Salut tout le monde ! Merci pour vos reviews, Liu, Nessie, Caprichoso (c'est moi qui te remercie ! Et pour le Cherik... hin hin hin, qui vivra verra !), Nagron, Eleb, Pilgrim, Evangeline, Alana (oups oui, je suis pas à jour sur AO3 ! Tu l'as dit, ça va être un truc de longue haleine... Pour le Quidditch/quodpot : urgh ! Je savais pas du tout. J'ai pas lu son livre sur le Quidditch. Du coup on va faire comme si ça n'existait pas, parce que le Quidditch est important par la suite XD)
C'EST L'ANNIVERSAIRE DE STEVE ROGERS ! 100 ANS ! (Je crois que j'ai déjà dit ça l'année dernière mais il fêtait ses 99 ans en fait...) Du coup fallait absolument que je marque le coup avec un chapitre. MAIS il n'a pas été corrigé par ma fantastique bêta Meg, donc ne soyez pas étonnés si vous voyez des erreurs ou des répétitions ! Je le modifierai dès que ce sera possible et il sera tout beau tout propre. ^^
Bonne lecture et bisous à tous !
Chapitre 7
St Valentin
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En janvier, alors que toute l'école ne parlait que du bal de Noël, qui avait apparemment été un succès, Steve assista à son tout premier match de Quidditch. Il y en avait déjà eu plusieurs depuis le début de l'année, mais Steve avait raté le premier parce qu'il avait un devoir de Potions à finir en urgence, il avait raté le deuxième pour la même raison (sauf que c'était cette fois pour un devoir de Sortilèges), et il avait raté le troisième parce qu'il était trop malade pour sortir dans le froid.
Les températures étaient encore dans les négatifs, et il y avait bien cinquante centimètres de neige ; Steve se demandait comment ils allaient pouvoir se rendre au terrain de Quidditch, mais il remarqua vite que les pukwudgies avaient déblayé tout un chemin qui y menait.
Bucky n'arrêtait pas de se tourner vers lui, l'air inquiet. Les extrémités de son écharpe virevoltaient dans le vent sifflant.
— Si t'as froid, on rentre, d'accord ? Mets bien ton écharpe, elle est mal enroulée, là… T'as mis tes gants ? Tu veux les miens ?
— Maman Barnes est de retour ! se moqua Dugan.
— La ferme, Dum Dum ! grogna Bucky. Je ne veux pas que Steve tombe malade, c'est tout. Sinon, c'est moi qui vais attraper ses microbes, après.
Steve eut un sourire – il savait que Bucky se moquait bien d'être malade.
— Ça va, dit-il. Claire a jeté un sort à mes vêtements, ils sont censés rester chauds tout le temps.
— Claire ? C'est qui ? demanda Gabe.
— Ta petite copine, Rogers ? ricana Dum Dum.
Les joues de Steve se mirent à flamber.
— C'est le médecin scolaire, répondit Bucky sèchement. Vous ne la connaissez pas parce que vous n'êtes jamais malades.
— Moi, je la connais, dit Morita. J'ai eu un rhume en décembre dernier.
— Ah oui, s'exclama Monty, et elle t'a donné une potion qui t'a fait sortir de la fumée par les oreilles !
Tout le monde se mit à rire à ce souvenir, mais Morita n'avait pas été le seul. Rétrospectivement, Steve avait été heureux d'y échapper : ses potions à lui étaient conçues différemment.
Le terrain de Quidditch était déjà bien rempli lorsqu'ils arrivèrent. Comme c'était un match de Thunderbird contre Wampus, Morita, Gabe et Dum Dum décidèrent d'aller s'installer du côté des tribunes qui leur était réservé, et non pas au milieu des adversaires, comme ils disaient. Steve, Bucky, Dernier et Monty s'assirent en rang d'oignon, et attendirent que le match commence en bavardant avec animation.
