Hihihi, voilà Jake qui va arriver... Ca va etre explosif. Mais court aussi, il ne fait qu'un passage éclair... Sachez toutefois qu'on le retrouvera au chapitre suivant ! =) Le chapitre suivant sera aussi le dernier chapitre de Paul, on retrouvera ensuite celui de Ciara.

Voilà, je vous ai tout dit, maintenant bonne lecture =)


Chapitre deux : Inquiétudes.

Le vent souffle peu. Le bruit des vagues berce mes pensées. Il fait nuit : la lune est pleine. Un parfait jour pour les loups. On a passé la journée sur la plage. Étrangement, on n'a pas faim. La vue de l'autre nous repaît suffisamment.

-Je crois qu'il faut rentrer à la maison. Me murmure ma douce dans un souffle aussi délicat que la brise. Papa va s'inquiéter.

Je la serre davantage contre moi, mais ne fais pas un geste qui indique que je vais me lever. Elle ne proteste pas, alors je me balance doucement pour la bercer. Elle s'endort. Moi aussi.

-Paul. Paul. Paul. Paul.

Mon nom est répété une dizaine de fois. Mais le soleil est trop fort. Je refuse d'ouvrir les yeux. La voix, réalisant que je suis réveillé, me donne des coups de pieds, pas trop forts mais dérangeants, dans les côtes. Enfin, je réagis, toujours les paupières closes.

-Casses-toi, Jake. T'es lourd.

- Ôtes tes pattes de ma sœur.

-Nan.

-Alors je vais continuer. Paul. Paul. Paul.

Et il continue. Les coups de pieds prennent de la puissance. Ma douleur monte en crescendo. Je n'ai pas d'autre choix que d'ouvrir les yeux.

Rachel est toujours blottie contre moi, visiblement pas réveillée par la joute verbale entre son frère et moi.

- Lâches-la.

-Pourquoi ?

-Parce que plus je vous voie, serrés l'un contre l'autre en train de dormir, plus mon esprit se fait des idées déplaisantes sur ce que vous avez fait.

-Relax. On s'est endormis. C'est tout.

A contrecœur, je secoue délicatement Rachel. La tignasse sombre remue, et deux yeux noirs me fixent méchamment, protégés par ce rideau de cheveux.

-Paul, tu as intérêt à avoir une bonne raison de me réveiller avant que je rompe.

Je souris avec indulgence. Sa bonne humeur le matin est impressionnante. Encore un gêne qu'on retrouve chez tous les Black.

-La bonne raison, c'est moi, Rach'. Tu as intérêt à la lâcher, Paul. Sinon, j'appelle Leah. Et tu sais qu'elle n'y va pas avec des pincettes quand elle sait que l'un de nous tous se la coule douce alors qu'elle est dans sa perpétuelle dépression.

A ces mots, Rachel et moi nous redressons d'un coup. Il est vrai que Leah n'aime pas vraiment voir les couples nager dans le bonheur. C'est compréhensible, en même temps. L'homme de sa vie l'a lâchée pour sa cousine. Et j'allais faire pareil à Rachel. L'abandonner.

L'imprégnation ne veut pas dire l'amour. Tu peux rester ami avec Ciara et aimer Rachel.

Idée stupide. Qui préfèrerait louper l'amour de sa vie pour un autre, insignifiant ? Ou mieux : qui, prêt de son plat préféré, préfèrerait manger quelque chose qu'il aime, mais moins ?

Personne. Ou presque, en tout cas.

-Paul ? Ça va ?

Je sursaute, et hoche doucement la tête. Ah, si elle savait ce que je m'imaginais ! Pire, si elle savait que je pensais déjà à notre rupture à contrecœur…

Afin de parfaire notre adieu (et le dégoût déjà immense de Jacob), Rachel m'embrasse tendrement, et, tant qu'à faire, très longtemps. Jake se cache les yeux avec ses paumes en gémissant.

-Mais qu'ai-je fait, bon sang, pour voir ça ! Je suis innocent !

Sa sœur et moi-même éclatons de rire devant sa mine déconfite. Enfin, presque à contrecœur, Rachel me lâche et s'éloigne en compagnie du gamin.

Ciara me revient à l'esprit. Comment ose-je l'oublier ainsi plus d'une fraction de seconde ? Je ne suis qu'un monstre. Qu'un loup.

Traînant des pieds, je rentre chez moi. Mon père n'est pas encore là, et la maison est déserte. Je peux au moins réfléchir en paix.

