Nous ne sommes que des êtres humains…
Auteur : Petite Souris
Titre : Nous ne sommes que des êtres humains…
Animé : Full Metal Alchemist
Disclaimer : Les personnages utilisés dans cette fanfic ne m'appartiennent toujours pas (ce qui m'empêche pas d'en faire c'que j'veux !)
Rating : M pas méchant
Pairing : Ed/Roy définitivement ! Ils sont trop mignons tous les deux :) Et j'espère que Havoc réussira un jour à séduire Riza, parce que je les aime bien aussi tous les deux :)
Septième chapitre :)
CHAPITRE VII
"Lieutenant Hawkeye ?"
"Oui Edward ?"
Riza haussa un sourcil interrogateur à l'attention du jeune garçon. Il était assez tard dans la nuit, et il venait de la rejoindre dans la cuisine, où elle se prenait un café pour essayer de tenir le coup, car elle ne voulait pas laisser Mustang seul trop longtemps tant qu'elle n'aurait pas pu réellement parler avec lui. Il fallait absolument qu'elle trouve le moyen de l'obliger à lui expliquer ce qu'il se passait, qui l'avait poussé à sa tentative de suicide, et qui l'avait… Elle ferma les yeux un bref instant. Comme elle aimerait que tout ça ne soit qu'un horrible cauchemar !
"Pourquoi Kimblee a embrassé Mustang !"
Revenant brutalement à la réalité, elle écarquilla les yeux à la question proférée d'un trait, les mots se bousculant entre eux. Elle se retint fermement de sourire à la naïveté du jeune garçon, sachant fort bien que cela serait sans aucun doute interprété comme une moquerie, et ne souhaitant pas qu'il s'énerve, ou pire, qu'il boude et n'ose plus lui poser de questions par la suite. Surtout qu'elle avait déjà remarqué qu'il était très réticent à lui parler et ne souhaitait pas que cela ne s'aggrave encore. Roy n'était pas le seul à traverser une passe difficile, Edward avait perdu la personne à qui il tenait le plus au monde un peu plus de quinze jours auparavant : Le croire prêt à affronter la vie avec autant de force que précédemment tout en continuant à tout prendre sur lui-même serait sans aucun doute une grave erreur. Elle n'avait pas pu aider Mustang alors qu'il en avait besoin, elle ne referait pas la même erreur avec le jeune alchimiste.
Elle y avait déjà réfléchit pendant ses heures de veille, et en avait conclu que pour apprivoiser le Fullmétal, il lui faudrait déjà commencer par cesser de le considérer comme un gamin. Il haïssait être mis à l'écart, elle le savait fort bien, et pourtant son réflexe premier – tout comme Mustang - était d'essayer de lui éviter les problèmes, et donc de l'éloigner lorsqu'il y avait du grabuge... Or, il n'était plus un enfant depuis longtemps, probablement même depuis le jour où lui et son frère avaient perdu leur mère. C'est pourquoi elle avait décidé qu'elle ne lui cacherait rien de ce qu'elle découvrirait des problèmes de Mustang, car elle ne voulait pas qu'il ne se mette à cacher ses propres tourments de la même façon que Roy avait continué à le faire. Elle ne voulait pas qu'il finisse comme lui par poser une arme sur sa tempe… non, ça, jamais elle ne le permettrait !
Et de plus, elle était bien obligée d'admettre qu'elle ne pouvait pas s'autoriser à le tenir à l'écart. Pas cette fois-ci, pas alors que Mustang avait besoin de lui. Pas alors qu'elle avait besoin de lui pour protéger l'homme qu'elle s'était jurée d'aider à atteindre le sommet. Voilà pourquoi, tout en sirotant son café distraitement car il était devenu bien secondaire, elle lui dévoila un des secrets de l'homme endormi à l'étage supérieur, bien que sachant pertinemment que ce dernier n'apprécierait pas du tout son initiative...
"Roy et Zolf ont été… Amants durant la guerre d'Ishbal"
Edward écarquilla les yeux à son tour, s'en croyant pas ses oreilles. Quoi ? Roy et… Kimblee ? Impossible ! Mustang était sans arrêt en train de sortir avec des femmes, et l'alchimiste écarlate était un homme pour autant qu'il sache encore distinguer les sexes ! Jamais il n'avait entendu le moindre racontar sur une quelconque homosexualité de Mustang… Il le saurait quand même si une telle rumeur avait couru ! Il sentit son visage s'échauffer de plus en plus bien malgré lui et observa avec appréhension l'expression de Riza, qui à son grand soulagement restait impassible : Pas d'éclat de rire, même pas un sourire, elle restait stoïque. Ouf ! Tant mieux, c'était déjà assez pénible comme ça de ne pas savoir contrôler ces rougissements intempestifs !
Il déglutit, essayant toujours désespérément de ne PAS rougir, tout en sachant parfaitement qu'il n'y arriverait jamais. Figé, il regarda le lieutenant Hawkeye s'asseoir et siroter tranquillement son café tout en le regardant d'un air interrogateur. Se secouant, il s'avança à son tour vers la cafetière, se servant un peu de ce breuvage miraculeux qu'il avait adopté depuis son entrée dans l'armée… Et qui était surtout en l'occurrence une parfaite excuse pour gagner du temps tandis qu'un flot de pensées incohérentes se déversaient dans son esprit, et y tournoyaient tellement vite qu'il n'arriverait même pas à les cerner. Son cœur battait à cent à l'heure également, et il ne comprenait pas pourquoi. Mustang homo ? Ou plutôt bi sans doute, mais… Mustang avec un autre homme ? Il sentit son visage s'empourprer de plus belle alors qu'il revoyait Kimblee prendre possession des lèvres de l'alchimiste de flamme. Puis une autre pensée lui traversa l'esprit et il s'exclama à haute voix, oubliant totalement cette fois-ci de tourner sept fois sa langue dans sa bouche :
"Mais ça ne te dérange pas qu'il aime aussi les hommes !"
