Salut le peuple!
Mais qui est-ce, vous demandez-vous sûrement... ''Sacrébleu, je n'ai point connaissance d'un être tel que cela, qui s'adresse à une minorité en utilisant une expression qui désigne la France, que dis-je, le monde entier!''
Eh beh si, c'est bien moi! Et voicivoicivoici... Le chapitre 6!
Vous l'avez attendu, et il est tout beau, il sent bon, il est très propre et s'est lavé les mains après avoir été aux toilettes (la classe quoi).
THE chapitre, qui débute la seconde partie de WAPU, et si jamais vous l'aviez pas compris, c'est marqué juste en dessous...
Je vous remercie tous (toutes?) d'avoir patienté aussi longtemps, j'ai conscience que ça ne doit pas être facile, car je vis la même chose avec d'autres fics. Mais maintenant, l'attente est terminée, et soyez heureux.
Un dernier avertissement, pour les personnes qui seraient en train de lire Death Note, je m'excuse d'avance si je vous spoile la suite, même si j'ai fais attention à ne jamais prononcer de nom. Et pour les acharnés qui refuseraient de voir ce spoil, contentez-vous de sauter les premiers paragraphe du chap, il n'y a plus d'autres allusions ensuite.
Bref, je vais me taire, et vous dire que la bêta lecture a été faite par sasunarufann, déesse qu'elle est, et qu'on a BOSSÉ comme des malades pour vous offrir ce chap. Le disclaimer est à Masashi Kishimoto pour les persos de Naruto, et à Shungiku Nakamura pour l'univers de Sekaiichi Hatsukoi!
HAVE A GOOD READ! ET BON NARUSASU DAY A TOUS ET A TOUTES!
THE WAR OF PUBLISHERS – Seconde partie
CHAPITRE 6
Je ne sais plus où j'en suis. Perdu, c'est un bon mot pour décrire ce que je ressens ces derniers temps. C'est comme si j'avais perdu mes repères, comme si j'étais une boussole qui ne sait plus indiquer le nord, une carte sur laquelle aucun pays ne serait dessiné.
Quand je ne fais que l'apercevoir dans la cour et que je me rends compte qu'il est tout seul, j'ai cette furieuse envie d'aller le voir, de m'asseoir à ses côtés. Pas pour dire quoique ce soit, juste comme ça, pour sentir son épaule contre la mienne.
Lorsque je vois son visage fermé, si sombre, j'aimerais aller vers lui pour qu'il se recolore de la lumière qui le caractérise. Ses yeux sont faits pour briller, pas pour rester baissés vers le sol. C'est comme s'il avait été créé pour rayonner, pour éclairer les cœurs, mon cœur qui a trop longtemps été recouvert par de sombres nuages.
Me rendre compte de ça provoque de nombreuses choses en moi. Des sentiments inimaginables, qui me glacent le sang. Mais qu'est-ce que ce crétin m'a fait...?
Regardez la mort en face, observez ceux qui vont mourir par votre faute et ne les oubliez pas. Qu'ils restent gravés à jamais dans votre mémoire. Eux non plus, ne vous oublieront jamais.
Zolf. J. Kimblee – Fullmetal Alchemist
« On en a fini pour aujourd'hui, conclut Shikamaru, poussant un immense soupir.
– T'es un psychopathe. »
Temari laissa sa tête reposer sur le dossier du canapé, exténuée. Six heures. Ils avaient passé six heures sur son manuscrit, à s'occuper de son chapitre et à prévoir les suivants. Il était déjà 19h, bordel, alors qu'à la base ça n'aurait dû qu'être une réunion autour d'un déjeuner au restaurant familial. Eh non, au final Shikamaru avait voulu qu'ils aillent chez elle pour approfondir tout ce qu'ils avaient décidé concernant le futur de Death Note.
« J'ai terriblement envie d'un remontant... soupira-t-elle. Y a pas des bières dans le frigo?
– Allez, c'est rien, tu ne vas pas en mourir.
– Si! s'écria-t-elle. Tu as vu ce que tu m'obliges à faire? Tuer un des personnages principaux pour pouvoir poursuivre le manga plus longtemps? Espèce de...de... Psychopathe! » répéta-t-elle, pas vraiment furieuse mais ayant très envie de se défouler sur quelqu'un.
Le brun se contenta de hausser un sourcil et de se rendre au réfrigérateur pour en sortir une canette.
« Ce n'est pas moi qui ait décidé ça, ce sont mes patrons. Tu comprends quand même que les séries sont faites pour durer, surtout une aussi populaire que la tienne. Si jamais tu t'arrêtes après cinquante chapitres, ce sera la foire, tu ne te rends pas compte de combien tu nous rapportes. Et puis, la suite n'est pas si mal, non? »
La blonde se renfrogna et attrapa l'alcool que lui avait négligemment envoyé son éditeur avant qu'il ne se rassoie. Elle l'ouvrit avec humeur puis but une gorgée, grimaçant un peu sous l'amertume.
« Oui, ce ne sera pas mauvais, accorda-t-elle. Mais je ne suis pas sûre que ça plaira forcément aux lecteurs.
– Il faut prendre le risque. C'est une décision éditoriale, venant des grands messieurs là-haut qui te permettent de pouvoir manger. Tu peux rien y faire. Et de toute façon, le seul moyen de continuer était de le faire mourir, non? »
Elle détourna les yeux, pestant. Elle détestait quand il avait raison.
« Ouais, mais je l'aimais bien. »
Il sourit.
« Moi aussi. » confessa-t-il
Temari but une nouvelle gorgée. Un long silence s'étira suite à ça, les deux amis gardant les yeux dans le vague, fatigués par la quantité de travail et de concentration qu'ils avaient dû fournir.
Dans un grognement las, Shikamaru attrapa la télécommande posée sur l'accoudoir du canapé et alluma la télévision. Il zappa longuement, cherchant un programme qui ne serait ni en rapport avec les mangas, ni trop compliqué pour leur cerveau en quête de repos. Enfin, il tomba sur une rediffusion de Takeshi's Castle, et ce fut tout sourire qu'il observa le candidat devant tenir sur la planche de la plate-forme tournante. Un rire lui échappa quand, dans sa tentative pour rester stable, il glissa malencontreusement et tomba dans l'eau.
« D'habitude ils tombent quand il faut passer d'une plate-forme à l'autre, lui il est tombé tout seul. » ricana-t-il.
La blonde, de son côté, roula des yeux, même si un sourire resta inscrit sur ses lèvres.
« Rassure-moi, on est le seul pays à fournir des jeux télévisés aussi cons?
– Bah, l'Amérique est pas mal aussi dans ce domaine. Mais on tient quand même une couche. »
Elle soupira :
« On va pas s'en plaindre, c'est marrant au moins. »
Il acquiesça, lâchant cette fois un vrai rire quand l'autre candidat, au moment de passer le relais à sa partenaire, la fit tomber à l'eau avant qu'elle ne grimpe sur la planche à son tour.
« Ça te dirait de faire une connerie du genre avec moi, un jour? » lui demanda-t-elle, un grand sourire aux lèvres.
Il l'observa comme s'il lui avait poussé une deuxième tête :
« T'as pas peur d'être ridicule?
– Si j'y vais, c'est justement pour ça! répliqua-t-elle en s'esclaffant. Je m'en fiche de gagner ou pas, l'important c'est de se marrer un bon coup. »
Il secoua la tête en levant les yeux au ciel.
« Ça sera sans moi alors.
– Froussard.
– Je ne l'ai jamais caché. »
Elle commença à jouer machinalement avec la languette de sa canette, puis demanda :
« Au fait, tu n'as pas besoin de retourner à la Konoha, toi? »
Le Nara se renfrogna, puis marmonna :
« Heureusement que non... Aujourd'hui, le bureau n'est pas un endroit très accueillant. »
C'était comme si un orage planait directement sur la salle de travail. Un peu plus, et Naruto aurait pu entendre le tonnerre gronder à chaque pas que faisait l'Uchiha. S'ils ne venaient pas de sortir de leur période de crise hebdomadaire, Naruto aurait juré qu'ils étaient en pleine fin de cycle.
Il guettait l'horloge, attendant impatiemment le moment où Sasuke finirait pour qu'ils puissent enfin quitter le bureau. Pendant ce temps, Sasuke continuait d'envoyer bouler chaque personne qui l'approchait à moins de deux mètres sans raisons qu'il jugeait valables.
Malheureusement, ce qui le faisait se morfondre encore plus, c'était de connaître la raison d'une telle mauvaise humeur. Alors que les choses avaient semblé se calmer entre lui et Sasuke, tout s'écroulait comme un château de cartes. La veille avait été une catastrophe, et la réaction soi-disante calme de Sasuke l'avait laissé présager une telle maussaderie le lendemain. Mais il avait espéré que le brun et lui discutent immédiatement et qu'ils éclaircissent la situation, au lieu de voir Sasuke se mettre à... bouder dans son coin.
Il aurait aimé traverser le bureau, maintenant, et tirer l'Uchiha de ses pensées sombres pour qu'ils aillent parler dans un endroit plus privé. Mais encore aurait-il fallu que l'éditeur en chef daigne lever son regard vers lui, pas comme à midi où il l'avait royalement ignoré.
Il en avait vraiment marre. Hinata n'était absolument rien à ses yeux, juste une fille qu'il avait rencontré quelques années auparavant et qui s'était trouvé être sa fiancée. Rien d'autre.
… Non, ce n'était pas rien, en fait, c'était même énorme. Si ça ne signifiait rien pour lui, ce n'était sûrement pas le cas pour ses connaissances, et encore moins pour Sasuke.
Mais c'était pour ça qu'il voulait lui en parler! Il avait été forcé de l'héberger parce que son cousin Neji, lui, était un bon ami. Naruto et elle ne se connaissaient pas depuis longtemps, ils n'avaient pas grand chose en commun, et surtout, mince quoi, ils n'étaient pas fiancés officiellement!
Il avait terriblement envie de se frapper la tête contre un mur. Cette volonté s'aggrava quand il surprit deux yeux noirs brûlants de colère le fixer. Mais, contre toute attente, elles n'appartenaient pas à son éditeur en chef.
« Uzumaki, gronda Itachi. On est là pour travailler, alors arrête de bâiller aux corneilles. »
Son ton avait été plus que froid, et Naruto envoya un regard noir au dos du commercial dès qu'il l'eût dépassé. Celui-ci s'arrêta juste devant le bureau de son jeune frère, qui était affublé d'un costume cravate et d'un borsalino noir sur lequel reposait un petit caméléon vert.
Les pupilles envoyant des éclairs de Sasuke persuadèrent Naruto que si Itachi ne disparaissait pas dans les dix secondes, Sasuke le foutrait dehors à grand coups de pieds.
Peu désireux de voir la ''bagarre" entre les deux frères, il sortit discrètement de la pièce, et entendit la voix grave d'Itachi s'élever :
« C'est quoi ce bordel, Sasuke. Depuis quand tu sèches les réunions du personnel?
– J'en ai marre de ces réunions à la con. »
Naruto se tendit en entendant la froideur des mots de l'éditeur en chef, et dépassa lentement les paravents, quittant la future zone de bataille. A ce moment-là, il vit Sakura se diriger vers l'entrée de leur bureau, cachant sous sa veste son uniforme de la brigade SOS, et plongée dans un dossier. Elle n'avait pas remarqué l'atmosphère encore plus lourde due à l'arrivée de l'aîné Uchiha. Avant qu'elle n'entre dans le No Man's land qu'allait devenir leur bureau, surtout vu la voix de plus en forte d'Itachi, il lui attrapa le bras et la recula :
« Si tu ne veux pas mourir, n'entre pas. » lui chuchota-t-il en l'entraînant plus loin dans le couloir.
