Oui, oui je sais... Vous me détestez, mais honnêtement, vous auriez fait pareil à ma place ;) C'était trop tentant de finir le chapitre 6 de cette façon! Bref, je me suis servi des éléments du livres 6 pour écrire ce chapitre. J'admets que j'ai mis un peu plus de temps que d'habitude mais j'ai eu du mal à trouver le ton juste. Je sais aussi que la thérapie de Harry progresse trop vite et que cela prendrait beaucoup plus de temps dans la réalité, mais Harry a besoin de résoudre ces questions très vite et il ne faut pas oublier que cela reste une histoire. Sans compter le fait que je ne suis pas spécialiste de la psychologie alors il vaut mieux que je ne m'attarde pas là dessus.
« Professeur Dumbledore, le salua Harry. Pouvez-vous me dire ce qui s'est passé la première fois que j'ai été dans votre bureau ? » demanda Harry en sortant sa baguette et en la pointant sur son directeur.
« Ah Harry, mon garçon, il est triste que ta première rencontre avec Fumseck se soit passée le jour de sa combustion ! »
Harry abaissa légèrement sa baguette, toujours sur ses gardes. Il essayait de se concentrer sur le nez du directeur pour ne pas prendre le risque de le regarder dans les yeux.
« Est-ce que je peux entrer, Harry ? »
A vrai dire, le garçon avait surtout envie de lui claquer la porte au nez, mais il se retint et se contenta de prier à peu près tous les saints du monde pour que l'autre sorcier ne se rende pas compte de la présence de Dobby dans sa chambre avant de se rappeler qu'il avait ordonné à Dobby de faire en sorte que lui seul soit au courant de sa présence.
« Je vais demander à mon oncle, monsieur.
Me demander quoi, mon garçon ? hurla Vernon depuis la cuisine.
Il s'agit du Professeur Dumbledore, mon oncle. »
Les deux sorciers entendirent le pas lourd du moldu qui vint les rejoindre dans le vestibule. Il plissa les yeux sur Harry, jusqu'à se qu'il se rende compte de la posture défensive de celui-ci. Curieusement, Vernon se sentit encouragé en voyant que même son neveu n'appréciait pas naïvement tous les sorciers qu'il voyait.
« Qu'est ce que vous voulez ? demanda-t-il de son ton le plus agressif.
- Nous pourrions peut-être supposer que vous m'avez invité à entrer, proposa le directeur d'un ton cordial. »
Avant qu'Harry ait pu faire un geste, Dumbeldore était dans la maison et se dirigeait vers le salon où il fut accueillit par le cri strident de Pétunia qui ne s'attendait pas à voir quelqu'un comme le directeur entrer dans son salon. En même temps, avec ses longs cheveux blancs et sa barbe qui lui descendait jusqu'à la taille, il ne correspondait vraiment pas aux critères de sélections des Dursley pour être invité à déjeuner chez eux le dimanche.
« Ah Mme Dursley, nous nous connaissons par correspondance, bien sûr. »
Harry trouva que c'était une curieuse façon de se présenter et certainement pas la meilleure chose à faire que de revendiquer la paternité d'une Beuglante.
« Et vous devez être Dudley ? »
Ce dernier jeta un coup d'œil vers Harry, en le voyant hocher discrètement la tête, comme pour le rassurer, Dudley se sentit un peu mieux et se présenta au directeur en prenant la même voix haut perché que le faisait l'oncle Vernon quand il voulait se mettre en avant. Harry connaissait assez cette famille pour savoir que c'était ce qu'ils pensaient être un moyen d'impressionner l'interlocuteur en se faisant passer pour plus important et confiant que la normale. Dumbledore inclina poliment la tête avant de s'installer confortablement dans un fauteuil du salon. Harry aurait juré avoir entendu sa tante grincer des dents même si elle était de l'autre côté de la pièce. Elle était probablement en train d'envisager de nettoyer le fauteuil à la javel, ainsi que le vestibule, voir la maison entière.
« Harry, mon garçon, nous devons discuter.
- Dans ce cas, puis-je vous proposer de venir dans ma chambre, Monsieur ? Il est inutile de déranger mon oncle et ma tante plus longtemps si cela ne les concerne pas.
- A vrai dire, Harry, il n'y a pas de mal à ce qu'ils entendent ce que j'ai à dire. Après tout ils sont ta famille. » ajouta le vieil homme en observant le plus jeune par-dessus ses lunettes en demi-lune.
Harry essaya de faire abstraction du grondement sourd qui s'était échappé de son oncle en même temps que son propre grognement.
« Asseyons-nous confortablement. » dit Dumbledore avec un grand sourire, apparemment inconscient de l'ambiance que ses paroles avaient créé. Harry avait envie de l'étrangler : juste quand les choses commençaient à s'améliorer avec les Dursley, le voilà qui ramenait sa fraise.
« Permettez-moi de vous servir le meilleur hydromel en fut de chez Rosmerta ! »
Sa baguette apparue dans sa main et décrivit un arc de cercle. Aussitôt, cinq coupes d'hydromel apparurent et se dirigèrent vers chaque personne présente. Dumbledore attrapa la sienne d'un geste vif, comme s'il s'était entraîné. Harry ne bougea pas et la coupe s'immobilisa dans l'air, juste devant lui. Du coin de l'œil, il s'aperçut que comme par hasard, les Dursley étaient moins chanceux que lui puisque leurs coupes étaient apparemment plus insistantes et tapaient doucement leurs tempes, comme pour se rappeler à leur bon souvenir. Harry, qui cherchait un prétexte pour ne pas boire ce que lui offrait Dumbledore, y trouva l'inspiration qu'il cherchait. En effet, après ses dernières lectures concernant les potions, il envisageait de prendre exemple sur Fol Œil et de ne boire que ce qu'il mettrait lui-même dans sa propre gourde.
« Je n'ai pas empoisonné la boisson, vous savez, dit Dumbledore qui venait de prendre une généreuse gorgée d'hydromel.