« Pas de nouvelles de mon côté. Courage. S. »

Seth se sent toujours obligé de signer, alors que j'ai l'affichage du numéro. Les larmes me montent aux yeux, mais je les essuie rageusement. Boys don't cry.

Je déprime à moitié. Moitié. Moitié. A cause de la moitié de mon cœur. Celle qui est dévouée à Ciara, bien sûr, l'autre se moque bien d'elle, elle n'aime que Rachel. J'essaie de représenter ma conscience scindée en deux comme un ange et un démon, comme dans les dessins animés. Oui, mais comment choisir ? Ciara serait elle le démon, avec son côté rebelle et farouche ? Ou alors un ange, pleine de tendresse et d'affection ?

-Paul ! Ramène-toi !

Voilà. La furie paternelle, enfin. Comme une sorte de réconfort, elle me permettra de me sentir pleinement coupable d'avoir oublié l'élue de mon âme.

-Arrête de sourire niaisement comme ça ! Je suis sérieux, Paul. Tu as déjà redoublé, je le sais bien, tout ça à cause de cette histoire de loup, mais tu ne peux pas abandonner comme ça ! Réfléchis un peu, je te parle de ton futur, de ton avenir, et tu souris bêtement ?

Je prends un air contrit et baisse la tête. Il continue son monologue enflammé. Pourtant, je n'arrive pas à me concentrer. J'ai comme un instinct. Une sorte de terreur, au fond de moi, qui m'est étrangère. C'est alors que je sais.

Ciara est en danger. Un vrai danger, pas une fugue. Une imprégnation me permet de comprendre que si elle ressent quelque chose de fort, je le saurais, car nous sommes intensément liés. Elle a peur. Et qui dit peur dit danger.

Ciara est en danger.

Envoyer. Voilà. Seth a reçu mon texto. Et mon père hurle maintenant parce que je lui manque de respect, envoyant un SMS au lieu de l'écouter. Je hoche encore la tête, mais sa voix est lointaine. Il me gifle même, mais je n'arrive pas à me concentrer sur ses paroles. Tout ça, c'est du vent, de toute façon. Il ne va pas me flanquer à la porte. Il ne va pas me priver de sortie. Il ne va me priver de rien, car j'ai le don d'exagération : Quand il me prive de sortie, je refuse catégoriquement de sortir de ma chambre. S'il me met à la porte, je ne rentre pas pendant une semaine, voire un mois. J'ai un ami de ma mère qui me prend à temps partiel quand j'ai besoin d'argent, et je peux donc subvenir à tous mes besoins. Alors mon père avoue tout à ma mère, qui m'a toujours gâté en temps que fils unique, et la punition est levée. Et puis pour finir, tout le temps qu'a duré ma punition, c'est le temps que mon père passe à dormir sur le canapé.

Vrrr. Vrrr.

Je décroche en ignorant définitivement la colère immense.

-Paul, comment tu sais pour Ciara ?

-Je le sais, c'est tout.

-L'imprégnation, je suppose ?

-Ouais, exact. Un truc que tu pourras pas comprendre avant quelques temps.

-Va te faire… Attends, j'ai l'impression que tu surveilles tes mots. Ton père est dans le coin ?

-Oui.

-Dispute ?

J'approuve de nouveau, et après deux trois autres questions, il me dit avant de raccrocher.

-Je suis sûr qu'on va la retrouver. T'inquiète. Ah, je dois te laisser, Jake vient de m'appeler sur le fixe. Salut.

Alors je monte dans ma chambre en tapant des pieds, et je claque la porte. Mon portable vibre de nouveau. C'est Rachel. Et je fais quelque chose d'insensé : au lieu de répondre, je raccroche. Pardon, Rach'.


Tadaaaa !

Je vais avouer un truc : je suis surprise du succès de cette histoire (bon, je suis loin de celles de Mamzelle-Nami, mais je suis heureuse... J'ai failli me mettre à pleurer la drnière fois en voyant toutes vos reviews pour le chapitre précédent... Merci beaucoup.)

En fait, cette histoire plait plus que A jamais pour toujours (qui, je l'avoue, est pourtant ma plus graaande fierté^^)... C'est Emeline qui va faire la tronche XD

En tout cas, merci de lire, de reviewer et de mettre cette histoire dans vos Alertes, ca me touche du fond du coeur. Merci mille fois.