Steve n'avait jamais vu un match de Quidditch de sa vie. Il connaissait plus ou moins le principe, il s'était renseigné, mais il n'existait pas de vidéos (les sorciers et leur rejet de la technologie…), et le seul moyen de voir ce que ça donnait en vrai était d'y assister. Bucky, lui, n'en avait pas raté un depuis le début de l'année. Il était passionné, et comptait bien passer les essais pour rentrer dans l'équipe dès qu'il en aurait le droit, en début d'année prochaine.
Après un long moment passé à attendre que le reste des spectateurs arrive, une voix masculine finit par retentir, magiquement amplifiée.
— Chers élèves d'Ilvermorny, soyez les bienvenus à cette quatrième rencontre de la saison, qui opposera Thunderbird à Wampus !
Le commentateur était l'un des professeurs, Howard Stark, le directeur de la maison Serpent Cornu. Steve et Bucky ne l'avaient pas, car il enseignait l'arithmancie, une matière optionnelle qui n'était disponible qu'à partir de la quatrième année, mais ils le croisaient parfois dans les couloirs, et il semblait être quelqu'un de sympathique, quoiqu'un peu excentrique. Il avait la réputation d'être un inventeur renommé de sortilèges et de potions, mais comme tous les inventeurs, il paraissait… particulier. Il était marié à Maria Stark, leur professeur de botanique, et ils étaient régulièrement vus en train de se disputer dans les couloirs.
— Accueillons à présent l'équipe de… Thunderbird !
Sept balais jaillirent subitement sur le terrain, venus de nulle part, et Steve les regarda avec excitation. Il n'avait jamais vu personne voler sur un balai, à part durant les cours avec le professeur Phillips – mais on ne pouvait pas vraiment appeler ça voler. Le niveau était incomparable.
Steve, de loin, ne parvint pas à reconnaître les membres qui composaient l'équipe, mais Howard Stark annonça leurs noms à voix haute, et il réalisa qu'il en connaissait au moins deux : Peter Quill, le clown de Thunderbird, et Thor Odinson, un autre élève extrêmement populaire (que Steve avait bousculé dans un couloir le jour de son arrivée). Les autres étaient des élèves de cinquième, sixième et septième année qu'il ne connaissait pas. Chez Wampus, la star de l'équipe était le capitaine, Logan, le cinquième année qui avait aidé Bucky à recenser les passages secrets du château. Un autre nom sonna familier aux oreilles de Steve : Raven Darkhölme, qui avait changé de Maison lors de son Affirmation, et qui était très proche de Charles Xavier et Erik Lehnsherr, les deux ennemis jurés de quatrième année.
(Certaines rumeurs affirmaient que Raven, jolie blonde aux yeux bleus, était la cause de leur inimitié. Steve n'avait aucun avis sur le sujet. Bucky, lui, savait parfaitement que le problème venait d'ailleurs, mais c'était parce qu'il avait surpris un jour Charles Xavier et Erik Lehnsherr dans un couloir, les lèvres soudées, avant qu'ils ne bondissent en apercevant Bucky. Lehnsherr l'avait menacé de toutes les tortures imaginables s'il soufflait un mot à qui que ce soit, et Xavier, au lieu de calmer son petit ami, avait adressé à Bucky un regard assassin. Celui-ci avait aussitôt décidé de n'en parler à personne, pas même à Steve, ce qui montrait bien à quel point il avait été terrifié.)
Le professeur Phillips, l'arbitre du match, lâcha un coup de sifflet, et aussitôt, tous les joueurs s'éparpillèrent. Pour Bucky, qui avait déjà vu des matchs professionnels, le niveau d'Ilvermorny n'était pas exceptionnellement élevé ; mais Steve, lui, en resta bouche bée. Ils filaient comme des fusées.
Raven, surtout, l'attrapeuse de Wampus, était effrayante de rapidité et d'agilité. Elle fonçait sans cesse d'un endroit à l'autre, volant à travers les Cognards sans le moindre problème. Bucky bondissait chaque fois qu'elle faisait un mouvement (il avait un faible pour elle, admit-il à Steve – très bas, parce qu'elle faisait quand même partie de l'équipe adverse).