Comme pour argumenter ses paroles, un cri lui parvint :
« Comment ça, t'en as rien à faire des femmes de ménage!? C'est grâce à elles que ton bureau n'est pas sans arrêt une porcherie, Sasuke!
– Je leur en suis très reconnaissant, mais c'est pas mon problème si on les paie une misère.
– Tu dois être présent, c'est tout, c'est le règlement de l'entreprise!
– Eh bien ton règlement, tu te le mets où je pense, ok? »
Sakura écarquilla les yeux en entendant les mots de Sasuke, qui contrastaient avec le calme apparent qu'il gardait. Naruto fit une grimace, et elle le suivit jusqu'à la salle de repos.
« Dis, Naruto, tu ne saurais pas pourquoi il est aussi en colère, aujourd'hui? » lui demanda-t-elle une fois devant la machine à café.
Le blond se raidit imperceptiblement, avant d'engouffrer un donut dans sa bouche.
« Heu...
– A moins que je ne veuille pas savoir? »
Il mâcha lentement la pâtisserie et déglutit.
« Je ne suis pas sûr. »
Elle roula les yeux.
« D'accord. Mais essaie de régler ça avec lui, il ne faut pas que ça affecte le travail...
– Je le sais bien, et j'ai essayé de lui en parler, mais je n'y parviens pas. » soupira-t-il.
Elle le fixa longuement, un sourcil haussé.
« On dirait moi. Avant que j'apprenne votre petite histoire, je croyais toujours que c'était le mauvais moment, et regarde où ça m'a amenée. »
Sa bouche s'entrouvrit, mais il balbutia :
« C'est pas que je n'y arrive pas, c'est lui qui m'ignore!
– Il t'ignore? s'exclama-t-elle, sa surprise revenant. Mais qu'est-ce que tu lui as fait, bon sang?
– Mais rien! se défendit-il comme un enfant pris en faute. On a simplement... fait une mauvaise rencontre. »
Le regard de Sakura s'assombrit, et il comprit que s'il ne s'expliquait pas, elle le forcerait rapidement :
« Il a appris que techniquement, j'étais fiancé... … Elle était devant chez moi. » ajouta-t-il doucement.
La moue de Sakura s'aggrava, et Naruto commença à détourner le regard, un peu honteux.
« Tu te moques de moi? dit-elle lentement, une veine battant sur son front. Vous êtes vraiment des boulets. » elle secoua la tête « Hé bien, il faudra que ça cesse, parce qu'on ne peut pas continuer comme ça. Alors tu règles ce problème et si Sasuke refuse toujours de t'écouter, tu trouves quelque chose. Maintenant, » elle finit son café « il faut qu'on aille s'occuper de la zone de guerre avant de rentrer, il est bientôt 19h. »
Piteux, il baissa la tête et acquiesça.
« Je vais essayer sur le chemin du retour, s'il décide de se décoincer et de me répondre quand je lui parle.
– En tout cas, il y a intérêt que demain ne soit pas pareil. Shikamaru, c'est pas trop étonnant ; mais même Lee a fui, c'est dire. »
Naruto soupira longuement, fermant un instant les yeux, puis ils sortirent pour aller retrouver leur éditeur en chef. Il allait devoir se préparer à se faire incendier... mais il fallait qu'il règle ce problème, rapidement.
Ils pénétrèrent dans leur bureau, Sasuke toujours assis derrière son ordinateur. Itachi était parti, mais on sentait encore la lourdeur de l'atmosphère, et les nuages noirs continuaient de planer au-dessus de leur tête. Sakura envoya un bref regard à Naruto, le suppliant d'agir, ce à quoi il répliqua d'un petit mouvement de tête. Gonflant son torse pour se donner un peu de courage, il traversa le No Man's land, et se planta devant Sasuke, qui leva lentement ses obsidiennes lui.
« Quoi? gronda-t-il.
– Dans combien de temps tu as fini? » demanda-t-il froidement.
Sasuke plissa les yeux :
« Une demi-heure.
– Je t'attends en bas.
– Hm.»
Aussitôt dit, il retourna à son bureau pour ranger ses affaires, les yeux brûlants de l'Uchiha le suivant à chaque pas. Il vit Sakura l'observer elle aussi, haussant un sourcil. Quand il passa à côté d'elle, elle lui souffla :
« T'es peut-être un boulet, mais t'as du cran. A part Itachi, j'en ai pas vu beaucoup s'adresser à lui aussi sèchement. »
Il lui fit un petit sourire crispé :
« Si seulement c'était suffisant pour lui parler... »
Immédiatement, il enfila son manteau et sortit de la pièce, se dirigeant vers l'ascenseur. Sakura tourna la tête vers Sasuke, qu'elle voyait bouillonner de fureur. Oui, Naruto avait intérêt à avoir du cran ET des nerfs d'acier, parce que discuter avec Sasuke ne serait pas une partie de plaisir.
Se pendre, c'était une bonne alternative. S'il devait se suicider, Naruto aurait volontairement pris cette option. C'était rapide, ça donnait un petit côté mélodramatique à la chose. Ça lui plaisait. C'était mieux que de se tirer une balle dans la tête.
Il n'aurait pas aimé faire ça. Ça aurait laissé du sang partout sur la moquette, et il n'aurait pas voulu infliger ça à son propriétaire. C'était quelqu'un de respectueux, avant tout. Et les médicaments, non merci. Trop cher. C'était certain qu'une fois mort, il n'aurait plus eu à craindre pour son argent, mais ça ne lui plaisait pas trop qu'on puisse marquer sur sa tombe : ''Ci-gît Uzumaki Naruto. Mort pauvre.''
Non, une corde, et pouf! la mort. C'était simple, propre. Il devrait vraiment essayer un de ces jours...
A condition, évidemment, que son très cher éditeur en chef ne se décide pas à le tuer avant. Ce serait dommage. Même si ça l'étonnerait.
En effet, Sasuke continuait de l'ignorer, et il le ferait sûrement jusqu'à leur immeuble. Au bureau, il l'avait snobé à chaque fois qu'il s'était approché, en gardant un air digne malgré les nuages noirs au dessus de sa tête, ce qui rendait la chose encore plus énervante.
Seulement, Naruto n'avait pas le droit de se plaindre pour le moment. Pour lui parler il aurait fallu qu'ils ne soient pas en pleine heure de pointe. Le wagon était bondé, les pousseurs avaient eu du mal à faire rentrer tout le monde. En même temps il était 19h30, il aurait dû s'attendre à ce qu'il y ait autant de personnes sur les quais; mais il n'était plus vraiment habitué à tout ça, maintenant qu'il finissait souvent le travail vers 22h, voire même plus tard.
Il poussa un long soupir, ce à quoi son voisin de fortune, auquel son torse était limite collé, lui envoya un regard noir du genre ''c'est bon, ta vie est dure, la nôtre aussi et pourtant on ne le fait pas savoir''. Une grimace audit voisin, et le blond se remit à fixer le vague de ses yeux bleus las.
Parler avec Sasuke. Sur le coup, ça avait paru être une bonne idée, quelque chose d'accessible. Il s'était dit qu'il le ferait sur le chemin du retour, mais pourquoi avait-il le mauvais pressentiment que l'Uchiha resterait plongé dans ses pensées noires, faisant comme s'il n'était pas là?
Oui, se pendre. Une très bonne idée. Au moins, ça résoudrait tous ses problèmes. ...Enfin, dans un sens.
Son cynisme commençait à lui faire sérieusement peur. Non, il ne voulait pas se suicider, mais sa situation était vraiment désespérante. Naruto n'aurait jamais imaginé que son chef puisse être un tel gamin. C'était du boudin, tout simplement, et ça l'exaspérait. Habituellement, c'était lui qu'on traitait d'enfant, donc pour avoir l'air puéril à ses yeux il fallait vraiment tenir une couche.
Manque de bol, quand il le voulait, Sasuke pouvait être aussi puéril que lui, bien que ce soit avec un renfrognement de niveau supérieur au lieu de poussées de gueulantes surpuissantes.
Il fallait que Naruto parle à Sasuke. Il prit donc la décision d'aller harceler sa sonnette si jamais il refusait de lui parler de tout le voyage. Lui aussi était têtu, mais à un niveau différent de Sasuke. Si l'Uchiha décidait d'être immature, alors il en ferait autant, c'était comme ça que ça marchait pour lui. Œil pour œil, dent pour dent. Pour une fois, le leitmotiv de Gaara lui plaisait.
Enfin, la voix féminine de l'interphone les prévint qu'ils étaient à leur arrêt. Naruto sortit précipitamment de ses pensées, et jeta un petit coup d'œil à Sasuke qui écartait la foule de gens devant lui pour s'extraire du wagon.
Une fois qu'ils furent sur le quai, il dut presque courir pour rattraper Sasuke qui était parti sans lui, persistant à faire comme s'il n'était pas là.
« Tu pourrais m'attendre, enfoiré! grogna-t-il en arrivant à ses côtés, lui envoyant un regard en coin assassin. Je pensais que si on rentrait ensemble c'était pour éviter que je me fasse égorger dans une ruelle sombre, mais si on est séparés ça va rudement bien marcher, dis donc... »
Sasuke poursuivit son chemin, comme s'il n'avait rien entendu, jusqu'à la sortie du métro. Ils prirent le chemin du retour, marchant côte à côte en silence, bien que Naruto continue d'envoyer de temps à autre un petit coup d'œil à son patron.
« Sasuke. »
L'Uchiha tourna légèrement ses yeux vers lui. Bonne nouvelle, il n'était pas invisible.
« Tu comptes bouder jusqu'à quand? »
Les sourcils du brun se froncèrent doucement :
« Au lieu de dire des bêtises, avance. Je suis fatigué, je veux rentrer. »
Naruto se demanda un instant si Sasuke était sérieux.
« Tu te moques de moi? Des bêtises? Tu as fait la gueule toute la journée, et tout le monde en a marre au bureau.
– Je ne boude pas, crétin, répondit-il froidement.
– C'est ça. »
Le brun attrapa son épaule et le retourna brusquement pour le fusiller du regard.
« Je t'interdis de penser que je suis énervé contre toi, ou quoique ce soit. » siffla-t-il, plus acide que jamais.
Sasuke était irritable aujourd'hui, ça il l'avait compris, mais à cet instant il était vraiment en colère. Et Naruto ne comprenait même pas pourquoi il le niait.
« Mais bien sûr que si, tu es en colère contre moi, à cause de ce qu'il s'est passé hier! Je ne suis peut-être pas un génie, mais il faudrait sérieusement que tu arrêtes de croire que j'ai le QI d'une moule! Si ça m'était arrivé, je me serais tout autant énervé que toi, alors je comprends tout à fait, Sasuke, ça ne sert à rien de débiter des mensonges aussi pourris!
– Eh bien, on ne dirait pas. Non mais vraiment Naruto, il faut que tu saisisses que le seul gamin, c'est toi. Faire la gueule parce que tu as une fiancée? Je n'ai plus quinze ans, imbécile. »
Alors que Naruto allait répliquer, il s'arrêta abruptement. Tout le monde autour d'eux les fixaient, surpris, curieux ou même outrés. Sasuke le remarqua tout aussi bien que lui et reprit sa route, baissant la tête, la mâchoire serrée.
