Coucou les gens !

Merci à vous tous, pour vos reviews merveilleuses et votre suivi assidu ! Merci aux guests revieweurs à qui je ne peux pas répondre directement (la frustration... ). Vous faites d'Abbey la plus heureuse des auteures, tous autant que vous êtes !

Bonne lecture !


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''Where love is great, the little doubts are fear;
When little fears grow great, great love grows there.''

''Là où l'amour est grand, les moindres appréhensions sont des craintes.
Là où grandissent les moindres craintes, croissent les grandes amours.''

Hamlet – Shakespeare

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''Not really sure how to feel about it
Something in the way you move
Makes me feel like I can't live without you
It takes me all the way
I want you to stay.''

Stay by Rihanna feat. Mikky Ekko

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Chapitre 7 :

New beginning - part 2

Nouveau départ - partie 2

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''Alors... Tu t'es peigné pour moi, c'est ça ?''

''La ferme.''

Chaque pore de Sherlock était en feu. Juste d'être touché. Juste par ce léger frottement de peau contre peau. Ce n'était pas la brûlure des composants chimiques, ni la sensation écœurante qu'il ressentait dès que quelqu'un, en dehors de sa maman ou de Mrs Hudson, essayait de le toucher. Non, ça n'avait rien à voir. Cette brûlure lui donnait envie de plus. De la ressentir plus. De plus de ce contact. Sherlock n'avait rien ressenti de tel, jamais. Il n'avait aucune idée qu'un simple contact pouvait l'affaiblir, l'hypnotiser ainsi. Il pensait être au dessus de tout ça. Son corps n'était qu'une enveloppe, bien au delà de ces trivialités physiques et basiques. Alors pourquoi avait-il l'impression que son cerveau se vidait ? Pourquoi son corps voulait-il s'abandonner à ce contact ? Pourquoi maintenant ? Etait-ce juste une réaction physique ou bien était-ce... John ?

Etait-ce parce qu'il touchait John ?

Pour confirmer, Sherlock essaya d'imaginer que quelqu'un d'autre le touchait ainsi. Quelqu'un comme... comme Natalie ou Mrs. Wiggins. Mais c'était apparemment une très mauvaise idée : un frisson secoua son corps dès qu'il imagina le scénario, et il essaya avec véhémence de bannir cette scène atroce de son esprit. Bark...

Si le contact avec John était hypnotique, celui avec qui que ce soit d'autre le rendait nauséeux. Et alors que Sherlock en était encore à essayer de se débarrasser du ressenti révulsant et secouait ses mains comme si une substance de gluant et répugnant y collait, il arriva à cette conclusion que, oui, John était à l'origine de réaction physique intense ou... hem... plaisante.

Quelque chose n'allait pas, cependant. Sherlock venait d'infirmer ses doutes avec succès et il ne pouvait nier que le résultat le satisfaisait, mais quelque chose semblait absent et il avait froid. Avec un sursaut, il réalisa que John ne le serrait plus contre lui. Il avait certainement repoussé John alors qu'il essayait encore de bannir les horribles images mentales précédentes. Il tourna sur ses talons ; un seul regard vers le visage dévasté et culpabilisant de John et Sherlock sut qu'il allait devoir faire preuve de persuasion.

''Hum... Tu es en train de te méprendre sur la situation.''

Sherlock regarda John pâlir un peu plus.

''Oh. Oh, non... Je... Je suis désolé. Je-j'aurais pas dû... euh... te serrer dans mes bras. Je suis désolé.''

''Tu es définitivement en train de te méprendre. J'étais en cours d'analyse de certaines données et devais conduire une brève expérimentation. Le résultat était plutôt déplaisant ce qui m'a obligé à réagir de cette façon. Tu n'as joué aucun rôle là-dedans, du moins pas directement. Et, quant à ton inquiétude à propos de l'embrassade, tout ce que je peux dire, c'est que... hum... eh bien, je n'ai pas détesté ça.''

Même s'il ne l'avait visiblement pas totalement convaincu, Sherlock ressentit un soulagement intense en voyant John se détendre légèrement.

''Oh, okay. Tout va bien alors. Je veux dire, c'est bien si je ne t'ai pas heurté, ni rien, hein ?''

''Oui, tout va bien.''

