce… je vous laisse à votre lecture, mais non pas sans vous remercier pour vos reveiw. Ce sont elles qui me pousse à continuer.
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Chapitre 6
Hashirama soupira.
Cela faisait une semaine. Une semaine que Madara l'ignorait royalement.
Son ami ne lui avait pas adressé la parole depuis le soir de leur dispute. Il se contentait de rentrer, et s'enfermait dans sa chambre s'il l'apercevait dans le salon. Même les restes de nourritures qu'il lui laissait parfois, lorsqu'il revenait plus tôt du bureau, étaient désormais introuvables.
Madara agissait simplement comme s'il n'existait pas.
Enfonçant sa tête entre ses mains, l'Hokage gémit en se disant que l'Uchiha avait toujours été une véritable énigme pour lui. Il avait beau le côtoyer, être son ami depuis des années, mais rien n'y faisait : Il y avait des fois ou les réactions de celui-ci le dépassaient complètements.
Un coup il était de bonne humeur, et un autre il semblait prêt à massacrer toute une portée de chatons sans une once remord.
Et ces temps-ci, il allait sans dire qu'il paraissait perpétuellement sur le point de commettre un meurtre, sans qu'Hashirama en comprenne la véritable raison. « Tu n'es qu'un foutu hypocrite » lui avait-il dit avant de disparaitre.
Encore une chose qui échappait à sa compréhension. En quoi avait-il été hypocrite ? Il n'y comprenait définitivement rien.
Soudain, la porte de la salle s'ouvrit sur Toka qui transportait une pile de papiers supplémentaire.
-Livraison ! S'exclama-t-elle joyeusement en posant son fardeau sur le bureau.
Elle s'épongea le font d'une main et le fixa intensément, s'attendant probablement à une réaction autre que l'énième soupir qu'il poussa.
-Je voudrais que Madara soit là pour m'aider, se plaignit-il.
-Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même pour l'avoir mit en colère, marmonna Toka en séparant les feuilles en piles distinctes.
Hashirama redressa la tête, une expression peiné clairement visible sur le visage :
-Toi aussi tu penses que c'est de ma faute ? S'exclama-t-il.
La femme se mordit la lèvre :
-Oui et non. Mais je sais que Madara avait ses raisons d'être aussi furieux.
-Ce n'était que de vieux squelettes….
-Pas vraiment, il m'a dit qu'une bonne partie de sa famille était dans ces fosses.
Hashirama sursauta.
-Pardon ?! Hoqueta-t-il.
Il ne savait pas ce qui le choquait le plus : La révélation, ou bien que ce soit Toka, de toutes les personnes, qui soit celle qui le lui apprenne.
-Il me l'a dit, déclara la femme en reculant pour planter son regard dans le siens, tu sais… Ce n'est pas simple pour lui. Je le vois bien.
La bouche d'Hashirama s'ouvrit sans qu'aucun son n'en sorte. Il avait l'impression qu'une puissance supérieure lui avait volé sa voix pour le forcer à écouter ce que son amie avait à dire.
-Le village le rejette, poursuivit Toka, il s'est fait bannir par son propre clan pour des raisons qui me sont inconnues, les gens rependent d'horribles rumeurs à son sujet (à ce moment, la femme avait commencé à compter sur ses doigts), et il doit travailler en partageant le même espace que Tobirama qui a tué son frère sous ses yeux.
Elle se tût un instant, lui laissant le temps de digérer ses paroles qui le transperçaient de part en part comme si elles eurent été des flèches de glaces.
-Il se sacrifie pour être à tes cotés, ajouta-t-elle finalement d'une voix chevrotante qui lui coupa le souffle, je n'aurais jamais pu en tolérer autant… Surtout après l'incident des zombies. Comment aurais-tu réagit si le coupable de la profanation des tombes de tes frères, Itama et Kawarama, n'avait même pas été puni ? Moi j'aurais été folle de rage.
Toka renifla, puis hoqueta avant de chasser quelques goutes humides de ses yeux à renfort de clignements successifs. Il était clair qu'elle se retenait de fondre en larme.
Et cela était plus que choquant.
-Il… Il n'est pas comme les gens le décrive, bredouilla-t-elle bien décidée à finir son discourt, je lui ai parlé la dernière fois… Il m'a littéralement dissocié de notre clan en prétendant que ce n'était pas moi qui avait tué sa famille. Comprends-tu ce que cela signifie ? Qu'il ne me voyait pas comme une Senju, mais comme « Toka » et rien de plus. Je ne peux pas m'imaginer un tel homme être le fou sanguinaire que tous prétendent.
Ne sachant que faire face aux sanglots de la femme, Hashirama lui tendit machinalement un papier administratif qu'elle accepta avec reconnaissance avant de s'y moucher.
-Merci, dit-elle d'une voix nasillarde.
-De rien, déglutit-il.
L'insensibilité dont il avait fait preuve devant Madara lui revenait en pleine face. Son ami avait dû le prendre pour un monstre, se dit-il avec un certain détachement impropre à la situation. Les souvenirs de ce soir-là lui revenaient en tête. Il les revoyait, aussi clair que le jour ou il les avait vécu. Il se rappelait avec une incroyable netteté combien le visage de son ami s'était décomposé au fur et à mesure de leur conversation, de la pâleur de sa peau mit en valeur par le sharingan qui tourbillonnait dans ses yeux, de son air révulsé et blessé.
Il réalisa : Il n'avait pas le droit de se sentir trahis, seul Madara le pouvait.
-Je suis un parfait crétin, lâcha-t-il en s'enfonçant les ongles dans le cuir chevelu.
-On le sait déjà, gloussa Toka qui s'épongeait maintenant les yeux avec le papier administratif.
-Vas-tu aller t'excuser alors ? Lui demanda-t-elle.
Il secoua la tête :
-J'aimerais, répondit-il, mais Madara est parti en mission il y à de cela une semaine à la frontière de la terre des Vagues. Il ne reviendra que d'ici quelques jours…
-Oh… Et bien dans ce cas profite-en pour t'entrainer. Cela m'étonnerait qu'il accepte un simple « désolé » de ta part.
-Je sais, grogna Hashirama en jetant un regard par la fenêtre.
