Chapitre 6

La semaine qui suivait la retenue qu'Artémia avait enduré en compagnie de Fred et George Weasley passa d'une toute autre façon que la première. Elle n'arrivait toujours pas à transformer son allumette, ni à porter attention à ses cours d'Histoire de la Magie. Son père ne lui adressait même plus un regard et sur les conseils de sa Directrice de Maison, elle se faisait oublier pendant ses cours, réalisant toujours sa potion parfaitement. Mais, elle n'avait plus la réputation d'être le jouet de son père, loin de là. Elle pensait que les jumeaux Weasley avaientt raconté ce qui s'était passé le vendredi soir, comment il avait été mauvais avec elle, comment il l'avait traité, comment il avait été particulièrement cruel. Artémia n'appréciait pas tellement que cette histoire traverse les oreilles de tous les élèves de l'école, mais le résultat était suffisant pour lui faire oublier la rumeur. Elle n'était toujours pas digne de confiance, mais elle n'était certainement pas ce que les personnes clamaient qu'elle était. Elle tenait tête à Rogue, et quiconque le faisait était outrageusement indiscipliné, ou absurdement audacieux. La dernière proposition étant préféré par la plupart grâce aux points qu'elle avait subtilement remportés en botanique et en sortilège. Elle était devenu un mystère désormais. La fille de Rogue venue de nulle part, connue de personne qui montrait une animosité considérable contre son père. Pourquoi ? Personne n'en savait rien et elle ne s'aventurait pas à raconter son passé. Elle n'était pas bavarde, comme sa copine brune. Elle n'était pas maladroite, comme le gros garçon au cheveux noirs qui les accompagnait parfois. Elle était discrète, délicate et ingénieuse. C'était pour l'instant ce qu'on disait d'elle.

Artémia souriait fallacieusement. Elle avait été l'enfant du diable, et désormais elle était l'innocence même. Elle avait été le noir profond, et elle était le blanc nacré. Les enfants ne discernaient pas le gris. Ils ne comprenaient pas qu'ils avaient tous raison. Elle était le blanc et le noir. Elle était l'innocente fille du diable.

ooo

Le premier cours de Vol se déroulait dans l'après-midi. A la table des Gryffondors, au petit déjeuner, chacun racontait son histoire de balai. Artémia, comme souvent, ne participait pas à la conversation. Elle écoutait les récits, et regardait comment ses camarades réagissaient. Certains semblaient croire les absurdités qui étaient relatées. Consternant. Harry Potter était silencieux, et suivait la conversation sans s'inclure dedans. Il était discret lui aussi. Il n'était pas comme son père s'amusait à l'appeler, il n'était pas arrogant, il ne mettait jamais sa célébrité en avant, il n'en faisait même jamais référence. Il lui avait souri, à quelques rares occasions et Mia lui avait rendu son geste, timidement. Mais il n'était jamais venu lui parler. Elle était toujours la fille de Rogue, l'homme qui le détestait sans raison.

Hermione lisait un livre sur le Quidditch, espérant apprendre, comme elle en avait l'habitude, la technique.

- Hermione, j'ai oublié mon livre de Botanique dans la salle commune. Tu m'accompagnes ?

La jeune fille leva les yeux et hocha la tête, en souriant. Elles escaladèrent rapidement les marches et entrèrent dans la salle des Gryffondors. Artémia monta dans leur dortoir et descendit une minute plus tard un livre dans la main. Elle le tendit à son amie, légèrement mal à l'aise.

- Petites métamorphoses pour petites sorcières ? Ce n'est pas un livre de botanique ça, remarqua la fille aux cheveux frisés.

- Manifestement, répondit Artémia.

Elle regardait son amie qui fronçait les sourcils sans comprendre. Pourquoi était-ce si compliqué ?

- C'est pour ton anniversaire ! C'est bien aujourd'hui, non ? S'irrita légèrement la plus jeune des Gryffondors.

Hermione ouvrit de grands yeux marrons, avant de sourire et d'enlacer son amie, dont le malaise augmentait de plus en plus.

- Oh ! Merci Artémia ! Ça me fait vraiment vraiment plaisir !

Mia sourit, légèrement rassurée, se dégageant doucement de l'emprise de son amie.

- Joyeux anniversaire, déclara-t-elle simplement.

Elle savait que personne ne lui avait souhaité. Il y avait d'ailleurs probablement qu'Artémia qui était consciente qu'aujourd'hui Hermione avait douze ans. La sorcière aux cheveux frisés ne se sentait pas particulièrement bien dans ce monde, elle ne voulait pas le montrer, mais ça se voyait quand même. Lorsqu'elle n'était pas avec Artémia, elle était seule, dans son dortoir, sur son lit, à lire un livre ou à écrire à ses parents. Mia l'entendait pleurer parfois la nuit, et ça lui déchirait le cœur de savoir son amie dans la détresse mais elle n'avait jamais été capable de rassurer quelqu'un, bien qu'elle n'ait jamais essayé. Elle ne savait pas ce qu'Hermione pouvait ressentir. Elle avait toujours su qu'elle était une sorcière et elle savait que Poudlard était sa seule option. Elle n'avait pas de famille qui l'attendait en dehors du château. Même si sa scolarité ne se passait pas bien, elle n'avait pas le choix, elle devait continuer.

