Base : Bleach
Genre : romance, angst
Statut : sans vouloir être décevant, il n'y aura pas quarante chapitres
Rating : pas pour les enfants (y'a des gros mots) walller... on va dire M.
Pairing : Byakuya/Renji (et l'inverse)
Disclaimer : naaaooonnn ! ils sont pas (pleure) mais alors pas du tout (snirfle) pas du tout à nous (ooouuuiiinnn) mais à Tite Kubo et lui seul (va mettre fin à ses jours).
NA : voici la suite (chose promis, chose due) de Sept jours pour guérir... avec de belles références et (on espère) toujours autant d'humour.
QUARANTE JOURS ET UNE RECHUTE !
Le déni VII
« et maintenant, la vie en moi s'écoule, les jours d'affliction m'ont saisi. »
Jb. XXX, 16
Byakuya Kuchiki avait bien souvent frôlé la mort. Il avait aussi su prendre des risques personnels considérables lorsqu'il avait décidé d'épouser une âme du Rukongai, même chose pour l'adoption de sa sœur. Il n'était pas le genre de personnage qu'on pouvait qualifier de « trouillard ». La noblesse des sentiments ne lui était pas étrangère et le besoin d'imposer son point de vue, de le justifier, le légitimer était selon lui une chose essentielle pour tout noble qui se respecte. Après tout, sûr de son bon droit, un noble devait pouvoir s'opposer à son propre clan si le Bien, le Vrai et la Justice étaient de son côté.
Paradoxalement, il ne tolérait pas que son autorité de chef de la famille Kuchiki fût remise en cause par qui que ce soit. Et certainement pas par sa propre sœur. S'il avait voulu être franc avec lui-même (ce qu'il évitait le plus possible ces derniers temps), il aurait bien dû admettre que son refus tenait plus à un instinct de protection quasi maternel qu'à la volonté de faire respecter les us et bonnes mœurs dans sa famille. Comment pourrait-il jamais faire respecter ce que lui-même foulait aux pieds chaque nuit dans ses rêves de... bref, il ne pouvait pas se montrer en exemple, pas étonnant que sa petite sœur tourne mal.
En plus, elle est tout de même issue du Rukongai, cela produit des êtres tels ce... il chassa cette pensée au loin. Approcher de près ou de loin l'idée de Renji lui donnait des crampes d'estomac. L'origine sociale était déterminante. Vivre dans les pire bas fonds du Rukongai ne pouvait donner aux êtres un sens du Beau et de la bienséance que lui-même avait.
Bref, sa sœurette n'y avait pas été avec le dos de la cuiller. Et il n'avait pas hésité à la punir. Rien de SM, bien sûr, il avait simplement décidé de la cloîtrer dans la demeure familiale. D'une, elle ne pouvait pas lui résister, de deux, ça lui ferait les pieds, de trois, ça ferait toujours une journée de moins à s'inquiéter pour sa petite sœur. Car oui, la petite Rukia était pour Byakuya un souci perpétuel. Pas une minute ne passait sans qu'il ne songe à tous les dangers qui la guettaient dans ce monde si cruel. Sans parler de ses fréquentations qui étaient plus que déplorables, entre Renji et Ichigo.
Bref, confinée à la maison, elle ferait du tricot toute la journée et il aurait une belle paire de moufles à son retour. Rêver c'est déjà ça, comme dit l'autre.
Pour rendre la journée encore pire qu'elle ne l'était déjà, Unohana l'avait alpagué et traîné de force dans son petit bureau, sobre, simple et accueillant. C'est marrant, je croyais que tous les bureaux de capitaines étaient fait sur le même plan, songea Byakuya, inconscient du fait d'être le seul à n'avoir apporté aucune touche personnelle au sien, laissant murs vierges et meubles sobres.
Kuchiki avait essayé d'éviter Unohana. Essayé. Il s'était glissé aussi subrepticement que possible dans l'hôpital central, histoire de vérifier que sa terrible gardienne (oui, c'est de Unohana qu'il parle) tiendrait sa promesse et libérerait enfin son vice-capitaine.
« Qu'est-ce qui vous amène dans mon hôpital, capitaine ?
Il haussa les épaules. Parce que ce n'était pas évident ?
- Je viens chercher mon vice-capitaine. Il me semble qu'il devait sortir aujourd'hui.
Unohana fronça les sourcils.
- Certes, mais il est sorti il y a deux heures déjà.
- Bon.
- Il n'est pas rentré à votre division ?
- Ce n'est pas votre problème.
Il aurait préféré mourir mille fois plutôt que d'admettre que non, son vice-capitaine n'était toujours pas rentré.