- Excusez moi, Monsieur, mais dans la mesure où mes tuteurs ne boivent pas, je pense qu'ils désapprouvent l'idée que leur neveu prenne de l'alcool, d'autant plus en leur présence.
- Eh bien, étant ton directeur, tu as mon autorisation Harry, dit l'homme avec un sourire complice.
- Cette autorité ne l'emporte pas sur celle de mes tuteurs en général et dans leur maison en particulier, répondit Harry en essayant de conserver son calme. Pardonnez moi d'insister, M. Dumbledore, mais pourriez vous cessez d'animer ces coupes. Si un voisin vous voit, le statut du secret serait en danger. »
Les pétillants yeux bleus du directeur dévisagèrent le jeune élève. Il avait l'air encore très fatigué, probablement à cause de nombreuses nuits d'insomnie. Mais il y avait quelque chose en lui qui semblait nouveau et que le chef de l'Ordre du Phénix ne parvenait pas à voir. Peut être était ce dans son attitude ? Sa manière de se tenir très droit, presque de façon hautaine ? Ou bien était ce le fait qu'il ne l'avait regardé une seule fois dans les yeux depuis qu'il était arrivé ? Dumbledore se perdit dans sa réflexion et fut rappelé à l'ordre par un Harry Potter franchement agacé.
« S'il vous plait, Monsieur, je pensais que vous faisiez partie de ceux qui ne veulent pas violenter les gens normaux !
- Allons, Harry, je…
- Monsieur, je l'ai déjà dit à l'Ordre et je le dis à vous aussi : cessez de chercher à impressionner les personnes dépourvues de pouvoirs magiques en ma présence ! »
Dumbledore soupira.
« De toute évidence, tu es encore profondément bouleversé par la mort de Sirius, mon garçon.
- Il est mort ? Son parrain ? les interrompit l'oncle Vernon.
- En effet, dit tranquillement Dumbledore.
- Et c'est de votre faute, acheva Harry d'une voix glaciale. En partie, du moins. Si vous n'aviez pas cru bon de me laissez dans l'ignorance, je n'aurais pas été pris au piège, et Sir… et il n'aurait pas été obligé de venir me sauver ! »
Dumbledore donna un petit coup sec de sa baguette et les coupes disparurent.
« Nous en avons déjà discuté, Harry, dit le directeur d'une voix sévère.
- Et vous avez raison, je suis encore trop bouleversé. »
Pas la peine qu'il pense que son petit sorcier commence à se renforcer.
« Eh bien Harry, vois-tu, c'est en partie la raison de ma visite. Nous avons trouvé le testament de Sirius et pour faire simple, à part quelques argents donné à Remus, tu hérites de tout.
- Oh !
- En effet. L'argent à déjà été ajouté à ta voûte. Notre préoccupation est le 12 Square Grimmaurd.
- Il hérite d'une maison ? les coupa à nouveau l'oncle Vernon, en regardant Harry avec de petits yeux cupides.
- Une maison de sorcier, répondit le vieil homme. »
Harry se figea, ce n'était pas inattendu, mais il n'avait pas prévu d'entendre cela en face du Directeur ou des Dursley.
« Le siège est toujours là bas ? Vous pouver continuez à vous en servir comme QG, si vous voulez.
- C'est là notre principal problème Harry, nous ne savons pas si nous pouvons continuer l'utiliser.
- Pourquoi ça, monsieur ?
- Eh bien, tu connais la famille de Sirius, Harry. Il est probable que des enchantements ont été utilisés pour que seul un membre de la famille Black puisse en hériter. »
Harry repensa au portrait de la mère de Sirius et dû admettre que cela était tout à fait possible.
« Heureusement, il existe un test très simple. »
Le vieil homme agita une nouvelle fois sa baguette et Kreattur apparu. Harry grimaça en le voyant. D'une part parce qu'il n'était pas heureux d'avoir deux êtres vivants ayant contribué à la mort de son parrain dans la même pièce que lui, et d'autre part parce que l'elfe criait aussi fort qu'il pouvait qu'il ne voulait pas appartenir au « sale petit Potter ».
« S'il t'appartient, il dois t'obéir. Donne-lui un ordre, Harry.
- Kreattur, tais toi. »
Le calme qui suivi fut assourdissant, même si l'elfe avait fondu en larmes, il pleurait en silence.
« Eh bien voilà qui règle la question, Harry. Tu es le légitime propriétaire des biens de la famille Black.
- Hem, Monsieur, demanda Harry en faisant semblant de ne pas savoir comment être le maître d'un elfe, dois je l'emmener partout avec moi ?
- Bien sûr que non, Harry. Pas si tu ne le veux pas. Si je peux me permettre, peut être que tu devrais l'envoyer travailler à Poudlard, ainsi les autres elfes de maison pourraient le surveiller. »
Harry fit semblant d'y réfléchir. Il n'avait pas la moindre intention de se conformer à la proposition de Dumbledore, il avait d'autres projets pour l'elfe.
« Sauf votre respect, je ne pense pas que c'est une bonne idée, Monsieur. Voyez vous, il y a beaucoup d'enfants de Mangemorts à Poudlard, et si Kreattur à réussi à communiquer avec Bellatrix depuis le QG, je n'ose penser aux possibilités qui s'ouvriraient devant lui à l'école. Il en sait trop. Je vais le laisser au siège avec les ordres les plus strictes possibles. Ainsi, il sera en quarantaine.
- C'est ta décision Harry, répondit Dumbledore qui ne faisait pas grand cas du sort de l'elfe. »
Harry se gratta distraitement le menton.
« Monsieur, puis-je renouveler ma proposition concernant le siège ? Vous pouvez continuer à l'utiliser. Pour l'instant je ne suis pas majeur donc je ne peux pas y habiter seul, autant que la maison serve à quelque chose d'ici là…
- Je te remercie Harry, dit le directeur avec un grand sourire. »
Harry serra les dents et se tourna vers l'être qui gisait sur le sol.
