La porte s'ouvrit immédiatement. Une grande sorcière aux cheveux noirs, vêtue d'une longue robe vert émeraude se tenait dans l'encadrement. Elle avait le visage sévère des gens qu'il vaut mieux éviter de contrarier. Norah ne put s'empêcher de remarquer que Mrs Matthews faisait parfois la même tête agacée.
- Professeur McGonagall, voici les élèves de première année, annonça le géant.
- Merci, Hagrid, dit la sorcière, je m'en occupe.
Le hall d'entrée était si grand et si large que Norah avait l'impression d'être entrée dans une église. Elle plissa les yeux pour essayer d'apercevoir le plafond, mais il semblait vraiment trop haut. Des torches enflammées étaient fixées aux murs de pierre, comme à Gringotts, et un somptueux escalier de marbre permettait de monter dans les étages.
Guidés par le professeur McGonagall, ils traversèrent l'immense salle au sol dallé et entrèrent dans une petite salle réservée aux élèves de première année. Norah se colla davantage à Abigail, et les deux fillettes percevaient la rumeur d'une centaine de voix qui leurs parvenaient à travers une porte située à leurs droite. Les autres élèves devaient déjà être là. L'exiguïté des lieux les obligea à se serrer les uns contre les autres, et Norah se colla contre le mur, préférant le mur aux autres élèves. Son anxiété montait encore. Abigail était la seule qui paraissait sereine, les autres restaient silencieux et lançaient des regards inquiets autour d'eux.
- Bienvenue à Poudlard, dit le professeur McGonagall. Le banquet de début d'année va bientôt commencer mais avant que vous preniez place dans la Grande Salle, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Cette répartition constitue une cérémonie très importante. Vous devez savoir, en effet, que tout au long de votre séjour à l'école, votre maison sera pour vous comme une seconde famille. Vous y suivrez les mêmes cours, vous y dormirez dans le même dortoir et vous passerez votre temps libre dans la même salle commune. Les maisons sont au nombre de quatre. Elles ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Chaque maison a sa propre histoire, sa propre noblesse, et chacune d'elles a formé au cours des ans des sorciers et des sorcières de premier plan. Pendant votre année à Poudlard, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison, mais chaque fois que vous enfreindrez les règles communes, votre maison perdra des points. A la fin de l'année scolaire, la maison qui aura obtenu le plus de points gagner la coupe des Quatre Maisons, ce qui constitue un très grand honneur. J'espère que chacun et chacune d'entre vous aura à cœur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. La Cérémonie de la Répartition aura lieu dans quelques minutes en présence de tous les élèves de l'école. Je vous conseille de profiter du temps qui vous reste avant le début de cette cérémonie pour soigner votre tenue.
Le regard du professeur s'attarda sur Neville dont la cape était attaché de travers et sur un des rouquins Weasley. Abigail vérifia que toute sa tenue était bien mise, passant rapidement sa main dans ses boucles pour les mettre correctement, tandis que Norah écrasa sa main dans ses cheveux rebelles pour tenter de les dompter. Peut-être devait elle les attacher ?
- Je reviendrais vous chercher lorsque tout sera prêt, dit le professeur McGonagall. Attendez-moi en silence.
Elle quitta la salle, et Abigail se tourna vers Norah.
- Je suis bien là ?
Norah, qui sentait qu'elle allait faire un malaise, la regarda et acquiesça.
- Ouais, comme d'habitude.
Elle lui répondit d'un sourire, tandis que Norah se demandait comment ils allaient être réparti. Abigail, avait l'air calme, et souriait, en passant de temps à autre une main sur sa tenue pour la défroisser.
-Saperlipopette ! Dit Abigail en sentant une petite bourrasque de cheveux la décoiffer
La fillette entendit parler de tests devant, et se redressa brutalement. Si ils devaient faire des sorts devant tout le monde, elle allait vraiment être très mal barrée. Tout les élèves autour d'elle semblait terrifiés. Norah entendit Hermione chuchoter à grande vitesse qu'elle avait appris tout les sortilèges possible et qu'elle se demander lequel elle allait devoir jeter.
Abigail remarqua que sa camarade n'avait pas l'air dans son assiette, et posa sa main sur son épaule.
