Titre : Chronique du sable
Auteur : Nefer (moi)
Disclaimer : Les personnages de cette fanfic ne sont pas à moi. Ils sont la propriété de Masashi KISHIMOTO
Réponse aux reviews :
Akebono mimichan : Alors là je dois l'avouer, je suis vraiment heureuse d'avoir reçu une review aussi positive venant d'une auteure que j'apprécie grandement ^_^.
Je suis contente que l'histoire te plaise même si elle ne suit pas la véritable histoire des parents de la fratrie du sable.
J'ai effectivement beaucoup insisté sur le contexte politique de Suna, parce que premièrement il en est question dans le manga et que deuxièmement je considère que c'est la position délicate dans laquelle le village du sable se trouvait qui a conduit à ces événements (c'est aussi vrai dans le manga).
En tant que Kage, le père de Gaara a du faire des choix entre sa famille et son pays. Choix discutables, certes, mais qui ne peuvent vraiment être compris que par ce biais (surtout que dans mon histoire, à la différence de Karura, je montre peu ce que sont ses sentiments).
En ce qui concerne Karura, je suis contente que ses sentiments te touchent. A vrai dire je ne me considère pas douée pour traduire par écrit les émotions, je suis toujours insatisfaite à ce niveau là. Pour moi, il était important de faire de Karura une femme forte mais qui est finalement dominée par ses sentiments (envers son époux) sans pour autant la rendre cruche.
Voilà j'espère que ce nouveau chapitre te plaira aussi.
ChronosxHope : Merci pour ta review et voici la suite en espérant qu'elle te plaise.
Les premiers rayons de l'aube filtraient à travers la fenêtre de la chambre, éclairant de leur lumière blanche les yeux rougis de Karura. Elle n'avait pas dormi de la nuit. Si cela n'avait rien d'anormal chez elle, la jinchûriki hantée par l'esprit du sable, cette nuit d'insomnie avait pourtant été bien plus agitée que les autres.
Ses pensées désordonnées avaient oscillé toute la nuit entre ombre et lumière, avec un avantage fâcheux pour l'obscurité.
Elle avait été rongée par des sentiments contradictoires, mais surtout par la voix perfide de Shukaku qui se mêlait en écho avec celle de son époux le Kazekage.
Et si les paroles qu'il avait prononcées la veille n'étaient dues à la fatigue ?
Si vraiment il ne l'avait jamais aimée et ne l'avait jamais vue autrement que comme un instrument de pouvoir.
A vrai dire, depuis le début de leur relation amoureuse commencée à l'aube de ses 16 ans, Karura était bien consciente que l'homme qu'elle aimait, était un homme ambitieux qui avait tiré avantage de la puissance que lui conférait sa relation avec l'hôte du Bijuu. Pourtant, jamais cet état de fait ne l'avait dérangée, car le Yondaime ne s'en était jamais caché et malgré cela il l'avait toujours aimée et choyée. Plus que cela, au cours des dix dernières années passées à ses côtés elle avait fini par oublier qu'elle était un monstre aux yeux des autres, et fini par se sentir une femme comme les autres, qui plus est, heureuse et gâtée par la vie.
Mais voilà, cela n'était peut être qu'une immense farce. Elle n'était peut être qu'une marionnette entre ses mains. Après tout l'art des marionnettistes et de la manipulation était l'un des arts traditionnels de Suna.
Si jamais c'était cela, alors...
Son cœur hurlait, se brisait encore et toujours au moment où sa réflexion en arrivait à ce point critique. Non, ça ne se pouvait pas !
Il fallait qu'elle fasse le vide dans sa tête, qu'elle calme ce cœur exsangue et son souffle bien trop saccadé.
Mais impossible. Shukaku railleur, bien trop heureux de la situation ne la laissait pas en paix.
« Quand ton cher époux viendra te chercher cette fois il te tuera. Car je peux bien te le dire, crois-en ma longue expérience de la psyché humaine, il ne t'a jamais aimée. Si un jouet est casé on le jette. Je serais toi, je le tuerais avant qu'il me tue. Avec l'aide de mon pouvoir ça serait facile. Allez Karura, éliminons tous ces minables qui ne pensent qu'à nous manipuler depuis le début. Montrons leur qui sont vraiment les patrons. »
« Tais-toi ! Tais-toi je t'en supplie » Répétait sans cesse la jeune jinchûriki.
Il fallait qu'elle le voit, même si elle appréhendait cela, il fallait qu'elle voit son époux au plus vite, pour enfin retrouver ses esprits , pour enfin se soulager. Elle ne pouvait vivre ainsi, sinon elle finirait par devenir folle.
Son vœu fut bien vite exhaussé, car avant même que la lumière matinale du désert ne nimbe entièrement le village de Suna, Karura entendit quelqu'un frapper énergiquement à la porte d'entrée de l'appartement de son frère.
Elle se précipita contre la porte de sa chambre, toujours fermée à clef. Elle s'accroupit et y colla son oreille afin de mieux entendre ce qui se disait de l'autre côté.
Elle perçut bientôt la voix grave de son époux :
« Karura est-elle ici ? » son ton était sec
« Oui...Maître Kazekage...il... il s'est passé quelque chose avec ma sœur ? »
Un long silence sans réponse s'installa, puis des bruits de pas, ou plutôt de petits trots se firent entendre.
« Papa ! » firent en échos deux bambins joyeux.
Mais la voix du Kazekage se fit cassante et il répondit.
« Je n'ai pas le temps pour ça. Prend les enfants et pars te promener avec eux Yashamaru. Je dois parler seul à seul avec ma femme »
« Bien maître » répondit Yashamaru avec une pointe de perplexité dans la voix mais sans pour autant insister.
Bientôt elle entendit le pas léger de son frère partir dans la direction opposée à la sienne, et les piaillements de ses enfants qui voulaient voir leur père et ne voulaient pas sortir. Puis, une fois la porte d'entrée claquée, elle entendit le pas lent de son époux qui se diriger vers sa chambre.
Prise d'angoisse, Karura s'éloigna précipitamment de la porte en vint se blottir dans un coin de la pièce, recroquevillée et tremblante. Que fait-elle ? Est-elle devenue folle ?
Voyons comment une femme adulte comme elle, une kunoichi de premier rang pouvait réagir de façon aussi immature. Elle s'est disputée avec son mari, et alors ? Ça arrive dans bien des couples.