" Kreattur, appela Harry d'une voix soudain sévère. Je veux que tu restes au 12 Square Gimmaurd. Je veux que tu nettoies correctement cette maison, comme un bon elfe de maison. Je t'interdis d'en sortir sans mon autorisation, est ce que c'est compris ?
- Oui, Maître, sanglota l'elfe dépité en se relevant pour recevoir ses ordres.
- Et je t'interdis de communiquer avec quelqu'un en dehors du Q.G. Tu es en isolement. Je ne veux pas que tu insultes un membre de l'Ordre ou que tu marmonnes des idioties sur la pureté du sang, est ce que tu comprends ce que je te dis ?
- Oui Maître, dit à nouveau Kreattur en baissant la tête.
- Alors retourne au 12 Square Grimmaurd et restes y ! »
L'elfe s'inclina devant lui et disparu dans un « pop » sonore. Harry ne pu retenir une grimace de dégoût. Il lui fallait néanmoins continuer de se montrer courtois envers le directeur. Comme il y avait un silence gêné, et qu'il avait hâte de le voir partir, il le rompit.
« Y a-t-il autre chose, monsieur ?
- Eh bien cela concerne tes promenades matinales, Harry, dit Dumbledore avec une expression inquiète. Vois-tu, je me demande s'il est bien prudent de…
- Excusez-moi d'être impoli, monsieur. Mais ce que je fais en dehors de l'école ne vous concerne pas. Ce n'est pas comme si cela dérangeait quelqu'un de toute façon. »
Sauf la personne qui me suit et souffle comme un bœuf pendant qu'elle essaye de me suivre discrètement, ajouta mentalement Harry pour lui-même. Cependant, il préférait faire semblant de ne pas se douter de la filature.
« Je vous remercie de vous inquiéter pour moi, Professeur, mais vous avez dit vous-même que moi et les Dursley sommes en parfaite sécurité ici. C'est pour cela que je dois rester là, non ?
- En effet, Harry, en effet, répondit distraitement Dumbledore en regrettant de ne pas pouvoir insister sans prendre le risque de se contredire. Je suis désolé, mon garçon, mais tu ne peux pas me reprocher de prendre ta sécurité à cœur. »
On ne doit pas avoir la même définition du mot « sécurité », songea sarcastiquement Harry.
« Bien sur que non, Monsieur, dit Harry en plaquant un sourire reconnaissant sur son visage. Cependant, je me demandais si je pouvais allez voir un ophtalmo de notre monde pendant les vacances, vous voyez je…
- Je suis désolé Harry, soupira le directeur, mais ce n'est pas sûr. Tu ne dois pas quitter Privet Drive. Je ne peux pas le permettre. Tu devras aller consulter un ophtalmo moldu.
- Je comprends, Monsieur, répondit Harry en baissant la tête.
- Une dernière chose Harry. Tu as très certainement remarqué que ni M. Weasley, ni Miss Granger ne t'ont écrit. C'est moi qui leur ai demandé de ne pas correspondre avec toi cet été. Il n'est pas sûr d'échanger du courrier par les temps qui courent. Je sais que c'est difficile, mais pour une amitié telle que la votre, je suis certain que cela ne posera pas de problème, vous vous rattraperez à la rentrée. »
Harry ne répondit pas, il craignait que sa voix trahisse sa colère. Il préféra se contenter de hausser vaguement les épaules. Il se doutait qu'il s'agissait de quelque chose dans ce goût là, de toute façon. Mais il allait quand même avoir une discussion… musclée avec les deux Griffondors dès qu'il les verrait.
« Dans ce cas je ne vais pas abuser plus longtemps de l'hospitalité de ta famille, Harry. Je vous souhaite de passer une bonne fin de journée Monsieur et Madame Dursley, vous aussi jeune homme, ajouta-t-il en direction de Dudley. Nous nous reverrons à la rentrée, Harry ! »
Le vieil homme se dirigea vers la porte d'un pas étonnement vif, l'ouvrit et transplana.
« Qu'est ce que c'était que ça, mon garçon ! s'écria Vernon. »
Harry ouvrit la bouche pour plaider sa cause mais il fut envoyé dans sa chambre avant d'avoir pu proférer un seul son. Dès qu'il fut seul, il lâcha un chapelet de jurons à l'encontre du directeur de Poudlard. Pourquoi était il venu en personne ? N'importe qui aurait pu aurait pu s'en charger ! Pourquoi ne pas avoir envoyé Lupin, par exemple ? Il était suffisamment sympathique pour ne pas s'adresser les foudres des Dursley à peine la porte franchie et il aurait tout aussi bien pu lui expliquer la situation. Mais non, l'excentrique avait décidé d'agir lui-même. Harry se figea. C'était justement ça le but de Dumbledore. Il avait, d'une façon ou d'une autre découvert que ses relations avec sa « famille » s'étaient améliorées et il avait décidé d'y remédier. Mais pourquoi ? Pour l'isoler ? Mais cela n'avait pas de sens. Il était déjà seul, surtout sans les lettres de Ron et Hermione. Alors pourquoi ? Voulait il qu'il se complaise dans son malheur ? Probablement, pensa tristement Harry, quelqu'un de dépressif doit être plus facile à manipuler. Harry retient un cri de colère. Ce n'était pas comme si les Dursley étaient de bonne compagnie, de toute manière, mais quand même, de quoi se mêlait-il ? Harry se laissa tomber sur son lit. Plus important encore : comment l'avait il su ? Certes, ses toutous le suivaient dès qu'il mettait un pied hors de la maison, mais ce n'était pas suffisant. Après tout, il avait déjà dû jouer les serviteurs pour Dudley en portant son sac, cela n'avait rien de nouveau de les voir ensemble. C'était donc quelqu'un de plus proche qui avait parlé.