- Hé, ça va aller. Tu n'auras rien à faire, chuchota-t-elle pour que personne n'entende.
Abigail savait en quoi consistait l'épreuve, mais s'amusait des réactions excessives des autres élèves qui avaient l'air totalement paniqué. Norah acquiesça et repassa nerveusement sa main dans ses cheveux pour essayer de se calmer.
Tout à coup, des cris s'élevèrent à côté d'elles. Les deux amies levèrent la tête et restèrent bouchée bée, comme les autres. Une vingtaine de fantômes venaient d'apparaître en traversant le mur du fond. D'un blanc nacré, légèrement transparents, ils flottaient à travers la salle sans accorder un regard aux élèves rassemblés. Ils paraissaient se disputer. L'un deux, qui ressemblait à un petit moine gras, lança :
-Oublions et pardonnons. Nous devrions lui donner une deuxième chance.
- Mon cher Frère, n'avons-nous pas donné à Peeves toutes les chances qu'il méritait ? Répondit un autre spectre vêtu de hauts-de-chausse et le cou entouré d'une fraise. Il nous fait une horrible réputation alors que lui-même n'est pas véritablement un fantôme. Tiens, qu'est-ce qu'ils font ici, ceux-là ?
Il venait de remarquer la présence des première année qui se gardèrent bien de prononcer le moindre mot.
- Ce sont les nouveaux élèves, dit le gros moine en leur souriant. Vous attendez la Répartition, j'imagine ?
Quelques élèves, dont Abigail, hochèrent la tête en silence. C'était la première fois que la brunette voyait des fantômes, malgré que son frère lui en avait souvent parlé.
- J'espère vous voir à Poufsouffle, dit le moine. C'était ma maison dans le temps.
Abigail fit une grimace en s'imaginant se retrouver à Poufsouffle.
- Allons-y, maintenant, dit une voix brusque. La cérémonie va commencer.
Le professeur McGonagall était revenue. Un par un, les fantômes quittèrent la salle en traversant le mur opposé.
- Mettez-vous en rang et suivez-moi, dit le professeur aux élèves.
Norah appréhendait de plus en plus ce qui pouvait les attendre derrière la salle, et avait l'impression que ses jambes s'étaient transformées en coton. Elle suivit Abigail, qui s'était glissé entre deux jeunes filles, et quitta la salle, traversant à nouveau le hall, puis franchit une double porte qui ouvrait sur la Grande Salle.
L'endroit était étrange et magnifique. Des milliers de chandelles suspendues dans les airs éclairaient quatre longues tables autour desquelles les autres étudiants étaient déjà assis, devant des assiettes et des gobelets d'or. Au bout de la salle, les professeurs avaient pris place autour d'une autre table.
Le professeur McGonagall aligna les première année face à leurs camarades derrière lesquels se tenaient les professeurs. Dans la clarté incertaine des chandelles, les visages les observaient telles des lanternes aux lueurs pâles.
Dispersés parmi les étudiants, les fantômes brillaient comme des panaches de brume argentée. Norah était tellement stressée qu'elle ne remarqua pas qu'il ne faisait pas très chaud dans le château. Abigail lui donna un coup de coude, et lui montra le plafond d'un noir de velours, parsemé d'étoiles.
- C'est un plafond magique, murmura Hermione. Il a été fait exprès pour ressembler au ciel. Je l'ai lu dans L'Histoire de Poudlard.
Mais Norah s'en fichait pas mal du plafond qui paraissait inexistant. Tout ce qui lui comptait maintenant, c'était de ne pas avoir accepté cette proposition. Elle avait hâte que la Répartition se fasse. Abigail lui adressa de nouveau un sourire, en comprenant tout à fait que son amie, qui n'avait connu le monde magique qu'il y a un mois soit anxieuse.
Leurs regards se posèrent de nouveau sur le professeur McGonagall qui installait sur un tabouret à quatre pieds, disposé devant les élèves, un chapeau pointu de sorcier, qui était râpé, sale, rapiécé. La mère de Norah aurait crié en le voyant, elle qui était si maniaque.