Naruto le suivit à la trace, poings fermés, et les pensées embrouillées. S'il y avait bien une chose dont il se doutait, c'était que Sasuke mentait, il n'y avait pas d'autres explications. A moins qu'il lui soit arrivé une tuile en l'espace d'une nuit, pas moyen que ce soit vrai.
Ils arrivèrent enfin à leur immeuble, et montèrent en silence dans l'ascenseur. Naruto retenait ses mots, ne voulant recommencer à crier que lorsqu'ils seraient seuls. Quand Sasuke se dirigea vers sa porte, c'est naturellement qu'il le suivit, seulement son voisin le coupa dans son avancée :
« Tu me fatigues, Naruto, je ne veux pas te voir, souffla Sasuke, secouant la tête en ouvrant sa porte.
– On a une conversation à terminer, enfoiré. »
Sasuke se retourna avec fureur et serra les poings en voyant Naruto passer la porte à son tour. Ses nerfs lâchèrent. Il le prit par le col et le poussa hors de chez lui, laissant Naruto bras ballants au milieu du couloir et yeux écarquillés. C'était la première fois depuis leur discussion houleuse à son déménagement que Sasuke perdait le contrôle et devenait violent.
Ils se fixèrent longuement, chacun d'un côté du seuil, la respiration hachée du brun comme seul bruit de fond. La goutte d'eau avait fait déborder le vase. Il ferma les yeux, inspirant au maximum, avant de lâcher d'un ton sec, la mâchoire toujours verrouillée :
« Naruto, va-t-en. Maintenant. »
Le blond lui lança une œillade ahurie, retrouvant rapidement sa ferveur.
« Dix minutes, ça va te tuer? Je me souviens pourtant d'une phrase du genre ''je te demande une seule conversation, et tu fuis''! Si tu veux me donner des leçons, la moindre des choses c'est que tu respectes tes propres paroles! »
Les yeux noirs de Sasuke s'élargirent, Naruto crut durant quelques instants qu'il allait se remettre à s'énerver. Au final, tout ce qu'il laissa échapper fut un sifflement et il finit l'épaule contre la porte, se tenant le front comme s'il couvrait une effroyable migraine.
« Parfois je me demande comment j'ai pu tomber amoureux de toi, maugréa-t-il, glacial.
– C'est la question que je me pose chaque jour, enfoiré. »
Il roula brièvement des yeux puis s'écarta.
« Rentre. » dit-il simplement.
Naruto acquiesça et obéit, prêt à en découdre si Sasuke avait un nouvel accès de colère, pendant que le brun fermait la porte.
« Tu vas essayer de me persuader que si tu as boudé- » il vit le regard noir de Sasuke. « Si tu as été de mauvaise humeur toute la journée, ce n'était pas à cause d'Hinata? »
Il vit sa mâchoire se serrer sous sa peau blafarde :
« Évidemment que ça m'a énervé, crétin! J'ai appris que t'étais fiancé! Seulement, ce qui me mets hors de moi, maintenant, ce n'est plus ça!
– Ben c'est quoi, alors?!
– Mais à ton avis, imbécile? » En voyant le regard encore hagard du blond, il ajouta avec hargne : « Tu le fais exprès ou quoi? C'est ce que ça engendre! »
Les pupilles de Naruto s'élargirent, il ne dit rien durant quelques secondes, puis il secoua la tête :
« Non, sérieusement, je comprends rien. Comment ça, ce que ça engendre? Arrête de me parler en code! »
Sasuke se mordit la lèvre inférieure et inspira longuement, reprenant avec le plus de calme possible :
« Quand, à mes yeux, tu étais célibataire, tout allait bien. Je n'avais aucune raison de me sentir coupable de tenter quelque chose. Maintenant, ça n'a rien à voir. Tu es engagé. »
Naruto leva les yeux au ciel et s'exaspéra :
« Ça n'a absolument rien d'officiel, je te l'ai déjà dit!
– A partir du moment où tes parents, ou ton tuteur légal, ont signé un quelconque papier avec la famille de cette fille, c'est officiel, Naruto! »
Le blond cilla :
« C'est n'importe quoi! C'est ma vie, ils n'ont tout simplement pas le droit de faire ça! Et... Et puis... » il battit des cils. « De toute façon, tu sais quoi, je dis merde! Je m'en fiche de tes raisons! De un, je ne me marierai pas avec Hinata ; de deux, arrête de faire la gueule pour des conneries comme ça! Je... il y a aucune raison que tu te sentes coupable, ou je ne sais quelle bêtises, c'est bon.
– Tu es orphelin, c'est ça? »
Naruto fronça les sourcils et resta la bouche ouverte.
« Que-
– C'est la seule chose qu'ils t'ont laissé?
– Oui, si tu veux mais je ne vois pas-
– Alors tu vas m'affirmer que tu serais prêt à ignorer ce que tes parents t'ont légué? le coupa-t-il une nouvelle fois. Si tes parents ont voulu ça, c'était sûrement pour être certains que t'aies un avenir, que... » il ferma les yeux et soupira. « Cette Hinata est amoureuse de toi. »
Naruto perdit à nouveau son calme :
« Mais non, on ne se connaît que depuis quelques années! On s'est vus une dizaine de fois, c'est tout!
– Crois-moi, elle ressent plus qu'une simple amitié pour toi. T'en connais beaucoup des filles qui restent sous la pluie pendant peut-être plus d'une heure, à attendre qu'un ami arrive? Et tu as vu le sourire qu'elle a fait quand elle t'a vu? La façon dont elle a essayé d'embrancher la conversation sur votre mariage, pour que peut-être vous en parliez ensuite? Et surtout le regard qu'elle a eu quand tu as rajouté que c'était pas officiel?»
Il resta les yeux écarquillés, ne sachant pas quoi répondre. Il n'avait rien vu de tout ça, mais elle avait effectivement voulu lui parler du mariage quand ils étaient rentrés. Seulement, la réaction de Sasuke encore en tête, il lui avait dit qu'ils parleraient le lendemain...
Non. Pourquoi avait-il fallu que ce soit Sasuke qui arrive à cette conclusion?
« Je ne peux pas faire ça, continua Sasuke. Je ne peux pas briser les espoirs de cette Hinata, tout comme la volonté de tes parents, qui voulaient être sûrs que tu aies des enfants et une personne à aimer... »
Naruto recula d'un pas, secouant la tête. Non, non, peu importait ce que ressentait Hinata, ce n'était pas réciproque. Il serra les poings et répondit :
« Peut-être, mais j'ai encore du temps pour y penser-
– Du temps? s'esclaffa Sasuke. Tu as vingt-sept ans, Naruto. A notre âge, tu crois qu'il y a beaucoup de personnes encore célibataires, ou du moins qui ne sont même pas avec quelqu'un qu'elles apprécient? Et puis, crois-moi, je suis totalement incapable de te donner des enfants. »
Un rire nerveux secoua les épaules de Naruto qui commençait à s'inquiéter de la tournure des paroles de Sasuke. Bordel, il lui parlait vraiment d'enfants?
« Attends, tu me fais quoi, là? C'est bon, j'approche de la trentaine, je ne vais pas mourir après cette date. Et j'espère avoir encore du temps avant de pouvoir penser à être parent, tu vois!
– Seulement, c'est quelque chose de non-négligeable. »
Naruto était tout simplement stupéfait.
Deux mois qu'ils s'étaient retrouvés, et pourtant Sasuke pensait déjà à... un avenir! C'était effrayant, mais... Avant, quand il n'était pas plein d'interrogations, il aurait immédiatement répondu que l'autre homme était cinglé, qu'il devait se faire soigner parce que jamais il ne penserait finir sa vie avec lui de toute façon.
Mais pas là. Là, il sentait la cadence de son cœur s'accélérer, quand il se disait à quel point Sasuke tenait à lui. Pour lui, il n'était pas qu'une amourette. Il pensait déjà à un futur, peut-être à s'engager. C'était un mot effrayant du haut de ses 27 ans, alors provenant de Sasuke...
Il fut horriblement mal à l'aise, tout à coup. C'était trop soudain. Il n'était pas prêt. Ses yeux se fermèrent, et il passa une main sur son visage.
« Je... Je ne sais pas... bredouilla-t-il, sentant les murs autour de lui se rapprocher et son estomac lui faire mal. J'y pensais pas... c'est encore loin...
– Peu importe, pour revenir au sujet : non, je ne boudais pas. Et j'espère que c'est rentré dans ta tête. »
Il ouvrit les yeux et vit le regard détourné de Sasuke, toujours aussi grave. Il déglutit.
« Je dois rentrer, je... tu es fatigué, et puis... »
Sans un mot de plus, il sortit de chez Sasuke qui ne lui adressa plus un regard. Sa crise d'angoisse ne s'arrêta pas là, il tituba jusqu'à sa porte et manqua s'effondrer en entrant chez lui.
C'était sérieux, Sasuke l'aimait. Et Sasuke avait eu la preuve, sous son nez, que cet avenir qu'il avait d'ors et déjà imaginé était peut-être ruiné, que la seule chose à laquelle il aspirait pour plus tard, il ne l'aurait peut-être jamais.
Naruto, dos au mur, la main contre sa bouche, se laissa glisser contre celui-ci. Ses pensées étaient brouillées, il ne savait plus différencier la réalité de ses désirs.
Un futur avec Sasuke. Ça lui faisait à la fois envie et horriblement peur.
La nuit était tombée depuis quelques heures déjà, et Shikamaru s'ennuyait à mourir. Il n'avait pas particulièrement envie de dormir à cette heure-là, il n'avait pas de travail à faire, alors il s'était rendu sur un jeu de shôgi en ligne. Seulement, son adversaire était des plus lamentables, c'était la troisième fois qu'il le battait.
Pendant que l'autre réfléchissait à son prochain coup, alors que son cerveau génial l'avait déjà planifié depuis quelques minutes, il avala une bouchée de nouilles instantanées, et commençait déjà à démarrer une autre partie dans une nouvelle fenêtre. Ces derniers temps, il s'emmerdait affreusement.
Il aimait son métier d'éditeur, mais maintenant qu'il avait sa série avec Temari, et qu'elle marchait du feu de Dieu, il n'avait plus de challenge. Il n'avait pas de petite amie, et ça ne le dérangeait pas, il n'en souhaitait pas. Les femmes et lui, c'était toute une histoire; entre Ino et Temari il avait déjà assez à faire. Pas que le calme le dérange, au contraire. Seulement, l'ennui était son pire ennemi.
Il vit que son adversaire avait enfin répondu à son coup, et un petit sourire étira un coin de ses lèvres. Malgré tout, il était un peu déçu, encore une fois il s'y attendait. Immédiatement, il avança son pion et parachuta le lancier de son opposant. Plus que deux coups, uniquement avec son pion, et il gagnerait. Trop simple. Même Asuma jouait mieux que ça.
Soudain, la sonnette retentit dans son appartement. Il sourit doucement, son challenger avait de la chance. Il lui envoya un bref message, le prévenant qu'il quittait la partie et donc que l'autre avait gagné. Au moins, il rendrait quelqu'un heureux.
Il referma son ordinateur et se dirigea rapidement vers l'entrée, observant malgré tout l'heure avec scepticisme. Il était presque minuit, qui ça pouvait bien être?
Il jeta un coup d'œil au judas, deux hommes se trouvaient sur le palier. Et il ne connaissait aucun des deux. Il laissa la chaîne de sécurité en place et entrebâilla la porte. Ils devaient être des voisins.