Les points s'enchaînaient des deux côtés, sous les commentaires impartiaux et décalés d'Howard Stark ; 10-10, 20-20, 30-30… Puis Thunderbird commença à se détacher, avec 40-30, puis 50-30, 60-30… Steve, sur les tribunes, hurlait de joie à chaque but. Il avait complètement oublié le froid et le vent, et il brandissait le point en l'air à chaque fois qu'un poursuiveur marquait.
Malheureusement, près d'une demi-heure après le début de match, alors que Thunderbird menait 110 à 50, Raven Darkhölme attrapa le vif d'or. Un "oooooh" de déception naquit tout autour de Steve, alors que Bucky serrait secrètement le poing de joie ; de l'autre côté du terrain, les tribunes de Wampus éclatèrent en acclamations.
Ce fut dans une ambiance morne que Steve et Bucky retournèrent avec les autres au château, mais Bucky, au fond de lui, était content d'avoir vu gagner Raven, et Steve, lui, était subjugué par son premier match de Quidditch.
— Alors ? demanda Bucky quand ils furent rentrés au chaud. Verdict ?
— J'ai adoré, sourit Steve. Même si on a perdu. J'assisterai au prochain.
.oOo.
En février, Steve tomba à nouveau malade. Il resta à l'infirmerie une semaine, à boire les potions de Claire Temple ou de l'infirmier Zola et à se faire couver par Bucky, qui venait lui rendre visite dès qu'il avait un instant ; et lorsqu'il en sortit, un matin, il se demanda un instant s'il n'était pas en train d'avoir une hallucination.
Tout était rose.
Du moins, pas tout, pas les pierres, ni les dalles, mais des guirlandes rouges, roses et parme pendaient à tous les plafonds, et des petits angelots de pierre chantaient quand on passait, et de façon générale, toutes les filles gloussaient et tous les garçons avaient l'air nerveux.
— Qu'est-ce qui se passe, ici ? demanda-t-il en rejoignant Bucky et les autres au Réfectoire. J'ai l'impression d'être entré dans une autre dimension.
— Steve ! s'exclama celui-ci en le voyant arriver. Ça y est, ils t'ont laissé sortir ? Ça va mieux ?
— Oui, un peu, sourit Steve.
En dépit du fait qu'il se soit protégé lors du match de Quidditch, il avait attrapé une mauvaise bronchite, et Bucky s'en était voulu de ne pas l'avoir fait rentrer avant qu'il ne tombe malade. En général, Bucky se blâmait de toutes les mauvaises choses qui arrivaient à Steve, de toute façon.
— Claire m'a fait boire des potions. Je ne suis pas encore très en forme, mais ça va. Et donc, qu'est-ce que c'est, tout ça ?
Bucky haussa les épaules.
— C'est la Saint-Valentin, aujourd'hui.
— Oh, répondit Steve, surpris.
La Saint-Valentin était un concept qui ne l'avait jamais concerné, que ce soit de près ou de loin ; aucune des filles de son école primaire ne s'intéressait à lui, et lui-même s'en fichait. Il haussa un sourcil.
— C'est… coloré.
— Y'a trop de rose, dit Dugan en faisant semblant de vomir dans son assiette d'œufs brouillés.
— L'amour, c'est du rouge ! s'exclama Dernier, qui avait visiblement une idée très tranchée sur la question. Ça manque de rouge !
— L'écoute pas, dit Morita en levant les yeux au ciel. Il s'imagine qu'il s'y connaît parce qu'il est français.
— La France, c'est le pays de l'amour ! insista Dernier.
— Ah ouais ? Qu'est-ce que tu vas faire pour fêter ça, aujourd'hui ? ricana Dum Dum. Avouer ton amour ?
Dernier haussa les épaules.
— Bien sûr. J'ai écrit une déclaration à Lisa, en 1ère année chez Serpent Cornu, pour qu'un pukwudgie la lui porte. On verra si elle répond.
Tout le monde le regarda, bouche bée.