Tout les élèves gardèrent leurs yeux rivés sur le chapeau pointu. Pendant quelques instant, il régna un silence total. Puis, tout à coup, le chapeau remua. Une déchirure, tout près du bord, s'ouvrit en grand, comme une bouche, et le chapeau se mit à chanter :
Je n'suis pas d'une beauté suprême
Mais faut pas s'fier à ce qu'on voit
Je veux bien me manger moi-même
Si vous trouvez plus malin qu'moi.
Les hauts-d'formes, les chapeaux splendides
Font pâl'figure auprès de moi
Car à Poudlard, quand je décide,
Chacun se soumet à mon choix.
Rien ne m'échapp' rien ne m'arrête
Le Choixpeau a toujours raison
Mettez-moi donc sur votre tête
Pour connaître votre maison.
Si vous allez à Gryffondor
Vous rejoindrez les courageux,
Les plus hardis et les plus forts
Sont rassemblés en ce haut lieu.
Si à Poufsouffle vous allez,
Comme eux vous s'rez juste et loyal
Ceux de Poufsouffle aiment travailler
Et leur patience est proverbiale.
Si vous êtes sage et réfléchi
Serdaigle vous accueillera peut-être
Là-bas, ce sont des érudits
Qui ont envie de tout connaître.
Vous finirez à Serpentard
Si vous êtes plutôt malin,
Car ceux-là sont de vrais roublards
Qui parviennent toujours à leurs fins.
Sur ta tête pose-moi un instant
Et n'aie pas peur, reste serein
Tu seras en de bonnes mains
Car je suis un chapeau pensant !
Lorsqu'il eut terminé sa chanson, des applaudissements éclatèrent dans toute la salle. Norah sentait son âme quittait son corps, tandis que Abigail applaudissait aussi, en ayant hâte de porter le chapeau. Le chapeau s'inclina pour saluer les quatre tables, puis s'immobilisa de nouveau.
Allait-ils vraiment devoir se faire répartir devant tout le monde ? Norah se posait un tas de questions, et aucune de ses questions ne semblait avoir de réponses, là, tout de suite. Abigail ne tenait plus en place, et regardait sa camarade, qui avait la tête baissée, en essayant de se calmer, en soufflant doucement. Elle ne supportait pas être sous le feu des projecteurs, et son esprit refusait de se faire à l'idée qu'elle allait très probablement devoir monter sur cette estrade, s'asseoir, et se faire répartir.
Norah était le genre de personne qui, malgré ses capacités, était toujours la dernière choisie dans une équipe. Et là, elle ressentait exactement la même angoisse que l'attente d'être séléctionnée.
- Ne t'inquiète pas Norah.. On a des baguettes jumelles, on va forcément être à deux, lui chuchota Abigail. Tant qu'on se retrouve pas à Serpentard ou Poufsouffle, tout ira bien !
Mais ce que disait Abigail ne la rassurait pas du tout. Norah regardait autour d'elle. Elle aperçu Aaron avec les jumeaux Weasley sur la table à l'extrême droite, qui les fixait sans aucune expression. «Un petit sourire d'encouragement ne ferait pas de mal, 'spèce d'abruti », pensa t-elle en le maudissant de tout son être.
Le professeur McGonagall s'avança en tenant à la main un long rouleau de parchemin.
- Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête, et vous vous assiérez sur le tabouret. Je commence : Abbot, Hannah !
Une fille au teint rose avec des nattes blondes sortit du rang d'un pas mal assuré. Elle alla mettre le chapeau qui lui tomba devant les yeux et s'assit sur le tabouret.
- POUFSOUFFLE ! Cria le chapeau après un instant de silence.
Des acclamations et des applaudissements s'élevèrent de la table située à droite et Hannah alla s'y asseoir, parmi les autres étudiants de Poufsouffle. Abigail faisait la grimace.
- Bones, Susan !
La fille qui était avec Abigail et Norah dans le bateau sortit du rang.
- POUFSOUFFLE ! Cria à nouveau le chapeau
Susan se hâte d'aller s'asseoir à côté d'Hannah.
- Boot, Terry ! Appela le professeur McGonagall.
