Ariel papillonne des yeux en se réveillant le lendemain matin. Elle sent des bras puissants autour d'elle et sa tête est posée sur le torse large de Severus qui monte et descend à un rythme lent et régulier, signe qu'il dort encore. Elle aurait crue que cette première expérience sexuelle serait bien plus gênante que ça. Mais elle sourit en se disant que Severus a été parfait. Encore mieux que ce qu'elle aurait pu désirer. Elle retrace doucement certaines cicatrices sur le ventre plat de son amant dans une caresse légère. La respiration de Severus se fait un peu plus rapide et il se réveille doucement en sentant les doigts de Ariel sur sa peau. C'est littéralement le meilleur réveil de sa vie. Quand il avait des séances de sexe avec une femme, habituellement, c'était brutal, presque violent. Et personne ne restait jamais la nuit avec lui, pas qu'il le souhaitait de toutes façons. Mais hier soir c'était… c'était parfait. Jamais il n'avait eu autant de plaisir à en donner ou même a en recevoir. Et le corps chaud et nu de Ariel dans ses bras le réconfortait bien plus qu'il ne saurait se l'avouer. Et elle n'avait pas fait de geste pour le repousser après. Et même se matin, elle était restée contre lui et le réveillait de la plus exquise des façons. Il doit aussi s'avouer que le côté dominateur de Ariel, hier soir, l'avait énormément excité. Jamais il n'aurait toléré une telle prise de contrôle de la part de qui que se soit d'autre. Mais il ne regrettait absolument aucune secondes de leurs ébats de la veille.
- Bonjour, murmure Severus en ouvrir les yeux en soupirant d'aise sous les caresses de la jaune femme.
- Je… je suis désolée, lui répond Ariel. Je ne voulais pas te réveiller.
- Tu n'as pas à t'excuser, j'adore ton réveil, dit-il en resserrant ses bras autour d'elle.
Ariel soupire de soulagement en se callant un peu plus dans ses bras et en enfouissant son visage contre le torse presque imberbe de son amant. Ariel ne veut pas se lever, mais l'appel de la nature qui ne permet pas de patienter se fait sentir et elle se lève donc pour aller à la salle de bain. Une fois sa vessie soulagée, elle se brosse les dents en vitesse et retourne entre les draps où Severus l'attend. Dès qu'elle est de retour dans ses bras, il lève doucement son visage d'un doigt sous son menton et l'embrasse doucement, lentement et longtemps. La jeune femme répond avec plaisir à ce baiser et passe ses bras autour du cou de son enseignant pendant qu'il la prend par la taille et la colle à lui, tout deux couchés l'un en face de l'autre. Ariel met alors fin au baiser à contre cœur en disant à son amant qu'elle a horriblement besoin d'une douche. Severus la laisse donc partir une nouvelle fois vers la salle de bain en regardant son corps nu et magnifique avec envie.
- Tu peux y aller si tu veux, j'ai fini, lui dit la jeune femme avec une serviette autour de son corps en se séchant les cheveux comme la veille.
- C'est un message?
- C'est une constatation, dit la Serdaigle avec un rire cristallin.
Severus hausse les épaules et se lève à son tour pour passer sous la douche.
La journée ressemble beaucoup à la veille, avec les vouvoiements en moins et quelques touchés discrets en plus. Ariel se débarrasse du devoir barbant de Ombrage et se lance dans celui de Métamorphose avec plaisir. Quand une question qu'elle a à l'esprit depuis des lustres lui revient.
- Severus?
- Hum?
- Je me demandais, si je métamorphose, un plume, par exemple, en criquet pour le réduire en poudre et le mettre dans une potion de furoncles, est-ce que ça fonctionnerait quand même? Je me pose la question depuis des années.
- Je ne sais pas, répond Severus en fronçant des sourcils. Je n'ai jamais tenté l'expérience. On peut essayer, si tu veux.
C'est particulièrement emballée que la jeune femme suit Severus dans le laboratoire. Il fait une potion rapide, qui ne prend pas plus de 30 minutes une fois que la préparation des ingrédients est faite par Ariel. Il transforme une plume en fleur d'oranger et laisse tomber 3 pétales dans la potion qui prend exactement la consistance et la couleur désirée.
- Tu crois que ça ferait quoi si on défaisait la métamorphose?
Severus a alors un rictus amusé en faisant un bouclier puissant autour du chaudron avant de lancer le sort qui annule la métamorphose. Comme il le pensait, la potion explose dans un bruit intense et éclabousse tout l'espace à l'intérieur du bouclier avant de retomber mollement dans le chaudron.
- Tu le savais, n'est-ce pas? Demande la jeune femme en levant un sourcil.
- Et bien, si tu mets un morceau de plume dans la potion, c'est ce que ça aurait donné, surtout si il n'y a plus de pétales de fleur d'oranger.
- Et bien maintenant, je ne serai plus jamais tentée de mettre autre chose dans mon chaudron, même si il me manque des ingrédients importants.
- C'est plus sage, en effet, dit Severus en la prenant dans ses bras par derrière en posant son menton sur le sommet de la tête de la jeune fille.