— Tu as écrit une lettre d'amour ? s'exclama Gabe, éberlué.
— Les pukwudgies transportent des lettres d'amour ? demanda Steve, qui était resté bloqué sur cette partie de la phrase.
Juste à ce moment, il en vit passer un devant lui, habillé de rose, l'air mortellement grognon. Il dut rassembler tout son contrôle sur lui-même pour ne pas éclater de rire.
— Mon dieu, murmura-t-il, les mains devant la bouche.
— Tu l'as dit, sourit Bucky, qui continuait à manger calmement son bacon.
Son sourire se dissipa bien vite lorsque le pukwudgie habillé en rose s'arrêta devant lui.
— James Barnes, dit-il d'une voix sèche. Message.
Il lui tendit une lettre au papier rose, fermée par un sceau en forme de cœur rouge, et Bucky rougit jusqu'à la pointe des cheveux, sous les "oooooh!" de ses camarades. Steve se pencha vers lui, curieux.
— Ça dit quoi ?
Bucky se racla la gorge et décacheta l'enveloppe.
— "Cher Bucky", lut-il à voix haute, "je t'envoie cette lettre pour te faire part de mes sentiments pour toi. Je t'aime depuis la rentrée scolaire et j'aimerais beaucoup devenir ta petite amie, si tu n'en as pas. Joyeuse Saint Valentin. Clara." Clara ? reprit-il. Je ne connais pas de Clara.
— Il y a une Clara en deuxième année à Pukwudgie, dit Gabe.
— Deuxième année ? Bien joué, mec ! s'exclama Dugan.
Bucky, toujours très rouge, secoua la tête.
— Comme si j'allais sortir avec une fille que je ne connais même pas.
— Tu peux apprendre à la connaître en sortant avec elle, fit remarquer Monty. Mais je comprends la réticence.
— On ne sait même pas si elle est jolie, fit remarquer Dum Dum.
Dernier leva les yeux au ciel.
— C'est pas l'important, ça. C'est sa personnalité qui compte !
— C'est ça, c'est ça, répondit Dum Dum pour l'apaiser.
Au cours de la journée, Bucky reçut un nombre astronomique de lettres d'amour, toutes basées sur le même format que la première. Steve et les autres trouvaient ça très drôle ; Bucky trouvait ça horriblement embarrassant.
Ceci dit, il ne fut pas le seul : Monty reçut également une lettre, ainsi que Morita, et Gabe en reçut trois, toutes aussi dégoulinantes que celles de Bucky. Quant à Steve, Dum Dum et Dernier, ils ne reçurent rien du tout. Steve s'en moquait, mais plus la journée avançait, plus Dum Dum se montrait grognon.
Le bon point, c'était qu'il y avait aussi des chocolats ; mais alors que Steve allait piquer dans une des boîtes que Bucky avait ouvertes, celui-ci lui tapa sèchement sur la main.
— Pas touche ! s'exclama-t-il.
— Hé, c'est pas sympa, Bucky, tu peux bien partager, t'en as reçu plein.
— Rogers, tous ces paquets vont finir dans la poubelle de notre chambre, ça sera vite vu.
— Quoi ?! Mais…
— Imagine qu'il y ait des philtres d'amour dedans ? Il paraît que c'est courant. Je refuse de prendre le risque.
— Des… Des philtres d'amour ? bafouilla Steve, surpris.
— Bien sûr. Un philtre d'amour, un cheveu de la personne à aimer dedans, tu en déposes une goutte sur le chocolat, et le tour est joué ! Méfie-toi, Steve. Il faut s'attendre à tout, quand on est un sorcier.
Tous les autres hochèrent la tête d'un air entendu, et Steve baissa la main, confondu. Il n'avait pas pensé à ça.
— Quel dommage de se dire que tout ce chocolat ira à la poubelle…
— Tu peux en manger, dit Dum Dum, mais à tes risques et périls.
— Moi, je vais tenter le coup, dit Dernier d'une voix résolue.