Harry se leva brusquement et se mit à faire les cent pas. Il essayait de penser à une personne susceptible d'être en contact avec le monde magique et ayant un lien avec Privet Drive. Il s'arrêta soudain de marcher, il était trop énervé, il avait besoin d'air. Il n'osait pas descendre de peur d'énerver son oncle et d'envenimer la situation. Il se dirigea donc résolument vers la fenêtre et l'ouvrit. Il s'y accouda et laissa son regard errer sur le voisinage. Harry eut envie de se gifler. C'était tellement évident : Mme Figgs. Il allait lui falloir réfléchir à ce problème…
Vers 17h, Harry activa son golem et Dobby l'emmena à Gringotts. Il appréhendait ce rendez vous car Mme Vancoq avait prévu de lui faire repousser le tube digestif et même s'il lui faisait totalement confiance, Harry ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Il s'installa dans la salle habituelle où le psychomage vint rapidement le rejoindre. Ils se serrèrent la main avant de prendre place l'un en face de l'autre. Harry avait récemment entreprit de lui raconter ses aventures à Poudlard. Il avait eu énormément de mal à s'ouvrir, mais après lui avoir fait le récit de sa vie chez les Dursley, Harry avait eut l'impression d'être libéré d'un grand poids. Il commençait, peu à peu, à accepter le fait que ce n'était pas de sa faute. Il n'avait jamais été un méchant petit garçon ingrat qui ne méritait pas d'attention. Et quand bien même, rien ne justifiait d'enfermer un être humain dans un placard. Si monstre il y avait, ce n'était pas lui. C'était en grande partie la raison pour laquelle Harry ne se sentait pas coupable lorsqu'il manipulait les Dursley, et il espérait vraiment que la visite de Dumbledore n'avait pas gâché tous ses efforts. En voyant le soulagement qu'il avait ressenti après avoir raconté son enfance, il avait naturellement continué avec sa vie à Poudlard. Aujourd'hui, il poursuivait son récit en racontant la fin de sa troisième année, ce qui s'était passé pendant l'été et le moment où il avait été désigné pour être le quatrième champion du Tournoi des Trois Sorciers. Harry était en train de raconter comment il lui avait fallu maîtriser le sortilège d'Attraction en catastrophe lorsque M. Kent l'interrompit.
« Excusez moi M. Potter, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. Voyez-vous, vous me dîtes que vous avez été capable de produire un puissant patronus corporel qui a fait fuir une centaine de Détraqueurs à l'âge de 13 ans. Je vous crois volontiers, mais alors comment se fait il que vous ayez eut autant de mal avec un simple sort d'Attraction. Je veux dire, de nombreux sorciers adultes ne sont pas capables de faire un Patronus. »
Harry ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son n'en sortit. Maintenant qu'il y pensait, son psychomage avait complètement raison. Comment pouvait-il maîtriser un sortilège de très haut niveau mais être incapable de réaliser des sorts simples ? Comment pouvait il repousser l'Imperium à 14 ans, ce que peu de sorcier était capable de faire, alors qu'il ne pouvait pas repousser la légilimencie de Rogue ?
« Est-ce que je peux vous poser une question M. Potter ? »
Harry hocha la tête encore bouleversé par ce qu'il venait de découvrir.
« Croyez-vous en la magie ? »
Harry ouvrit la bouche pour lui demander à quoi il jouait lorsque le médicomage leva le bras en lui faisant signe de patienter.
« Réfléchissez bien avant de répondre, M. Potter. Vous m'avez dit vous-même que votre oncle et votre tante ont espéré vous retirer votre magie en vous traitant mal. Vous m'avez aussi dit qu'ils refusent l'imagination et ce qui a trait de près ou de loin au surnaturel, n'est ce pas ?
- Oui, Monsieur, répondit docilement Harry qui n'arrivait pas à comprendre où l'homme voulait en venir.
- Pensez-y M. Potter. Pourquoi avez-vous tant de mal à effectuer des sorts à la portée de tous mais vous arrivez à vous sortir de situation extrêmement dangereuse par de véritables prouesses magiques ?
- Je ne sais pas Monsieur, répondit Harry qui se sentait confus.
- Prenez le temps d'y réfléchir, M. Potter, je pense que cela résoudra de nombreux problèmes. »
Madame Vancoq entra dans la pièce et la séance prit fin. Elle lui interdit de manger le lendemain. Elle tenait à vérifier son système digestif avant de l'autoriser à se nourrir à nouveau.
Pas de souci de ce côté-là, pensa Harry. Après la visite surprise du directeur, les Dursley allait certainement être d'une grande aide dans l'art de l'affamer.
15 Juillet :
Harry sirotait tranquillement un diabolo menthe à la terrasse d'un café de Privet Drive. C'était devenu son nouvel endroit préféré dans le monde. Il aimait tout particulièrement observer les passants et imaginer leur vie, leurs rêves et leurs espoirs. Depuis qu'il possédait un tout nouveau système digestif, il redécouvrait le plaisir de manger sans subir des crampes d'estomac. Suite aux longues réprimandes de Madame Vancoq, il commençait aussi à perdre la mauvaise habitude de manger le plus vite possible. Cela datait de son enfance, lorsque Dudlley se jetait toujours en premier sur la nourriture qu'Harry aimait le mieux. La médicomage lui avait expliqué que se nourrir à cette vitesse n'était pas bon pour la digestion. Ce qui le ramenait à son problème principal : ses relations avec les Dursley depuis la visite de Dumbledore s'étaient considérablement dégradées malgré les protestations de Dudley. Les deux cousins allaient toujours à la salle de gym mais ils ne passaient plus de temps ensemble à la maison. Sa tante et son oncle semblaient le tenir pour responsable de la présence d'un excentrique dans leur quartier et dans leur maison. Ils voulaient le voir le moins possible et l'envoyaient dans sa chambre dès qu'il avait terminé de manger. Il avait l'impression d'être retourné à la case départ.