- Le lieutenant Abarai est encore un peu mon patient. Je me sens encore responsable de son état de santé.
Kuchiki lorgna sur la fenêtre avec regret. S'il avait été un peu plus sur ses gardes, elle n'aurait jamais mis la main sur lui, seule sa distraction expliquait cela ; en temps normal, personne ne pouvait le retenir contre son gré là où il ne voulait pas être.
Elle commença, d'une voix douce, lente, quasiment maternelle. Le genre de voix que prennent les nounous pour expliquer aux enfants qu'ils ne doivent pas manger de la boue. Byakuya trouva le tout horriblement infantilisant mais écouta sans se plaindre.
- Le vice-capitaine Abarai a subi plusieurs traumatismes graves, il n'est pas encore apte à reprendre une activité normale.
Byakuya hocha la tête en se demandant très sérieusement si Renji avait jamais été apte à une quelconque activité normale.
- Comme je l'ai dit précédemment : pas d'activité physique, quelle qu'elle soit.
- Bon.
- Pas plus de six heures de travail par jour.
- Bien, maugréa Byakuya en se disant que, de toute façon, le record personnel de Renji en matière de travail efficace était plus proche des trois heures par jour.
Elle hésita une seconde et là, Byakuya sut qu'elle s'apprêtait à aborder ce qu'il ne voulait absolument pas qu'elle aborde.
- J'ai compris l'essentiel de vos recommandations, Unohana, fit-il en faisant mine de sortir de la pièce.
- Une seconde, capitaine Kuchiki. Il y a un point que je me dois d'éclaircir.
Un frisson de désespoir lui courut sur tout le corps. Pitié pas ça.
- Comprenez bien, capitaine, que je me considère liée par un certain... hm, secret médical dans ce cas précis. Aussi, croyez bien que rien de tout cela ne sortira de ce bureau.
Et la petite scène du conseil des capitaines, c'était pour le fun ?
- Mais... c'est de mon devoir de vous mettre en garde.
Byakuya lança un regard désespéré vers la porte. Est-ce qu'elle le rattraperait s'il partait avec un shunpo ?
- Votre vice-capitaine est un être fragile et vous ne pouvez disposer de lui à votre guise. Les faiblesses psychiques sont souvent plus profondes et plus graves que les blessures physiques.
Il se figea net dans son mouvement de fuite. Un « être fragile », mais parlait-on de la même personne ? Ou alors Unohana avait été saisie de folie devant la gravité de leur acte ?
- Bref, prenez soin de lui.
- Gné ?
- Et bon courage, finit-elle en le poussant dehors, fourrant quelque chose dans sa main sans qu'il pût protester. »
Il prit la fuite d'un shunpo parfait, atterrissant dans son bureau. Le souffle court, mais pas à cause de l'effort fourni, il s'affaissa sur sa chaise.
Un « être fragile » mais qu'est-ce qu'elle s'imaginait ? Qu'ils allaient se marier ? Rien que l'idée de revoir Renji lui donnait la nausée maintenant. Et cette... cette... il n'avait pas de mots polis pour en parler, cette vieille blatte qui s'imaginait des horreurs que seul un cerveau dérangé de femme pouvait créer ! « Un être fragile » il valait mieux entendre ça que d'être sourd, comme on dit, et encore...
Un peu calmé après cinq minutes de panique intérieure, il se souvint subitement qu'il tenait toujours l'objet fermement serré entre ses doigts. Ouvrant la main, il observa l'objet. Il prit d'abord la petite bouteille pour un médicament (un éventuel traitement pour le convalescent ? du poison en cas d'urgence ?) et puis, regardant plus près d'étiquette, il eut un mouvement de recul et afficha une expression horrifiée. Lubrifiant. En toutes lettres. C'est ça qu'elle entendait par « prenez soin de lui » ? Il eut un instant la tentation de balancer la bouteille dans une poubelle et puis se ravisa. Quand les shinigamis du service de nettoyage sortiraient les ordures, ils la verraient certainement, pire, n'importe qui dans son bureau pourrait la voir pendant cette journée.
Il trouva donc plus sage de le planquer soigneusement dans un tiroir de son bureau qui fermait à clé. Ainsi, nul risque qu'on le trouve pendant cette journée. Il trouverait bien un moyen de détruire cet objet compromettant et honteux. Par le feu ou le kido. En tout cas, il ne devrait rien en survivre.
Unohana avait l'impression d'avoir fait tout ce qu'elle pouvait faire pour ces deux crétins. Oui, parce que Renji aussi allait aussi avoir droit à son petit laïus sur la vie, l'amour, les abeilles au printemps. Quand elle le retrouverait.