Tout le groupe le regarda, à mi-chemin entre la surprise et l'admiration.
— Et ta Lisa ? demanda Dum Dum. Tu tiens à prendre le risque de tomber amoureux de quelqu'un d'autre ?
— Oh, elle a répondu que ça ne l'intéressait pas, de toute façon, répondit Dernier d'une voix profondément désintéressée. Elle aime déjà un autre type.
— Ça a l'air de te briser le cœur, railla Monty.
— Mais parfaitement, j'ai le cœur brisé, affirma Dernier. D'où le fait que je me rabatte sur les chocolats de Bucky. S'il veut bien, évidemment.
Sans mot dire, Bucky fit glisser ses boîtes vers lui, et Dernier plongea la main dans la première, qui était déjà ouverte.
Le souffle coupé, tout le monde le regarda prendre un chocolat rond et brillant. Il le tenait à deux doigts de sa bouche lorsqu'il baissa à nouveau la main pour demander :
— Si jamais il y a vraiment un philtre, qu'est-ce qu'on fait ?
— On t'emmènera prendre un antidote, dit Bucky. On ira demander au professeur Mordo. Ça m'étonnerait que tu veuilles rester toute ta vie avec un sourire béat sur le visage en pensant à quelqu'un que tu ne connais même pas.
— Les effets ne durent pas, dit Monty. En deux, trois jours, c'est terminé. Mais c'est déjà trois jours de trop, c'est sûr.
Dernier, toujours intrépide, haussa les épaules et goba le chocolat. Tout le monde retint sa respiration pendant qu'il l'avalait. Il se tourna vers les autres avec un grand sourire.
— Je ne vois pas la différence.
— C'est peut-être à retardement, fit remarquer Gabe. Moi, j'y touche pas.
— Ni moi non plus, dit Bucky. Tu peux tout prendre, Dernier.
Au final, Dernier mangea tous les chocolats de toutes les boîtes de Bucky, et il s'avéra qu'aucun n'était ensorcelé ; en revanche, il fit une fameuse crise de foie, passa toute la nuit à vomir, et jura, pendant que Steve lui épongeait le front avec un tissu humide et que Bucky lui frottait le dos, que la Saint-Valentin, finalement, ce n'était pas pour lui.
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L'anniversaire de Bucky tombait le 10 mars, et Steve ne savait pas quoi lui offrir.
Le problème, c'était qu'il ne pouvait pas aller sur Hornwall Street sans passer la Porte, et seuls les élèves externes (et ils étaient rares, la plupart préféraient rester dormir à Ilvermorny) pouvaient l'utiliser quotidiennement. Autrement dit, il n'avait pas le choix : il devrait lui confectionner quelque chose.
Il était fort en dessin, évidemment, mais il lui en avait déjà offert un à Noël, et il ne pouvait pas lui faire le même cadeau à chaque occasion (bien qu'il était certain que Bucky aurait été content quoi qu'il arrive).
Finalement, ce fut en ouvrant sa malle qu'il eut l'idée. Comme, grâce à la mère de Bucky, elle était extensible probablement à l'infini (Steve n'avait pas testé, mais ça ne l'aurait pas étonné de la part de Winifred), il y avait glissé le chevalet que sa mère lui avait offert pour son anniversaire en juillet dernier, ainsi que quelques toiles.
Un tableau, ce n'était pas pareil qu'un dessin, après tout. (La prochaine fois, il prendrait ses précautions, et il lui achèterait dès le mois de juillet tous ses cadeaux à venir.)
Bien entendu, il ne pouvait pas travailler dans sa chambre, sinon Bucky s'en rendrait aussitôt compte. Il emprunta donc la carte de l'école de son ami pour trouver une salle de classe désaffectée dans une aile rarement fréquentée, et y installa son chevalet dans un coin, et sa toile dessus.
Pendant quinze jours, dès que les cours se terminaient, Steve filait dans sa salle de classe ; parfois, quand il n'avait pas le temps, il se levait la nuit pour y aller en cachette.