Harry soupira et reprit une gorgée de sa boisson. Dans sa main libre il tenait un livre de médecine moldu. Harry envisageait de plus en plus une carrière dans la médecine et il voulait se renseigner sur les pratiques moldues. En effet, après avoir commencé à faire le récit de sa vie à son psychomage, il avait réalisé qu'il avait voulu devenir Auror car c'était ce que tout le monde attendait de lui depuis qu'il avait vaincu Voldemort à l'âge d'un an. Ce travail de documentation pour réfléchir à une autre carrière lui permettait de prendre une pause dans ses préoccupations habituelles. Il s'inquiétait aussi des relations qu'entretenait Neville avec sa grand-mère. En effet, il avait reçu une lettre de son ami le matin même. Ce dernier lui demandait de ses nouvelles et s'excusait en affirmant devoir lui rendre l'argent qu'il lui avait donné dans le train. Il n'en disait pas plus mais le message était très clair. D'ailleurs le style d'écriture ne correspondait pas à celui de son camarade. Harry n'avait pas besoin de faire un grand effort de déduction pour comprendre qu'Augusta Londubat s'était tenue par-dessus l'épaule de son petit-fils pendant que celui-ci rédigeait sa lettre. C'était la raison de sa présence ici, il était à la recherche d'inspiration. Renoncer à l'appui de Neville Londubat lorsque le monde des sorciers courrait à sa perte n'était pas une option. Harry était convaincu qu'une nouvelle baguette aiderait singulièrement Neville. Il était temps qu'Augusta cesse de demander à son petit-fils d'être une réplique miniature de son père. En agissant ainsi, elle l'empêchait de s'accomplir et de devenir un sorcier vraiment puissant. Harry ne s'était encore jamais servit de sa célébrité pour obtenir ce qu'il voulait mais pour Neville, il était prêt à faire une exception. Il termina son verre et alla acheter du papier à lettre avant de rentrer chez les Dursley. Dès qu'il fut dans sa chambre, il s'installa à son bureau et commença à rédiger la lettre qu'il avait préparée mentalement pendant le trajet.
Chère Mme Londubat,
Je vous prie de me pardonner pour mon audace mais vous devez comprendre que je me soucie profondément de votre petit-fils Neville. C'est la raison pour laquelle j'ai pris la décision de lui offrir une nouvelle baguette pour son anniversaire. Celle de son père ayant été brisée dans la bataille du Ministère en Juin, je pense qu'elle doit désormais être considérée comme une relique. En tout cas, c'est de cette façon que je traite chaque objet ayant appartenu à mes parents. Je comprends et partage votre douleur face à la perte d'êtres chers, mais il est temps d'avancer. Nous ne pouvons permettre à nos sentiments de nous freiner et de nous aveugler plus longtemps.
Nous serons bientôt dans une guerre totale. Vous le savez. Mais par-dessus tout, Neville le sait. Il est un Griffondor, Mme Londubat. Il est fier et courageux. Je pense qu'il y a plus de chance d'entendre Fudge dire quelque chose d'intelligent plutôt que de parvenir à éloigner votre petit-fils du combat lorsque l'heure sera venue. La survie d'un sorcier dépend de sa baguette. Si vous voulez honorer votre fils, ne le faîte pas à travers la baguette de ce dernier mais en donnant à Neville toutes les chances de survivre. Honorez la mémoire de Franck et Alice en permettant à leur fils unique de les venger, en lui donnant les moyens de survivre, en l'encourageant et en le regardant avec fierté lorsqu'il combat au côté du Survivant.
Cette lettre vous semblera sans doute bien présomptueuse, mais j'ai trop de respect pour Neville pour tolérer de voir un tel potentiel gâché en raison d'une baguette qui ne lui correspond pas. De plus, c'est mon choix de lui offrir ce cadeau, je ne vous permets pas de décider quel présent il m'est convenable d'offrir ou non à un de mes amis les plus proche.
Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes sentiments distingués,
Harry Potter
Le Survivant
Harry appela Dobby qui était occupé à lui faire du thé glacé avec sa magie.
« Monsieur ?
- Peux-tu donner cette lettre à Neville Londubat ? Dis lui que tu viens de ma part et que s'il veut communiquer avec moi, il doit t'appeler ? Je ne veux pas prendre le risque d'utiliser Hedwige. Là-dessus, Dumbledore à raison, ce n'est pas prudent.
- Bien sûr, Monsieur.
- Précises à Neville que cette lettre est pour sa grand-mère. Je veux qu'elle la lise en sa présence.
- Dobby fera selon la volonté de Monsieur. »
L'elfe s'inclina et disparu.
Harry s'étira et attrapa le verre de thé glacé. L'écriture de la lettre l'avait transcendé. Il était temps pour lui d'appliquer ses propres conseils. Il ne pouvait prendre le blâme à chaque fois qu'il y avait un problème. C'était quelque chose que le psychomage avait plusieurs fois laissé entendre. Par mimétisme, il avait prit l'habitude des Dursley de le blâmer pour tout. Pourtant, il fallait replacer l'accusation sur la bonne personne. Il n'était pas responsable de la mort de Cédric. Il n'avait aucun moyen de savoir que la coupe était un portoloin. Il ne devait pas davantage chercher ce qu'il aurait pu faire pour empêcher Voldemort de revenir. Cela n'aurait jamais dû être sa préoccupation en premier lieu mais celle des dirigeants du monde magique. Et de toute manière, que pouvait faire un garçon de 14 ans face au Seigneur des Ténèbres ? Il avait, certes, une certaine responsabilité dans la mort de Sirius, mais il n'était pas le seul. C'était un concours de circonstances qui l'avait conduit à la mort. Et puis des sorciers et des sorcières bien plus expérimentés que lui s'étaient aussi laissé prendre au piège par Voldemort, il ne pouvait espérer échapper sans dommage à un tel maître de la manipulation. S'il voulait vraiment honorer son parrain, il allait lui falloir le faire sur le champ de bataille, il allait rétablir son honneur en lavant son nom de toutes les fausses accusations et en enquêtant sur cette horrible erreur judiciaire. Il allait rendre Sirius fier de lui ! Il en allait de même pour Neville. S'il voulait se montrer digne de ses parents, il allait devoir travailler dur et commencer à croire en lui.
Harry fronça doucement les sourcils. Neville avait commencé à s'améliorer dans les sessions de l'AD lorsque les tortionnaires de ses parents s'étaient échappés mais avant ça, il avait déjà observé de gros progrès. Généralement, Neville s'améliorait après avoir reçu un compliment, lorsqu'il se sentait en confiance.