Sa propre faiblesse la dégoûta soudain, elle se redressa prestement de toute sa hauteur, bombant le torse et prenant une grande inspiration.
Elle entendit enfin frapper à sa porte.
« Karura c'est moi. » fit le Kazekage de l'autre côté de la porte d'une voix douce et calme. Étrangement ce timbre de voix la rassura. D'un pas déterminé, et le regard à présent débarrassé de toute faiblesse, elle retourna à la porte afin de la déverrouiller.
Lorsqu'il apparut dans l'embrasure de la porte, elle retint son souffle. Il émanait de lui toujours la même majesté, la même puissance, mais ses yeux encore plus cernés que la veille prouvaient que lui non plus n'avait pas fermé l'œil de la nuit.
« Il faut qu'on parle. » dit-il d'une voix lasse.
Karura se décale pour le laisser passer et retint encore son souffle le temps qu'il prenne place au centre de la salle.
C'était l'heure de vérité.
Bientôt elle serait fixée. Elle saurait s' il l'aime vraiment, où s'il n'aime chez elle que le pouvoir qu'elle lui confère.
Étrangement alors que cette pensée l'avait torturée toute la nuit, à présent qu'il était à ses côtés, cela ne semblait plus avoir d'importance pour elle. Car quand elle le voyait, elle savait que quelque soit la réponse, elle, elle l'aimait à en mourir. C'est bien là sa plus grande faiblesse.
« Je suis venu pour reprendre notre conversation d'hier soir. » dit-il de façon neutre comme si cette dernière n'avait pas déclenché de tempête entre eux.
Karura hocha de la tête pour toute réponse. Elle ne put s'empêcher de prier intérieurement pour que tout se passe bien. Mais elle était loin d'être sûre que ça serait le cas. Car quoiqu'il arrive elle ne céderait pas sur l'assassinat du daimyo. Ce n'était pas là une rébellion de sa part, mais une preuve d'amour.
Si le daimyo mourrait alors lui aussi mourrait. Elle le savait, et ne pouvait pas le permettre.
« Même si tu dois en mourir » demanda perfide Shukaku.
« Oui, même si je dois en mourir » répondit simplement Karura. « Mais je ne suis pas non plus prête à me laisser mourir comme ça. J'entends bien me battre. Après tout c'est ma nature de kunoichi qui me l'impose. »
« Karura, dit alors le Kazekage de sa belle voix. Je sais que hier soir je me suis montré dur avec toi mais je suis venu m'expliquer. Car pour le bien de Suna, le daimyo actuel doit mourir. »
« J'ai bien compris ton point de vue, répondit Karura avec un ton bien plus froid et sec qu'elle ne l'aurait voulu, mais je considère que ce n'est pas là la bonne solution. »
« Je sais que ce plan comprend de nombreux risques, et que si ce complot venait à être découvert Suna encourrait de graves dangers. Mais sache qu'alors, en tant que Kazekage j'en prendrai l'entière responsabilité. »
« Et tu laisserais ton village sans chef, alors que toi plus qu'un autre, sais ce que la disparition d'un dirigeant entraîne comme conséquences. Le cas du Sandaime nous l'a bien prouvé. Nous sommes déjà bien assez affaibli comme ça sans pour autant en rajouter. »
« Rien ne pourra plus nous affaiblir que la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Et puis je doute que cette fois le Conseil mette autant de temps pour désigner un successeur, dit-il avec un sourire ironique. Les anciens seront même ravis de s'être ainsi débarrassés de moi, et d'un encombrant daimyo par la même occasion. C'est d'ailleurs sûrement pour cela qu'on ne trouve chez aucun d'entre eux une quelconque opposition à mon plan actuel. »
« Et par qui te remplaceront-ils ? Quel homme de valeur est aujourd'hui assez puissant pour prendre ta succession ? Personne à ma connaissance. »
« Toi, Karura. Toi, tu saurais. Tu es d'ailleurs depuis toujours autant Kazekage que moi. »
« C'est impossible et tu le sais. Jamais ils ne permettront de mettre à la tête du village un jinchûriki. Et quand bien même, ça n'arrivera pas. Car si tu tombes, et dans l'hypothèse où les daimyo se contentent de punir le meurtre d'un des leurs que par la tête du Kazekage, ils demanderont aussi la tête de sa complice de toujours et tu le sais. Alors qui ?, mon amour dit le moi ! Serais-tu prêt toi qui chéris tant ce village et ses habitants à le laisser entre les mains du premier venu, quitte à ce que celui-ci entraîne sa ruine. »
« On ne peut pas tout contrôler dans la vie, Karura, répondit-il amère. Nous n'avons pas d'autre choix, le moment venu, que de laisser la place à nos successeurs. »
« Je le sais bien. Et sache bien que moi, plus qu'un autre, crois en la génération future. Je suis sure que nos enfants réussiront là où nous avons échoué. Mais en attendant, c'est à nous ne leur construire un monde où ils pourront grandir. Et personne au village pour l'heure ne peut endosser cette responsabilité à par toi. Je t'en prie, il y a sûrement une autre solution. Réfléchissons ensemble à un autre plan pour régler ce problème. »
« Un plan ? QUEL PLAN KARURA ? »s'emporta le Yondaime.
« Je ne sais pas, il faut y réfléchir. » répondit confusément la jeune femme.
« Mais nous n'avons plus le temps pour cela ma chère ! Ce matin encore, avant l'aube, on est venu m'annoncer le décès de Kôyanosenshi, Saboten et Sunako morts au cours d'une mission où ils étaient en sous-effectif. Hier Einishi, et avant hier la toute jeune Mejishi et son frère Shishi. La liste est encore longue. Notre village est exsangue. Nous ne survivons plus que grâce aux ressources minérales que renferme le désert. Mais pour combien de temps encore ? Si tu veux que nos enfants comme tu le dis si bien, aient un avenir alors nous devons éliminer ce daimyo qui nous tue à petit feu. »
Karura comprenait la situation, elle la comprenait mieux que quiconque, pourtant elle savait, au plus profond d'elle même, que cela n'était pas la bonne solution. Elle aurait même pu jurer que si le daimyo faisait un pressing de plus en plus intense sur les finances de Suna c'était justement dans le but de faire craquer le Yondaime Kazekage envers qui il gardait une rancune tenace, et lui faire faire, ainsi, un faux pas fatidique.