Lorsque Madara reviendrait, se promit-il, il l'amènerait dans un restaurant qui cuisinait son plat préféré. C'était la moindre des choses.
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L'escadron qui lui avait été assigné était assez incongru en lui-même.
Qu'elle idée de mettre deux Uchiha, un Inuzuka, un Nara et un Akimichi dans la même équipe avait songé Madara en lisant l'ordre de mission.
Il n'avait pas protesté. Malgré le fait qu'Hashirama soit un idiot, il savait ce qu'il faisait lorsqu'il choisissait les personnes participants à une mission. En particulier lorsqu'il s'agissait d'inspecter les frontières de leur nation, et s'assurer qu'aucun groupe de shinobis étrangers ne les avaient violées.
-Nous avons de la chance d'avoir trouvé un si bon hôte, déclara soudain une voix à sa gauche.
Il se tourna, et ne pu s'empêcher de sourire en voyant Hikaku venir s'assoir à ses cotés sur la terrasse de bois. Avec un soupir de bien-être, l'homme laissa ses jambes se balancer paisiblement sur le bord surélevé de celle-ci.
-Cet endroit est tout simplement merveilleux, ajouta-t-il en fermant les yeux.
Madara hocha la tête : Perdu dans les forêts à la végétation luxuriante de la terre de feu, leur petit groupe avait découvert une maisonnette au centre d'une clairière où une jeune femme, ainsi que son mari et leur fille, vivaient à l'écart de toutes civilisations.
En les voyant surgir d'entres les arbres, fatigués et fourbus du long voyage, ils les avaient invités à passer la soirée et la nuit chez eux en échange de quelques histoires rocambolesques.
La demeure se situant presque à la limite de leur pays, Madara avait accepté l'offre en se disant qu'ils ne risquaient rien de simple civils. Un grand soulagement pour son équipe qui tenait à peine le rythme, après les longs jours de voyage sans pause qu'il leur avait imposé.
Parfois, il oubliait qu'il n'était pas en compagnie d'Hashirama et que peu de personnes avaient les mêmes capacités physiques qu'eux.
-Au fait, dit Hikaku en le sortant de ses pensés, pourquoi êtes-vous venus ? D'habitude vous restez au village pour vous occuper des affaires administratives avec l'Hokage.
Madara laissa délibérément son regard dériver vers la forêt :
-J'avais besoin de prendre l'air, répondit-il évasivement.
L'air convaincu par sa déclaration, le conseillé fredonna joyeusement, et se laissa tomber sur son dos avant de croiser les bras derrière sa nuque.
Il ne mentait pas, ou du moins en partie. Il y avait bel et bien une raison à sa participation à cette mission : Hikaku était sensé y mourir une chose qu'il comptait bien empêcher.
Abattus d'un coup dans la nuque, l'endroit même où il avait ses mains à l'instant l'homme aurait été ramené au village quelques jours plus tard et enterré dans le cimetière ninja, tout juste inauguré de Konoha.
Le visage si blafard qu'il contrastait avec le blanc du linceul où Hikaku reposait, Madara se souvenait avoir fixé son conseillé avec incrédulité. Une sorte d'engourdissement morne lui paralysait aussi bien les membres que ses pensés le laissant dans un état quasi-végétatif dont Hashirama –présent ce jour ci- avait été le seul à pouvoir le tirer.
Il ne voulait plus revivre ça. Jamais. C'est pour cela qu'en observant le visage paisible de son ami, il se jura que celui-ci survivrait et rentrerait à Konoha sain et sauf.
Cette idée en tête, il se laissa lui aussi tomber en arrière sur les dalles de bois.
Hikaku lui jeta un regard déconcerté. Probablement était-il surpris de le voir abandonner sa rigidité pour se relaxer comme une personne normale.
Même les autres ninjas dans la clairière entourant la maison semblaient éberlués : Madara pouvait sentir leurs yeux sur lui.
Fumio Nara, Choki Akimichi et Kotaro Inuzuka étaient leurs noms.
Le premier était un grand homme aux cheveux bruns coupés ras et aux paupières tombantes qui lui donnaient un air perpétuellement ennuyé. Une tige d'une plante quelconque était coincée au coin de ses lèvres. Le second, d'une taille moindre et beaucoup plus bouloté, avait des cheveux roux et abordait un court bouc, tandis que le troisième –le plus jeune d'entre eux- avait des peintures rupestre sur son visage encadré par une masse de cheveux châtain en tout point semblable à la fourrure de son imposant chien berger, allongé en ce moment même sur l'herbe aux cotés de son maitre.
Madara avait très peu interagit avec eux : Les hommes semblaient l'éviter volontairement, que se soit par crainte, ou bien aversion pure et simple.
Peu intéressé par ses coéquipiers le dévisageant comme une bête curieuse, l'ex-leader des Uchiha s'autorisa à fermer les yeux pour aussitôt les rouvrir lorsqu'un petit craquement de latte de bois attira son attention.
Il fut étonné d'y découvrir une fillette aux grands yeux verts, ne devant pas avoir plus de cinq ans, les espionnant depuis le coin du mur.
Elle portait un yukata bleu, bien trop grand pour sa silhouette frêle, tandis que ses cheveux blonds et ébouriffés piquaient dans toutes les directions.
-On dirait que nous avons de la compagnie, gloussa Hikaku la tête incliné vers l'arrière.
Redressé sur ses coudes, Madara planta ses yeux dans ceux de la petite fille, s'attendant à ce qu'elle pousse un cri effrayé, et le fuie comme tous les enfants le faisaient lorsqu'ils croisaient son regard.
Elle n'en fit rien.
A la place, elle éclata d'un rire semblable à un gazouillement et boitilla dans sa direction d'une manière qui rappelait les faons venant de naitre.
Elle lui tomba, littéralement, dans les bras.
Stupéfait, Madara observa l'enfant se cramponner à sa manche tandis qu'elle tendait une main minuscule vers son visage. Or, ce qui le choqua le plus fut son pied nu :
Pétrifié, il se rendit compte avec un pincement au cœur que l'enfant était malformée à ce niveau. En la voyant chanceler maladroitement jusqu'à lui, il avait été déstabilisé par la façon dont elle se déplaçait, comme si elle faisait ses premier pas.