Riza cacha sa confusion derrière sa surprise, notant par contre avec satisfaction dans un coin de son esprit que Edward venait de la tutoyer pour la toute première fois…
"En quoi ça me dérangerait Edward ?"
Il était de plus en plus confus. Déjà, l'idée que Riza accepte le fait qu'il draguait toutes les filles qu'il croisait lui paraissait quelque chose de pas très normal, mais qu'elle réagisse si peu lorsqu'elle mentionnait que Kimblee et l'homme qu'elle aimait avaient été amants…
"Mais… Tu n'es pas jalouse ?"
Riza écarquilla les yeux. Jalouse ? Elle ? Puis elle comprit. Cette première nuit où ils étaient arrivés ici en portant tant bien que mal Mustang… Elle pensait qu'un peu de jalousie ne ferait pas de mal à l'enfant, mais elle ne pensait pas que cela marcherait aussi bien ! Elle lui sourit gentiment et lui avoua enfin :
"Edward, Roy et moi ne sommes que des amis, et il n'y a absolument rien de plus entre nous, il n'y a jamais rien eu entre nous…"
"Mais quand nous sommes arrivés ici, tu m'as dis que tu étais déjà venue, et…"
"J'ai dis que j'étais déjà venue il y a longtemps. Je suis venue ici avec mon père lorsque j'étais gamine Edward, cette maison, c'est la maison qu'il a hérité de ses parents…"
"Ooooh... Alors tu…"
"Non, je ne suis pas l'amour caché de l'alchimiste de flamme, Edward… Rassuré ?"
Bien trop profondément perdu dans ses réflexions après cette courte discussion avec Riza, le jeune alchimiste d'acier ne prêta même pas attention à sa dernière remarque lâchée malgré elle. Pas plus qu'il ne tint compte du fait que ses lèvres étaient devenues toutes rouges puisqu'il était en train de s'ébouillanter en buvant trop vite son café trop chaud… Et ce fut alors au tour de Riza de sentir le rose lui monter aux joues tandis qu'elle se faisait la remarque que décidément, Edward n'était vraiment plus un enfant… Et qu'il était même devenu un bien bel adolescent !
BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK
Le lendemain matin, ou plus exactement, quelques petites heures plus tard, Riza s'obligea à abandonner Mustang pour aller travailler. Elle n'avait en effet pas la moindre envie que quelqu'un d'autre débarque chez le colonel, et puis au moins comme ça elle réussirait peut-être à éviter les rumeurs sur son absence. Il lui suffirait de dire qu'il avait pris des congés et point final. Alors que si elle-même était absente en même temps que lui, elle préférait ne pas imaginer les ragots que cela ne manquerait pas d'occasionner aussitôt. Et des racontars comme ceux-là, elle s'en passerait fort bien, merci ! C'était déjà suffisamment éprouvant pour elle d'avoir sans cesse à éconduire les maniaques femelles qui téléphonaient sans arrêt à son supérieur, sans en plus avoir à subir leurs menaces de mort si la rumeur courait qu'elle sortait avec lui…
Elle soupira, et vérifia son chignon pour la nième fois, essayant vainement d'ôter son colonel de ses pensées afin de pouvoir effectuer son travail. Certes, ce n'était pas comme si elle l'avait laissé tout seul, il y avait Ed qui était resté sur place, et à qui elle avait demandé de surveiller le colonel "de loin", sans le brusquer, ni essayer de lui tirer les vers du nez… ni se disputer avec lui comme à chaque fois qu'ils se retrouvaient tous les deux ensemble. Elle ne se souvenait que trop bien de la dernière fois où le Fullmétal était resté seul avec lui dans son bureau… Un frisson lui parcouru l'échine, et elle brandit un document droit devant ses yeux pour s'obliger à le lire et arrêter de penser à ce souvenir déprimant. Se faisant, elle surprit Havoc qui la fixait d'un regard inquiet et se força à lui sourire pour le rassurer. Inutile que les autres s'inquiètent pour elle également, ils l'étaient probablement suffisamment comme ça avec Mustang.
Mais ce dont elle ne se doutait pas, trop prise dans ses ruminations, qui décidément ne voulaient pas la laisser en paix, c'était que le sous-lieutenant n'était pas le moins du monde rassuré par ce sourire. En effet, il connaissait suffisamment sa supérieure pour réaliser que le fait qu'elle n'arrivait pas à travailler, et, pire encore, qu'elle se moquait que les autres occupants du bureau – lui en l'occurrence - flemmardent ou pas n'avait vraiment rien de normal… Non, vraiment, il aurait encore préféré se retrouver à l'autre bout du canon de son arme plutôt que de son sourire désarmant.
Il était actuellement seul dans le bureau avec Riza, les autres ayant profité de l'absence du chef pour éviter la paperasse. Lui-même l'aurait bien fait également mais il était vraiment trop préoccupé par sa supérieure, et il espérait qu'elle lui parlerait un peu, puisqu'ils n'étaient que tous les deux. De plus, il aimerait également en savoir un peu plus quand à l'état de Mustang. Elle leur avait dit que le colonel allait mieux, qu'il avait seulement besoin de se reposer. Mais cela ne pouvait pas être tout, et il était évident qu'elle leur cachait autre chose. Mais quoi ? Il mâchouilla distraitement la filtre de sa cigarette éteinte – le lieutenant avait beau être ailleurs, mieux valait ne pas trop la provoquer tout de même ! – en maudissant le colonel de réussir à monopoliser l'attention des plus belles filles même quand il n'était pas là !
Quand à son aventure de la veille, il l'avait raconté aux autres, mais n'osait pas en faire le compte-rendu au lieutenant Hawkeye, sachant pertinemment que cela ne ferait que l'inquiéter plus encore.
"Lieutenant Hawkeye si mes souvenirs sont bons ?"
Le sous-lieutenant Havoc fut aussi brutalement tiré de ses pensées que la veille lors de l'apparition de Kimblee, mais il fut plus rapide à la détente cette fois-ci. Il se leva en un rien de temps tout en effectuant un salut parfait, remarquant avec une admiration teintée d'irritation que Riza était quand à elle déjà au garde à vous devant le furher.
