Les jours suivant se déroulèrent de la même manière. Caleb se découvrit un certain talent à lancer des couteaux, ne manquant que rarement sa cible. J'appris à manier l'arc et les flèches, sans pour autant y être très doué. J'obéis à mes mentors et je ne m'entrainai pas à la hache. J'avais ainsi l'air de la fragile enfant que je n'étais pas. Les carrières semblaient aimé attirer l'attention car ils effectuaient sans cesse des prouesses avec leurs armes de prédilections. Les tributs du District 1 étaient plus qu'à l'aise avec l'épée, tandis que ceux du 2 utilisait la lance avec une force presque surhumaine. Ceux du 4 n'avait rien de particulier, hormis leur facilité à manier le trident. Caleb et moi restions seul la plupart du temps, tentant de se faire une stratégie. Le jour de l'évaluation individuelle arriva un peu trop rapidement. Tous les tributs étaient assis dans la même pièce, attendant que la voix automatisé appelle notre nom. La plupart étaient nerveux, se rongeant les ongles ou tapant du pied. Mes mains étaient moites et je sentais de la sueur couler sur la nuque. À côté de moi, Caleb serrait les points en regardant le sol. Il semblait terriblement concentré. Au bout d'un moment, la fille du District 6 fut appelée. Je me retournai vers Caleb, qui me regarda dans les yeux:

- Bon sang, me chuchota t'il d'une voix tremblante, j'espère faire une bonne impression!

-Ne t'inquiètes pas, lui répondis-je en souriant, tu vas être génial.

Il me sourit nerveusement avant de se concentrer de nouveau. Les minutes s'écoulèrent lentement avant que le prénom de Caleb ne fut crier par la voix automatique. Je posai une main sur son épaule avant de le voir disparaitre dans le couloir. Je voulais qu'il aie un bonne note pour que les tributs plus âgés le respecte et le craigne. Pourtant, je savais que ça n'arriverait pas. Caleb était petit et chétif, pas le genre d'enfant dont les autres sont terrifiés. Les Hunger Games était injuste. Certains tributs étaient mieux qualifié que d'autre, personne ne commençait à égalité. Les enfants de douze à quinze ans meurt en premier et ceux de seize à dix-huit ans survivent plus longtemps. Mes chances de remporter les Hunger Games n'était donc pas énorme. Je ne voulais pas gagner, de toute façon. Si je n'arrivais pas à garder Caleb en vit, je préférerais mourir. Je soupirai et levai les yeux au ciel. Après un instant, on appela fortement mon nom. Je me levai et, en recoiffant un peu ma tignasse brune, je suivis le long couloir qui menait à l'évaluation. Sur un estrade se trouvait les organisateurs du jeux. Ils jacassaient, riaient et mangeaient sans vraiment me porter attention. Je m'avançais et pris un hache, avant de me présenter:

-Gaëlle Hopkins, District 7.

Ils me jetèrent un bref coup d'œil avant de retourner à leur affaire. Leur méthode d'évaluation m'échappait. Comment nous évaluaient-ils s'ils ne nous regardaient pas? Je tentai de les ignorer tant bien que mal en enfonçant ma hache dans les différents mannequins. Je voyais bien que je les ennuyait, car l'un deux, un homme d'âge moyen dont la couleur violette de ses cheveux me faisait presque mal aux yeux s'avança:

-Rien d'autre? me demanda t'il sur un ton méprisant.

Je secouai la tête et tous éclatèrent de rire avant de m'ignorer de nouveau. Derrière moi, la porte de sortie s'ouvrit. Je baissai la tête, un peu honteuse, avant de sortir de la salle d'évaluation. Je passai une main sur ma nuque pour enlever la sueur qui y avait couler. On m'escorta jusqu'à mes appartements et ce, sans un mot. J'étais désappointée, me disant que mes chances de gagner les jeux venaient de se volatiliser en un temps record. Je marchai en trainant les pieds jusqu'à la porte de l'appartement. Elle s'ouvrit et je vis Caleb, assit sur un tabouret dont le coussin était recouvert de velours rouge. Il avait l'air heureux, mais sans plus. Je pris place à côté de lui, sur un autre tabouret. Il leva les yeux vers moi et j'y lu un certain dégoût. J'haussai un sourcil:

- Je n'ai pas raté une cible, déclara t'il en soupirant. Mais je me rend compte que, dans l'arène, les cibles seront vivantes.

