Corrigé - février 2016


Chapitre VI

Bonne nouvelle…et mauvaise nouvelle

Novembre

Dix jours déjà. Dix jours qu'Andromeda était à l'infirmerie, inconsciente. A ses côtés, Ted Tonks commençait sérieusement à se demander si sa petite amie allait se réveiller un jour. Qui avait bien pu faire ça ? C'était la question qui torturait l'esprit de Ted. Andromeda était douce, belle, gentille (et il ne disait pas ça parce que c'était sa petite amie, enfin pas seulement), elle était préfète-en-chef et en plus c'était une Black. Alors, par Merlin, qui l'avait attaqué ? Bien sûr, Andromeda ne s'entendait pas du tout avec sa sœur aînée, mais elle n'était plus à Poudlard – Rowena soit louée. Elle avait quelques différends avec sa petite sœur aussi, mais jamais Narcissa ne s'en serait pris à elle ainsi. Ted pensait bien à quelqu'un mais c'était impossible, il n'était quand même pas assez stupide... Lucius Malefoy était un idiot, mais quand même pas à ce point... Enfin, de toute manière, la seule façon de savoir était d'attendre le réveil de la belle. Ted se demanda quand il oserait demander sa main à sa dulcinée. Pas avant la fin de l'année en tout cas. Tant qu'Andromeda vivait chez ses parents, il ne pouvait pas se le permettre. Ils ne l'accepteraient jamais, il était un né-Moldu...

- Ted ?

Ted mit du temps avant de sortir de ses pensées et de comprendre qui lui parlait :

- Meda ? Tu es réveillée ? Comment tu te sens ?

- J'ai connu mieux, répondit Andromeda d'une voix faible.

- Je vais chercher Mrs. Pomfresh !

- D'accord...

~...~

- Pff.

- Sirius arrête de soupirer ! Je sais que tu t'inquiètes à propos de ta cousine, mais quand même, c'est au moins la septième fois que tu soupires depuis qu'on est descendus ! s'exclama James.

- Désolé, mais ça fait déjà dix jours. Et puis Remus qui est encore allé voir sa mère…

- Je sais mais...

Ils furent interrompus par des cris de joie venant de la table des Serdaigle. Toute l'équipe de Quidditch et les septième année s'étaient levés et sortaient de la Grand Salle à toute vitesse avec de grands sourires aux lèvres.

- Qu'est-ce qu'ils ont à votre avis ? demanda Peter.

- J'en sais rien. Peut-être que…

- Bonjour Sirius.

- Ah, bonjour Ted.

Ted arborait un grand sourire.

- Comment vas-tu ?

- Bien, et toi ?

- Ça va. Je voulais te dire…

- Oui ?

- Andromeda est réveillée.

- C'est vrai ? s'écria le jeune Black.

- Oui.

- Trop cool !

Et il sortit de la Grande Salle en courant pour aller voir sa cousine à l'infirmerie.

- On devrait peut-être le suivre, proposa Peter.

- Peut-être, oui, répondit James.

Les deux garçons saluèrent Ted avant de courir à la poursuite de leur ami. Ted les observa, son sourire ne quittant pas ses lèvres, puis se tourna vers la table des Serpentard. Il repéra très vite la blonde qu'il cherchait. « Quand faut y aller, faut y aller », pensa-t-il avant de se diriger vers la dite table.

/

- Bonjour Narcissa.

Narcissa, debout, le regarda de haut et ne lui répondit pas.

- Qu'est-ce que tu fais là, le Sang-de-Bourbe ? interrogea une voix glaciale derrière lui.

Ted ne prit pas la peine de se retourner, ni même de répondre.

- Qu'est-ce que tu veux Tonks ? demanda froidement Narcissa Black, sans adresser un regard à Lucius Malefoy.

- Oh, je voulais juste te tenir au courant, au cas où ça t'intéresserait…

- Quoi ?

- Ta sœur est réveillée, Madame Pomfresh a dit qu'elle n'aurait pas de séquelles.

