Chapitre Septième.
Hermione hésitait. L'envie de demander à Blaise comment c'était à Poudlard et comment allaient ses amis et même des nouvelles du monde extérieur grandissait en elle chaque jour. Elle ne savait pas combien de temps il restait, d'autant plus que Noël était déjà passé. Il y avait eu un repas de famille au manoir, étrangement silencieux. Hermione en avait été surprise, puisque depuis sa chambre elle n'avait rien entendu. Pas un seul rire, pas une seule voix, rien. Elle avait été habituée aux noëls chez les Weasley qui étaient plus mouvementés et plus joyeux contrairement à celui des Malefoy. Elle avait éprouvé une intense compassion pour cette famille. La famille la plus triste du monde sorcier, s'était-elle dit. Hermione était restée dans sa chambre et avait invité Wooky à passer la soirée avec elle, pour qu'au moins elle ne soit pas seule. Il lui avait raconté de nombreuses histoires, pas sur les Malefoy bien entendu, mais il avait passé énormément d'années dans ce manoir et avait des anecdotes amusantes à fournir. Hermione avait bu ses paroles et alors qu'elle s'attendait à passer le pire des Noëls, finalement, elle avait eu une bonne soirée, en tout cas meilleure que celle des Malefoy. Le soir même quand elle était allée se coucher elle commença à peser les pour et les contre pour savoir si elle devait poser ses questions à Blaise ou non. Certes, Narcissa lui avait fortement conseillé de le faire, mais pouvait-elle réellement lui faire confiance ? De plus, Blaise avait été plutôt sympa avec elle jusqu'ici. Enfin si on le compare à Drago ou Pansy, forcément il était d'agréable compagnie.
Hermione se leva ce matin-là en continuant de se demander si elle devait parler à Blaise ou non. Elle essayait de penser à autre chose, mais l'idée d'avoir des nouvelles du monde de l'extérieur la hantait. Elle prit sa douche en se demandant toujours si elle devait le faire ou non. Elle se brossa les cheveux en pensant à ses amis de Poudlard. Elle s'habilla en ayant en tête le visage de son amie Ginny. Un sourire triste se forma alors sur son visage. Ses amis lui manquaient terriblement et elle était angoissée pour eux. Elle ne savait pas s'ils allaient bien, s'ils n'étaient pas trop mal traités à Poudlard, ou même si la mission de Ron et Harry avançait.
Hermione descendit alors dans la cuisine pour prendre son petit-déjeuner et se trouva face à Blaise. Ce fut alors comme un signe du destin et elle resta stoïque devant lui quelques secondes, surprise. Blaise lui fit un faible sourire et lui fit signe de s'asseoir. Hermione s'exécuta sans broncher.
- Je t'attendais, dit-il alors.
- Ah-ah bon ? Bégaya-t-elle d'autant plus surprise.
- Narcissa m'a parlé, elle m'a dit qu'il serait judicieux que je prenne le temps d'avoir une conversation avec toi. Drago et Pansy dorment toujours, l'informa-t-il. De quoi voulais-tu me parler ?
Hermione respira lentement et commença à tortiller ses mains sous la table. Elle ne savait pas pourquoi mais elle était nerveuse, comme si elle s'attendait à un piège, ou à des représailles.
- Drago ne le saura pas, dit Blaise d'une voix douce comme s'il savait ce à quoi elle pensait.
Hermione lui fit un sourire, rassurée. Elle ne savait même pas par quoi commencer.
- Comment vont-ils ? Demanda-t-elle alors sous le regard surpris de Blaise. Je veux dire, comment ça se passe à Poudlard ? Comment vont mes amis ?
- Dans l'ensemble ils vont bien, répondit Blaise en haussant les épaules. Ils ont quelques soucis bien entendu avec les deux mangemorts présents à Poudlard, mais ils sont en vie et en bonne santé. Unis aussi, rajouta-t-il.
Cela sembla convenir à Hermione qui parut soulagée.
- Dans la Gazette, il y a eu des nouvelles de mes autres amis... tu sais... commença-t-elle gênée.
- De l'Ordre ? Pas de nouvelles.
Hermione eu un triste sourire.
- Granger, pas de nouvelle, bonne nouvelle, expliqua Blaise. Tout le monde prie pour ne pas voir le nom de quelqu'un qu'on connaît apparaître dans un des articles de la Gazette. Pas de nouvelle non plus de Potter et Weasley, comme tu t'en doutes.
- C'était le but, souffla-t-elle.
- Je me doute bien. Introuvables apparemment. Enfin, d'après ce que me dit Drago.
- Je sais, rit quelque peu Hermione. S'ils avaient trouvé Harry ou Ron tout le monde serait au courant, même moi.