- SERDAIGLE ! Cria le chapeau
Cette fois, les applaudissements s'élevèrent de la deuxième table à gauche. Des élèves de Serdaigle accueillirent Terry en lui serrant la main.
Brocklehurst, Mandy fut également envoyée à Serdaigle. Brown, Lavande fut la première à se retrouver à Gryffondor. Une ovation monta de la table située à l'extrême gauche. Les jumeaux se mirent à siffler d'un air joyeux pour saluer son arrivée, tandis qu'Aaron applaudissait sans quitter des yeux sa sœur et Norah.
Bulstrode, Millicent fut envoyée à Serpentard. Norah remarqua la présence du garçon brun qu'elle avait vu sur le quai dans les rangs de Serpentard.
Elle savait qu'elle allait bientôt être appelée, et se sentait de plus en plus mal à l'aise et anxieuse. Un nœud se formait dans sa gorge et dans son estomac, et elle espérait juste que tout cela soit un terrible cauchemar duquel elle allait bientôt se réveiller.
Abigail fixait Norah, légèrement inquiète. Elle comprenait que tout cela devait être bizarre pour son amie, mais se disait que tout irait mieux quand elle seront reparties.
Et si jamais elle était séparée d'Abigail ? Pensa Norah, dans un élan de panique, et si jamais elle devait se débrouiller seule pour s'intégrer au sein des sorciers ? Elle souffla doucement. Depuis quand avait-elle besoin de quelqu'un pour s'adapter ? Elle essaya de se ressaisir.
-Finch-Fletchey, Justin !
- POUFSOUFFLE !
- Fuller, Savanna !
Une fille aux longs cheveux bruns, lisses, avança vers le tabouret. Elle avait des cernes énormes sous ses yeux verts.
- SERPENTARD !
Plusieurs élèves furent ainsi répartis dans les différentes maisons. Le chapeau prenait parfois le temps de la réflexion avant de se décider.
- Granger, Hermione !
Hermione courut presque jusqu'au tabouret et enfonça frénétiquement le chapeau sur sa tête.
- GRYFFONDOR ! Cria le chapeau.
- Knightley, Norah !
L'âme de Norah quitta littéralement son corps. Elle resta là un instant, sans bouger, avant que Abigail ne la pousse légèrement pour qu'elle avance.
- Bon courage, lui chuchota t-elle, on se retrouve tout à l'heure !
Elle lui fit un clin d'œil et un sourire, auxquels Norah ne répondit pas. Doucement, tremblante, elle avança sur l'estrade et s'assit sur le tabouret. Avant de mettre le Choixpeau sur sa tête, elle sentait la présence de centaine de regard sur elle. Puis là, ce fut le noir complet, le chapeau lui cachait totalement la vue.
- Hm, choix difficile, murmura une voix à son oreille, je vois beaucoup de qualités. Un grand désir de puissance. Et une intelligence inexplorée. Tu es rusée et maligne.. Tu déteste perdre.. Et tu as une grande détermination.
Elle, intelligente, pensa t-elle en riant intérieurement. C'était vraiment la blague de l'année ça. Norah se demandait comment il pouvait savoir tout ça, car elle-même ne se sentait pas spécialement rusée et déterminée.
- Du courage, aussi, beaucoup de courage, Continua la voix. Mais je pense que ta place est à... SERPENTARD !
La fillette retira tremblante le chapeau de sa tête, en le reposant sur le tabouret. Elle jeta un œil effarée à Abigail qui, pour la première fois depuis qu'elles avaient franchi les portes, semblait tout aussi choquée. La table à l'extrême droite applaudissait bruyamment, et juste avant que Norah alla s'asseoir avec eux, elle remarqua le visage abasourdie d'Aaron.
Abigail n'en croyait pas ses oreilles. Sa meilleure amie venait de se faire envoyer à Serpentard, la pire maison de Poudlard. Elle jeta un œil vers Norah qui semblait totalement perdue. Peut-être qu'elle aussi allait se retrouver à Serpentard ? Elle serra doucement les poings, en essayant de se rassurer.
Neville Londubat se fit appelé, juste après Norah. Il trébucha et tomba en s'approchant du tabouret. Le Choixpeau mit longtemps à se décider. Enfin, il cria : « GRYFFONDOR. » Neville se précipita aussitôt vers ses camarades sans enlever le chapeau de sa tête et dut revenir le donner à MacDougal, Morag, sous les éclats de rire.
