Je suis en retard, je sais.
Merci à tout ceux qui reviews, qui follow et qui mettent en favorit Au-delà des apparences. Ça m'encourage beaucoup, vraiment.
marchlo : Oui tu as raison, il faut un peu de tout (de l'action, du romantisme, de la tristesse…) Moi aussi j'adore Chandler ! Dommage qu'il ne soit pas plus important dans Glee…
Cecile78 : Merci beaucoup ^^ Mais comment le sais-tu ? Peut-être que tu es une amie de Au Clair De Ma Plume ? O_o
LuvForKlaine : Je sais bien qu'il n'y a pas assez de Klaine. Il y a deux raisons : d'abord parce que je commence à avoir une préférence pour le couple Sebandler dans cette fiction, et ensuite parce que je n'ai pas du tout d'inspiration Klainiène en ce moment :s
5287DC : Merci ! Oui, beaucoup de monde me dit qu'il n'y a pas assez de Klaine dans mes derniers chapitres… C'est à moi que ça fait plaisir de répondre ! Petite question : ton pseudo, c'est bien la date de naissance de Darren Criss, je ne suis pas folle ? xD
Pour ce chapitre, j'ai fait des efforts ! J'ai mis plus de Klaine et moins de Sebandler. Vous êtes fiers de moi ? :D J'espère que vous allez aimer, on se retrouve dans 20 jours (c'est la fréquence à laquelle je compte poster des chapitres de ADDA).
Et je voudrais aussi rendre un hommage à Cory Monteith qui nous manque à tous. Je sais que ça fait longtemps qu'il est mort mais comme je n'ai pas publié depuis… En plus, il est mort le jour de mon anniversaire, alors ça m'a fait bizarre :s Je n'étais pas une grande fan de Cory avant, mais maintenant qu'il est parti, je l'aime bien. C'est étrange la sensation qu'on a quand on perd quelqu'un qu'on appréciait pas forcément. On finit par aimer la personne. RIP Cory Monteith.
Alors que Chandler se réveillait, il sentit un vent frais souffler sur sa peau nue. Il frissonna légèrement et se mit en position assise sur son lit. Le blond attrapa ses lunettes et les enfila. Il cligna plusieurs fois des yeux et tourna la tête vers sa droite. Il constata que sa porte-fenêtre était ouverte. Il fronça les sourcils. Il était pourtant sûr de l'avoir fermée, hier soir. Haussant les épaules, il se leva et alla la clore. Il tourna la clé dans la serrure, pour plus de précaution. En bâillant, il rejoignit la salle de bain et entreprit de se doucher. L'eau chaude ruissela sur son visage, lui prodiguant un bien fou. Après s'être habillé, il descendit les marches de l'escalier. Sa mère avait fini de préparer le petit déjeuner. Chandler s'assit sur sa chaise dans un sourire. Casey vit tout de suite qu'il allait mieux.
- Tu as parlé avec Kurt ? demanda-t-elle.
- Oui ! s'exclama-t-il. On s'est réconciliés !
- Ah, c'est génial ! lui sourit-elle.
Le blond croqua dans sa tartine et releva la tête vers sa mère. Il sourit, avalant sa bouchée de pain.
- Du coup, maman, je me demandais…
Casey sourit à son fils. Elle savait que quand il commençait comme ça, c'était pour lui demander quelque chose d'important. Elle attendit patiemment que Chandler termine.
- Est-ce que tu m'autoriserais à aller voir Twilight avec Kurt ?
- Oui, bien sûr, mon ange. C'est quand ?
- Euh, je crois que c'est un samedi, dans deux ou trois semaines.
- C'est entendu. A quelle heure il faudra venir te chercher ?
- Je crois que Kurt va me ramener… Ça se finit vers vingt-trois heures.
Casey hocha lentement la tête. Comme le blond avait fini de manger, il remonta dans la salle de bains pour se laver les dents. Il prit son sac de cours, enfila une écharpe et un manteau puis, après avoir embrassé sa mère pour lui dire au revoir, sortit. Il grimaça quand il vit que le soleil était caché par d'épais nuages gris foncé. Il allait sûrement pleuvoir. Il s'assit sur les marches. Instinctivement, il tourna la tête vers la forêt. Depuis quelques temps, le matin, il se sentait observé. Comme si une créature assoiffée de son sang l'épiait, attendant le bon moment pour lui sauter dessus et le dévorer tout cru. Le blond plissa les yeux pour tenter d'apercevoir quelque chose ou quelqu'un à la lisière du bois. Mais il n'y avait rien. Seulement des plantes humides et vertes. Avant qu'il ne puisse esquisser un autre mouvement, un vrombissement se fit entendre et des pneus crissèrent sur la route. Le 4x4 de Kurt était devant Chandler. Le blond se leva lentement. Le châtain sortit de sa voiture et se jeta dans les bras de son ami.
- Chandler ! Tu m'avais tellement manqué !
- Toi aussi, Kurt ! Je suis désolé, vraiment désolé, que tu n'aies pas compris ce que je voulais te dire !
- C'est pas grave. Mais j'espère que tu ne me mentiras plus à l'avenir.
- Non, ne t'inquiète pas.
Kurt lui sourit et ils montèrent dans la voiture. Alors qu'ils roulaient sur le bitume, Kurt dit :
- Tu as demandé à ta mère pour le cinéma, au fait ? Vu qu'on se faisait la gueule, je pensais qu'on n'irait pas…
- Si, elle a dit oui ! Je veux y aller, sourit le blond. Surtout pour voir comment Jacob va réagir avec le bébé et tout.
Kurt écarquilla les yeux. D'habitude, son ami ne disait jamais de bien de Jacob. Il sourit et répliqua gentiment :
- J'espère qu'ils feront un peu plus parler Embry.
Chandler lui retourna son sourire et ils continuèrent à parler à propos de Tina et Mercedes.
- Elles ne sont pas vraiment meilleures amies, dit Kurt à un moment. Mais elles s'aiment beaucoup.
- Oui, elles ont les mêmes centres d'intérêt. Enfin, presque.
- Ouais. Mercedes aime plus la nourriture, et Tina les habits.
- Attends, je croyais que tu aimais bien comment s'habillait Mercedes ?