Maintenant il comprenait : La fillette avait un pied-bot, une déformation qui tordait son pied et la forçait à prendre douloureusement appuis sur sa cheville couverte de contusions.
Des halètements choqués retentirent.
-Pauvre enfant, souffla Hikaku.
Les lèvres pincés et le front plissé, il scrutait la malformation d'un œil critique, emplis à la fois d'une pitié et compassion à peine contenue.
Loin de faire attention aux expressions de ses coéquipiers, Madara se pencha en avant pour examiner davantage le pied, mais se vit dans l'impossibilité de poursuivre son examen lorsqu'il sentit tiraillement au niveau du crane.
La petite fille avait profité de cette inclinaison pour se saisir d'une mèche de cheveux qu'elle tirait vers le bas tout en gloussant joyeusement. Une fois qu'elle fut satisfaite de sa position, elle voulut entourer ses bras autours de son cou.
Madara recula brusquement, comme si la touche l'avait brulé.
La fillette gémit et tendit à nouveau les mains vers le haut.
-On dirait qu'elle veut que tu la portes, commenta Hikaku en amenant l'ample manche de sa tunique face à sa bouche dans le but de dissimuler un rictus.
-Porter ? Répéta Madara.
Il n'avait pas pour habitude de s'occuper d'enfant en bas âge. Il avait toujours peur de les blesser dès qu'il s'agissait d'interagir avec eux. Le seul bébé dont il avait prit soin avait été son frère. Depuis, pas un seul enfant ne l'avait approché.
Elle était la première depuis des années.
Envahis par un étrange sentiment de détachement, comme si cette situation n'appartenait pas à sa réalité, Madara passa doucement ses mains sous la petite fille, et s'assit correctement alors qu'il la soulevait dans ses bras, la positionnant aussi confortablement que possible.
Une sensation de familiarité s'imposa en lui, et, pendant un instant, l'image de son jeune frère nourrisson se superposa à celle de la fillette joyeuse. Puis, l'illusion se dissipa aussi vite qu'elle était apparue, le laissant avec une enfant qu'il tenait maladroitement dans ses bras.
Il ne remarqua pas les regards émerveillés que lui jetèrent les shinobis l'entourant. Même la tige que mâchonnait Fumio Nara était gisait désormais à terre, invisible parmi les herbes.
Madara se racla la gorge, tentant vainement de contenir son embarra croissant :
-Curieux, dit-il d'une voix étrangement enrouée, j'aurais pensé qu'à son âge elle parlerait.
En effet : La petite fille n'avait prononcé pour le moment aucun mots. Elle se contentait de pouffer tout en attrapant la crinière qui servait cheveux à son porteur qu'elle ramena par-dessus l'épaule de celui-ci, lui envoyant plusieurs mèches en plein visage.
-Maintenant que vous le dite… Marmonna Hikaku.
Il pencha la tête sur le coté et emprisonna son menton entre son index et pouce il abordait l'expression de celui qui avait affaire à un mystère particulièrement intriguant.
-Shinobis-san, désiriez-vous un peu de… Oh !
La mère de la fillette se tenait face à eux, un plateau de thé fumant entre ses mains dont les jointures étaient si serrées qu'elles faisaient ressortirent les veines bleuâtre de ses mains.
Elle paraissait muette de stupeur.
-Aya ! Glapit-elle finalement en posant son plateau, et en se précipitant vers sa fille, qu'est-ce que je t'ai dis ? De laisser les messieurs tranquilles ! Je suis vraiment navrée, s'excusa la femme en attrapant son enfant, j'espère qu'elle ne vous à pas dérangé !
Elle la ramena ensuite vers elle, mais la fillette gémit et se cramponna fermement aux cheveux de Madara qui poussa un grognement de douleur.
Des ricanements étouffés lui parvinrent.
Indigné, il fusilla du regard ses coéquipiers qui se turent immédiatement.
Une fois assuré que plus personne ne se moquait de lui derrière son dos, il reporta son attention sur la mère qui se confondait en excuses tout en continuant d'essayer de faire lâcher prise à la dénommée Aya.
Il leva une main se voulant apaisante :
-Posez-la, lui intima-t-il, je m'en charge.
La jeune mère lui jeta un coup d'œil effaré mais se conforma tout de même, se trémoussant nerveusement tandis que Madara enlevait doucement les mains de la fillette de sa tignasse. La patience dont il faisait preuve le surpris lui-même.
-Voilà, déclara-t-il en remettant Aya à la femme.
L'enfant gémit de dépit.
-Merci, bégaya la mère.
Elle s'inclina :
-Je suis vraiment désolée, reprit-elle un peu plus calmement, je ne sais pas ce qui lui à prit. Ce doit être vos cheveux, c'est la première fois qu'elle en voit d'aussi longs.
Madara balaya ses excuses d'un mouvement de la main.
-Elle à un pied-bot, déclara-t-il simplement en faisant grimacer son interlocutrice.
Sa prise autours de sa fille se resserra.
-Oui… répondit-elle presque prudemment.
-Pourquoi ne pas l'avoir soigné ?
-Ca se soigne ?!
Ce fut au tour de Madara d'être confondu.
-Bien sûr, dit-il, normalement on utilise des plâtres avec une attèle pour redresser le pied. Malheureusement votre fille est trop vieille pour ça, mais (il enchaina avant de la mère affligée puisse l'interrompre) il se trouve que le ninjutsu médicale puisse arranger cela. Une chance que nous avons un médecin dans notre équipe n'est-ce pas ?
Il se tourna vers l'Akimichi à sa droite :
-Tu la soigneras ce soir, déclara-il d'un ton qui n'admettait aucune répliques.
-Je… Je ne sais pas traiter ce genre de chose, lui avoua timidement l'homme.
-Je t'expliquerai. Le processus n'est ni difficile ou dangereux.
Le ninja hocha machinalement la tête.
La mère de l'enfant prit alors une inspiration hachée, dévisageant Madara comme s'il était l'incarnation vivante d'une divinité. Seul une infinie reconnaissance brillait dans ses yeux aqueux.
-Merci, souffla-t-elle en laissant échapper un rire étranglé, merci mille-fois !