Il devait bien s'attendre à ce que les ninjas mécontents finissent par en vouloir à sa vie.
Aussi bien, c'était même là le plan de ce bon seigneur « pacifiste ».
Il se débarrasserait une fois pour toute de Suna sous couvert de trahison et de crime de lèse majesté qui légitimeront son action aux yeux des autres pays et villages ninja.
Ainsi, si le Kazekage ne cédait pas à la pression, il se condamnait à voir son village mourir faute de moyen, s'il cédait, le daimyo le rayait de la carte pour traîtrise. Dans tous les cas le seigneur du Pays du Vent était gagnant. Il fallait donc répondre à cette attaque perfide par une réponse à laquelle il n'avait pas pensée.
Convaincue de la justesse de son raisonnement Karura, s'opposa à nouveau à son époux.
« Je comprends que la situation de notre village est préoccupante, mais tuer le daimyo ne réglera pas les choses, au contraire, elle les envenimera. Je m'oppose donc à ce plan. »
« Tu ne comprends donc rien ! »
« Si, et je sais que tu es en train de jouer le jeu du daimyo. C'est toi qui ne comprends rien. Je t'ai connu meilleur stratège que cela. Ne vois-tu pas qu'il te manipule pour mieux nous achever ? » s'énerva Karura.
« Ne me crois pas aveugle Karura ! Je sais bien à quoi joue cet imbécile. Il croit qu'en me pressant, en me forçant ainsi à foncer tête baissée dans son piège il peut me vaincre. Mais je ne suis pas né de la dernière pluie. C'est pour cela que c'est toi qui dois le tuer, afin que sa mort ne laisse aucune trace. Et de plus, il ne sait pas que j'ai comme allier dans cette histoire, son plus proche parent, son neveu qui lui est conscient que la fin de Suna signifierait la fin du Pays du Vent. »
« Ça ne suffira pas. »insista Karura.
« Qu'importe ! »coupa le Kazekage.
« Pour ton bien et celui de Suna, je ne peux te suivre. Je suis désolée. » fit d'une voix basse Karura en baissant les yeux.
« Dans ce cas Karura, c'est moi le plus désolé des deux. Car faute de temps je vais être contraint de te remettre à ta place. Une place où tu ne seras plus ma femme, ni même tout simplement plus une femme, mais juste un démon, un jinchûriki, une arme au service de Suna. »
Il avait dit cela sans la hargne, sans la méchanceté de la veille. Pourtant ce ton neutre sembla encore plus déchirant à Karura. Son cœur saignait, tout son être, toute son âme la faisait souffrir. Son époux lui signalait clairement que son rôle de Kazekage et sa politique étaient plus importants qu'elle, son avis et ses sentiments. Elle ne put retenir un sanglot.
« Je t'en prie, dit-elle la gorge nouée et les larmes naissantes aux yeux, il existe forcément une autre solution. Trouvons là ensemble comme nous l'avons toujours fait. »
« Non, Karura. Nous n'avons plus le temps. » Son regard sombre semblait la sonder jusqu'au plus profond de son âme. Il la transperçait toute entière. Il était déterminé. Lui non plus ne céderait pas quoiqu'il en coûte. Toutefois, Karura était sa femme, la mère de ses enfants, celle qu'il aimait, alors avant que son rôle de Kazekage ne reprenne le dessus en lui, avant que les obligations qu'il avait envers son peuple ne dépassent celles qu'il avait envers sa famille, il accordait une minute supplémentaire à la jeune femme. Sûrement dans le fol espoir qu'elle revienne sur sa décision, mais sachant pertinemment que cela n'arriverait jamais. Il n'était pas parvenu à la convaincre. Il était peut être moins bon orateur qu'il ne le croyait, et cela le peinait bien plus qui ne le laissait voir.
Il ferma les yeux un long moment en fronçant les sourcils, puis les rouvrir à nouveau. Cette fois Karura était face à l'entité Kazekage.
Elle avait pu demeurer son épouse bien-aimée temps que cette relation concordait avec sa vision du bien être de Suna. Mais en cas d'opposition, et à cause sa nature de jinchûriki, son Kazekage de mari devait faire un choix où Suna avait toujours eu la priorité. Elle s'en rendait compte à présent. Aimer ou ne pas aimer, cela n'entrait pas en considération dans la balance de son époux.
Ainsi elle venait de perdre à tout jamais son mari et elle le sut dès qu'elle vit la nouvelle étincelle noir dans ses yeux obsidienne.
Tout son être fut pris de convulsion. La douleur dans son cœur était si forte, si violente qu'elle avait l'impression qu'on la lacérait de l'intérieur. Si ce bourdonnement aigu à ses oreilles ne cessait pas vite, elle allait même tourner de l'œil.
« Non, pas ça ! Hurlait elle intérieurement. Je t'en supplie ne me regarde pas avec ces yeux. Pas maintenant. Notre histoire ne peut pas être détruite si vite, juste par ça. Non, pitié ! Je vais me réveiller ! »
« Voilà, je t'avais prévenu ma petite Karura. Finis les rêves de petite fille. La vie n'est pas un conte de fée. » ricanait Shukaku.
« Kunoichi Karura, membre du Conseil des Anciens, et du Conseil des Pairs, Jinchûriki de Suna, êtes-vous prête à vous plier comme vous l'impose votre rang aux ordres de votre Kazekage ? »demanda le Yondaime d'une voix grondante.
D'abord encore tremblante, Karura essuya ses yeux du revers de sa manche, puis chassant à nouveau toute émotion de son visage comme ce devait de le faire les ninjas de Suna, quoiqu'il leur en coûte, elle fixa ses yeux d'eau dans ceux de son époux et énonça de la voix la plus claire qu'elle pouvait :
« Non, je ne puis me soumettre à ces ordres. »
Elle prit une grande inspiration pour empêcher tout sanglot.
« En tant que membre du Conseil je ne voterai pas en faveur de ce plan qui ne pourra pas ainsi être entériné, et en tant que hôte de Shukaku je ne tuerai pas le daimyo du Vent. Il faudra vous trouver un nouvel assassin. »
C'était là les derniers arguments de Karura. En effet, pour un projet de cette importance, elle le savait, son mari, bien que chef suprême du village, devait avoir l'accord total des membres du Conseil. Et si l'on pouvait exiger d'un jinchûriki, qui n'est qu'une arme, d'obéir à un ordre sous peine d'être éliminé, on ne pouvait imposer à un membre du Conseil un vote où une opinion.