Pour Hermione, c'était différent. Un autre monde, peut-être plus simple, moins dangereux, lui ouvrait les bras, si elle ne s'adaptait pas à celui de la Magie.

- Comment as-tu su ? S'enquit Hermione après avoir lu la quatrième de couverture du livre qu'elle venait de recevoir.

- J'ai jeté un coup d'œil quand tu remplissais ton formulaire de présentation en Sortilège.

Hermione leva les yeux et sourit.

- Et toi, quand est-ce ?

- Le six octobre.

- Tu as aussi un an de plus, alors ?

Artémia hocha la tête, tandis que le visage d'Hermione s'éclairait. Il y avait un nouveau lien qui venait de se former, celui de deux personnes qui se reconnaissaient mutuellement.

ooo

A trois heures et demie, les Gryffondors et les Serpentards se dirigeaient dans le parc de Poudlard pour assister à leur première leçon de vol. Artémia soupira. Elle ne voulait pas assister à ce cours qu'elle considérait comme inutile, mais elle s'était résolue à voir ce qu'il pouvait lui apporter avant de faire tout ce qu'elle pouvait pour ne plus à y participer.

Elle s'installa face à un vieux balai comme le faisaient ses camarades, alors que le professeur Bibine leur expliquait les règles fondamentales de ce cours. Elle n'y prêtait pas particulièrement attention, et préférait détailler les élèves de la maison de son père. Ils arboraient tous la même expression, la même que leur directeur de maison. Ils se tenaient droits, la tête haute, le regard hautain. On aurait dit une armée d'enfants programmés pour agir ainsi. Ils ne faisaient pas naturels, tous leurs gestes étaient calculés pour paraître dignes. Ils n'étaient pas véritables, préférant polir leurs façades plutôt que faire fleurir leurs âmes. Elle n'était pas comme ça, se rassurait la jeune fille. Peut-être un peu, tout de même. Elle n'était pas complètement impulsive, mais elle n'était pas non plus frigide. Enfin, pas tout le temps. Elle était une Gryffondor, McGonagall lui avait certifié.

- Tendez la main droite au-dessus du balai et dîtes : « Debout ! »

Artémia leva les yeux au ciel, forcément une nouvelle fois les gauchers étaient mis de côté. Elle tendit la main gauche et essaya de paraître convaincue alors qu'elle ordonnait à son balai de se lever.

- Debout !

Le balai vacilla mais n'atterrit pas dans sa main, comme le faisait celui de Harry. La frustration d'Artémia augmenta considérablement, goûtant à nouveau au sentiment d'échec qu'elle connaissait depuis trois cours de Métamorphose.

- Oh ça va sale balai, debout ! S'énerva-t-elle.

Étonnamment, le balai sembla convaincu et il apparût dans sa main. Quand tout le monde tenait enfin son balai, le professeur leur expliqua comment enfourcher le bout de bois et comment se positionner dessus.

- Inutile, murmura pour elle-même la jeune fille.

Elle s'exécuta néanmoins, ressentant la frustration prendre le dessus sur elle. Bibine passait devant chaque élève pour leur donner des conseils.

- Très bien, Miss Rogue. Mais vous êtes montée à l'envers. Recommencez par la gauche.

Mia regarda son professeur en levant un sourcil interrogateur. Si elle avait une bonne position sur son balai, elle aurait toujours la même position en prenant son balai de la main droite.

- Je suis gauchère. Je dois donc monter par la droite, éclaira la Gryffondor, une once d'irritation dans la voix.

- Plus tard, vous monterez par la droite. Mais dans cette classe, vous ferez comme tout le monde. Descendez et recommencez, ordonna-t-elle sèchement, ses yeux jaunes se plissant sévèrement.

- C'est stupide. Si je dois apprendre à voler, c'est pour apprendre de la bonne manière. Ce n'est pas pour seulement rentrer dans le moule, au risque de me blesser parce que je ne suis pas à l'aise et que plus tard, je dois m'habituer à voler tout autrement.

Les yeux du professeur s'ouvrirent davantage, marquant sa stupéfaction. Il n'était pas courant que les Premières Année soient aussi confiants pour répondre ainsi à leur professeur.

- Êtes-vous professeur, Miss Rogue ?

- Non.

Mia vit Hermione se tendre à côté d'elle et la regarder avec le même air que pouvait afficher le professeur McGonagall.