« Bonsoir. Vous êtes...? »
Le premier homme, un gars aux cheveux gris, lui fit un petit sourire non rassurant.
« Nos noms n'ont pas d'importance, Nara. »
Il fronça les sourcils. Non, ils n'étaient pas des voisins.
« Pardon? »
Le deuxième, un mec aux longs cheveux qui tombaient devant ses yeux verts, s'approcha de l'entrebâillement et dit de sa voix grave :
« Nous devons parler. Ouvre cette porte. »
Shikamaru cligna des yeux, ébahi, mais une des mains que l'homme avait laissé cachée dans sa poche jusque là sortit et laissa voir qu'elle tenait un objet. Un objet noir qui ressemblait fortement à une arme munie d'un silencieux. Son cœur bondit, mais l'homme fut plus rapide que lui et pointa l'arme sur son front, passant sa main par l'ouverture.
« J'ai l'ouïe fine. Si jamais tu n'enlèves pas la chaîne et décides d'aller téléphoner aux flics, j'hésiterais pas à trouer la porte. »
Le brun déglutit, mais obtempéra lentement, les mains tremblantes. Aussitôt déverrouillée, ils poussèrent la porte et entrèrent dans l'appartement, jusqu'à se tenir au milieu de son salon.
Les yeux écarquillés, Shikamaru retint son souffle, mais l'arme encore pointée vers lui le força à refermer la porte, bien que cela puisse signifier sa mise à mort prochaine. Il aurait pu s'enfuir, mais il était tout simplement terrifié, immobilisé.
« Qu'est-ce que vous voulez? murmura-t-il, sentant son sang se glacer.
– Te faire une proposition.
– Quel genre?
– D'affaires.»
Il ferma les yeux et inspira lentement.
« Arrêtez ce cinéma, dites-moi directement ce que vous voulez. »
L'homme aux cheveux gris éclata de rire, faisant encore baisser la température de la pièce. Il s'approcha un peu de Shikamaru.
« C'est nous qui parlons, connard. »
Les paupières plissées, Shikamaru resta silencieux, et l'autre poursuivit :
« Notre demande est simple : donne-nous le vrai nom de Ohba Tsugumi, et viens travailler chez l'Akatsuki. »
La surprise submergea le Nara, qui sentit un frisson le parcourir :
« V-Vous êtes de l'Akatsuki?
– Nous t'avons dit que ça n'avait aucune importance. » répliqua le brun aux yeux verts.
L'autre enchaîna :
« La seule chose que nous souhaitons, c'est une réponse. Oui, ou non. Tout en sachant que... » il passa une main dans son manteau, pour en ressortir une autre arme, qui fit raidir l'échine de Shikamaru. « ta réponse aura des conséquences. »
Lentement, l'embout du pistolet fut pointé sur le front pâle de l'éditeur.
« Si je dis non, vous me tuerez? murmura-t-il, humidifiant ses lèvres en louchant légèrement sur l'engin. Ça ne me paraît pas très logique, vous voulez que je rejoigne votre compagnie, non? »
Le sourire de l'homme aux cheveux gris s'agrandit.
« Ais-je dit, à un seul moment, que ce serait ta putain de tête que je percerai? »
Shikamaru fronça les sourcils. Il devait agir, mais il n'avait pas son téléphone sur lui. Il jura intérieurement.
S'il avait pu enregistrer la conversation, il aurait eu des preuves contre l'Akatsuki, celles qu'ils attendaient depuis des mois. Il savait qu'ils feraient quelque chose comme ça, s'ils avaient disparus c'était pour mieux réapparaître plus tard, il en était convaincu; seulement il n'aurait jamais pensé être leur cible.
Le canon de l'arme se détacha de son front, et fut remise dans la veste intérieure de l'homme aux cheveux gris, tout sourire. Sa main encore dans sa poche, il en sortit autre chose. Plusieurs photos. Il les étala en éventail devant lui.
« Nara Shikaku, ton père. »
Il montra rapidement la photo, puis la fit tomber au sol, juste entre eux deux. Les yeux marrons de Shikamaru accrochèrent ceux de son père, visiblement pris en photo à son insu, et il déglutit.
« Nara Yoshino, ta mère. »
La photographie voleta jusqu'au sol, pour rejoindre son père.
« Akimichi Chouji, ton meilleur ami. »
Le visage large et souriant lui parvint, et son estomac fit des nœuds.
« Yamanaka Ino, ta meilleure amie. »
La blonde faisait même cette fois un grand sourire au photographe. Ses joues rouges le renseignaient sur le taux d'alcool qu'elle devait avoir dans le sang à cet instant.
« Sabaku Temari, ta petite amie?
– Arrêtez ça. » gronda-t-il.
Ses poings se serrèrent quand il vit le sourire en coin de son amie, prise dans le métro, alors qu'elle était au téléphone.
« Haruno Sakura et Rock Lee... »
Cette fois-ci, c'était même une photo prise lors de leur fête, deux mois auparavant.
« Et puis Sarutobi Asuma et Kurenai... »
Il lui fit voir l'ultime photo montrant le couple alors qu'ils dormaient et il sentit la bile lui chatouiller la gorge.
« Toutes ces personnes, toute ta famille, tes amis; tout ce beau monde est sous notre contrôle. Nous savons où est chacun d'entre eux, nous savons où ils habitent, leurs habitudes, leur vie. Tout comme la tienne. »
La voix doucereuse du type continua de résonner dans ses tympans :
« T'es un type brillant. Pas seulement intelligent, mais aussi judicieux, et tu as sous ton aile le mangaka le plus vendeur qu'on ait vu ces dernières années. Nous te voulons chez nous, à l'Akatsuki. Tu mérites mieux que la Konoha. Nous te faisons une proposition que tu ne regretteras pas.
– Si tu dis oui, poursuivit-il. Tu auras un grade semblable au mien, ainsi qu'à ceux de tous mes autres collègues directeurs exécutifs. Si ça ne t'intéresse pas, tu peux rester un simple éditeur, mais en ayant un salaire où tu choisirais le nombre de zéros avant la virgule. Tu n'aurais plus à bosser avec ces imbéciles qui se cosplayent, ou bien le tyran Uchiha Sasuke. »
Son regard s'assombrit.
« Si tu dis non... »
A nouveau, sa main plongea dans sa poche, et il en ressortit un briquet. Il l'alluma, avançant la flamme à quelques centimètres des yeux du brun, puis le lâcha directement sur les photos au sol qui s'enflammèrent.
Le feu éclaira faiblement l'appartement, et après quelques secondes, l'homme écrasa les flammes de sa chaussure pour empêcher la fumée de déclencher les détecteurs d'incendie.
« …bye bye, tes copains. »
Lentement, les yeux inquisiteurs et ayant gardés le maximum de leur calme plongèrent dans ceux du membre de l'Akatsuki.
« Vous les tueriez tous? »
Il lâcha un nouveau rire, et s'approcha jusqu'à chuchoter à son oreille :
« Pire que ça. »
Un frisson parcourut la ligne dure de ses épaules, et il fixa les photos à moitié brûlées, montrant toutes les personnes qui lui étaient chères. Sa bouche se tordit, et il siffla :
« Pourquoi ne pas avoir parlé de Naruto et Sasuke, tout à l'heure? Ce sont aussi mes amis. »
La surprise s'afficha sur les deux visages, et un ricanement secoua les épaules du type aux cheveux gris qui se recula :
« Eh mec, je suis en train de te menacer, et tu penses à ces deux là? T'as un sens des priorités étrange.
– Je sais, on me l'a déjà dit, répliqua-t-il sèchement. Répondez-moi, et je le ferais à mon tour. »
L'homme resté à l'écart fronça les sourcils :
« Nous n'avons pas le droit de toucher à ces deux-là. Ordre du chef. »
Shikamaru sentit sa respiration se couper. Il conserva son calme, ne perdit pas la face, et haussa lentement le menton, gardant ses yeux sur les photos au sol. Il retint un sourire.
« Non. »
Le premier homme haussa un sourcil.
« Non? » il s'esclaffa « Je vais te raconter un truc. Tu sais, ce Kakashi, il a résisté aussi. Seulement, mon collègue a été persuasif. Il lui a dit que s'il essayait de se faire voir pour qu'on l'aide, non seulement il exploserait, mais aussi tout le bâtiment de la Konoha. Il y avait un détecteur de lumière sur les bombes, qui aurait déclenché les explosifs placés dans ton précieux bâtiment dès qu'il serait sorti de sa ruelle pourrie, et il le savait. Il a attendu la mort, mais heureusement pour lui, c'est quelqu'un d'autre qui l'a trouvé, et qui l'a empêché de crever comme un rat. » il secoua la tête « C'était un plan risqué, qui ne s'est pas terminé comme on le pensait, mais tu comprends maintenant qu'on joue pas, qu'on est parfaitement sérieux. C'est toujours non? »
Shikamaru inspira longuement.
Du bluff. Pur et simple. Ils voulaient lui faire peur, mais ils ne feraient rien dans l'immédiat. Même s'ils n'étaient pas des flèches, ces mecs auraient pu facilement deviner que Temari était son auteur, Ohba Tsugumi. Ils avaient peut-être réussi à les prendre en photo, et avaient essayé de lui faire croire qu'ils les surveillaient en les photographiant chez eux, ou bien à leur propre fête; mais c'était faux.
Le risque était là, mais la menace baissait. Tout à coup, ces deux hommes lui paraissaient bien moins dangereux. Si ça se trouvait, c'était même de simples éditeurs qui touchaient à des armes pour la première fois de leur vie, et se sentaient tout-puissants sans savoir s'en servir. Il n'oubliait pas que de vrais tueurs à gage d'Orochimaru étaient sous leur commandement. Mais il y avait une grande possibilité qu'ils ne lui fassent absolument rien sur le moment. Et c'était quelque chose qui pourrait lui donner un grand avantage.
« Je ne viendrais pas à l'Akatsuki, et je ne dirais rien sur Ohba Tsugumi. Vous pourrez faire ce que vous voulez, que ce soit à moi ou bien à mes proches, je refuse d'y aller. » il releva les yeux, décidé. « J'aime ces personnes plus que tout, mais je ne suis pas un traître, et je n'abandonnerai pas mon auteur. Vous avez tué le père d'Asuma, l'oncle de Naruto, et tenté d'atteindre à la vie de Kakashi-san. Je ne viendrais pas avec vous et je ne vous laisserai pas le temps de leur faire quoique ce soit. Le jour où j'entrerai dans cette société, ce sera accompagné de policiers pour vous dire que vous irez croupir en taule. »
Il secoua la tête, recula et ouvrit largement la porte. Il n'avait plus peur. Ces hommes, c'était des enfants avec de simples jouets. Pas des assassins. Il n'avait rien à craindre.
« Partez, maintenant. Sinon je peux me rendre immédiatement au téléphone de secours qui se trouve dans le couloir plus loin et prévenir la police qu'il y a deux hommes armés qui ont forcé ma porte. »
L'homme aux cheveux gris jeta sur lui un regard noir, quoiqu'un peu condescendant, mais fit signe à son acolyte de le suivre. Ils sortirent de l'appartement, et lancèrent un dernier regard au brun avant qu'il ne referme sa porte, à clé :
« Prépare-toi aux conséquences de tes bêtises, connard. »
Le lendemain, Naruto se leva de mauvaise humeur.
Il n'avait pas bien dormi. Alors que depuis plusieurs semaines, il n'aspirait qu'à ce jour-là, cet unique jour de congé qu'il avait réussi à obtenir pour avoir un week-end plus long, son sommeil était troublé. C'était d'un ridicule.
