Dernière séance

Edward était passé me chercher, il avait fait un effort pour dompter ses cheveux et les plaquer. Il portait un costume gris anthracite et une chemise noire, les deux boutons du haut étaient ouverts. Il me complimenta sur ma robe, j'avais mis la plus révélatrice de mon dressing, la plus simple à enlever aussi, une robe bleu nuit en satin. Il m'emmena dans un restaurant italien dans le centre, il avait réservé une table à l'écart. Il était très nerveux, m'avait à peine parlé et je trouvais cela adorable.

« Edward, détends-toi. Je ne suis plus ta thérapeute. Ce soir, nous sommes juste deux personnes qui se sont rencontrées et qui veulent... »

Baiser ! pensai-je.

« … apprendre à mieux se connaître. »

Il parut inquiet, sa jambe frappa le sol de façon régulière.

« Avant de coucher ensemble. » soufflai-je presque pour moi-même.

Il soupira, soulagé mais toujours inquiet.

« Tu peux encore dire non. » m'assura-t-il, ignorant que si lui me refusait son corps, j'étais prête à le forcer pour raison médicale.

« J'ai bien l'intention d'aller jusqu'au bout de mes envies ce soir. » lui garantis-je.

Il rougit, ce qui m'angoissa rien qu'une seconde, je répétais mon mot clé. Il était mignon quand il rougissait et pas du tout ridicule, lui. Il était parfait.

« Parle-moi de nouvelle vie à Seattle. Ton travail te plaît ? »

Il était fascinant, j'aurais pu l'écouter pendant des heures, mais il était en même temps tellement magnifique que je perdis plus d'une fois le fil de la conversation.

« Et toi ? »

« Pardon ? » balbutiai-je, perdue.

Je me focalisai sur son visage, non plus sur le haut de son torse dévoilé par sa chemise. Dieu comme j'avais hâte de la lui arracher.

« Pourquoi as-tu décidé de devenir psychiatre ? »

« J'en ai rencontré un quand j'étais jeune, il m'a beaucoup aidée et je me suis dit que je voulais en faire autant. »

« Pourquoi tu as consulté ? »

C'était le moment de la grande révélation...

« Tu ne vas pas rire, hein ? »

Il se vexa, je le vis à la façon dont sa main se ferma en un poing ferme sur la table et à la ride entre ses sourcils.

« Comment peux-tu me dire ça ?! »

« Désolée, tu vois, je ne suis pas la thérapeute ce soir, juste une femme qui a aussi une phobie. »

« Laquelle ? » s'empressa-t-il de me demander, un brin amusé.

« Tu souris ! »

Nous rigolâmes tous les deux, tous ceux qui m'avaient connue avant que je devienne psychiatre avaient aussi ri et ceux à qui j'avouais ma phobie sachant que je traitais les phobies des autres me prenaient pratiquement pour une folle.

« Dis-moi Bella. »

« Ereutophobie. »

« Et qu'est-ce que c'est ? »

« La peur de rougir. »

« Mais... ça... c'est adorable ! Tu rougis... »

Mes joues commençaient en effet à s'échauffer, j'étais nerveuse ce soir, j'avais beau avoir tout fait pour ne pas penser que peut-être il ne voudrait pas de moi, le doute se rappelait à mon bon souvenir en permanence.

« J'ai déménagé chez mon père en classe de première, je suis arrivée en mars, c'était un petit lycée, je suis devenue l'attraction numéro un et je n'ai jamais aimé me faire remarquer. Alors je me suis mise à rougir pour un rien et les autres me le faisaient remarquer. Avant les examens de dernière année, j'ai commencé à flipper à l'idée de devoir m'exprimer. L'éreutophobie est un trouble anxieux caractérisé par une crainte obsédante de rougir en public. Ce trouble fait partie des phobies sociales. Les individus qui en souffrent rougissent facilement, ce qui les gêne dans leurs rapports sociaux, notamment parce qu'ils ont peur que leur rougissement soit remarqué et interprété faussement. De plus, essayer de contrôler le rougissement ne mène souvent qu'à l'accentuer encore plus. Souvent les individus éreutophobes se mettent alors, petit à petit, à éviter les situations à risque, c'est-à-dire la plupart des situations sociales, et peuvent finir par avoir une vie sociale quasiment inexistante... C'est un ami de mon père, le docteur Gerandy, qui m'a aidée. »

« Alors comment te sens-tu maintenant par rapport à ta phobie ? »

« Mieux, je l'ai surmonté mais j'utilise encore parfois mon mot clé. »

« C'est-à-dire ? »

« C'est un mot qui permet de débloquer immédiatement la personne. Tous les phobiques n'en ont pas besoin, c'est au cas par cas.»

« Et quel est ton mot clé ? »

« Fitzwilliam. » avouai-je et je le répétai tout bas une dizaine de fois.