- Donc vous n'avez aucune raison de contester mes décisions. Je retire deux points à Gryffondor.

Ses camarades de maison regardèrent Artémia tout en protestant, tandis que les Serpentard, et surtout Malfoy, affichaient un rictus satisfait.

- Et maintenant, recommencez, dicta le professeur.

- Non.

Il y eut un murmure parmi les Gryffondors. Certains avaient commencé à reconsidérer la position de la jeune fille, mais il semblait qu'elle faisait toujours exprès de perdre des points, parfois. Les Serpentards, qui n'avaient que Potions et les cours de vol en commun avec les Rouges, pensaient que la fille de leur Directeur devait être un fardeau pour leur maison si elle agissait ainsi dans tous les cours.

Artémia passa sa jambe par-dessus le balai et posa les deux pieds au sol, elle laissa tomber le balai sur l'herbe et croisa les bras, une lueur de défi dans les yeux.

- Vous préférez peut-être voir votre Directrice de Maison ?

La jeune fille avait compris, maintenant, que chacune de ses débâcles lui coûterait des points, ou des retenues. Une visite chez le professeur de métamorphose pourrait peut-être arranger les choses si elle lui expliquait son point de vue. Elle n'était pas tellement habituée à ces punitions. Au pensionnat, on lui avait reproché à de nombreuses reprises son comportement, elle avait dû copier des lignes, des centaines de lignes mais l'incident était oublié ensuite.

- S'il vous plaît.

- Vous l'aurez voulu.

Artémia n'avait pas baissé les yeux, et ne faisait pas non plus attention aux élèves qui l'entourait. Elle fit un pas en arrière et suivit le professeur qui attrapa un parchemin et une plume dans son sac. Elle grattait le papier frénétiquement avant de le rouler et de le tendre vers la jeune fille. Elle l'attrapa et se dirigea vers l'entrée du château, un léger sourire satisfait sur son visage.

Artémia retourna dans le hall et monta les marches pour accéder au bureau de sa Directrice, à côté de la salle de métamorphose. Pendant un instant, elle avait oublié son père. Il ne serait certainement pas content, elle pouvait en être certaine. Mais tant qu'elle ne se retrouvait pas seule avec lui, tout irait bien, se rassura-t-elle.

Elle frappa sur la porte du bureau, espérant que le professeur dispense l'un de ses cours et qu'elle ne puisse pas la recevoir, malheureusement, la voix pincée de la vieille dame résonna à travers le mur.

- Miss Rogue, qu'est-ce qui vous amène ? Vous ne devriez pas être en cours de Vol ?

Artémia avala sa salive, se sentant soudainement moins courageuse.

- Je devrais, mais j'ai comme eu un différend avec le professeur Bibine.

Le professeur fronça les sourcils, tandis qu'Artémia allongea le bras pour lui donner le parchemin. McGonagall le déroula et lut la courte missive. Mia examinait le visage de sa Directrice alors que ses yeux parcouraient les lettres et les mots sur le parchemin.

- Vous semblez avoir quelques difficultés à vous adapter aux exigences de Poudlard, Miss Rogue. Asseyez-vous.

Sa voix n'était plus celle réconfortante de l'autre soir, Artémia découvrait la face sévère de sa directrice.

- Pouvez-vous m'expliquer votre comportement ?

Artemia ne cilla pas face au regard persistant et désapprobateur de la vieille dame.

- Je suis gauchère et le professeur Bibine insistait pour que je monte mon balai comme un droitier.

- Et donc ?

- J'ai toujours appris à voler comme un gaucher. Je trouvais ça inutile d'essayer de me convertir parce que le professeur est mal à l'aise dans cette manière de faire. C'est comme si je vous demandais de lancer un sort de la main gauche, vous ne seriez pas à l'aise. Mais on ne vous force pas à le faire, donc je ne vois pas pourquoi je devrais le faire non plus.

- Et vous lui avez expliqué ?

- Oui. Elle répondu que je n'étais pas un professeur, donc je n'avais pas mon mot à dire. Je n'ai pas envie d'apprendre des bêtises parce qu'un prof...

- Miss Rogue, j'ai compris.

Artémia ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. La vieille dame regardait son élève, pensivement, réfléchissant à la sanction qu'elle pouvait donner à la jeune fille. Elle n'avait pas tort dans sa réflexion, mais elle ne devait pas argumenter avec un professeur de cette façon.

- Je sais voler. Je n'ai pas besoin de ces cours. Déclara Artémia d'une voix calme.

- Les cours de vol sont obligatoires pour tous les Premières Années, récita la Sous-Directrice.

- Mais je sais voler ! Je veux bien aller dans des cours qui peuvent m'apprendre des choses, mais c'est une perte de temps là !

- Taisez-vous ! Répondit MacGongall, la voix forte.