La confiance en soi ! Ça y est, il avait trouvé ! Il n'avait pas confiance en lui parce qu'il continuait, au fond de lui, à douter de son statut de sorcier. Harry passa ses doigts dans ses cheveux qui lui tombaient devant les yeux, comme s'il espérait que cela l'aiderait à y voir plus clair. Voldemort avait beaucoup de défaut, mais on ne pouvait nier qu'il était un puissant sorcier. Il était aussi incroyablement égocentrique. Voldemort avait une foi aveugle en lui-même et en ses capacités. Il ne s'était jamais remis en question et n'hésitait jamais à se vanter en public. Il savait qu'il était bon dans ce qu'il faisait. C'était pareil pour Dumbledore. Le manque de modestie du vieux sorcier était flagrant. Il avait confiance en sa magie, en sa force et en ses décisions. C'était sans doute pour cette raison qu'on avait envie de lui faire confiance.
Harry repris une gorgée de thé avant de poser délicatement son verre sur son bureau et de commencer à faire les cent pas. Etaient-ils confiants parce que leurs pouvoirs étaient puissants ? Ou était ce parce qu'ils étaient confiants que leurs pouvoirs étaient si forts ? Harry se frotta vigoureusement les tempes pour chasser le début de migraine que ces questions avaient créé. Il s'allongea sur son lit et essaya de se remémorer ce qu'il avait ressentie lorsqu'il avait chassé les Détraqueurs. Il était effrayé, inquiet pour Sirius, un peu en colère contre Hermione pour ne pas lui avoir parlé du retourneur de temps et… Et il savait qu'il allait réussir car d'une certaine manière, il l'avait déjà fait. Au moment de jeter le sort, il ne s'était pas posé la question de savoir si cela allait fonctionner ou non. Il l'avait fait, tout simplement. Alors qu'en classe, il était spectateur de sa propre performance, il attendait de voir si le charme allait fonctionner de manière presque sceptique.
Harry se tourna dans son lit pour se mettre sur le ventre pendant qu'il se rappelait de chaque sortilège qu'il avait eu du mal à apprendre. Si Neville n'y arrivait pas, c'était avant tout parce qu'il était persuadé d'être quasiment un Cracmol et se désignait lui-même de cette façon, mais lui… Harry se souvint brusquement des paroles de son psychomage. Son oncle et sa tante ne lui avaient pas permis de cultiver une imagination infantile. Il n'avait jamais pu croire ne serait-ce qu'au Père Noël, alors il avait très tôt apprit à rationnaliser les événements étranges qui se passaient autour de lui. Bon sang ! M. Kent avait raison ! Il ne croyait pas vraiment en la magie, même après toutes ces années. Et qui pouvait le lui reprocher ? Il avait passé 10 avec les moldus les plus terre à terre du monde. Et lorsque le monde des sorciers avait reprit contact avec lui, c'était sous la forme d'un demi géant qui n'avait pas terminé l'école de sorcellerie et qui se servait d'un parapluie rose pour faire de la magie ! Harry étouffa un cri de frustration dans son oreiller. Ses sorts à l'école étaient faibles parce qu'il s'attendait à ce qu'ils le soient. En défense, en revanche, il était bon parce qu'il ne réfléchissait pas autant. C'était l'instinct de survie qui le guidait. Lorsqu'il avait affronté Voldemort et ses Mangemorts dans le cimetière, il n'avait pas eu le choix, ses sorts devaient fonctionner s'il ne voulait pas mourir ! Sans compter que la peur l'avait empêché de se montrer sceptique. L'adrénaline lui permettait d'accepter son statut de sorcier, et à partir de là, étant confiant en ses capacités de défense, il était devenu un des meilleurs élèves de l'école dans ce domaine.
Il était temps pour lui d'apprendre à accepter la magie. Il était issu de deux cultures différentes, et pour être enfin complet, il allait lui falloir les intérioriser toutes les deux. Il n'était pas un moldu coincé dans le monde magique, ni un sorcier perdu dans le monde moldu. Il était un sorcier capable de s'adapter et de vivre dans les deux mondes.
Harry se leva brusquement, attrapa sa carte bancaire, la fourra dans son sac et sortit de la maison. Après toute cette réflexion, il méritait de s'offrir un petit cadeau.
19 Juillet :
La situation avec les Dursley était de plus en plus tendue. En effet, son oncle l'avait longuement interrogé pour savoir d'où venaient sa nouvelle montre et la bague qu'il s'était offert après ce qu'il désignait dans son esprit comme sa Révélation. Le fait qu'il se fasse percer l'oreille gauche sur un coup de tête n'avait pas non plus contribué à arranger les choses. Cependant, Harry ne le regrettait vraiment pas, ne serait ce que pour le hoquet de dégoût qu'il avait entendu lorsque le perceur s'était mis à l'ouvrage. D'après la légère odeur de fraise, Harry pensait qu'il s'agissait de Tonks. Le sourire d'Harry s'agrandit en se rappelant comment il avait fait remarquer à son oncle que puisqu'il était supposé être un délinquant récidiviste de St Brutus, autant correspondre à l'image que les gens s'en faisaient. De plus, ses cheveux avaient considérablement poussés et Harry ne se souvenait pas avoir déjà eu l'air aussi décoiffé. Il savait qu'ils n'allaient pas arrêter de pousser pendant tout le temps que durerait le plan Z, alors il avait déjà prit la décision de les couper à la rentrée et de les laisser tranquille d'ici là.
Harry jeta un coup d'œil à sa montre et soupira. Cela faisait presqu'une heure qu'il attendait. Le plan Z était presque terminé, il ne lui restait plus qu'à faire réparer certaines lésions de son cerveau dues à des commotions cérébrales non pris en charges qui dataient de son enfance avec Dudley à faire repousser ses yeux ainsi que son cœur. Pour ne pas attirer les soupçons de Dumbledore lorsqu'il le verrait sans ses sempiternelles lunettes, il avait décidé de se faire prescrire des lentilles de contacts par un ophtalmo moldu, il savait que le chien du Directeur qui le suivait le dirait lors de la prochaine réunion de l'ordre et le tour serait joué.