« Si c'est ainsi, je me chargerai de te démettre de tes fonctions de membre du Conseil des Anciens et du Conseil des Pairs. »
Karura émit un petit rire sonore plus nerveux qu'autre chose. Elle était à la fois énervée et désabusée.
« Les membres de ces deux Conseils sont élus de façon permanente. Ils constituent un contre pouvoir au pouvoir exécutif du Kage. Tu sais parfaitement que tu ne peux exiger le renvoi d'un de ses membres, à moins d'apporter la preuve d'une faute grave. Il semblerait que la situation soit belle et bien bloquée pour toi et que finalement tu doives trouver un nouveau plan » Son ton était las sachant que ce qu'elle venait de dire aller sûrement encore plus envenimer la situation et provoquerait la colère de son mari.
« Si ce n'est que ça, crois-moi pour la bonne mise en œuvre de mon plan, je trouverai un moyen de te radier du Conseil. Ça ne devrait poser aucun problème, les autres membres ont toujours été contre le fait de compter parmi eux une jinchûriki. Ils seront plus qu'heureux de te radier de leur ordre.
Jinchûriki et Conseiller, deux fonctions qui ne peuvent être mélangées. Qui donc fut assez stupide pour donner à une arme, un simple objet, le pouvoir de diriger tout un peuple ? »
Bien qu'il ne faisait là qu'exprimer le fond de la pensée de la majorité des membres du Conseil cela fut un nouveau coup de poignard dans le cœur de Karura. D'ailleurs elle ne doutait pas un seul instant, à présent, que le Kazekage avait dit ça avec l'intention de la blesser. Elle avait presque envie que son mari l'assassine là et tout de suite pour lui empêcher ces douleurs inutiles. Mais enfin quoi ? Elle se demanda une fois de plus comment en si peu de temps, quelques heures, ils en étaient arrivés à cette situation, eux qui avait toujours eu une histoire sans nuages. C'était juste surréaliste. Comme un mauvais rêve.
Elle poussa à nouveau un petit ricanement désabusé, qui semblait plus être un souffle qu'un rire.
Elle s'éloigna du Yondaime auquel elle faisait face jusqu'à présent et partit s'avachir sur un des fauteuils situé dans un angle de la chambre. Le Kazekage l'observait sans un mot, figé dans une attitude froide et impénétrable.
Karura se frotta le front avec sa main gauche, comme si elle tentait de calmer une migraine. Puis elle retira cette main fine et l'observa avec attention un instant. Elle avait besoin de fixer son attention sur quelque chose de neutre un instant, pour oublier cette boule dans sa gorge et cette douleur sous ses yeux dont la peau fine était tirée à l'extrême en raison de trop de nuits d'insomnie.
Puis elle replaça sa main gauche sur son front afin de soutenir le poids de sa tête qu'elle avait à présent inclinée sur le côté.
« Bien, et pour mon refus d'exécuter les ordres en tant que jinchûriki ? Qu'allez-vous faire Kazekage ? Demanda-t-elle en articulant de façon exagérée le mot « Kazekage » Vous allez m'arracher mon Bijuu, me tuer, et le sceller dans quelqu'un de plus docile ? Ah mince alors ! A part moi on a jamais vu d'hôte de Shukaku psychologiquement stable et donc apte à exécuter correctement ce genre de mission, dit-elle ironique. Et puis qui sont les candidats au poste ? Yashamaru ? Compatible mais pas assez conciliant et pas assez fort pour maintenir le Bijuu. Temari ? Kankurô ?Déjà très forts et prometteurs certes, sûrement la future élite ninja mais, en dépit de leur sang de descendants du moine Shukaku, incompatibles, les dieux en soient loués. » Elle adressa un mince sourire moqueur à son époux.
Bien que son regard demeura impénétrable, un fin sourire se dessina sur les lèvres du Yondaime, ce qui inquiéta plus que de raison Karura déjà à bout.
« Karura, tu ne vas pas ressasser avec moi ce vieil argument que tu as jadis servi au Conseil des Anciens. Je ne suis pas aussi sot et dépourvu que ces vieux ninjas décrépits. »
La jeune femme frémit prise d'un mauvais pressentiment. Elle se redressa correctement sur son fauteuil, releva la tête et planta son regard dans celui calculateur de son époux.
« J'aimerais ne jamais avoir à en arriver là, notamment parce que comme tu l'as si bien dit, tu es le jinchûriki de Shukaku le plus stable de l'histoire (« et pas parce que je suis ta femme ? » pensa amèrement Karura dont le cœur s'enfonçait de plus en plus dans les ténèbres.), mais si nous venions à devoir nous passer de toi, je sais parfaitement comment me procurer un nouvel hôte. » Il disait ça d'un ton détaché comme s'il s'était agi de chose extérieur à lui, d'objet et non d'être humain.
Nouveau coup de poignard. Karura porta inconsciemment sa main droite à sa poitrine comme pour endiguer l'hémorragie provoquée par ce coup. Elle écarquilla les yeux, et relevant un sourcil interrogateur elle demanda d'une voix hésitante :
« Par quel moyen comptes-tu te procurer un hôte compatible ? » Elle déglutit douloureuse attendant avec appréhension la réponse.
Le Kazekage demeura d'abord silencieux, il passa sa main droite dans ses cheveux puis à nouveau son masque d'impassibilité fut brisé par un sourire ironique. A cet instant Karura eut l'impression que pour ne pas flancher, pour ne pas revenir sur sa décision son époux avait besoin de lui faire mal, de la torturer plus que de raison. S'il piétinait, brisait avec violence leurs sentiments afin qu'il n'en reste rien, alors il ne serait pas tenté de revenir en arrière. Mais peut être que finalement il n'y prenait qu'un plaisir malsain et pervers. Qui sait ce que cachaient ses yeux noirs. Si elle l'ignorait, personne d'autre ne pouvait le savoir.
Il s'avança vers elle. Il la dominait de sa hauteur, donnant une impression de vertige à Karura qui regretta à cet instant de s'être assise et de lui avoir ainsi fourni un moyen supplémentaire de l'écraser.