(Bucky, bien entendu, se doutait que Steve lui cachait quelque chose, mais comme Steve ne voulait rien dire et que son anniversaire approchait, il décida de ne pas trop aborder le sujet, pour que Steve puisse garder l'illusion de lui faire une surprise.)
Le 10 mars tombait un mardi, aussi durent-ils aller en cours comme à leur habitude, mais une fois le soir venu, lorsque Steve et Bucky pénétrèrent dans la salle commune, ils furent accueillis par une foule d'élèves criant "surprise!". (Peu de gens avaient droit à leur propre fête surprise d'anniversaire, à Ilvermorny, mais Bucky était très populaire.) Au premier rang se tenaient les instigateurs, les Commandos Hurlants, qui avaient subtilisé dans la cuisine des chips et des snacks (depuis que Bucky, l'ayant lui-même appris de Logan, leur avait indiqué où elle se trouvait, ils y allaient régulièrement dans le plus grand secret, en tentant de ne pas se faire pincer par les pukwudgies).
Certains élèves offrirent des cadeaux à Bucky, mais la plupart, tout comme Steve, n'avaient pas eu l'occasion d'aller faire des achats et lui avaient confectionné quelque chose. Il se retrouva donc avec deux écharpes en laine violettes, trois bonnets, deux paires de gants, ainsi qu'avec divers cadeaux issus d'objets métamorphosés, une belle plume, un carnet, et même un loup en peluche qui hurlait à la mort quand on le prenait et qui marchait à quatre pattes.
Steve et Bucky passèrent toute la soirée à rire et à jouer aux cartes, voire à danser (quelqu'un avait ensorcelé un violon qui jouait des mélodies endiablées), et Bucky jetait régulièrement des regards à Steve, que celui-ci ignorait.
Lorsqu'ils rentrèrent dans la chambre, un peu avant Dernier et Monty qui finissaient une partie de bataille, Bucky ne tenait plus en place. De toute évidence, il n'osait pas demander si Steve avait un cadeau pour lui, parce qu'il était trop poli, mais il brûlait d'envie de le savoir.
— Belle soirée, hein ? dit Steve, décidant de ne pas abréger ses souffrances tout de suite.
— Oui, répondit Bucky. Plein de cadeaux. De la part de presque tout le monde.
Steve éclata de rire, et Bucky lui jeta un regard où l'irritation le disputait à l'affection.
— T'es vraiment terrible, tu le sais ?
— Oui, mais au fond, tu m'adores, sourit Bucky.
Ça, c'était vrai, mais Steve ne lui dirait jamais, bien sûr. À la place, il se pencha, et fit glisser la toile qu'il avait cachée sous le lit, enveloppée de papier.
Bucky écarquilla les yeux en voyant la taille et la forme du cadeau.
— Steve…
— Je suis désolé, je ne pouvais rien t'acheter, alors je l'ai fait moi-même…
— C'est parfait comme ça, assura Bucky.
Avec des précautions touchantes, il défit l'emballage, et resta bouche bée devant le tableau que Steve avait peint : Bucky, lui-même, et leurs cinq amis, tous se tenant par les épaules et fixant le peintre, avec un grand sourire aux lèvres, éclairés par la lumière du soleil, avec le château d'Ilvermorny en fond. Steve avait demandé au professeur Coulson de jeter un sortilège sur la toile pour que les personnages bougent comme dans les portraits qu'on trouvait au mur du château, et les sept garçons se dandinaient d'un pied sur l'autre, se donnaient des petites tapes, se chatouillaient, ou s'échangeaient des regards malicieux.
Bucky resta silencieux si longtemps que Steve finit par se demander si la surprise lui plaisait.
— Stevie, finit-il par lâcher d'une voix pleine d'émotion. C'est magnifique. Tu es vraiment doué.
Ils avaient tous l'air rayonnants de bonheur, sur ce portrait, et Bucky leva vers lui un regard aussi lumineux que son alter ego de peinture.
— Merci, Steve.