"Généralissime !"
"Repos, lieutenant, repos"
Riza abaissa sa main, mais raidit encore un peu plus sa posture. Le furher souriait largement face à elle, mais elle savait reconnaître un sourire factice quand elle en voyait un, et celui du général des armées était TOUJOURS aussi étudié qu'artificiel. Même Mustang faisait des sourires forcés plus réussis que celui-ci, et il n'était pourtant pas très doué en la matière. Elle s'était souvent demandée pourquoi personne ne remarquait rien ? Sans doute que beaucoup ne tenaient compte que de l'apparence, sans chercher plus loin. Patiemment, elle attendit que Bradley lui adresse de nouveau la parole, mais il ne bougeait pas d'un pouce, se contentant de la dévisager. Si il espérait la faire tiquer ou fléchir, il pouvait attendre encore longtemps !
"J'ai entendu dire que le colonel Mustang n'était pas au meilleur de sa forme ?"
"Le colonel Mustang a effectivement émis le désir de prendre quelques jours de repos, généralissime. Comme nous ne sommes pas en état de guerre, je n'avais pas jugé utile de vous en informer. Je vous présente toutes mes excuses pour cette erreur, généralissime"
"Me prévenir lorsqu'un de mes officiers prend ses congés n'est pas dans le règlement lieutenant Hawkeye, vous n'avez donc commis aucune faute. Mais il aurait effectivement été judicieux de me faire part du fait que son état de santé était inquiétant. Dans combien de temps sera-t-il de retour ?"
La voix du furher, gentille et doucereuse, s'était petit à petit modifiée pour devenir autoritaire alors qu'il assénait la question pour laquelle il avait fait tout ce chemin. Lorsqu'elle perçut le changement de ton, le lieutenant Hawkeye fut prise d'une envie soudaine et le gratifier d'un sourire narquois à la Mustang. Non mais franchement, il croyait vraiment réussir à l'intimider avec son ton de commandement ? Elle n'était plus un bleu depuis longtemps ! Heureusement pour tout le monde, elle réprima ce caprice et répondit de façon neutre et professionnelle, ainsi que l'homme face à elle s'y attendait.
"Dans quinze jours, généralissime"
"Je le veux dans mon bureau lundi matin"
Riza se raidit plus encore, s'obligeant à ne pas fusiller le furher du regard tandis qu'elle répliquait aussitôt.
"Généralissime, avec tout le respect que je vous dois, le colonel Mustang a réellement besoin de repos. Trois jours ne sera pas suffisant"
"Oh ? Il est donc plus mal en point que ne l'annonce le rapport du colonel Kimblee ? Très bien lieutenant, comme vous le souhaitez. Je vous accorde dix jours, pas un de plus. Et s'il n'est pas dans mon bureau lundi en huit, je vous tiendrais comme personnellement responsable. Est-ce clair lieutenant ?"
"Merci généralissime. Parfaitement clair généralissime"
"Vous direz également au colonel Mustang qu'il me tarde de revoir le Fullmétal Alchimiste opérationnel, et que je serais chagriné d'avoir à demander au colonel Kimblee de se charger de l'occuper si son absence venait à se prolonger"
"A vos ordres, généralissime !"
Sur ces dernières paroles, le furher tourna les talons, accompagné comme toujours par sa secrétaire qui le suivait pas à pas. Laissant derrière lui un sous-lieutenant Havoc plus pâle que la mort et une Riza au regard meurtrier.
"Heu… Lieutenant Hawkeye ? Mustang sera bien de retour dans dix jours hein ?"
Riza se retourna et regarda impassiblement le sous-lieutenant avant d'énoncer le plus simplement du monde.
"Je n'en ai absolument aucune idée sous-lieutenant Havoc"
"Mais lieutenant ! Si jamais il ne revient pas, vous risquez…"
"Peu importe ce que je risque Havoc ! L'état de santé de Roy passera avant tout"
"Oui lieutenant. Pardonnez-moi lieutenant"
Le sous-lieutenant Havoc regarda avec impuissance Riza faire semblant de se replonger dans ses papiers. Voilà un incident qui ne lui disait rien qui vaille quand à la tournure que prenaient les événements. Il avait l'impression que le colonel et Riza se retrouvaient brusquement à essayer d'avancer sur une planche inclinée et astiquée avec du savon, et il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait faire pour les tirer de là avant qu'ils ne chutent. Et que signifiait donc cette dernière remarque sur le Fullmétal ? Etait-ce une menace à son encontre également ?
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Tandis qu'elle picorait son assiette de riz, le lieutenant Hawkeye était tellement plongée dans ses pensées quand à la signification de la visite du furher le matin même qu'elle ne s'aperçut pas que quelqu'un se tenait à coté d'elle avant qu'il ne finisse par lui adresser la parole, ce qui la fit sursauter.
"Lieutenant ?"
"Oh ! Sous-lieutenant Havoc ?"
"Puis-je ?"
Après un temps de décalage avant de comprendre que Havoc lui demandait tout simplement si il pouvait s'installer à sa table, elle hocha la tête brièvement, lui faisant signe que la place était libre. Habituellement, c'était le colonel qui se trouvait à cette place, sauf exception lorsque celui-ci avait été invité à partager son repas avec un autre officier. Ou qu'il avait un rendez-vous galant, mais il réservait ces derniers pour ses soirées en général. Cela faisait des années qu'ils déjeunaient ainsi tous les deux, en tant que seuls officiers supérieurs de leur brigade, ils n'avaient pas vraiment le choix, à moins de manger seuls… Et oui, car même si cela n'était nullement interdit, il était mal vu que les gradés déjeunent avec leurs subordonnés, alors ils ne pouvaient malheureusement pas manger avec leur équipe, afin de ne faire nul accroc à l'image de Roy...