- Oui, oui. Mais le look gothique va mieux à Tina. Je le lui ai conseillé d'ailleurs. Je suis fier du résultat.
- Je pensais que tu préférais Mercedes.
- Oui, je préfère Mercedes à Tina, bien sûr, mais tu sais, Mercedes se fiche pas mal de mes conseils alimentaires. Avec mes régimes au céleri, elle perdrait quelques kilos en une semaine !
- Des régimes au céleri, sérieux ?
- Ben oui, tu ne te souviens pas quand je rêvais de devenir cheerleader ?
- Ah, si ! dit Chandler en riant. Mais tu mangeais plein de chocolat, une fois rentré chez toi. Tu m'appelais même à l'aide pour venir poser un cadenas sur ton frigo.
- Oui, je m'en rappelle ! Et au final, Sylvester ne m'a même pas retenu. Quel gâchis. J'aurais fait un si beau cheerleader.
Kurt soupira, pensif. C'était vrai qu'il y a plusieurs années, le châtain avait tenté de rejoindre l'équipe de pom-pom girls de Sue Sylvester. Il s'était mis au régime et avait entamé des séances de sport obligatoires tous les mercredis. Malheureusement pour lui, ses efforts n'avaient pas payé et il n'avait pas été pris. Chandler regarda son ami avant de se reconcentrer sur la route.
- Au fait, tu savais que Tina aimait Mike ? lança le châtain.
- Oui, elle me l'a dit l'autre jour, quand on ne mangeait que tous le deux. Elle n'a pas arrêté de me vanter ses mérites pendant toute la récré.
- Ça, c'est sûr, pour agacer les gens avec un mec, il n'y a pas pire ! soupira Kurt dans un sourire.
Il rit avant de se rectifier :
- Enfin, en te mettant à part.
- Quoi ? s'étonna le blond.
- Tu es hors-compétition, Chandler ! répliqua Kurt en levant les yeux au ciel, son visage fendu en un sourire hilare.
- C'était quand la dernière fois que je t'ai saoulé avec un mec ? voulut-il savoir.
Kurt réfléchit quelques minutes.
- Tu m'as fait tout un baratin sur Sebastian.
- Quoi ? dit le blond d'une voix légèrement tremblante. Et qu'est-ce que je t'ai dit ?
- Tu m'as raconté à quel point il était agaçant, à toujours être si contradictoire : un coup gentil parce qu'il te passe une feuille, un coup désintéressé par qu'il ne te calcule même pas, un coup méchant parce qu'il te traite de nabot… Enfin, une autre de tes histoires passionnantes. Tellement passionnantes que je m'endors à la fin.
- Hé ! protesta Chandler. Je ne faisais que t'informer. Je ne savais pas que ma vie était aussi désintéressante à tes yeux.
- Oh, tu sais bien que je plaisante ! le taquina son ami. Bien sûr que j'aime quand tu me parles de toi.
Le blond sourit et posa sa tête contre la vitre. Ils arrivèrent enfin au lycée. Alors que Kurt se garait sa voiture près de celle de Blaine, ils purent voir deux personnes sortirent de la voiture rouge de sport. Les deux garçons sortirent du 4x4 et jetèrent par le biais un coup d'œil à la deuxième personne. Le cœur de Chandler rata un battement. Blaine était avec Sebastian. Il venait de sortir de sa voiture, souriant au bouclé. Ils étaient tout près, alors Kurt et Chandler purent entendre un morceau de leur conversation :
- … Et là, je lui ai dit qu'il allait devoir continuer tout seul, parce que moi j'étais crevé et que je lui avais déjà largement prouvé que c'était moi le dominant ! disait le plus grand en riant.
Blaine éclata de rire et répondit, tout sourire :
- J'aurais aimé voir sa tête ! En plus, il est du genre sensible, non ? Il a dû la sentir passer !
Sebastian rit avec le plus petit. Kurt et Chandler étaient complètement choqués. Est-ce qu'ils parlaient vraiment de ça ici et de cette manière ? Chandler secoua la tête. Ça le révulsait. Franchement, tant qu'à faire, Sebastian aurait pu hurler à toute la Terre ses ébats sexuels. Le blond prit son ami par le bras et le tira loin de là. A l'intérieur de lui, il bouillonnait. Tout ça le rendait extrêmement jaloux, Même s'il s'entêtait à essayer de le nier, il aurait beaucoup aimé être le seul objet de convoitise de Sebastian. Mais, apparemment, il avait déjà trouvé un autre mec pour le remplacer. Le blond soupira. Kurt fronçait les sourcils et regardait encore dans la direction de Blaine et de son ami.
- Pourquoi- Pourquoi est-ce qu'ils sont arrivés ensemble ? demanda-t-il.
Chandler écarquilla les yeux. Ils venaient de voir deux garçons parler de sexe devant eux, et la seule chose dont Kurt se souciait, c'était pourquoi ils étaient arrivés ensemble.
- Mais ça, Kurt, en s'en fout ! Tu n'as pas entendu de quoi ils étaient en train de parler ? Comme si Sebastian était fier de se taper des mecs qu'il ne connait même pas !
- Bien sûr qu'il en est fier. Et puis, c'est bizarre. Blaine et toujours seul, d'habitude, le matin.
- Ah, parce que tu regardes s'il est accompagné ? Tu es amoureux ou quoi ?
Kurt le regarda avec des yeux ronds.
- Tu délires, j'espère ?
- Et nous aussi, je te rappelle qu'on vient ensemble le matin, dit-il.
Kurt haussa les épaules.
- Ça m'étonnerait qu'avec tout l'argent qu'il a, Sebastian ne puisse pas s'offrir de voiture.
- Comment tu sais s'il est riche ? voulut savoir le blond.
- T'as pas vu les fringues qu'il porte ?
En effet, le grand châtain était toujours habillé avec les vêtements des marques les plus chères. Même son parfum respirait sa prospérité.
- Si. Mais tu sais, l'habit de fait pas le-
- Chandler, c'est bon, j'ai compris, coupa le châtain dans un sourire moqueur. Je sais très bien que tu espères qu'au-delà des apparences, Sebastian soit un homme romantique et attentionné, qui t'apporterait des fleurs tous les jours au lycée et qui te chanterait des chansons d'amour pour te conquérir. Alors, pas besoin de me servir ton proverbe comme quoi « l'habit ne fait pas le moine », parce que toi et moi savons pertinemment qu'il est peu probable qu'un garçon comme Sebastian en cache un autre.