Edward était décontenancé, il cherchait la logique à ma révélation.

« Comme Fitzwilliam Darcy ? » me demanda-t-il finalement.

« Tu connais ?! » m'émerveillai-je.

« Oui, c'est le personnage masculin principal d'Orgueil et Préjugés'. »

« J'étais amoureuse de M. Darcy. » confessai-je en réalisant que cet amour qui m'avait pourtant transcendée n'était rien face aux sentiments que j'éprouvais pour Edward.

« Tu es incroyable Bella, tu ne cesses de m'épater. » me déclara-t-il en nouant sa main à la mienne sur la table.

Je répétais encore 'Fitzwilliam' et Edward ne me regarda pas comme si j'étais folle à lier, je n'aurais pas cru cela possible.

Une heure plus tard, nous étions en route vers son appartement, j'avais insisté pour qu'il puisse vraiment se sentir à son aise. En étant dans son élément, il contrôlerait un maximum de choses.

Il me guida dans son salon, tout était impeccable, c'était la première fois qu'un homme faisait autant d'efforts côté ménage pour m'impressionner. Nous nous assîmes sur son canapé, je me rejouais dans mon esprit et malgré moi la séance où il m'avait faite jouir pour la première fois.

« Bella, il y a quelque chose que je meurs d'envie de faire depuis que je t'ai vu pour la première fois. »

« Oui ? »

Je me glissai contre lui, impatiente de découvrir ce qu'il allait me demander. A son ton, je devinais que ça allait me plaire.

« Mais avant ça, je voudrais te dire que je... je suis très attiré par toi et je ne crois pas que ce soit un transfert. »

Oui !

« Tant mieux, je suis complètement sous ton charme et ça m'aurait... tué si tu avais persisté à me voir comme ta thérapeute. »

« Non... je sais que je peux y arriver avec toi, je me sens compris, je ne suis plus complexé ni même mal à l'aise d'en parler avec toi. Je sais que tu ne me prends pas pour un malade. »

« En effet. Alors, que voulais-tu faire ? » lui rappelai-je.

« Ça. »

Il se pencha vers moi et m'embrassa langoureusement. Je me collai à lui, bientôt je fus assise sur lui, cherchant son sexe contre moi. Il était déjà dur...

« Tu vas me tuer si tu ne me fais pas l'amour maintenant ! » gémis-je en le repoussant doucement.

« Oh Bella... tu n'imagines même pas à quel point j'ai envie de toi, j'ai besoin d'être en toi... »

« N'attends plus. »

« Tu ne veux pas juste... »

« Ne me fais plus attendre ! » geignis-je en posant une main sur son entrejambe.

Il m'entraina vers sa chambre, je n'en vis rien, mes yeux étaient rivés sur son corps parfait et chaud, sur ses mouvements presque félins, sur ses lèvres divines, sur ses cheveux qui ne demandaient qu'à être décoiffés.

« Tu es tellement belle, magnifique, sexy, drôle, sensible... »

Il ponctua chaque compliment d'un baiser profond, je sentis mes joues s'échauffer.

« J'ai envie de te faire l'amour Bella, j'en ai besoin... Rien qu'à toi... »

Il suspendit ses gestes et me dévisagea, ce que je crus lire dans son regard acheva de me rendre rouge comme une pivoine. Il sourit alors et je compris.

« Tu voulais me faire rougir ! » m'insurgeai-je en m'empourprant de plus belle.

« Oui je veux te faire rougir et que tu n'en ai plus peur, je veux te faire cet effet-là. »

« Tu y es arrivé, cela faisait des années que je n'avais plus rougi. »

« J'en suis honoré. Et maintenant, occupons-nous de MA phobie. »

Je gémis, anticipant ses doigts sur moi et en moi. Il me déshabilla rapidement, me complimenta sur ma poitrine et mes fesses, comme quoi il était un homme comme les autres. Il passa un long moment à regarder mon sexe, à jouer avec mes lèvres intimes, à les embrasser et et les caresser. Je ne remarquais aucune hésitation ni crainte dans ses mots et ses gestes. Il me fit jouir avec ses doigts apaisant enfin un désir de plus de deux mois, jamais je n'avais réussi à me donner autant de plaisir.

Il me donna un deuxième orgasme avec sa langue et découvrit ainsi chaque repli de mon sexe. Il se délecta de mon nectar féminin, en réclama même. Il me demanda aussi de gémir plus fort, de ne pas me retenir. Et il avait raison, je m'étais d'abord retenue de peur de l'effrayer et de réveiller ses angoisses. Avec lui je me révélais être bruyante, avant lui aucun autre homme n'avait su me faire sentir aussi bien.

Mon patient était guéri mais mon amant restait à satisfaire.

FIN