Mais pourtant, la raison était toute simple. Durant toute la nuit il n'avait cessé de se remettre en question. Une véritable horreur. Oui, il avait bel et bien l'impression de revivre sa crise d'adolescence.
Ce fut la coiffure semblable à un nid de corneille qu'il sortit de sa chambre, portant un simple t-shirt et un caleçon. Et c'est à ce moment-là qu'il se souvint, aussi, de la présence d'Hinata chez lui.
Celle-ci était aux fourneaux, préparant à manger. Il réfléchit quelques secondes, son cerveau horriblement lent, pour essayer de se rappeler s'il avait utilisé la gazinière une seule fois depuis qu'il était arrivé, et pour se faire autre chose que des ramens. La jeune femme se tourna vers lui, tout sourire.
« Naruto-kun, tu es réveillé...? … »
Hinata devint silencieuse, et du rouge s'installa sur ses joues. Naruto baissa ses yeux bleus sur lui-même et vit que son t-shirt était un peu trop court, ou du moins trop court pour son invitée qui avait déjà détourné les yeux et recommencé à cuisiner. Malheureusement pour lui, cela ne lui rappela que trop bien la conversation qu'il avait eue avec Sasuke la veille, et cela le renfrogna encore plus.
Après s'être habillé un peu plus convenablement, il passa une main dans ses cheveux et s'assit sur une chaise :
« Tu te prépares le petit-déjeuner? »
Elle sembla hésiter quelques instants puis se retourna, passant une main sur sa nuque :
« En fait, il est l'heure de déjeuner... »
Il écarquilla les yeux en tombant sur l'horloge murale, puis se sentit un peu honteux de voir qu'il était déjà 13h. Comme quoi, il fallait bel et bien qu'il récupère.
« Je vais me faire un ramen, dit-il en se levant.
– Pas la peine! J-Je t'ai préparé une part à toi aussi. Pour te remercier de m'héberger, évidemment. » ajouta-t-elle fébrilement.
Il la vit rougir encore un peu, puis montrer les onigiris qu'elle préparait, accompagnés d'une omelette qui grésillait dans la poêle et d'un chou découpé qui n'attendait plus qu'à être mis dans des bols. Il salivait d'avance.
« Par contre, vu que je ne sais pas où sont les couverts... murmura-t-elle.
– Ce n'est rien, je vais m'en charger. Je dois au moins être capable de ça pour te remercier de m'avoir cuisiné quelque chose. »
Il ouvrit un placard et lui passa un bol ainsi qu'un plat pour poser les boules de riz. Ce fut quand il eut posé deux assiettes et deux paires de baguettes qu'il se figea. Pourquoi tout ça lui donnait étrangement l'impression d'être le quotidien qu'aurait eu un couple marié...
Il secoua la tête et finit de mettre la table, décidé à ne pas se laisser envahir par des idées aussi idiotes. Enfin, il s'assit en face d'elle et ils commencèrent à manger avec un petit ''itadakimasu'' jovial.
Le repas était excellent, mais un peu gênant. Hinata ne parlait pas beaucoup et se contentait de manger en lui envoyant des coups d'œil à temps régulier. Il lui fit un sourire :
« C'est très bon.
– Merci.
– Ça faisait longtemps que je n'avais pas mangé avec quelqu'un, ça me fait plaisir. »
Elle hocha la tête en lui souriant, baissant la tête vers sa salade de chou.
« Si ça te plaît, alors je suis contente. »
Il engouffra une nouvelle bouchée d'omelette qu'il avait généreusement arrosée de ketchup - manie transmise par Jiraiya provenant des USA.
« Tu ne travailles pas aujourd'hui? lui demanda-t-elle timidement quand il eut avalé.
– Non, j'ai pris un jour de congé, étant donné que mon auteur a terminé son chapitre bien avant l'heure. De cette façon, j'ai un week-end de trois jours pour me reposer... » il se mit à réfléchir. « Au fait, quand est-ce que Neji doit rentrer?
– D'ici deux-trois jours je pense. Désolée de te déranger aussi longtemps, mais avec son voyage d'affaires-
– Ce n'est rien. Et puis, vu que je suis libre tout ce week-end, je pourrais te faire un peu visiter Tokyo, qu'est-ce que tu en dis?
– Oui, avec plaisir. »
Un sourire un peu amer vint étirer ses lèvres.
« N-Naruto-kun... Je voudrais te demander... »
Ses pupilles s'agrandirent et ses baguettes se figèrent en l'air. Il était tout ouïe.
« Est-ce que tu as quelqu'un? Je veux dire, une petite-amie? » se reprit-elle rapidement.
Il se racla la gorge, mal à l'aise, et les paroles de Sasuke ne cessant de faire écho dans son crâne.
« Non. »
Non? En était-il si sûr? Pas vraiment. Effectivement, il n'avait pas de petite-amie. Mais avait-il quelqu'un, là était la question qui le taraudait et qui lui avait bouffé son sommeil.
« J-Je vois... » elle tenta de s'expliquer « C'est juste que mes parents et moi avons parlé du-du... mariage il n'y a pas longtemps... Et ils voulaient savoir si tu avais quelqu'un. Eux veulent toujours que nous nous mariions...»
Elle se ferma et détourna les yeux, véritablement gênée. Quand à Naruto, il fixait le repas sous ses yeux, une boule au ventre.
« Est-ce que toi, tu voudrais ça? » lui demanda-t-il doucement.
Elle leva les sourcils, prise au dépourvu.
« C-C'est-à-dire que... je n'ai personne non plus, et puis j'ai toujours rêvé d'avoir des enfants... Après, c'est certain que toi, tu ne veux pas, donc tout change, mais-
– Ce n'est pas ce que je voulais dire... » soupira-t-il entre ses dents.
Elle l'observa avec inquiétude, ses grand yeux blancs légèrement humides, et il osa enfin articuler :
« Quand tu imagines avoir une famille... est-ce que c'est moi que tu vois en tant que ton mari? »
Elle battit des paupières et concentra son regard sur son assiette, ne sachant quoi répondre. Il reprit :
« Hinata, est-ce que tu ressens un peu plus que de l'amitié pour moi? »
Hinata se mit à fixer son plat, les lèvres tremblantes. Soudain, elle se releva, le visage tourné au sol, mais il fut tout aussi rapide et l'empêcha de s'en aller.
« S'il te plaît, réponds-moi. »
Elle ferma douloureusement les yeux, une larme traçant son chemin sur sa joue, et elle hoqueta :
« Oui. »
Aussitôt, elle le contourna et se réfugia dans la salle de bain, sous le regard contrit de Naruto. Il passa une main dans ses cheveux et retourna s'asseoir, finissant de manger en silence.
La journée lui avait semblé horriblement longue. C'était le jour de congé de son voisin, et il avait dû se rendre au travail sans lui, sans avoir de fond sonore dans le métro, ni même au bureau. Tout était trop calme. C'était d'un ennui.
Pourtant, d'un côté, ça le ravissait. Parce que vu la réaction dudit voisin la veille, lui faire face aurait été un peu compliqué, et surtout aurait entraîné certaines discussions dont il se serait passé.
Enfin, Naruto avait compris son problème, avait cessé de le considérer comme un enfant; une bonne chose de faite. C'était insupportable, venant d'un gamin pareil, de se faire traiter comme ça. Sérieusement, quand il avait insinué qu'il boudait, il avait bien cru perdre son masque d'indifférence habituelle. Comment en était-il arrivé à cette conclusion stupide? Parfois, il se demandait bien ce qui passait par la tête de son subordonné, et s'il connaissait le principe de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.
Itachi l'avait invité à prendre un verre ce soir-là, un verre qu'il n'avait pas refusé. Pour une fois, il sentait que la présence de son frère pourrait l'aider, ou du moins être apaisante. Peut-être même qu'il lui parlerait de ses dernières péripéties avec Naruto...
...enfin... Non. Connaissant Itachi, et surtout l'antipathie qu'il avait envers le blond, ce ne serait certainement pas une bonne idée. Autant boire sans gaspiller leur salive. Changer ses habitudes n'était pas dans son caractère, parler de sa vie sentimentale encore moins.
Ils se retrouvèrent aux alentours de 21h à l'entrée de la Konoha Shouten, tous les deux exténués et ayant bien besoin d'un remontant. Ils prirent la direction d'un bar qu'ils connaissaient et qui n'était pas loin.
Arrivés là-bas, aucun des deux n'avait encore prononcé le moindre mot – et bien que ce ne soit pas normal pour le commun des mortels, ça l'était pour deux Uchiha. Ils s'assirent au comptoir, et commandèrent chacun une bière. Ils ne comptaient jamais se bourrer la gueule, quand ils sortaient, non. Ils avaient plus de fierté que ça.
Leurs problèmes, ils ne les noyaient pas dans l'alcool. Ils les noyaient dans le silence. C'était un remède bien plus efficace.
Quand ils se retrouvaient là-bas, les non-dits n'avaient plus raison d'être. Ils s'ouvraient l'un à l'autre, sans dire un mot. Les rares conversations qu'ils avaient étaient badines, sans intérêt. Ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre. C'était pour ça qu'il aimait son frère.
Oh, pas qu'il ait eu besoin de se faire remonter le moral de nombreuses fois ces dix dernières années. D'habitude, s'ils se rendaient ensemble au bar, c'était en tant que moyen de réconciliation après-bagarre. Ou alors, plus rarement, c'était de son grand frère dont il fallait s'occuper, quand il prétextait être un peu déprimé d'avoir rompu avec une quelconque amie. Sasuke répondait toujours présent, et accompagnait Itachi qui restait le regard dans le vague toute la soirée, avant que, le lendemain, il ne fasse comme si cette histoire appartenait déjà au passé.
Au bout d'une vingtaine de minutes de silence, Itachi décida qu'il était temps de montrer qu'ils étaient occupés. Il valait mieux, vu que les autres clients commençaient à les regarder bizarrement, et que des filles un peu éméchées s'approchaient dangereusement d'eux.
« Comment vas-tu, petit frère? Tu ne m'en veux pas trop pour hier, j'espère. »
Sauske haussa un sourcil amusé, puis répliqua :
« Je vais bien.
– C'est difficile à croire. Tu es pire que lors du cycle. Il t'est arrivé quelque chose? »
Sasuke plongea ses prunelles sombres dans celles du commercial. Itachi savait faire en sorte de manipuler une conversation jusqu'à aborder ce qu'il désirait vraiment savoir. Il devait se douter de ce qu'il s'était passé, mais prétendait le contraire en commençant une discussion fraternelle tout ce qu'il y a de plus ordinaire.
Il n'avait pas envie de parler de ça ce soir. Il en avait déjà fait les frais la veille. Itachi n'allait pas s'y mettre à son tour.
« C'est Naruto qui a fait le café hier. »
Les sourcils d'Itachi se relevèrent, légèrement surpris mais en même temps il aurait dû s'y attendre. Sasuke était aussi intelligent que lui, il n'allait pas tomber dans un piège aussi grossier.
« Il est vraiment si mauvais?
– Un jus de chaussettes est une fontaine de jouvence, à côté de ça. »
Itachi s'esclaffa doucement, le sarcasme dans la voix de Sasuke était palpable.
« Sérieusement?
– Je suis toujours sérieux, répondit laconiquement Sasuke.