Ariel savoure le moment en faisant disparaître les restes de potion d'un coup de baguette et d'être entrainée dans le salon par son amant. Les jours se suivent et se ressemblent. Ariel a terminé tout ses devoirs de vacances et elle n'a demandé aucune aide à Severus pour les faire, même celui de potions. De toutes façons, Severus sait très bien qu'elle n'a pas besoin de son aide. Elle a largement le niveau des ASPIC en potions, si ce n'est un niveau légèrement sous le sien. Les deux amants continuent aussi à se découvrir l'un et l'autre, autant physiquement qu'émotionnellement.
Ariel est très heureuse de sa nouvelle relation avec son enseignant. Mais elle est aussi terrorisée de ce qui se passera quand le rituel sera fini. Et si il ne voulait plus jamais entendre parler d'elle, après ça? Si il trouvait qu'elle était finalement trop jeune pour leur histoire? Si il finissait par la détester à cause de son père? Si il regrettait parce qu'il est son enseignant et elle, son élève? C'est surtout ce point qui l'effraie le plus. Parce que si c'est le cas, elle ne peut absolument rien faire. Si c'est une question d'âge et de devoir professionnel, il n'y a absolument rien qu'elle ne puisse faire.
Severus, de son côté, sent le changement de la jeune femme et fait de son mieux pour lui faire comprendre qu'il est là pour rester aussi longtemps qu'elle voudra de lui. Étonnement, il a exactement les mêmes craintes qu'elle. Si sont père se mettait entre eux? Si il réussie à la convaincre qu'il n'est qu'un monstre, un Mangemort, un tueur de la pire espèce. Parce que Severus ne se leurre pas, il a tué et doit le faire encore, pour garder sa couverture d'espion. Mais avec le rituel, la Marque est supposée s'enlever, il aimerait bien voir ça! Cette Marque infâme qui lui gâche la vie depuis qu'il a accepté de se fait marqué comme du bétail! Il y avait la question de l'âge, aussi. Il avait presque 20 ans de plus qu'elle, en fait 19 ans et 2 mois de plus qu'elle. Et il était son enseignant. Et Black, qui était là, quelque part à surement le maudire jusqu'à ce qu'il l'ait en face de lui pour le tuer à mains nues.
Tout deux font leur possible toute la semaine pour réconforter l'autre en essayant d'étouffer ses propres angoisses.
Le soir du rituel arrive bien trop rapidement au goût des amants qui sentent que c'est probablement la fin de leur magnifique histoire, intense, mais trop brève.
Dumbledore fait entrer Harry dans l'appartement de Ariel et Severus et la jeune femme l'accueille en parfaite hôte.
- Harry, comment tu te sens? Lui demande Ariel avec inquiétude.
- Nerveux, et toi? Demande l'adolescent en prenant la fille de son parrain dans ses bras.
- Je suis nerveuse aussi. J'ai un peu peur que le rituel ne se passe pas comme prévu, quoi qu'on ne sait même pas vraiment ce qui doit se passer. À part le fait que Severus doit me déflorer et toi être présent dans la pièce, on ne sait absolument rien, soupir Ariel en se massant les tempes. Dumbledore n'a pas été des plus clair.
- Severus? Demande Harry avec un petit sourire amusé en levant un sourcil.
- Oui, Harry, Severus, je ne vais pas l'appeler « professeur » ou « monsieur » pendant qu'on fait ça!
- Et comment tu vis avec ça? Demande Harry, visiblement inquiet pour elle.
Elle lui explique les grandes lignes de leur nouvelle relation et débite toutes ses craintes à Harry. La peur viscérale que Severus ne veuille plus d'elle après le rituel et pour toutes les raison qu'elle a imaginée.
- Alors, il t'aime aussi, dit Harry avec un sourire rassurant.
- Il ne me l'a jamais dit de cette façon, dit Ariel en ne sachant pas que le sujet de ses pensées entendait toute la conversation. Mais il me le fait sentir à chaque instant. Harry, je l'aime depuis tellement longtemps. Depuis qu'on a commencé à correspondre, je suis tombée sous le charme de ses phrases, son raisonnement et sa logique implacable, sa façon de m'expliquer les choses les plus compliquées sans jamais me faire sentir stupide. Ensuite, quand je suis arrivée à Poudlard, j'ai comprise que c'était lui et mes sentiments sont devenus encore plus profond. Je m'imaginais cette voix envoutante et caressante à chaque fois que je recevais l'une de ses lettres, ses lèvres former ses mots, ses yeux emplis de passion quand il nous a fait son discours au premier cours de potions, mais que ce regard était pour moi.
Elle reprend une profonde inspiration en tentant de ravaler les larmes qui menaçaient de couler.
- C'est ce que j'ai vécu toute la semaine. Harry, je n'ai pas envie que ça s'arrête, jamais. Bon sang ce que c'est cliché, soupir Ariel dans les bras de Harry. L'adolescente stupide qui tombe amoureuse de son professeur.
- C'est peut-être cliché, reprend Harry, mais c'est réel, autant pour lui que pour toi. Et cliché ou non, ça a l'air de marcher entre vous. Et peut-être que le Numina Mixta, si il est si puissant que ça, va vous permettre de rester ensemble?
Ariel lui répond qu'elle ne veut pas avoir trop d'espoir et être déçue. La jeune femme l'entraine donc vers la chambre en lui expliquant comment ils procèderont. Au mot Patmol, Harry rit légèrement et hoche de la tête. Il va donc s'installer dans son coin de la chambre et Severus s'occupe des sorts qui l'isolera pendant qu'il fera sienne Ariel.