Narcissa resta muette mais une lueur de soulagement passa dans ses yeux.

- C'est tout, alors j'y vais.

Sans adresser un regard de plus à Black et Malefoy, Ted sortit de la Grande Salle et se dirigea, lui aussi, vers l'infirmerie.

/

Narcissa s'apprêtait à sortir de la Grande Salle à son tour pour rejoindre le cours de métamorphose qui allait bientôt commencer.

- Tu vois, tout s'arrange, lui dit Lucius.

Elle l'ignora.

- Elle va bien ta sœur, plus la peine de t'inquiéter.

Elle l'ignora encore.

- Ça n'était rien au final.

- Pardon ?

Cette fois, Narcissa laissa sortir la colère qu'elle avait assimilée durant les dix derniers jours.

- Quoi ? s'étonna Lucius.

- Comment ça « ça n'était rien » ? Elle a quand même passé dix jours dans le coma.

- Je voulais dire qu'elle va bien maintenant. Tout va bien.

- Non, tout ne va pas bien Lucius.

Elle s'approcha de lui et lui murmura à l'oreille :

- Je sais que c'est toi qui as fait ça. Tu auras beau me donner tous les alibis du monde, moi je sais que c'est toi.

Puis, elle s'éloigna et le regarda droit dans les yeux, d'un de ces regards à la Black qui vous donnent la chair de poule.

- Ne t'approche plus de moi. Ni de ma sœur. Sinon, je te dénonce.

Et c'est sur cette déclaration que la benjamine des sœurs Black sortit de la Grande Salle, avec dignité, pour se rendre en cours de Métamorphose.

~...~

Allongé dans un lit d'infirmerie entouré de rideaux blanc, Remus Lupin se demandait si ses amis savaient qu'il était revenu et qu'en plus, il était à l'infirmerie. Il leur avait raconté une sombre histoire à propos de sa mère qui était malade et que, comme son père était souvent en voyage pour son travail, il devait revenir à la maison environ une fois par mois pour s'occuper d'elle. Mais ses amis étaient loin d'être stupides. Ils finiraient bien par s'en rendre compte… Remus fut sorti de ses pensées par un brouhaha soudain qui envahissait l'infirmerie. Comme si Poudlard tout entier venait assister à un match de Quidditch. Au beau milieu de tout ça, Poppy Pomfresh, l'infirmière – que Remus aimait bien – essayait de se faire entendre.

- Voyons, s'il vous plait, il ne peut pas y avoir autant de monde à l'infirmerie. Miss Black doit se reposer. S'il vous plait !

Ah, c'était donc ça. Andromeda avait fini par se réveiller. Il sourit à cette pensée. Sirius devait être soulagé…

- Meda !

Sirius ! Par Merlin, il était là. Non, ils étaient là tout les trois. Remus pria très fort pour qu'ils ne le découvrent pas.

~...~

James entra dans l'infirmerie, à la suite de Sirius. Peter arriva quelques instants après tout essoufflé. Le brun à lunettes ne fut qu'à moitié surprit de voir que l'équipe de Quidditch de Serdaigle était réunie aux côtés d'Andromeda. Les deux lions se mirent un peu en retrait pour laisser les amis d'Andromeda et Sirius exprimer leur joie. James observa l'infirmerie. C'était la première fois qu'il y venait de jour et la deuxième fois depuis le début de l'année (la dernière fois ayant été quand ils avaient amenés Andromeda). C'était un lieu tout blanc. Un seul autre lit semblait occupé, juste à côté de celui de la jolie Serdaigle. Cependant, des rideaux blancs étaient tirés autour. James ne distinguait pas qui était là mais sa curiosité le titillait.

- ÇA SUFFIT ! s'écria soudain Madame Pomfresh, sortant de derrière les rideaux entourant le dit lit.

James eut juste le temps de voir des cheveux châtains clairs.

- Allez, ça suffit maintenant. Vous sortez. Pas plus de trois à la fois.

Tout le monde dit au revoir à Andromeda avant de sortir. Sirius resta. Les deux autres étaient toujours en retrait. L'infirmière repartit derrière les rideaux.