Chandler baissa sans le voir les yeux. Il savait que son ami avait raison, et qu'il ne servait à rien d'espérer que Sebastian soit quelqu'un d'autre à l'intérieur, parce que le grand châtain était vraiment la personne qu'il prétendait être. Arrogant, impitoyable, séducteur. Le blond se dit qu'au fond de lui, il souhaitait vraiment que Sebastian puisse changer. Il pensait qu'il avait encore un peu de sentiments pour lui, peut-être, et que c'était le motif de sa soudaine jalousie.
- Euh… Chandler ? Je rigolais, se reprit Kurt en voyant l'air bouleversé de son ami. Je sais très bien que tu te fous que Sebastian soit romantique ou pas.
- Ouais, répondit juste le blond en lui offrant un sourire sans joie.
Kurt fronça un peu les sourcils puis ils partirent vers leur salle de cours respective. Malheureusement pour Chandler, il avait anglais. Kurt, lui, avait mathématiques. Comme tous les lundis. Le blond s'assit sans broncher à sa place et garda ses yeux rivés sur la porte. Le châtain n'allait pas tarder à arriver. Effectivement, Sebastian entra et avança d'un pas déterminé vers lui. Il prit place à côté de lui et le fixa étrangement. Chandler déglutit. Il n'aimait pas quand le jeune homme le regardait de cet air-là. Il se sentait mal à l'aise. Comme quand il avait l'impression d'être suivi, ou qu'on l'observait sans qu'il sache de qui il s'agit, ou encore quand il se sentait épié dans la forêt. Sebastian ne le quitta pas des yeux de tout le cours. Chandler, lui, comme à son habitude, écrivait sur sa feuille. Il en était déjà au chapitre quatre. Mais il n'avait aucune inspiration. Rien ne venait. Il essayait pourtant de trouver les bons mots, comme avant, mais là, il était comme gêné. Le regard bleu azur de Sebastian le dérangeait. Pas une fois ils ne s'adressèrent la parole, mais Chandler avait l'impression qu'ils se disaient déjà tout avec leurs yeux. Par exemple, il savait que le garçon près de lui se demandait toujours ce qu'il était en train d'écrire. Aussi, quand Chandler changeait de position sur sa chaise, il savait que le regard irrité de Sebastian témoignait de son éternelle incompréhension à propos de la sensation de bien-être que prodiguait cette posture au blond.
A la fin du cours, Chandler soupira en remarquant qu'il n'avait réussi à écrire qu'une page. Normalement, il réussissait à en terminer au moins deux ou trois. Mais bon, la chance n'était pas au rendez-vous, aujourd'hui ! Sebastian le regarda se lever et ranger ses affaires sans un mouvement.
- Tu vas continuer longtemps à m'ignorer, Chandler ? demanda-t-il soudain.
- Moi, je t'ignore ? ironisa le blond.
- Oui. Tu ne me parles plus. Tu as même refusé mon aide, vendredi.
- Pourquoi j'aurais besoin de l'aide de quelqu'un comme toi ? cracha-t-il.
- Comment ça, « quelqu'un comme moi » ?
- Ne me prends pas pour un idiot. Je sais très bien comment tu es.
Sebastian fronça les sourcils, signe qu'il ne comprenait pas.
- Oh, ne fait pas l'innocent ! s'agaça Chandler. Tu sais très bien de quoi je parle.
Le châtain ne dit rien et se leva pour suivre le blond dans le couloir.
- Je ne vois pas du tout ce que tu veux dire.
Chandler s'arrêta. Il sentait que son âme était en train de s'embraser. Sans prévenir, il laissa exploser sa jalousie et son amertume :
- Au fait, Sebastian, c'était bien ton week-end ? Tu as passé une bonne nuit ? J'espère que le mec qui était en-dessous de toi ne t'a pas trop déçu ? Ah, mais il était trop sensible, c'est vrai. Evidemment, tu l'as dominé bien comme il faut. Il n'a pas trop eu mal, le pauvre ? Je le plains. Passer une nuit dans ton lit doit être la pire chose qui existe au monde. Surtout quand tu dis à la personne que tu n'as pas envie de continuer parce que tu es fatigué.
Sebastian écarquilla les yeux. Chandler n'avait jamais remarqué, mais ses yeux pouvaient être vraiment grands quand il le voulait. Cette expression faisait un peu perdre au garçon son visage de suricate croisé avec une fouine. Le blond ne s'attarda pas plus sur sa figure et partit dans la direction opposée. Il entendit les pas précipités de Sebastian derrière lui et accéléra sa marche. Il arriva devant la porte de la bibliothèque. A cette heure-ci, il n'avait pas cours car sa professeur avait accouché quelques jours plus tôt. Le blond s'assit à une chaise et sortit ses feuilles d'écriture, bien décidé à continuer son chapitre quatre. Mais un élément quelque peu perturbateur, bien qu'anticipé, vint le déranger. Il resta debout en face de Chandler et posa ses mains à plat sur la table, comme légèrement énervé.
- Pourquoi est-ce que tu as dit ça ?
- Tu pourrais être plus précis ? Si tu savais le nombre de choses que je dis dans une journée.
Sebastian prit son inspiration et indiqua :
- Le fait que j'aie couché avec un mec pendant le week-end.
- Je n'ai fait que colporter une information.
- Et qui t'as dit cette merde ?
- Toi, attaqua Chandler.
Sebastian resta bouche bée. Ça lui prit quelques secondes pour recouvrer ses esprits et questionner :
- Et quand est-ce que j'ai laissé entendre un mensonge aussi incohérent ?
- Pas plus tard que ce matin, sur le parking.
Sebastian réfléchit un instant, les yeux levés vers le ciel. Chandler ne put s'empêcher de penser que dans cette position, le châtain était tout simplement à tomber. A la fois pensif et sûr de lui. Il était tout simplement magnifique. Puis Sebastian reposa ses yeux sur le plus petit.
- Je ne parlais pas de quelqu'un que j'ai baisé.
- Ah non ? demanda Chandler, les sourcils froncés, devenant tout à coup suspicieux.
- Je parlais… d'autre chose.