Après un dernier regard dans leur direction, elle tourna les talons, Aya toujours dans ses bras, et s'empressa de disparaitre au coin du mur tout en criant le nom de son mari.
Il eut ensuite un silence assourdissant qui laissa le temps à Madara de cogiter sur ce qu'il venait de faire. Aujourd'hui, il semblait qu'il se sente d'humeur généreuse.
Auparavant, dans son ancienne vie, il n'aurait jamais ne serait-ce songer à aider la fillette… Ou du moins il le pensait : En la prenant dans ses bras, une curieuse émotion lui avait retourné tripes et boyaux. Il lui avait fallut plusieurs dizaine de secondes pour réaliser qu'il était attendri.
Silencieux comme une tombe, il rumina un instant sur ces pensés jusqu'à qu'un raclement de gorge ne lui fasse lever la tête.
L'air intimidé, Kotaro Inuzuka se recroquevilla sur lui-même.
-C'est étrange que vous sachiez comment soigner la maladie de la petite, débita-t-il soudain d'une voix suraigüe.
C'était la première fois qu'il s'adressait directement à lui. Il paraissait d'ailleurs le regretter à voir son regard fuyant.
-Bien sûr, fanfaronna soudainement Hikaku en prenant la parole, Madara-sama est un puits de sagesse. Il est évident qu'il sache ce genre de choses et plus encore !
Kotaro parut impressionné.
Madara quant-à lui ne savait pas comment réagir à cet engouement qu'avait son conseillé pour sa personne. Ayant vécu presque pendant un siècle, il était logique qu'il ait apprit quelques petites choses durant ces longues et redondantes années.
Ignorant quoi dire, il préféra se concentrer sur un couple d'oiseaux perchés sur une branche.
-Oooh ? Sait-il tant de chose que ça ? Intervint Fumio Nara à la surprise générale.
Il s'exprimait d'une voix trainante dont les syllabes de ses phrases s'allongeaient considérablement au fur et à mesure qu'il parlait. Une étincelle de ce que Madara identifia comme de l'intérêt s'alluma dans ses yeux.
-Si je te posais une énigme… Voudrais-tu essayer de la résoudre ?
Tous retinrent leur souffle. L'ancien meneur des Uchiha se détourna paresseusement des oiseaux pour se concentrer sur le Nara qui ne tressaillit même pas.
Est-ce du défi que lui proposait l'homme ? Il se réjouit intérieurement : Jamais il n'avait refusé une provocation de ses vies, et il ne comptait pas commencer maintenant. De plus, cela tromperait son ennui.
-Pourquoi pas, susurra-t-il en laissant un sourire mauvais venir étirer ses lèvres, cela me parait amusant.
Loin d'être effrayé comme ses deux autres coéquipiers, le Nara hocha la tête :
- Si on me laisse je ravage et si on me donne à boire je meurs. Qui suis-je ? Déclara-t-il.
-Le feu, répondit aussitôt Madara en surprenant ses camarades.
-Eh ben, lâcha l'Akimichi, c'était encore plus rapide qu'un de mes repas.
-Tu connaissais la réponse, l'accusa le Fumio Nara en oubliant momentanément à qui il s'adressait.
-Pas du tout, répliqua Madara, ton énigme était juste d'une simplicité enfantine.
Son interlocuteur parut outré :
-Dans ce cas essaye de résoudre celle-ci ! Parfois je suis fort, parfois je suis faible. Je connais toutes les langues sans jamais les avoir apprises. Qui suis-je ?
-L'écho.
Le ninja fronça les sourcils, clairement frustré.
-Dans ce cas voyons voir si tu peux deviner pour celle-ci…
Plusieurs minutes plus tard, le Nara puisait toujours dans son esprit, cherchant et créant des devinettes, aussi difficiles qu'excentrique les unes que les autres, qu'il soumettait à Madara qui les résolvait avec une facilité déconcertante sous les regards médusés de son assemblé.
L'ex-meneur du clan Uchiha n'avait pu contenir un sourire amusé lorsqu'au bout d'un moment, son adversaire avait finit par craquer et s'était déclaré vaincu.
Il avait parfaitement conscience que pour l'homme, ce petit jeu était une manière de tester son intelligence pour savoir s'il était plus malin qu'un Nara moyen, le clan réputé pour avoir, soi-disant, le meilleurs Q.I du village.
Ce que le ninja ne savait pas en revanche, était que Madara avait vécu de très nombreuses années et avait eut largement le temps de développer son esprit, le rendant encore plus brillant qu'il ne l'était à l'origine.
L'expérience d'un vieil érudit dans un corps de jeune homme pouvait faire des miracles.
-C'était… Waouh ! S'exclama alors Kotaro Inuzuka.
A l'instant, ses cheveux ébouriffés et ses grands yeux ronds comme des soucoupes lui donnait l'air d'un hibou. Etant le plus le plus jeune de leur groupe, (il ne devait pas avoir plus de 20 ans) il était également le plus impressionnable.
-Vous résolvez les énigmes tellement vite ! Reprit-il avec enthousiasme, je n'aurais jamais pensé que quelqu'un puisse avoir l'esprit aussi vif !
-Madara-sama à toujours été doté d'une grande intelligence, déclara Hikaku d'un ton entendu.
Fumio Nara grogna, et Choki Akimichi se moqua ouvertement de lui.
L'ambiance dans la clairière avait radicalement changé, passant d'inconfortable à chaleureuse. Il semblait que le petit jeu auquel Madara avait participé avait fait changer l'opinons de ses coéquipiers à son sujet.
Ce n'était pas le seul changement d'ailleurs : Hikaku lui-même paraissait soudain moins réservé. Il discutait actuellement avec le jeune Inuzuka, riant à gorge déployé lorsque celui-ci disait quelque chose de drôle.
Etrangement satisfait, il quitta la terrasse pour la fraicheur de l'herbe dans laquelle il s'allongea avec l'intention d'observer les premières étoiles poindre dans le ciel crépusculaire. Pour une fois, il se sentait apaisé.
Pourtant, le Nara n'en avait pas encore finit avec lui : Enhardit par sa découverte concernant la supposé gentillesse de l'Uchiha il paraissait bien décidé à voir jusqu'à ou la tolérance et patience de celui-ci pouvait aller :
-Au fait… Commença-t-il en apparaissant au-dessus de lui, je me suis toujours demandé… Pourquoi avez-vous les cheveux aussi longs ? Ce n'est pas gênant pendant les combats ?