Il frissonna et baissa la tête pour regarder ses mains. Moi-même, je n'avais pas vraiment réalisé. Bien sûr, nous avions regarder les Hunger Games depuis notre plus jeune âge mais, à l'époque, tout n'était qu'un jeu. Depuis la moisson, je n'envisageais que ma mort et celle de Caleb, sans penser à ceux que je devrais tuer si j'en avais le temps. Je me rendis compte que mes habiletés à la hache ne me servirait plus pour travailler, mais pour enlever la vie. J'eus haut-le-cœur et pris la main de mon frère pour lui démontrer ma compréhension. Callie entra en trombe dans la pièce et se précipita vers nous. Caleb et moi nous tournâmes vers elle qui nous observait, les mains sur les hanches, comme si elle attendait une réponse. Caleb lui sourit d'un sourire que je jugeai faux mais que notre mentor sembla apprécier. Elle porta son regard vers moi et je me contentai de baisser la tête. Elle soupira, puis grogna de mécontentement. Mon jumeau serra ma main dans la sienne de manière rassurante. Alors que les larmes me montait aux yeux, une voix derrière moi me fit sursauter.

-Pleurer ne te garderas pas en vie, petite, me gronda Allan.

Je ravalai mes sanglots et fit face à mes mentors. Callie m'observait, un peu dégoûtée. Étrangement, Allan regardait Caleb. Son regard était sévère et mon frère baissa, à son tour, la tête.

- J'espère pour toi, garçon, que tu as de quoi être fière, siffla t'il avant de tourner les talons pour aller dans sa chambre.

Callie se contenta de soupirer de nouveau avant de faire de même. Caleb semblait troubler et sans un mot, lâcha ma main et s'enferma dans sa chambre. N'ayant d'autre choix que de rester seule, je décidai de prendre une douche. Je laissai l'eau chaude couler sur mon dos, puis sur ma nuque, alors que je fermai les yeux. Je me rappelai mon District. Je me souvins des jours de plus pendent lesquelles mon père devait tout de même aller travailler. Ces jours où Caleb et moi jouions dans la pluie pour rentrer à la maison trempé jusqu'aux os. Puis le visage de ma mère lorsque mon père revenait. Tout cela me manquait. Je voulais au moins les rendre à Caleb. Un soudain jet d'eau froide me sortit de ma nostalgie et je me lavai rapidement. J'utilisai une serviette et frottai frénétiquement mes cheveux pour les sécher puis, après m'avoir revêtu, je sortis de la salle de bain. Caleb était assit à une extrémité du sofa, alors que Allan était assit de l'autre. Callie, quant à elle, se reposait dans le fauteuil. Magdala faisait les cents pas, vraisemblablement irritée. Je rejoins mon frère et, subitement, Caesar Flickerman apparut sur l'écran de la télévision. Je me rendis compte qu'ils entendaient tous les résultats de notre évaluation. Après un discours enflammé sur les Hunger Games, l'hôte de l'émission, ayant, cette année, les cheveux et les sourcils d'un jaune criard, il expliqua l'évaluation:

- Chaque tribut est évalué sur l'habilité de son choix, commença t'il de sa voix forte. Il est ensuite noté avec un chiffre allant de 1 à 12, 12 étant le meilleur score. Commençons d'abord avec le District 1!

L'image de Aidan apparut à l'écran, ainsi que le nombre 10. Ainsi défilèrent chacun des tributs, avec une note variant entre 6 et 10. Arriva finalement le District 7:

-Caleb Hopkins avec un score de 8, s'exclama joyeusement Caesar alors qu'apparaissait l'image de mon frère.

Je me tournai vers Caleb, qui souriait. Allan hocha la tête, visiblement content. Callie se leva et alla le serrer dans ses bras. J'étais fière de mon frère. Un jeune tribut n'avait que rarement plus de 7, ce qui signifiait qu'il était très fort. Il resta debout, le regard rivé vers l'écran, alors que c'était mon tour.

-Gaëlle Hopkins, avec un score de 8, elle aussi!