- Malefoy, Draco !
Le garçon au cheveux d'un blond presque blanc s'avança d'un pas conquérant vers le tabouret. Dès qu'il lui eut frôlé la tête, le chapeau s'écria.
- SERPENTARD !
La mine satisfaite, Malefoy alla rejoindre ses amis nommés Crabbe et Goyle qui avaient été envoyés à Serpentard eux aussi. Il se retrouva devant Norah, et lui adressa un petit sourire poli, auquel elle ne répondit pas. La violoniste gardait les yeux rivés sur ce qu'il restait comme élèves, y comprit Abigail.
– Matthews, Abigail !
Abigail avait reprit son air supérieur, en s'avançant d'un pas léger vers le tabouret. Elle s'installa, posant le chapeau sur sa tête, et garda ses mains posées sur ses genoux en attendant le verdict.
- Ah, une Matthews.. dit le Choixpeau dans son oreille, je vois de l'intelligence, du courage,de la persévérance, et une grande loyauté. Je pense que le choix est très vite fait avec toi. GRYFFONDOR !
Abigail retira le chapeau, et partit sur la table à l'opposé de celle de Norah en lui lançant un regard triste. Pendant leurs sept années d'études, elles allaient être séparées. Abigail vint s'asseoir à côté de son frère, sans cesser de regarder Norah.
- Hé, ça va, lui dit son frère en la secouant un peu, c'est pas comme si elle était à l'autre bout du monde.
- Non, elle est juste dans la maison ennemie à la nôtre, répliqua sèchement Amy.
Elle remit son chapeau pointu sur sa tête, tandis que le professeur McGonagall continuait d'appeler les élèves.
- Moon.. Nott.. Parkinson.. les jumelles Patil... Perks, Sally-Anne.. Harry Potter !
Un brouhaha se fit entendre dans la salle, comme si tout le monde était choqué ou admiratif de le voir ici. Norah aperçu le petit gringalet aux cheveux noir de jais qu'elle avait aperçu à la sortie du train, mais ne prêta guère attention à ce qu'il se passait.
Son regard balaya la table des Serpentard, sa maison, ou, en reprenant les termes de McGonagall sa «seconde famille». Beaucoup semblaient être des gosses de riches pourri jusqu'à la moelle, à l'air snob. Malefoy regardait Norah avec un petit sourire.
- Je suis Draco Malefoy, lui lança t-il, Knightley, c'est ça ? jamais entendu parler. Et pourtant, Serpentard est majoritairement réservé au grande famille de sorciers.
Norah fronça le visage.
- C'est normal. Je ne viens pas d'une «grande famille de sorciers ».
Le sourire du garçon au visage pâle s'effaça, comme si il avait comprit quelque chose, mais Norah tourna la tête, l'ignorant. Harry Potter fut envoyé à Gryffondor, et il eut droit à la plus longue et bruyante ovation de la soirée. La fillette ne comprenait pas en quoi il devait être si célèbre.
- A peine arrivé que Potter joue déjà la célébrité, lança Draco à ses deux compères, d'un ton mauvais.
La jeune fille aux cheveux châtain fixa la Grande Table des professeurs. Hagrid, le géant barbu applaudissait aussi pour l'entrée du Harry Potter à Gryffondor. Au centre de la table, trônait dans un large fauteuil d'or massif, Albus Dumbledore, le vieil homme qui se trouvait sur la carte. Elle remarqua aussi un professeur qui portait un turban violet, et à côté, un homme au teint cireux et aux cheveux noir, qui n'avait pas l'air de se réjouir d'être ici.
Il ne restait plus que trois élèves à repartir. Turpin, Lisa fut envoyée à Serdaigle, puis le rouquin fut envoyé à Gryffondor, et enfin Zabini Blaise fut envoyé à Serpentard.
Norah regarda l'assiette d'or qui se trouvait devant elle avant de soupirer, puis regarda son amie à l'autre bout de la salle.