« Tu sais Karura, il existe un moyen pour qu'un hôte soit compatible à 100%. Il suffit pour cela de le sceller dans un bébé qui vient de naître. L'énergie vitale du nourrisson et alors encore malléable et le chakra du Bijuu se fond dans celui de l'enfant en une symbiose parfaite. »
Karura resta médusée. Comment pouvait-il avoir un tel projet ? En temps normal, si elle y avait réfléchi calmement, elle aurait de suite contre-argumenté avec le fait que cela était incompatible avec son projet de tuer le daimyo. En effet, il faudrait des années avant que l'enfant jinchûriki soit opérationnel. Mais là, le seul sentiment, la seule pensée de la jeune femme fut un dégoût total. Comment pouvait-il envisager un projet aussi ignoble ? Plus que le fait qu'il envisage de la sacrifier, elle, sa femme qu'il prétendait aimer, pour désobéissance à un ordre, c'était l'idée qu'il puisse toucher à un bébé qui l'a révulsée. Être un jinchûriki était une chose incroyablement dure psychologiquement parlant. Même lorsque le bijuu était scellé dans un homme adulte, dans la grande majorité des cas, l'hôte finissait par perdre la tête. Il devait faire face d'un côté aux agressions intérieures du démon, et à l'extérieur au mépris des autres. La solitude dans laquelle étaient enfermés les jinchûriki, la haine permanente finissait par les affaiblir psychologiquement et leur faire perdre la tête au point qu'ils en deviennent dangereux pour eux et ceux qu'ils devaient initialement protéger. Cela était vrai avec des individus formés pour cela. De braves et loyaux ninjas, alors avec un bébé à peine né.
Comment pouvait-on envisager d'ainsi le condamner ? Jamais cet être de pourrait se construire et vivre heureux. Sûrement, d'ailleurs chercherait-on à l'éliminer avant même qu'il n'ait atteint l'âge de raison, à cause de sa dangerosité. En tant que mère, en tant que femme qui avait, il y a encore quelques semaines de cela, en projet avec son époux de mettre en « chantier » un nouvel enfant, Karura était outrée, jamais elle ne pourrait imposer cela à un bébé. Cette simple idée la révulsait de façon d'autant plus violente qu'elle était elle même jinchûriki et connaissait bien le problème.
La colère l'envahit et elle se leva de son fauteuil pour bien faire face à son époux.
« Comment peux-tu ne serait-ce qu'envisager un tel projet ? C'est ignoble. Tu détruirais la vie de cet enfant avant même sa naissance. Quelle mère sacrifierait de façon aussi cruelle son enfant ? »
« Pourquoi irais-je chercher l'enfant d'une femme du village, au risque que le pouvoir du jinchûriki passe dans d'autres mains que les miennes, alors que je dispose d'une femme pouvant me fournir le nourrisson nécessaire et de mon sang. »
Les yeux de Karura s'écarquillèrent à leur maximum. Elle sentit une vague de colère envahir tout son être et son sang bouillonna dans ses veines comme jamais auparavant. Définitivement cet homme n'était pas son époux, juste un être abjecte. Aussi lorsque ce dernier fit mine de faire un pas vers elle après cela, Karura, dans sa rage, perdit toute maîtrise et le sable partit avec une violence inouïe en direction du Yondaime.
La scène semblant se dérouler au ralenti sous les yeux effarés de Karura. Elle vit son sable entoura son époux dans une étreinte mortelle qui se resserra en un instant dans une pluie de sang.
Le corps du Kazekage retomba lourdement au sol dans un bruit sourd, et fut bientôt baigné de sang.
Karura se figea le cœur au bord des lèvres. A l'instant même où le sable était parti, elle avait regretté son geste. Toute colère s'était envolée en un instant pour ne laisser place qu'à l'horreur, et une inquiétude sourde.
Mon Dieu! Qu'avait-elle fait ?
Shukaku hurlait de rire dans sa tête.
« Ben finalement tu as suivi mon conseil, et tu l'as tué ce prétentieux. Qui aurait cru que la si forte Karura qui clame partout sa supériorité sur moi, soit si facile à faire flancher. Hahahaha, petite tu l'as tué, tuéééééééééééééééé ! »
Pleine d'effroi, Karura plaqua ses deux mains sur ses oreilles comme pour le plus entendre le démon en elle. Ses yeux la brûlèrent, et furent bientôt noyés de larme. Puis se ressaisissant, elle se précipita vers le corps de son époux, une énorme boule d'appréhension au ventre. « Faites qu'il soit vivant, je vous en prie ! »
Elle cria la voix étranglée « Mon amour, je t'en prie réponds-moi !»
Avec horreur elle passa sa main sur le visage de son mari maculé de sang. Elle cherchait fébrilement son pouls.
« Je t'en prie, réponds-moi, ne me laisse pas, je suis désolée... tellement désolée...Comment ai-je pu en arriver là ? »
D'un seul coup elle vit le visage de son époux se déformer en une grimace puis au prix d'un effort important, ouvrir les yeux. Il ne devait sa survie qu'à ses talents de ninja et de Kazekage, qui avaient réussi à détourner au moment fatidique le gros de l'attaque. En dépit de la grande quantité de sang perdu, le sable n'avait pu « que » lui broyer que le bras gauche, lui briser quelques côtes et lui endommager la hanche gauche.
Soulagée de le voir vivant, Karura le serra dans ses bras, pleurant tant et plus sur son épaule « Pardonne-moi, je t'en supplie, je t'aime, je t'aime tellement. »
Le Yondaime se redressa et repoussa sa femme avec violence.
Le visage blême, mais ses yeux noirs trahissant sa colère, peut être même sa haine, il transperçait Karura de son regard. Elle demeurait immobile et tremblante, assise à même le sol, ses habits nimbés du sang de son mari. Tout à sa culpabilité d'avoir si grièvement blessé l'homme qu'elle s'était toujours jurée de protéger, elle ne vit pas son époux envoyer un message par le biais de son chakra aux ANBU. Pourtant les hommes masqués apparurent bientôt dans la salle, plus que surpris de la scène qu'ils y trouvèrent. Le Kazekage était au sol gisant dans son propre sang, visiblement gravement blessé, et à quelque pas de lui, Karura prostrée et tremblante, couverte elle aussi de sang, mais pas du sien bien sur, de celui du kage.