Bucky, après avoir précautionneusement reposé le tableau sur le lit de Steve, le serra contre lui, et Steve, en posant sa tête sur son épaule, songea que c'était plus à lui de remercier Bucky d'être toujours là pour lui.
Au lieu de l'accrocher, comme son dessin de Noël, au-dessus de son lit, Bucky suspendit la toile au dessus de celui de Steve, dans lequel il passait finalement la majorité de ses nuits.
(Et il y passa celle-là aussi.)
.oOo.
Plus l'année avançait, plus les élèves se montraient nerveux en pensant au Tournoi de Fin d'Année qui devait prendre place après les examens. Du moins, ceux qui avaient une chance d'y participer : avec toutes les boules des 1ère années qui flottaient en haut de la sphère, Bucky et Steve savaient déjà qu'ils seraient trop justes pour y accéder, ce qui leur convenait très bien, Steve parce qu'il n'avait pas envie d'être sous le feu des projecteurs, et Bucky parce qu'il n'avait pas envie d'être Préfet en deuxième année.
(Lorsqu'il avait fait cette remarque aux Commandos Hurlants, Dum Dum avait haussé les épaules en répondant qu'il pouvait très bien arriver premier au Tournoi et refuser d'être Préfet, ça c'était déjà vu, et que son argument était donc irrecevable.)
(La vérité, c'était que Bucky n'avait pas envie de faire d'efforts supplémentaires, surtout.)
Entre les autres élèves, en revanche, des tensions commençaient à se faire sentir, surtout au retour des vacances de printemps, que Steve et Bucky avaient passées chez eux à Brooklyn. Erik Lehnsherr et Charles Xavier se battirent en duel ; il en résulta une retenue pour Erik, mais pas pour Charles, qui bénéficiait d'un favoritisme assez fabuleux de la part des professeurs – ce qui ne fit qu'aggraver l'antipathie mutuelle des deux adolescents (Bucky leva les yeux au ciel, mais continua à garder le silence sur toute l'histoire) ; Ronan Hala, en quatrième année chez Serpent Cornu, jeta dans un couloir un sortilège provoquant des hémorroïdes à Peter Quill ; celui-ci, absolument furieux après quelques jours passés à l'infirmerie, se vengea avec un sort si particulier que d'étranges motifs ayant la texture et la couleur du charbon naquirent sur le visage de Ronan – celui-ci alla aussitôt accuser Peter Quill auprès des professeurs (sans mentionner, évidemment, que c'était lui qui avait commencé), et dès le lendemain, Peter, non content de chuter radicalement dans la Sphère, se vit infliger un mois entier de retenue et reçut même une Beuglante de la part de sa mère, qui explosa pendant un repas au Réfectoire. (Quant à Ronan l'Accusateur, comme l'école le surnomma, malgré tous les efforts de Claire Temple, il conserva les cicatrices du mauvais sort autour de ses yeux et de son menton, mais il ne tarda pas à le revendiquer comme une spécificité et à l'exhiber.)
Le clou du spectacle, toutefois, fut la dispute qui opposa Thor Odinson, la star de l'équipe de Quidditch de Thunderbird, à son frère Loki, chez Serpent Cornu. Les deux garçons se battirent dans la cour principale de l'école, en face de l'entrée. Au début de l'année, selon les élèves des années supérieures, Loki et Thor s'entendaient bien, mais la rumeur prétendait que Loki était tombé amoureux de Sif, la meilleure amie de Thor, qui n'avait d'yeux que pour ce dernier (Thor, pour sa part, ne remarquait rien du tout, car, toujours selon la même rumeur, il était amoureux d'une élève de deuxième année qui s'appelait Jane).
La situation s'était corsée au fil des mois, avec des remarques méprisantes de Loki à Thor, auxquels Bucky et Steve assistèrent parfois, et des disputes ; mais après les vacances de printemps, toute l'affaire prit des proportions impossibles, et éclata brutalement un beau dimanche matin ensoleillé (Steve commençait juste à ne plus mettre trois écharpes autour de son cou).