Ils se tinrent debout sans bouger, un malaise grandissant entre eux. Le regard de rapace de Sherlock transperçait John, tandis que ce dernier posait ses yeux partout sauf sur lui.

Il n'a toujours pas remarqué qu'il n'a pas sa canne avec lui, médita Sherlock.

C'est devenu bien trop gênant. Est-ce que je devrais parler de la pluie et du beau temps ? Oh, il doit être gelé. Je devrais lui demander de... John cessa promptement son stupide débat intérieur et demanda à Sherlock : ''Eh, on ne devrait pas rentrer ? Tu dois mourir de froid.''

''Je suis parfaitement bien ici, John. Je préfère rester ici avec toi plutôt que retourner dans ce cirque.''

''Oh, okay, hum, d'accord. Mais tu devrais te couvrir avec quelque chose de chaud.''

''Je t'assure que je ne ressens aucun inconfort, dans cette présente tenue.''

''Alors au moins t'asseoir sous l'abri. Viens.''

Ils reprirent les places qu'ils occupaient plus tôt, sur le petit escalier en bois de l'abri, John une marche au-dessus de Sherlock. Le silence les enveloppa à nouveau mais c'était, cette fois, plutôt confortable.

Sherlock aurait voulu fumer de nouveau, mais cela impliquait de rentrer, raison pour laquelle il repoussa son besoin de nicotine pour l'instant et essaya de se concentrer sur le doux son de tapotement produit par les chaussures de John.

Finalement, John parla.

''Tu as juré aujourd'hui.''

''C'est faux !''

''C'est la vérité. C'était plutôt mignon, tu sais, de t'entendre être vulgaire pour la première fois.''

''… Oh, donc ça t'a amusé ? Bien, je suis ravi d'avoir été un tel divertissement pour toi.''

Oh-oh. ''Quoi ? Non... non, non, pas comme ça, pas ''mignon'' comme ça, non. En fait ce n'était pas du tout mignon. Rien n'était mignon dans cette situation, ni dans toi. Euh... non, euh... Ce n'est pas que je ne trouve pas mignon, je te trouve irrésistiblement mignon, mais pas comme ça, tu vois ? Ha ha, non... hum... Je devrais juste la fermer, ouais, okay.''

Silence. John resta assis là comme un hérisson sur la route et sous le choc d'une voiture en approche, en se demandant ce qui ne tournait pas rond chez lui.

Sherlock tourna le visage vers lui mais John ne le regarda pas.

''Tu me trouves irrésistible.''

''Non, non, absolument pas, pas le moins du m- quoi ?''

Sherlock était à présent entièrement tourné vers lui, le regardant droit dans les yeux.

''C'était un mensonge, alors ?''

''Quoi ? Nooooon, non – juste – bordel, Sherlock. Je suis un abruti. Oui, tu es irrésistible, tu es mignon et moi je ne suis qu'un crétin.''

Sherlock arqua un sourcil.

''Pourquoi ? Parce que tu me trouves mignon et charmant ?''

Les épaules de John se détendirent un peu plus.

''T'es en train de te foutre de moi, là, hein ?''

Sherlock fronça les sourcils.

''Bien sûr que oui.''

''Sale môme.''

Et juste avec ce seul mot, l'air autour d'eux se chargea de lourdes émotions. Les souvenirs les envahirent, déluge de moments de bonheur, de plaisanteries, de désaccords, de promesses, d'admiration... d'affection.

Ils soutinrent le regard l'un de l'autre, chacun essayant de trouver l'écho de ses ressentis dans les yeux de son vis-à-vis. Essayant de fouiller les profondeurs de l'esprit de l'autre, d'assurer qu'au fond, ils étaient bien toujours les mêmes et de s'en assurer eux-mêmes. Tout n'était pas scellé.

''Mon sale môme.''

John n'était même pas sûr d'avoir prononcé ces mots à voix haute ou bien seulement dans sa tête. Ce n'était pas un constat, ce n'était pas une confirmation. C'était une requête. Est-ce que je peux toujours dire que tu es mien ? Est-ce que j'en ai toujours le droit ? Est-ce que ces moments ont réellement existé ? Est-ce que tu es toujours à moi ?

''… Oui.''

Sherlock répondit sans détourner le regard. Oui, tu peux toujours le dire. Oui, j'ai tellement attendu de t'entendre prononcer ces mots. Oui, ces moments ont réellement existé. Oui, je suis toujours à toi.