- Et quoi, si je puis me permettre ?
- Cherche pas, Kiehl, je ne te le dirai pas.
Sur ce, il prit une chaise et s'assit dessus, tout ça en l'espace de deux secondes. Le blond cligna des yeux et se demanda intérieurement qu'est-ce qu'avait bien voulu dire Sebastian. S'il ne parlait pas de sexe, qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Mais qui lui disait que c'était la vérité ? Chandler ne savait plus qui croire. Sebastian qui lui affirmait d'une façon incroyablement sincère que ce n'était pas vrai ? Ou son esprit qui lui soufflait que ça ne pouvait être que ça ? Le plus petit soupira.
- Chandler, je sais que tu ne me croies pas mais il faut que tu me fasses confiance.
Cette phrase laissa le blond dans un état de réflexion intense. D'un côté, il se demandait fortement pourquoi Sebastian voulait que Chandler lui fasse confiance. C'est vrai, pourquoi Sebastian – qui était probablement le garçon le moins fiable du lycée – lui demandait de lui faire confiance ? C'était absurde. Et de l'autre côté, il se disait que le châtain n'avait jamais paru aussi honnête. Dans son regard, Chandler pouvait apercevoir de la totale franchise. Sur son visage, il avait comme une expression de supplication.
- Pourquoi est-ce que je te ferais confiance ? dit le blond en s'assombrissant. Tu es le gars le plus malhonnête que je connaisse.
Les épaules du châtain s'affaissèrent et il baissa la tête en expirant. Chandler fronça les sourcils.
- Ecoute, Chandler…, murmura-t-il presque. J'ai besoin que tu me fasses confiance.
- Pourquoi ? demanda le garçon d'une voix tremblante.
- Je- Je ne peux pas t'expliquer, mais… S'il te plait.
Sebastian le fixait d'un regard intense, implorant. Chandler ne put résister et dut baisser les yeux malgré lui. Il ne savait pas du tout pourquoi Sebastian lui demandait – non, le priait – de lui faire confiance. Peut-être que c'était une blague ? Peut-être que la châtain se moquait de lui ? Non, même pour une blague, il avait l'air trop sérieux. Le blond resta silencieux pendant plusieurs longues secondes. Sebastian attendait une réponse quelconque, mais il n'y en eut aucune. Chandler était dans une trop grande réflexion pour parler. Parce que quand Chandler ne parlait pas, il pensait. Et il fallait dire qu'il pensait exactement comme il parlait : vite et beaucoup. Contrairement à ses paroles, ses pensées étaient toujours cohérentes et ne partaient pas dans des délires impossibles. En ce moment même, il réfléchissait à ce soudain changement dans l'attitude du garçon en face de lui. Pourquoi était-il brusquement devenu si gentil, si implorant ? C'était la question qui occupait le plus son esprit. Et alors d'autres interrogations lui venaient en tête et il ne pouvait plus arrêter son cerveau de méditer. Lorsqu'il leva enfin la tête vers Sebastian, il remarqua que le châtain le fixait encore, son menton dans ses mains. Chandler lui offrit un petit sourire timide. Le garçon aux yeux bleus soupira tristement.
- Monsieur Smythe ?
Le blond et le châtain se retournèrent. Une femme d'une quarantaine d'années était entrée dans la bibliothèque. Elle avança vers eux d'une démarche vacillante – elle portait des talons, horribles d'après Chandler – et sourit au plus grand. Ce dernier détourna son attention de Chandler pour la jauger du regard.
- C'est moi.
- Vous ne devriez pas être en cours ?
- Si.
- Et que faîtes-vous là ?
- Je discutais avec mon…
Il planta son regard dans celui de l'autre garçon et fronça les sourcils en penchant la tête. Son quoi ?
- … ami.
-Je me fiche de la relation que vous entretenez avec lui, monsieur Smythe. Tout ce que je vous demande, c'est de retourner en cours.
- C'est bon, je vais y aller ! s'énerva-t-il.
Il se leva d'un bond et attrapa son sac de cours. Il hocha brièvement la tête vers Chandler et s'en alla, un peu agacé. La femme soupira et repartit, marchant toujours en chancelant. Chandler avait suivi le châtain du regard. Il fronça les sourcils, tombant dans une concentration intense.
- Ami ? répéta-t-il à mi-voix.
Après-manger, les deux amis s'étaient séparés pour leurs cours de l'après-midi. Kurt venait de passer deux heures de sport horripilantes. Déjà parce qu'il n'aimait pas le sport – surtout sous la bruine –, et ensuite parce qu'il avait passé tout le cours à écouter Tina et Mercedes se chamailler. A chaque fois qu'elles étaient ensemble, de toute façon, elles ne faisaient que se disputer. Pour de petites choses sans importance, en plus. Tina avait dit que Mike était exceptionnel et que le jour où il la remarquerait enfin, ils vivraient la plus belle des histories d'amour, et Mercedes, elle, avait répliqué qu'un footballeur ne remarquerait jamais une petite chanteuse de cabaret. Tina s'était alors mise en colère et lui avait répondu qu'elle était la plus grande chanteuse du lycée et que Mike aimerait sûrement sa façon de danser, aussi. Mercedes s'était esclaffée et avait dit que c'était elle, la cantatrice la plus expérimentée du bahut, et que Mike aimait sûrement la danse autant qu'elle, elle aimait le sport. Kurt soupira. D'abord, il savait que les deux filles étaient égales niveau chant. Ensuite, il savait aussi que même une fusillade à McKinley n'arrêterait pas les deux amies de se quereller. Qu'est-ce qu'il était heureux d'être un garçon !
- … Et moi je te dis que même si c'était Beyoncé qui te le demandais, tu n'attendrais pas mon niveau de chant sur Single Ladies. Et en danse, c'est mille fois pire.
- Quoi ? s'exclama une Mercedes essoufflée, courant tant bien que mal derrière l'asiatique. Je suis… bien meilleure… que toi !
- Kurt, aide-moi ! supplia Tina, manquant de glisser sur une petite flaque d'eau. Dis-lui, toi, que je suis la meilleure chanteuse de la ville !
Il allait répliquer quand une personne se joignit à leur petit groupe et le coupa :
- Non, c'est complètement faux.