Raison pour laquelle elle savait fort bien que si Havoc était ici, c'était qu'il avait quelque chose d'important à lui demander. Et elle se doutait de ce que cela pouvait être. Elle continuait à le fixer tandis que celui-ci n'osait pas détacher son regard de son assiette, apparemment intimidé. Puis, semblant enfin se décider, il leva les yeux sur elle et se lança :
"Le plat du jour n'est pas très original, n'est-ce pas, lieut…"
Riza poussa un profond soupir qui interrompit aussitôt Havoc dans ses blablas inutiles, et le fit légèrement rougir, ce qu'elle ne manqua pas de noter avec amusement.
"Sous-lieutenant Havoc, inutile de tourner autour du pot. Si vous êtes ici pour me demander des nouvelles du colonel, dites-le. Mais je ne vais malheureusement pas pouvoir beaucoup vous aider car…"
Elle s'interrompit un bref instant, cherchant les mots les plus adaptés pour à la fois rassurer Havoc et éviter qu'il ne lui pose de plus amples questions, puis reprit rapidement, sans laisser le temps au sous-lieutenant de lui répondre.
"Le colonel va beaucoup mieux, mais je n'ai pas réussi à savoir ce qu'il lui était arrivé"
Elle se mordit les lèvres. Mince, ce n'était pas du tout comme ça qu'elle aurait voulu que ça sorte. Elle essaya de décrypter le regard de l'homme face à elle, espérant qu'elle ne l'avait pas trop inquiété tout de même… Assez étrangement, elle le vit alors lui adresser un large sourire et ses yeux brillèrent alors qu'il lui adressait un clin d'oeil.
"Voilà qui ne m'étonne pas du tout du colonel. Une vraie tête de mule quand il s'agit de parler de ses problèmes hein ?"
Riza sourit et acquiesça d'un signe de tête. Il était vrai qu'elle n'était pas la seule à bien connaître Mustang, depuis toutes ses années… Cela la rassura de constater qu'elle n'était pas l'unique personne à comprendre et à se préoccuper du sort de leur colonel.
"Vous y arrivez lieutenant. Si il y a quelqu'un capable ici de l'atteindre, c'est bien vous, je vous fais totalement confiance sur ce point... Mais ce n'était pas de cela dont je voulais vous parler"
"Merci Havoc. J'aimerais bien en être aussi certaine que vous… Mais que vouliez-vous me dire ?"
"On en a parlé avec les gars, et… Comme débarquer chez lui serait trop suspicieux et qu'il ne peut pas revenir tout de suite... On voulait vous demander de faire passer un message au colonel"
Il s'arrêta de parler, observant la réaction de la jeune femme, qui lui fit signe de continuer avec une certaine impatience, ayant noté le sérieux de sa voix et se demandant probablement de quoi il retournait.
"On voudrait que vous lui disiez qu'on est tous à 100 avec lui. Quoi qu'il fasse, et quoi qu'il décide. Qu'il sache qu'on est là pour l'aider si il en a besoin, même si cela signifie risquer nos vies pour lui. Lui dire également que… C'est à lui qu'on a juré loyauté, et pas à Bradley"
Si Riza fut étonnée par de tels propos, elle n'en laissa rien paraître.
"Sous-lieutenant Havoc… Merci pour lui"
Le regard froid de sa supérieure s'était adoucit sur ses derniers mots et il eut presque envie de se pencher sur elle et de la serrer dans ses bras tant elle avait l'air douce et fragile en cet instant. Il lui sourit timidement, heureux d'avoir enfin réussit à lui dire ce dont l'avait chargé ses collègues, et heureux également de voir Riza un peu moins angoissée qu'elle ne l'avait été durant toute la matinée. Cependant, comme d'habitude, elle ne laissa pas son visage laisser exprimer ses sentiments bien longtemps et son ton redevint très professionnel tandis qu'elle lui demandait :
"Est-ce que vous pensez que Bradley…"
Elle sembla hésiter à continuer, puis décida que non. Ce fut donc lui qui exprima ce que tout deux pensaient.
Havoc : "La visite du furher de ce matin ne me dit rien qui vaille. Déjà hier la visite de Kimblee chez Mustang… Comment même était-il au courant qu'il était arrivé quelque chose au colonel ?"
Riza : "Je sais, je me suis posée la même question. Et je l'ai bien observé : Même si Zolf ne s'attendait pas à trouver le colonel dans cet état, je pense qu'il savait néanmoins ce qui en était la cause. Je n'en suis pas certaine, mais… C'est l'impression que j'ai eu"
H : "Sans compter cette promotion soudaine"
R : "Et le fait que le généralissime ait exigé de voir Mustang dès son retour"
H : "Et la menace sur Edward et vous-même"
R : "Il a menacé ouvertement les deux subordonnés qui lui sont le plus proches"
H : "Si Roy a des ennemis parmi les hauts gradés, alors…"
R : "Oui. Alors cela expliquerait qu'il se soit senti impuissant à pouvoir les combattre. Et surtout quels moyens de pression ils ont pu utiliser sur lui pour le faire taire"
H: "Nous"
R : "Oui"
Leurs regards se croisèrent et ne se quittèrent pas durant une minute. Ils étaient sur la même longueur d'onde, ce qui ne les rassurait pas. Car si leurs impressions s'avéraient exactes, alors que pourraient-ils bien faire pour aider Mustang ? Ils terminèrent de déjeuner en silence, et se séparèrent sans un mot, ou presque.
