Coucou les gens!

Il fait beau, il fait chaud, le ciel est bleu, et Ran est dans les problèmes jusqu'au cou! ^^

Dites moi un peu ce que vous pensez de ce nouveau chapitre, vous êtes pas vraiment nombreux à vous manifester! (un très grand MERCI à ceux qui le font, vous consolez ma petite âme meurtrie.. XD)

Bah sinon, je fais du boudin, non mais ho! Et une Hagaren qui boude... brrrr, vaut mieux pas que voyez le résultat!

Hop, à vos claviers, et laissez moi des reviews! ^^

Enjoy!

Hagaren


Chapitre 7 :

Les deux coups contre la porte furent brefs et discrets, mais suffisamment distincts pour que le Généralissime daigna relever la tête et aboyer un « entrez ! » qui traduisait bien son exaspération et sa frustration.

En rentrant au QG, il avait tout mis en œuvre afin de réunir des preuves concrètes de l'existence d'un groupe de terroristes entrés clandestinement dans la ville. Il avait envoyé des émissaires aux quatre coins du pays, et les rapports qui en revenaient étaient tous du même avis : Riza Hawkeye ne s'était pas trompée quand elle avait dit que la jeune fille aux mèches roses mentait.

Presque malgré lui, il avait tout fait pour lui laisser une chance de reconnaître qu'elle disait la vérité, et malgré les preuves de plus en plus nombreuses qui lui revenaient, il ne voulait pas rabaisser sa fierté à reconnaître qu'il s'était trompé.

Heureusement pour son ego, son lieutenant avait trop de classe pour se mettre à pavoiser, en lui disant « Hein ? Je vous l'avais bien dit ! Qui avait raison ? ».

Pour le moment, elle se tenait devant lui de l'autre côté de son bureau, l'air impassible, silencieuse, terriblement efficace. Elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Croisant enfin son regard, elle se pencha pour déposer presque sur ses mains un dossier marqué « confidentiel ».

- Qu'est ce que c'est que ça ?

- C'est pourtant clair, mon Général ; Un dossier classé confidentiel.

Roy Mustang respira à fond afin de conserver les miettes de calme qui lui restaient, et de ne pas faire ce que son lieutenant attendait : perdre son sang froid et lui renvoyer ledit dossier à la figure. Après toutes ces années, il la connaissait aussi bien qu'elle le connaissait, lui : tant qu'elle n'entendrait pas « vous aviez raison Lieutenant Hawkeye, cette fille nous a mené en bateau » elle se comporterait comme la dernière des pestes capricieuses à son égard, sans toutefois jamais se défaire de son calme apparent.

- Lieutenant, savez vous ce que méritent les pestes capricieuses dans votre genre ?

- « Peste capricieuse », mon Général ? Je ne comprends pas….

- Elles méritent une bonne fessée, Lieutenant. Et si vous n'arrêtez pas ce petit jeu très rapidement, c'est ce que vous allez obtenir.

- De quel jeu parlez-vous, mon Général ?

- Vous le savez aussi bien que moi, Riza. Alors, ajouta t-il, que contient ce dossier classé confidentiel ?

Toujours imperturbable, le lieutenant fit le tour de son bureau afin de lui reprendre le dossier, et se mit à en tourner les pages. Le Généralissime Mustang avait les traits tirés et les cheveux en bataille, mais Riza Hawkeye décida de ne pas se laisser attendrir, même si elle savait qu'il était tout à fait capable de mettre sa menace à exécution.

- Le résultat de mes recherches sur cette Ran.

- Alors ?

- Alors, mon Général, à part tombée du ciel, je ne sais vraiment pas d'où cette fille peut bien venir.

- Vous pouvez développer ?

- Et bien non, justement. Personne ne sais qui elle est, d'où elle vient, jusqu'à son dossier médical inexistant… il n'y a rien sur elle. Strictement rien. Si nous ne l'avions pas vue en face de nous, je pourrai dire que viens de faire des recherches sur une personne qui n'existe pas.

Mustang posa son menton sur ses mains croisées. Son lieutenant savait qu'il réfléchissait à toute allure, tout en masquant le plus possible ses émotions. Il n'avait toujours pas réussi à déterminer ce qui le poussait à protéger cette fille, mais visiblement, il n'était pas près de lâcher si facilement. Comment et surtout pourquoi, une gamine entrevue pendant quelques minutes méritait elle autant son indulgence ? Surtout qu'elle lui avait paru plus que désagréable en étant hautaine et méprisante… Et sans parler de son comportement quand elle avait vu le FullMetal !