-Fumio ! Siffla Choki Akimichi d'un air affolé.
Madara jeta un regard paresseux à l'homme depuis son unique paupière visible.
-Ces raisons ne concernent que Madara-sama, intervint Hikaku en s'immisçant dan la conversation, de plus il n'est pas le seul : L'Hokage et bien d'autres ont de longs cheveux.
-Certes, répliqua le Nara, mais tous n'ont pas… Ca.
Il leva ses mains de chaque coté de sa tête et mina l'épaisseur de la crinière de Madara, le tout en abordant un sourire railleur.
Désormais, Hikaku paraissait absolument scandalisé, tandis que le les deux derniers shinobis dans son dos s'étaient raidis, se demandant probablement si leur ami Nara n'avait pas poussé sa chance un peu trop.
Loin de se sentir offensé, Madara se redressa avant d'épousseter sa longue tunique mauve à col haut. Ensuite, il renifla dédaigneusement :
-J'ai mes raisons, déclara-t-il, en voilà une question indiscrète… Bien que je puisse comprendre que tu m'envies, Mr le Chauve.
Il jeta un regard appuyé au crane quasi-rasé du ninja.
Tous les yeux se focalisèrent sur la Nara qui avait l'air de s'être fait giflé, puis, un éclat de rire hystérique les prit tous au dépourvus :
Tellement plié en deux qu'il en était tombé à terre, Kotaro Inuzuka se roulait au sol sous le regard préoccupé de son chien qui paraissait se demander si son maitre n'était pas devenu fou.
-Mon dieu ! Hoquetait-il des larmes perlant de ses yeux, je ne m'y attendais tellement pas !
Le jeune homme tenta de retenir ses gloussements en se serrant le ventre, mais repartis aussitôt dans une crise de fou rire après avoir jeter un coup d'œil au visage du Nara.
Aussi bizarre que cela puisse paraitre, cette hilarité sembla gagner le reste de la clairière : L'Akimichi laissa échapper quelques pouffement tandis qu'Hikaku mettait pudiquement sa large manche devant sa bouche pour cacher son sourire bien que ses yeux rieurs ne le trahissent. Même Fumio Nara avait fini par se laisser aller.
Avec un sourire d'auto-contentement, Madara se releva au moment même ou la mère d'Aya réapparaissait à l'angle du mur de sa maison.
-Le diner est prêt ! S'écria-t-elle.
Une fois calmés, les ninjas hochèrent la tête et lui emboitèrent lorsqu'elle fit demi-tour.
-Mon chien peut venir ? S'enquit soudain Kotaro en s'adressant à Madara qui fronça les sourcils.
-Je ne suis pas le maitre du logis, répondit-il, ce n'est pas à moi qu'il faut demander.
-Il peut, ne t'inquiète pas, déclara alors leur hôtesse, du temps qu'il est sage.
-Pas de problème de ce coté dans ce cas : Aomaru est une crème.
L'animal aboya joyeusement comme pour approuver les paroles de son maitre, et les shinobis entrèrent dans la maison de bois.
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oOo
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Le repas se passa dans un calme relatif.
Tous assis autours d'une table basse, les ninjas avait enfin pu rencontrer le mari de la mère d'Aya : Un grand gars baraqué aux yeux vif et au visage tanné par le travail des champs qui les accueilli chaleureusement.
Les discutions se portèrent autours de leur travail respectif et d'Aya qui serait bientôt guérie une information qui semblait rendre les parents tout à fait euphoriques.
-Nous avons en partie choisis de quitter le village à cause de sa condition, avait dit la mère, nos voisins et les autres enfants étaient très peu tolérant envers son handicap.
Comme pour approuver ses paroles, la petite fille avait gloussé ce qui avait rappelé à Madara une question qu'il voulait poser :
-Pourquoi ne parle-t-elle pas ? S'enquit-il poliment en posant ses baguettes.
Au son de sa voix, Aya laissa échapper un cri joyeux et tendit ses mains vers lui.
-Elle parle rarement, répondit le père en attrapant le col de sa fille qui tentait de quitter sa place, nous pensons que c'est peut-être à cause de la manière dont la traitait les marmots du village…
Il se tût un instant, observant Aya tenter de rejoindre Madara qui demeurait imperturbable.
-Dites-donc vous lui avez fait quoi ? Ajouta-t-il après un moment, elle parait fichtrement vous apprécier !
L'ex-meneur haussa les épaules.
-Il commence à se faire tard, dit-il, je pense que nous pourrions nous occuper du pied de votre fille.
A cette mention, la mère se leva d'un bond et arracha Aya à l'étreinte de son mari pour aussitôt la pousser dans la poitrine du ninja.
-Faite ! S'exclama-t-elle fébrilement alors que l'enfant hurlait de joie, faites donc je vous en prie !
Elle ignora totalement le regard effaré de Madara qui luttait pour ne pas laisser tomber la petite fille qui essayait de grimper sur lui, tel un petit singe agile, tout en empoignant ses cheveux.
Raide comme un piquet, il attendit que Choki Akimichi, le médic-nin de leur équipe, ne se lève avant d'aller s'installer un petit peu plus loin, sur un tapis sur lequel il parvint à coucher Aya de manière à ce que son compagnon puisse examiner son pied.
Très vite, les autres shinobis les entourèrent tandis que les parents se contentaient de les observer depuis la table.
-Tu vas la masser, déclara-t-il en remarquant le regard perdu du médic-nin, tu le feras en y appliquant du chakra au niveau de ses tendons et muscles jusqu'à les remodeler pour leur donner une forme convenable.
-C'est tout ? S'étonna l'homme.
-C'est tout, confirma-t-il.
Le ninja eut soudain l'air soulagé, puis il baissa la tête avant de se mettre au travail. Une lueur verte chatoyante apparue alors au bout de ses doigts, fascinant Aya qui cessa immédiatement de tirer les mèches de Madara pour scruter le phénomène avec intérêt.