Elle se retourna et regarda par la fenêtre. Artémia Rogue était définitivement la fille de Severus Rogue. Ils étaient entêtés, confiants, méthodiques. Mais Artémia manquait d'un cadre strict, de règles, de rigueur et c'était ce qu'elle devait obtenir rapidement, si elle désirait entretenir une relation avec son père.

- Vous eff... Par Merlin !

Elle regardait toujours par la fenêtre, mais son corps tendu montrait son inquiétude. Elle pivota sur ses pieds.

- Restez dans mon bureau jusqu'à mon retour, nous n'avons pas terminé.

Et elle quitta la pièce précipitamment. Artémia fronça les sourcils et se leva de sa chaise pour regarder par la fenêtre. Elle pouvait voir le petit groupe d'élève rassemblés pour le cours de Vol, ainsi qu'un blond et un brun dans les airs.

- Harry et Malfoy.

Harry atterrit sur le sol, le bras en l'air alors que le professeur McGonagall s'avançait vers lui d'un pas rapide et ils disparurent tous les deux dans le château. La jeune fille détailla le reste du groupe. Personne d'autre n'avait de balai, et le professeur Bibine ne se trouvait pas là non plus.

Pensant que McGonagall allait revenir avec Harry, elle retrouva sa place dans son fauteuil et détailla la pièce. C'était une pièce sombre, ouverte par seulement deux fenêtres en ogives. La tapisserie était rouge, comme Gryffondor, même si on en voyait très peu le bout. Il y avait beaucoup de livres, principalement de métamorphose, mais d'Arithmancie et de Runes aussi. Son bureau était grand et bien ordonné. Deux tas de parchemins prônaient sur le plan de travail. Elle se dévissa le cou pour voir si ce n'était pas les devoirs de Première Année. La pièce était beaucoup plus chaleureuse que celle de son père. Mais il fallait aussi avouer que le professeur McGonagall était une personne plus agréable aussi.

Elle attendit de longues minutes, puis après cinq tours d'aiguille, elle se leva et lut le titre des livres. Elle en attrapa un hâtivement, résolue à seulement lire la première page, mais elle se sentit absorbé dans sa lecture qu'elle ne remarqua pas les dix minutes qui s'écoulèrent.

- Eh bien je vois que vous êtes confortable, Miss Rogue.

Artémia leva la tête pour rencontrer le regard amusé de sa Directrice. Artémia fronça les sourcils tout en fermant doucement le livre. Elle avait probablement puni Harry et elle s'apprêtait à la punir, elle. Pourquoi était-elle amusée ?

Mia reposa le livre à sa place, tandis que le professeur McGonagall reprenait sa place.

- Les symboles en métamorphose ? Vous le trouvez intéressant ?

- Je trouve que c'est éclairant concernant les mouvements de baguette. Au moins, ça prouve que la magie ne se réduit pas à un simple mouvement défini par hasard. Mais je crois qu'il me manque des connaissances pour pouvoir comprendre totalement ce livre, déclara calmement Artémia.

La vieille dame hocha la tête, comme si elle était d'accord avec la jeune fille.

- Vous en comprendrez davantage si vous étudiez les runes, répondit-elle simplement.

La Gryffondor acquiesça et regarda son aînée, attendant le verdict.

- Avec tout ça, je ne me souviens plus de ce que j'avais déterminé...

Mia se demandait ce que 'tout ça' englobait, mais elle choisit de ne rien demander à cette instant.

- Quoiqu'il en soit, ce n'est pas la première fois que votre caractère vous fait défaut. Vous avez déjà obtenu une retenue pour cela, mais vous n'avez toujours pas compris.

- Je vous demande pardon ?

Si une chose qu'Artémia avait appris dans sa retenue, c'est qu'elle ne devait plus se retrouver seule avec son père, et qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec ce dernier. Il était fou. C'était un maniaque du contrôle, un maniaque de la rigueur mais il ne donnait rien en retour. Il ne pourrait jamais être son père, et encore moins son papa. Il ne pourrait jamais l'aimer, elle l'avait bien vu dans ses regards, ou dans son absence de regard, même. Elle n'était qu'une gamine comme une autre pour lui, elle n'était pas Drago Malfoy. Et seul Drago Malfoy avait la sympathie de son père.

- Aussi injustement que votre retenue ait pu être, elle était destinée à vous faire comprendre que vous devez respecter vos professeurs et les écouter. Je n'en ai pas tenu compte, la dernière fois, pour des raisons exceptionnelles, mais je ne fermerai pas les yeux à partir de maintenant. Votre comportement en Métamorphose est à la limite de l'insolence et vous ne faîtes aucun effort pour réussir vos métamorphoses. Vous défiez vos professeurs en Potions et en cours de Vol. Et j'espère pour vous que je n'aurais pas de plainte concernant les autres cours.

- Vous n'en aurez pas, déclara simplement Artémia, impassible.