Mercedes sourit à la nouvelle arrivante puis dit :
- Tu… vois ! Merci…, Rachel. Je vois que… je peux compter… sur toi.
- Parce que c'est moi la meilleure, termina la fille de petite taille.
Kurt leva les yeux au ciel. C'était la petite amie de Finn, Rachel Berry. Egoïste et agaçante comme pas deux. La jeune fille brune sourit de toutes ses dents au garçon :
- Oh, mais je te connais !
Elle lui tendit une main qu'il serra.
- Tu es Kurt Hummel !
- Oui, salut, Rachel.
- Finn m'a tellement parlé de toi !
- Ah bon ? Et qu'est-ce qu'il t'a dit ? la défia-t-il.
Pensant avoir touché son point faible, il fut surpris de la voir sourire de nouveau et réciter presque par cœur :
- Il dit que tu es un excellent petit frère, que tu l'aides pour ses devoirs, que tu fais bien la cuisines, que tu préfères les garçons mais qu'il t'aime quand même, et que tu chantes bien. Mais pas autant que moi !
Kurt leva un sourcil. Cette fille l'énervait déjà. Kurt s'était toujours considéré comme un excellent chanteur. Et être mis en-dessous d'une petite fille capricieuse l'exaspérait plus que tout.
- Vous saviez que je fais des concours de chants depuis que j'ai un an ? J'aurais pu commencer plus tôt – je babillais déjà en rythme vers cinq mois ! – mais il fallait absolument pouvoir marcher pour s'inscrire ! Maintenant, grâce au support de mes pères, je vais pouvoir réaliser mon rêve : aller à New York pour passer le concours national du meilleur chanteur de l'année !
- C'est pas un peu prétentieux ? interrogea Tina, reprenant sa respiration.
- Non, pas du tout ! sourit Rachel. Je suis la meilleure, c'est sûr. Mais il m'a fallu beaucoup d'entrainement pour en y arriver là. Vous savez, chaque matin…
Et bla bla bla. Jusqu'à la fin de la course – et du cours de sport, par la même occasion –, Rachel leur raconta tour à tour comment elle organisait ses journée, passant aussi par sa rencontre avec Patty Lupone et en terminant par décrire l'incroyable bonheur dans lequel vivaient ses deux pères gays. Kurt avait failli s'endormir une bonne dizaine de fois. Même avec l'entrainement intensif qu'il avait subi pendant des années et des années avec les discours interminables de Chandler, ceux de Rachel étaient cent fois pires : soporifiques, inintéressants et surtout inutiles. Comment Finn pouvait-il la supporter ? Après un cours de sport plus qu'ennuyeux, Kurt se réjouit d'aller en biologie. Alors qu'il s'asseyait à sa table, il sursauta quand quelqu'un prit place près de lui. Il tourna la tête, prêt à dire à la personne de partir, mais se ravisa quand il vit de qui il s'agissait.
- J'espère que ça ne te dérange pas si je me mets là ? murmura le garçon petit et bouclé.
Kurt balbutia quelque chose d'incompréhensible.
- De toute façon, je n'ai pas trop le choix, reprit-il, articulant chaque mot à la perfection.
Blaine fronça légèrement les sourcils, l'air embêté, et s'assit près de lui. Ils sortirent leurs affaires en silence. Alors que le professeur commençait son cours sur les poumons, les artères et les veines, les deux garçons prirent des notes sans se regarder. Puis Blaine posa brusquement son stylo et fixa le châtain. Kurt fronça les sourcils, continuant d'écrire, et ignora le changement d'attitude de son voisin. Comme Blaine le dévisageait depuis au moins trois bonnes minutes, Kurt se décida à l'observer lui aussi. Ils se regardèrent dans les yeux. Kurt et Blaine ne se lâchèrent pas du regard, mais leurs lèvres restaient scellées. Aucun des deux ne voulait parler en premier.
- Kurt ?
- Blaine ? répondit-il.
- Est-ce que tu m'aimes bien ?
Kurt, légèrement choqué, écarquilla les yeux. Lui ? Est-ce qu'il aimait bien Blaine ? Est-ce qu'il aimait bien son pire cauchemar ? Est-ce qu'il aimait bien celui qui le terrorisait et l'utilisait comme un jouet ? Celui qu'il craignait le plus, après Karofsky et Azimio ? Celui qui ne le voulait uniquement pour une nuit ? C'était à cause de lui en plus grande partie que Kurt était toujours sur ses gardes. C'était à cause de lui qu'il ne voulait pas retourner au lycée chaque matin, mais qu'il y allait quand même. Alors, est-ce qu'il aimait bien Blaine ?
- Non ! s'exclama le châtain.
Blaine fronça les sourcils.
- Pourtant, l'autre jour, tu m'as dit que tu m'aimais bien.
Kurt se mordit la lèvre. C'était vrai que, ces temps-ci, Blaine était un petit peu plus gentil. Il ne l'avait pas plaqué contre un mur, avide de caresses, depuis plusieurs jours. Kurt avait apprécié ce soudain relâchement. Il en avait marre de constamment se méfier des coins de couloirs, ou de fureter dans une pièce bondée pour voir s'il était là. Il aimait bien Blaine, dans ces cas-là. Kurt oubliait un peu le regard de fauve du bouclé sur lui et pouvait vivre tranquillement.
- Oui, je t'aime bien quand tu ne m'emmerdes pas. Je te l'ai déjà dit.
- Oui, oui, je sais, ça. Mais tu m'aimes bien, sinon ?
- Oui, on va dire que je t'aime bien.
Blaine esquissa un petit sourire. Il acquiesça lentement et recommença à faire ses exercices. De temps en temps, il regardait la main ou la jambe de Kurt, désireux. Le châtain savait très bien ce dont il avait envie. Il voulait prendre sa main ou bien poser la sienne sur sa cuisse. Mais il se retenait. Et pourquoi ? Peut-être qu'après tout, il avait compris que Kurt ne s'abandonnerait jamais à lui. Le châtain se sourit à lui-même. Il avait réussi. Il avait résisté à Blaine Anderson. Il ne lui avait pas succombé. Enfin, ça, c'est ce qu'il croyait.
- Kurt, tu peux me prêter ta règle, s'il te plait ?
Encore dans ses pensées de victoire, le garçon lui tendit sa règle.
- Merci.