Le beau Renji ne s'était certainement pas attardé à l'hôpital. Dès que Isane était venue lui annoncer, toute souriante et croyant bien faire, qu'il sortirait le jour même, il avait sourit de toutes ses dents. Et il s'était juré de mettre les bouts dès que personne ne ferait attention à lui. Il imaginait trèèèès bien la petite scène d'adieux déchirants que lui réservait Unohana, ou pire encore, la reconduite au bercail par son capitaine adoré. Autant échapper à l'un et l'autre.
Il avait prit rapidement la poudre d'escampette, avec la complicité complètement intéressée d'Agido.
« Repassez me voir quand vous voulez, vice-capitaine !
- À ton service ! »
C'est vrai quoi, parfois, il faut savoir rendre la politesse. Il faut même payer de sa personne pour ça.
En attendant que les choses se tassent et que tout le monde oublie jusqu'à son existence, il savait où se planquer. Là, personne ne viendrait le chercher, en tout cas, personne de bien élevé, et les capitaine Unohana et Kuchiki étaient terriblement bien élevés.
Une petite taverne insalubre, dans un coin du mur de séparation avec le Rukongai, pas loin de la porte du flot bleu. Un coin que personne, sauf les rares privilégiés et habitués, ne fréquentait.
La femme (ou presque) qui le tenait avait, selon la légende, été dans sa jeunesse l'amant d'une épouse d'un prince du Seireitei, à tel point que, bien que n'ayant aucun pouvoir particulier, il fut autorisé à vivre dans l'enceinte du palais. Sauf que, pas de bol, le mari découvrit l'embrouille et consentit à ne pas le dépecer vif à la seule condition qu'il ne serait plus jamais en mesure de déshonorer une femme. Avec la puissance d'un capitaine de l'époque, il accomplit la transformation et, à cause du sacrifice de sa virilité, l'ex-amant fut autorisé à rester dans le Seireitei et y tenir son commerce.
Commerce lucratif et florissant que Renji appréciait particulièrement.
« Oï Ren-chan ! Fit-elle lorsque le shinigami entra.
- Heuu... Hana, j'tai déjà dit ne ne pas m'appeler comme ça.
- Oui, pas devant tes potes, mais là t'es tout seul.
- Ouais, c'est pas faux.
- T'as besoin de compagnie ? Questionna la tenancière, pour la forme. Renji n'avait pas vraiment la tête à ça ce jour-là.
- Un verre, ce s'rait bien pour commencer. Plein aussi, ça peut le faire.
- Plein de quoi ?
- Un truc pour shinigamis convalescent, t'as ?
- Ouais, tu vas voir.
- Sans sake.
- Tututut ! Ça donne tout le goût. »
Deux ou trois verres après, la barmaid avait rejoint ce vieil habitué et l'écoutait, comme toutes les bonnes barmaid, pleurer sur sa vie. À cette heure-ci, le bar était encore vide et les danseuses du spectacle de la soirée étaient en pleine répétition.
D'un coup d'œil, Hana comprit que son client n'était pas du tout au mieux de sa forme. Et les quelques verres inoffensifs ne pouvaient pas avoir causé à eux seuls cette déprime.
Ça ne servait à rien d'essayer de lui tirer les vers du nez, il ne parlait jamais de lui. Mais peut-être qu'en lui changeant les idées tout bonnement...
Et puis avec un peu de chance, ses copains passeraient dans la soirée et le récupèreraient.
Elle se pencha, ses seins pulpeux étalés sur le bar devant son client qui resta néanmoins de marbre.
« T'as pas de travail ?
- Je suis convalescent.
- Connaissant ton capitaine, je ne pense pas que ça suffise à te mettre en congé.
- D'où tu connais mon capitaine, toi ?
- Tu nous casses les pieds avec cette peau de vache chaque fois que tu viens te saouler ici.
- Hey !
Renji se redressa, renversant deux verres sur le bar.
- Fais gaffe à ce que tu dis ! C'est pas parce que t'es presque une femme que je ne peux pas te casser la gueule !
- Mais, Ren-chan, fit la barmaid à moitié étouffée par Renji qui lui avait agrippé le décolleté. C'est toi qui l'appelle tout le temps comme ça !
- Mais moi, j'ai le droit.
- Oohh c'est trop mignon.
- S'il te plait, ne dis pas ça avec cet air amoureux, ça me donne des frissons dans le dos. »
Avec un sourire attendrit, elle partit en direction des danseuses qui lui faisaient signe pour vérifier leur prestation de la soirée.