Blaise lui sourit quelque peu alors que Hermione avait une mine déjà plus soulagée que d'ordinaire. Au moins ses amis allaient bien. Il n'y avait absolument rien dans la Gazette non plus. Tout allait bien. Blaise se leva de sa chaise dans l'intention de remonter dans la chambre de Drago sans faire de bruit. Alors qu'il allait sortir Hermione le remercia de son aide et de ses précieuses informations. Elle était sincèrement reconnaissante de son aide. Elle en oublia de déjeuner. Un grand sourire resta figé sur son visage pendant toute la journée. Elle se demanda depuis combien de temps elle n'avait pas réellement souri, depuis combien de temps elle ne s'était pas sentie aussi légère. Blaise lui avait fait oublier la noirceur du manoir et des souvenirs qu'elle avait dedans pendant une journée. Elle aurait tout donné auparavant pour oublier tout cela pendant une journée et son souhait était réalisé. Elle était aussi soulagée que Drago ne l'apprenne pas. Elle changea alors d'avis sur Blaise. Il n'était pas si mauvais que cela. Le monde n'était pas séparé entre les Serpentard et les Gryffondor, le bien et le mal, il y avait plus de nuances que cela et son séjour au manoir des Malefoy avait le mérite de lui apprendre cela. Elle réalisa qu'elle n'avait cependant pas changé d'avis sur Drago. Cela lui semblait impossible, bien évidement. Comment le pouvait-elle ? Après tout ce qu'il avait fait et ce qu'il lui avait fait...
Alors qu'Hermione se croyait en sécurité, Drago laissa partir ses deux amis pour qu'ils retournent chez eux. Il se retrouva alors à nouveau seul dans ce grand manoir. La solitude avait toujours été sa seule compagne, cela ne changerait pas vu son nouveau mode de vie de mangemort. Un de ses elfes s'approcha de lui et lui fit le rapport de la journée. Drago écouta immobile ce qu'il lui disait en hochant parfois la tête. Il aimait se dire qu'il contrôlait tout dans ce manoir, surtout depuis qu'Hermione l'habitait. Il écouta alors l'elfe lui rapporter la conversation de Blaise et Hermione et un sourire en coin s'échappa sur le visage normalement impassible de Drago. Il remercia alors son elfe alors que son sourire ne quittait pas son visage. Elle ne changerait jamais, bien entendu. Il sourit un peu plus à cette pensée. Foutus Gryffondor. Ils n'ont peur de rien.
Drago monta lentement les escaliers en marbre et au lieu de tourner à droite en haut, il tourna à gauche vers la chambre d'Hermione. Il toqua à sa porte ce qui sortit Hermione de sa torpeur. Elle vint lui ouvrir d'un pas presque tremblant, alors qu'elle ne savait pas que c'était lui, mais elle savait aussi que quand quelqu'un lui rendait visite ce n'était pas toujours pour de bonnes raisons. Elle ouvrit la porte et tomba sur Drago. Elle se tendit tout à coup et ne bougea plus, respirant à peine. Ça y est, il sait, se dit-elle alors. Ça avait été un piège, elle aurait dû s'en douter. Elle recula dans sa chambre, s'éloignant de lui, comme si ça allait l'empêcher de faire quoique ce soit. Il avait toujours son sourire en coin. Il avança dans sa chambre et regarda autour de lui. Il ricana en voyant les décorations de Noël qui étaient dans sa chambre. Sacrée Gryffondor. Apparemment il n'avait pas détruit toute la candeur qu'elle avait. Toujours pleine d'espoirs. Il haussa un sourcil en détaillant un peu plus la décoration. Il fut une époque où il aurait eu les yeux brillants en voyant cette chambre. Ce temps-là était révolu, clairement révolu. Il se détourna des décorations et planta ses yeux dans les prunelles marron d'Hermione.
- Je sais tout, lâcha-t-il alors de but en blanc.
Elle frissonna. Il savait. Elle en avait été sûre. Elle ferma les yeux quelques secondes anticipant une quelconque punition.
- Je laisse passer pour cette fois-ci, après tout ce sont ma mère et Blaise qui t'ont poussée, continua-t-il. La prochaine fois je n'aurai aucune pitié.
Hermione respira. C'était comme si ses poumons avaient été vides pendant des heures et que tout à coup elle avait enfin la possibilité de respirer convenablement. Elle était encore une fois soulagée. Drago se détourna et partit vers la porte de sa chambre.
- Donc tu es capable d'éprouver de la pitié, Malefoy ? Demanda-t-elle en repensant à ce qu'il venait de lui dire.
Il se tourna vers elle et eut l'air intrigué. C'était en effet ce qu'il venait de dire. Il lâcha un petit sourire en coin, elle était intelligente. Rien ne lui échappait, évidemment. Il la détailla encore quelques secondes mais ne répondait pas alors qu'elle le fixait toujours, sans ciller.
- Enlève ces décorations, elles sont ridicules, même pour quelqu'un comme toi, Granger, répondit-il alors.