John ne savait pas qu'être possessif signifiait également de s'abandonner totalement. Sherlock ne savait pas qu'accepter le fait que quelqu'un possède le pouvoir de le briser ou de l'influencer pouvait être si libérateur. Ils n'avaient jamais su que s'abandonner pouvait donner l'impression d'arriver à l'endroit auquel on appartenait.


O-O-O


Sherlock fronça les sourcils.

''John ?''

''Hmm ?''

''Il y a une sonnerie qui provient de ta poche.''

''Hmmmm.''

''John !''

''Qu-Quoi ?''

''Tu as un portable ?''

''Hein ? Oh, merde. Attends.''

''C'est qui ? Qui t'a donné ce téléphone ? Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?''

''Juste une seconde.''

''Qui t'appelle si tard la nuit ?''

''Oh, c'est rien, juste Mycroft. Voilà, je le mets sur silencieux. Plus de sonnerie.''

''Il t'appelle la nuit ?''

''Hein ? Oh, non, il veut probablement s'assurer qu'on ne s'est pas encore entre-tués.''

''Pourquoi mon frère t'appelle-t-il à cette heure-ci quand il sait clairement que tu es avec moi ?''

''Euh... Il s'inquiète, certainement ?''

''Est-ce un événement récurrent ?''

''Est-ce que quoi est un événement récurrent ?''

''Qu'il te téléphone ?''

''Oui, plutôt récurrent. La plupart du temps, quand il me contacte, c'est par téléphone. Et je préfère lui parler par téléphone que de l'entendre bavasser en face à face.''

''Il te rend visite ? Et il t'appelle personnellement à chaque fois ?''

''Euh... Sherlock, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi t'es si énervé ?''

''Réponds à mes questions.''

''Il-euh- Il ne me rend pas visite très souvent mais, oui, il m'appelle depuis son numéro personnel... mais je ne-''

''Quelle est la nature de ta relation avec Mycroft ?''

''Quoi ? Relation ? De quoi tu parles, là ? Quelle relation ?''

''N'essaie pas d'esquiver la question. Réponds-moi.''

''C'est quoi ce bordel, Sherlock ? Mycroft m'a aidé à entrer en contact avec toi et je ne l'admettrai certainement jamais devant lui mais je suis reconnaissant de tout ce qu'il a fait qui m'a ramené vers toi. Et, honnêtement, pendant un long moment il a été le seul-''

''Oh, je dois donc à présent entendre tes éloges à l'attention mon frère ? Le parfait Mycroft et ses parfaites petites intrigues. Mycroft le Grand qui envahit une contrée étrangère pour sauver la demoiselle en détresse pendant que son frère le raté rampe dans la boue pour se trouver une dose. Oh, comme c'est merveilleux. Alors, ne penses-tu pas que c'est le scénario parfait, John ? Le héro tombé et le héro tout court. Pendant que l'un se bat becs-et-ongles pour sauver sa propre peau, l'autre sauve le monde d'un simple claquement de doigt. Brillant. Je n'ai jamais eu aucune chance face à lui, n'est-ce pas, John ? Tu ne vas jamais-''

''Sherlock ! Ne prononce pas un mot de plus. Ne finis pas cette phrase, tu m'entends ? Ne. Finis. Pas. Cette. Phrase. Bordel, Sherlock ! Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-c- Pourquoi tu te comportes comme ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi ?''

''Parce que ça ne durera jamais ! Tu ne le vois pas John ? Il va te prendre à moi. Il va te prendre et te cacher et ne plus jamais me laisser te revoir. Il va t'enlever à moi.''

''Oh, Sherlock... Sherlock, Sherlock, écoute-moi...'' La main de John enveloppa le côté gauche du visage de Sherlock, le bout de ses doigts se mélangeant aux boucles noires, et obligea Sherlock à le regarder quand celui-ci voulut reculer. ''Non, non, regarde-moi. Regarde-moi. Tu me connais, non ? Tu connais ton John. Ton John. Je ne vais jamais t'abandonner. Jamais. Je vais rester avec toi aussi longtemps que tu le voudras bien. Je suis là-dedans pour de bon. Non, non non, tais-toi pour le moment et laisse-moi finir, ok ? Ok ? Je ne vais pas te quitter. Mycroft ne va pas m'enlever à toi. Il ne pourra pas, jamais. Sherlock, c'est lui qui m'a amené ici. Non, non, je ne suis pas en train de me mettre de son côté mais il faut admettre la vérité, hein ? Sherlock, Mycroft voulait qu'on se voie et il a tiré beaucoup de ficelles pour que ça arrive. Alors pourquoi voudrait-il réduire à néant tous ces efforts ? Il ne va pas m'enlever à toi, personne ne le peut. Je serai toujours avec toi.''