"Je vous laisse sous-lieutenant, et ne vous inquiétez pas trop pour le colonel quand même"
"Il n'est pas le seul à m'inquiéter lieutenant Hawkeye. Prenez soin de vous également…"
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Ce bâtard ! Même à moitié mort il se débrouillait pour lui rendre la vie impossible ! Riza lui avait "demandé" - une main ostensiblement posée sur la crosse de son arme – de veiller à ce que le colonel ne soit JAMAIS tout seul pendant qu'elle allait au bureau ET de l'obliger à manger au moins un petit peu le midi… Sauf qu'il était déjà une heure de l'après-midi et que l'homme en question n'avait pas bougé d'un poil de toute la matinée ! Déjà qu'il avait super mal dormi la nuit passée à cause de ce que lui avait révélé Riza (Mustang homo ? Naaaaannn… Impossible !), mais en plus, elle l'avait tiré de son lit à l'aube pour pouvoir aller travailler tandis que lui "veillerait" sur le colonel. Depuis le matin il était donc forcé de regarder ce satané aimant à filles enfoui sous les draps sans même pouvoir lui parler, puisqu'il avait gardé la tête tournée vers le mur et qu'il en avait donc naturellement déduit qu'il dormait... Sauf que plus le temps passait, et plus il en doutait. Sérieux, une immobilité pareille, ce n'était vraiment pas crédible, personne ne lui avait donc jamais appris à faire semblant de dormir correctement ?
"Grrrmbbpff ! Bâtard !"
Il avait grommelé son juron entre ses dents de façon à ne pas réveiller l'homme "au cas où" il dormirait vraiment, mais la très légère crispation qu'il nota sur la peau de son cou – seul bout de chair visible, il avait donc eu les yeux fixés dessus toute la matinée – lui confirma définitivement que Mustang était bel et bien réveillé. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder Ed. Ca, et le fait qu'il était absolument affamé, et donc pas vraiment en mesure d'être calme et compréhensif.
"Arrêtez de faire semblant de dormir colonel Stupide ! Je meurs de faim moi !", brailla-t-il.
Sursaut réfréné mais bien visible de la part de la silhouette visée, puis, après une brève hésitation, un bras qui s'élança et attrapa un bloc-notes situé à la tête du lit, que Ed n'avait pas remarqué. Ne prenant pas la peine de se redresser et encore moins de se retourner, la main gribouilla quelques mots et tourna le bloc vers le jeune alchimiste, toujours sans le regarder.
# Regarde dans le frigo, et sers-toi #
Ed regarda le bloc-notes, incrédule, se demandant à quel moment Hawkeye avait bien pu trouver ce moyen pour communiquer avec Mustang. Puis il remarqua que le bloc tremblait légèrement et son œil glissa sur la main qui le tenait, blanche et crispée. C'était la première fois qu'il voyait les mains du colonel sans ses gants. Est-ce que c'était Riza qui les lui avait retirés par crainte qu'il ne s'en serve ? Puis le bloc retomba sur le lit alors qu'il glissait entre ses doigts, et la colère du plus jeune des alchimistes retomba en même temps que lui. Il se sentit même un peu (mais pas trop) honteux d'avoir crié sur quelqu'un de blessé, et de s'être plaint d'avoir faim alors qu'il savait parfaitement que Roy devait être très certainement encore plus affamé que lui. Riza lui avait dit avoir eu beaucoup de mal à le faire manger un petit peu ce matin, car il refusait d'avaler la moindre bouchée - au début (après, il avait entendu deux coups de feu).
"Imbécile ! Je suis obligé d'attendre que vous soyez réveillé pour manger avec vous. Riza m'a dit de vous oblig… de vous aider à manger ! Puis en plus, vous êtes réveillé, bâtard !"
Edward fit la moue et croisa les bras, attendant de pied ferme la réponse de son colonel, et prêt à le tirer du lit si il le fallait. Pas question de sauter un repas, et encore moins de se faire trouer la peau par Riza lorsqu'elle rentrerait ! Surtout que le colonel était un vrai salaud de l'avoir laissé tout seul toute la matinée alors que Riza leur avait laissé un moyen de communiquer ! Non pas qu'il recherchait le moins du monde une quelconque discussion avec le bâtard, nan, c'était juste qu'au moins cela lui aurait évité de s'ennuyer à mourir. Il détestait rester sans rien faire.
De son coté, fermant les yeux un bref instant pour se motiver intérieurement, Roy réfléchit une fois de plus de quelle façon il pourrait bien éviter ce satané repas. Mais rien à faire, il n'y avait pas de solution. Edward était bien trop têtu pour laisser tomber aussi facilement, surtout avec la menace de Riza au-dessus de sa tête… Le lieutenant avait déjà réussi à le forcer à ingurgiter un café et une espèce de bouillie de toasts ce matin, le menaçant de son arme. Il n'avait pas obtempéré de suite, et y avait gagné deux trous dans le mur de sa cuisine. Manger lui avait fait un mal de chien. Jamais il n'aurait imaginé que quelques dents cassées puissent faire autant souffrir. Il en culpabilisait même à rebours d'avoir lui-même brisé quelques dents lors de bagarres de bars dans sa jeunesse… Non pas qu'il soit vieux actuellement, non, bien sûr que non, mais disons que les années l'avaient rendu un peu plus calme et raisonnable, peu enclin aux bagarres et décisions hâtives… Hum… Sauf peut-être lorsqu'il était question d'un certain petit alchimiste…
Admettant finalement à contrecœur qu'il ne réussirait pas à se débarrasser du gosse tant qu'il n'aurait pas au moins déjeuné avec lui, il redevint avec une facilité déconcertante le "colonel bâtard" et poussa un profond soupir bien audible en se retournant lentement dans son lit, regardant enfin le jeune garçon qui avait passé la matinée à se trémousser d'impatience sur une chaise près de son lit. Quel enfer ! Il préférait largement la compagnie de Riza, elle au moins n'était pas sans cesse en train de se tortiller comme un ver. Il retint in-extremis un gloussement de rire à l'image qui venait de s'imposer à son esprit d'un Ed ultra-mini ver de terre se tortillant au bout d'un hameçon (et lui à l'autre bout de la canne à pêche bien sûr !).
En fait, il avait préféré ne pas lui parler de la matinée car il était assez déprimé par sa situation actuelle. Il n'était absolument pas certain d'être capable de respecter son rendez-vous du jour avec ce monstre de Bradley. Il savait bien qu'il n'avait pas le choix, et qu'il devait y aller pour la sécurité de ses subordonnés, mais… Mais il ne s'en sentait plus la force. Il craignait de craquer pour de bon, comme il l'avait déjà fait la veille au matin. La veille seulement ? Cela lui paraissait tellement loin tandis qu'il se trouvait ici chez lui avec Edward… Il n'avait vraiment pas envie d'y penser, il voulait juste tout oublier.