Renji soupira
Non, son capitaine ne l'avait jamais autorisé à sécher une journée de boulot sous le fallacieux prétexte qu'il sortait de l'hôpital. Oui bien sûr, il aurait dû aller en tout premier lieu voir son capitaine et reprendre son service de manière officielle. C'est ce qu'on fait normalement quand on sort de l'hôpital après une longue maladie. Sauf que normalement, il ne se passe rien durant un séjour à l'hôpital qui donne envie d'éviter son capitaine pour le restant de ses jours.
Et si... si lui voyait ça comme un engagement pour la vie ? Et si, pire encore, il désirait me faire payer ça ?
Il débattit un instant avec lui-même pour savoir quelle solution était la pire, et il arriva à la conclusion qu'elles étaient toutes deux aussi horribles l'une que l'autre. Pouvait-il lui en vouloir à mort et allait-il se venger avec cruauté et sadisme ? Voilà ce qui le retenait loin de chez lui.
Loin de là, le capitaine en question, inconscient du trouble dans le quel il plongeait son vice-capitaine malgré lui, avait trouvé refuge chez lui. Il avait laissé le travail de l'après-midi à son deuxième officier. De toute façon, il se sentait incapable du moindre travail sérieux tant qu'il ne savait pas où était Renji. Et comme il était hors de question de courir le Seireitei en criant à qui aurait trouvé le lieutenant fugueur, il préférait se changer les idées en s'attaquant à un autre problème, non moins inquiétant.
Sa sœur. Sa petite sœur. La petite fleur qui lui avait été confiée sur un lit de mort. Une promesse faite au seul être qu'il eût aimé de toute son âme. Et qui se rebellait inexplicablement.
Il constata, un peu déçu, qu'aucune paire de moufles et autre écharpe en mohaire ne l'attendait à son retour. Mais une légère atmosphère de reiatsu indiquait que la jeune fille en avait profité pour exercer son kido toute la journée. Une bouffée de fierté l'envahit. C'est bien ma sœur ça !
Il se composa cependant une face sinistre pour la questionner.
« J'espère que cette journée t'a été profitable. La réflexion est mère de toute sagesse.
- Certes, mon frère. Une journée de confinement a mis à l'épreuve ma résolution.
- Bien.
- Et elle en est ressortie renforcée. »
Byakuya sentit tout son corps se figer un instant.
La petite sœur se rebelle ? Mais comment est-ce possible.
« Rukia tu...
- Je suis navrée, mon frère. Je sais que mon attitude est irrespectueuse et que je ne mérite plus d'être appelée votre sœur mais ma décision est prise et elle est inébranlable. Je vous suis infiniment reconnaissante de m'avoir adoptée dans la famille Kuchiki, mais je ne peux plus vivre dans cette maison.
- Pourquoi cela ?
- J'ai tout simplement besoin de plus d'indépendance. Un récent... incident m'a ouvert les yeux à ce sujet.
- Quel est-il ?
Elle sembla réfléchir, alors que Kuchiki se servait une tasse de thé vert.
- Je ne puis vous le dire.
- Pfouaa ? Cracha le capitaine avec son thé.
- Ce n'est pas mon secret.
La réplique était, décidément, à la mode quand on voulait envoyer paître un capitaine sans le froisser.
- Vous vous êtes donné le mot.
Elle baissa les yeux, dans une attitude de repentir sincère.
- Très bientôt, mon cher frère, je pourrais tout vous avouer.
Comme il allait protester violemment, deux grands yeux pleins de larmes et d'étoiles scintillantes se levèrent sur lui, accompagnés d'une complainte larmoyante digne des pires shonen.
- Ayez foi en moi. »
« Tu l'aimes quand même bien un peu, ton capitaine glaçon et peau de vache ?
Dans la taverne Fête le mur ce soir, les danseuses se trémoussaient au rythme de la musique languissante. Le plus chaud du spectacle était passé et l'ambiance devenait feutrée et tamisée. Imperméable à tant de charme, Renji se faisait remonter le moral par la patronne-confidente.
- Dis pas ça.
- Tu l'aimes pas ?
- Nan mais l'appelle pas comme ça, y'a qu'moi qui peut !
- On va fermer bientôt.
- Hein ? Depuis quand vous fermez ici ?
- Depuis un décret du Gotei 13. Il paraît qu'un bar ouvert non stop toute la nuit provoque des troubles à l'ordre public. C'est la neuvième division qui nous l'a signifié, il y a quelques temps déjà. Ça fait un bail que t'es pas venu.
- J'étais occupé. Mais t'en fous ! Tosen est un con et un traître, son décret est donc annulé ! Allez ressers-moi un verre !
- Tu devrais rentrer, Renji.