Au fond d'elle, elle avait honte. Honteuse d'être ainsi disputée et de ne pas être capable d'accepter, comme tout le monde, les remarques.

- J'espère bien. Autrement, vous viendrez tous les soirs en retenue jusqu'à ce que vous comprenez votre place. Suis-je clair ? La voix amusée du professeur avait fait place à une voix sévère, presque froide comme celle de son père.

Mia hocha la tête, tout en baissant les yeux.

- Répondez-moi. Et tâchez d'en faire de même lorsque votre père vous pose une question.

- Oui, professeur, articula-t-elle, alors qu'elle sentait la colère revenir en elle et la honte d'être ainsi traitée comme une enfant.

Pourquoi sa Directrice se mêlait-elle de ses histoires de famille? Qu'elle ne réponde pas à son père était son problème, qu'elle ne lui parle pas, aussi. Elle n'avait pas le droit de lui demander de contrôler son comportement quand il ne concernait plus l'école.

- Pour cette fois, vous viendrez ce soir, à vingt heure, dans ma salle et apportez votre livre de Métamorphose. Vous pouvez y aller.

Artémia se leva mécaniquement, et se retourna en saluant le professeur. Elle sortit dans le couloir, abattue. Voilà deux semaines qu'elle était à l'école et elle avait obtenu deux retenues déjà. Assurément lorsque son père lui répétait qu'il avait une réputation à tenir, ce n'était pas ce qu'il voulait dire. La jeune fille monta les marches pour trouver sa Salle Commune, elle donna le mot de passe à la Grosse Dame qui la laissa entrer.

Elle parcourut rapidement la salle des yeux, vérifiant qu'Hermione ne s'y trouvait pas. Il n'y avait plus ce silence pesant lorsqu'elle entrait dans la pièce, on commençait à lui faire confiance, doucement.

- Mini-Rogue ! Il paraît que tu as encore fait des tiennes ?

Artémia se tourna vers Fred, qu'elle pouvait maintenant reconnaître de son frère. Il était plus petit, avec des yeux plus foncé mais des pommettes plus hautes.

- J'essaie de battre votre record. Combien de retenue les deux premières semaines ? Rigola doucement Artémia.

Il était facile pour elle de parler aux jumeaux. Elle ne savait pas si c'était parce qu'ils l'avaient vu dans la pire des situations, si c'était parce qu'ils avaient été les premiers à la croire, mais elle pouvait se permettre d'être elle-même, tout aussi facilement qu'avec Hermione, si ce n'est plus.

- Tu as déjà du retard, ma petite. On en était à notre sixième, je crois. Je peux toujours entendre Percy nous rappelait qu'il en parlera à maman. Il a rapidement compris qu'il devrait envoyer des hiboux tous les jours celui-là.

Artémia sourit timidement. Fred l'invita à s'asseoir près du feu d'un léger coup de tête mais elle hésita quelques secondes.

- Tu as peur de t'associer à des traîtres à leur sang, Rogue ? Demanda George en rigolant, tandis qu'un garçon la regardait un œil suspicieux.

- Je pourrais facilement vous retourner la question. Vous voulez vraiment être vu en compagnie de la fille du bâtard graisseux, c'est comme ça que vous l'appelez non ? Répondit-elle sur le ton de la plaisanterie.

Artémia vit un autre garçon à la peau noire se retourner, en rigolant.

- Tu as raison Fred, elle a quelque chose cette petite.

Mia s'avança et s'assit sur un coussin au sol, tandis que le feu lui réchauffait le dos. C'était la première fois qu'elle restait dans la Salle Commune, elle ne faisait que la traverser, visage baissé, à chaque fois.

Le petit groupe se présenta, et Artémia fit la connaissance de Lee Jordan, d'Olivier Dubois et d'Angelina Johnson. Elle apprit ainsi qu'Harry venait d'être sélectionné dans l'équipe de Quidditch.

- Ron m'a dit que tu avais fait un scandale en Cours de Vol, et que Bibine était folle de rage. T'as vraiment fait ça ? S'enquit George.

- Nope, je lui ai juste fait remarquer que j'étais gauchère et que je ne comptais pas monter sur un balai par la droite, juste pour la satisfaire.

- Ah j'avais eu le droit à la même remarque moi aussi ! S'émerveilla Olivier. Mais elle ne m'a pas envoyé chez McGonagall.

- Je l'ai peut-être un peu poussé, admit Artémia. Je vais y aller, j'ai une retenue avec McGongall et parce que je suis 'insolente' je ne vais pas essayer de pousser ma chance, imita Artémia en levant les yeux au ciel. Vous savez où est Hermione ?

La jeune fille remarqua que le groupe ne semblait pas savoir de qui elle parlait, ils haussèrent simplement les épaules. Artémia se leva et sourit au petit groupe comme pour les remercier de lui laisser sa chance.