« Maître Kazekage ! Que s'est-il passé ? » demandèrent les ANBU qui réagir de suite en dépit de leur surprise.
« Il faut au plus vite transporter le Maître à l'hôpital ! »
« Voyons, Dame Karura que s'est-il passé ? »
Un ANBU aida le Yondaime à se relever. Ce dernier n'avait toujours pas quitté des yeux Karura. Elle non plus ne pouvait pas détacher son regard coupable de celui de son mari. Elle avait trop peur, si elle baissait les yeux, qu'il disparaisse par sa faute.
Alors que les ANBU allaient l'évacuer, le Kazekage prit la parole.
« Karura, tu m'as dit que pour radier un membre du Conseil il fallait une faute grave, il semblerait bien que tu l'aies faite. »Le voix du Kage ne semblait être qu'un souffle.
Le visage de le jeune femme se déforma une fois de plus et une nouvelle vague de larme inonda ses yeux, brouillant sa vue. Sa lèvre inférieure tremblée. Elle voulait lui parler, mais aucun son ne sortait plus de sa bouge.
Les ANBU perplexes l'entourèrent, de toute évidence s'était elle qui avait blessé le maître.
Puis tombant comme un couperet, le Yondaime déclara :
« Enfermait là jusqu'à nouvel ordre dans un cachot. »
Trop choquée par ses propres actes, par son manque de maîtrise, Karura se laissa faire sans la moindre résistance.
Depuis combien de temps était-elle enfermée dans ce cachot sombre ? Plusieurs jours ? Plus d'une semaine ? Elle n'aurait pas su dire. La seule indication de temps qu'elle possédait, était le nombre de repas que lui portaient dans un silence de plomb des ANBU surarmés et méfiants.
Elle avait tenté à corps et à cris d'obtenir d'eux des nouvelles de son époux, mais rien. Ils la repoussaient et restaient muets comme des tombes. Un seul ANBU avait une fois dérogé à cette règle en lui crachant à la figure :
« La meurtrière cherche à savoir si sa tentative d'assassinat a été une réussite ou non ? Vous feriez mieux de vous préoccuper de votre propre sort. »
Karura était restée figée. Non, il ne pouvait pas être mort. Non pas lui ! Pas de sa main ! Elle avait toujours voulu le protéger. Non ! jamais elle n'avait voulu s'en prendre à sa vie. Jamais, même en colère, même haineuse.
« Pourtant tu l'as bien broyé cette tête à claques. Avec un peu de chance il n'a pas survécu à ses blessures. C'est pour ça qu'il n'est toujours pas revenu. »riait douce Shukaku.
« Tais-toi, tais-toi donc ne cessait de répéter Karura. Son cœur était un vrai champs de bataille. Elle ne contrôlait plus rien en elle. Tout était confus. Elle ne parvenait plus à stabiliser sa pensée, ses sentiments, elle avait l'impression de plonger doucement mais sûrement dans la folie, passant du rire aux larmes sans vraiment savoir pourquoi. L'obscurité du cachot, le silence, la solitude et les remarques acerbes de Shukaku n'arrangeaient pas les choses.
Parfois, afin de ne pas succomber, elle collait son oreille à la porte du cachot, afin d'entendre les conversations des ANBU de garde et tromper sa solitude. Pourtant cela s'avérait rarement une bonne idée.
« Cette femme est folle. Hier je l'ai entendue rire pendant des heures. Elle est démoniaque, mais c'est normalement c'est une jinchûriki. Je me demande quelle genre de folie a pu traverser notre Kazekage le jour où il a pris pour épouse une créature aussi abjecte. Je sais bien que les kage aimaient que les hôtes des bijuu soient des personnes qui leur soient proches afin de s'assurer de leur fidélité, mais là, on voit les limites de cette politique. Les jinchûriki sont trop dangereux ils devraient rester enfermés, et n'être sortis qu'en cas de nécessité. »
Un monstre voilà donc ce qu'elle était, ce qu'elle avait toujours était. Le sang qui avait taché ses mains le jour de l'incident, ce sang séché et noir qu'elle avait observé des heures durant dans l'obscurité de sa cellule le prouvait bien. Seul un monstre ferait ça à quelqu'un qu'il prétend aimer plus que sa vie.
Elle était une créature bien trop dangereuse pour ceux qui l'entouraient. On ne lui laisserait sûrement plus revoir ses enfants. Peut être grandiraient-ils avec la honte d'avoir pour mère une chose aussi abjecte. Karura se mordit les lèvres jusqu'au sang pour ne pas hurler de douleur. Et son frère, Yashamaru ? Pourquoi n'était-il pas encore venu la voir ? Est-ce que lui aussi en ayant appris ce qu'elle avait fait au Yondaime, l'aurait renié. Son frère, son si précieux petit frère, celui qui avait toujours était là pour elle.
« Yashamaru, où es-tu? J'ai tant besoin de te voir ? Je t'en prie petit frère ne m'abandonne pas toi aussi. »
« Il ne viendra pas. S'il était gentil avec toi, c'est parce qu'il se sentait coupable vis-à-vis de toi qui avait pris sa place de jinchûriki. Mais maintenant que tu es devenue une tueuse, il n'a plus à jouer les hypocrites et à se justifier auprès de toi. » persiflait Shukaku.
Karura ne répliqua pas cette fois. Elle resta prostrée dans le noir appelant de toute son âme les sourires rassurant de son frère. Mais seule la voix de Shukaku, telle une schizophrénie latente, lui répondait.
Soudain, elle entendit la porte se déverrouiller, assise à même le sol, les bras ballants, elle releva à peine son regard, pensant qu'il s'agissait probablement de l'heure de son repas.
Pourtant elle se ressaisit et se redressa d'un bon, lorsqu'elle découvrit, se détachant dans la lumière blanche de l'embrasure de la porte, la silhouette de son époux.
« Le ciel soit loué, tu es vivant. » dit-elle avec une voix étouffée puis elle courut vers lui.
Pourtant deux ANBU lui bloquèrent bientôt le chemin, la stoppant avec leurs katanas sous sa gorge. Bien sur dans l'absolu de tels armes étaient inutiles contre son armure de sable. Mais pour ne pas envenimer la situation Karura demeura immobile.