Riza Hawkeye se demandait ce qu'elle avait pu leur raconter à tout les deux, pour les endormir de la sorte. Car la « peste capricieuse » dont parlait Mustang tout à l'heure, s'était bien cette gamine aux cheveux colorés. Et une fessée était encore une punition trop douce, après que la moitié de l'armée se soit mobilisée pour elle. Il faudrait vraiment qu'elle veille à ce qu'elle reçoive le traitement qu'elle méritait. Oh oui, cette Ran pouvait compter sur le Lieutenant Hawkeye pour y veiller.

Elle avait trop touchée le Général.

Et ça, elle ne pouvait le tolérer.

*************************

Dès que je l'ai vue, je n'ai pas pu m'en empêcher : j'ai sauté de mon cheval, et couru droit sur elle tout en arrachant ma tunique, pour me livrer nue, toute nue, entre ses bras. Sa fraîcheur me saisit un instant, puis tout mon corps s'accorde à me dire combien il aime cette sensation, surtout quand, comme maintenant, je suis complètement immergée en elle. Qu'est ce que ça fait du bien ! Quel dommage que je sois seule à l'apprécier…

Me baigner dans une eau si limpide après avoir traversé un désert est un luxe inouï que je ne raterai pas. Le soleil tapait sur nos épaules depuis plusieurs heures avec la délicatesse d'un forgeron qui aurait raté sa ferronnerie ; la chaleur commençait à être insoutenable. La rivière m'est apparue brusquement, au détour d'un virage, scintillante comme une myriade de diamants. La tentation a été trop forte, et maintenant je savoure la douce caresse de l'élément liquide avec délectation. Quand mes poumons sont sur le point d'exploser, je refais surface, ravie. Edward me regarde depuis la berge, amusé, et je ne peux m'empêcher d'aller le taquiner en l'éclaboussant. Il recule comme un chat qui craindrait de recevoir une douche, et me crie d'arrêter.

Je sais pertinemment que l'eau sur ses automails lui est douloureux, mais j'ai trop envie de lui casser les pieds ; alors je sors de l'eau, et profites du moment où il est occupé à déconnecter son cerveau quand il me contemple pour me jeter sur lui et le faire tomber à la renverse.

Nous roulons à terre enlacés, riant comme des gosses que nous sommes encore. Mais mon rire s'étrangle quand je le regarde ; encore une fois, j'ai l'impression qu'il me lobotomise avec ses prunelles d'ambre :

- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Il écarte doucement une de mes mèches collée sur ma joue, et me demande :

- Est-ce qu'on t'a déjà dit combien tu es belle quand tu ris ? C'est dommage que ça ne t'arrive pas plus souvent…

Décontenancée, je me redresse un peu, mais il resserre ses bras autour de moi, m'empêchant de partir, et me renverse brusquement sur le dos. Penché sur moi, il entreprend de récupérer les gouttes d'eau accrochées à ma peau avec ses les lèvres, sur mes épaules, mon cou, mes seins, et me glisse à l'oreille :

- Mais bon, il y a d'autres moments où tu es très belle…

Ça y est, j'ai maintenant tellement chaud que vais certainement faire évaporer l'eau qui est sur moi s'il continue comme ça. Ah, tu veux jouer à ce petit jeu ? Dis-toi que je ne vais pas te faciliter les choses, mon gars, tout alchimiste d'état que tu sois.

Aussi j'entreprends de lui enlever ses vêtements, tout en enroulant une jambe autour de sa taille pour mieux l'immobiliser:

-C'est vrai ? Lesquels ?

Eh, eh. J'ai gagné. Tout à la saveur de mes caresses, il est maintenant incapable d'aligner deux mots de suite. Il faut croire qu'on s'habitue à tout, même à déshabiller quelqu'un, car ses fringues volent en deux temps trois mouvements. Et sa peau chaude sur la mienne est la chose la plus douce qui soit. Mais il se reprends très vite et me murmure :

- Je vais te montrer…

Nous avons passé l'après midi à faire la sieste, ou plutôt à tenter de la faire, car elle a rapidement dégénérée. D'un commun accord, nous préférons voyager à la faveur de la nuit, afin de ne pas trop attirer l'attention sur nous. Après tout, nous sommes sensés être poursuivis par des terroristes qui en veulent à Edward… Un étau se resserre sur moi à chaque fois que je pense à tout ce que ça implique, mais j'irai jusqu'au bout. Il le faut, si je veux retourner chez moi.

Aussi, quand nous sommes de nouveau réunis autour d'un feu de camp, je le regarde attiser les braises, et son profil si pur se détache, éclairé par les flammes.