''Mais-mais il a pris Barbe-Rousse. Il me l'a enlevé et il n'est jamais revenu. Il va faire pareil avec toi. John, il va faire pareil, pareil.'' Sherlock tremblait, sa voix tressautant à chaque mot.

''Chh, chh, chh, non, il ne le fera pas, il n'en a pas le pouvoir. Fais-moi confiance, je ne le laisserai pas faire. Tu me fais confiance, hein ? Hein ? Je ne laisserai jamais personne, personne, te prendre à moi. Je te le promets.

''Tu vas briser ta promesse.''

''Non.''

''Tu vas m'abandonner.''

''Non.''

''Tu ne peux pas me le promettre.''

''Si, je le peux.''

''Pourquoi ?''

''Parce que... parce que tu es toi. Parce que tu es à moi. Parce que je suis à toi.''

''…''

John enveloppa son bras valide autour de Sherlock qui, en retour, pressa son visage contre son épaule droite et se serra contre lui.

''Chh... Chh... Tout va bien, tout va bien, mon grand... Je suis là, je serai toujours là.''

''John ?''

''Oui, Sherlock ?''

''Je-Je ne veux plus que tu vives dans cet établissement de soin. Tu es trop près de Mycroft.''

''Ok, d'accord, je vais déménager. Je vais partir du centre dès que je peux arranger une alternative, d'accord ? Ne t'inquiète pas à propos de ça. Ok ?''

''John ?''

''Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ?''

''Je veux rentrer à la maison,'' marmonna Sherlock dans le creux de son cou.

''… Bientôt. Bientôt tu rentreras à la maison, Sherlock. Je te ramènerai à la maison. Tu y seras dans très peu de temps.''

''Mycroft est stupide.''

''C'est vrai. C'est un abruti.''

''John ?''

''Ouais?''

''Tu m'as appelé 'mon grand.' Pourquoi ?''

''Euh... Oui. Ca te pose problème ?''

''Non.''

''Bien.''

''Pourquoi tu me serres toujours contre toi ? La période de détresse est terminée. Je vais bien maintenant.'' Il ne fit lui-même pas un geste pour se dégager, cependant, alors John resserra un peu plus son étreinte sur lui.

''Je te serre dans mes bras parce que je le peux. Alors la ferme et laisse-moi te faire un câlin.''

''Idiot.''

''Sale môme.''

''John ?''

''Hmm ?''

''Reste.''

''Bien sûr.''


O-O-O


Mycroft ne voulait pas s'arrêter par le centre de Sherlock ce soir, à son retour d'une soirée organisée hautement politique. Il était certain que son frère n'accueillerait pas sa présence avec joie, surtout pas lors d'une telle occasion, et lui-même n'avait aucune intention de s'imposer. Il était trop fatigué pour écouter les plaintes et les geignements de son frère. Mais John, pour une raison qui lui était inconnue, n'acceptait pas ses appels et c'était suffisant pour l'alarmer. Ainsi, Mycroft se retrouva à entrer dans le centre de désintoxication.

Une fois à l'intérieur, il fut informé que son frère et le Docteur Watson se trouvaient actuellement dans le jardin de derrière. L'employé lui proposa de les faire rentrer pour lui mais il refusa. Se jeter lui-même face aux remontrances au vitriol de Sherlock n'était pas quelque chose qu'il avait prévu pour ce soir. Alors, à la place, il se rendit lui-même à l'arrière.

''Pssst... Mr. Holmes ? Pssst ?''

Mycroft Holmes, de sa vie entière, n'avait jamais été du côté de ceux qui reçoivent un 'pssst'. Sa moue perpétuelle s'accentua en même temps que son froncement de sourcil. Il se tourna pour trouver qui était capable d'une telle atrocité et découvrit l'infirmière de Sherlock, debout à quelques pas de lui, partiellement dissimulée par un buisson.

''Mademoiselle Lewis ?''

''Mr. Holmes, venez ici, vite, vite.''