– Sauf quand il s'agit de lui. »
Les yeux de l'éditeur en chef se plissèrent. Itachi s'engageait sur une voie savonneuse. Il allait vraiment essayer d'arriver à ses fins en le provoquant? C'était inhabituel de sa part.
« Si tu le dis, accorda-t-il, refusant de s'énerver et sachant que donner raison à son frère était le meilleur moyen de mettre fin à la conversation.
– Où ça en est vous deux, d'ailleurs? As-tu compris qu'il n'est absolument pas intéressé par toi, ou bien continues-tu à te faire des illusions?
– Parfois, se faire des illusions à du bon.
– Jusqu'à ce que ça te ruine la vie. »
Les poings de Sasuke se serrèrent un peu.
« Naruto ne ruine pas ma vie. Au contraire.
– Est-ce une véritable déclaration d'amour que j'entends là?
– Qu'est-ce que tu veux savoir exactement, Itachi? »
Il perdit son sourire et fixa longuement son cadet, comme si la réponse à ses interrogations allait apparaître sur son front.
« J'aimerai savoir ce qu'il t'a fait hier. »
Il haussa les épaules.
« Rien.
– Tu es un piètre menteur, tu le sais ça?
– C'est pareil pour toi. Tu devrais savoir, qui plus est, que je ne suis pas du genre à faire des déclarations énamourées et que je ne risque pas de pleurer devant toi. Je suis dans une situation compliquée, mais je saurais m'en sortir d'ici peu. Il faut juste que je prenne le temps d'y réfléchir. »
Itachi continua d'observer son frère du coin de l'œil, peu convaincu, mais replongea dans son verre, fixant les bouteilles du bar devant lui. Une fois qu'il eut fini de boire, il murmura :
« Tu fais toujours comme si tu n'éprouvais aucun sentiment, Sasuke. Pourtant, tu es humain, tu en as, même si tu adores prétexter le contraire. » il ferma les yeux et soupira : « Si c'était n'importe qui d'autre, j'aurais compris. Le problème n'est pas que ce soit un gars, le problème est que c'est un gars qui t'as déjà repoussé et qui le refera. Je pense à toi, Sasuke, et je ne veux pas que tu sois comme moi qui suis encore célibataire à 32 ans. Et puis, lui ne va absolument pas t'attendre, et quand il sera marié ou simplement en couple, tu risques de souffrir pour rien. »
Le verre de Sasuke claqua brusquement sur le bois du bar.
« Je suis au courant. »
Itachi se tourna vers Sasuke, incapable d'apercevoir son visage caché par ses longues mèches brunes. Seulement, il n'eut pas le temps de répliquer. Sasuke se leva, se rhabilla et sortit du bar.
Dès qu'il s'était levé, il avait senti que quelque chose clochait. Son intuition le titillait. Il était certain qu'il s'était passé quelque chose. Et il n'était pourtant pas quelqu'un de paranoïaque.
Immobilisé sur le seuil de la porte joignant sa chambre et le salon, ses yeux se baissèrent. Le coin de son tapis n'était pas relevé.
Chaque soir en allant se coucher, il se prenait les pieds dans cette saleté de tapis, qu'il était forcé de garder dans son salon car c'était un cadeau de Temari. Le lendemain, le coin était donc relevé.
Il fronça les sourcils, mais fit comme si de rien était. Peut-être que pour une fois, il avait fait attention, mais qu'il avait oublié. Ça arrive, d'oublier. Et puis, c'était trop chiant d'essayer de se rappeler s'il l'avait fait ou pas.
Il se rendit dans la salle de bain, bâillant à s'en décrocher la mâchoire, tout en jetant un coup d'œil à l'heure. Une journée de repos aurait dû s'annoncer, les nemus de Temari étaient terminés, ils étaient samedi. Seulement, il devrait se farcir la venue des jeunes auteurs de mangas comiques pour le concours Akatsuka. Lui, on le mettait aux mangas comiques.
Il allait devoir rester le cul sur une chaise toute la mâtinée, pour voir un par un chacun de ces gamins pleins d'espoir et d'étoiles dans les yeux et les corriger ; peut-être allait-il décider d'en garder un ou deux à l'œil pour le futur du magasine, mais ce serait tout. Et l'après-midi, rebelote, sauf qu'il serait seul. Enfin, non, techniquement il serait avec Temari. Manque de bol, c'était elle le jury pour le concours Tezuka, donc de mangas Shonen plus traditionnels, et il devrait l'aider pour la sélection. Mais quand ils devaient travailler, celle-ci devenait horriblement silencieuse, et c'était comme s'il était seul. Que c'était barbant, les journées comme ça.
Il finit de prendre sa douche, puis se sécha consciencieusement, essuyant ses longs cheveux bruns. Il posa sa main à l'endroit où aurait dû se trouver sa brosse.
Rien.
Il se baissa pour voir s'il ne l'avait pas faite tomber, c'est humain après tout, mais rien par terre. Pris de doute, il attrapa le panier contenant ses brosses, peignes, chouchous ou même le gel utilisé lors des cosplays. Il compta le nombre de brosses.
Trois. Il en possédait quatre.
Il croyait avoir perdu la première, alors en avait racheté une deuxième tout en retrouvant la première au moment où il était revenu du konbini. La troisième, il l'avait piquée dans un hôtel de luxe où il s'était rendu avec Ino, Chouji et Asuma, quand celui-ci avait gagné à la loterie. Et la quatrième, celle de son enfance, à laquelle il manquait plusieurs dents, il l'avait retrouvée au fond d'un vieux carton que lui avait envoyé sa mère quand était venu le temps de faire ''le ménage de printemps''.
C'était anormal qu'elle ait disparu. Il n'y attachait pas une grande valeur, c'était une vieille brosse qu'il aurait dû jeter depuis des années, mais qu'il continuait d'utiliser. Peut-être l'avait-il paumée quelque part dans l'appartement...
Une bonne demi-heure plus tard, il était prêt à aller travailler. Il se dirigea vers la porte d'entrée et posa sa main sur la poignée.
Temari et lui avaient passé des soirées à réfléchir sur son manga, et notamment lorsqu'il avait fallu trouver le moyen le plus paranoïaque de vérifier si quelqu'un était entré chez soi. Par réflexe, il baissait donc maintenant sa poignée de quelques millimètres dès qu'il fermait la porte. Il relevait la clenche pour vérifier que personne n'était venu chez lui quand il rouvrait la porte.
Seulement, sa poignée était remontée. Il écarquilla les yeux.
Son tapis. Sa brosse. La poignée. Cette dernière aurait pu remonter toute seule, mais ces deux autres éléments l'intriguaient. C'était vraiment étrange.
Il revint finalement sur ses pas. Si quelqu'un était passé, sachant que c'était le soir, la première pensée qu'il aurait eu en voyant le tapis aurait été qu'il avait laissé une trace de son passage, sans savoir que le coin était déjà relevé. Et donc, cette personne, pour ne pas qu'on sache qu'elle était venue, aurait bien remis le coin du tapis.
C'était une supposition, mais c'était foutrement plausible.
Le cœur battant, il observa son salon, cherchant ce qui avait bien pu être changé, touché, fouillé. Malheureusement, il avait le sommeil horriblement lourd, il n'aurait pas été réveillé même si quelqu'un avait fait du bruit chez lui.
Et enfin, il le repéra. Cet indice qui affirmait que quelque chose avait eu lieu, que quelqu'un était entré.
On avait vidé sa corbeille à papier.
Ce n'était pas Temari, elle ne serait pas venue chez lui en pleine nuit, et encore moins pour vider la poubelle. Pas Ino non plus. Si elle avait voulu lui faire une blague, elle n'aurait jamais remarqué le tapis, et surtout elle l'aurait réveillé. Et puis, c'était nul comme blague.
Alors...qui?
Il avait vraiment, vraiment, un mauvais pressentiment. Les hommes de l'Akatsuki venus chez lui quelques jours auparavant lui revinrent en mémoire, et sa gorge se serra.
Les jours à venir seraient merdiques. Il le savait.
Quand il était parti de Tokyo, âgé de dix-sept ans, deux choses lui avaient manqué. La première était bien évidemment la présence de son meilleur ami. Seulement la seconde était bien différente...
Si, dans la capitale japonaise, il devait nommer quel était son endroit préféré, il aurait sans hésiter dit que c'était la tour de Tokyo. Ce monument d'un rouge vieilli par le temps était sans conteste son lieu favori. Les raisons étaient nombreuses.
Tout d'abord, il adorait la vue depuis cette tour. A chaque fois qu'il y allait, il ne pouvait repartir sans être monté jusqu'au dernier étage. Peu importait l'attente, ou bien le prix, il adorait s'y rendre et profiter du paysage de Tokyo, de ses grattes-ciel à perte de vue, et du ciel bleu qu'il pouvait parfois apercevoir derrière la pollution atmosphérique.
C'était un endroit où il s'était souvent rendu, plus jeune, quand il s'était retrouvé seul dans cet univers de béton et d'acier. Parmi toute cette grisaille, qu'elle soit dans l'architecture ou bien dans le cœur des gens, il avait aimé découvrir ce monument à la couleur insolite, visible à des kilomètres à la ronde. Certes le carrefour de Shinjuku était coloré tout comme le quartier et ses alentours, Ginza, Harajuku ou Ikebukuro, mais avec la tour Tohto c'était différent. Il n'y avait pas cette sensation de vitesse, de précipitation. C'était calme, reposant, surtout sur la dernière terrasse, ou seuls les plus courageux pouvaient accéder. Il y avait parfois passé des journées entières, ce qui n'était pas difficile à partir du moment où on lui mettait un livre dans les mains.
Et aujourd'hui, il y retournait non sans émotions, et il se rendait compte qu'il n'y était pas allé depuis son retour à Tokyo. Son travail l'avait toujours énormément occupé, il fallait croire.
Il s'accouda à la barrière de sécurité et observa le paysage avec un petit sourire nostalgique. Il faisait bon, quoique le vent était un peu trop frais par moments malgré son manteau. Seulement, il n'était pas seul. Hinata était avec lui.
Malgré leur différent d'il y a deux jours, il avait rapidement fallu que les choses reprennent leur place normale, et surtout qu'ils agissent comme s'il ne s'était rien produit, du moins jusqu'à ce que Hinata s'en aille au retour de Neji. Naruto en était capable, il suffisait de ne pas en parler et il oubliait toute cette affaire. Seulement, c'était le dernier jour qu'ils avaient à cohabiter, et maintenant il fallait mettre les choses au point.
Il avait longuement pensé à cette discussion, s'imaginant les répliques que pourrait avoir la brune, et ce qu'il répondrait mais bizarrement, il avait un gros trou de mémoire à cet instant. Ce qu'il allait dire n'était pas simple, il n'avait pas envie de la revoir pleurer parce qu'il l'appréciait, mais il ne voulait pas non plus qu'elle se fasse de telles illusions.
« Alors, ça te plaît? lui demanda-t-il avec un grand sourire.
– Oui, la vue d'ici est très belle. Et puis il fait beau, c'est agréable. Ça me rappelle le Tsutenkakû d'Osaka.
– C'est normal, c'est juste une pâle copie de celle-ci, après tout. »
Ils étaient déjà allés faire un tour au sanctuaire Meiji-jingû et étaient passés à Shibuya pour qu'elle puisse s'acheter deux-trois bricoles. Avec sa famille et son statut d'héritière des Hyuuga, il lui arrivait souvent de voyager, mais jamais de sortir des hôtels hors de prix ou bien des résidences qu'avaient sa famille un peu partout dans le Japon.