- J'ai l'impression qu'on se croisera souvent en retenue, Mini-Rogue, salua Fred.

La Première Année esquissa un sourire alors qu'elle traversait le tableau pour se rendre dans la Grande Salle.

ooo

Elle n'avait pas peur aujourd'hui. Elle savait que quelque serait sa tâche, le professeur McGonagall ne serait pas injuste. Elle l'avait sauvé de son père, ce n'était sûrement pas pour la renvoyer dans ses griffes ou pour se charger de sa discipline, elle-même.

- Bonsoir Miss Rogue, asseyez-vous, proposa la directrice de Gryffondor, les yeux moins sombres que l'après-midi.

- Bonsoir professeur, répondit automatiquement Artémia.

La vieille dame attendit de voir son élève assise à son bureau pour se rapprocher et tendre un parchemin recouvert de son écriture.

- Je pensais profiter de cette retenue pour vous faire recommencer le devoir que vous m'aviez rendu lors du précédent cours. Mais je dois admettre que je vous ai peut-être jugé trop rapidement, comme vous le pouvez voir.

Artémia fronça les sourcils et regarda son devoir. Un gros O brillait à côté de son nom. La jeune fille ne put s'empêcher de se sentir soulagée, elle n'était peut-être pas aussi stupide qu'elle le pensait, peut-être pas aussi désespérante. Lorsqu'elle releva les yeux, la vieille dame lui sourit doucement et rangea le devoir avec les autres.

- Après avoir corrigé votre devoir, je me suis donc demandé pourquoi vous n'étiez pas capable de maîtriser la pratique alors que vous comprenez parfaitement la théorie. Durant votre retenue, vous vous exercerez donc.

La Première Année acquiesça doucement, sa joie retombant doucement, car elle était pratiquement certaine qu'elle n'y arriverait pas.

- Montrez-moi donc vos progrès, demanda la vieille dame en pointant une allumette.

Elle attrapa sa baguette du bout des doigts, fit le geste élégamment tout en prononçant la formule correctement, tout en retenant sa respiration. Mais rien ne se passa. Ni les trois fois d'après.

Elle soupira d'exaspération, tout en reposant sa baguette sur la table en regardant, avec attente, le professeur de métamorphose.

- C'est étrange. Tout me semble pourtant bien. La vieille dame répondit.

- Je ne suis peut-être pas assez puissante... marmonna la jeune fille, en baissant les yeux.

La Directrice de Gryffondor laissa échapper un rire à travers ses lèvres.

- S'il y a une chose dont je peux être certaine, c'est que vous serez certainement une sorcière puissante, Miss Rogue.

- Pourquoi ?

Le sourire sur le visage ridé de la vieille dame ne la quittait pas, il n'était pas moqueur, il était seulement tendre.

- Votre mère était l'une de mes meilleures élèves en Métamorphose, et je peux vous assurer que ses sortilèges ne loupaient jamais leurs cibles. Et votre père est un excellent sorcier, lui aussi.

Artémia regardait son professeur avec nostalgie. Elle se rappelait des étincelles que sa mère lançait lorsqu'elle était triste, petite.

- Pourquoi je n'y arrive pas, alors ? Des sorciers peuvent avoir des enfants cracmol. C'est peut-être mon cas. Même Neville a changé la longueur de son allumette.

- Allons, ne dramatisez pas tout. Lancez un sortilège, vous verrez que vous n'êtes pas une cracmol, s'amusa-t-elle.

Artémia hésita pendant quelques secondes. Elle avait effectué tous les sortilèges de son livre à plusieurs reprises, et elle en avait appris d'autres. Elle n'était décidément pas un cracmol. Pourquoi n'y arrivait-elle pas alors ?

- Allez-y, n'ayez pas peur.

- Amplificatum, déclara-t-elle d'une voix certaine, alors qu'elle dessinait le mouvement avec sa baguette.

L'allumette grandit et grossit, faisant désormais dix centimètres de longueur.

- Un sortilège de Deuxième Année ? Intéressant. S'extasia la vieille dame devant le travail de son élève. Puis elle reprit doucement. Vous voyez que vous n'avez aucun problème.

- Pourquoi je n'y arrive pas, alors ?

- A quoi pensez-vous lorsque vous voulez métamorphoser votre allumette ?

- A une aiguille, évidemment, répondit Artémia, légèrement hautaine.

Elle se rendit compte à cet instant que sa retenue n'était pas réellement une punition mais plutôt un cours de rattrapage. Elle ne devait pas écrire une cinquantaine de lignes lui rappelant où était sa place. C'était naturel, pensait Artémia. Elle n'avait pas besoin d'être sur ses gardes, comme elle l'avait toujours été avec ses professeurs. Ne jamais montrer ce dont tu es capable, c'était son mot d'ordre lorsqu'elle était au pensionnat. Mais avec le professeur de Métamorphose, elle n'avait pas peur de se sentir abusée, elle-même lui avait dit : Elle serait puissante. Pourquoi le cacher ?