Si l'opération n'était pas douloureuse en elle-même, elle pouvait quand même provoquer quelques crampes inconfortables qui, à chaque fois qu'elles se manifestaient, forçait Madara à poser ses mains sous les épaules d'Aya (dont la tête était positionnée sur ses jambes) dans le but de la rassurer et l'empêcher de se trémousser.
Parfois, il envoyait aussi des coups d'œil réconfortant en direction des parents qui se tendaient à chaque fois que leur enfant pleurnichait il évitait également de croiser les regards de ses coéquipiers.
Ce ne fut qu'environs deux heures plus tard que le chakra de Choki Akimichi tremblota un instant avant de totalement disparaitre, laissant le shinobis fourbu se passer une main sur son front.
-Finit, déclara-t-il avec fierté.
Devant lui, un pied d'enfant normal pouvait être vu. Le pied-bot qui ruinait et compliquait la vie d'Aya n'était désormais plus qu'un mauvais souvenir pour la fillette qui s'était, à un moment donné, endormie durant l'opération.
-Bien joué, le félicita Madara en posant tout doucement la tête de l'enfant au sol.
Il s'écarta ensuite, laissant les parents s'approcher pour contempler leur œuvre.
-Mon dieu ! Hoquetèrent-t-ils en cœur lorsqu'ils virent le pied neuf de leur fille.
L'émotion semblait trop forte pour la mère qui fondit en larme :
-Merci, sanglota-t-elle, grâce à vous elle pourra avoir une vie normale. Plus jamais les autres enfants ne se moqueront d'elle !
Son mari l'enlaça.
-Vous nous avez fait un beau cadeau, murmura-t-il avec reconnaissance.
-Ce n'était rien, gloussa Choki Akimichi dont les joues rebondies avaient prit une intéressante teinte pourpre.
-C'est loin d'être « rien », le contredit la femme en venant ramasser Aya.
Elle leur fit un sourire radieux :
-Laisser moi vous remercier en faisant en sorte que votre nuit soit aussi confortable que possible !
-Ce ne serait pas de refus ça, déclara Fumio Nara, visiblement enthousiaste à l'idée de dormir.
La femme hocha la tête avant de faire volte-face. Son maris sembla hésiter à un instant à la suivre ou non, mais choisi finalement le lui emboiter le pas après avoir envoyé un dernier regard emplis de gratitude en direction des shinobis.
Une dizaine de minutes plus tard, les cinq ninjas se couchait confortablement sur le tapis, des cousins et des couvertures en guises de lits de fortunes. Hikaku avait insisté pour que Madara prenne le canapé, mais l'homme avait refusé, laissant ce privilège au plus jeune de leur groupe qui lui-même avait décliné l'offre en prétendant vouloir dormir avec son chien.
A la fin, c'était Fumio Nara qui s'était installé dessus pour aussitôt se mettre à ronfler, à peine sa tête avait-elle touché le cousin.
-Bonne nuit, Madara-sama, murmura faiblement Hikaku en s'enroulant dans ses couvertures.
-Bonne nuit, répéta Madara en faisant de même.
Et, encore une fois, comme toutes les autres nuits depuis qu'il était revenu à cette époque, il plongea dans un demi-sommeil peuplé de rêves éveillés le forçant à voir le visage agonisant des personnes qu'il avait tué dans sa propre ligne de temps.
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oOo
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Le lendemain, les ninjas firent leurs adieux à la famille.
-Merci de votre accueil chaleureux, déclara Madara vêtu de son armure rouge et son gumbai dans son dos.
Leur hôte secoua la tête :
-Merci à vous plutôt, dit-il, sans vous Aya serait toujours le petit canard boiteux que nous avons connus.
-A ce propos… Commença la mère avant de baisser les yeux sur sa fille qui les épiait depuis ses jupes. –Aya chérie… Tu n'avais pas quelque chose à dire au monsieur ?
L'enfant fit la moue, mais consentit tout de même à lâcher le tissu. Tout doucement, elle se dirigea lentement vers Madara avant de s'arrêter devant lui et de le lever de grands yeux remplis d'adoration vers lui.
-Merci ! Gazouilla-t-elle.
Figé, il la fixa un moment sans savoir quoi dire. Or, Aya rejoignait déjà à nouveau sa mère, marchant d'un pas assuré si différent des chancèlements de faons que tous avaient pu voir hier. Aussi étrange que cela paraisse, le simple mot qu'avait prononcé la fillette lui avait réchauffé le cœur.
La gorge noué par l'émotion, il se contenta d'hocher sèchement la tête tout en veillant à garder une expression aussi fermé que possible. Ensuite, il fit signe à son équipe dans son dos, et ceux-ci bondirent avec lui dans les arbres environnant de la forêt, reprenant la route qui les mèneraient à la frontière de leur pays.
Et alors qu'ils sautaient de branches en branches, Madara saisi une bribe de conversation entre Choki et Kotaro qui lui fit crisper les épaules :
-On dirait bien que le grand Uchiha Madara à un coté fleur bleu, déclara le premier.
-Heureusement, souffla le deuxième, j'avais tellement peur de faire une mission avec lui… Je suis soulagé qu'il ne soit comme les rumeurs le prétendent…
Le reste de la discutions se perdit dans le vent qui sifflait dans ses oreilles, le laissant abasourdit et gêné à la fois.
Il n'aurait jamais pensé qu'aider une fillette dont il avait eut pitié changerait à ce point l'opinion qu'avait ses coéquipier de lui. Mais, ce qui le surprenait le pli dans toute cette histoire était que l'enfant ne semblait pas avoir été une seconde effrayé par son regard sombre et expression stoïque.
Peut-être, songea-t-il distraitement en évitant de piétiner un nid d'oiseau sur son chemin, qu'elle, grâce à un quelconque sixième sens, sentait qu'il était incomplet et mutilé intérieurement de la même manière qu'elle l'avait été extérieurement. Si c'était le cas, alors ce ne serait pas lui qui aurait prit en pitié la fillette, mais bel et bien l'inverse s'il y réfléchissait attentivement.
Il soupira au même moment ou Kotaro, à califourchon son chien, le dépassait avec un cri de ravissement. Un simple coup d'œil sévère suffit à le calmer et lui faire reprendre position derrière lui.