C'était la première fois qu'elle voyageait de son propre-chef, et Naruto sentait que cela lui faisait un bien fou. Il en était d'ailleurs ravi, surtout que malgré son statut social elle n'était pas du tout snob. Elle se contentait de ne pas savoir que derrière son petit paradis se trouvait un autre monde bien difficile pour beaucoup de gens. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir.
Néanmoins, il savait que si c'était Neji qui lui avait fait visiter Tokyo, la visite aurait été bien différente. Même si c'était un très bon ami, il était conscient que l'autre était occupé, et ne vivait à Tokyo que depuis qu'une des succursales de l'entreprise de sa famille avait émigré dans la capitale, c'est-à-dire il y a six ans. Naruto y avait vécu toute son adolescence, avait tout découvert sans l'aide de personne, que ce soit ses plus beaux quartiers tout comme ses recoins les plus sombres. Lui, il avait beaucoup de choses à raconter dessus.
Il leva la main et lui désigna un endroit au loin.
« Là-bas, c'est le parc d'Ueno. Tu veux qu'on aille y faire un tour après avoir déjeuné? lui proposa-t-il avec enthousiasme.
– Oui, volontiers, répondit la brune avec un petit sourire. Aussi, si nous avons le temps, j'aimerai faire un petit tour à... I-Ikebukuro. poursuivit-elle en baissant la tête, ses joues un peu roses.
– Ah bon? s'étonna-t-il. Si tu le souhaites... ce n'est pas très différent de Shibuya, tu sais. Tu veux aller à l'aquarium du Sunshine 60? »
Elle rit doucement en commençant à triturer ses doigts.
« C'est un peu bête, en fait... » il haussa les sourcils. « Il se trouve que... que dans un livre que j'aime bien, l'action s'y passe, alors je voulais voir ce qu'il donnait en vrai. »
Il lâcha un petit rire et hocha la tête, se penchant un peu plus au dessus du vide pour observer les rues pleines de monde à ses pieds.
« Pas de problème. De quel livre s'agit-il?
– Hem... en fait, il paraît que ça a été adapté en anime. Ç-Ça s'appelle Durarara, si tu connais... » elle secoua la tête et rit doucement. « Suis-je bête, bien sûr que tu connais, c'est ton secteur après tout. »
Il fit un petite grimace et murmura :
« Ah, euh... en fait, non. Tu sais, avant d'y entrer, je n'avais jamais lu de manga de ma vie, ni regardé d'anime à la télévision... Je me contente de connaître les plus connus qu'a produit ma compagnie, mais à part ça...
– Je vois... En... En tout cas, je peux te le prêter si tu veux. Je l'ai commencé il y a quelques semaines mais je crois que je suis d'ors et déjà séduite.
– Oh? »
Elle embraya la conversation sur ledit light novel et commença à lui expliquer rapidement le synopsis. Il était étonné de la voir tenir une conversation sans bégayer, et surtout de quelle façon elle aimait ce dont elle parlait.
Plus jeune, elle n'avait pas pu découvrir certains plaisirs de la vie comme les mangas, aller au cinéma avec des amis ou même se trouver une passion. Son père lui avait fait apprendre à jouer du piano, puis l'art martial de leur famille, et ses seules occupations étaient les livres qui étaient chez elle. Il pensait même qu'elle avait dû avoir un professeur particulier.
Neji lui avait déjà raconté les règles intransigeantes et archaïques de sa famille. Il avait eu de la chance, car il ne faisait pas partie de la famille ''principale'', et donc n'avait pas eu autant de règles que ses pairs. Il avait pu se créer une vie, un groupe d'amis, dont il était heureux de faire partie depuis l'université. Et au final, Neji était devenu un des directeurs de l'entreprise gigantesque de sa famille.
Seulement, ce n'était pas le cas de sa cousine. Elle avait eu le droit d'avoir son propre appartement lors de son entrée à l'université de droit, lorsqu'elle avait atteint la majorité, mais elle n'avait pas gagné une véritable liberté pour autant. Cet appartement au beau milieu du meilleur quartier d'Osaka comportait un majordome, et elle recevait la visite d'un membre de sa famille à chaque déjeuner.
Après que Neji eut bataillé longuement, elle avait enfin eut le droit de vivre sa vie, une vraie vie indépendante du haut de ses 25 ans avec un diplôme en poche, et était donc allée à Tokyo. Ses parents devaient s'attendre à ce qu'elle se rende chez Naruto, c'était sûrement pour ça qu'ils avaient prolongé le voyage d'affaires de Neji. Ils ne voulaient pas qu'elle se crée une nouvelle vie dans la capitale en trouvant un travail et un appartement, mais bel et bien qu'elle y aille pour se marier avec Naruto et procréer des héritiers Hyuuga.
Et elle était amoureuse de lui. Il voulait qu'elle trouve cette vie qui lui avait toujours échappé, mais ne pouvait pas se sacrifier à ce point. Il devait mettre cartes sur table.
« Hinata, je voudrais qu'on discute un peu d'avant-hier, s'il te plaît. » lui dit-il quelques minutes après qu'elle ait fini de parler, quand l'un et l'autre furent plongés dans la vue de Tokyo.
Il la vit clairement se tendre, mais il ne voulait pas qu'elle pleure à nouveau, alors il clarifia la situation.
« Ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas. Je veux juste en parler calmement, tu n'as pas à avoir peur de quoique ce soit. Contente-toi de me répondre avec franchise... »
Elle passa une main dans ses cheveux et hocha doucement la tête. Il prit une longue inspiration, puis se lança :
« Ce que tu ressens pour moi, j'en suis très touché. Je crois que c'est la première fois qu'une fille me fait une déclaration, donc ça m'a un peu troublé, mais sinon je t'assure que tes sentiments à mon égard me touchent énormément. Seulement... »
Il grimaça. Il arrivait au plus piquant de la conversation.
« Je suis désolé, je n'ai pas été très franc avec toi la dernière fois. En fait... j'ai bien quelqu'un dans ma vie. »
Il se sentit rougir irrépressiblement après avoir dit ça, mais continua sur sa lancée.
« Je t'aime beaucoup, Hinata, et si je te connaissais un peu mieux peut-être que ça pourrait marcher entre nous. Seulement... il y a cette autre personne. »
Il n'épilogua pas plus. Sa relation avec Sasuke restait extrêmement floue, et ce qu'il souhaitait encore plus, mais il n'avait pas envie d'en dire plus à Hinata. Autant ne pas lui faire part de ses hésitations, il ne fallait pas qu'elle se berce d'illusions plus longtemps.
Il la vit déglutir lentement, puis baisser légèrement la tête.
« Tu sais, murmura-t-elle. J-Je n'ai jamais eu beaucoup d'amis. Encore moins des garçons. J'ai toujours vécu chez moi, sous la tutelle de ma famille, sans pouvoir sortir énormément. A cause de cela, mes rêves de petite fille me sont restés en tête. Je... Je rêvais du prince charmant, sur son cheval blanc. Je rêvais de trouver un garçon qui serait le contraire de ce que j'avais toujours connu. Un garçon gentil, chaleureux, pas forcément le plus intelligent, mais qui m'aimerait pour ce que je suis, et pas pour mon nom de famille. Et je t'ai rencontré. »
Elle se tourna vers lui, un petit sourire aux lèvres et les joues roses. Elle ne bégayait plus, elle disait ce qu'elle pensait sans retenue.
« Tu es venu vers moi, dans cette fête d'il y a six ans, alors qu'on ne se connaissait pas. C'était la première fois que j'allais à une soirée. Même si Neji était avec moi, j'étais perdue... Tu as vu que je n'arrivais pas à me mêler aux autres, alors tu m'as présenté à tout le monde, et m'a parlé comme si j'étais une de tes amies. Je crois que je me suis persuadée que c'était toi, ce prince auquel j'avais rêvé, alors inconsciemment... »
Elle ferma les yeux, et reprit doucement :
« Quand j'ai appris qu'on nous avait fiancés malgré nous, j'ai été surprise, mais je me suis dit que ça devait être un signe du destin. Même si tu n'étais pas vraiment d'accord avec cette décision, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ce moment arriverait, et d'imaginer ce que ça ferait de vivre avec toi. J'en avais très envie... et ça m'a conforté dans l'idée que j'étais amoureuse de toi. »
Elle secoua légèrement la tête :
« Tu es tout ce dont j'ai rêvé, Naruto-kun. Mais j'étais tellement sûre que tout se passerait ainsi que j'en ai oublié que toi, tu avais une vie, et peut-être quelqu'un. Je suis désolée. Je n'aurais pas dû tomber amoureuse de toi sans te connaître à cause d'un simple mariage arrangé. »
Il soupira longuement.
« Et moi je suis désolé de ne pas avoir capté plus tôt. Je m'en veux de détruire les espoirs que tu as depuis des années... »
Tout comme Sasuke le vit et s'en morfond en ce moment même.
« Ce n'est pas grave, et puis tu n'y peux rien. C'est de ma faute. Je dois maintenant tâcher de commencer à vivre une nouvelle vie, sans l'aide de ma famille. Je trouverai bien quelqu'un.
– Je te présenterai des gens si tu veux, rigola-t-il. J'ai beaucoup d'amis célibataires depuis trop longtemps, si tu vois ce que je veux dire. »
Il lui fit un clin d'œil et elle rit de bon cœur. Néanmoins, l'expression de Naruto s'assombrit :
« Seulement, si toi tu l'acceptes sans problème, ta famille risque d'être plus difficile à convaincre. »
Elle s'approcha de lui et lui prit la main, plantant ses yeux clairs dans les siens, résolue.
« Je t'aiderai, tout comme Neji. » elle serra ses doigts fins sur sa main et lui sourit. « Et je pense que si tu leur présentes cette autre fille, ils devraient accepter l'idée. »
Il écarquilla les yeux, n'ayant pas poussé ses réflexions jusque là. Merde, pour les convaincre, bien sûr qu'il faudrait leur prouver qu'il avait quelqu'un, de préférence avec qui il était prêt à finir sa vie. Il grimaça :
« Euh, ouais, on verra, hein... »
Elle cilla, un peu perdue :
« Comment ça?
– Disons que ce ne sera pas aussi facile que ça... »
Il fit la moue, imaginant la tête de Hyuuga Hiashi s'il se pointait avec un mec. Et surtout, lui et Sasuke n'étaient absolument pas en couple, de toute façon, et vu leur dernière conversation c'était encore plus discutable.
Au pire, il demanderait à Sakura ou à une de ses amies de se faire passer pour sa fiancée. Il était bizarrement certain qu'Ino adorerait jouer à ce jeu-là...
« Tu manques de savoir-vivre Shikamaru. J'ai l'impression d'avoir échoué en tant que professeur. »
Une grimace déforma la bouche de Shikamaru, et il s'approcha de Asuma.
« Kurenai n'est pas là? grogna-t-il, peu amène.
– Non, elle est chez ses parents. Elle devrait arriver d'ici une heure ou deux, poursuivit-il en observant sa montre. Enfin, tant que tu es là, viens t'asseoir. »
Shikamaru observa le dos d'Asuma s'éloigner, et referma la porte d'entrée derrière lui. Quand il s'agissait de chez Asuma, Temari ou même Ino, il avait perdu l'habitude de toquer, tant ces appartements étaient presque ses autres maisons. Mais à ce moment-là, il avait encore moins de temps à perdre à toquer.
Il était environ 22h.
« Asuma, tu vas bien? » lui demanda-t-il d'un sérieux presque effrayant.