''Je vous demande pardon ?''

''Je vous pardonnerai plus tard, bougez juste de là tout de suite. Ils vont vous voir. Allez, venez.''

''Qui va me-'' Mycroft pivota dans la direction vers laquelle Natalie lui demandait de ne pas se diriger et il pensa apercevoir John.

''Bordel, votre frère...''

Et, là-dessus, Mycroft se sentit happé (Ciel!) par une main sur la manche de son manteau.

''Mademoiselle Lewis ! Rappelez-vous votre place. Lâchez-moi séant.''

Mais Natalie avait sécurisé leur position, bien cachés de la vue de Sherlock et John. Elle abandonna sa prise sur le coude vêtu du manteau.

''Désolée pour ça, mais c'était totalement nécessaire, vous savez. Vous étiez sur le point de ruiner le moment.''

''Pardon ?''

''Vous ne devriez pas aller là-bas dès maintenant. Laissez-leur un peu plus de temps, voulez-vous ?''

''Et je vous prie, dites-moi ce qu'ils sont en train de faire de si important qui ne doive pas être interrompu, et qui ait justifié de me maltraiter ainsi pour assurer leur intimité ?''

''Je me suis déjà excusée. Ne faites pas le bébé. Et ils sont seulement en train de se faire un câlin et tout.''

Cela prit un trop long moment à Mycroft avant de répondre. Cela n'arrivait pas souvent (à vrai dire jamais, à part quand il rendait visite à Mrs. Hudson) qu'on s'adresse à lui d'une telle manière. Il était ahuri, pour le moins, mais Mycroft ne retrousserait jamais le nez parce qu'on lui disait qu'il se comportait comme un bébé. Il carra les épaules, composa un visage aussi indifférent que ce que la situation le lui permettait (soit pas beaucoup, malheureusement), arqua un sourcil et demanda :

'' 'Et tout' ?''

''Oui, vous savez... Ce qui arrive après une querelle d'amoureux.''

Bien, tout ça devenait drastiquement intéressant.

''Ils se sont disputés ?''

''J'imagine. J'ai entendu Sherlock crier et bredouiller.''

''J'exige un compte-rendu complet.''

''Bon sang ! Est-ce que vous avez tous les deux été élevés par les Malfoy ? Vous êtes tous les deux de sacrés drama queen.''

Malfoy ? Et qui sont ces Malfoy exactement ? Cela demande à être investigué. Cependant, ''Je vous assure, Mademoiselle Lewis, qu'il n'existe aucun doute sur notre ascendance, et que nous ayons ou non été sujets à adoption n'est, je pense, en aucun cas une question qui devrait vous inquiéter. Alors, est-ce là tout ce que vous avez à dire au sujet de Sherlock ? J'ai bien peur de ne plus pouvoir retarder ma visite. Mais, euh... merci de vos efforts pour assurer de l'intimité de mon frère.''

Là-dessus, Mycroft se détourna de Natalie et quitta la cachette sans prêter la moindre attention aux protestations et autres 'pssst-pssst' qui suivirent son départ.

Pourquoi est-ce à moi de gérer toutes les bizarreries que Sherlock attire en permanence ?! Et c'est Sherlock, la drama queen. Pas moi.

Mycroft n'avait aucun doute que le Nouvel An se montrerait plein de rebondissements, comme toujours.


O-O-O


Ce fut John qui remarqua Mycroft en premier et il pensa Merde.

A l'instant où la posture de John passa de détendue à alerte, Sherlock sut.

Dès qu'il rencontra le regard de Sherlock, Mycroft se prépara mentalement.

''Qu'est-ce que tu fais là ?'' cracha Sherlock.

Et, bien sûr, Mycroft n'allait pas gâcher cette opportunité d'agacer son frère. C'est pourquoi tout ce qu'il répondit fut : ''Bonsoir, John.''

Le pauvre John, inconscient de la tempête dans lequel il était en train de se jeter, répondit par un hochement de tête, un demi-sourire incertain et un ''Salut.''

De façon très prévisible, John rencontra un regard très Sherlockien qui signifiait 'traître'.

''Tu ne m'as pas répondu Mycroft. Que fais-tu ici ?''

Mycroft roula des yeux dans leurs orbites avant de répondre : ''Je suis venu pour souhaiter une bonne Nouvelle Année à mon frère, bien sûr.''