« Monsieur Harry Potter. »
Harry se leva et suivit le spécialiste dans son cabinet en prenant bien soin de garder la porte ouverte suffisamment longtemps pour permettre à la personne sous la cape de le suivre. Il n'avait quand même pas mit tout cela en place pour qu'une simple porte fasse tout échouer.
Quelques heures plus tard, Harry était de retour à Privet Drive avec ses lentilles. Il savait que c'était de l'argent gaspillé car il ne s'en servirait pas, mais cela était nécessaire pour que personne ne le soupçonne de se soustraire à l'autorité du chef de l'Ordre du Phénix.
Il était d'ailleurs temps de prendre en charge ce problème. Harry n'avait pas voulu s'occuper tout de suite de Kreattur pour le cas où quelqu'un garderait un œil sur lui au Siège, mais à présent, Harry pensait qu'il pouvait l'appeler sans risque. Mais avant cela, il allait lui falloir régler quelques détails.
« Dobby, je dois te parler. »
Le petit elfe qui était en train de plier les vêtements de son sorcier préféré se redressa en sautillant d'excitation.
« Voilà, comme tu le sais, en Juin dernier j'ai perdu mon parrain.
- Dobby est désolé pour votre perte, Monsieur. Dobby sait que Sirius Black était un grand sorcier. »
Harry lui sourit doucement.
« Il m'a légué sa maison et son elfe de maison.
- Oh, Dobby comprend, Monsieur… dit l'elfe d'une voix soudain très triste. »
Harry soupira, il savait que Dobby aimait prendre soin de lui et appréciait d'être le seul à savoir qu'il n'aimait pas la croute du pain de mie, qu'il préférait manger d'abord une part de tarte à la mélasse avant de commencer vraiment son repas, et toutes les petites choses de la vie quotidienne que le reste du monde ignorait.
« Tu dois savoir que je ne vais pas me comporter avec Kreattur de la même manière qu'avec toi.
- Monsieur ?
- Tu dois me comprendre, Dobby. Il a trahi mon parrain. Il m'a menti et en faisant cela, il a conduit son propre maître à la mort.
- Comment a-t-il pu faire ça ! C'est un mauvais elfe, Monsieur ! Monsieur n'a pas besoin d'un méchant elfe !
- Tu as raison Dobby, et c'est la raison pour laquelle il n'a pas le droit de m'appeler « Monsieur ». Je le laisse m'appeler « Maître » car je ne le respecte pas. Cependant, je ne suis pas un monstre, et surtout, j'ai besoin de lui.
- Mais que peut faire Kreattur que Dobby ne peut pas faire ! s'écria le petit majordome alors que ses oreilles s'affaissaient tristement.
- Il a passé un an au quartier général de l'Ordre du Phénix. Je me suis arrangé pour que Dumbledore accepte qu'il reste là bas. Ils sont dans ma maison, avec mon elfe, et j'ai besoin d'information. Il va me falloir faire preuve d'autorité sur lui, mais même si je le méprise, je ne serai jamais violent envers lui. Je veux que tu sois invisible même à ses propres yeux quand je vais discuter avec lui, est ce que c'est possible ?
- Bien sûr, Monsieur !
- Alors c'est parti ! Kreattur ! » appela-t-il pendant que Dobby devenait peu à peu transparent avant de disparaître complètement de sa vue.
Il y eu un léger bruit et l'elfe de la noble et ancienne maison des Black fit son apparition dans la plus petite chambre d'une maison moldue d'un quartier résidentiel de Privet Drive. Harry avait presque envie de rire devant l'ironie de la situation.
« Maître ? grinça le vieil elfe.
- Est-ce que tu m'as obéi ?
- Oui, maître.
- Tu n'es pas sorti de la maison ? Tu n'as parlé à personne ?
- Non, maître.
- Très bien »
La voix de Harry était tellement froide que lui-même de la reconnue pas. Il attrapa la chaise de son bureau et la retourna pour faire face à Kreattur avant de s'y installer avec grâce.
« A quoi pensais-tu, Kreattur ? demanda Harry en croisant les bras.
- Maître ?
- A quoi pensais tu en trahissant Sirius ? Qu'est ce que tu espérais ?
- Méchant Maître, il a fait de la peine à la maîtresse de Kreattur, oh oui, beaucoup de peine. Et ils étaient tous là, les traitres à leur… »
Harry n'eut même pas à l'interrompre car l'elfe attrapa sa gorge, comme s'il était en train de s'étouffer. La magie l'empêchait de désobéir aux ordres d'Harry. Ce dernier ne fit aucun effort pour l'aider et se contenta de le regarder.
« Quelle maîtresse ? Celle qui vit dans un tableau ?
- Maîtresse Walburga…
- Tu n'as pas de maîtresse. Tu n'as qu'un maître. Et ce maître, c'est moi ! dit lentement Harry comme s'il voulait graver ses paroles au fer rouge dans l'esprit de Kreattur. Maintenant, deux solutions s'offrent à moi. Te tuer tout de suite et venger mon parrain ou refaire entièrement ton éducation. Qu'en penses-tu ?
- Refaire mon éducation, maître ? répéta Kreattur sans comprendre.
- Voldemort est un demi-sang. Son vrai nom est Tom Jedusor, il est le fils d'une sorcière et d'un moldu. Walburga, Regulus, Narcissa, Bellatrix… les Black ont choisi de s'incliner devant lui, simplement parce qu'ils étaient trop stupides pour se rendre compte qu'ils étaient manipulés. Chaque famille dite de « sang-pur » descend fatalement d'un « sang de bourbe ». Il y a un commencement à tout, y compris à la lignée de chaque sorcier. Alors dis moi Kreattur, au bout de combien de génération est on considéré comme « pur » ? se moqua Harry en mimant les guillemets avec ses doigts. »
L'elfe le regardait avec horreur et incompréhension.