Allan se tourna vers moi, surprit. Callie me serra dans ses bras et, lorsqu'elle me lâcha, Caleb fit de même. Tout les deux étions fière de l'autre. J'étais plutôt surprise puisque, apparemment, mon évaluation s'était mieux passé que je le croyais. Peut-être que les organisateurs s'était attendu à quelque chose de plus excentrique. Ignorante le score des tributs suivants, Allan étendit l'écran avant de se placer devant nous. Son air sévère habituel ne l'avait pas quitté et nous regarda à tour de rôle:

-Demain aura lieu l'interview des tributs avec Caesar Flickerman, nous dit-il. Toute votre journée sera consacrée à la préparation. Le jour suivant marque le début des jeux. Pour aujourd'hui, aller dormir. C'est votre dernière longue nuit de sommeil avant le grand jour.

Il nous quitta et Callie fit de même. Magdala s'était affalée sur un chaise et s'y était endormie. Caleb et moi nous levâmes afin d'aller finalement dormir. Il me souhaita une bonne nuit, mais quelque chose dans son regard me troubla. Son esprit semblait ailleurs. Pourtant, j'étais si fatigué que je ne me posai pas plus de question avant d'aller me mettre au lit.

Le lendemain soir arriva rapidement. J'avais passé la journée avec Byron, qui prenait mes mesures et confectionnait ma robe de soirée. Entre temps, il me posait des questions que Caesar était susceptible de me demander. Mes réponses étaient sans fluidité et je me mis à grandement appréhender la soirée. Je n'avais pas vu Caleb de toute la journée et il commençait à me manquer. Habituellement, mon frère ne me manquait pas après une journée sans lui mais, dans cet environnement que je jugeai hostile, la moindre présence familière était la bienvenue, surtout si c'était la sienne. Environ une heure avant le moment de vérité, Byron me fit essayer ma robe. Elle était magnifique: verte comme les feuilles des érables en été. Plus on regardait bas, plus le vert devenait foncé, jusqu'à devenir tel qu'une forêt de conifère. Une seule bretelle, à mon épaule droite, suffisait la maintenir en place. Elle était simple, mais éblouissante. La coiffure que mon styliste me fit était plutôt complexe: mes cheveux bruns étaient maintenus en arrière par une dizaine de petites pinces presque invisible. Cette fois-ci, il ne m'avait pas fait de boucles. J'admirai mon allure dans le miroir. Les mèches vertes qu'il m'avait faite paraissait encore plus avec la robe, mais ne me dégoûtait plus autant qu'avant. Byron me contemplait avec bonheur:

-Mon œuvre, enfin terminé! s'exclama t'il. Tu es magnifique, beaucoup plus que lorsque tu es arrivée!

Je lui souris et il s'en contenta. Ses essais de compliments ne fonctionnait pas vraiment. Alors que nous pratiquions une dernière fois des questions, deux hommes entrèrent dans ma loge pour venir m'escorter jusqu'à la scène. Byron me souhaita bonne chance et je suivis les pacificateur. Il y avait, dans les coulisses, une file de tributs. Caleb était déjà arrivé et les deux hommes me laissèrent devant lui. Mon frère m'évalua du regard avant de me sourire. Cette fois, il souriait vraiment. Je lui rendis son sourire avant de me tourner vers l'écran, où l'on voyait les entrevue des autres tributs. Aidan était déjà sur la scène et semblait un peu trop à l'aise:

-Dis moi, Aidan, quel sont tes qualités qui t'aiderons dans l'arène, lui dit Caesar.

-Je suis féroce, commença Aidan, agile et fort. Je ne peux que triompher!

Je levai les yeux au ciel alors qu'il saluait la foule et quittait la scène après une série d'autre question. L'autre tribut de son district, la fit au nez de hibou, fit son entrée. J'appris alors qu'elle s'appelait River. Elle répondait agressivement aux questions, démontrant qu'elle était un tribut à redouter. Ainsi défilèrent la moitié des tributs, allant de très agressif à peureux. Sentant mon tour approcher, je tremblais et mes mains étaient moites:

-Et maintenant, déclara Caesar, du District 7, accueillez Gaëlle Hopkins!

J'entrai sur scène sous les puissants cris et applaudissement de la foule.