Madara pouvait comprendre qu'il se sente grisé par la vitesse, quelque chose de normal pour son âge, mais cela ne signifiait pas qu'il devait rompre la formation. Légèrement agacé, il se fit une note mentale pour ne pas oublier de surveiller attentivement le jeune garçon un peu trop débordant d'énergie à son gout.
Ils continuèrent ainsi pendant environs une heure et, lorsqu'ils parvinrent enfin à la frontière de la terre de feu, une bruine glaçante se mit à tomber au même moment ou le brouillard se levait.
Si les deux membres du clan Uchiha n'avaient aucunes difficultés à évoluer à travers celle-ci grâce à leur sharingan, il n'en était pas de même pour les trois autres shinobis qui peinaient à suivre le rythme.
-Nous y sommes, déclara alors Madara une fois qu'ils eurent atterris sur un ban de sable.
D'où il était, il pouvait entendre le roulement des vagues de la mer, présente plusieurs mètres devant eux bien qu'elle soit invisible à cause des buttes auxquelles ils faisaient face.
-Est-ce que c'est la mer ? Murmura Kotaro en venant se percher sur un des monticules sablonneux.
Son chien le suivit, sa queue battant l'air si rapidement qu'elle en devenait floue. Il aboya, tout aussi enchanté que son maitre.
-Descend ! Le réprimanda immédiatement Madara, nous sommes en mission ! Le danger pourrait surgir à tout moment.
Penaud, le jeune homme s'exécuta et revint à leur coté pour laisser échapper un glapissement de douleur lorsqu'Hikaku se permit de le frapper à l'arrière du crane.
-Je trouve que tu prends un peu trop tes aises autours de Madara-sama, gronda-t-il.
Le jeune grommela une vague réponse et se frotta la zone blessé toute en jetant des regards de reproche à l'homme qui ne les remarqua même pas, trop occupé à scruter la brume qui s'était épaissie.
La bruine elle-même s'était intensifiée, se changeant en un rideau de pluie qui les trempa très vite de la tête au pied, et alourdit leurs vêtements.
-Au fait… S'enquit Fumio Nara, que faisons nous ?
-Nous patrouillons, répondit Madara en écartant une mèche humide de son visage.
Avec un gémissement intérieur, il pria pour ne pas que le poids de ses cheveux mouillés ne l'indispose pas autant qu'il avait l'impression qu'ils le feraient d'ici quelques minutes.
-Certes, mais dans ce cas ne serait-ce pas mieux de se séparer ? reprit Fumio, ainsi nous couvrirons plus de terrain.
-Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, le coupa Choki.
-En effet, grimaça Madara, ce serait particulièrement stupide…
Il savait qu'il se passerait quelque chose durant cette mission : Hikaku y mourrait après tout.
Pour le moment, la seule chose qu'il savait était qu'ils tomberaient dans une embuscade d'ici peu, et qu'il se devait d'être prudent.
Il se tourna vers son équipe :
-Suivez-moi, leur ordonna-t-il.
A pas de loups, ils longèrent la plage tout en faisant attention au moindre détail qui pourrait sortir de l'ordinaire. Sans qu'il ne sache pourquoi, un mauvais pressentiment assailli soudain Madara qui ralentit considérablement son rythme pour se mettre à scruter soigneusement chaque buttes ou touffes d'herbes qui lui paraissaient suspectes.
Plus ils progressaient sur le rivage, plus le sentiment d'inconfort qu'éprouvait Madara s'épaississait de la même manière que le brouillard les enveloppant. Doucement mais surement, son sang commença à battre à ses oreilles, lui faisant comprendre que très bientôt, des cris de batailles retentiraient sur la plage et le sang éclabousserait le sable blanc déjà humide.
Soudain, il aperçut quelques chose bouger un peu plus loin à l'endroit même où Aomaru, le chien de Kotaro, gambadait joyeusement sans se douter du danger qui le guettait.
-Merde, siffla-t-il en sentant ses yeux s'écarquiller, merde, répéta-t-il estomaqué en comprenant enfin ce qui était sur le point de se produire.
-Madara-sama ? Commença Hikaku d'un air interrogateur, qu'est-ce qui-
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase dans un craquement macabre, le sol s'affaissa si subitement que ses yeux pourtant revêtu du sharingan peinèrent à voir. Un cratère d'où le sable dégringolait en masse se forma et une forme sombre gigantesque en surgit pour emprisonner le chien impuissant entre deux mandibules dentelées.
En une fraction de seconde, Aomaru se voyait emporté sous terre avec un jappement de terreur qui résonna longtemps aux oreilles de Madara, autant que le hurlement d'horreur doublé rage de Kotaro.
-Aomaru ! Rugit le jeune homme, ivre de douleur, en s'élançant vers le trou où son chien et la créature avaient disparus.
Madara lui barra la route, le retenant à deux mains tandis que le shinobis se débâtait comme un beau diable. Fumio et Choki virent lui porter assistance, luttant aussi bien contre leur coéquipier que contre les bourrasques qui s'étaient mises à souffler violement.
-Kotaro ! Reprend-toi ! S'écria le Nara à travers le mugissement du vent.
-Non ! Aomaru ! On peut encore le sauver !
-C'est terminé Kotaro. On ne peut plus rien faire pour lui.
-NON !
Avec l'énergie du désespoir, le jeune ninja colla son coude en plein visage de Choki qui lâcha prise, permettant à l'adolescent de bondir en avant et disparaitre dans la brume, à la recherche de son chien décédé.
Les plus vieux shinobis auraient pu aisément le rattraper. En un clin d'œil, Madara ou Hikaku l'auraient saisi par le col avant de lui remettre les idées en place à l'aide d'une sévère correction. Ils auraient alors reprit leur formations initiales, prêt à affronter le danger.
Mais ce ne fut jamais le cas : A peine Kotaro s'était-il évaporé dans la nature qu'un glissement de terrain semblable au premier se produisait sous leurs pieds et les entrainait vers le bas où, déjà, deux mandibules, tout aussi monstrueuses que les premières, surgissait du sable.
D'un même mouvement (issu d'un reflexe acquis lors de leur entrainement ninja) tout quatre sautèrent de part en part du monstre, se séparant en groupe de deux sans le vouloir, ou réalisant même que cela aurait pu être la stratégie de leur ennemis.