Il sortit de sa chambre. La pitié était une faiblesse, il n'allait pas lui dire qu'il en ressentait, ou non. Il ne savait même pas s'il en ressentait, peut-être que oui. Il aurait dû la punir, lui faire payer, mais Drago ne faisait pas toujours ce qu'on lui disait de faire. Hermione soupira et se laissa tomber sur son lit. Elle jeta un coup d'oeil à ses décorations et soupira d'autant plus à l'idée de les enlever. Elle en avait réellement mis trop. Un sourire lui échappa alors qu'elle regardait un angelot voleter. Finalement la journée n'avait pas été si terrible. Ça n'avait pas été la pire, loin de là, au contraire. Elle ne se ferait jamais au fait de vivre ici, dans ce manoir, mais elle devait bien avouer qu'il y avait des journées supportables.
Elle fermait ses yeux et commençait presque à s'endormir lorsqu'un bruit d'explosion la fit sursauter et sortir de son lit. Elle avait les yeux écarquillés et son premier réflexe fut de chercher sa baguette, qu'elle n'avait pas. Elle vit dans l'encadrement de la porte – qui venait d'exploser – Lucius Malefoy, le regard fou. Il pointait sa baguette en direction d'Hermione et entra dans sa chambre lentement, la détaillant toujours. Hermione sentait son cœur battre à tout rompre. Elle recula jusqu'à se retrouver le dos contre son mur.
- Vous pensez que vous pouvez désobéir aux règles et ne pas être punie, Miss Granger ? Articula-t-il.
- De quoi... commença-t-elle.
- Un des elfes m'a rapporté votre conversation avec Zabini, cracha-t-il. Ne niez pas ! Ajouta-t-il quand il vit qu'elle ouvrait la bouche.
Hermione ravala sa salive et resta parfaitement immobile contre le mur.
- Votre fils le sait et n'a rien fait à ce sujet, répondit-elle alors avec le mince espoir que cela suffise.
Lucius ricana d'un rire glacial et planta ses yeux tout aussi froids dans ceux d'Hermione alors qu'il se rapprochait d'elle.
- Vous pensez que c'est lui qui décide ? Cracha-t-il. Je me fiche de ses décisions, et croyez-moi qu'elles ne vont pas m'arrêter au contraire. Il aurait dû vous punir et vous le savez très bien, mais apparemment il vous a pris en pitié. Vous, cracha-t-il une nouvelle fois. Une sang-de-bourbe ! Il est faible, déclara-t-il d'un ton mauvais.
Hermione frissonna. Elle vit le bout de la baguette de Lucius s'illuminer quelque peu. Elle ne savait pas ce qu'il lui réservait mais elle appréhendait bien entendu. Elle regarda autour d'elle dans l'espoir de trouver une arme pour se défendre, quelque chose pour l'assommer mais elle ne vit rien.
- Ce sera donc à moi de vous punir, continua-t-il en s'approchant d'elle encore un peu plus. J'en rêve depuis que vous êtes arrivée, murmura-t-il alors que le bout de sa baguette touchait la gorge d'Hermione.
Un cri resta coincé dans la gorge d'Hermione lorsque la baguette de Lucius toucha sa gorge. Elle avala difficilement sa salive et alors qu'elle vit du coin de l'oeil Lucius prendre sa respiration elle ferma ses yeux fortement.
- Legilimens !
Lorsqu'elle entendit le sort elle tenta de repousser Lucius, comme avait appris Rogue à Harry. Elle tenta de fermer son esprit mais un défilé d'images passa dans sa tête. Au départ ce n'étaient que ses propres souvenirs. Tous noirs et tristes. Elle voyait le corps de Cédric Diggory, puis Sirius Black passer à travers le voile et elle entendait le cri déchirant d'Harry, puis elle le voyait être possédé par Voldemort. Elle voyait Ron avec Lavande, puis elle revivait l'enterrement de Dumbledore. Elle ressentait à nouveau la tristesse. C'était comme un trou dans sa poitrine. Puis elle vit des choses qu'elle n'avait pourtant pas vécue. Elle vit Ron et Harry parcourant l'Angleterre, désespérés et en piteux état. Elle voyait Ginny blessée par les deux mangemorts présents à Poudlard. Elle voyait la maison des Weasley se faire attaquer par les mangemorts et elle les apercevait les corps, par terre. Elle vit Voldemort trouver ses parents et les torturer. Elle entendait les cris déchirants et les pleurs de ses amis. Elle voyait ses parents, devenus fous. Toutes ces images se mélangeaient et tournaient en boucle dans son esprit. Elle avait l'impression que cela avait duré des heures et des heures. Puis tout s'arrêta. Elle était sur le sol de sa chambre et les larmes brouillaient sa vision. Elle aperçut tout de même les chaussures de Lucius s'éloigner d'elle et sortir de sa chambre. Elle ferma les yeux. Elle avait l'impression que tout son corps était endolori. Les larmes coulèrent sur son visage et elle s'endormit à bout de force.
Bonjour à tous !
Je vous mets le huitième chapitre, j'espère qu'il vous a plu !
Merci de me suivre et de continuer à me lire, ça me fait vraiment très plaisir. :)