- Approchez, leur dit Andromeda.

Timidement James et Peter se rapprochèrent des deux cousins.

- Ted m'a dit que c'était vous qui m'aviez trouvé.

Sirius acquiesça.

- Merci, dit-elle sincèrement.

- Ben c'était plus de la chance qu'autre chose mais bon, heureusement qu'on passait par là, répondit Sirius.

- Oui, après le couvre-feu, quelle chance, répliqua Andromeda avec un sourire espiègle bien que son visage exprimait la fatigue.

Sirius ne détourna pas le regard et sourit d'un air sûr de lui.

- J'espère que McGonagall a écrit à mes parents.

- Sirius…

- J'aime bien imaginer la tête qu'il a dû faire quand il a lu la lettre.

Un silence suivit. Sirius n'avait pas l'air gêné mais plutôt triomphant. A croire qu'il faisait des bêtises exprès pour énerver ses parents. Andromeda, elle, avait l'air un peu effrayé, James n'aurait su expliquer pourquoi. Ses propres parents avaient sûrement reçu une lettre aussi mais ils n'avaient rien mentionné dans leur dernière correspondance. Comme le silence semblait se prolonger, James prit la parole pour avoir une réponse à une question qui lui brûlait les lèvres :

- Alors tu joues au Quidditch ? demanda-t-il à Andromeda.

- Oui, je suis Attrapeur, répondit-elle avec un sourire.

« C'est bien ce que je pensais », se dit-il en rendant son sourire à Andromeda.

- Dis, Meda, interrogea Sirius d'une voix douce. Tu sais qui t'a attaqué ?

- Non, il ou elle m'a attaqué de dos. Je n'ai pas eu le temps de voir qui c'était.

- Ah, d'accord.

- Mais ne parlons plus de ça ! décida-t-elle d'un ton autoritaire avant de changer de sujet. Comment s'est passée ta semaine ?

- Ça va. Enfin, j'étais inquiet pour toi, dit-il avec une petite voix.

- C'est mignon.

Sirius rougit et James et Peter sourirent largement.

- Aïeuh ! s'exclama soudain une voix.

Ça venait de derrière les rideaux.

- Allons, allons, ce n'est rien, répondit l'infirmière. En plus c'est finit. Je reviens tout à l'heure, essayez de vous reposer.

Elle sortit de derrière les rideaux et retourna à son bureau, jetant un regard interrogatif à James qui fixait les rideaux en question.

- Bon on va te laisser te reposer, dit Sirius à l'adresse de sa cousine.

- Oui. Et puis les cours vont bientôt commencer, répondit cette dernière.

- Oui, à plus tard.

Ils s'étreignirent et les trois garçons s'apprêtèrent à s'en aller tandis qu'Andromeda se rendormait déjà.

- On y va ? demanda le jeune Black.

- Oui, oui, répondit James qui fixait toujours les rideaux qui entouraient le lit voisin.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Sirius.

- Une impression…

- Quel genre ?

- Je veux juste vérifier quelque chose…

James s'approcha doucement de l'un des rideaux. Il tendit le bras et l'ouvrit.

- Qu'est-ce que…? s'exclamèrent quatre garçons en même temps.

~...~

Lucius Malefoy fixait la porte de la Grande Salle depuis dix bonnes minutes lorsque son ami, un certain Goyle de son nom de famille, se décida à lui demander si tout allait bien :

- Lucius, qu'est-ce qu'il y a ?

Lucius ne répondit pas tout de suite. Un autre de ses amis, un certain Crabbe de son nom de famille, s'approcha à son tour :

- Quelque chose ne va pas ?

Pour seule réponse, Lucius émit un grognement, puis il attrapa son sac et sortit de la Grande Salle à grands pas suivi de près par Crabbe et Goyle. Une fois à bonne distance, suffisamment loin pour qu'on ne l'entende pas, Lucius explosa :

- Narcissa sait que c'est moi !