Hawkeye respectait son silence – du moins pour le moment – alors qu'il n'était absolument pas certain qu'Edward soit aussi délicat et ne l'assomme pas de questions quand à ce qui lui était arrivé... Il n'avait pas la moindre envie qu'il l'interroge sur l'attitude de Kimblee envers lui par exemple… Ou, pire encore, ne lui reproche à nouveau ce qu'il s'était passé il y a quinze jours. Il ne se sentait pas en état actuellement de subir à nouveau ses reproches, aussi justifiés soient-ils. Hawkeye lui avait affirmé que Fullmétal était très inquiet pour lui, et pas du tout en colère, mais… Mais ce qu'il lui avait dit résonnait encore parfaitement à sa mémoire, et il avait du mal à croire que le jeune alchimiste ne le pensait pas. Après tout, c'était vrai…
"Alphonse est mort et c'est vous qui l'avez tué par notre lâcheté ! … Vous deviez venir nous rejoindre et vous n'êtes pas venu ! … Vous êtes arrivé trop tard vous comprenez ça ! … Je n'ai pas besoin de vous pour vivre ! Je n'ai JAMAIS eu besoin de vous !"
Voilà la raison pour laquelle il fut très étonné de voir deux grands yeux dorés le fixer avec anxiété (là où il persuadé qu'il verrait de la colère, surtout après la façon dont il lui avait parlé !) lorsqu'il se tourna de l'autre coté de son lit. Il en ouvrit presque la bouche d'ébahissement. Ce qu'il ne fit pas, heureusement pour sa réputation de tombeur (il espérait vraiment qu'il allait rapidement trouver un dentiste compétent !). Au contraire, se remettant rapidement de sa surprise, il agrippa à nouveau maladroitement le bloc que lui avait laissé Riza pour communiquer et griffonnât quelques mots.
# Pars devant, je te rejoins dans cinq minutes #
Il nota que le jeune alchimiste hésita très nettement avant de lui répondre. Sans doute Riza lui avait-elle demandé de ne pas le laisser seul un seul instant… Il déglutit lentement, espérant ne pas avoir à s'habiller devant le jeune garçon. Ce n'était pas qu'il était particulièrement pudique, mais tout de même, l'idée de se changer devant Edward lui était étrangement très inconfortable. Il combattit furieusement (et victorieusement) le rouge qui cherchait à lui monter aux joues bien malgré lui, et continua de dévisager Edward, faisant semblant de s'impatienter devant son manque de réponse.
Edward quand à lui déglutit à son tour, avant de dire d'une voix précipitée et un peu geignarde qu'il n'avait encore jamais entendu dans la bouche du jeune garçon. Il en haussa un sourcil d'étonnement mais oublia rapidement cet étrange comportement.
"Colonel Mustang, le lieutenant Hawkeye m'a ordonné de ne pas vous quitter un seul instant et…"
Mustang soupira d'un air exaspéré et griffonna à nouveau.
# Elle ne t'a pas aussi demandé de m'aider j'espère ? #
Mustang regarda avec une satisfaction perverse le gamin rougir comme une pivoine tandis que lui-même affichait un sourire narquois. Apercevant son air sarcastique, Edward serra aussitôt les poings, furieux après l'homme qui osait se moquer de lui après tout ce qu'il avait fait ! Quoi ! Cela faisait deux jours qu'il s'inquiétait pour ce, ce, cet imbécile fini de colonel égocentrique !
Toujours aussi rouge, mais cette fois de colère, il tourna brutalement le dos à l'alchimiste, lui répondant en fixant la porte d'entrée :
"Dans tes rêves, vieux pervers !"
Roy perdit aussitôt son sourire. Comment ça vieux pervers ? Il n'était pas si vieux que ça ! Il lança un regard noir au dos d'Edward, regrettant de ne pas pouvoir lui répliquer quoi puisqu'il le tournait le dos… Satané bloc-notes ! C'était une gentille attention de la part de Riza ceci dit ce cahier pour pouvoir communiquer sans souffrir l'enfer… mais il fallait croire que le petit génie de l'alchimie qui lui tournait actuellement le dos en avait vite découvert les limites…
Soupirant intérieurement, il entreprit alors de se lever lentement et de s'habiller. Il n'avait pas seulement mal aux dents, et il pouvait douloureusement sentir que son postérieur était dans un sale état. Il rougit furieusement en pensant à Riza en train de le soigner tandis qu'il était dans le coaltar… Vraiment, cette femme était incroyable. Jamais il ne comprendrait comment elle était capable d'en faire autant pour lui. Grimaçant, il remit son caleçon (Tiens ? Il était tout nu dans son lit ? Il n'en avait pas eu conscience... Heureusement qu'Edward s'était tourné avant qu'il ne sorte de sous les draps !), son pantalon de militaire, son t-shirt blanc, et sa veste… Hum ? Qu'est-ce qu'il était arrivé à sa veste elle était toute brûlée ? Riza ne lui avait pas parlé de ça… Il sourit, regardant le dos d'Edward avec contentement, devinant que ce dernier devait avoir quelque chose à voir là-dedans et se disant qu'il pourrait très certainement en tirer quelques remarques sarcastiques.
Ayant enfin terminé de se rhabiller, et tout en réfléchissant au fait qu'il allait falloir qu'il arrive à convaincre Edward de le laisser prendre une douche – tout seul - aujourd'hui, il s'avança à pas de loup vers ce dernier et posa ses mains sur ses deux épaules, caressant "par accident" au passage le cou gracile de l'adolescent… Qui fit un bond d'un mètre dans les airs en poussant un cri aussi aigu que celui d'une fille.
Roy gloussa de sa blague stupide en regardant avec une satisfaction certaine le visage cramoisi d'Edward. C'était le paiement pour l'avoir appelé "vieux" tout à l'heure ! Réplique que le môme réutilisa d'ailleurs aussitôt (il avait du noter qu'il n'appréciait pas d'être appelé "vieux" !).