Rien n'aurait pu plus déprimer Abigail que de savoir qu'elle allait passer les sept années suivantes dans une maison différente de celle de son amie de toujours. Elle applaudissait par politesse les nouveaux arrivants de Gryffondor, et son cœur se réchauffa quand elle put enfin apercevoir Harry Potter, avec ses lunettes rondes qui s'installait en face d'elle. Elle discuta un peu avec Hermione avant de voir le directeur, Albus Dumbledore se lever, le visage rayonnant, les bras légèrement ouverts. On aurait dit que rien ne pouvait lui faire davantage plaisir que de vous tous les élèves rassemblés devant lui.
- Bienvenue, dit-il. Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots. Les voici : Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçon ! Je vous remercie !
Et il se rassit tandis que tout le monde applaudissait avec des cris de joie. Norah n'avait strictement rien compris à son baratin, et sursauta en voyant les plats se remplirent jusqu'à débordement de victuailles : roast-beef, poulet, côtelettes de porc et d'agneau, saucisses, lard, steaks, gratin, pommes de terres sautées, frites, tartiflette, légumes divers ( dont des gros artichauts ), sauces onctueuses, et des bonbons à la menthe. Tout le monde commencèrent à se servir, et à manger, mais Norah avait l'estomac encore plus tendu qu'en arrivant et était incapable de toucher à quoique ce soit.
Abigail se servit de ce qu'elle préférait, et commença à manger avec classe et distinction, comme on lui avait appris. Aaron dont le regard passait de la table de Serpentard à celle des Gryffondor, fixa sa sœur un instant.
- Norah fait encore sa fragile, dit-il en soupirant.
Il prit une côtelette de porc et en croqua un instant alors que la brune regarda son amie au loin. Le fantôme avec une fraise de tout à l'heure s'était installé à leurs tables et regardait le steak d'Harry avec envie. Il se présentait comme Sir Nicholas de Mimsy-Porpington, résident de la tour Gryffondor, plus communément appelé Nick Quasi-Sans-Tête. Il fit ensuite une démonstration , et sa tête bascula sur le côté, ne restant attachée que par quelques tendons et bout de peaux, ce qui arracha un cri d'effroi à la brunette.
- Alors les nouveaux Gryffondor, dit-il, j'espère que vous allez nous aider à gagner la coupe des Quatre Maisons, cette année ? Il y a tellement longtemps que Gryffondor ne l'a pas obtenue ! Les Serpentard l'ont remportée six fois de suite ! Le Baron Sanglant en est devenu insupportable de prétention. C'est lui, le fantôme de Serpentard.
Abigail reposa son regard vers la table des Serpentard, apercevant le Baron Sanglant à côté de Malefoy.
Norah ne faisait pas attention au fantôme qui se trouvait en face d'elle, malgré ses yeux vides, son visage émacié, et ses vêtements maculés de taches de sang. La jeune fille aux cheveux beige finit quand même par avaler quelque chose, sur les recommandations d'une fille plus âgée qui se trouvait à côté d'elle. Mais tout cela la rendait malade.
Lorsque tout le monde se fut bien rempli l'estomac, ce qui restait dans les plats disparut peu à peu et la vaisselle redevint étincelante de propreté. Ce fut alors le moment du dessert : crèmes glacées à tout les parfums possibles, tartes aux pommes, éclairs au chocolat, beignets, babas, fraises, gâteau de riz.
Abigail, gourmande comme pas deux, se servit de tout, et mangea à s'en faire éclater l'estomac. Norah, quand à elle, regardait les sucreries avec un léger dégoût. Tout cela lui coupait l'appétit. De plus, un vent froid et désagréable s'engouffrait dans la pièce, ce qui la faisait frisonner. Elle soupira, avant de passer sa main dans ses cheveux, ressentant sa mauvaise humeur faire son retour.
La brune suivait une conversation entre un garçon nommé Seamus et Neville, sans vraiment les écouter.
- La dernière fois, mon père nous a emmené à la pêche, raconta Seamus, et ma mère avait enchanté la canne à pêche pour l'empêcher d'attraper quoique ce soit. C'était vraiment drôle.
Tout le monde ria à la table, et Abigail profita de l'inattention groupée pour se resservir.