Son aîné en terme d'expérience dans l'édition haussa les sourcils.
« Oui, je suis un peu fatigué ces derniers temps, mais sinon tout va bien. Pourquoi cette question? Et toi, tu vas bien? Tu as l'air exténué en ce moment. »
Shikamaru passa une main dans ses cheveux, grimaçant légèrement :
« Ouais, ouais, tout va bien. » il tourna à nouveau ses yeux vers Asuma et reprit rapidement : « Dis, tu n'as pas remarqué que quelqu'un te suivait ces derniers temps... ou n'importe quoi, quelque chose qui pourrait détonner?
– Mais qu'est-ce qui te prend, Shikamaru? demanda Asuma, commençant décidément à s'inquiéter. Il t'est arrivé quelque chose?
– Non, gronda le brun en détournant la tête. A cause des derniers événements avec l'Akatsuki, je suis un peu anxieux, c'est tout. Je me dis que leur silence ne présage rien de bon. »
Il l'avait pensé dès qu'il s'était écoulé plus de trois semaines sans aucune apparition des autres éditeurs. A juste titre. La visite de ces hommes... qui disaient qu'ils feraient du mal à ceux qui lui étaient chers, il savait qu'ils étaient sérieux.
Bon sang, qu'est-ce que ça avait été que cette soudaine poussée de loyauté envers la Konoha qui l'avait fait tenir tête à ces hommes? Même s'il avait compris que ce n'était pas des assassins, il mettait en danger sa famille, ses amis! Il savait que si Temari apprenait ce qu'il avait fait, elle le giflerait. Tout ça parce qu'il était fier d'avoir deviné la mascarade, il fallait être idiot.
Il avait tellement peur, tellement honte de ses actes. Bordel, il aurait mieux fait de fermer sa grande gueule. Mais au moins, il était un peu rassuré. Asuma semblait n'avoir aucun problème. Il avait passé les deux derniers jours à rendre visite à tous ses proches. D'abord ses parents qui avaient été plus que surpris de sa visite inopinée. Pour Temari, ça avait été plus simple, ce n'était pas rare qu'il déboule chez elle quand il s'ennuyait le week-end. Ino avait été plus que ravie de le voir. Il avait dû se contenter d'un coup de téléphone à Sakura car elle était partie chez ses parents pour le déjeuner du dimanche, mais au moins il savait qu'elle ne risquait rien. Quand à Lee... il n'avait pas osé se rendre chez lui, sachant que si Gai se trouvait aussi là-bas il n'en ressortirait pas avant plusieurs heures.
Et ce qui lui occupait énormément la tête, aussi, c'était Naruto et Sasuke. Il avait compris qu'il se passait quelque chose entre eux. Il s'en fichait de ça, mais ce qui le préoccupait, c'était ce que lui avait dit le moins bavard des deux hommes.
Ils n'avaient pas le droit de les toucher, et c'était un ordre de leur boss. Et ça ne pouvait dire qu'une seule chose, dont Shikamaru se doutait depuis quelques temps... Ils en voulaient profondément à Sasuke qui leur avait fait faire faillite. Ils souhaitaient prendre leur revanche.
Et vu que Naruto semblait lié à Sasuke, sûrement serait-il prit en cible à son tour...
Il devrait leur parler le lendemain, quand ils seraient tous les deux au bureau. Il fallait qu'ils sachent, et qu'ils fassent attention à l'avenir.
Il ressortit de chez son mentor presque une heure plus tard, lui souhaitant une bonne nuit. Il prit la décision d'aller dormir, d'arrêter de s'inquiéter car tous ses proches allaient bien, et qu'en parlant à Uchiha-san le lendemain, les choses s'arrangeraient.
Asuma referma la porte derrière lui, puis entendit son téléphone portable sonner. Il se rendit dans le salon où son mobile se faisait entendre et décrocha :
« Allô? »
C'était Kurenai. Elle le prévenait qu'elle rentrerait d'ici une demi-heure. Ils commençaient à un peu discuter de leurs projets pour les prochaines vacances, quand on frappa à la porte. Il haussa un sourcil, tandis qu'elle lui demandait :
« Qui ça peut être à cette heure?
– Shikamaru est parti il n'y a pas longtemps, il doit avoir oublié quelque chose. Je te laisse, à tout à l'heure.
– Oui. Je t'aime.»
Il raccrocha et alla ouvrir à la porte.
Tout le monde travaillait en silence. Sauf Shikamaru qui fixait les aiguilles de l'horloge tracer leur chemin dans le cadran, celle des heures arrivant à son rythme vers le 12.
A la pause déjeuner, il devrait parler à Naruto et Sasuke. Pour le moment, les deux travaillaient d'arrache-pied, et étaient déjà comme ça quand il était arrivé. Il ne pouvait pas les couper dans leur travail, conscience professionnelle. Mais le stress l'empêchait de se concentrer.
Allez, il était 10h, encore deux heures à tenir.
Soudain, son téléphone de fonction sonna. Il décrocha rapidement, c'était une réceptionniste.
« On vous demande au rez-de-chaussée, Nara-san, lui dit poliment la jeune femme.
– J'arrive, répondit-il. Faites-la patienter quelques minutes, je descends.
– Oui.»
Aussitôt, il se débarrassa de son cosplay d'Edward Elric, c'est-à-dire d'une perruque blonde tressée, d'un long manteau rouge et surtout de toute une ferraille entourée autour de son bras droit pour faire penser à un automail.
Il descendit précipitamment dans l'ascenseur, imaginant que ce devait être Temari venue lui donner sa feuille de juge finale pour le Tezuka Award. En arrivant en bas, il fut étonné de ne pas voir les couettes de son amie, et s'approcha de la réception. Une main se posa sur son épaule, forte et bizarrement menaçante.
« Nara Shikamaru? »
Il se retourna, les yeux écarquillés, et reconnut l'uniforme de la police.
« Je peux vous aider, Monsieur? »
Un autre homme arriva derrière lui, le dévisageant de toute sa hauteur.
« Vous avez le droit de garder le silence. Dans le cas contraire, tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant un tribunal.
– Quoi? s'exclama-t-il en voyant le premier policier sortir des menottes de sa poche. Comment ça? »
Le silence s'était fait dans la réception, et l'homme derrière lui attrapa ses bras pour les mettre derrière son dos et les menotter.
« Vous êtes suspecté d'avoir tué Sarutobi Asuma hier à 23h. Un témoin vous a vu sortir de chez lui à cette heure-là, répondit-il froidement, avant de continuer à réciter les droits Miranda. Vous pourrez décider à n'importe quel moment d'exercer ces droits, de ne répondre à aucune question ou de ne faire aucune déposition- »
Il sentit son souffle se couper dans sa poitrine et ses yeux s'agrandir.
« Asuma...? »
Mort?
Ses mains se mirent à trembler et une boule se forma dans sa gorge. Des larmes lui montèrent aux yeux et il sentit une douleur sèche monter dans sa poitrine, lui prenant la gorge. Dans un élan de souffrance brute, il aurait voulu les sommer de lui dire qui avait osé faire ça à Asuma.
Seulement, le froid des menottes sur ses poignets le ramena à la réalité avant que ses cordes vocales ne produisent un seul son. Eux.
''Nous ne les tuerons pas. Nous ferons pire que ça.''
Il comprenait enfin ce qu'ils avaient voulu dire.
A suivre...
HERE IS THE END!
Bon, passons aux choses sérieuses.
Mauvaise nouvelle : j'ai pris une décision horrible, pour vous lecteurs, j'ai commencé la publication alors que la bêta n'est pas terminée. Les chapitres de cette partie le sont (enfin preeeesque!), mais la bêta est ce qui est le plus long, et je m'en voulais de vous faire attendre autant.
Donc, la parution des chapitres sera maintenant irrégulière, j'en ai bien peur. Je m'arrangerais pour poster le dimanche, évidemment, vous savez pourquoi, mais plus chaque semaine. Donc pour avoir une date précise, il faudra botter mon cul et celui de sasunarufann (faites gaffe, elle mord)... mais bon, le lycée et la fac, c'est pas bon pour l'écriture, et on l'a bien compris toutes les deux. Soyez compréhensifs. Vous aurez la suite, de toute façon, il suffit d'un peu de patience.
Mais ne vous affolez pas, nous sommes précisément en ce moment en train de corriger le chapitre 7, je lu envoie ma seconde correction ce week-end, et donc NORMALEMENT, vous l'aurez la semaine prochaine. Mais bon, à prendre au conditionnel, hein, on est quand même des flemmardes avant tout (c'tait une blague, UNE P'TITE BLAGOUNETTE NAHMEOH! LÂCHEZ VOS TOMATES!).
Sinon, concernant le chap : les cosplays sont relativement simples et ne sont que des détails, mais je vous en parle quand même. Sasuke était en Reborn, du manga éponyme, version adulte (''trop sex'' selon sasunarufann :D), Sakura en Haruhi Suzumiya, et Shika en Edward Elric de FMA. D'ailleurs, je pense que vous vous en doutez, mais étant donné que cette partie sera assez différente de la première (dans le sens où il y aura moins de scènes à la Konoha), il y aura donc une moins grande place pour les cosplays, même s'ils resteront existants. Tout comme pour les informations sur le travail d'un éditeur, malheureusement.
Pour la partie qui se passe sur le tour de Tokyo, je vous engage à aller faire un tour sur Google pour vous imaginer un peu tous ces lieux. Le Tsûtentakû dont parle Hinata est une tour à Osaka, identique à la tour de Tokyo, sans la couleur. Mais ne dites jamais ça à un habitant du Kansai, ils en sont très fiers de leur tour... (Heiji, lâche ce sabre de kendô, l'Osaka-ben est le dialecte le plus beau, OUIOUI!)
Ensuite... que vous dire? Désolée pour l'OS Reborn, qui est en phase d'écriture, mais que je n'ai pas réussi à finir. A la place, vous avez eu un OS Hetalia, j'espère qu'il vous a plu, même si ce n'était pas ce que j'avais promis :S M'enfin, vous aussi eu l'arbre à drabble, donc c'est pas mal.
Je crois avoir tout dit. Ciao tout le monde! Surveillez mon profil pour savoir quand sort le chap 7!
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Playlist :
Aqua Timez - ALONES (ou opening 6 de Bleach)
Maroon 5 - Moves like Jagger
One Piece OST - Shank's speech to Luffy & Ace dies! (pleure en chœur avec toutes les fangirls du monde)
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Les réponses aux reviews anonymes sont sur mon profil!
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EDIT : Les liens vers les vidéos se trouve désormais sur mon LJ, dont l'adresse est sur mon profil, dans le tag WAPU.
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Restaurant familial : Restaurant ouvert 24/7, où la nourriture n'est pas forcément excellente, mais pas très chère et très bien lors des pauses déjeuners. C'est l'endroit de prédilection pour les réunions éditeurs/mangakas.
Takeshi's castle : Si vous n'avez pas pu avoir accès à la vidéo, je vous dit simplement que c'est un nom de jeu télévisé japonais comme on en voit souvent. Donc très cons, parfois ridicules, mais qui font parfois bien marrer (allez, vous avez tous rigolé comme des dindes devant Intervilles lorsqu'ils se croûtaient sur la tournette...).
Pousseurs : Comme leur nom l'indique, ce sont des gens qui poussent (ce que je suis utile, ce soir) les gens dans les métros pour pouvoir faire entrer tout le monde aux heures de pointes. Les plus connus sont les japonais, mais il y en a aussi en France!