Kurt n'avait même pas remarqué que Blaine avait déjà sa propre règle. Mais il était trop inattentif pour voir quoi que ce soit. Le châtain termina ses exercices et posa sa tête dans sa main, regardant rêveusement le tableau. Blaine lui rendit sa règle en rebouchant bruyamment son marqueur noir. Son marqueur noir ?! Kurt baissa directement les yeux sur sa règle. D'une belle écriture fine et ronde, le bouclé avait écrit « Kurt Anderson » suivi d'un cœur. Le châtain écarquilla les yeux. Enervé, il se tourna vers le fautif.
- Pourquoi tu as fait ça ?
- Pour rien, sourit-il. Je voulais juste te faire plaisir.
- Me faire plaisir ? Tu crois que marquer mon prénom suivi du nom d'un autre mec me fait plaisir ?
- Ben, oui. Vu que c'est le mien.
Kurt écarquilla les yeux.
- Alors tu crois que sous prétexte que c'est ton nom, je vais apprécier ?
Blaine baissa les yeux une demi-seconde et répondit d'un air mi-triste mi-arrogant :
- Je pensais que tu m'aimais bien.
Kurt était choqué. Depuis quand, lorsqu'on affectionnait quelqu'un, on marquait son propre prénom suivi du nom de la personne concernée ? Et avec un cœur, en plus. Blaine devenait vraiment étrange quand il essayait d'être aimable.
- Il y a « bien aimer quelqu'un » et « bien aimer quelqu'un », Blaine. Ce n'est parce que je t'apprécie que j'ai envie d'avoir ton nom sur ma règle.
- Bientôt ce sera dans ton cœur que tu auras mon nom, répondit-il simplement.
Kurt haussa un sourcil. Pourquoi Blaine continuait-il ce petit jeu ? Il savait bien qu'il avait perdu d'avance, non ?
- Tu recommences.
- A quoi ?
- A m'énerver.
Blaine rit. Kurt, lui, ne trouvait pas ça drôle du tout. Il détourna la tête et se concentra sur sa feuille, rangeant sa règle dans sa trousse. Blaine ne le quitta pas des yeux. Kurt ne savait pas ce qu'il attendait, mais c'était exaspérant. Kurt ne pouvait pas faire ses exercices tellement le regard pesant du bouclé le gênait. On aurait dit qu'il voulait le manger. Kurt chassa ces pensées – et surtout celles qui concernaient Blaine – de sa tête en vitesse. La cloche sonna. Kurt essaya de se dépêcher de ranger ses affaires mais Blaine l'avait déjà devancé. Le châtain soupira et sortit de la pièce, suivi du bouclé. Il y avait quelques mètres de distance entre eux mais le garçon pouvait sentir la présence de Blaine. Rien que son regard le mettait en alerte. Kurt marchait la tête haute vers son cours d'histoire-géographie, mais il s'arrêta brusquement quand il vit deux personnes devant lui qu'il aurait voulu éviter à tout prix. Le plus grand des deux ricana.
- Eh bien, eh bien, regardez qui voilà. Kurt Elizabeth Hummel. C'est pas notre jour de chance, Azimio ?
- Si, se moqua l'autre. Tu te cachais, avoue. T'avais peur qu'on te tombe dessus, l'homo ?
Kurt déglutit et releva la tête. Il ne chercha pas longtemps ses mots, vu qu'il avait l'habitude de se défendre avec eux :
- Je n'ai pas besoin de me cacher de vous. Ce serait plutôt vous qui devriez cacher vos faces de macaques. On vous voie à des kilomètres à la ronde. Si vous arrêtiez de vous pavaner dans les couloirs du lycée avec vos grosses têtes d'abrutis et vos ventres de primates ayant forcé sur les bananes, il y aurait moins de crises cardiaques parmi les jeunes.
Les deux garçons levèrent les sourcils. Même s'ils n'avaient pas compris tout le discours du châtain, ils savaient qu'il venait de les insulter. Azimio cessa de sourire et l'empoigna par le col de son t-shirt. Karofsky se pencha sur lui.
- Ne t'avise même pas de nous traiter avec des mots savants, la folasse. Parce que si jamais un jour on apprend que ce que tu nous as dit, c'était pas cool, on te le fera regretter.
Kurt frémit. Azimio le secoua un peu pour lui faire davantage peur. Kurt pensa à appeler à l'aide mais il savait que ses cris resteraient vains. Qui pourrait bien se soucier de Kurt Hummel, le gay du lycée ? Alors qu'il fermait les yeux pour tenter de ne pas voir le coup arriver dans sa figure, il entendit une voix grave et très calme :
- Si j'étais vous, je ne ferais pas ça.
Kurt ouvrit un œil. Azimio et Karofsky avaient maintenant la tête penchée vers un garçon aux beaux cheveux noirs bouclés. Il avait les yeux fixés sur Kurt. Le châtain déglutit. C'était Blaine. Blaine était venu pour l'aider.
- Et pourquoi ça, minus ?
Blaine tourna sa tête vers Azimio. Il haussa légèrement les sourcils et répondit d'un ton toujours aussi posé :
- Déjà, tu m'appelles encore une fois « minus », et je te promets que tu vas passer le reste de ta vie avec une prothèse en guise de verge. Ensuite, pour votre santé à tous les deux – pas que j'y tienne beaucoup, d'ailleurs – vous feriez mieux de vous tenir loin de Kurt. C'est un conseil.
Karofsky parut à son tour choqué. Il rit et dit :
- Et sinon quoi, Hobbit ?
Blaine ferma quelques millisecondes les yeux et soupira.
- J'espère que vous ne m'obligerez pas à vous donner une leçon.
Azimio et son ami éclatèrent de rire.
- Mais qu'est-ce que pourrait bien un mec aussi petit que toi contre deux gaillards comme nous ? demanda le brun, hilare.
- Je suis peut-être petit, mais moi, au moins, j'ai quelque chose dans le caleçon.
Les footballeurs arrêtèrent de rire et le plus grand des deux poussa légèrement Blaine, qui recula d'un demi-pas.
- T'insinues qu'on est des tapettes, sale con ? aboya Karofsky.
- Non. Je dis seulement que vous n'avez rien dans le ventre et que vous êtes de gros lâches incapables.