- Elle a des preuves ? demanda Crabbe soudain inquiet.

- Non, bien sûr que non. En plus Andromeda n'a même pas pu me voir, répondit Lucius en baissant la voix.

- Ben, c'est pas si grave alors.

- Si c'est grave. Elle ne veut plus m'adresser la parole.

- Et en quoi cela te dérange ? demanda Goyle. Je veux dire, elle n'est même pas dans notre année. C'est vrai qu'elle est jolie, mais les filles ce n'est pas ce qui te manque.

Lucius tourna le dos à ses deux amis et croisa les bras. Il réfléchit – ce qui lui arrivait souvent, contrairement à ses amis. C'était vrai, après tout, pourquoi cela l'énervait autant ? Il aimait bien Narcissa, mais il n'était jamais sortit avec elle.

- Ça va bientôt sonner, dit Crabbe le sortant de sa réflexion.

- Oui, allons-y.

Et les trois Serpentards se mirent en route vers la classe de Potions.

~...~

- Remus ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? s'exclama Sirius avec étonnement.

- Quand est-ce que tu es rentré ? lui demanda Peter.

- Pourquoi ne sommes-nous pas au courant que tu es à l'infirmerie ? interrogea James.

Lorsque les trois garçons eurent posés toutes leurs questions, Remus répondit, choisissant ses mots avec soin.

- Je suis tombé lorsque j'étais chez mes parents donc j'ai fait un tour par l'infirmerie et Madame Pomfresh a insisté pour me garder. Je ne suis rentré que ce matin. Et c'est pour ça que vous n'êtes pas au courant, je n'ai pas eu le temps. En plus, j'avoue que je ne voulais pas vous inquiéter.

- Oh, voyons ne dis pas de bêtises. C'est en découvrant les choses comme ça que l'on s'inquiète. Au fait ma cousine est réveillée.

- Oui, j'ai entendu ça.

- Tu reviens en cours quand ?

- Pas aujourd'hui je pense Peter. En tout cas, pas ce matin.

- Ok.

- Tiens, tu lis la gazette du sorcier ? demanda James.

- En fait, c'est mon père qui est abonné, mais comme il n'était pas là, je l'ai pris.

En réalité, c'était l'infirmière qui lui avait donné pour qu'il puisse s'occuper un peu.

- Ah, d'accord. Je peux ?

- J'ten prie.

- Merci.

James se plongea dans l'actualité pendant que ses amis continuaient leur discussion.

- Vous devriez peut-être y aller, leur conseilla Remus quelques minutes plus tard.

- C'est bizarre, dit James sortant le nez du journal.

- Pas tant que ça, ça va sonner, lui répondit Remus étonné.

- Non, je ne parle pas de ça. Ces disparitions, c'est bizarre.

- Quelles disparitions ?

- Il y a eu pas mal de disparitions inexpliquées ces derniers temps, apparemment.

- Ah bon ? Je ne savais pas, dit Peter.

- Oui, j'en ai entendu parler, contra Sirius. Des Moldus aussi non ? Et puis, il y a eu l'attaque de cet aroport moldu. Là où ils prennent des avons.

- Aéroport, corrigea Remus. Ils prennent l'avion.

- Oui, c'est ça.

- Ah, ça j'en ai entendu parler. C'était la semaine dernière ?

- Oui.

DRING ! s'exclama soudain la sonnerie.

- Et mer…mince ! fit Sirius. On est en retard. A plus Remus.

- A tout à l'heure.

- On revient.

- Oui, oui, bonne chance avec Binns.

Les trois Gryffondor firent une grimace tout en s'élançant hors de l'infirmerie vers la classe d'Histoire de la magie. Heureusement pour eux, le professeur Binns, fantôme de son état, ne faisait pas l'appel et ne remarquait même pas les absents. Aussi, quand ils arrivèrent, avec cinq bonnes minutes de retard, ils n'eurent qu'à se glisser discrètement à leur place, sous les regards amusés des Poufsouffle et de Violaine et désapprobateurs de Conelly, Evans et Stevens.