- Précisément ?

- J'imagine chacune des étapes. D'abord, agrandir l'aiguille, puis la rendre argentée, puis lui donner le bout pointu.

- Et comment imaginez-vous votre produit final ?

- Comme une aiguille ! S'énerva Mia.

- Miss Rogue, j'essaie de vous aider, baissez d'un ton.

- Pardon professeur.

La vieille dame hocha la tête et fronça les sourcils.

- Votre aiguille comment l'imaginez-vous particulièrement ?

La Première Année réfléchit un instant. Elle ne comprenait pas la question.

- Grise et pointue ?

La vieille dame pouffa étrangement et prit place à côté d'Artémia le regard malicieux.

- Vous avez exactement le même problème que votre père au même âge. Il m'a répondu exactement la même chose lorsque je lui ai demandais.

Sa voix était douce et patiente. Comme si elle voulait lui faire comprendre quelque chose.

- Que lui avez-vous répondu ?

- Qu'il était trop mécanique.

Mia fronça les sourcils, ne comprenant pas. La vieille dame continua.

- La métamorphose n'est pas seulement l'art de transformer un objet en un autre, mais aussi de transformer les propriétés, la matière de l'objet. Il n'est pas réellement possible de faire comme vous le faîte, c'est une façon pour certain mais pas pour vous. Vous êtes trop objective. Vous devez ressentir votre magie, la laisser se répandre en vous. C'est ce qui fait votre signature magique. C'est la touche personnelle que vous lui donnez. Vous ne devez pas essayer de transformer l'allumette en une simple aiguille. Mais votre aiguille. Chaque allumette se diffère d'une autre d'une certaine manière, votre aiguille aussi. Et c'est à vous, par votre magie, de lui faire adopter cette différence, vous comprenez ?

La Première Année écoutait sa directrice avec attention, mais ne parvenait pas à comprendre ce qu'elle voulait dire. Honteuse, elle hocha la tête.

- Ah. Voyons autrement. Lorsque vous lancez un sortilège, à quoi pensez-vous ?

La question, si simple, prit au dépourvu Artémia qui commençait à paniquer, de ne pas être capable de mettre le doigt sur une chose si simple. Elle attrapa sa baguette et lança un « Lumos », sa baguette s'alluma mais elle ne savait pas à quoi elle pensait. Elle éteignit sa baguette d'un « Nox » mais ne fut une nouvelle fois pas capable de répondre à son enseignante.

- C'est... instinctif. Même avant d'avoir une baguette, je lévitais des objets sans y penser réellement. Juste parce que ça m'apaisait.

La vieille dame, à son tour, ne semblait pas comprendre ce que voulait dire la jeune fille.

- Quand vous dîtes la formule, à quoi pensez-vous ? Essaya-t-elle autrement.

- Au mots qui s'emmêlent, répondit-elle instantanément.

Le professeur McGongall fronça les sourcils, pensant légèrement à une blague, mais lorsqu'Artémia ne rajouta rien, elle dut prendre en considération sa réponse.

- C'est à dire ?

Mia regardait le professeur sans comprendre.

- Magie c'est un mot gentil mais qui peut mener sous terre. Ecole c'est un mot neutre, autant destructeur que libérateur.

Voyant l'air troublé de l'écossaise, Artémia se mordit la lèvre inférieure, légèrement déçue.

- Vous n'êtes pas la première personne à ne pas comprendre, rassurez-vous. Personne n'a jamais compris. Elle murmurait ces derniers mots pour elle seule.

- Vous reprenez seulement les définitions de ces mots, non ?

Artémia hocha négativement la tête, affichant une expression lasse. Petite, elle avait cru qu'on ne la comprenait pas parce qu'elle était une sorcière, et elle avait espéré qu'une fois, installée dans le monde de la Magie, elle serait comprise, elle serait comme tout le monde.

- Ca n'a rien à voir avec la définition du mot. Ce sont les lettres qui forment les mots, qui forment les phrases. C'est comme ça que j'ai appris à lire. Je n'ai pas besoin de connaître la définition d'un mot pour l'employer. Donnez-moi un mot dont je ne connais probablement pas la définition, si vous le souhaitez.

Le professeur fronça les sourcils et se leva de son siège et retourna à son bureau, son expression sévère à nouveau sur le visage. Elle regardait la jeune fille devant elle, réfléchissant, avant de parler :

- Venelle.

Artémia sortit un parchemin et sa plume et écrit le mot de son écriture élégante. Elle se leva et s'approcha du bureau de son professeur.

- C'est simple. Le V s'ouvre sur le ciel, les e roulent irrégulièrement, le n marche sur deux jambes et les l pointent le ciel. Avec le V et les l, on comprend que c'est un lieu qui n'est pas couvert et les l sont accolés entre deux e, on pense que c'est petit. Les e désignent l'activité qui y règnent et le n, les hommes qui marchent. Je dirais donc que c'est une ruelle ?