- Eh ben, on s'en fout de ce que tu dis. On n'a qu'à t'effleurer pour que tu tombes. Tu n'es qu'un faible rat entre nos pattes de lions.
Une lueur amusée dansa dans les yeux de Blaine.
- Vous ne seriez même pas capables de me mettre à terre.
- On parie ?
- Pariez ce que vous voulez. Mais ne vous étonnez pas si votre tirelire et vos veines sont vides à la fin.
Kurt avait peur. Est-ce que Blaine envisageait vraiment de se battre avec eux ? Il n'était pas plus grand qu'un adolescent de quinze ans et ne faisait pas le poids face aux deux gorilles. Et s'il perdait ? Et s'il se faisait battre par les deux footballeurs ? Il aurait sans doute mal. Surtout que Karofsky et Azimio n'étaient pas du genre à retenir leurs coups. Peut-être même devrait-il aller à l'infirmerie ? Tout ça à cause de Kurt ! Pourquoi n'avait-il pas jeté un coup d'œil au couloir pour voir s'il était vide ? Qu'est-ce qu'il pouvait être idiot ! Tout était sa faute. Blaine allait souffrir. Kurt fronça les sourcils. Pourquoi s'inquiétait-il soudain de la santé de Blaine ? Pourquoi est-ce qu'il avait peur pour lui ? Est-ce que ça voulait dire qu'il tenait à lui, d'une certaine manière ? Est-ce qu'il « l'aimait bien », finalement ? Non, non. Kurt secoua légèrement la tête. Non. Il s'inquiétait seulement parce que le bouclé allait avoir mal à sa place. Il ne tenait pas à lui, c'était juste parce que Blaine l'aidait.
Pendant qu'il réfléchissait, Karofsky l'avait déjà relâché, et lui et Azimio avançaient dangereusement vers Blaine. Ce dernier fixait Kurt, à présent. Le châtain, en plein effroi, lui lança un regard apeuré. Il secoua la tête de droite à gauche en formant quatre mots sur ses lèvres : « Ne fais pas ça. » Blaine ne lui accorda plus d'attention et se concentra sur les deux gorilles. Il se pencha légèrement son corps en avant. Il était en position d'attaque. Ses lèvres s'étirèrent dans un sourire mauvais. Alors que les trois garçons allaient commencer à se battre, quelqu'un intervint derrière Blaine :
- Hé, mais qu'est-ce que vous foutez ?
Le bouclé n'esquissa pas un mouvement, bien décidé à se battre. Par contre, Azimio et Karofsky se tordirent le coup pour voir qui les appelait. Finn et Puck arrivaient en courant. Ils s'interposèrent entre Blaine, Kurt et les deux autres. Puck cria sur les footballeurs :
- Oh, mais vous êtes tarés ou quoi ? Vous voulez vous faire renvoyer de l'équipe de foot, c'est ça ? Beiste vous retirera vos postes si vous commencez à vous battre !
- Euh, Noah, c'est moi le quaterback…, dit Finn, hésitant.
Le bad boy lui fit signe de poursuivre. Le demi-frère de Kurt se racla la gorge et poursuivit :
- Il a raison ! Vous voulez vraiment tout perdre pour un simple malentendu ?
Kurt admirait Finn. Même s'il n'était pas très futé, il avait du courage. Il réussissait toujours à sortir Kurt d'une mauvaise passe, ou à raisonner ses joueurs, à les aiguiller correctement et à les motiver pour les matchs. Le châtain espérait vraiment que les deux garçons allaient écouter leur chef et laisser Blaine tranquille – et lui aussi par la même occasion. Le quaterback guettait une réponse. Karofsky grommela :
- Ces tafioles nous ont tapé sur le système. On n'a fait que répondre à leurs insultes.
- Ils nous doivent le respect. Nous sommes plus hauts qu'eux dans la chaîne alimentaire.
- Et par la taille aussi, chuchota Puck avec un sourire.
Blaine l'entendit mais ne dit rien. Il avait repris sa position normale et se tenait devant Kurt, à présent, comme un garde du corps. Finn remarqua alors son frère et écarquilla les yeux. Jusque là, il n'avait pas vu de quels losers il s'agissait encore. Mais quand il vit que c'était Kurt, il s'énerva :
- Est-ce que c'est Kurt que vous vous apprêtiez à remettre en place ?
Les footballeurs n'ignoraient pas, bien sûr, que leur quaterback était frère avec Kurt. Ils étaient au courant. Ils savaient qu'ils ne devaient pas lui chercher la misère. Mais ils le faisaient quand même. Azimio haussa les épaules.
- Non. Lui, on avait l'intention de le laisser tranquille. C'était lui qu'on visait.
Il montra Blaine du menton. Puck haussa les sourcils.
- Quoi ? Vous voulez dire que vous vous êtes mis à deux contre un ? Et vous vous prétendez forts. C'est sûr, si vous vous attaquez à des plus faibles et que vous êtes en surnombre, la victoire est assurée ! Vous n'êtes que des lâches.
Blaine, qui jusque là n'avait pas pris la parole, se sentit humilié et répliqua :
- J'aurais très bien pu leur régler leur compte, si vous n'étiez pas venu.
- Attends, tu crois que toi, tu aurais pu les battre ? Toi qui as des allumettes à la place des bras et qui fais la taille de ma petite sœur ?
- Tu sais ce qu'elle te dit, ta petite sœur ? répliqua méchamment Blaine entre ses dents.
Puck allait répliquer quelque chose mais Finn le devança :
- Bon, Karofsky et Azimio, vous dégagez. Et si je vous revois en train de brutaliser mon frère, vous ne jouerez pas au prochain match.
- Mais tu peux pas les virer comme ça, Finn ! protesta Puck à voix basse. On a besoin d'eux, c'est la demi-finale !
- Je sais. Mais Kurt est plus important qu'une coupe.
Kurt fut touché par cette révélation. Finn, qui était d'habitude si réservé avec ses sentiments envers Kurt, venait de lui dire qu'il tenait à lui plus qu'au football. Et ça, c'était vraiment un compliment, parce que Finn ne vivait que pour le foot – et peut-être pour la nourriture, et Rachel, aussi. Le châtain sourit d'attendrissement. Azimio pesta.