Steve et Bucky se dirigeaient vers le terrain de Quidditch pour assister avec leurs amis à l'entraînement de l'équipe de Wampus, quand des cris et des acclamations résonnèrent dans la cour, et ils accoururent pour voir ce qui se passait.
C'était Thor et Odin qui s'envoyaient sortilèges sur sortilèges ; Loki, très offensif, les enchaînait les uns après les autres ; Thor, lui, préférait l'esquive, et semblait avoir du mal à lancer des maléfices à son frère. À côté d'eux, Sif leur criait d'arrêter, et les amis habituels de Thor, Volstagg, Fandral et Hogun, observaient la scène en hochant la tête d'un air appréciateur.
— Il faut les arrêter, dit Steve en faisant un pas en avant.
Bucky lui attrapa le poignet.
— Tu vas te prendre un maléfice si tu t'approches trop près, Steve. Laisse-les se défouler, ils en ont bien besoin.
Au bout d'un moment, Sif partit chercher un enseignant, et revint avec Erik Selvig, le professeur d'astronomie, qui se précipita vers eux en faisant des moulinets avec ses bras.
— Qu'est-ce que vous faites, là ?! s'écria-t-il. On ne se bat pas à l'intérieur du château !
— C'est parfait, répliqua Loki d'une voix froide, puisque nous nous trouvons à l'extérieur.
Le professeur Selvig ne sembla pas apprécier son humour.
— Loki Odinson, vingt points en moins et une retenue, pour vous apprendre le respect ! Thor Odinson, une retenue également, pour vous être battu dans l'enceinte du château ! À présent, filez !
Malgré tout le mépris que Loki semblait avoir pour Selvig, il haussa les épaules et rentra à l'intérieur du château, et toute la foule qui les observait se dispersa. Le professeur Selvig, à quelques pas de Steve et Bucky, poussa un profond soupir.
— Ces deux-là, alors, marmonna-t-il pour lui-même.
— Tout va bien, professeur ? ne put s'empêcher de demander Steve.
Distraitement, Selvig tourna la tête vers lui.
— Quoi ? Oh, oui, merci, Rogers. Ils sont juste difficiles à gérer, c'est tout. Tout le monde ne parle que d'eux dans la salle des professeurs. Il va falloir que j'écrive une lettre à leur père… Mais je n'ai pas le temps, Karl m'a demandé d'aller chercher des herbes dans les Grottes Interdites pour ses potions…
— Vous voulez que j'y aille à votre place, professeur Selvig ? proposa Bucky, qui ne rêvait que d'entrer à nouveau dans les magnifiques Grottes Interdites.
— Merci, Barnes, sourit Selvig, mais je sais précisément ce dont a besoin le professeur Mordo pour sa potion, et je n'ai pas envie d'envoyer un élève faire une tâche qu'il m'a confiée personnellement.
— Je suis bon en botanique, vous savez, dit Bucky, légèrement piqué au vif. Je ne me tromperai pas.
— Je sais, mon garçon, mais je préfère m'en occuper moi-même. Par ailleurs, les Grottes sont interdites aux élèves. Vous feriez mieux d'aller vaquer à vos occupations. Allez, allez, dit-il en les poussant gentiment de la main.
La bande à Steve et Bucky se dirigea donc vers le terrain de Quidditch tandis que le professeur Selvig partait vers les Grottes, et Bucky soupira d'envie.
— Je devrais faire une carte des Grottes, aussi.
Steve leva les yeux au ciel, mais il ne lui fit pas remarquer que les Grottes étaient interdites pour une raison – parce qu'elles étaient pleines de crevasses et de ravins cachés et donc dangereuses – et que Bucky s'exposait à un châtiment bien plus pénible que l'occasionnelle retenue lorsqu'il se faisait prendre la nuit dans les couloirs du château.
— Allez, viens voir Raven s'entraîner, dit-il à la place.
Bucky s'illumina aussitôt.
— Ok !
.oOo.
A suivre.
A (plus ou moins) bientôt pour la suite !