"Vieux pervers !"
S'armant aussitôt de son bloc, il pu enfin lui renvoyer la balle (il ne serait pas dit qu'il laisserait jamais Edward gagner une de leur joute !) :
# Quel saut ! Toujours aussi plein d'énergie à ce que je vois mon petit Edward ? #
"QUI dites-vous qu'il est si petit que même un bond d'un mètre dans les airs ne suffit pas à lui faire toucher le plafond !"
# Dis-moi Edward, sais-tu que ta peau est aussi douce que celle d'un bébé ? #
"QUI dites-vous qu'il est si petit qu'on peut le confondre avec un bébé de trois mois !"
# Pas moi, même un bébé de trois mois n'est pas aussi brailleur que toi ! #
Le jeune garçon manqua s'étouffer de rage à cette réplique, qui touchait ses deux points sensibles : sa taille et sa grande gueule ! Il pointa un doigt tremblant et hargneux dans sa direction tout en lui éructant au visage :
"Espèce de croûton tellement super vieux qu'on se casserait les dents à essayer de le manger !"
Puis il lui tourna alors le dos et sortit de la pièce, au grand désappointement de l'alchimiste de flamme qui n'eut pas – une fois de plus – le temps de répliquer avec son bloc-notes. Oui, décidément, il allait falloir qu'il fasse quelque chose pour ses dents !
Le "croûton" en question sourit néanmoins et regarda la petite silhouette sortir de la chambre à grandes enjambées, visiblement pressée de mettre autant de distance que possible entre elle et son supérieur. Voilà qui était rassurant, Edward n'avait finalement pas changé, et peut-être même ne le détestait-il pas autant qu'il le croyait ? Il l'espérait de tout son cœur. Dire qu'il regrettait le jour où il avait trahi la promesse qu'il avait faite au jeune garçon serait à dix mille lieues de la réalité. En fait, il se détestait pour ce jour, autant qu'il se détestait pour son impuissance actuelle.
BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK BREAK
Lorsqu'il rejoignit Edward dans sa cuisine, ce dernier était déjà attablé avec un immense paquet de chips devant lui, qu'il était en train de s'empiffrer avec un appétit au moins aussi grand. Il ne lui fallut pas plus de trente secondes pour terminer le reste dans un bruyant fracas de craquements accompagnés au final d'un large revers de la main pour essuyer les traces de sel ornant sa bouche. Alors seulement le jeune garçon s'aperçut de sa présence. Aussitôt, son visage changea et se renfrogna tandis qu'il grognait à son attention.
"Pas trop tôt, bâtard ! Laisser ses invités mourir de faim !"
Roy sourit et ne résista pas à l'envie de titiller à nouveau un peu le jeune alchimiste. Il griffonna rapidement sur le bloc qu'il avait emporté avec lui :
# Je n'ai pas souvenir t'avoir invité dans ma demeure, mon petit alchimiste préféré #
La réaction ne se fit pas attendre, à la grande joie de Mustang, dont le sourire s'élargit encore.
"QUI dites-vous qu'il est si petit qu'il se perdrait même dans un studio de vingt mètres carrés !"
# Oh ? C'est donc la raison pour laquelle tu n'as pas eu le temps de te préparer un repas décent… Tu as eu mal à trouver ma charmante petite cuisine… #
"QUI dites-vous qu'il est si petit qu'il n'a pas réussi à attraper les paquets de nouilles dans le placard de cette saloperie de cuisine aménagée !"
A cette dernière réplique et aveu, Mustang, qui s'apprêtait à continuer sur sa lancée et envoyer des rafales de petites remarques au jeune garçon pour essayer de battre son record, ouvrit de grands yeux avant d'éclater d'un rire incontrôlable. Puis il mit sa main devant sa bouche et se plia en deux, essayant vainement d'étouffer son rire qui lui faisait un mal de chien. Il en avait des larmes aux coins des yeux, tellement il riait. Il était vrai qu'il gardait ses bols de nouilles instantanées tout au fond du placard le plus haut. Pas étonnant que le gamin n'ait pas pu les atteindre, même lui était obligé de prendre une chaise ! Il n'y avait pas du tout réfléchi avant de lui lancer ses piques habituelles. Sans doute Edward n'avait-il pas osé risquer de faire une bêtise en montant en équilibre sur une chaise pour les atteindre, et c'est pourquoi il s'était rabattu sur de simples chips !
"Hu ? Mustang ?"
Edward regardait son supérieur avec une légère appréhension. Qu'est-ce qu'il lui prenait de rire comme un dératé ? Il avait pété un câble ou quoi ? Si jamais il avait rendu Mustang taré, Riza allait le tuer pour de bon ! Il s'approcha avec circonspection de l'homme plié en deux et secoua maladroitement son épaule droite, essayant de voir son visage caché sous ses mains. Il nota d'ailleurs à cette occasion que l'homme avait remis ses gants d'alchimiste. Il frissonna au souvenir de ses longs doigts graciles frôlant son cou… Secouant la tête, il chassa cette image de son esprit et secoua à nouveau Roy, légèrement inquiet tout de même par sa réaction étrange. Jamais il n'avait vu rire son supérieur de la sorte, aussi… Librement ! Etait-ce le traumatisme qu'il avait subit qui le changeait ainsi ? Il lui semblait tellement plus fragile, plus accessible en cet instant…
"Colonel Mustang ?"