« Mon parrain est mort parce que tu as donné des informations à des Mangemorts ! J'ai très envie de te tuer, Kreattur, ajouta-t-il d'une voix basse qui ressemblait à un grondement.
- Maître ! S'il vous plait, maître, ne tuez pas Kreattur ! gémit le vieil elfe en se balançant d'avant en arrière. »
Harry se leva lentement de sa chaise en prenant un air menaçant. Il commença à tourner lentement autour de son elfe, comme s'il se demandait où il allait frapper en premier. Il s'arrêta derrière lui. Kreattur tremblait de plus en plus. Harry se pencha vers son oreille.
« Tes actions ont conduit ton précédent maître à la mort ! dit il d'une voix pleine de haine. Qu'est ce qui me prouve que tu ne vas pas me trahir ?
- Je vous appartiens…
- Comme tu appartenais à Sirius, le coupa impitoyablement Harry en se déplaçant pour lui faire face.
- Kreattur fera ce qu'il pourra pour aider le maître.
- Ton maître, rectifia Harry en enfonçant son index dans la poitrine du petit être.
- Oui, maître, Kreattur fera tout ce qu'il pourra pour aider son maître, répéta docilement l'elfe. »
Une lumière blanche l'entoura soudain et laissa un Kreattur horrifié par ce qu'il venait de faire. Harry, lui, souriait largement.
« Tu as renouvelé tes vœux ? Je suis touché, se moqua-t-il en posant ironiquement ses mains sur son coeur. »
Harry fit semblant de ne pas avoir remarqué les larmes qui remplissaient les yeux de Kreattur.
« Tu as de la chance, j'ai besoin de toi. On va donc dire que tu es… en sursis. Mais entendons nous bien, à la première incartade, je te tuerai moi-même. Et laisse-moi te dire qu'après avoir tué un Basilic, ce n'est pas un elfe de maison qui va me poser problème. »
L'elfe déglutit bruyamment.
« Qu'est ce que Kreattur peut faire pour vous, maître ?
- Nous y voilà ! Tu vas d'abord apprendre les règles de bases. Si tu me respecte, je te respecte. Si tu me trahi, je te tue. Si tu es gentil, je pourrai me montrer plus agréable. OK ?»
L'elfe hocha précipitamment la tête pour montrer qu'il avait compris. De toute façon, maintenant qu'il avait renouvelé ses vœux, il ne pouvait pas faire autrement.
« Tout d'abord je t'interdis de parler de notre rencontre. Personne, et je dis bien PERSONNE ne doit savoir que nous nous voyons. Si on te demande, notre dernière rencontre était dans un salon moldu en présence de Dumbledore, tu comprends ?
- Oui, maître.
- Très bien. Maintenant tu dois savoir que ce n'est pas un hasard si je t'ai laissé à Square Grimmaurd. Je sais que tu entends beaucoup de choses-là-bas, des choses qui sont supposées rester secrètes. Je t'interdis d'en parler à quiconque. En revanche, si après chaque réunion de l'Ordre tu viens me dire ce que tu as entendu, et bien sûr sans te faire prendre, je serais très content de toi. »
Harry détestait vraiment se comporter ainsi, même avec Kreattur, il avait l'impression d'être Voldemort. Mais vu le nombre de ses disciples, cela devait fonctionner. La menace d'une punition et la promesse d'une récompense, la carotte et le bâton.
« Si tu es un bon elfe de maison, tu seras récompensé, ajouta-t-il.
- Kreattur fera tout ce que lui demande son maître.
- Bien. Je veux aussi que tu regardes dans la bibliothèque Black et que tu me dises s'il y a des livres de potion, j'ai besoin de me renseigner.
- Kreattur va le faire, maître.
- Très bien. Je te veux ici, demain à 16h. Et n'oublie, tu n'es pas autorisé à parler de notre rencontre.
- Oui maître, dit docilement Kreattur. »
Il disparut dans un léger « pop » et Dobby réapparu.
« Je n'ai pas été trop sévère Dobby ? Je ne lui ferais jamais de mal, ni à toi d'ailleurs, mais s'il pense qu'il peut trahir Sirius et s'en sortir, il se trompe lourdement !
Dobby comprend, Monsieur. Et Dobby pense toujours que Monsieur est le plus grand sorcier du monde ! »
Harry ne pu s'empêcher de sourire. Dobby avait le don de le divertir.
« Dobby doit y aller, Monsieur, le jeune M. Londubat appel. »
L'elfe revient quelques minutes plus tard avec une enveloppe marron. Harry l'ouvrit curieusement et découvrit une courte missive de Mme Londubat qui laisser entendre qu'il devait s'occuper de se qui le regardait mais qu'elle allait laisser Neville obtenir une nouvelle baguette. Il y avait aussi une lettre de cinq pages d'un Neville enthousiaste qui le félicitait pour avoir réussi à prendre sa grand-mère au dépourvu. Il le félicitait aussi pour la création d'elfes postaux, lui parlait de ses plantes et terminait en lui racontant les derniers événements de la vie quotidienne. Harry secoua la tête, amusé de savoir qu'il avait fallu tant de temps à Mme Londubat avant d'accepter. Si la moitié de ce que Neville avait dit d'elle à Poudlard, cette femme était la fierté personnifiée. Il avait vraiment hâte de revoir Neville.
Alors qu'il pensait à son camarade, il se souvint du courage de Neville et de la foi qu'il avait en lui au point de le suivre aveuglément dans la bataille du ministère. Pour une fois, ce n'était pas à son parrain qu'il pensait mais aux deux personnes que rien ne prédisposaient à le suivre mais qui avait risqué leur vie pour une personne qu'ils ne connaissaient pas et qui était un assassin de masse d'après la presse. Pourtant, Neville et Luna avaient été là. Luna… Harry ne pu s'empêcher de sourire. Cette fille avait vraiment une personnalité hors du comment. Il attrapa une feuille de papier à lettre et commença à lui écrire. Il était certain qu'elle s'entendrait très bien avec Dobby.