- C'est bon ! dit Karofsky après avoir lâché un juron. On la laissera tranquille ta vicomtesse de frère !
Il s'en alla, entrainant son ami sur ses pas. Finn se tourna vers Kurt.
- Merci, Finn, dit son demi-frère.
- De rien, Kurt. J'espère qu'ils ne t'embêteront plus.
Blaine soupira d'agacement et partit d'un pas décidé, tapant violemment son épaule contre celle de Puck. Celui-ci ne dit rien mais insulta le bouclé à voix basse. Finn allait parler mais Kurt n'écouta pas. Ses jambes lui désobéirent soudain et, au lieu de rester sagement à écouter son frère, il rattrapa Blaine en courant. Ce dernier était dans les toilettes. Il venait de s'asperger le visage d'eau froide. Il avait les mains posées sur le lavabo et fixait sa figure dans le grand miroir. Des gouttes ruisselaient sur ses joues et dans ses yeux. Il cilla plusieurs fois et remarqua enfin Kurt, qui était dans l'encadrement de la porte entrebâillée. Blaine tourna la tête vers lui. Il s'essuya le visage avec du papier qu'il jeta dans la poubelle.
- Qu'est-ce que tu veux, Kurt ?
Le bouclé avait tenté de parler gentiment, mais son ton était resté froid et désagréable. Kurt avala difficilement sa salive et répondit timidement, refermant la porte derrière lui :
- Je voulais te remercier.
- Me remercier de quoi ?
- De m'avoir aidé.
Blaine haussa les sourcils.
- Alors tu serais venu ici exprès pour me dire merci ?
Kurt acquiesça lentement. Blaine s'adossa au robinet et soupira.
- Merci, dit Kurt au bout d'un long silence.
Blaine ne répondit pas, alors le châtain continua :
- Si tu n'avais pas été là pour les défier, j'aurais sûrement encore fini dans une poubelle, noyé de soda, ou pire encore.
Blaine hocha simplement la tête. Kurt ne semblait vraiment pas décidé à partir.
- Mais pourquoi tu as fait ça ?
Le bouclé rit doucement.
- Alors je n'aurais pas le droit de venir en aide aux gens sans y voir un quelconque intérêt personnel ?
- Peut-être que tu espérais que je te cède plus facilement, tenta Kurt.
- C'est vrai, ça aurait pu être une raison valable…
Tout en disant ça, Blaine s'était éloigné du lavabo. Il avançait maintenant à pas lents vers le jeune homme châtain. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il pencha légèrement la tête sur le côté et murmura :
- Mais je ne l'ai pas fait pour ça.
- Ah non ? murmura Kurt, clignant rapidement des yeux.
Sentir la chaleur du corps et du souffle de Blaine près de lui rendait Kurt assez tendu. Bien sûr, il adorait cette sensation de bien-être effrayant, mais il s'était pourtant fait la promesse de ne jamais, au grand jamais, succomber au bouclé. Qu'adviendrait-il s'il laissait entendre un soupir d'assouvissement ou, pire, s'il gémissait de plaisir ? Le garçon chassa ces idées de son cerveau et se reconcentra sur le visage de Blaine. Il l'observa en détails, comme en cours de biologie. Il commença par ses sourcils, puis ses yeux, son nez, sa bouche et enfin ses beaux cheveux noirs et bouclés. C'était peut-être ce qui l'attirait le plus chez le garçon. Ses jolies boucles brunes…
- Non, chuchota Blaine d'une voix sensuelle. Je l'ai fait parce que mon instinct me dictait de le faire.
- Ton- Ton instinct ? répéta Kurt.
- Oui. Quelque chose me poussait à venir te… protéger.
Kurt arrêta de respirer pendant plusieurs secondes. Alors comme ça, Blaine voulait le protéger ? Il ne voulait plus seulement partager un lit avec lui ? Est-ce qu'il avait développé des sentiments pour lui ? Est-ce qu'il était en train de tomber amoureux du châtain ? Peut-être qu'au final, il pouvait être doté d'autres sentiments que le dédain et l'agressivité ? Et s'il était gentil, doux et attentionné ? Ou même romantique ? Reprenant un peu ses esprits, Kurt demanda :
- Pourquoi est-ce que tu voudrais me protéger ?
Blaine sourit en levant la tête vers le ciel. Il planta ensuite son regard dans celui de couleur bleu de Kurt. Il répondit calmement, d'un ton un peu ironique :
- Peut-être parce que je t'aime bien ?
Blaine posa délicatement ses mains sur la taille du plus grand. Kurt ferma quelques secondes les yeux. Ce contact l'avait fait légèrement frémir. Maintenant, des frissons parcouraient tout son corps, à partir de l'endroit où le garçon l'avait touché. Kurt rouvrit les yeux et trouva ceux de Blaine, posés sur ses lèvres. Le châtain savait que s'il l'avait voulu, Blaine aurait très bien pu l'embrasser une seconde fois. Il était bien plus fort que Kurt et pourrait l'immobiliser pendant plusieurs secondes. Mais Blaine n'avait rien fait. Il n'avait pas esquissé un geste pour tenter de poser ses lèvres sur celles du plus grand. Peut-être qu'il respectait les envies du châtain ? Peut-être qu'il attendait le feu vert de Kurt ? Soudain, en pensant à ça, le garçon aux cheveux clairs se rendit compte dans quelle situation il se trouvait. Il était à quelques centimètres de Blaine Anderson, et à tout moment, ce dernier pouvait lui voler un baiser. Et Kurt s'était promis de ne jamais lui céder. Jamais. Kurt prit les poignets de Blaine dans ses mains et les retira doucement de sa taille. Il repoussa lentement Blaine de son corps, pour qu'ils se trouvent à des distances raisonnables.
- Qu'est-ce qui se passe, Kurt ? demanda Blaine en fronçant les sourcils.
- Rien…
- Si, tu viens de me rejeter.
- Pas étonnant. Je sais très bien ce qui m'attend si j'accepte tes avances.
Blaine baissa la tête et dit :
- Non, Kurt, ce n'est pas ce que tu crois. Tu sais, j'ai-
Mais Kurt n'entendit pas la suite. Il venait de sortir en courant presque des toilettes. A l'intérieur, Blaine soupira son dernier mot, conscient que Kurt ne l'entendrait pas :
- changé.