John pouvait voir que Sherlock avait serré ses doigts en un poing dont les jointures devenaient blanches. Il avait un mauvais pressentiment. Mais avant qu'il ait pu penser à quelque chose qui pourrait faire décroître la tension, Sherlock répondit entre ses dents serrées.

''Tu n'es pas le bienvenu ici. Pars.''

''Ah. Mais ce n'était pas le seul but de ma venue ici, frère. Je suis aussi venu pour m'assurer que John va bien.''

John fronça les sourcils. Sherlock fulminait. Il se plaça devant l'ancien militaire, le dissimulant presque entièrement à la vue de Mycroft. John fit un pas sur la gauche, pour se rendre visible, mais à sa grande irritation, Sherlock l'imita pour tenter de le cacher à nouveau.

''Sherlock, qu'est-ce que t-'' essaya-t-il de s'imposer.

''Très mâture, Sherlock.'' La suffisance suintait de Mycroft.

''Eh bien, frère, serais-tu jaloux ?'' Les jointures de Sherlock étaient toujours livides.

''Jaloux ? De quoi, exactement ?'' Mycroft offrit un sourire serein.

''Mycroft, s'il vous plaît, pourriez-vou-'' essaya John, mais en vain.

''Parce que j'ai John.'' La voix de Sherlock était défiante et... et... acerbe ?!

''Q-Quoi ?'' Le constat ne sortait pas de nulle part, mais John était pris au dépourvu malgré tout.

Mycroft souffla d'une exaspération qui était, John en était sûr, feinte. Le bâtard arrogant appréciait bien trop tout ce manège.

''Ce n'est pas une compétition, frère. Ne tente pas de faire en sorte que ça en devienne une.''

''Oui, en effet. Ce n'est pas une compétition, Mycroft, parce que tu ne remplis même pas les conditions nécessaires. Je demande sa libération sur le champ,'' gronda Sherlock.

''Qu'est-ce qui se passe, là, bordel ?'' John n'arrivait pas à y croire. Il ne pouvait juste pas y croire.

''Bon sang, Sherlock ! John n'est pas mon prisonnier.'' Cette fois, l'exaspération de l'aîné des Holmes semblait un peu plus franche.

''Il ne l'est pas ? Mais surveillé, attendant tes sbires... Et ton besoin soudain de t'assurer de sa sécurité quand il est avec moi me fait pourtant penser que c'est le cas. Tu penses réellement pouvoir me tromper avec la même intrigue à chaque fois ? Aujourd'hui, ça ne marchera pas. Cette fois, je ne te laisserai pas prendre ce qui m'appartient.'' Les mots étaient trempés au vitriol.

Le visage de Mycroft perdit sa suffisance et un masque froid y prit place.

''J'ai fait ce qui devait être fait à ce moment-là. Ne me blâme pas pour ton incapacité à accepter la réalité.''

''C'était mon ami !''

''Et j'ai fait tout ce que j'ai pu pour le sauver.''

''Mais tu n'y es pas parvenu.''

''Laisser un incident spécifique dicter le reste de tes actes n'est pas seulement stupide mais décevant.''

''Désolé, les mecs, pas que je me plaigne parce que croyez-moi, vous voir tous les deux vous déchiqueter de tout votre cœur comme des abrutis, c'est très divertissant, mais, voyez-vous, si j'avais la moindre idée du sujet de votre discussion, j'apprécierais un peu plus ce petit spectacle à la con. Alors quelqu'un se soucierait de me dire ce qui se passe, bordel ?'' Le ton de John crût considérablement et il s'était mis à crier à la fin de sa réplique.

En réponse, il rencontra deux clignements d'yeux. Puis les chamailleries reprirent comme s'il n'était jamais intervenu.

''Tu es décevant, Mycroft, pas moi.''

''Quelle puérilité, Sherlock !''

''Relâche John.''

''Il est libre de partir quand il veut.''

''Parfait, alors il partira dès demain.''

''Joli plan, frère, mais as-tu déjà pensé àson point de shute après cela ? Il a toujours besoin de soins médicaux et je doute que sa maigre pension lui permettra de rester à Londres lorsqu'il commencera à payer son traitement de sa poche.''

''Wow wow wow, je suis toujours là, vous savez ? Et qu'est-ce que tu veux dire, exactement, quand tu-''

''Bien sûr que j'ai tout planifié. Nous partagerons un appartement. Ainsi, il pourra équilibrer ses dépenses.''