- J'suis pas encore bourré.
- Justement, rentre avant d'être bourré. Tu pourras rouler un gros patin à ton amoureux !
Renji ouvrit la bouche, l'air scandalisé.
- Je ne suis pas amo... je n'aim... je n'ai aucun sentim... rien pour lui. Pourquoi ça ne passe pas ? J'suis presque bourré, oui mais encore.
- Cherche pas, t'es bourré.
- Ouais ! Même pas vrai, j'peux encore boire ! Encore à boire ! »
Et, comme accompagnant son cri triomphal, Renji écrasa son poing sur le comptoir. Enfin, sur ce qui aurait du être le comptoir et n'était que le vide à côté du comptoir en question, entraînant le shinigami dans son mouvement, vers la chute inéluctable.
Comme toute bonne chose a une fin, et puisque seules les bonnes choses ont une fin déprimantes, il fallut bien qu'il rentre lorsque la porte du cabaret se fût définitivement fermée devant ses yeux. Tanguant un tout petit peu (mais pas trop, n'oublions pas qu'il n'était pas bourré), il se traîna jusqu'à sa capitainerie à reculons.
Il devait passer devant les bureaux du premier étage pour rejoindre ses quartiers. Pas de problème, en pleine nuit, aucune chance que qui que ce soit le voit et en fasse un rapport circonstancié à Kuchiki. De toute façon, même si cela arrivait, qu'est-ce qu'il ferait avec son rapport sur les sorties nocturne de son lieutenant ? Comme si c'était nouveau. Plus important encore, aucune chance que son capitaine soit encore là. Il se levait avec les poules et donc se couchait aussi avec elles (c'est une image, Byakuya Kuchiki dormait tout seul), aucune chance de le croiser dans le secteur. Au pire, il se ferait engueuler mais on ne s'appesantirait pas trop sur son cas, c'est vrai qu'il était tard, ou plutôt, tôt le matin.
Et puis, comme on dit souvent, quand on est indiscipliné et qu'on a des chefs chiants : il vaut mieux demander pardon que permission.
Déchiré par le remord d'avoir dû punir sa petite sœur bien aimée une fois encore, Byakuya était retourné tristement dans son bureau, seul dans la nuit, le cœur brisé par le remord, l'amertume aux lèvres de ne connaître que des ingrats et des dégénérés. Oui, il avait interdit à sa sœur d'exercer son kido dans la maison, et lui avait conseillé de lire d'excellentes pensées philosophiques à la place. Finalement, il paierait encore, dans une expiation masochiste toutes ses erreurs passées par la corvée paperasse.
Byakuya Kuchiki jeta un coup d'œil prodigieusement inintéressé au formulaire qu'il devait remplir. Voilà à quoi servait Renji habituellement : à remplir les cases de chiffres et de lettres qui identifiaient avec certitude les jours, dates et heures des différentes procédures engagées. Sans lui, les formalités administratives devenaient une longue suite de torture. Finalement, il était bien utile, pour se prendre toutes les corvées. D'ailleurs, était-ce de penser à lui, mais Byakuya avait la nette impression que quelque chose de familier lui rappelait son premier officier ?
Le plancher craqua et il comprit que c'était tout simplement qu'il était là, quelque part dans les couloirs, retournant à sa chambre, après une soirée de beuverie avec ses infréquentables fréquentations dans un bouge quelconque.
Il se concentra et sentit son reiatsu plus précisément, il était au bout du couloir et allait le traverser d'un bout à l'autre, passer devant son bureau et prendre l'escalier vers les quartiers des officiers. Il suivit, à la fois au son des pas qui faisaient grincer le parquet et au reiatsu qui se déplaçait, presque imperceptible, calme. Il fronça les sourcils lorsque Renji passa devant son bureau. Il ne fit pas que passer, il s'arrêta, s'immobilisa et Byakuya perçut nettement le silence d'une respiration qu'on retient, les pas qu'on interrompt, les lattes du plancher qui grincent doucement sous le poids d'un homme qui tente de rester invisible.
Il s'était arrêté, il hésitait. Byakuya essaya sans succès de s'imaginer dans quel état d'esprit Renji pouvait attendre, planté devant la porte de son bureau comme un pot de fleur sur un balcon.
Renji continua son chemin et Byakuya retourna à ses quelques formulaires qui attendaient son sceau. Et la capitainerie de la sixième division retomba dans un silence de mort.
A SUIVRE...
et des petites reviews, on ne carbure plus qu'à ça XD Si vous aimez, rappelez-vous qu'il n'y a pas d'amour, que des preuves d'amour et une review en est une (c'est tordu, oui). Bref, on mendie ^^