Norah regardait les Serpentard se servir et se resservir. Draco en face d'elle, n'arrêtait pas de critiquer chaque personne qui passait dans son champ de vision.
- T'as vu cette Poufsouffle, avec sa tête d'ornithorynque ? Railla t-il, ça devrait même pas être permis d'oser ce montrer avec cette tête.
La violoniste jeta un coup d'œil de nouveau à la table des professeur. La fille au cheveux noirs qui se trouvait à côté de Norah lui expliqua.
- L'homme avec un turban c'est Quirrell, le professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il est un peu pathétique. Et à côté, c'est Rogue, notre directeur de maison, et celui des potions. C'est le seul compétent à Poudlard, dit elle avec un ton dédaigneux.
-Ah, répondit simplement Norah.
Lorsque les desserts eurent à leur tour disparu, Albus Dumbledore se leva à nouveau et le silence se fit dans la salle.
- Maintenant que nous avons rassasié notre appétit et étanché notre soif, je voudrais encore dire quelques mots en ce qui concerne le règlement intérieur de l'école. Les première année doivent savoir qu'il est interdit à tous les élèves sans exception de pénétrer dans la forêt qui entoure le collège. Certains de nos élèves les plus anciens feraient bien de s'en souvenir.
Dumbledore tourna ses yeux étincelants vers les jumeaux Weasley.
-Mr Rusard, le concierge, m'a également demandé de vous rappeler qu'il est interdit de faire des tours de magie dans les couloirs entre les cours. La sélection des joueurs de Quidditch se fera au cours de la deuxième semaine. Ceux qui souhaitent faire partie de l'équipe de leur maison devront prendre contact avec Madame Bibine. Enfin, je dois vous avertir que cette année, l'accès au couloir du deuxième étage de l'aile droite est formellement interdit, à moins que vous teniez absolument à mourir dans d'atroces souffrances.
Un rire s'échappa dans la salle, mais personne ne l'imita. Abigail fronça les sourcils, tandis que Norah se demandait si il était vraiment sérieux. Il y avait vraiment quelque chose de mortel dans le lycée ?
- Et maintenant, avant d'aller nous coucher, chantons tous ensemble l'hymne du collège ! S'écria Dumbledore.
Les sourires des professeurs se figèrent, alors que Dumbledore donna un petit coup de baguette magique, comme s'il avait voulu faire partir une mouche posée à son extrémité, et il s'en échappa un long ruban d'or qui s'éleva au-dessus des tables en se tortillant pour former les paroles de la chanson.
- Chacun chantera sur son air préféré, dit Dumbledore. Allons-y !
Et toute l'école se mit à hurler, excepté Norah qui trouva ça stupide, et pourtant elle avait la fibre musicale. Elle remarqua que Malefoy non plus ne chantait pas, mais visiblement Abigail s'en donnait à cœur joie :
Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu'on ait les jambes en guimauve,
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu'à en avoir la migraine
Car pour l'instant c'est du jus d'âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce
Tout le monde termina la chanson à des moments différents. Norah grimaçait, tout ça sonnait comme un brouhaha infernal à ses oreilles entraînées pour la musique. Les jumeaux Weasley furent les derniers à chanter, au rythme de la marche funèbre. Dumbledore marqua la cadence avec sa baguette magique et lorsqu'ils eurent terminé, il fut l'un de ceux qui applaudirent le plus fort.
- Ah, la musique, dit-il en s'essuyant les yeux. Elle est plus magique que tout ce que nous pourrons jamais faire dans cette école. Et maintenant, au lit. Allez, tout le monde dehors.
Abigail se leva avec les nouveaux de Gryffondor qui suivait Percy Weasley, le préfet. Elle jeta un coup d'œil à Norah, en lui faisant signe qu'elles se retrouveraient demain, à la première heure. Norah ne lui répondit pas, et Abigail, fut poussée dehors par la foule de Gryffondor et de Serdaigle qui quittait la pièce. Ils montèrent dans le grand escalier de marbre, et la brunette se sentait tout de même triste de ne pas pouvoir être avec son amie. Elle suivait les neuf autres élèves de première année de Gryffondor, tout en regardant les multiples tableaux s'animait en chuchotant sur leur passage.