''Quoi ? Un appart' ? Sher-... Bordel, hé, éc-écoute-m-''

''Nous ?''

''Oui, frère, nous, parce que tu vas me faire sortir de cet endroit également.''

''Ce n'est pas possible.''

''Tu sais très bien que je suis capable d'en partir dès que je le souhaite, avec ou sans ton aide. Si tu désires que je rende toute cette affaire compliquée, ce sera avec plaisir que je me soumettrai à ce souhait, très cher frère.''

''Mais il est nécessaire que tu termines ta thérapie.''

''Si tu penses réellement que des sessions de thérapie insensées me seront plus bénéfiques que de partager un appartement avec John, cela signe que tu perds tes compétences de raisonnement plus rapidement que je ne l'avais présumé, Mycroft.''

''M'occuper des formalités administratives prendra du temps.''

''C'est ton problème, pas le mien.''

''Très bien, dans ce ca-''

''Espèces d'insupportables snobinards de merde. Vous discutez de ma vie, vous décidez de mon futur à ma place sans même m'accorder un regard ! Je suis là comme- comme un putain de chien errant qui attend d'être promené par les formidables frères Holmes ! Pour qui vous vous prenez, bandes d'abrutis ? Et toi,'' John fit un pas agressif vers Sherlock, ''sale gamin pourri-gâté, qu'est-ce qui te fait croire que tu peux décider de mon futur sans même me consulter ? Hein ? Je t'aime bien, mais ça ne veux pas dire, Sherlock, que tu peux tout choisir pour moi, tu comprends ça ? Hein ? Bien. Et vous,'' c'était au tour de Mycroft, à présent, ''Connard ingérant, qui vous a donné le droit de parler de ma vie comme si j'étais venu déverser mon cœur et mes larmes sur votre épaule ? Ne vous permettez pas de prétendre savoir ce que je peux ou ne peux pas faire juste parce que vous avez un dossier sur ma carrière. Je peux pardonner à Sherlock d'essayer de faire des choix pour moi, mais ce n'est absolument pas la même pour vous. Compris ? Bien. Maintenant, continuez d'entretenir activement votre amour fraternel. J'en ai fini avec vous deux pour ce soir. Non, non Sherlock, pas un mot de plus. Pas ce soir.''

Là-dessus, John pivota et partit d'un pas vif vers le bâtiment principal.

La rage de John Watson. Pure, éblouissante et sexy à en s'en mordre les lèvres. Les deux frères Holmes restèrent immobiles dans un silence ébahi, clignant des yeux en regardant le point vide où John s'était tenu quelques secondes plus tôt et les avait menacés avec conviction.

''Eh bien, c'était... intéressant,'' nota l'aîné des Holmes en tapant son parapluie au sol.

''Comment peut-il se mettre tant en colère ? Il est si petit, presque minuscule.''

''Combien de fois dois-je te rappeler, frère, que la taille physique n'est pas corrélée avec la puissance des émotions humaines !?''

''Hmm. Tu as remarqué ?''

''Bien sûr. Devrais-je la lui faire porter plus tard ?

''Tu peux. Mais je pense qu'il n'en aura plus grand besoin.''

''Sherlock... Es-tu certain de vouloir partager un appartement avec John ? Il ne semble pas très enthousiaste à cette idée, et ton passif avec d'autres personnes n'est pas vraiment encourageant non plus.''

''Je ne suis pas le seul qui cherche à trouver une maison, Mycroft. Il va changer d'avis. Et ce n'est pas d'autres personnes. C'est John.''

''Grand Dieu. Comme c'est poétique de ta part, frère, et pathétiquement sentimental. Cependant, quoique je ne partage pas ton point de vue, je vais contenir mon opinion et espérer que le meilleur advienne.''

''Tu ne trompes personne, Mycroft.''

''Je n'y songe même pas. As-tu un endroit particulier en tête où vous pourriez habiter, ou as-tu besoin de mon assistance ?''

''J'ai une idée.''

''Qui est ?''

''221B, Baker Street. Préviens Mrs. Hudson que Sherlock Holmes et John Watson seront ses nouveaux locataires.''

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Bonne semaine les gens ! A dimanche prochain !

Nauss

PS : reviews fortement appréciées ;D