Le Kazekage prit alors la parole de sa voix grave.
« C'est bon vous pouvez disposer. Laissez nous seul, et quoiqu'il arrive ne revenez pas si je ne vous en donne pas l'ordre. »
A contre cœur les ANBU quittèrent la salle et laissèrent les deux époux qui face à face se jaugeaient du regard. Il était vêtu de son large manteau de Kazekage, et se tenait droit. Son allure générale comme à son habitude était froide, insondable et distante. Il ne semblait pas, au grand soulagement de Karura, présenter des séquelles de ses blessures.
Puis, n'y tenant elle s'avança vers lui.
« N'approche pas ! » fit autoritaire le Yondaime en la repoussant de sa main droite tendue.
« Je suis venu t'annoncer que pour avoir blessé ton Kazekage, tu as été démise de tes fonctions de conseillère. De plus, le Conseil a voté à l'unanimité l'assassinat du daimyo. Jugeant qu'en raison de l'acte dont tu t'étais rendu coupable en cherchant à me tuer, tu as prouvé que le jinchûriki de cette ville n'était plus stable, c'est moi en personne qui me chargerait du Seigneur du Vent. »
« Je n'ai jamais cherché à te tuer ! » s'exclama Karura.
« Vraiment ? »demanda avec colère le Yondaime. « Pourtant je n'ai pas rêvé, tu as bien lancé sur moi ce sable avec l'intention de me broyer, moi, en entier, Karura. »
« Non, non...Je...j'ai perdu le contrôle, je ne le voulait pas. »
« Perdu le contrôle ? Je ne sais pas ce qui est le pire dans ce cas. Que tu cherches à me tuer sciemment, ou que tu manques me tuer à la moindre occasion parce que tu ne contrôles plus ton Bijuu. »
« Je le contrôle mais... » que pouvait-elle réellement répliquer à cela.
« TU AS CHERCHÉ A ME TUER ! »hurla la Kazekage.
« TOI AUSSI! »lança à son tour amère Karura.
Le Kazekage se jeta alors sur elle et la plaqua au sol.
« Que fais-tu ?» demanda Karura en se débattant pour échapper au poids du corps de son époux sur le sien. Les microparticules de sable présentent dans la salle se mirent à vibrer et à danser dangereusement autour d'eux. Dans sa tête, Karura entendait les hurlement de rire de Shukaku, l'assourdissant dans un mal de tête de violent.
« Chercher à te tuer? Nous avons dépassé ce stade Karura. Le Conseil a voté pour la mise en place d'un nouveau jinchûrki plus stable. Il faut tuer la graine de la folie dans l'œuf. »
Le sang de Karura ne fit qu'un tour et elle devint blême, le cœur au bord des lèvres. Comprenant ce que son époux s'apprêtait alors à faire, pleine d'horreur elle se débattit de plus belle. Le sable se conglomérait en de fines lames tranchantes prêtent à s'abattre sur son tortionnaire.
Pourtant, tout autant que contre son mari, Karura se débattait contre le sable. Si elle se laissait aller, il s'abattrait sur son époux, ne lui laissant cette fois aucune chance de survie. Karura avait déjà trop souffert à l'idée de l'avoir tué lorsqu'elle était enfermée dans ce cachot, elle ne pouvait pas se permettre de perdre le contrôle une fois de plus. Pourtant, plus que jamais son sable lui aurait été utile.
Le Kazekage tourna un instant son regard noir sur le sable. Il dit d'une voix pleine de morgue.
« Tu veux encore me tuer Karura. Et bien qu'attends-tu ? C'est ta dernière chance. »
« Non ! Non ça suffit ! » Elle cherchait à repousser le kage de toute ses forces, mais la concentration nécessaire pour stopper le sable devenu fou la privait d'une bonne partie de sa liberté.
Le Yondaime lui bloqua alors les jambes, et alors que Karura répliquait en laçant vers son visage un poing vengeur, rapide, il lui emprisonna les deux mains. Il était fort, très fort, et tant que Karura ne se résolvait pas à utiliser son sable, il lui était impossible de lutter sur le plan de la force physique.
Il maintenait les deux bras de sa femme de sa simple main gauche, et de la droite, il s'activa alors à mettre en œuvre sa base besogne.
« JE T'EN PRIE, NE FAIS PAS ÇA ! » Hurlait-elle au désespoir.
« Et bien, laisse-moi t'aider, sifflait Shukaku, sinon il va finir par te violer et te forcer à porter en ton sein celui qui causera ta perte ! »
A ces mots un hurlement bestial d'une intensité inouï s'échappa de la gorge de la jeune femme, et le Yondaime se figea un instant lorsqu'il vit le visage rageur de sa femme se couvrir à moitié d'un masque de sable ignoble imitant les traits du démon tanuki.
Mais Karura continuait à se débattre sur le plan physique et moral.
« NON ! » hurla t'elle encore, et le masque de sable se brisa, projetant ses grains minuscules dans les yeux du Yondaime. Il plissa son œil gauche atteint, mais ne bougea pas, toujours à califourchon au dessus d'elle.
Visiblement agacé de la voir se gigoter sous lui comme un ver de terre, il la gifla. Cela eu l'effet escompté. Karura se figea. Jamais de sa vie il n'avait levait la main sur elle. Bien sur elle ne ressentait pas de douleur, mais pourtant c'était pour elle le geste de trop. Il la frappait, et il s'apprêtait à la violer, elle, sa propre femme. Elle était profondément dégoûtée, blessée, humiliée dans sa dignité de femme. Elle se savait plus que faire, que penser. Elle était une écorchée vive, et rien ne pouvait plus endiguer cette plaie béante en elle. La douleur était-elle qu'elle n'avait plus la force de hurler. Elle aurait voulu mourir pour ne plus avoir à subir ça. Pourtant un instinct de survie plus fort, lui imposait de se battre encore et toujours.
Et ces rires dans sa tête qui ne semblait pas vouloir pendre fin. Shukaku riait, encore et toujours, tant et plus, il hurlait de rire, l'entraînant dans sa folie.
C'était tellement humiliant, si on moins ce démon ne pouvait pas être là,témoin de cette déchéance !