Soudain, des cannes apparurent devant eux, flottant dans les airs, et se ruèrent sur Percy qui dut faire un pas de côté pour les éviter.
- C'est Peeves, murmura Percy. Un esprit frappeur. Peeves, montre-toi, dit-il en élevant la voix.
Pour toute réponse, un bruit grossier résonna dans le couloir. Après que Percy eut menacé Peeves de prévenir le Baron Sanglant, le seul fantôme dont il avait peur, ils continuèrent de monter jusqu'au septième étage, et tout le monde s'arrêta devant un tableau qui représentait une très grosse dame vêtue d'une robe de soie rose.
-Le mot de passe ? Demanda-t-elle
- Caput Draconis, dit Percy, et le tableau pivota aussitôt, laissant voir un trou rond découpé dans le mur.
Il s'y engouffrèrent un par un et se retrouvèrent dans la salle commune de Gryffondor, dont Aaron avait déjà beaucoup parlé à Abigail.
La fillette fut soulagé de découvrir enfin la chambre, et les grands lit à baldaquins avec des rideaux de velours rouges. Mylith était allongé sur son lit, et elle alla la caresser pour la saluer. Après avoir dit bonne nuit à tout le monde et après avoir enfilé sa chemise de nuit , elle se mit directement au lit et ne tarda pas à s'endormir.
Les Serpentard furent les derniers à quitter la salle. Les dix nouveaux élèves suivirent la préfète qui se nommait Gemma Farley, jusqu'à l'extérieur de la Grande Salle et quittèrent le hall pour se diriger dans la cour d'entrée. Après avoir passé un viaduc, ils descendirent dans les sous-sol.
Norah, qui pensait au début que c'était une mauvaise blague, avait de plus en plus froid, et rabattit sa cape de sorcière sur elle pour se réchauffer comme elle pouvait. Le petit groupe descendirent encore quelques marches, avant de se retrouver devant un mur en pierre grise.
- Nous sommes sous le lac de Poudlard, dit Gemma d'un air grave.
Sous un lac ? Vraiment ? Pensa Norah en les maudissant de tout son être. Si elle devait vraiment passer sept années de sa vie ici, elle allait devoir prendre des vêtements plus chaud.
- Viridi Anguis, dit la préfète au mur.
Les briques se déplacèrent pour former une arche, et les premières années entrèrent dans la salle commune de Serpentard. C'était une longue pièce aux murs et au plafond en pierre brute. Des lampes rondes et verdâtres étaient suspendu à des chaînes, et les fenêtre donnait sous le lac et ses profondeurs. Un feu crépitant était allumé dans la cheminé dont le manteau était gravé de diverses figures compliquées et ouvragées. Il y avait aussi quelques fauteuils de cuirs noir tout aussi ouvragés. La décoration singulière se constituait de quelques crânes et autres objets semblables, ce qui lui donnait un aspect peu chaleureux. Quelques chuchotement d'appréciation se firent entendre.
Gemma montra ensuite les chambres des premières années. Un dortoir pour les filles et un pour les garçons, qui se trouvaient face à face l'un de l'autre. Quand Norah entra dans son dortoir, accompagnée des quatre autre première année, elle ne fut pas surprise de la décoration. Les vieux lits à baldaquins étaient en ébène vernis. Des rideaux de soie verte y étaient tendus, et les dessus de lit étaient brodés d'argent. On pouvait entendre le clapotis de l'eau contre les fenêtre, ce qui la calma un peu. Norah s'avança vers son lit, où ses affaires étaient posées. Elle ouvrit la cage d'Ezekiel en s'asseyant sur le matelas.
Suivant le rythme, elle se mit aussi en pyjama et se mit dans les couettes, qui se révélaient plus chaudes et confortables qu'elle ne l'avait imaginé. Sans écouter les conversations de Pansy Parkinson et Millicent Bulstrode, elle s'endormit rapidement.
Son sommeil fut encore parsemé de cauchemars, de flashs blancs, d'un loup qu'elle avait aperçu. Elle revit le corps gisant de son père, et se réveilla en sursaut, avant de se rendormir presque immédiatement, comme si de rien n'était.