Après quelques secondes supplémentaires, Roy réussit finalement à contrôler son rire et s'essuya les yeux du revers de la main tout en se redressant lentement, le sourire toujours accroché aux lèvres malgré tous ses efforts pour le supprimer. Il adorait ce môme, il n'y avait que lui pour réussir à lui faire piquer un fou rire comme il n'en avait pas eu depuis bien longtemps alors même que sa situation était pour le moins désespérée ! Plongeant ses yeux dans les deux globes dorés du jeune garçon, il le remercia mentalement d'être là. D'être simplement ici avec lui. Rien n'aurait pu lui apporter plus de réconfort, rien ne pourrait plus le pousser à se battre et à ne pas abandonner. Il ignorait encore ce qu'il ferait ce soir lorsque l'heure arriverait d'aller rendre visite à Bradley, mais quoi qu'il décide de faire, il le ferait avec ses grands yeux dorés à l'esprit, et il n'aurait pas peur. Il se sentait tout à fait capable de subir le pire pour ses yeux là.
Il grimaça néanmoins à cette pensée. Le pire… Ne l'avait-il pas déjà subit ? Il l'avait déjà cru la première fois, puis ensuite chaque jour supplémentaire avait été pire que le précédent, et enfin il y avait eu Greed, et cela avait été pire encore. Les homonculus étaient-ils capables de lui faire subir pire torture encore ? Allait-il le faire ce soir même ? L'inquiétude le submergea tandis qu'il espérait que le furher ne déciderait pas de s'en prendre à ses subordonnés. Tout, mais pas ça. Il était près à subir n'importe quoi pour éviter que ces monstres ne s'en prennent également à ses amis. Il n'avait pas d'autre choix que d'aller à son rendez-vous nocturne ce soir encore, en espérant que son humiliation serait suffisante pour que l'homonculus ne s'en prenne qu'à lui. Espérant également que le furher le trouve toujours suffisamment utile pour le garder, car le jour où il déciderait de se débarrasser de lui...
"Mustang ?"
L'homme sortit de sa rêverie et regarda Edward, qui avait sa main secouant toujours vaguement son épaule et la tête penchée sur la coté pour essayer d'apercevoir ses yeux. L'enfant semblait intrigué, et même inquiet par son comportement. Il y avait de quoi, jamais il ne se laissait que rarement aller ainsi, et certainement pas devant le Fullmétal. Est-ce qu'il était en train de péter un plomb ? Maes avait toujours été le seul devant qui il s'autorisait à s'exprimer ainsi, alors depuis qu'il était parti... Il était un peu perdu, il devait bien l'admettre. Il ne savait plus vers qui se tourner, vers qui demander conseil, ou seulement parler. Il y avait bien Riza qui avait essayé de le soutenir au mieux mais… Il n'avait pas voulu la laisser l'aider, et il refuserait encore maintenant. Il était hors de question de la mettre en danger à cause de lui. Il était hors de question qu'il ne remette jamais qui que ce soit en danger à cause de lui. Maes était mort par sa faute, il ne voulait pas que d'autres souffrent de son impuissance à régler de lui-même ses problèmes.
Se rendant brusquement compte qu'il n'avait pas répondu à l'interpellation interrogative du jeune garçon devant lui, il reprit rapidement son bloc :
# Désolé. Je réfléchissais. #
"C'est bien ! Toutes mes félicitations ! Mieux vaut tard que jamais vieil homme !"
Poussant un profond soupir, il décida de laisser passer cette pique du gosse pour le moment. Rire lui avait fait du bien, mais il se sentait étrangement vidé maintenant. Il regrettait de ne pas avoir profité de sa matinée pour dormir, puisqu'il était resté de toute façon bloqué au lit… Mais comment aurait-il pu dormir sachant que le Fullmétal se trouvait juste à coté à l'observer ?
Il alla donc chercher une seconde chaise dans le salon et – montant dessus - attrapa deux bols de nouilles au fond du placard, avant de les donner à Edward, qui le regarda en baragouinant vaguement quelque chose qui ressemblait à "bâtard de colonel trop petit pour attraper deux bols de nouilles sans monter sur une chaise", mais dit sur un ton tellement bas qu'il n'en était pas certain.
# Edward. Tu sais les cuire ? #
"Evidemment que je sais faire cuire des nouilles ! Vous me prenez pour qui ! Je suis pas un petit gamin !"
Sourire aux lèvres, Mustang s'installa donc confortablement dans la chaise qu'il avait rapporté avant de regarder l'adolescent s'affairer pour faire cuire les deux bols de nouilles. Il avait beau être alchimiste d'état, Edward était vraiment facile à manipuler !
Une fois les deux bols de nouilles bien chaud, l'enfant en tendit un à son supérieur tandis que lui-même sautait aussitôt sur le deuxième, s'enfournant les nouilles à une vitesse hallucinante. Il avait terminé que Mustang n'avait toujours pas commencé le sien. Il le regarda écraser ses nouilles lentement et commencer à avaler la bouillie ainsi obtenue par petites bouchées. L'homme avait l'air de souffrir, à en juger par les tendons tendus de son cou et les rides qui lui creusaient le front. Tiens ? Mustang avait des rides ? Il fronça les sourcils, se demandant quel âge pouvait bien avoir le colonel en fait. Il avait beau l'appeler vieux, c'était surtout pour l'énerver (c'était la seule chose qu'il avait trouvé qui marchait un peu !), plus que parce qu'il le pensait réellement.
Perdu dans sa contemplation des traits tirés par la douleur – sans pour autant perdre de leur perfection - de l'alchimiste de flamme, il ne remarqua pas le moins du monde la silhouette massive au sourire de requin qui les observait par la fenêtre de la cuisine se trouvant face à lui…
A SUIVRE ...
J'espère que vous avez remarqué que ce chapitre est plus long que d'habitude ? C'est parce que je trouve que l'histoire n'avance pas assez vite… Ou alors c'est moi qui blablate trop :)
En tous cas, il y a des fois où je regrette vraiment ne pas savoir dessiner, car il y a certaines scènes de cette fic que j'adorerais "croquer" ! ;)
Comme d'hab', n'hésitez pas à laisser des reviews, qu'elles soient négatives ou positives, cela m'aide pour la suite de la fic ! Et puis me dire aussi si vous avez des scènes qui vous avez particulièrement aimées, ça m'encourage beaucoup :)
PS : Désolée de ne pas avoir publié ce chapitre le week-end dernier, mais FFnet ne voulait pas !