Les deux Uchiha atterrirent sur un des monticules de sables qui, lui aussi, fut réduit en poussière lorsqu'une énième créature attaqua.
-Bon sang, jura Hikaku lorsqu'ils eurent trouvé un terrain stable, nous avons été séparés !
-Ce sont des invocations, gronda Madara en observant les monstres s'ébattre dans le sable. –Je n'en suis pas sûr mais je crois que ce sont des fourmilions, dit-il.
Des mandibules claquantes, le haut d'un corps squelettique cachant probablement un abdomen gonflé tout aussi hideux et jaunâtre que son thorax ces insectes étaient de véritables abominations.
-Qui bien pourrait invoquer autant de ses choses ? Frissonna son ex-conseillé.
-Je n'en sais rien, murmura-t-il, mais je compte bien le trouver et lui faire payer…
Il chercha du regard le reste de ses coéquipiers, se reprochant mentalement de ne pas avoir su anticiper l'attaque. Des années à s'être battus en solitaire l'avait rendu maladroit lorsqu'il s'agissait de gérer une équipe et assurer sa sécurité.
Malheureusement, même avec le sharingan, les intempéries réduisaient tant son champ de vision qu'il n'aperçut rien qui ne puisse lui signaler l'emplacement de Fumio ou Choki. Seules des voutures de brume s'enroulaient langoureusement autours de ses jambes lorsque que soudain, les sons des crissements des fourmilions et du vent diminuèrent progressivement pour ne laisser place qu'à un silence de mauvais-augure.
Madara se raidit et la même sensation de malaise qu'il avait éprouvé précédemment lui revint de plein fouet, le crochetant par le nombril de manière à ce qu'il ait la boule au ventre. Il avait l'impression que quelqu'un jouait délibérément avec ses nerfs, les tendant comme les cordes d'un violon, et le rendant encore plus fébrile qu'il ne l'était déjà.
Frustré, il se retourna avec l'intention de demander à Hikaku s'il avait plus de succès lui dans ses recherches, mais s'interrompit aussitôt lorsque trois silhouettes surgirent sans prévenir derrière son ami.
Il réagit au quart de tour : Il écarta son coéquipier du chemin, lui épargnant une mort certaine, et lança trois kunais qui fendirent l'air en un sifflement funèbre.
Si l'un d'eux atteignit sa cible en pleine tête, les deux autres se virent déviés par de courtes lames.
Sans un seul regard pour leur compagnon tombé au combat, les deux ennemis virent se réceptionner à quelque mètres eux, leurs armes levées au niveau de leur visage et leurs genoux pliés.
Ces hommes, qui qu'ils soient, portaient des tenues noires ne révélant aucune parcelles de peau et avaient enroulés ce qui semblaient être des écharpes, rouge pour l'un, verte pour l'autre, tout autours de leur visage, ne laissant apercevoir que leurs yeux.
-Madara-sama, murmura Hikaku avec incrédulité, vous m'avez sauvé ?
Madara ne lui répondit pas. A la place, il se focalisa sur leurs attaquants qui ne faisaient aucun mouvement. L'un d'eux remarqua-t-il, paraissait s'être détendu tandis qu'un éclair de reconnaissance venait faire briller ses yeux.
C'était presque comme s'il savait qui ils étaient.
-Qui êtes-vous ? Murmura-t-il dangereusement.
Un des ninjas frissonna : Même si Madara n'avait pas hurlé, son ton impérieux avait tendance à grandement intimider ses ennemis.
-Tu ne me reconnais pas ?
La voix râpeuse qu'avait le second shinobi le prit légèrement au dépourvus.
-Pardon ? Grogna-t-il en plissant les yeux, comment serais-je supposer te connaitre en premier lieu ?
-Et bien ça alors… Ricana l'homme en laissant complètement tomber sa garde pour se redresser complètement, me voilà bien embarrassé ! Tu me brises le cœur, Uchiha Madara.
Un hoquet de stupeur échappa au deuxième ennemis à l'entente du nom, tandis qu'aux cotés de Madara, Hikaku bandait ses muscles, prêt à passer à l'attaque d'une seconde à l'autre.
L'ex meneur des Uchiha l'en empêcha d'un simple claquement de langue : Il était curieux désormais. Qui pouvait bien être cet individu qui prétendait le connaitre ?
-Eclaire ma lanterne dans ce cas, dit-il calmement bien que ses yeux racontaient une tout autre histoire.
Il ne souhaitait rien de plus que lui enfoncer son gumbai dans le crane l'homme avait failli tuer Hikaku après tout, cela ne serait que justice.
Le ninja renifla pendant que son camarade se trémoussait, semblant déchirer entre le désir de fuir et celui de rester avec son coéquipier. Au final, il ne trancha pas et resta immobile, tremblant comme une feuille.
-Très bien, déclara-t-il, voyons voir si tu te souviens de mon visage alors.
Ignorant les protestations de son compagnon d'arme, le ninja accrocha deux doigts sous le bord de son écharpe avant de la tirer vers le bas, secouant sa tête pour s'en extirper du mieux qu'il pouvait.
-Et maintenant ? S'enquit-il avec un rictus moqueur, sais-tu qui je suis ?
Une vague de colère parcourue de part en part Madara qui ne pu réprimer un grondement sourd.
-Toi ! Cracha-t-il en ne dissimulant même pas une grimace de dégout.
Face à lui, le garde du Mizukage, celui-même qui l'avait importuné durant le sommet des Kages, se tenait devant lui, abordant un sourire tordu qui s'accentua jusqu'à lui donner un air maniaque.
-Moi, confirma-t-il avant de reprendre :
-Tu étais la dernière personne que m'attendait à croiser ici, lui dit-il comme s'il lui confiait un secret. -C'est drôlement bête, poursuivit-il, je ne voulais vraiment ne pas avoir à te tuer… Mais enfin, comme on le dit souvent on n'obtient pas toujours ce qu'on veut dans la vie… Et cette fois, ton Hokage ne sera pas là pour te sauver la mise.
L'éclat joyeux de ses yeux prit alors une teinte ombrageuse :
-N'y voyez rien de personnel, déclara-t-il sombrement, mais je dois vous tuer.