Minerva ouvrit grand les yeux, stupéfait du raisonnement de la jeune fille et acquiesça. Elle laissait glisser ses yeux une nouvelle fois sur le mot, tout en remarquant qu'elle ne voyait absolument pas comme sa jeune élève. Après une minute, elle leva la tête.

- Donc vous pensez comme cela lorsque vous lancez un sortilège ?

- J'imagine.

- Pourquoi ne pas faire la même chose pour la métamorphose, alors ?

- Parce qu'il y a un objet, et qu'il me bloque.

Le professeur ne répondit pas immédiatement.

- Je pense qu'il serait intéressant que vous parliez de votre problème avec votre père. Il était très doué dans ma matière après avoir réglé ce problème.

- Je ne pense pas. Il ne veut pas que je sois avantagée par rapport à mes camarades. Je réessayerai. Vous m'avez dit qu'il fallait que je sois plus objective, donc imaginer ce que je ne vois pas ? Et que je sois moins mécanique ? Comment faîtes-vous, vous ? Si ce n'est pas trop indiscret.

McGonagall pouvait voir la détermination dans les yeux de son élève et la maturité. Décidément beaucoup de maturité. C'était quelque chose qui se voyait dans ses yeux, ses manières, son raisonnement, dans sa locution, même. Elle était paradoxale. Mûre par moment, et capricieuse à d'autres.

- Je visualise mon résultat. La couleur, le poids, l'odeur, la sensation entre mes mains, chacun de ses détails et je laisse ma magie entourer l'image pour qu'elle devienne l'objet.

Artémia détailla son professeur avec de l'admiration dans les yeux. C'était si simple pour elle.

- Vous pouvez y aller, Miss Rogue. J'espère que vous avez conscience que je vous ai fait une faveur en ne vous faisant pas copier bêtement des lignes, mais que vous aurez compris la leçon tout autant. Sinon la prochaine fois, je serai beaucoup moins clémente. Compris ?

- Oui, Madame. Merci. Et bonne soirée.

La jeune fille ramassa ses affaires et s'empressa de sortir. Le couvre-feu était passé, et elle ne voulait pas tomber sur son père, ni un autre professeur. La nuit, Poudlard était rassurant malgré les ombres qui dansaient grâce à la lune. Il y régnait ce calme qui faisait mal aux oreilles et cette tranquillité qui laissaient entendre chaque bruit de pas.

Artémia retrouva rapidement sa Salle Commune, appelant la Grosse Dame pour lui ouvrir le tableau.

La salle commune était sombre, éclairée par le seul feu dans l'antre de la cheminée. Elle monta les marches de son dortoir et se rendit dans sa chambre. Lavande et Parvati, comme tous les soirs parlaient, tandis qu'Hermione était nulle part en vue. La jeune fille ne l'avait pas vu depuis le cours de Vol et elle espérait qu'il ne lui était rien arrivée. Mia attrapa un livre de Sortilège qu'elle dévorait avec plaisir. C'était une matière simple mais intéressante et utile. Elle n'avait pas attendu la classe pour apprendre à faire léviter une plume ou tout autre sortilège, elle trouvait cela dommage que tout le monde ne prenne pas cette initiative.

- Quelle bande d'imbécile !

Hermione ouvrit la porte, clairement énervée, seulement vêtue d'une robe de chambre rose.

- Qui ça ? Tu étais où tout ce temps ?

- Harry et Ron ! Ils ont voulu faire un duel avec Malfoy, mais je leur avais dit que c'était un piège, mais ils ne m'ont pas écouté. J'ai voulu les arrêter mais la Grosse Dame était partie. Je les ai suivis et Rusard nous a couru après. On a ouvert une porte pour tomber sur un chien à trois tête. Tu imagines, un chien à trois tête ?

Artémia ne put s'empêcher de sourire à l'idée qu'Hermione défiait les règles. Elle l'avait presque réprimandée quand elle lui avait, brièvement, expliqué sa retenue. Et depuis, la brune ne pouvait s'empêcher de lui faire une remarque à chaque fois qu'elle marchait sur un fil.

- Où ça ?

- Le couloir interdit, au deuxième. Je pense qu'il gardait quelque chose, il était sur une trappe. Ce sont vraiment des idiots ! Je vais me coucher, je suis exténuée. Tu me parleras de ce qui t'es arrivée demain. Bonne nuit 'Mia.

Artémia sourit pour l'utilisation du surnom. Elle n'avait jamais dit à son amie qu'on l'appelait ainsi, mais ça lui faisait plaisir qu'elle y soit venue d'elle-même. Elle réfléchit à ce que venait de lui confier son amie et elle s'endormit sur cette pensée.