Je repense au fait que je dois cette pureté au trait de crayon magique d'Hiromu, et cette pensée me donne la maigre force de me jeter à l'eau, avec autant d'appréhension qui si je me trouvais sur un fil en équilibre au dessus d'un volcan les yeux bandés ; je sais néanmoins qu'il faut que j'y aille le plus vite possible, et par où commencer :

- J'avais 15 ans et demi… C'était un soir de printemps. Il faisait chaud, et j'étais restée à la bibliothèque jusqu'au soir pour étudier.

Ma voix se brise, et je ne peux plus articuler un mot de plus. Tant d'images se bousculent dans ma tête ! Mon agression, la mort de Grand Frère, mon appartement, Hiromu, mon statut de mangaka, mon monde surtout… Comment lui faire accepter tout ça ? Il va sûrement me haïr, ou me prendre pour une folle, voire les deux… En tout cas, une chose est sûre : il va refuser de me croire.

Mais comment faire autrement ? Je ne peux plus reculer, désormais.

Encore une fois, je suis certaine que ce type possède des antennes, car il se lève, et vient s'asseoir derrière moi, pour mieux me prendre dans ses bras. Il me communique sa chaleur, sa force et les mots franchissent mes lèvres sans que je les dirige pour la première fois depuis cette nuit fatale :

- Ils étaient trois… J'étais jeune, insouciante, gaie et spontanée à cette époque : en classe, j'étais la meilleure élève, et j'adorais les cours. Tout le monde dans mon école rêvait de m'avoir pour amie, et tous les garçons étaient amoureux de moi. Mais moi, je n'avais aucun regard pour eux, car j'adorais encore plus mon frère aîné : il était mon modèle, mon idole.

Quand ces trois hommes ont commencé à me barrer le passage à la sortie de la bibliothèque, je n'ai pas tout de suite compris où ils voulaient en venir : Après tout, Grand Frère venait à ma rencontre, pour raccompagner sa petite sœur… Seulement voilà, ce soir là il est resté un peu plus longtemps que prévu avec sa petite amie, Hiromu… Il est arrivé en retard… Suffisamment pour tomber sur ces trois types, avec moi.

Les larmes coulent sur mon visage depuis longtemps, mais elles ne m'empêchent pas de parler. De son côté, Edward garde le silence, mais j'ai bien cru qu'il allait me casser en deux quand il a resserré les bras autour de moi ; j'ai senti sa colère, qui l'a fait trembler des pieds à la tête ; mais il ne m'a pas interrompue.

- Deux d'entre eux m'on lâchée pour se mesurer à Grand Frère : ils se sont pris une raclée monumentale, j'ai bien cru qu'il allait les tuer… que quelqu'un puisse toucher à sa petite sœur chérie lui était intolérable ; alors trois en même temps, tu penses… Quand il a compris qu'il n'allait pas avoir le dessus, le troisième, leur chef, m'a à moitié assommée d'un coup de poing pour que je me tienne tranquille, et il s'est mêlé à la bagarre… il a sortit son couteau, et à poignardé Grand Frère dans le dos, plusieurs fois… Quand j'ai repris mes esprits, il baignait dans une mare de sang, et les trois hommes avaient disparus. Et mon frère, il… Il est mort dans mes bras…

Encore une fois, Ed me serre plus fort contre lui. J'essuie mes larmes et continue :

- Depuis, je ne supporte plus le moindre contact, et je fais des cauchemars à chaque fois que dors… Mais il y a autre chose que je dois te dire…

Je me retourne et le fixe droit dans les yeux. Mon courage s'envole : je vais le perdre, j'en suis sûre. Qui pourrait rester de marbre et croire sur parole une histoire comme celle que je m'apprête à lui sortir ? Je prends sa main et la pose contre mon cœur. Si c'est notre dernier contact, au moins saura t-il que mon cœur bat pour lui… Allons bon, voilà que je deviens… Amoureuse ? Oui, définitivement oui.

Je respire à fond, puis continue sur ma lancée :

- Tu te rappelles quand je t'ai dit que je t'expliquerai plus tard pourquoi l'orage me faisait rire ?

Il hoche la tête sans mot dire, et encore une fois, j'ai l'impression de me noyer dans l'or de ses prunelles. Bon sang que la vérité peut être douloureuse, quand elle est nécessaire !

- C'est parce que c'est la foudre qui m'a fait venir dans ton monde ; oui Ed, je viens du monde où tu as passé tant d'années avant de revenir ici… Mais mon époque est différente de la tienne, car la guerre à laquelle tu as pu participer de loin s'est finie depuis 60 ans… Il n'y a jamais eu de terroristes qui te courent après… C'est simplement un moyen que j'ai trouvé pour t'approcher, pour que tu puisses m'aider à retourner de l'autre côté de la porte…

Il n'a pas retiré sa main.