Karura le visage baigné de larme reprit sa vaine résistance lorsqu'elle sentit celui qui fut son mari lui arracher violemment le bas de ses habits. Elle contracta ses muscles au maximum pour lui compliquer la chose. Mais bientôt d'un violent coup de rein qui manqua lui démettre la hanche, elle le sentit la pénétrer, ravageant son intimité non préparée à cette abjecte intrusion. Elle eut un haut-le-cœur, et se retint de ne pas vomir.
Il était entrain de la violer. Il lui prenait de force ce qu'elle lui avait toujours offert de bonne grâce.
Chacun de ses va et vient était plus violent que le précédent arrachant des hurlements de douleur à Karura, qui pleurait tant et plus.
« Ne fais pas ça, ne fais pas ça ! » suppliait-elle sans cesse la voix noyée de pleure, et la mâchoire serrée à l'extrême pour empêcher le sable de venir à sa rescousse de façon mortelle. Mais face à elle, impassible, les yeux noirs du Kazekage la transperçait, dépourvu d'émotion, sans jamais se détacher de son visage.
La douleur se faisait toujours plus forte, au rythme toujours plus violent de l'horrible va et vient.
Soudain le Yondaime pencha son visage au dessus d'elle. Elle vit ses lèvres bouger dans un murmure, mais le son de ses propres pleures et les rires de Shukaku, l'empêchèrent d'entendre le pathétique « Pardonne-moi » qu'il lui adressait.
Il se redressa et elle vit son visage grimacer, puis dans un râle étouffé elle le sentit se libérer en elle.
Elle sentit ce sperme envahir son bas ventre. Mais, elle avait la désagréable impression que cette semence maudite, telle un poison, une matière visqueuse et ignoble s'insinuait dans tout son corps. Alors qu'il se retirait relâchant un peu la pression, Karura en profita pour se dégager totalement de son emprise en lançant un puissant coup de pied dans son ventre qui l'expulsa quelques mètre plus loin. Suffocante, à bout de souffle, elle rampa avant de se redresser tant bien que mal sur ses avants bras et de vomir tout son soûl.
Il fallait qu'elle expulse cette chose ignoble que se déversait dans son corps. La bile acide lui brûlait sa gorge déjà irritée de trop de pleures et de cris. Mais Karura ne semblait plus pouvoir s'arrêter de vomir. Elle vomissait cette souillure ignoble, elle vomissait son amour pour lui, elle vomissait sa raison.
Elle sentit alors sa présence au dessus d'elle. Elle releva la tête vers lui, ses yeux rouges pleins de rage. Le sable vint se coller à elle, recréant à nouveau sur son visage le masque horrible et fou du tanuki.
« Sors, sors ! Cria t'elle, ou je jure que je te tue ! »
Le Kazekage lui adressa un regard indéchiffrable puis tourna les talons et quitta la salle. Elle entendit le verrou se refermer, puis elle retourna son visage défait qui avait repris son apparence normal vers le sol où gisait le tas d'immondice qu'elle avait expulsé.
Elle l'observa longtemps comme hypnotisée en se balançant doucement de droite à gauche, abandonnant peu à peu ce qui lui restait de raison pour la folie pure et libératrice.
Puis elle fut prise d'une crise de rire nerveux. Ce rire fou, proche du hurlement, était si puissant qu'il raisonna dans toute la prison, plongeant les gardes et les ANBU en faction dans une terreur sourde.
Comme elle avait été sotte. Elle avait cru en l'amour, avait vécu pour l'amour, pour le protéger. Quelle folie ! Comment avait-elle été si sotte et faible. L'amour n'est qu'un pouvoir qu'ont les autres sur vous pour mieux vous détruire, vous humilier, vous écraser. C'est un fléau qui vous tue et vous rend fou.
Quelle grande tromperie. On éduque les ninja des sables à ne pas avoir de sentiment, on devrait plutôt leur arracher le cœur à la naissance pour leur éviter cette horreur.
Mais c'était fini, elle n'aimerait plus rien, ni personne. Elle n'aimerait qu'elle, ne vivrait que pour elle.
Voilà la vérité de l'amour, il ne devait servir que soi et détruire les autres. Voilà ce que lui avait enseigné son mari.
Elle riait et riait encore face à cette tâche sobre sur le sol, et Shukaku riait de concert avec elle.
« Oui c'est ça ma petite Karura, c'est bien ça. »
Commentaire :
Voilà c'était un chapitre très long, mais je tenais vraiment à ce qu'il se clôture par cette scène.
Pour tout vous dire, si j'avais mis dès le début ma fic en rang M c'était justement en prévision de ce chapitre et de cette scène de viol.
Je tiens d'ailleurs expliquer le choix de ce passage.
Une scène de viol est selon moi une scène vraiment dure qui ne doit pas être mise à la légère dans une histoire (il faut qu'elle soit justifiée et non gratuite). Alors pourquoi l'avoir malgré tout inclus dans mon histoire ?
Et bien parce qu'au moment où j'ai imaginé mon histoire, on ne savait du passé des parents des 3 du sable que ce qu'en avait raconté à Gaara, Yashamaru.
Karura était morte, en haïssant le village, mais aussi son enfant, et elle espérait que ce dernier survive pour la venger en détruisant Suna. Pourtant ces paroles très dures, pleine de haine et de rancœur, ne collait pas vraiment avec la photo que Gaara avait d'elle. Elle semble dessus être une femme très douce, avec un sourire foncièrement bon quoiqu'un peu mélancolique. Alors quels éléments avaient pu la transformer ainsi ? Était-ce le fait que son époux la sacrifie en scellant à son enfant à naître un bijuu ? A vrai dire, elle était une kunoichi, donc une personne qu'on éduque très tôt à être prête à mourir pour le bien de son village. Elle devait comme les autres avoir le sens du sacrifice. Je trouvais donc l'argument trop léger, et surtout pas assez fort pour aussi haïr Gaara. La solution du viol s'est alors présentait dans ma tête. Cet acte ignoble et non voulu, qui, en plus de la condamnait, lui imposait un enfant non désiré qu'elle pouvait ainsi apprendre à haïr. En plus, il était lié à une descente aux enfers sur le plan moral. Voilà pourquoi j'ai pris la décision d'inclure cette scène dans la fic, rendant plus crédible les dires de Yashamaru.
En espérant, avoir à peu prêt réussi à retranscrire l'horreur de la scène. A la prochaine fois, pour le dernier chapitre.
